Maudite

Bonsoir !

Pardon à celles dont je n'ai pas répondu aux reviews : FF a bugué le jour où j'ai voulu le faire et ensuite mon emploi du temps (nomination à un poste pour la rentrée et recherche d'appartement) ne me l'a pas permis. Je vous laisse un petit mot immédiatement.

Il n'empêche que j'ai adoré les lire et surtout voir certaines de vos propositions pour la suite et/ou le prénom.

Ravie que la fin du dernier chapitre vous ait plu ^^ Espérons que je saurai garder votre engouement sur la dizaine de chapitres restants.

En attendant, bonne lecture.

Chapitre 20- Ils ont disparu.

Alice POV

« Nous devons le retrouver. Il ne peut pas continuer comme ça. »

« Carlisle, Edward est intelligent. Il ne… »

« J'ai peur qu'il se perde cette fois, Esmée. »

J'écoutai Carlisle et Esmée discuter alors que nous autres, Jasper, Emmett et moi cherchions des indices sur le prochain lieu où trouver Edward. Depuis trois mois, nous le rations sans cesse de peu. Nous avions juste le temps d'arriver et trouver des gens ahuris par le passage de notre 'frère'. Edward ne leur faisait pas de mal. Pas encore, disait une petite voix dans ma tête. Mais il les hypnotisait pour les interroger. Nous avions trouvé le lien : tous étaient des descendants - directs ou non - de sorciers ou amateurs de vaudou. Mais nous ne savions pas encore pourquoi il cherchait exactement ces personnes-là…Même si après les avoir interrogées à notre tour, seules des personnes usant de cette magie seraient capables de faire disparaître Liz ainsi.

Comment Edward en était-il arrivé à cette conclusion en quelques semaines ? Je n'en avais aucune idée. Mon 'frère' avait passé les premières semaines à arpenter les maternités à la recherche de la nouvelle identité de Lizbell, sans résultats. Et puis je l'avais vu rencontrer une femme en plein délire. Elle abordait les gens les uns après les autres en faisant de grands gestes et d'après le peu d'échos des paroles que je captais elle faisait souvent allusion à des malédictions et autres sorts plus ou moins inoffensifs. Lorsqu'elle avait vu Edward elle s'était écriée « Elle l'a maudite ! Prenez garde, c'était une grande sorcière ! »

L'idée avait germé dans l'esprit d'Edward en même temps qu'il décidait de se rapprocher des personnalités dans le monde du vaudou et de la magie.

C'était donc peut-être cela !

Aujourd'hui, nous ne savions pourtant pas tout à fait qui avait lancé cette malédiction. Et ce n'était pas faute d'avoir cherché aussi de notre côté !

« Comment savoir où il va se rendre, bon sang ? Edward a déjà traversé le pays entier dans tous les sens ! » S'agaça Emmett.

Nous relevâmes la tête vers lui sans le contredire. Comme toujours, Emmett était le seul à vraiment dire à voix haute ce que tous pensaient tout bas.

« Ma vision était floue, Em. Tu sais qu'il connait mon pouvoir. Il sait donc aussi comment le contrer. » Soupirai-je en sentant l'énervement me gagner.

Par moment, je pouvais le comprendre. C'était sa bien-aimée. Il voulait être celui qui la sauverait.

A d'autres, j'avais une furieuse envie de lui arracher les yeux et les lui faire avaler. Pas forcément par la bouche d'ailleurs.

Jasper posa une main innocente sur ma cuisse, m'insufflant un peu de calme. Du coin de l'œil je vis son léger sourire. Et il osait se moquer de moi ? !

« Et si tu nous en redonnais le détail, peut-être qu'on comprendrait quelque chose de plus. »

La voix de Rosalie me fit presque sursauter. Je me tournai vers elle avec surprise. Depuis que Liz avait disparu, Rose avait fait tout son possible pour ne pas avoir à nous parler. Elle nous tenait pour responsable de ce qu'il s'était passé et refusait de s'impliquer dans nos recherches pour retrouver Edward. Jasper m'avait expliqué que notre 'sœur' ressentait du soulagement à le savoir perdu.

Peut-être comprenait-elle qu'après tout nous étions tous une famille et devions nous serrer les coudes pour réparer nos erreurs et retrouver notre bonheur auprès d'Edward et Lizbell ?

Jasper resserra sa prise sur ma cuisse pour me rappeler à l'ordre et je sentis la vague de compassion qu'il tentait de me transmettre. Je grognais à son encontre puis me pliai à la demande de ma 'sœur'.

« Il me semble qu'Edward se déplace vers l'Etat de New York. Je ne sais pas ce qu'il va y trouver. En attendant, il devrait s'arrêter dans le Maryland. Ne me demande pas pourquoi. C'est comme s'il n'était pas sûr lui-même. Ou alors il se fiche de moi et utilise mon pouvoir contre moi. »

« Depuis combien de temps a-t-il quitté Washington ? » Insista-t-elle.

« Hier dans la matinée. Et tu as raison, Alice, il s'arrête dans le Maryland. A Baltimore pour être exact. »

« Tu l'as retrouvé ? » M'enthousiasmai-je en me tournant vers mon mari.

« Il a joué avec plusieurs faux noms mais cette fois je le tiens oui. Il se fait appeler Sully Cullen. »

« Cullen ? » Esmée fronça les sourcils.

« Il doit penser qu'on n'imaginerait pas le trouver sous un tel nom. »

« Sully ? Il a de ces idées ! » Se moqua Emmett.

La famille se retrouva derrière Jasper pour suivre les déplacements de notre 'frère'. Il avait bien sûr effacé ses traces une fois arrivé en ville mais des caméras de surveillance des rues nous apprirent qu'il avait pris contact tôt ce matin-là avec une jeune femme.

« Il demande à rencontrer sa mère. » Nous expliqua Jasper en lisant sur les lèvres.

« Pourquoi ? »

Jasper se concentra un instant puis nous révéla la teneur de la conversation.

« La fille vient de lui poser la question. Il dit qu'elle bosse à la morgue et il veut vérifier que le corps de son père ne s'y trouve pas. »

« Il est en train de manipuler la fille pour rencontrer la mère ? En direct live ? La vache ! » S'exclama Emmett.

« Peut-on savoir s'il l'a rencontrée ou pas encore ? » Intervint Carlisle.

Jasper tourna les yeux vers lui.

« Je peux essayer de le trouver. D'après cette conversation, la fille va inviter sa mère à dîner et Edward lui sera présenté. »

« Dire qu'à une époque il ne jouait pas de son charme ! » Lança Rose avec sarcasme.

« Rose ! » La réprimanda Esmée.

« Fais donc ça. Alice, essaie de comprendre où il se rend, nous pourrons alors l'y rejoindre. » Carlisle répartit les tâches. « Nous autres, allons chasser. »

OoOoOoOoO

POV Esmée

Mes 'enfants' perdaient espoir.

La nouvelle identité de notre Lizbell allait fêter ses cinq mois et nous ne savions toujours pas ni où la trouver ni ce qui pourrait empêcher une autre réincarnation. Pour les humains, dix-huit années paraissaient longues mais nous savions, nous, que ce n'était pas vrai. Dix-huit ans passaient comme dix-huit heures !

« Il ne répond pas ? »

Carlisle se passa la main dans les cheveux.

« Non. Pourtant il serait temps qu'il le fasse. J'aimerai comprendre ce qu'il fait. »

« Alice dit qu'il cherche Lizbell. »

« Est-il obligé d'hypnotiser les personnes qu'il interroge ? »

Il avait raison et c'était bien ça notre problème. Edward avait déjà eu une phase de rébellion. Il avait consommé du sang humain et nous avions eu du mal à le récupérer. Pourtant, je ne pouvais pas croire qu'Edward craque cette fois encore retrouver Lizbell était sa priorité. S'il se perdait, comment pourrait-il être à nouveau auprès d'elle et la garder à ses côtés ?

Alors je gardais l'espoir que les autres avaient perdu entre deux villes.

Depuis le mois de Novembre, nous n'avions plus vraiment d'indices et même si Jasper retrouvait parfois la trace d'Edward, nous ne nous déplacions plus. Nous avions plutôt élu domicile à Albany puisqu'il semblait ne se déplacer que dans l'Est du pays. Nous n'étions pas trop loin au cas où Alice ait une vision urgente mais nous n'étions pas non plus trop près de lui au risque de le voir s'éloigner encore juste pour être seul.

Les 'enfants' allaient et venaient quant à eux entre Boston et les villes longeant la frontière. Ils chassaient, exploraient les registres de naissance et se chamaillaient pour savoir s'ils se rendaient tous dans la famille qu'ils avaient repérée ou s'ils alternaient. Au final, ils y allaient ensemble et revenaient bredouilles.

« Oh mon dieu ! »

Le cri d'Alice résonna dans la maison en pierre et nous nous précipitâmes à ses côtés.

Jasper soutenait son épouse alors qu'Emmett la pressait de questions.

« Alice, qu'as-tu vu ? »

« Je vais le tuer. » Grogna-t-elle en réponse à la question de Carlisle.

« Je ne sais pas ce qu'il a fait mais tu es une vraie boule de nerfs, Lili. » Confirma Jasper.

« Il va craquer ! »

Nous nous figeâmes alors que ma 'fille' se précipitait sur son téléphone portable. Elle lança un appel qui resta sans réponse.

« Dans combien de temps cela doit-il se passer ? » Insistai-je en prenant ses poignets pour l'apaiser avant qu'elle ne brise son téléphone.

« Alice ? » Jasper posa une main sur son épaule pour attirer son attention.

Perplexe il l'interpella à nouveau alors que l'intéressée hoquetait de surprise.

« On croirait que tu cherches à te rendre intéressante, Alice. Que se passe-t-il maintenant ? » S'agaça Rosalie en croisant les bras sur sa poitrine.

« Il m'énerve quand il fait ça mais au lieu de tuer l'homme face auquel il se trouve, il tape la discute…Apparemment…Cet homme en sait plus qu'il ne le laisse bien croire. »

« C'est-à-dire ? » Carlisle s'avança.

Notre 'fille' leva les yeux vers lui avec un demi-sourire.

« Edward a peut-être trouvé une source sûre pour achever ses recherches. » Elle fronça les sourcils. « Mais il change d'avis comme de chemise à propos de cet homme donc je ne vois rien de manière claire et précise. »

« Que faisons-nous alors ? » Intervint Emmett.

« C'est le moment idéal pour l'appeler. » Affirma Alice en libérant ses mains de ma prise.

En quelques secondes, elle avait son téléphone en main à nouveau et pianotait dessus visiblement concentrée à la recherche d'une vision.

Elle sourit et lança l'appel.

« Alice, bonsoir. » Entendis-je à l'autre bout du fil.

POV Edward

Quelques minutes plus tôt,

Je savais que je ne devrais pas me trouver dans cette ruelle de New York.

Je savais que c'était dangereux il y avait trop de monde alentour et ma soif me tiraillait de plus en plus.

Mais je ne pouvais pas me permettre d'arrêter, ne serait-ce que quelques heures, mes recherches. J'étais trop près du but.

Elle était là. Quelque part. Si proche !

Mon poing serré finit par faire ployer la poutrelle métallique sur laquelle je m'appuyais au sommet d'un immeuble au design futuriste.

Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais perché ici, sûrement trop mais peu m'importe, lorsque l'homme que je surveillais sortit. Il s'était emmitouflé dans un gros pull par-dessus lequel il portait un manteau dont le prix aurait pu nourrir une famille plusieurs années de suite. L'hiver s'était fait mordant quelques semaines auparavant et parfois la neige bloquait les rues. Mais lui, rien ne le retenait.

Depuis trois jours que je le suivais pour trouver le moyen de l'approcher, il n'avait pas ralenti un seul instant devant la météo plus que médiocre. Je désespérais de lui parler en tête à tête alors qu'il démarrait le moteur sa voiture. Il était seul et je savais qu'il rentrait chez lui, au vu de ses pensées.

C'était ma seule chance.

Je me glissais d'une poutre à l'autre jusqu'au sol, longeai un mur et atteignis le feu rouge une seconde avant mon homme. Sa voiture s'immobilisa. Je sortis de l'ombre et m'installai à la place du mort en silence.

« Hey ! » S'offusqua-t-il.

« Roulez. J'ai une simple question à vous poser. » Lui intimai-je.

« Et moi je ne veux pas de vampire dans ma voiture ! »

Figé, je l'observai. Dans son esprit, il élaborait des calculs hallucinants pour déterminer ses chances de m'échapper.

« Je ne vous veux pas de mal. »

« Vos yeux me disent le contraire. »

« Je cherche une petite fille. » L'ignorai-je.

« Désolé, je ne fais pas dans le trafic d'enfants. »

Je tournai la tête vers lui, surpris.

« Non, pas pour ça ! Elle…C'est compliqué mais j'ai besoin de connaître le lieu d'emménagement des Rolings. »

Cette fois il ne savait pas comment me considérer.

« C'est confidentiel. » Il tentait d'être ferme mais il hésitait franchement quant à la conduite à tenir.

« Je connais le bébé que vous leur avez confié. » Expliquai-je.

Il était sans voix. Ses pensées allaient d'une information à une autre.

Le mot vampire lui revenait souvent.

« Je veux juste m'assurer qu'elle est heureuse. » Continuai-je.

« Les Rolings sont des gens bien. » Il retrouva son aplomb. « Qu'est-ce qu'un vampire voudrait à une petite orpheline de cinq mois de toute façon ? »

« Je peux la protéger. »

« Je ne vous le dirai pas. » Affirma-t-il.

Je me redressai.

« Je peux vous y forcer. » Grondai-je.

« Et je crois que si vous aviez voulu l'information par la force, je serais déjà en train de crier grâce. »

Il soutint mon regard. Je détournai le mien en premier.

« Comment connaissez-vous notre existence ? » Je me passai une main lasse dans les cheveux.

« J'ai besoin d'un café. » Se contenta-t-il de répondre.

Avant de pouvoir dire quoi que ce soit, je le vis s'engager dans la voie indiquant la vente à emporter d'un McDonald's. Je soupirai et bloquai ma respiration. Je ne voulais pas tenter le diable !

Par la suite, en silence, il roula jusqu'à Central Park puis il se tourna vers moi.

« Pourquoi cherches-tu ce bébé ? » Demanda-t-il avant d'avaler une gorgée de sa boisson chaude.

« C'est compliqué. Comment connaissez-vous notre existence ? »

« Tu plaisantes ? ! C'est donnant-donnant ou je me tire ! »

Je grinçai des dents. Comment des humains aussi horripilants pouvaient-ils être encore en vie ?

Mon portable vibra dans ma poche mais je l'ignorai.

« Je l'ai connue dans sa vie antérieure. »

Il fronça les sourcils et je lus ses pensées. Il était étonné et carrément sceptique mais mon air sérieux avait des chances de le convaincre.

« D'accord, je suis curieux mais c'est à mon tour. Je bosse parfois avec des nomades végétariens en Louisiane. »

Sa réponse était aussi édulcorée que la mienne et il le savait.

« Comment faites-vous avec les Volturi ? »

« Ils me croient mort. Réincarnation, alors ? »

« Oui. On a réussi à retrouver sa première vie et les suivantes. »

« On ? »

« Ma famille et moi. » Acquiesçai-je.

« Alors cette petite Alyssa était qui ? La princesse Sissi ? Mata Hari ? Marie Antoinette ? »

« Aucune d'entre elles. »

Je rechignai à lui en dire plus. C'était à Alyssa, puisqu'elle portait ce nom dorénavant, de l'apprendre en premier.

« Qui était-elle pour toi alors jeune homme ? »

Je levai les yeux au ciel. Il prenait ses aises je me retins de lui signaler que j'avais au moins trois fois son âge !

« Pourquoi est-ce important ? »

Je le savais mais je voulais l'entendre dire. Il bougea ses sourcils, amusé.

« Ca pourrait me convaincre de te donner cette information »

Cet homme faisait vraiment ce qu'il pouvait pour me faire tourner en bourrique. Ou alors il n'en avait aucune idée et il préférait jouer avec le feu parce que même ses pensées ne me donnaient aucun indice. Je soupirai et posai la main sur la poignée.

« Vous n'en avez aucune idée. »

Je sortis, déçu et encore plus assoiffé qu'au début de la nuit. Je maugréai en repartant vers le mur le plus proche contre lequel me fondre lorsqu'il m'appela.

« Attends ! Tu l'as aimée ? »

Il sortit de la voiture. Je m'arrêtai. Ce n'était plus de l'amour à ce stade ça se rapprochait plus de la dévotion éternelle.

« C'est ce qu'il me semblait. » Assura-t-il en allumant une cigarette.

Je m'impatientai et le lui fis remarquer.

« Il me semble qu'ils ont parlé du Massachussetts. » Il haussa les épaules avant de retourner à son véhicule.

« C'est encore vaste. Il y a plusieurs Rolings en plus. » Je me penchai par la vitre.

Il sourit et dans son esprit, je savais qu'il attendait que je lui dise ça.

« Je n'aime pas l'idée de te donner l'information immédiatement. Apparemment, tu sais où me trouver et moi je fatigue. A bientôt jeune homme. »

Et il démarra.

J'aurais pu le retenir, l'interroger mais je n'en fis rien. Le jour se levait et malgré quelques nuages, je sentais le soleil faire son apparition. Je me repliai jusqu'à l'immeuble abandonné où j'avais posé mes affaires quelques jours auparavant, me préparant à y passer la journée comme un reclus. En rentrant, je sentis ma poche vibrer. Je lus le message.

« Je vais t'appeler. Ne pense même pas à m'ignorer ! »

Alice semblait énervée.

Je n'eus pas le temps de penser autre chose qu'elle téléphonait.

« Alice, bonsoir. »

« Tu m'expliques ce que tu fiches, Edward Anthony Masen Cullen ? »

« A quel propos, Lili ? »

Je m'installai dans le fauteuil défoncé au milieu de la pièce.

« Edward, Alice nous parle d'une rencontre décisive. Que peux-tu en dire ? »La voix de Carlisle résonna avant qu'Alice le coupe.

« Tu dois aller te nourrir, Edward ! »

« Je peux encore gérer… »

« Menteur ! » Sa voix était aigüe au point qu'elle m'en agaçait les tympans.

« Tu es sur haut-parleur, Eddy. » Entendis-je Emmett après un mouvement flou à l'autre bout du fil.

« Edward, que se passe-t-il ? »

« Je l'ai retrouvée. » Soufflai-je tout bas comme si le dire à voix haute la ferait disparaître.

« C'est génial ! On te rejoint alors ! »

« Elle a été adoptée. Ses parents sont morts dans un accident de voiture. J'ai interrogé l'homme qui s'est chargé de l'adoption. Patrick Bray »

« L'homme que tu as failli vider, Edward ! Bon sang c'est de l'inconscience de t'être… »

« Je ne lui ai rien fait, Alice. J'ai…Imaginé faire des trucs mais je me suis retenu. Je suis trop près du but, je ne peux pas m'arrêter là à cause de ce que je suis. Je suis à deux doigts de découvrir où elle vit dorénavant. »

« Alice a raison, Edward. Nous ne sommes pas loin, nous pouvons te rejoindre. Nous nous chargerons de discuter avec ce monsieur Bray. »

« Je peux avoir l'information demain, Carlisle. Il est hors de question que je vous attende pour avancer. »

Il y eut des grognements désapprobateurs, quelques propos bien sentis, mais je ne me laissais pas détourner de mon objectif. Je devais me trouver le plus vite possible auprès de Lizbell nouvellement Alyssa. Ensuite seulement, je pourrais envisager de me nourrir.

Je connaissais le risque que j'encourais mais je refusais de retrouver mes esprits après ces mois d'errance à sa recherche. Me nourrir, reprendre le contrôle de mes besoins serait une récompense. Et si je n'y parvenais pas, c'était bien que je n'étais pas digne de la retrouver et de reprendre le cours de la vie à laquelle j'aspirais. Point barre.

Le soleil fut rapide à se lever, les nuages semblant s'évaporer à son approche.

Debout derrière l'une des fenêtres condamnées au dernier étage, je m'immobilisai comme j'en avais repris l'habitude lors de ces cinq derniers mois. Non seulement cela m'évitait de m'ennuyer ferme à faire les cent pas mais en plus cela m'aidait à rassembler mes idées pour atteindre mon objectif.

Je me concentrai mieux ainsi sur le contrôle de ma soif, retenant les souvenirs de mes dernières rencontres loin dans le fond de mon esprit. Je ne devais pas y penser au risque d'aimer les émotions qui s'étaient réveillées à ces moments : entre frustration et honte mêlées au plaisir de contrôler sa proie. Ces hommes et ces femmes que j'avais pu trouver seuls chez eux, que j'avais épiés et hypnotisés pour élucider le mystère des réincarnations de Lizbell. J'avais été si proche à plusieurs reprises de me laisser emporter. J'avais si souvent combattu sans vraiment le faire l'envie de goûter leur sang en plus de les tenir sous ma volonté…

Le monstre au fond de mon être avait profité de ma rage d'avoir perdu Lizbell pour ramener en moi le besoin de sang humain. Et finalement, la seule chose qui avait pu me retenir, c'était bien l'espoir de retrouver Lizbell. Or, si je la retrouvais en n'étant pas sous contrôle, comment pourrais-je être à ses côtés ?

Alors j'avais combattu tout cela et je le faisais encore dans mon immobilité. Seul le fait de connaître les raisons de cette malédiction me faisait tenir et envisager ces prochaines années avec espoir.

Le jour déclina lentement par-delà les planches de bois qui me cachaient. Je m'autorisai alors à penser à me changer pour retrouver Patrick Bray. Je farfouillai rapidement dans le sac de vêtements achetés à mon départ en imaginant la crise d'Alice lorsqu'elle saurait que j'avais remis plusieurs fois les mêmes habits. En souriant, moqueur, après ma douche –l'eau n'avait pas été coupée- j'enfilai un pull et une paire de jeans.

Le peu de temps que je mis à me préparer suffit à me laisser le champ libre.

Je quittai le bâtiment et ses environs en quelques minutes de marche rapide il s'agissait de ne pas me faire repérer par les sans domiciles fixes du coin…

Avant d'approcher les lieux où la foule new yorkaise s'agglutinait encore à cette heure-ci, je cessai de respirer et me dirigeai vers l'orphelinat où Bray travaillait. J'espérai l'y trouver parce que je n'étais pas sûr d'avoir la patience de le chercher partout avec autant de monde autour de moi.

Ma famille avait raison, c'était inconscient de me balader aussi assoiffé dans les rues mais je suis têtu…Et je connaissais mes limites.

Par chance, Bray était encore dans son bureau lorsque j'arrivais. Je parvins à me faire annoncer plutôt que de forcer l'entrée et m'assis face à lui. Il croisa mon regard avec un sourire amusé.

« Ca n'a pas mis longtemps. »

« Vous savez où elle est. Donnez-moi l'adresse et je disparais de votre vie. » Rétorquai-je à son sarcasme.

« J'ai fait des recherches sur vous, Cullen. »

Je fronçai les sourcils.

« Comment connaissez-vous mon nom ? »

« Je connais des vampires, je vous l'ai dit. »

« Je ne connais pas de vampires en Louisiane. »

« Mais eux connaissent les Cullen. Des végétariens, grande famille, c'était pas bien compliqué. »

« Je n'ai jamais dit que nous étions une 'grande famille', ni que j'étais végétarien. »

« Je sais étudier mes interlocuteurs. »Il haussa les épaules et s'enfonça dans son fauteuil. « Vous êtes sorti avec une humaine. Isabella Swan. Une vie antérieure d'Alyssa ? »

« Vous en connaissez plus sur moi, tant mieux pour vous. Donnez-moi cette information puisque vous savez que je ne serai pas un danger pour elle. »

« Impossible. » Affirma-t-il en me regardant droit dans les yeux.

« Pardon ? »

Je me jetai dans ses pensées pour lui extorquer l'information.

« Où logent les Rolings ? » Demandai-je pour l'aider à y réfléchir.

« Je ne peux pas le dire, c'est confidentiel. »

Trop tard !

« Très bien. Je trouverai ça autrement. »

Je me levai et m'apprêtai à quitter la pièce alors qu'il s'interrogeait à mon propos. Il ne pouvait pas savoir que ses pensées m'avaient dit ce que je voulais apprendre…

Mon portable vibra dans ma poche. Je décrochai sans regarder le nom de l'appelant ça ne pouvait être que ma famille.

« C'est de la triche mais je crois que je lui aurais sauté à la gorge moi-même s'il avait continué comme ça. » Affirma Alice.

Dans sa voix j'entendais l'hystérie derrière sa joie.

« Merci… »

« On est déjà en route, Edward. Ne t'en fais pas. D'ailleurs c'est une jolie petite maison qu'ils ont achetée ! » Me coupa-t-elle et je l'imaginai en train de lever une main pour me faire taire. « Et il faudra que tu nous dises tout ce que tu sais sur elle ! Je n'ai rien appris et Jasper ne sait rien d'autre que son adoption par les Rolings. »

« On se retrouve là-bas alors. Je vous laisse réserver l'hôtel. »

« Oui bien sûr ! Carlisle s'en charge déjà, pour quoi nous prends-tu voyons ? »

« Je dois y aller. »

Et je raccrochai.

Je l'avais retrouvée. Je savais où elle était.

Il ne me restait qu'à être au mieux de ma forme.

Je quittai la région avec mon sac et pénétrai quelques heures plus tard l'Etat de Pennsylvanie. Je le traversai pour atteindre le lac Erié et ses animaux. Avant cela, j'avais trouvé quelques lapins et cerfs isolés mais cela ne me suffirait pas.

Alors que je reprenais le chemin de Boston, où trouver Alyssa, je remarquai la voiture de Jasper sur le bas-côté. J'avançai tranquillement vers lui, assis sur son capot avec Emmett. Ils bavardaient à mon sujet comme s'ils ne m'avaient pas vu, lançant des vannes dignes d'hommes de Cro-Magnon. Je secouai la tête en me rendant compte qu'ils m'avaient manqué.

« Hey ! Quand on parle du vampire ! » S'exclama Emmett en me pointant du doigt.

« Tu as oublié 'transi d'amour', Em » Insista Jasper en frappant sa main contre celle de notre 'frère'.

« Bonjour à vous aussi les filles. » Répondis-je en posant mon sac dans le coffre.

« Eddy, tu sais que tu nous as fait une peur bleue quand même ? » Emmett roula du cul en avançant vers moi, papillonnant des cils.

« Mais non, tu sais bien, Em qu'il veut se la jouer vieux loup solitaire ! Alors, tu as trouvé ton bonheur ? »Jasper parvint presque à prendre une voix de fille en venant se lover contre moi.

« Y' a que vous pour me donner ce que je veux vraiment. » Pouffai-je en passant les bras dans leurs dos pour les rapprocher de moi.

« Oh Eddyyyy ! » S'exclama Emmett avant de me frapper dans le torse. « Espèce de vieux con cachotier ! »

Nous éclatâmes de rire et certaines plaisanteries de mauvais goûts furent énoncées avant que nous reprenions notre calme.

« Bon, sérieusement, comment tu te sens ? » Réussit à me demander Jasper.

« Je fais aller. J'ai hâte, les mecs, alors si on pouvait éviter de s'enraciner ici. »

Je m'installai à l'arrière.

« Ah ! Il est loin le temps où Edwardinou se contentait de nous, Jazzy. » Se lamenta encore Emmett avant de grimper à l'avant.

« Le passé c'est le passé, Em. Il faut avancer vers notre destin ! »

Plus solennel tu meurs !

Merci à acheroniastyx et ma juju pour leurs conseils.

Merci à Demoisel et ma BSC pour leur soutien, idées et coups de pied^^

J'ai attaqué le chapitre 21, je le travaille d'ici le 15juillet pour vous le fournir à ce moment là.

Bonnes vacances !

Ou bon courage au boulot^^

Bises Spuffy