Maudite

Bonsoir !

Mille excuses pour l'absence prolongée mais…La box internet a refusé de se pointer pendant trois semaines !

Bref, me revoici avec un chapitre corrigé et d'autres en préparation.

Encore merci à acheroniastyx pour sa correction et ma juju pour ses conseils.

Taylor : le voici le nouveau chapitre^^

Steffiwolf : la voici la ligne internet ! et pour la solution…Ca va viendre (comme dirait ma grande sœur^^).

Merci à tous ceux qui ajoutent ma fic en alertes, merci à ceux qui pensent aux revieuws…

Bonne lecture,

Chapitre 22- Elle grandit.

POV extérieur

Alyssa grandissait vite. Trop vite même.

Elle regardait la petite fille marcher d'un pas assuré vers la cuisine où elle l'avait appelée pour déjeuner. Ses boucles brunes bougeaient en rythme autour de son visage fin et pâle. Ses yeux noisette étaient emplis de gourmandise et pétillaient de malice. Aly lui faisait tellement penser à cet enfant que Chase et elle avaient perdu si jeunes.

« Maman ! » Appela la fillette une fois arrivée à ses côtés.

Elle souriait, fière d'être parvenue à la rejoindre. Et cela ne faisait que quelques semaines qu'elle marchait !

« Tu es arrivée si vite que je ne t'ai pas vue, ma puce. Bientôt tu pourras marcher aussi rapidement que moi, dis donc ! » La félicita-t-elle en l'installant sur sa chaise haute.

Après qu'elle eût fait ses premiers pas, Aly ne voulait plus monter sur la chaise haute mais elle avait réussi à la convaincre : c'était bien plus pratique pour l'une et l'autre. Aly avait acquiescé mais parfois, elle voyait bien la fillette observer avec détermination la chaise sur laquelle elle-même s'installait. Elle sourit. Cette petite avait du caractère et elle craignait d'avoir du fil à retordre avec elle plus tard. D'un autre côté, elle sentait au fond d'elle qu'Aly ne serait pas comme Johnny. La fillette était bien trop occupée à veiller sur le bonheur de ses parents adoptifs pour cela. La preuve en était le babillage plein de joie d'Aly qui tentait d'attirer son attention.

Margaret sortit de ses pensées alors que sa fille frappait des mains en éclatant de rire.

« Mangeons, mademoiselle, nous rigolerons après. » Lui intima-t-elle en lui proposant sa cuillère.

« Miam ! » La fillette sourit et ouvrit la bouche en suivant de près l'avancée de la main nourricière.

Alors que sa fille tentait de prendre la nourriture dans sa main pour que ça vienne plus vite, Margaret lui expliquait le programme de l'après-midi.

« Tes doigts, jeune fille…Donc, après la sieste, on doit aller dire au docteur que ta bosse est partie. Papa nous rejoindra pour aller chez mamie et papy d'accord ? »

« Wi. »

Mais la petite fille n'écoutait que d'une oreille,intéressée par les petits morceaux de poulet qui parsemaient son assiette. Si elle se débrouillait bien, elle pourrait en prendre plusieurs dans ses doigts et les avaler d'un coup. C'était toujours rigolo d'en avoir plein la bouche !

Margaret coucha sa fille, la berça et lorsque ses yeux se fermèrent totalement, elle redescendit ranger le salon. Alyssa s'y était baladée et ça se voyait ! Les coussins avaient atterri par terre dans un coin, une chaise était même à présent au milieu de la pièce…Le tout laissant la place aux feuilles sur lesquelles la petite avait gribouillées.

Elle secoua la tête, amusée par les jeux de sa fille.

Ensuite, elle vérifia le contenu du réfrigérateur tout en pensant qu'il lui fallait aussi racheter du chocolat en poudre pour le biberon et des saucisses pour son homme le lendemain soir.

« Maman ! Maman ! »

Margaret ne put empêcher sa grimace. Elle aurait aimé s'allonger aussi, non pas pour dormir mais au moins fermer les yeux quelques minutes. Elle dormait si peu !

Au lieu de cela, elle remonta à l'étage. Lorsqu'elle entra, Aly était assise dans son lit et tendait les bras vers elle, quelques larmes roulant encore sur ses joues.

« Oh ! Je connais une petite fille qui a fait un cauchemar. »

« Maman ! » Répéta Alyssa.

Elle prit sa fille dans ses bras et la serra fort contre elle.

« On va descendre se reposer encore un peu. » Décida-t-elle en câlinant son enfant.

Installée dans le canapé, sa fille entre elle et le dos du sofa, Margaret veilla sur son sommeil. Ses joues avaient perdu un peu de leur rondeur de bébé, ses boucles brunes poussaient en même temps qu'elle et elle devait avouer que ses cheveux devraient bientôt la gêner. Elle se refusait pourtant à les lui couper. Ses premières boucles, c'était quand même quelque chose !

OoOoOoO

Edward POV

Je finissais juste une vérification pour Bray lorsqu'Alice me téléphona.

« Rendez-vous dans dix minutes au service pédiatrique de l'hôpital ! »

« Bonjour à toi aussi, Alice. » Dis-je mais elle avait déjà raccrochée, complètement hystérique.

Je secouai la tête et pris la direction de l'hôpital. Heureusement que j'avais détecté du calme dans sa voix sinon j'aurais pu croire qu'il était encore arrivé quelque chose à Aly. Déjà que la dernière fois, elle nous avait fait une sacrée frayeur ! Mon cœur mort aurait eu des problèmes s'il ne l'avait pas déjà été.

Flashback

J'étais à quelques mètres de là en train de faire semblant de lire mon journal sur un banc en face de la maison. Alyssa était dehors sous la surveillance de son père adoptif ; Chase réparait le portail avant, sa fille à quelques pas de là.

Il n'y avait pas de pluie annoncée mais l'air était humide. Ses cheveux bouclaient plus encore qu'à l'accoutumée, ses joues rougies par le plaisir d'être à l'extérieur à courir et sautiller autour de son père.

Et puis il y avait des pierres.

Rien de bien dangereux en soi mais il avait fallu qu'Alyssa s'y ouvre l'arcade sourcilière. Une simple chute qui aboutit aux genoux écorchés, quatre points de suture et une belle bosse sur le front. Quelques larmes aussi et une presque perte de conscience.

Alyzbell tout craché…

Carlisle était aux urgences à ce moment-là et je parvins à me glisser près de lui, une blouse bleue d'infirmier sur le dos pour l'assister. Je devais être présent et vérifier par moi-même l'état de santé d'Alyssa. Carlisle m'avait fait de sacrées remontrances à son retour à la maison mais il avait aussi avoué qu'il comprenait.

Margaret et Chase étaient arrivés en panique : c'était la première fois qu'Aly était au bord de la perte de conscience après une chute. Margaret avait bien eu besoin de l'aide de Jasper pour ne pas perdre la tête. Bien qu'elle sache que son état risquait plus encore d'angoisser Alyssa, elle avait tout simplement refusé de s'apaiser. Après tout, c'était grave et il aurait pu y avoir de plus sérieuses conséquences !

De son côté, Carlisle avait rassuré les parents et demandé à revoir Alyssa quelques jours plus tard.

« Nettoyez autour des points en évitant de les toucher. Il faudra les retirer à la fin de la semaine. »

« Merci docteur. »

« Bobo. »

« Oui, tu as eu un bobo à la tête mais ne t'en fais pas, ça va guérir. » Sourit Carlisle en ôtant la petite main qu'Aly portait à son front. « N'y touche pas, d'accord ? »Continua-t-il en se penchant pour la regarder dans les yeux.

La fillette se tourna vers sa mère en quête d'une réponse. Margaret acquiesça par un sourire et serra ses mains dans les siennes.

« Le docteur Cullen a raison, ma puce. »

« Wi » Répondit-elle en tendant ensuite les bras vers sa mère.

« Vous avez terminé ? »

« Allez-y. Couchez-la si elle le demande. »

« Encore merci. » Chase parla pour la première fois en passant un bras autour des épaules de sa femme.

Dans son esprit, je lisais toute la culpabilité qui le rongeait et les projets qu'il faisait déjà pour éliminer le risque que représentaient ces pierres dans son jardin. Au moment où il ouvrait la porte pour partir, il vit en même temps que moi le regard de sa fille se porter sur le mien.

Je lui fis un sourire auquel elle répondit avant de se blottir dans le cou de Margaret.

La porte se referma lentement sur elle et toutes les angoisses s'évaporèrent, se mêlant aux autres sentiments forts en moi.

« Edward. »

Carlisle attendait, les bras croisés.

« Je sais, je n'aurais pas dû… »

« Non, en effet, mais nous en parlerons plus tard, j'ai d'autres patients à voir. Cependant, ce qu'il vient de se passer avec Alyssa… »

« Quoi donc ? »

« Tu n'as pas vu ? Elle t'a reconnu, Edward. Elle ne sait peut-être pas encore qui tu es mais ses yeux disent qu'elle te connaît. »

Je me détournai, me passant une main dans les cheveux.

« Elle fait ça dès qu'elle me voit. » Avouai-je.

« C'est bon signe. Prends garde toutefois : ses souvenirs reviendront plus clairement lorsque son esprit en sera capable. A ce moment-là, il faudra l'aider à comprendre ce qu'elle ne peut pas mettre encore en mots. »

« Je serai prêt. Je n'attends que ça de pouvoir tout lui révéler, Carlisle et ça va être long ! »

« D'ici une dizaine d'années, elle entrera dans l'adolescence, il sera plus facile d'évaluer vos rapports. »

« Je ne compte pas attendre si longtemps pour passer du temps avec elle ! »

« Prends garde à ne pas te faire prendre, Edward, cela ruinerait les chances que nous avons de l'avoir à nos côtés dorénavant. »

« Je sais, Carlisle. »

Mes propos furent dits avec plus de hargne que je ne le voulais. Carlisle se contenta de se fermer encore plus, signalant tant le fait qu'il n'était pas d'accord avec mon ton que celui qu'il devait mettre fin à cette conversation pour le moment.

Fin Flashback

« Tu ne peux pas à nouveau voler une blouse d'infirmier, Edward. » Furent les premiers mots de Carlisle lorsqu'il me vit arriver dans son service.

« S'il-te-plaît ! Ca ne va pas les étonner… »

« Non. Patiente donc ici, tu sauras de toute façon ce qu'il se passe par leurs pensées. »Exigea-t-il.

Je levai les yeux au ciel et m'assis lourdement sur le premier fauteuil libre.

Ca c'est de la puérilité pure ou je ne m'y connais pas ! Se moqua Emmett en s'asseyant en face.

« Venant de toi, c'est l'hôpital qui se fout de la charité. » Grognai-je en détournant le regard vers les doubles portes qui laisseraient passer Margaret et Alyssa.

« Susceptible ! » Insista-t-il mais je l'ignorais.

« Oh les mecs ! Arrêtez votre cirque vous voulez bien, ou je sors le pop corn ! » S'exclama Alice.

Je réprimai à peine un frisson de dégoût qui me passa vite grâce à l'arrivée de celles que j'attendais. Je plongeai dans les pensées de Margaret à la recherche du moindre signe de problème.

Parfait, le docteur est là. Aly a bien goûté cette après-midi, je dois le dire à mes parents ce soir…Bel homme…

Je quittai son esprit avant d'avoir un aperçu des attributs qu'elle voyait chez Carlisle. Celui-ci approcha, un sourire avenant au visage.

Ca va pas aider la pauvre femme ! Soupira Jasper.

Je retins un rire mais il sentit mon état et se défendit par la pensée.

Ne me dis pas qu'elle ne pense pas à ce que je sens qu'elle pense !

« Je n'ai rien dit. »

Je haussai les épaules et me dirigeai d'un esprit à l'autre jusqu'à retrouver celui de Margaret. Je pris bien garde à ne faire que m'installer derrière ses yeux, histoire de ne pas entendre tout ce qui lui passait par la tête mais simplement ce qu'elle entendait des propos de Carlisle.

« Comment vas-tu Alyssa ? » Commença-t-il alors que Margaret l'installait sur la table d'examen.

Aly leva la tête à son prénom et sourit.

« Papy, mamie ! » Lança-t-elle avec enthousiasme.

« Mes parents nous ont invité à dîner. » Compléta Margaret.

« Ca a l'air de lui plaire. »

« Ils l'adorent et elle le sait ! » Rit-elle.

Ils gardèrent le silence le temps que Carlisle ausculte Alyssa : il lui fit tourner la tête pour avoir un bon angle de vue sur les points de suture qu'il avait appliqués puis il vérifia ses réflexes. Enfin, il tendit une confiserie à la petite.

Ses yeux s'agrandirent de bonheur et elle tendit la main. Margaret toussota pour attirer son attention. Aly savait ce qu'elle devait dire.

« Ci ! »

« De rien mademoiselle. »

L'émotion dans la voix de mon 'père' n'était pas une hallucination auditive de Margaret, ses pupilles dorées le prouvaient. Bien sûr, j'avais moi aussi un sourire béat sur le visage.

« Et bah ça a l'air d'aller comme sur des roulettes ! » Applaudit Emmett en frappant mon épaule avec son poing.

« En effet. » Acquiesçai-je.

« C'est fou ce qu'elle grandit vite. »

Rosalie avait raison. Et ça ne faisait que commencer…

…Pour toujours plus nous rapprocher.

« La maîtresse m'a encore dit que tu avais parlé de ton ami imaginaire. »Commença Margaret en conduisant Alyssa dans la salle de bain.

Sa voix était exaspérée.

« Edward existe ! » Affirma Aly en regardant sa mère dans les yeux.

Si elle savait !

D'un côté je plaignais Margaret et Chase : leur fille ne cessait de parler de moi. Et c'était bien ce qui de l'autre côté me plaisait. Egoïste et fier de l'être !

Aly fêterait ses cinq ans dans moins de deux jours et sa maîtresse était la même que l'année passée. Celle-ci entendait donc parler de moi depuis l'année précédente, lorsqu'Aly m'avait intégré à son monde de la nuit. Emmett avait d'ailleurs beaucoup à dire de mes visites nocturnes à une fillette mais il connaissait la vérité pour m'avoir accompagné un soir.

Flashback

Aly sortit de son lit en me voyant à sa fenêtre. Son grand sourire me faisait toujours un peu mal au cœur : connaissant les circonstances de ma présence dans sa chambre alors qu'elle n'était qu'une enfant et que j'attendais qu'elle grandisse me rappelait toujours douloureusement tout ce qu'il s'était passé entre nous à l'époque. Son sourire d'adulte me manquait. Malgré les moments privilégiés que nous vivions depuis que je l'avais trouvée la première fois dans sa chambre alors qu'elle n'avait que six mois, ils ne pouvaient pas égaler ceux que nous avions vécus et que nous pourrions vivre plus tard.

« T'es qui toi ? »

Elle fronça les sourcils, la tête sur le côté, en train d'étudier avec attention le nouvel individu dans sa chambre.

« Salut, moi c'est Emmett ! Suis le frère de ce grand péd…Imbécile. » Dit-il en me désignant.

Je l'incendiai du regard. D'accord, il voulait se moquer de moi mais il pouvait au moins se retenir devant Aly !

« Edward n'est pas un grand imbécile. »

La voix catégorique de la fillette nous fit revenir à ce qu'il se passait autour de nous.

« Non tu as raison, il parait que c'est moi l'imbécile de service mais j'aime bien dire à Edward que c'est lui l'imbécile. »

Aly l'observa avec plus de concentration encore et je craignis qu'elle ne soit effrayée par mon 'frère'. Au lieu de cela elle lui fit signe de se baisser à sa hauteur. Il obéit et elle se dirigea vers son oreille. La main devant dans le but de cacher ce qu'elle disait à des oreilles ordinaires, elle lui confia à quel point elle préférait me dire qu'elle m'adorait plutôt que me dire que j'étais imbécile.

Sa formulation n'était pas aussi élaborée mais cela voulait dire ça et Emmett dut se mordre la joue pour ne pas exploser de rire.

« Vous êtes définitivement atteints ! » Affirma-t-il un peu trop fort.

« Chut ! »

Alyssa lui donna une tape sur l'avant-bras. C'était ce qu'il fallait à mon 'frère' pour exploser. Il posa hâtivement une main sur sa bouche pour couvrir le rire qui le secouait.

La petite fille s'éloigna en tendant une main vers moi. Son regard tourné vers la porte, elle s'inquiéta du bruit que faisait notre ami.

« Il est bête. » Assura-t-elle en bâillant.

« Tu as raison mais on l'aime quand même. »

Je la pris dans mes bras et m'assis sur son lit. Alyssa s'installa la tête dans mon cou, un œil sur Emmett qui se demandait s'il devait sortir une peluche et faire un spectacle à Alyzbell.

« On l'aime quand même. » Acquiesça-t-elle tout bas.

Elle s'endormit dans mes bras, une main posée dans mon cou.

« Qui ne m'aimerait pas ? ! » Se vanta mon 'frère' en venant embrasser son front. « Tu restes ? » Continua-t-il en me regardant.

« Maintenant qu'elle parle, oui. »

« Voyeur ! » Balança-t-il avant de sortir pour rejoindre Rosalie.

Fin flasback.

Le bain dura un peu plus longtemps que prévu parce qu'Aly refusait de rester tranquille le temps que sa mère lui lave les cheveux.

« Arrêtez mademoiselle, vous allez avoir du shampoing partout ! » Prévint-elle mais c'était trop tard au vu du cri que j'entendis.

Du haut d'un arbre un peu plus loin, l'esprit branché sur ce qu'il se passait dans la maison, je surveillais les faits et gestes de la famille. Je savais que Jenny, la première fillette que les Rolings avaient recueillie, devait passer ce soir-là avec sa propre fille et son jeune époux. C'était une occasion pour en apprendre encore plus sur la vie passée des Rolings, même si je les connaissais suffisamment pour dire à quel point ils étaient des parents géniaux. C'était triste qu'ils aient perdu leur première et unique fille.

« Aïe ! » S'écria à nouveau Alyssa dans la salle de bain.

Je frémis. Je n'aimais pas l'entendre pleurer même si je connaissais les causes de ses 'malheurs' actuels. Oui, le temps m'avait fait de plus en plus protecteur envers elle. Et j'en étais fier ! Et puis comment résister aux pleurs d'un enfant ? !

Le vibreur de mon portable me sortit de mes questions existentielles.

« Alice, que se passe-t-il ? » Demandai-je sans préambule.

« Les Denali arrivent demain. »

« Pourquoi ? »

Aucun problème n'était détecté dans la région et je savais à quel point les sœurs exécraient l'Est de la côte.

« Ils sont curieux pour Aly. »

« Ca fait quand même cinq ans. » Soupçonnai-je.

« Mieux vaut tard que jamais, Edward ! Et puis, Carlisle est content de voir Eléazar, tu sais qu'il a renoncé à le voir régulièrement lorsque nous sommes venus ici. »

Je me pinçai l'arête du nez.

« Je ne le lui ai pas demandé. » Grognai-je.

« Mais nous le savons ! Il n'empêche, son ami lui manque. »

Je soupirai.

« D'accord, quand arrivent-ils exactement ? »

« Demain matin. Ils sont déjà en route en fait. »

« Et tu ne me le dis que maintenant ? »

« C'est l'heure du bain, tu peux me dire ce qu'i déranger ? » Contra-t-elle en faisant référence à ma demande expresse de ne pas être dérangé du tout pendant mes heures de présence chez les Rolings.

« A plus tard. » Mis-je fin à la conversation.

Alice avait déjà raccroché, me voyant certainement le faire dans une vision.

Je me réinstallai contre le tronc d'arbre en sentant les premières gouttes de pluie. Je soupirai. Au moins, je n'étais pas dépaysé par le climat !

Alors que le bain se terminait et que Margaret exigeait d'Alyssa qu'elle ne dérange pas le salon comme elle en avait l'habitude pour dessiner, je m'interrogeai encore sur les motivations des Denali.

Pourquoi décidaient-ils de venir après cinq années sans visite ?

Je savais que Carlisle avait appelé Eléazar à l'époque pour le prévenir de notre emménagement à Boston en raison de la présence de la nouvelle identité de Bella dans cette ville. Je savais que lors des dernières fêtes, ils avaient manqué à ma famille : nous avions pour habitude d'en passer au minimum deux par an ensemble…

S'il y avait eu des problèmes de leur côté, ils nous auraient demandé de venir et ne se seraient pas déplacés.

Et puis, du nôtre, il n'y avait rien d'intéressant, excepté quelques familles d'accueil qui exploitaient leurs jeunes hôtes ou prévoyaient de ne les garder que pour les pensions versées. Tout cela était en cours de traitement par les services sociaux et Bray était de plus en plus extatique à l'idée de nous avoir sous la main. Et cela ne risquait pas d'intéresser les Denali.

Alice avait dit qu'ils étaient curieux pour Aly mais depuis le temps que nous étions installés, pourquoi ne venir que maintenant ?

L'éclat de joie provenant de la maison alors que Jenny et sa famille arrivaient me balança en pleine tête le vrai problème que je voyais à la visite imminente de nos amis : Tanya serait là.

Certes, je ne craignais pas de refaire les mêmes erreurs avec elle- j'en connaissais trop bien les conséquences -, mais je craignais plutôt sa réaction après que je l'ai évitée pendant toutes ces années. Bien sûr, j'évitais la famille entière depuis notre 'écart de conduite'. C'est pour dire le malaise que je présageais à nos retrouvailles !

« Elle a incontestablement tes yeux ! » S'exclama Margaret dans la maison et ses pensées m'indiquèrent qu'elle parlait de la fille de Jenny.

Je m'accrochai à ces retrouvailles-ci tout le reste de la soirée.

Jenny et Irvin avaient donné naissance à une belle petite fille aux yeux bleus de sa mère et cheveux noirs de son père. Nina, la petite, souriait à tout bout de champ et fit même ses premiers pas chez ses grands-parents maternels adoptifs Margaret en était très fière.

Alyssa, de son côté, s'était donnée pour but de faire visiter le rez-de-chaussée à ce que l'on pouvait appeler sa nièce. Sous les yeux attendris de Jenny, les deux fillettes parcoururent plusieurs mètres, main dans la main.

« Elle sait pour ses parents ? » Murmura Jenny en désignant Alyssa du menton.

Margaret regarda sa fille évoluer et parler d'une voix calme à Nina.

« Parfois, j'ai l'impression que c'est le cas… »

« Comment cela ? » S'étonna son gendre.

« Je ne saurais pas l'expliquer… »

« Alyssa joue beaucoup avec sa poupée et on l'entend parfois parler d'un accident que les parents de la poupée auraient eu. »L'interrompit Chase.

De mon perchoir, j'acquiesçai. Ce qu'ils ne savaient pas, c'était qu'Aly parlait aussi de cela dans son sommeil comme si elle revivait l'événement ou quelque chose de similaire. Le cerveau humain était si complexe !

« Ce sera peut-être plus facile pour elle par la suite, alors. » Supposa Jenny.

« Oui, peut-être… »

Tous les regards tournés sur elle, Alyssa ne semblait pas avoir conscience qu'on parlait d'elle.

L'heure du départ arrivée, Jenny alla voir sa sœur adoptive. Celle-ci jouait justement avec sa poupée préférée sur la terrasse donnant dans le salon. Je quittai les autres esprits et me contentai de tendre l'oreille vers elles.

« Elle est vraiment belle, cette poupée ! » Sourit Jenny en s'asseyant près d'Aly.

« C'est maman qui l'a achetée. »

« Elle a eu raison. J'imagine que c'était la plus belle de toutes les poupées en plus. »

« Oui. »

Jenny sourit et passa une mèche de cheveux d'Aly derrière son oreille.

« Tu n'es pas très bavarde à ce que je vois. »

« Je parle avec Edward. »

Alyssa haussa les épaules.

« Ah oui ! Ton ami ! Et il est gentil ? »

Bonne tactique, dus-je reconnaître. Plutôt que de parler tout de suite d'ami imaginaire elle voulait connaître cet Edward…

« Oui ! Et il est beau ! »

Comment retenir le sourire idiot sur mon visage ? !

« Vous parlez beaucoup ? »

« Oui. Il vient dessiner avec moi le soir. »

« Parfois » Complétai-je pour moi-même.

« Ca c'est génial ! Maman et papa le connaissent ? »

« Non ! Il se cache parce qu'il est pas comme eux. »

Je me crispai en entrant précipitamment dans les pensées de Jenny. Il fallait qu'elle pense qu'Aly avait beaucoup d'imagination.

« Pourquoi ça ? »

« Il ne meurt pas lui. »

Je détectai la pointe de tristesse dans la voix de la fillette alors que Jenny grimaçait en connaissant le passé de sa sœur.

« Tant mieux alors. Comme ça il pourra rester longtemps avec toi. »

Jenny passa une main réconfortante sur le bras d'Aly.

« Il a promis qu'il me retrouverait toujours. »

Cette fois je m'immobilisai. Je n'avais jamais dit une telle chose à Alyssa…A Liz, oui, mais pas Aly…

Elle se souvenait ! Elle commençait à se souvenir de certaines choses !

J'étais euphorique.

« Et comment s'appelle ta poupée ? Je voulais te le demander mais j'ai failli oublier ! »

Jenny remit autant d'entrain que possible dans sa voix.

« Bella. »

« C'est très joli et ça lui va parfaitement. » Approuva-t-elle.

Alyssa ne répondit pas mais sourit, signe qu'elle avait oublié la tristesse qui la prenait quelques minutes plus tôt.

« On y va ? » Irvin s'appuya au chambranle de la porte-fenêtre.

« Oui. Alyssa, j'espère qu'on se reverra bientôt. »

« D'accord. J'aime bien Nina, elle est fragile. »

« Elle n'est pas fragile, elle est encore un bébé. Tu verras, elle grandira et deviendra comme toi. »

« C'est bien. »

« A bientôt ma belle. »

Tous deux rentrèrent et reprirent leur fille endormie. Margaret récupéra Alyssa et l'emmena au lit à peine la porte d'entrée refermée sur le couple.

« Tu as bien joué avec Nina. » Remarqua-t-elle en aidant la fillette à mettre son pyjama.

« Je l'aime bien. »

« Alors on fera en sorte de pouvoir la voir bientôt. »

Le rituel du coucher fut plus rapide que d'ordinaire à cause de la fatigue qui emportait déjà Alyssa dans les bras de Morphée. Avant qu'elle ne soit tout à fait endormie, je me faufilai dans sa chambre. Je savais par expérience que si je ne venais pas la voir un soir avant qu'elle ne dorme, elle me le reprocherait le lendemain soir. A croire qu'elle avait autant besoin que moi de ces rencontres nocturnes !

Elle s'était tournée dos à la fenêtre, aussi ne vis-je pas immédiatement qu'elle pleurait en silence. Je m'approchai doucement et m'assis près d'elle. Aly vint se blottir dans mes bras, le visage enfoui dans mon cou. Je la berçai tendrement, inspirant son odeur d'enfant autant que la tristesse profonde qui l'envahissait. Je me morigénai de n'avoir pas détecté son état plus tôt lorsqu'elle parlait avec Jenny. En même temps, j'apprenais à quel point Alyssa savait cacher ses émotions. Et cela me faisait peur. Il me faudrait mieux la lire dorénavant si je voulais être sûr d'être ce dont elle avait besoin.

« Qu'y a-t-il, Alyssa ? » Murmurai-je dans son oreille alors qu'elle se calmait.

« Bella me manque. »

Je me figeai un instant avant de l'écarter un petit peu de moi. Son ton n'avait pas été celui d'une petite fille mais plutôt celui d'une jeune femme. Une jeune femme que je connaissais très bien !

« Bella est juste à côté de toi. » Feignis-je de ne pas comprendre en désignant sa poupée.

« Elle était heureuse. » Affirma-t-elle en croisant mon regard.

Je soupirai, il était inutile de vouloir continuer dans cette voie. Autant lui confirmer le fait que je savais de quoi elle parlait.

« Tu es heureuse aussi, Aly, d'une autre manière. »

Je caressai ses joues.

« Elle aurait dû rester avec toi. »

« Tu sais que ce n'était pas aussi facile mais maintenant on va trouver une solution. »

« Tu vas rester ? » Demanda-t-elle, pleine d'espoir.

« Je te l'ai promis, Alyzbell. »

Elle fronça les sourcils puis la lumière se fit dans son esprit.

« Alyssa, Elizabeth, Isabella. »

« Tu te souviens de tes prénoms. »

« Victoria, Virginie…Aileen. »

Je souris. Elle se souvenait même mieux que je ne le pensais !

« Les choses se passent plus vite que les fois précédentes, Aly, mais je te jure de ne plus jamais te quitter. Je vais rester et tu me diras plus tard ce que tu veux. »

« Je veux que tu restes. »

« Je reste, Aly. Je reste. »

Une dernière larme roula sur sa joue. Je l'essuyai et déposai un baiser sur son front.

« Tu devrais dormir, demain il y a école. »

« La maîtresse ne me croit pas. »

« Ce n'est pas grave, toi et moi savons que tu dis la vérité, c'est tout ce qui compte, n'est-ce pas ? »

Elle acquiesça en serrant ma main contre elle. Je m'installai à mon tour et elle glissa sa tête dans mon cou. Alyssa s'endormit en prononçant encore une fois ou deux mon prénom avec cette voix si adulte. Je fermai les yeux et regrettai de ne pas pouvoir verser quelques larmes moi aussi : tout ce qu'il se passait était si dur à vivre et encore plus lorsque nous nous retrouvions dans cette chambre d'enfant ! Il était si facile de faire semblant que tout allait bien dorénavant alors qu'en fait tout était en suspend pendant encore tellement d'années que je souffrais d'un sentiment d'impuissance. J'avais tant besoin de retrouver ma relation avec Lizbell telle qu'elle était lorsque tout se passait bien…

Je soupirai. A moi aussi, Bella me manquait.

Ohoh ! Elle se souvient ! Les choses seront-elles si faciles ? !

Merci pour votre soutien. A très vite avec la suite.

Bisous Spuffy