Maudite

Bonsoir !

Et oui, je suis de retour. La vérité, c'est que j'ai ce chapitre dans l'ordinateur depuis des lustres mais n'ai pas eu le temps de le poster avant. Alors le voici.

Je remercie tous ceux qui me laissent des reviews toujours plus géniales les unes que les autres. J'ai hâte de connaître vos avis sur la réaction d'Alyssa. A-t-elle bien fait ? Aurait-elle dû agir autrement ?

Dites-moi tout !

Encore merci à acheroniastyx pour sa patience !

Bonne lecture,

Chapitre 24- Conséquences

Alyssa POV

Mes parents étaient assis chacun d'un côté du lit. La première chose que je lus dans leurs yeux fut le soulagement. La seconde fut la série de questions qui se formait dans leur esprit.

« Je suis désolée. » Articulai-je avec difficultés.

« Chut. Le médecin a dit que tu devais rester tranquille encore un peu. »

Je fronçai les sourcils. Le médecin avait eu le temps de venir ? Je n'avais pourtant pas l'impression d'être restée absente plus de quelques minutes.

« Quelle heure est-il ? » Parvins-je à demander avec moins de difficultés.

« Chérie, il est sept heures du matin. »

« Quoi ? ! J'ai…C'est impossible, je ne suis…Partie que quelques minutes ! »

« Toute la nuit, à vrai dire. » Grimaça mon père en se levant. « Je t'ai vue t'agiter alors j'ai appelé ta mère. »

« Vous m'avez veillée toute la nuit ? »

« Bien sûr, Aly. Tu n'étais pas bien. » Se défendit ma mère et je m'en voulus.

J'avais dû lui faire une peur bleue.

Je me redressai et la pris dans mes bras.

« Je suis désolée, maman. Je n'ai rien pu empêcher mais ça va mieux. »

« Le médecin a dit que tu réagissais ainsi pour te…Protéger. »

Il s'agissait autant d'une affirmation que d'une interrogation.

Je grimaçai, réfléchissant à quoi dire.

« J'ai…C'était comme si je faisais un cauchemar éveillé mais rien de grave. Le cerveau est un organe encore si méconnu que personne ne doit pouvoir expliquer vraiment ce qu'il m'est arrivé mais je vous promets que je vais bien. »

Je croisai leur regard inquiet et tentai de garder ma voix pleine de conviction.

« Heureusement que ce sont les vacances, tu vas pouvoir te reposer. » Sourit mon père même s'il n'était pas dupe.

J'acquiesçai sans ajouter un mot.

Et puis, je réalisai surtout que s'ils m'avaient veillée toute la nuit, Edward devait encore être caché derrière mon paravent. Etait-il parvenu à sortir sans être remarqué ? Peut-être lorsqu'ils avaient échangé leur rôle de surveillance ?

Je me retins de justesse à lancer un regard vers le coin opposé de ma chambre. Je l'avais mis en place il y avait déjà plusieurs années, alors que nous avions failli être pris en flagrant délit de bavardages nocturnes. Ce soir-là, mon père rentrait tard du travail et il avait eu l'idée de vérifier que je dormais bien. J'avais douze ans, mais il me considérait encore comme une petite fille dont il fallait veiller le sommeil. Depuis cette nuit, j'avais acheté avec mon argent de poche les accessoires nécessaires à créer un coin 'voyage' comme l'appelait ma mère, idéal pour cacher Edward lorsque l'un de mes parents se présentait à la porte. Bien sûr, il avait aussi pris l'habitude de garder une partie de son esprit branché aux leurs, histoire que nous ne soyons plus à deux doigts de nous faire repérer.

« …Manger ? »

La question de ma mère me ramena à ce qu'il se passait.

« Quoi ? Euh non, merci, je crois que je vais plutôt aller prendre une douche pour me sortir totalement de ma léthargie. »

« Tu es sûre ? »

« Oui. » Souris-je en faisant déjà mine de quitter mon lit. « Et vous devriez aller vous reposer, vous avez une tête à faire peur. »

« C'est plus de notre âge, les nuits blanches, tu sais ! » Sourit mon père.

« Je sais et au moins, c'est empiriquement prouvé ! » Répliquai-je.

« Tu connais ce mot ? ! »

« Papa ! »

Je lui balançai un oreiller, qu'il esquiva en éclatant de rire, me résolvant à lui tirer la langue.

« Lorsque vous aurez fini de faire les pitres, vous considérerez peut-être que j'ai besoin d'un bon café chaud. » Intervint ma mère en levant les yeux au ciel comme exaspérée par notre comportement.

Après tout, c'était peut-être bien de l'exaspération !

« Bien madame. » Salua mon père, à la mode militaire.

« Parfois, je me demande s'il a bien les cinquante ans qu'il prétend. » Me souffla-t-elle en se levant.

Je pouffai en les regardant rejoindre la porte.

« Tu es sûre que ça va aller ? »

« Si jamais je vous appelle. » Assurai-je.

Ils ne quittèrent pas la pièce sans avoir jeté un coup d'œil à mon visage que j'imaginais encore blême. Je gardai un sourire rassurant le temps qu'ils sortent.

La porte refermée, je me redressai et appelai Edward. Je devais savoir s'il était encore là et surtout, je voulais connaître ma réaction face à lui. Pendant ces heures d'inconscience, j'avais ressenti toutes les angoisses qu'il m'avait inspirées pendant plusieurs semaines mais j'avais aussi revu toutes les explications que nous nous étions données pour en être arrivés là.

Il passa lentement dans mon champ de vision, les yeux baissés, avec des gestes mesurés. Je n'eus pas à croiser son regard pour savoir il se doutait des souvenirs remontés la veille. Lorsqu'il osa me fixer, les questions autant que les excuses se bataillaient dans ses prunelles. Une chose me rassura : je n'y découvris pas ce que j'y avais lu lorsqu'il m'avait agressée. Et si j'étais honnête, je ne l'avais jamais plus décelée…

Malgré tout, je ne pus réprimer le frisson qui me parcourut. Le voir si proche, malgré le repentir qu'il affichait et que je savais qu'il ressentait, me mettait mal à l'aise et je sus que cela durerait encore quelques temps.

Je détournai le regard et il fit un pas vers la fenêtre.

« Je voulais m'assurer que tu te réveillerais. Je te laisse, Alyssa. Je… »

Il s'interrompit, passa une main dans ses cheveux et soupira comme si ce qu'il s'apprêtait à me dire n'avait pas d'intérêt.

« Je me souviens de tout à présent. Mes vies, nous… » Parlai-je alors qu'il était déjà à la fenêtre, les mains sur le rebord.

« Raison de plus, je ne peux pas… Rester, pas après…Tout ça. »

« Je ne te demande pas de rester. » Il se retourna, blessé. « Je veux dire, pas maintenant, je crois que j'ai juste besoin d'un peu de temps. Je dois rassurer mes parents et puis débroussailler deux, trois trucs dans ma tête avant de penser à…Nous. »

« Je sais qu'il n'y en a plus, Aly. »

« Pourquoi ça ? Liz…Je t'ai pardonné, Edward. Ecoute, je sais une chose : j'aurais pu te combattre, te repousser. »

« Je suis un vampire, tu n'avais aucune chance. »

« Je te connais Edward. Si j'avais parlé, si j'avais fait un geste, tu te serais arrêté. »

« Tu veux dire que tu étais consentante pour qu'à peine quelques heures après ta première fois, je te force à avoir une relation sexuelle avec moi ? »

« Tu ne comprends pas. Bien sûr que je n'étais pas consentante mais je n'ai pas non plus dit non ! Ce que je veux dire, c'est qu'on avait tous les deux des torts. »

Il se pinça l'arête du nez, les yeux mi-clos.

« J'ai l'impression de revivre nos discussions d'antan. »

« Tu es une vraie tête de mule, ça ne m'étonne pas que j'aie à te rappeler tout cela. » Souris-je.

Il releva la tête et me regarda droit dans les yeux.

« Aly, si tu ne te sens pas capable… »

« Je te le dirai. »

Il hocha la tête, satisfait.

« Tu ferais mieux de bouger rapidement sinon ils vont remonter vérifier dans quel état tu es. »

Il fit un signe de tête vers la porte.

« D'accord. »

Il était sur le rebord de la fenêtre lorsque je l'interpellais une dernière fois.

« Je suis désolée pour le passage avec Garrett. »

Il sourit, amer.

« Repose-toi. »

Et il disparut.

Je secouai la tête, mi-amusée, mi-repentie. Une chose était sûre, cependant : il me fallait me lever avant que mes parents ne viennent voir ce dont il s'agissait. Je fis un effort et me trainai hors du lit. J'étais rassurée de ne pas me sentir mal et pris de quoi me changer. Je ne comptais pas sortir tout de suite aussi ne pris-je qu'un vieux short et un large t-shirt tout ce qu'il y a de tue l'amour. J'avais simplement besoin de traîner avant de commencer véritablement mes vacances.

De toute façon, avec ce qu'il s'était passé la veille, je n'imaginais pas voir Alice débouler avant quelques heures. L'avantage de ces dernières années ? Elle grandissait en même temps que moi et même si Edward n'était pas vraiment du même avis, sa 'sœur' n'était plus aussi agaçante qu'à l'époque du moins avec moi puisque je parvenais à la faire changer d'avis une fois sur cinq. Et je trouve que c'est déjà beaucoup en connaissant le 'lutin de service', comme l'appelait Emmett.

La douche apaisa les muscles endoloris que je ne pensais pas avoir et parvint aussi à me réchauffer de l'intérieur. Décidément, j'avais sous-estimé les conséquences physiques qu'auraient ces réminiscences !

Plusieurs minutes plus tard, je descendis manger. Je commençai à sortir les pâtes lorsque ma mère me trouva.

« Ma chérie, il est huit heures du matin, tu sais ? »

« Je suis en décalage, je crois, c'est gênant ? »

« Non, il faudra juste que tu penses à reprendre le bon rythme. »

« Bien sûr ! » Assurai-je en sortant le sachet de gruyère et toute la charcuterie que je pouvais trouver.

J'étais vraiment décalée !

Je mangeai le tout, lentement, en mâchant bien, sans m'en rendre vraiment compte. Ce que je savais, c'était que mon esprit vagabondait d'un souvenir à l'autre, appelant ceux qui se voilaient encore. Par exemple, il y avait cette image derrière mes paupières dans laquelle je me voyais écrire sur mon ordinateur portable-un vieux portable comparé à celui que j'avais actuellement- en me cachant d'Edward. Elle ne fut éclairée que par ses paroles à propos d'un texte qu'il aurait trouvé à la disparition de Bella sur son ordinateur. En étant Bella, j'avais donc réussi à me souvenir de certaines choses mais je n'arrivais pas à mettre un nom dessus, aussi l'avais-je caché à tout le monde, ne pouvant cependant pas m'empêcher d'écrire ce qui me passait par la tête. Je me rappelais même quelques phrases, à présent :

Edward Anthony Masen Cullen je vais te perdre et j'en meurs avant l'heure. Tu es le seul que je vais regretter réellement…Tu m'offres tant…

Je t'aime Edward. Oui, je m'en souviens. Je m'en souviendrai. M'en souviendrai-je ?

Je souris pour moi-même. Je m'en étais souvenue. D'abord avec Liz et même en tant que bébé. Emmett s'était amusé à me raconter ce qu'Edward avait partagé : je l'avais reconnu dès la première fois où nos regards s'étaient croisés. Je ne pouvais pas nier qu'aujourd'hui encore j'étais amoureuse de lui. Ce n'était pas faute pourtant d'avoir eu l'opportunité de sortir avec d'autres garçons. Avec Liz, il y avait eu Preston. A ce souvenir, je frissonnai. Ca avait été une erreur que de croire pouvoir me sentir bien avec lui. Et maintenant, l'idée de fréquenter quelqu'un d'autre qu'Edward me rendait malade. Heureusement que j'entrais au lycée dès la rentrée !

Une partie de mon esprit se rebellait. Il m'avait violée un soir après une violente dispute. Je ne pouvais pas le nier non plus. Mais tout en sachant que j'aurais dû avoir une autre réaction à ce souvenir, je ne pouvais m'empêcher de connaître au fond de moi mes prochaines réactions face à Edward : je l'aimais. J'étais irrévocablement et inconditionnellement amoureuse d'Edward Cullen.

Oui, cela excusait beaucoup.

Et puis, ce souvenir était de toute façon suivi de tout ce qu'il s'était passé par la suite : sa fuite, mon comportement face à lui, la décision de la morsure, nos rapprochements.

« J'ai confiance en toi, Edward. »

C'étaient mes dernières paroles en tant que Liz Walter. Ça prouvait bien que j'avais su surmonter tous les obstacles, n'est-ce pas ?

Et puis, aujourd'hui, je ne pouvais pas dire que je n'avais pas confiance en lui ! Je l'avais accueilli dès le premier jour où j'avais été assez consciente de sa présence et des chances que j'avais de l'éloigner si je le voulais. Il avait tout partagé avec moi et lorsque j'étais malheureuse, je n'avais jamais compté que sur mes nuits pour être certaine d'être entièrement réconfortée. Mes parents avaient un rôle important dans ma vie mais la présence d'Edward m'était nécessaire pour mieux affronter les aléas de la vie.

Je sortis de mes pensées lorsque retentit la sonnette de la porte d'entrée. Je fronçai les sourcils et quittai la pièce en entendant l'eau s'arrêter dans la salle de bain ma mère devait être en train de finir de se préparer pour le travail.

« Un colis pour Mademoiselle Alyssa Rolings. » Annonça le facteur en tendant le calepin sur lequel apposé une signature.

« C'est moi. »

Je signai et reçus mon colis en me demandant ce dont il s'agissait. Je refermai la porte d'un coup de pied, me détournai vers la cuisine à nettoyer et cherchai de quoi ouvrir la boîte.

« Qui était-ce ? » Demanda ma mère en passant une serviette dans ses cheveux humides.

« Le facteur, pour moi. »

Je désignai le carton, armée d'un couteau.

« De qui est-ce que ça vient ? »

« Il n'y a pas d'expéditeur, justement. »

Ma mère vint se poster face à moi sur le coin de la table et surveilla mes gestes.

Je découvris une note manuscrite sans reconnaître l'écriture. Je fronçai les sourcils et la lus en silence :

« Parce que l'orage approche »

Finalement, je savais de qui il s'agissait : Alice. L'information reliant l'orage avec les Cullen mit une seconde de plus à m'arriver. Apparemment, ils joueraient bientôt au base-ball et j'étais invitée. Je souris alors que ma mère s'interrogeait clairement.

« Ca doit être une erreur… »

« Non, c'est…Alice, une copine. Elle adore se la jouer Miss Météo mais au moins, elle me rappelle la sortie que nous avions prévue. »

« Alice ? Ca ne me dit rien. »

« Une copine que j'ai rencontrée à la soirée l'autre jour. »

Tous les lycéens étaient parvenus à se retrouver dans un parc non loin du lycée c'était l'excuse idéale.

« Tu ne m'en as rien dit… »Soupçonna ma mère.

« J'ai oublié et hier soir…Ce n'était pas vraiment le moment. » Grimaçai-je. « Dis, je peux, hein ! » Espérai-je en pressant les mains contre moi en signe de prière.

« Où ? Quand ? Avec qui ? »

« Maman ! »

« Alyssa ! » Imita-t-elle mon ton.

« Chez Jordan puis en ville, certainement pour un bowling. » Je jetai un œil à la carte mais n'avais aucun indice quant à la date exacte. « On ne s'était pas encore trop décidé mais je pense ce soir ou demain. »

« Ce soir ? Aly, tu sais que je n'aime pas que tu me préviennes si tard ! Et puis avec ta nuit, je préfèrerais que… »

« Je me sens bien, maman, je te jure. En plus, je devais avoir du sommeil en retard avec le stress de fin d'examens. S'il-te-plaît ! »

Elle me scruta quelques instants de plus puis soupira. Je retins un cri de soulagement.

« Je n'aime pas ça mais tu as mérité de souffler. En revanche, je veux un texto si ça se passe ce soir puisque j'imagine rentrer après ton départ. »

« Bien sûr ! »

Je refermai la boîte avant qu'elle n'ait l'idée d'y jeter un œil et commençai à débarrasser la table pour faire la vaisselle.

Ma mère remonta et bientôt, elle quittait la maison en me faisant promettre de bien la tenir au courant si les choses se précisaient pour ma soirée.

« Bonne journée, maman. » Souris-je en maintenant la porte entrouverte jusqu'à ce qu'elle ait démarré.

Je refermai la porte et m'y adossai avant d'envoyer un texto à Alice.

« Quand ? »

Je reçus la réponse une seconde plus tard. J'imaginai qu'elle avait vu ma décision de la contacter ainsi.

« Demain. Edward vient te chercher à midi, tu manges là. Il te ramène après une séance au ciné. XOXO »

Je secouai la tête, hésitant entre le rire et l'exaspération : rien n'avait dit que j'étais passée au-dessus de mes souvenirs de la veille !

« Arrête de te torturer l'esprit ! On sait tous ce que vous ressentez l'un pour l'autre ! »

Et bien sûr, elle me voyait réfléchir ! C'était quand même bien flippant.

« Moi aussi, je t'aime ! »

Je lisais le triomphe dans ses simples mots.

Je pouvais donc prévenir ma mère que je ne m'absenterais pas avant le lendemain…

Le nettoyage de la cuisine fini, je m'attaquai à ma chambre : je voulais ranger mes cours du collège pour enfin tourner la page, puis faire le ménage d'été. Avec un CD en boucle, les cheveux relevés en un semblant de chignon, j'époussetai, aspirai et lavai le restant de la journée. Je redécouvris ma boîte à trésors, celle qu'Edward m'avait offerte et que j'avais remplie de bricoles au cours des années. Je retrouvai même les billes gagnées contre lui la nuit de mes sept ans.

« Maintenant que tu es assez âgée, je pense pouvoir te demander de me les rendre. »

Je souris en l'entendant, assise au sol, entourée de mes trésors.

« A ton âge, c'est étrange que tu tiennes tant à les récupérer. »

Je tournai la tête vers lui.

« Peut-être, mais tu étais trop petite pour ne pas te laisser gagner… »

« Tu m'as laissé gagner ? Je me souviens plutôt t'avoir mis ta raclée ! » Ris-je en serrant les billes contre moi.

« Ca s'appelle être un gentleman. Tu ne peux pas comprendre. »

« Mais bien sûr ! »

Je me relevai et le scrutai de la tête aux pieds.

« Tu n'es pas censé ne plus venir ? » A son regard hésitant et soudain blessé, je me mordis la lèvre. « Je ne voulais pas dire ça ! Je veux dire… »Je soupirai et plantai mes yeux dans les siens. « Il me semblait avoir compris que tu ne voulais pas revenir tout de suite à cause de mes souvenirs. »

Il fronça les sourcils comme s'il soupesait mes paroles.

« Je me suis remémoré tout ce que nous avions pu nous dire déjà à l'époque et j'ai considéré que je devais tenter le tout pour le tout : je t'aime et je refuse de ne pas essayer de te récupérer à cause d'une chose sur laquelle nous sommes suffisamment revenus comme ça. »

« Wow ! Ca c'était pas clair du tout mais j'imagine comprendre que tu acceptes de faire avec mes sentiments : j'ai besoin de toi, je t'aime, soyons heureux ? »

J'aperçus son sourire en coin en même temps qu'il me tendait la main.

« C'est à peu près ça, oui. »

« Super ! »

Je me blottis contre lui, ignorant la toute petite flamme de révolte au fond de moi. Je voulais simplement profiter de ce calme qui nous entourait.

« Mais je veux quand même récupérer ces billes. »

« Gamin ! »

« Voleuse ! »

Nous rîmes en nous regardant dans les yeux puis nous nous installâmes à même le sol près de mes trésors d'enfant.

« Je ne pensais pas que tu le garderais. » Avoua-t-il en manipulant le caillou pointu.

« Tu rigoles ! C'était le plus beau cadeau qu'on m'ait fait à l'époque ! »

Je le lui repris des mains en sentant son regard sceptique sur moi.

« Ca devait vraiment être une période triste alors pour toi. »

« Tout à fait ! Tu étais parti plusieurs jours pour je ne sais quoi et tu m'as ramené ça en me disant que tu avais pensé à moi et ma collection hétéroclite. »

« Je n'ai jamais parlé de collection hétéroclite mais de collection de trésors variés. »

« Ne joue pas sur les mots, c'était exactement ce que ça voulait dire mais j'étais trop jeune pour comprendre le mot 'hétéroclite'. »

« Ce n'est pas faux. D'ailleurs, je me demande bien où tu as appris ce mot depuis. »

Je ne répondis que par un regard noir qui lui fit esquisser son maudit sourire en coin.

« Bref, je l'ai gardée. »

J'observai la pierre grossière. Je me demandai à présent pourquoi il avait pensé à moi en voyant cela. Je le tournai et le retournai entre mes doigts, sentant la roche dure et taillée par le temps. J'allais la reposer lorsque je remarquai la forme que l'on pouvait lui donner selon l'angle sous lequel on le regardait : un cœur.

« Bon sang ! » Je relevai la tête vers lui et vis son sourire. « Si j'étais un tant soit peu romantique je pourrais croire que c'est ton cœur que tu m'offrais déjà à l'époque. »

« Si ça peut te faire plaisir… »

Son ton avait beau être aussi léger que pour une plaisanterie, il ne pouvait pas nier qu'il était fervent.

« Tu es définitivement atteint, comme dirait Emmett. » L'accusai-je.

« Et fier de l'être, c'est peut-être le pire. » Haussa-t-il les épaules.

Nos regards se trouvèrent et je ne pus dire exactement le temps passé ainsi, immobiles, à nous fixer et à lire ce que l'autre transmettait par ses yeux. Peu importait, en vérité. La seule chose qui comptait était que je me sentais toujours plus proche de lui comme si nos âmes se trouvaient et s'accordaient de mieux en mieux au fil du temps.

Edward leva le bras et posa doucement la main sur ma joue. Je pressai la mienne dessus pour renforcer le contact.

« Alice dit que plus rien ne se mettra entre nous. » Murmura-t-il en s'approchant.

« Comme si nos sentiments étaient suffisamment forts pour nous protéger des obstacles à venir. » Confirmai-je, les doigts glissant dans sa nuque.

« Aly… »

Il y avait un mélange de désir et de refus dans sa voix. Je posai un doigt sur ses lèvres pour le faire taire mais celui-ci prit l'initiative de les caresser. Edward émit quelque chose entre un grognement et une supplication. Je souris, fière de moi et vins frôler sa bouche.

« Non. »

Il se défit de ma prise et se retrouva à l'autre bout de la chambre en un geste.

« Edward ! Depuis le temps ! »Râlai-je.

« Alyssa, on ne peut pas. »

« Et en quel honneur ? »

Il me lança un regard éloquent et je maugréai dans la barbe que je n'avais pas sans me gêner pour l'insulter copieusement. Je pris une profonde inspiration et crus entendre à nouveau April : « Techniquement, cela fait plusieurs années. »

A notre stade, il s'agissait d'un demi-siècle !

En me retournant vers lui, je sus qu'il y pensait aussi. Lorsque son regard croisa le mien, en revanche, je sus qu'il ne se laisserait pas tenter.

« Très bien. J'imagine qu'on se voit toute la journée de demain. » Tentai-je de sourire.

« Oui. Alice et Rosalie considèrent qu'il nous faut aller voir un remake de Blanche-Neige. Ça serait de circonstances d'après elles… »

« De circonstances ? »

Je fronçai les sourcils avant de réaliser.

« Le baiser donné par amour réveille la princesse et ils vivent heureux jusqu'à la fin des temps. » Supposai-je.

A son regard, je comprenais à quel point les filles devenaient vraiment gâteuses.

« Elles sont désespérantes ! »

« Je sais, mais au moins elles ont retrouvé leur relation d'antan complice et parfois délurée. »

« Parfois ? » Souris-je en m'asseyant à nouveau au sol pour ranger mes trésors d'enfant. « Elles s'entendent mieux alors ? »

« Oui. Tu sais avec Liz, c'était pas facile. »

« Oui, je me souviens. » Je haussai les épaules. « Rose voulait te faire payer, s'imaginant à ma place. »

« Mais elle va mieux, elle n'a plus en tête l'idée de m'exterminer à la première occasion. »

Je levai les yeux sur lui.

« Encore heureux ! De toute façon, je ne l'aurais pas laissée faire. Je suis la seule à avoir le droit de t'exterminer. »

Il hocha la tête, solennel.

« Je lui transmettrai le mémo. »

« Bien. »Ris-je en entendant le ton qu'il avait utilisé.

Il s'installa au pied de mon lit et me regarda finir de ranger ma chambre. Lorsque j'eus terminé, il descendit rapidement me chercher un goûter : chocolat chaud accompagné de biscuits. Je souris en le voyant poser son plateau sur mon bureau.

« Je n'ai jamais dit que j'avais faim. »

« Tu as travaillé dur, tu as le droit à un petit remontant. »

« Un remontant ? Certains penseraient plutôt à quelque chose de plus fort alors ! »

« Dois-je te rappeler que tu n'as pas l'âge légal ? »

« Techniquement, je dois l'avoir dépassé depuis longtemps, tout comme toi. »

Il rit et prit ma main pour me mettre sur mes pieds.

« Disons qu'il nous faut respecter les lois qui s'adressent à ceux pour lesquels nous nous faisons passer : des ado. »

« Pff ! C'est pourri l'immortalité ! »

« Mhh il y a des avantages. »

« Lesquels ? Tu ne peux pas boire ni conduire…»

Cette fois il explosa de rire et secoua la tête comme s'il était dépité. Et puis finalement, il l'était peut-être…

« Ma pauvre, pauvre Alyzbell. »

Il passa une mèche de mes cheveux derrière mon oreille comme il l'aurait fait pour une petite fille. Je lui tapai sur la main en faisant les gros yeux. Je détestais lorsqu'il agissait ainsi !

« C'est celui qui dit qui est ! » Clamai-je en m'écartant.

« Pas faux. »

« Tu m'agaces. » Répondis-je.

« Avec plaisir. »

Et il cherchait toujours à avoir le dernier mot en plus !

Alors, il est quelque peu agaçant non ? ^^

La suite est en route, comme annoncée sur mon FB, mais je manque encore de temps pour écrire aussi régulièrement que je le souhaiterais. Les vacances approchant, en revanche, j'envisage de m'enfermer chez moi pour finir cette fiction !

A très bientôt.

Bises Spuffy

PS : le forum Lovelemon-in-fic a lancé un nouveau concours : De la suite dans les idées.