Hello hello ! Merci de tout cœur à tous ceux qui ont laissé un review pour cette fic, ou qui l'ont mise dans leurs favoris ! Vous ne savez pas à quel point ça me fait plaisir ! ^^

Voilà, bonne lecture, et j'espère que ça continuera à vous plaire autant ! :-D

Ce soir-là, pour fêter l'arrivée de Zoro, il fut décidé que tout l'équipage irait boire un coup à leur bar habituel, le Thriller Bark. Franky avait bien sûr été invité, mais ne pouvait malheureusement pas quitter son poste. Restait Sanji, qui ne connaissait pas encore l'endroit. Pour une raison obscure qui échappait à Nami, c'était elle qui avait été chargée de l'inviter, et c'est ainsi qu'elle se retrouva à frapper à sa porte pour la deuxième fois en deux jours.

Après un instant qui lui parut interminable, la porte s'entrouvrit, laissant apparaître un Sanji à la peau humide, vêtu de sa seule serviette qu'il retenait d'une main. Nami sentit aussitôt sa bouche s'assécher, tandis qu'elle suivait des yeux une goutte d'eau qui se frayait un chemin entre les pectoraux saillants du jeune homme. Il n'était pas aussi musclé que Zoro, mais il entretenait visiblement son corps, et Nami se surprit à compter ses tablettes de chocolat avant de voir disparaître la goutte malicieuse sous la serviette maintenue autour de ses hanches. Retournant soudainement au présent, la rouquine se rendit compte que pendant son moment d'absence, Sanji n'avait cessé de roucouler à quel point il était heureux de la voir et son embarras de l'accueillir dans une telle tenue.

- Pas grave, l'interrompit-elle d'un geste. Je venais juste te dire que ce soir, moi et les autres on comptait aller boire un verre à notre bar habituel… Alors, si tu veux venir avec nous…

- Avec plaisir ! Où est-ce ? Et à quelle heure doit-on se retrouver ?

- Oh, euh… Je ne dîne pas ici ce soir, parce qu'un de mes camarades de classe m'a invitée au restaurant et que je ne dis jamais non à un repas gratuit. Mais le plus simple serait que toi et les autres vous partiez d'ici en groupe après avoir soupé, non ?

- Hélas, ma douce colombe, j'ai moi aussi un engagement pour le repas de ce soir, et ne souperai donc pas avec nos colocataires, s'excusa Sanji avec un sourire apologétique.

Nami fit la moue, se demandant quel genre d'engagement Sanji pouvait bien avoir, mais elle se reprit bien vite et lui donna toutes les indications nécessaires, tout en se retenant autant que possible de baisser les yeux vers la serviette nouée de façon précaire autour des hanches du jeune homme. A tout moment, elle risquait de se détacher, pour sûr… Et Nami ne voulait surtout pas voir ça. Oh, à qui essayait-elle donc de mentir ? Evidemment qu'elle voulait voir ça ! Elle en mourait d'envie, même !

- …Est-ce qu'il ne serait pas plus simple d'échanger nos numéros, au cas où ? Nami-san ? fit la voix de Sanji en la ramenant de force à la réalité.

- Oh oui, si si, bonne idée, évidemment, faisons ça, bredouilla Nami en sortant son téléphone de la poche arrière de son jeans.

Elle expédia l'échange des numéros et courut s'enfermer dans le sanctuaire de sa chambre, soulagée d'avoir un peu de répit. Jusqu'à ce soir, du moins…

~~~plus tard~~~

Thriller Bark était un petit bar qui ne payait pas de mine, de prime abord. Tenu par un marin à la retraite du nom de Brook, il avait été décoré avec plein d'instruments de navigation poussiéreux, de cartes maritimes écornées et de parties de bateaux rongées par la vermine, ce qui donnait au tout l'allure d'un vaisseau fantôme plutôt que d'un débit de boissons. Brook lui-même était un homme grand et maigre, dont le teint cireux et le visage émacié lui donnaient l'apparence d'un mort-vivant – mais rien n'était plus faux, et le vieil homme possédait au contraire une réserve d'énergie inépuisable. Luffy était rentré dans son bar un jour qu'il recherchait des toilettes de toute urgence, et il avait aussitôt sympathisé avec Brook, unis tous les deux par leur humour scatophile. Il avait ensuite présenté le barman à tous ses amis, et petit à petit cette gargote était devenue le QG de l'équipage.

- Salut, Brook ! fit Nami en poussant la porte du bar. Salut, Laboon !

Laboon était le poisson rouge de Brook, dont le bocal était posé à une extrémité du comptoir.

- Yohoho ! Bien le bonjour, ma petite Nami ! Je te vois bien en forme, aujourd'hui ! Tu as passé de bonnes vacances ?

- Excellentes, et toi ?

- Oh, moi… Assez calmes, je dois dire… Votre présence m'a manqué. Être loin de ses nakamas est toujours une telle souffrance…

Nami prit entre les siennes la main longue et fine de Brook, aux doigts déformés par l'arthrite, et la tapota doucement pour le réconforter. Elle savait que tous ses anciens camarades, du temps où il était marin, étaient décédés l'un après l'autre, et que Brook supportait mal la solitude. Avant de rencontrer Luffy, son seul ami était son poisson rouge, et il vouait à Laboon une affection sans borne.

- Mais vous êtes là, à présent, alors l'heure n'est plus aux lamentations ! se reprit bien vite le vieil homme en se dégageant. Faisons la fête ! Et pour commencer, oserais-je te demander de me montrer ta culo…

- NAON ! rugit Nami en s'éloignant du bar avec colère.

Elle alla rejoindre Usopp, Sanji et Vivi qui étaient déjà attablés un peu plus loin. Luffy et Zoro avaient également dîné à l'extérieur, finalement, et ils auraient un peu de retard – rien de très inhabituel. Quand ces deux-là étaient ensemble, qui savait dans quel pétrin ils allaient encore se fourrer ?

- Voilà vos consommations, les amis ! fit Brook en s'approchant avec un plateau.

Profitant de la Happy Hour, les quatre comparses avaient tous pris des cocktails. Mais Sanji fit la grimace dès l'instant où il eut trempé ses lèvres dans le sien.

- Qu'y a-t-il ? Un problème ? s'inquiéta Vivi.

- Non non, c'est juste que… Je reviens, s'excusa le blond en se levant pour se diriger vers le bar.

Nami, Usopp et Vivi continuèrent à discuter avec insouciance de leur journée (Vivi se plaignait d'avoir déjà un travail à remettre pour Mme Nico Robin, sa prof d'Histoire, tandis qu'Usopp leur exposait son nouveau projet en Photographie), mais la rouquine voyait du coin de l'œil Sanji discuter à grands gestes avec Brook, pointant de temps à autre vers l'une ou l'autre bouteille. Allons bon ! Non seulement c'était un joli cœur, mais maintenant il prétendait apprendre son métier à leur barman préféré ? Quel prétentieux, celui-là !

L'entrée de Luffy et Zoro coupa court à ses réflexions. Mais ils n'étaient pas seuls : derrière eux, se cachant de manière assez comique derrière le kendoka (il cachait seulement sa tête, laissant tout le reste de son corps dépasser), se trouvait un jeune garçon qui ne devait pas avoir plus de treize ans. Il avait une épaisse tignasse brune qui dépassait de sous son béret rose, et des yeux noisette qui firent aussitôt craquer Nami. Il avait de vrais yeux de biche, avec des longs cils de fille !

- Luffy ! gronda-t-elle d'un air faussement sévère. Je peux savoir ce qui te prend, d'amener un mineur dans un débit de boissons ? Tu n'as pas honte ?

- Shishishi ! Je vous présente Chopper ! Je l'ai rencontré cet été, et c'est notre nouveau nakama !

- Hein ? Comment tu peux décider ça ? On ne le connaît même pas ! protesta Usopp. En plus, il a quoi ? Douze, treize ans, grand maximum ?

- J'ai quinze ans ! protesta le garçon en se pressant un peu plus contre le flanc de Zoro.

- Cet été, j'ai travaillé comme bénévole dans un hôpital, et je suis tombé sur Chopper qui faisait son stage là-bas ! Alors j'ai décidé qu'il serait le docteur de notre équipage ! expliqua Luffy avec une logique qui n'appartenait qu'à lui.

- Son stage ? Docteur ? Mais il a quinze ans ! souffla Sanji en se rapprochant du groupe, suivi par Brook.

- Et alors ? rétorqua Zoro d'un ton hargneux. Figure-toi que ce petit bonhomme est un surdoué, et qu'il est inscrit en deuxième année de médecine ! Ah ! Ça t'en bouche un coin, hein, Sourcils-en-vrille ?

- Comment tu m'as appelé ?

- Ah non, ça ne va pas recommencer ! protesta Nami. Sanji, tu t'assieds là, et Zoro, tu te mets à l'opposé ! Voilà ! Brook, tu veux bien nous amener un jus d'orange pour ce garçon ? Merci !

Finalement, Chopper fut rapidement adopté par tous les membres de l'équipage. Il était brillant dans son domaine, mais possédait encore cette naïveté enfantine qui faisait que tout le monde le trouvait adorable, et avait envie de le protéger.

L'alcool aidant, les langues se délièrent et bientôt tout le monde riait de bon cœur. A un moment de la soirée, Sanji passa de l'autre côté du bar pour préparer des cocktails qui, il fallait bien le reconnaître, étaient infiniment meilleurs que ceux de Brook. Le vieux barman, de son côté, sortit son violon et se lança dans un rythme endiablé qui leur donna à tous envie de chanter et de danser. Nami en oublia même tous ses soucis l'espace d'un instant et se retrouva bientôt en train de virevolter sur leur piste de danse improvisée (aménagée en poussant quelques tables sur le côté), passant de bras en bras et riant à gorge déployée. Le monde sembla néanmoins se figer lorsque, au milieu de toute cette joyeuse agitation, elle sentit son talon se casser net et sa jambe se dérober sous elle.

- Nami-san ! fit une voix.

Curieusement, Nami ne heurta pas le sol comme elle l'avait redouté. Au lieu de ça, elle se retrouva serrée contre le torse chaud de Sanji, qui la regardait d'en haut avec une sincère préoccupation.

- Nami-san ? Est-ce que ça va ? Tu ne t'es pas tordu la cheville, au moins ?

- N-non non, ça va, bégaya-t-elle en s'écartant de lui. Merci de m'avoir rattrapée.

Se sentant rougir violemment, la rouquine retourna s'asseoir à leur table et sortit son téléphone pour voir l'heure qu'il était. 23h24. Il était temps de partir.

- Nami, ça va ? fit Vivi en s'approchant d'elle.

- Ça va, mais je me suis malgré tout fait un peu mal, mentit-elle avec une petite grimace. Je crois que je vais rentrer et mettre un peu de glace sur ma cheville. Mais ne vous inquiétez pas pour moi, hein, vous pouvez continuer à faire la fête !

- Tu es sûre ? Tu ne veux pas que je te raccompagne ? insista son amie.

- Certaine ! Je suis une grande fille, qu'est-ce que tu crois ? Que je ne peux pas rentrer toute seule ? Continue à t'amuser, va, et rassure les autres à mon sujet – une bonne nuit de sommeil et il n'y paraîtra plus.

- Bon… Si tu es sûre…

Sans plus attendre, Nami cassa son autre talon (au moins, cela lui faisait des chaussures plates) et lança un « Au revoir, tout le monde ! » à la volée, avant de sortir en faisant un geste de la main.

Elle marcha d'un pas rapide dans les rues sombres, serrant dans chaque main un de ses talons sectionnés, qu'elle avait fourrés dans les poches de son blouson, au cas où quelqu'un lui chercherait des noises. Mais ce ne fut pas le cas, et elle arriva un peu en avance dans la ruelle terminée par une palissade qui leur servait de point de rencontre, à Arlong et elle. Les habitants des immeubles avoisinants semblaient utiliser la ruelle comme local à poubelles, et un fouillis indescriptible s'y était accumulé au fil des années, du vieil électroménager à un canapé tout défoncé en passant par des seringues de junkie, un tas de cartons détrempés et une poupée décapitée dans une poussette qui avait connu de meilleurs jours. Nami avait remonté son foulard autour de sa bouche et de son nez pour échapper à l'odeur, quand des bruits de pas derrière elle la firent sursauter.

- Toujours ponctuelle, à ce que je vois, sourit Arlong, se découpant à contre-jour dans l'entrée de la ruelle.

- Je préfère en avoir fini aussi vite que possible, répondit Nami en masquant sa frayeur derrière une arrogance feinte. Qu'est-ce que vous me voulez, cette fois ?

Arlong ouvrit sa veste en cuir pour en sortir une enveloppe en papier kraft, qu'il tendit à Nami. En-dessous, il était vêtu comme un chef de gang, avec une chemise bariolée ouverte sur le torse pour exposer son tatouage, et un bandana autour du front. Mais la première fois que celle-ci avait rencontré l'usurier, ça avait été dans son bureau, au dernier étage de l'hôtel qu'il possédait. Il portait alors un costume bien coupé, une chemise d'une blancheur impeccable et une cravate nouée d'une main experte. Il avait l'air de quelqu'un de tout à fait respectable, malgré son long nez, son menton proéminent et ses petites dents pointues qui lui donnaient une allure de requin. Il lui avait proposé à boire, et lui avait parlé d'un ton affable et compréhensif tout le long de leur conversation, aussi Nami s'était-elle senti rapidement en confiance. Elle était sortie de là avec une enveloppe remplie d'argent, et très contente d'elle, après avoir signé un papier qu'elle n'avait lu qu'en diagonale.

Ce n'était que plus tard qu'elle avait compris l'erreur qu'elle avait commise en ne lisant pas les petits caractères du contrat. Arlong avait exigé d'elle, sa signature à l'appui, qu'elle intègre son gang et qu'elle fasse tout ce qu'il lui demanderait – à savoir, cambrioler les cibles qu'il lui indiquerait, et ce jusqu'au moment où elle lui aurait rapporté autant d'argent que ce qu'elle lui avait emprunté. Mais les intérêts étaient faramineux, et ce n'était que maintenant qu'elle s'approchait de la somme. Avec un peu de chance, ceci serait son dernier cambriolage… Nami l'espérait de tout cœur.

- Voici la photo et l'adresse de la victime, expliqua Arlong tandis qu'elle parcourait le contenu de l'enveloppe des yeux. Selon mes sources, elle devrait partir vendredi en voyage d'affaire. La maison sera vide. A toi de jouer. En fonction de ce que tu me ramèneras, j'estimerai si ta dette à mon égard est remboursée ou non… Alors j'espère pour toi que la pêche sera bonne ! Ahahah !