Toc toc, il y a quelqu'un ?

Bonjour à toutes et à tous, après tant de temps, j'hésite encore à poster ceci.

Je ne vais pas épiloguer, dites-moi ce que vous en pensez et je m'appliquerai à répondre à chaque review.

Merci à Acheroniastyx pour son aide !

Je préviens que j'ai changé l'âge d'Aly, elle n'a pas 16 mais 17 ans, il faudra que je modifie cela dans les précédents.

Bonne lecture,

Chapitre 26-Retrouvailles

« Bon sang, j'ai cru rêver en lisant ton mail !

Tu t'es souvenue de ta promesse Liz, pardon Alyssa, et ça me fait vraiment plaisir. Tu n'imagines pas combien j'ai pensé à toi pendant toutes ces années. Elles ont été tellement dures sans toi ! Tu étais ma meilleure amie et il a été si difficile de te dire au revoir.

Je suis contente de savoir que les Cullen sont prêts de toi, ça a dû t'aider à te souvenir. Au moins, tu n'as pas paniqué comme Liz l'avait fait à l'époque. Du moins, j'imagine.

J'ai tant à te demander et à te raconter que ce mail ne suffira évidemment pas. J'approuve totalement ton idée de se retrouver à mi-chemin avant ta reprise des cours. Le lycée, hein ? ! Vénarde, tu vas finir par connaître tous les programmes par cœur !

Oui, je sais, si tu ne peux pas en sortir et profiter de tes connaissances, à quoi cela va-t-il te servir au bout du compte ? Et bien j'ai une réponse : le jour où tu auras vaincu cette malédiction, tu seras tranquille et tu pourras choisir ta voie avec toutes les cartes en main. Chanceuse !

Dis-moi où et quand nous nous retrouvons et j'y serai.

Bien sûr, personne ici n'en saura rien.

Je t'embrasse très fort ma belle,

Au plaisir

April, la folle. »

Bien malgré moi les larmes roulaient sur mes joues en lisant le mail envoyé par mon ancienne meilleure amie. April semblait surexcitée et cela me fit du bien. Je réalisai seulement à quel point elle m'avait manqué et je me promis de lui répondre dans les plus brefs délais. Je déconnectai ma boîte de réception, éteignis mon ordinateur et attrapai ma veste.

Je devais rejoindre Edward à la lisière des bois près de chez lui pour y passer l'après-midi à observer certaines espèces animales et végétales. J'avais choisi un parcours scientifique pour cette première année de lycée et Edward avait pris à cœur de m'en apprendre autant que possible avant la rentrée. C'était aussi un bon moyen pour ne nous retrouver que tous les deux, sans ses 'frères et sœurs' à nous étudier comme des espèces rares.

Je me souris à moi-même tout en montant dans ma voiture - celle que m'avaient offerte mes parents, en avance sur mon anniversaire pour être plus indépendante pendant les vacances-. Emmet avait peut-être raison finalement, Edward et moi étions devenus des spécimens rares : autant étions-nous capables de ne pas nous toucher pendant quelques temps, autant nous en étions incapables à d'autres mais jamais nous n'avions encore franchi le cap décisif. Je secouai la tête, c'était à en devenir fou !

Tout en roulant vers notre point de rendez-vous, je repensai à ce que j'avais fait la veille. Edward étant parti chasser, je n'arrivais pas à dormir et beaucoup de choses avaient tourné dans ma tête. Entre ma prochaine entrée au lycée, les semaines passées avec les Cullen et la pression de mes dix-huit ans l'année suivante, j'avais ressenti le besoin de contacter mon ancienne meilleure amie. La promesse que je lui avais faite avant de disparaître pour devenir celle que j'étais aujourd'hui me hantait depuis quelques temps, mais je n'avais jamais réussi à sauter le pas. Après tout, elle aurait presque dix-sept ans de plus. Et je savais qu'il s'en passait beaucoup en dix-sept ans. Serait-elle prête à faire ce bond en arrière pour me retrouver ?

Edward apparut dans mon champ de vision au moment où je décélérai. Je laissai mes pensées en suspend pour arrêter la voiture et prendre la main de mon petit ami de vampire.

« Bonjour »

Nous parlâmes en même temps, ce qui nous fit sourire. Il se baissa au moment où je montai sur la pointe des pieds pour partager un baiser. Je sentis la relative chaleur de sa peau causée par sa récente chasse. Ses yeux brillaient presque tellement le doré était profond.

« Est-ce que ça va ? » Demanda-t-il en prenant mon autre main.

« Oui, je t'admire. »

Il arbora son sourire en coin suffisamment longtemps pour m'éblouir encore plus.

« Tricheur ! » L'accusai-je en levant les yeux au ciel.

« C'est comme ça que tu m'aimes. »

« Pfff »

Je le laissai me tirer à lui, encerclée de ses bras, la tête contre son torse.

« Tu as bien dormi ? »

« Non, tu m'as manqué. » Avouai-je sans honte.

« Je suis désolé. »

« Oh ! Tu sais très bien que tu étais obligé ! Et je le sais aussi. Mais ça n'empêche que tu me manques dès que je ne te vois pas. » Le rassurai-je tenant son visage en coupe.

« Toi aussi. »

« Bien. »

Je hochai la tête, satisfaite.

« Tu es sacrément exigeante. »

« Toujours ! Tu devrais le savoir depuis le temps.» Souris-je en me détachant de lui pour commencer à avancer.

« J'en suis pourtant encore étonné. »

Nous rîmes un moment tout en avançant entre les arbres. Au bout d'un certain temps, Edward me fit grimper sur son dos et nous fit parcourir la distance restante à sa pleine vitesse. Je gardai les yeux ouverts, dorénavant habituée. En revanche, je ne cherchai pas à observer quoi que ce soit, ça aurait été inutile étant donnée notre vitesse.

Lorsqu'il ralentit, ses mains se desserrèrent doucement pour me laisser glisser au sol. Il fut attentif à mes mouvements mais à présent, j'étais vraiment habituée à ces escapades et n'en ressentais que rarement les effets. Je pris une profonde inspiration et le regardai droit dans les yeux.

« Tu m'étonneras toujours. »

« Je fais de mon mieux. » Haussai-je les épaules.

Je regardai la flore autour de nous et profitai des odeurs envoûtantes de la forêt profonde. Ici, peu ou pas d'humains s'aventuraient et l'état de la nature était originel ou presque. C'était bien ce qui me plaisait dans cet endroit et Edward le savait. Il passa une main dans mon dos pour me guider jusqu'à une butte. La vue était magnifique et les quelques bruits émis ne provenaient que du vent dans les branches et des oiseaux qui s'y cachaient.

Nous restâmes immobiles, ses bras autour de moi, pendant un instant de plus. Puis il passa en mode précepteur ; j'appris en quelques heures le mode de vie des animaux de la faune environnante et observai l'intérieur d'une fleur rare. Edward était concentré comme jamais, ses yeux brillant d'une manière que je ne leur connaissais pas : le plaisir de transmettre.

« Je ne suis pas l'objet de nos études, Aly. »

« Oups, prise en flag ! Mais tu es tellement… »

« Magnifique, envoûtant, époustouflant. » Proposa-t-il en arquant un sourcil amusé.

« J'aurais ajouté imbu de lui-même. » Boudai-je.

« Que voulais-tu dire alors ? »

« Hum, tu vas te moquer de moi. »

« Non, c'est promis. »

Je le regardai du coin de l'œil, incapable de ne pas lui répondre.

« Passionné et passionnant. »

« Tu es une bonne élève, ne l'oublie pas. »

« Hum, si ça avait été quelqu'un d'autre, je ne suis pas sûre que j'aurais pu me concentrer si longtemps sur le mode de reproduction des plantes. »

« C'est pourtant passionnant. » Insista-t-il.

Je ris.

« Tu te rends compte à quel point tu peux avoir l'air complètement dépravé en disant cela ? »

« Peut-être que je le suis. »

Sa voix prit un ton mystérieux. Je levai les yeux au ciel.

« Bah voyons ! »

Plus tard, mon déjeuner fini, je ressortis mon calepin mais uniquement pour dessiner Edward assis face à moi, son regard m'observant. Je m'appliquai à retracer ces traits sans oublier le décor autour de lui. Tout faisait ressortir ses yeux dorés et la lueur qui y brillait. Une lueur que je rencontrais de plus en plus.

« J'espère que tu n'es pas en train de m'ajouter des oreilles monstrueuses. »

Ses paroles me sortirent de mes pensées. Mon regard se fixa sur l'endroit de son visage qu'il désignait puis descendit sur mon dessin. Je secouai la tête, j'avais eu comme un doute.

« Non rassure-toi. »

« Alors tu devais être concentrée sur bien autre chose puisque tu n'as pas répondu à ma question. »

« Oh, pardon ! Peux-tu répéter s'il-te-plait ? »

« Je te demandais si tu avais un couvre-feu. »

« Non, je n'en ai pas. Pourquoi en aurais-je ? »

« C'est bientôt la rentrée, ça aurait pu. » S'expliqua-t-il.

Je souris.

« Lorsque j'étais petite j'en avais un en effet, tu le sais mais je vais avoir 17 ans ! »

Ma voix était montée bien malgré moi dans les aigus. Bien que j'aie vécu plusieurs vies, j'étais toujours aussi susceptible, comme n'importe quelle adolescente voyant sa majorité se rapprocher à grands pas.

Apparemment, Edward y pensait aussi, étant donné le sourire moqueur qu'il arborait.

« Ne te moque pas. »

Je le pointai du doigt.

« Jamais. Mais c'est tentant. »

Au début de sa phrase, j'envisageais de l'embrasser. La fin de sa phrase me donna plutôt envie de lui faire ravaler son foutu sourire en coin.

« Sale vampire égoïste ! »Dis-je en tirant la langue et en croisant les bras sur ma poitrine.

« Tu me fends le cœur, jeune humaine sans défense. »

Je l'ignorai, résistant à éclater de rire et à poursuivre ces joutes verbales. Edward le comprit et s'approcha pour observer mes croquis.

« Toi aussi tu as vu cette biche. »

Il désigna l'animal derrière un arbre en arrière-plan. Son doigt glissa alors jusqu'à son regard et nous pûmes observer ensemble les pupilles rétrécies qu'il avait eu quelques instants lorsqu'il avait repéré l'animal.

« Tu es beau. » Murmurai-je en joignant mes doigts aux siens.

« Je suis désolé, j'ai pourtant bien chassé hier, je te le promets. »

Je tournai la tête vers lui et soudai nos regards.

« C'est l'instinct, Edward, comment pourrais-tu empêcher cela ? Tu ne m'as pas bondi dessus ni ne l'a attaquée. C'est comme moi quand j'aperçois ces saletés de hamburgers qui me font envie. Je lutte contre eux en pensant à ma ligne mais j'en ai quand même l'eau à la bouche. »

Il se détendit et arqua un sourcil.

« Tu te compares à un hamburger ? »

« Oui, bon, tu vois ce que je veux dire ! »

Je sentis mes joues rougir quelque peu. Honte à moi d'être embarrassée pour ce choix de mots. Comment m'exprimer autrement, sinon ? !

« Je t'aurais plutôt comparée à un pavé de bœuf. »

« Mouais, pas sûre d'apprécier la comparaison. Je préfère hamburger. »

Il leva les yeux au ciel puis reprit son air sérieux.

« Penses-tu à les exposer un jour ? »

« Quoi donc ? »

« Tous tes croquis. Ils sont superbes. »

« Euh, je n'y ai jamais réfléchi. Je les fais parce qu'ils me permettent de comprendre ce qu'il se passe dans ma tête. »

« Je suis sûr qu'ils feraient un tabac. Tu aurais toujours plus de commandes. »

« Je rêve. Non content d'être mon professeur particulier et petit ami tu veux être mon sponsor artistique, avoue-le ! »

« Je suis découvert. »

Nous éclatâmes de rire et il tendit les mains pour m'enlacer. Je me calai entre ses bras, encore secouée par nos rires.

Un silence tendre s'installa peu après, les doigts d'Edward jouant dans mes cheveux détachés.

« J'ai envoyé un mail à April. » Annonçai-je au bout d'un moment.

Je le sentis baisser la tête pour me regarder. Je levai les yeux vers lui.

« Elle t'a répondu ? »

« Oui, je l'ai vu juste avant de venir. Je suis sûre qu'elle a sauté de joie en lisant mon courriel. »

« La connaissant, c'est bien possible, oui. Comment va-t-elle ? »

« Ca a l'air d'aller. Je lui ai proposé de nous retrouver prochainement. »

« Excellente idée, ça vous fera du bien. »

« Tu le crois vraiment ? »

« Bien sûr, pourquoi, tu en doutes ? »

« Elle a dix-sept ans de plus…Elle n'est plus une ado comme on l'était à l'époque. »

« Et tu n'as plus été une adolescente ordinaire depuis tes premiers dix-huit ans. » Opposa-t-il doucement.

Il caressa ma joue.

« Tu as raison. » Je me redressai. « Alice ne m'en voudra pas si j'organise cette rencontre ce week-end ? »

« Elle sait que tu étais proche d'April. Elle ne dira rien mais tu lui devras sûrement une ou deux séances shopping en plus. »

« Mpff ! »

Il rit, embrassa mon front et, mes mains dans les siennes, nous fit nous lever d'un simple geste.

« Allons voir ça maintenant. » Proposa-t-il.

OoOoOoOoO

Edward s'était trompé de peu dans ses pronostics. Alice avait réclamé une après-midi au centre de beauté le plus proche. Je la lui avais accordée en exigeant que cela soit courant septembre. Ça me laissait alors le temps de prendre mes marques au lycée et de profiter pleinement de mon week-end à Tolédo avec April.

Elle y avait passé quelques semaines en vacances avec son précédent mari et elle se doutait que cela me plairait. J'avais acquiescé. De toute façon, je souhaitais la voir elle, pas faire du tourisme.

« Envoie-moi un message lorsque tu es prête à repartir. »

« D'accord mais tu es sûr de ne pas vouloir au moins lui dire bonjour ? »

« C'est toi qu'elle est venue voir. »

Il m'embrassa rapidement et remonta dans sa voiture. Je n'eus pas à la chercher longtemps. Mon ancienne meilleure amie portait un jean délavé et une chemise à manches courtes à peine fermée. Son visage avait pris en maturité mais ses yeux noisette étaient toujours les mêmes.

Je souris et franchis moi aussi la distance qui nous séparait.

« Je comprends pourquoi Edward a tout de suite su qui tu étais malgré ta nouvelle vie. » Affirma-t-elle une fois que nous fûmes l'une en face de l'autre.

« Ah bon ? » Hésitai-je en entendant sa voix bien plus mature que dans mes souvenirs.

Ses cheveux n'étaient plus libres comme auparavant. Ils étaient sagement tirés en arrière avec un chouchou tout ce qu'il y a de simple. Même si je m'attendais à voir mon ancienne meilleure amie vieillie par rapport à moi, la voir ainsi fut presque un choc.

« Oui, tu es pratiquement telle que je me souviens de toi il y a dix-sept ans. Tu es peut-être juste un peu plus grande, mais pas de beaucoup. » Continua-t-elle apparemment pas consciente de mon trouble.

Je souris, gênée.

« Oh non ! Tu rougis aussi ! » Rit-elle en me prenant par le bras.

« Visiblement… »Me maudis-je.

Elle s'arrêta et fronça les sourcils.

« Pardon, je t'ai vexée. »

« Non ! Tu…Ca me fait bizarre, tu n'es plus comme avant. Je veux dire…Tu es plus vieille que moi et…Bon sang, je suis ridicule ! »

Je la pris dans mes bras et me forçai à voir derrière le physique, celle que je connaissais aussi bien qu'elle me connaissait à l'époque.

« Tu m'as manqué. » Dis-je en m'écartant.

« Toi aussi, Liz. Aly. Décidément, tu es abonnée aux diminutifs ! »

« J'avais remarqué aussi mais Emmett s'amuse à me rallonger mon prénom en Alizbella. Les identités qu'ils ont connues. » Expliquai-je.

« Pourquoi ça ne m'étonne pas ? » Elle leva les yeux au ciel et je haussai les épaules en réponse.

Nous avançâmes dans le parc pour nous trouver un banc à l'écart du gros de la foule. Elle m'expliqua son arrivée ici avec son premier mari. Ils s'étaient mariés à la va-vite et enfuis à Tolédo par manque de moyens pour aller aux Caraïbes.

« Un conseil, ne te marie pas sur un coup de tête ! Tu rates tout le plaisir de la préparation avec ta famille. » Prodigua-t-elle en faisant référence à son second mariage.

J'acquiesçai en me disant que la question du mariage n'était pas à l'ordre du jour.

« Mais ce deuxième mariage n'a pas tenu ? » Demandai-je en réalisant qu'elle en parlait au passé.

« Il a eu un accident de voiture. Je l'aimais beaucoup mais pas autant que Jason aujourd'hui. »

Malgré la tristesse dans sa voix au souvenir de son défunt mari, April avait les yeux pétillants en parlant de ce Jason.

Je secouai la tête.

« Tu as plus accumulé de vies conjugales dans cette vie que moi de réincarnations, tu t'en rends compte ? »

« J'étais pas au courant que tu avais toute exclusivité sur les changements. » Se moqua-t-elle.

« Et bah oui ! Alors je te pardonne pour ça, mais maintenant c'est moi et juste moi ! » La grondai-je avant d'éclater de rire.

« Entendu. »

Nous nous serrâmes la main, riant toujours.

« En parlant de toi, comment vas-tu ? »

La légèreté qui nous entourait quelques secondes auparavant disparut avec sa question. Je détournai le regard, n'observant rien en particulier mais ça m'évitait de voir les interrogations dans ses prunelles.

Je ne répondis pas immédiatement, cherchant les mots pour désigner cette pression qui m'oppressait de plus en plus malgré toute la bonne volonté que je tentais d'avoir.

« C'est si horrible que ça ? » Devina mon ancienne meilleure amie.

Je me mordillai la lèvre inférieure et acquiesçai en silence.

« Raconte-moi. »Proposa-t-elle et j'obtempérai.

« C'est de pire en pire, A. Tu te souviens le stress que j'avais à l'époque ? » Elle hocha la tête pour confirmer. « Et cette douleur à l'idée de perdre mes proches ? » Elle recommença en serrant ma main dans la sienne pour me soutenir. « Aujourd'hui, je vis pratiquement avec les Cullen. Surtout que ce sont les vacances. Mais l'année prochaine… J'aurai dix-huit ans et je sais que je ne peux rien faire pour empêcher ce qu'il se passera. Ça fait si mal de compter les jours ainsi. J'ai l'impression d'être prisonnière de ma propre vie et je ne compte pas les jours passés dans cette vie mais ceux qu'il me reste avant de disparaître. Et eux…Ils font comme si nous avions tout notre temps. Parfois c'est ce qui fait le plus mal. »

Je sentis une larme rouler sur ma joue et réalisai seulement que je pleurais. April ne dit rien, se contentant de m'entourer de ses bras. Je laissai les larmes couler librement encore un moment avant de me reprendre. Je trouvai un kleenex et pris une grande inspiration.

« Je suis désolée. »

« De quoi ? De subir ta malédiction ? Je t'en prie, je sais que les choses ont changé entre nous depuis le temps mais je veux être un soutien pour toi. Autre que ce que t'apportent déjà les Cullen depuis tant d'années. »

« Merci. » Je soupirai. « Je ne leur ai rien dit mais j'imagine qu'ils sont au courant. C'est sûrement pour me préserver de leurs propres doutes qu'ils font comme s'il n'y avait pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête… »

« Mais tu aurais plutôt besoin que par moments ils te laissent voir ces doutes. » Comprit-elle.

« Ca serait plus facile à vivre je pense. » J'essuyai encore ma joue et secouai la tête. « Je dois être masochiste. »

« Peut-être, mais c'est comme ça qu'on t'aime ! »

Elle passa les bras autour de mon cou et nous nous berçâmes doucement quelques instants.

« Tu as de nouveaux souvenirs qui pourraient aider ? »

« Non. Je me suis souvenue de toutes mes vies d'un seul coup il y a quelques semaines et depuis plus rien. J'avoue ne pas essayer de chercher non plus, ça fait trop mal. »

« Alors tu sais qui est ta première mère et… »

« Non, rien. C'est bien la seule chose qui reste flou dans tout ce bazar.»

« Je suis sûre que lorsque tu seras prête, tout te reviendra et vous trouverez LA solution. »

Elle avait insisté sur l'article et je lui en étais reconnaissante. Je devais la remercier pour cette foi qu'elle nous portait, à Edward et moi…Une foi que je n'arriverais pas à garder lorsque tout mon avenir s'effaçait au fur et à mesure que les jours me rapprochaient de mes dix-huit ans fatidiques. Encore.

« Enfin, évitons de parler de ce qui fâche. Tu sais à quoi je pense ? »

Je redressai la tête et la regardai dans les yeux avec un sourire aux lèvres.

« Oh bon sang, j'ai pas fait ça depuis des années ! » S'écria-t-elle mais elle se levait déjà.

Je secouai la tête, amusée par son regard. Je l'imaginais parfaitement se retenir d'applaudir comme une petite fille à qui on aurait dit qu'elle pouvait ouvrir ses cadeaux de Noël.

« Je connais déjà l'endroit parfait ! » Affirma-t-elle en avançant.

Je lui emboitai le pas en comptant rapidement depuis combien de temps nous n'avions pas fait ça. Ça devait dater de l'arrivée des Cullen à Green Bay alors que j'étais encore Elizabeth Walter…C'était finalement une mauvaise idée de ma part…

« Tu sais quel goût prendre ? »

« Bien sûr ! » Souris-je en dévorant des yeux l'étalage de glaces.

« Je vais me faire péter la panse ! » Dit-elle dans mon oreille et je levai les yeux au ciel.

Emmet avait donc réussi à déteindre sur elle !

Nous ne nous étions pas « fait péter la panse » mais la quantité de glace ingurgitée aurait pu en dégoûter certains. Il était presque l'heure du dîner et nous n'avions pas encore réussi à quitter notre table. Le vendeur avait bien rigolé lorsque nous avions fait notre choix- il avait même tenté une approche-mais il avait dû partir au moment du changement d'employés. Depuis, c'était une petite blonde peroxydée qui nous servait, tout en attendant qu'on paie nos consommations.

Je la regardai nous jeter des œillades plus insistantes depuis quelques minutes et décidai qu'elle avait elle aussi droit au repos. Je donnai un coup de coude à April.

« Je crois que je vais exploser. » Avoua-t-elle en tendant le bras vers son reste de coca.

« Tu n'aurais pas dû accepter la tournée de l'autre employé. »

« Il était mignon et il me faisait pitié depuis que tu l'as sagement remis à sa place. »

« Mon cœur est pris. Je ne vais pas sourire à une blague pourrie juste pour lui faire plaisir ! » Répondis-je.

« Mhm c'est ce que je disais. »

« Pff ! »

Je me levai et tendis à la vendeuse les billets nécessaires à régler la note. April sirota la fin de mon ice-tea-elle détestait quand il restait à boire dans les gobelets et autres verres- et quitta notre table.

« Je crois que je vais regretter cette orgie glacée mais tant pis. » Soupira-t-elle en prenant mon bras.

« Ca valait le coup, au moins ? »

« Toujours avec toi, ma biche. »

Elle réussit à battre des cils avant d'éclater de rire. Un homme se retourna sur nous et je la suivis dans son rire. Elle m'avait tellement manqué ! Beaucoup de choses s'étaient passées ces dernières années mais notre lien était toujours là. Il suffisait de le raviver.

« J'espère que tu reviendras. » Dit-elle lorsque nos rires se calmèrent.

« Bien sûr ! Je ne sais pas quand, je commence les cours la semaine prochaine mais il faut que je te revois, j'en ai besoin. »

« Moi aussi. »

Nous nous serrâmes l'une l'autre dans nos bras puis je me décalai pour envoyer un SMS à Edward. Je savais qu'il était dans les parages, je pouvais le sentir aussi ne fus-je pas surprise de le voir arriver, à pieds peu après.

« Et bien, il fait toujours son petit effet, hein ! » Sourit April en le détaillant littéralement de la tête aux pieds.

« Hey ! Détournement de mineur ! »

« Mouais et encore ! Dans ton monde ça serait plutôt lui qui me détournerait ! »

Je ris et vis le sourire d'Edward. Il avait tout entendu, bien sûr, malgré la distance.

« Irrécupérable ! »

« Dit celle qui rayonne littéralement en voyant son preux chevalier approcher. »

Je sentis mes joues qui rougissaient mais je ne détournai pas le regard. J'étais fière d'être amoureuse de ce garçon malgré tout ce que cela impliquait dans ma vie.

« Bonsoir, mesdemoiselles. »

« Oula ! Ca fait bien longtemps que je n'en suis plus une, mais je te remercie, Edward. »

« C'est sincère. »

« Et c'est bien le pire ! Merci. »

« Bref ! » Je lui fis les gros yeux et pris la main d'Edward dans la mienne. « Merci pour l'après-midi, A, on se refait ça bientôt. »

« Y a intérêt, Aly. »

Nous nous embrassâmes une dernière fois puis Edward m'entraîna à sa suite parmi la foule qui se formait à la sortie du parc. La voiture était garée un peu plus loin et sortait du lot entre la camionnette et le cabriolet qui l'entouraient. Quelques regards s'y posaient d'ailleurs avec envie. Du coin de l'œil, je vis Edward sourire. J'imaginai parfaitement les pensées des admirateurs. Je levai les yeux au ciel. Les hommes et leur voiture !

OoOoOoOoO

« Alors, qu'est-ce que tu en penses, Aly ? »

La petite main d'Alice me secouait l'épaule comme si j'étais un prunier. Je crus même sentir mes dents s'entrechoquer avant de parvenir à me dégager de sa prise –faible prise, cela va sans dire-.

« J'en pense que ce sujet d'exposé, en début de première année de lycée, pour quelqu'un qui n'a pas redoublé sa première année est…audacieux. »

Comment lui dire que parler de la modification génétique des bactéries de la peste pneumonique par les biochimistes de haut niveau n'était pas vraiment à l'ordre des connaissances que nous étions censées développer au lycée ?

« Oui mais parler de la vie sexuelle de mouches n'est franchement pas passionnant non plus ! » Contra-t-elle.

Je grimaçai. Elle n'avait pas tort.

« Pourtant le sujet de la reproduction nous en apprend toujours plus sur nous-mêmes. » Intervint Emmett et bien malgré moi je sentis mes joues rougir.

J'aurais dû être habituée mais apparemment ce n'était pas le cas.

« Parce que tu ne connais toujours pas toutes les positions du Kama Sutra, Em ? » Interrogea Alice en arquant un sourcil parfait.

« Tu nous prends pour qui, Rose et moi ? Nous ne sommes pas les débauchés que vous êtes, Jazz et toi. » S'offusqua-t-il, une main sur le cœur.

Je regardai les éclairs lancés par leurs yeux en me demandant lequel des deux lâcherait la nouvelle bombe.

L'arrivée d'Esmée dans le salon sembla désamorcer le nouveau jeu-guerre des énergumènes devant moi.

« Sommes-nous réellement obligés de connaître tous ces détails ? » Demanda-t-elle en croisant les bras.

« C'est elle qui a commencé ! »

« C'est lui qui a commencé ! »

Ils se pointèrent mutuellement du doigt un instant de plus.

« Ne pourrais-tu pas peut-être faire d'eux tes specimens d'étude ? » Me proposa-t-elle en me tendant le sandwich qu'elle était partie me préparer.

Je la remerciai en mordant à pleine dent dans le pain et réfléchis à sa question. Un gros obstacle m'en empêchait cependant. Je finis d'avaler et lui répondis.

« Impossible, ça doit être un sujet en bio. »

« Dommage, ça aurait été passionnant. »

Et elle quitta la pièce en pensant déjà sûrement à autre chose à faire.

Ses 'enfants' la regardèrent partir et je pus lire les questions dans leurs yeux. Je souris pour moi-même tout en mangeant. Esmée développait un regard critique sur sa famille ces derniers temps et cela me faisait toujours sourire d'en connaître certaines conclusions lorsqu'elle les exprimait.

« C'est quoi cette histoire d'exposé, au fait ? » Se reprit Emmett. « Depuis quand les profs en demandent le jour de la rentrée ? »

« Depuis qu'ils ont vu ta tronche sur le trombinoscope et se sont dit qu'il fallait augmenter le niveau pour équilibrer. » Sourit Alice comme si cela coulait de source.

Je décidai de quitter le navire avant d'être prise entre deux feux. Surtout ces feux-là…

Au moment où je tournais en direction des escaliers je sentis deux bras m'enlacer et me soulever sur une épaule musclée que je connaissais parfaitement. Une main audacieuse se glissa sur mes fesses et je me mordis la lèvre.

Un éclat de rire résonna dans le salon alors que la porte de sa chambre se refermait derrière nous et que j'y prenais appui… Enfin, Edward m'y avait appuyée…

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » Demandai-je en croisant son regard dévorant.

« Possiblement, oui. »

Je ris et caressai son visage. Je sentis ses mâchoires serrées et fronçai les sourcils.

« Edward, que se passe-t-il ? »

Ses yeux glissèrent sur mon corps et il prit ostensiblement une grande inspiration.

« Ces jeunes sont de pires en pires. » Grogna-t-il.

« Ah ! »

« Quoi ? »

Il sembla se calmer, son regard se fit hésitant.

« Non, j'ai cru qu'il y avait une mauvaise nouvelle malgré…Cet enlèvement des plus sensuels. » Souris-je en passant mon index sur ses lèvres.

« Oui, c'est une mauvaise nouvelle. » Il se pencha pour n'être qu'à quelques millimètres de ma bouche, ses yeux plantés dans les miens. « J'ai énormément envie de toi. Je veux montrer que tu es à moi. » Je déglutis et il poursuivit. « De toutes les manières possibles et imaginables. »

Il m'embrassa sans crier gare. L'unique réflexe qui me restait était de répondre à son baiser avec autant de flammes qu'il y mettait. Erreur, il me restait deux réflexes. Et le second fut de passer les bras derrière sa nuque. Mais ce fut tout.

Pour la suite, je me laissai emporter par le tourbillon d'émotions qui me submergea sans penser aux conséquences.

Ses mains se rejoignirent sous mes fesses et il me souleva à nouveau. Mes jambes enserrèrent sa taille et le vent qui frappa ma peau n'était dû qu'à la vitesse d'Edward qui nous éloignait de la maison familiale. Nos corps, en revanche, ne furent pas séparés un seul instant. Mes mains glissaient dans son dos, caressaient ses épaules, empoignaient ses cheveux. Nos bouches menaient une bataille d'où aucun des deux ne sortirait indemne mais on s'en moquait. C'était le plaisir de nous toucher, l'urgence de nos désirs qui se déchaînaient. Plus rien ne comptait. Plus rien que nos peaux qui se cherchaient.

Je sentis soudain quelque chose de moelleux dans mon dos. Les doigts d'Edward cheminèrent jusque sous mon pull alors que je réalisais le décor qui nous entourait : ma chambre.

J'eus un hoquet de stupeur qui me valut un regard amusé de la part de mon vampire. Je lui souris en réponse et le fis basculer pour me retrouver à califourchon sur lui. A la lueur dans ses pupilles, il aimait aussi cette position. Je me penchai et l'embrassai tout en défaisant les boutons de sa chemise. Depuis que je l'avais vu dedans à notre unique cours en commun ce matin-là, je rêvais de la lui ôter. Je pris mon temps, mes lèvres suivant le chemin de mes doigts. Les siens frôlaient mon corps, tentés de faire plus mais désireux de me laisser prendre les commandes.

Ma tâche accomplie, je me redressai pour l'admirer. Il posa un doigt sur mes lèvres. Je l'attrapai entre mes dents puis, une main autour de son poignet, je le fis glisser le long de ma gorge, jusqu'à la limite de mon pull. Sa main se plaça seule sur un de mes seins et commença à le caresser. Il se redressa, l'autre main dans le creux de mes reins. Sa bouche recouvrit la mienne et nos vêtements tombèrent les uns après les autres au sol.

EDWARD POV

Je n'avais pas pu rentrer en même temps qu'elle à la maison à cause d'un cours en plus dans la journée. Heureusement que Jasper m'avait lancé une dose de calme avant de partir avec les autres sinon j'aurais fini par égorger un ou deux énergumènes du lot de lycéens autour de moi. Cela faisait deux jours que les cours avaient repris, j'aurais dû être habitué à me couper de leurs pensées mais elles m'avaient assailli dès la première seconde.

La théorie d'Alice était bien sûr que je les avais cherchées pour savoir ce qu'il se passait autour d'Aly. Elle avait raison bien sûr mais j'avais quand même été à deux doigts de leur montrer de quel bois je me chauffais.

Et Aly qui les avait magnifiquement ignorés !

Je me sentais idiot d'avoir réagi comme ça. Je m'étais même juré que je ne me laisserais plus prendre au piège. J'étais suffisamment vieux comme ça pour savoir gérer mes pouvoirs.

Cette décision avait à peine eu le temps de prendre forme dans mon esprit lorsqu'Emmett intervint visiblement dans la conversation des deux A bis comme il les appelait. Il se souvenait de la relation entre April et Alice à l'époque où Aly était Liz et il refusait qu'il y ait une quelconque confusion.

« Pourtant le sujet de la reproduction nous en apprend toujours plus sur nous-mêmes. »

Il avait délibérément dit cela pour faire rougir sa petite Alizbell adorée, dixit ses pensées du moment. J'avais mis le frein à mains alors qu'Esmée réclamait de ne rien savoir de plus sur la vie sexuelle de ses 'enfants'. Emmett et Alice s'étaient accusés en même temps et de leurs esprits je sus qu'Aly s'éclipsait. Je ne pus retenir ce mouvement instinctif et l'enlever littéralement au sol pour l'entraîner dans ma chambre.

Nous pouvons ici parfaitement observer le goujat néanderthalien dans son milieu naturel, enlevant sa proie pour la mener à son repaire

J'ignorai la remarque de Rosalie et le rire gras d'Emmett, j'avais plus urgent à faire.

Elle était devant moi, les cheveux un peu fous de cet enlèvement digne de celui des Sabines, les yeux pétillants de questions et de désir.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? »

L'avait-elle remarqué ? Avait-elle noté la teneur terriblement aguichante de sa voix ? Peut-être mais peu importait. Tout ce qu'il se passait entre nous ces dernières semaines nous avait conduit à cet instant précis où je rêvais de la déshabiller et de la faire mienne. Je gardai les mains le long de mon corps de peur de ne pas pouvoir me contenir.

« Possiblement, oui. »

Qu'allais-je bien pouvoir lui dire pour expliquer une telle réaction ? Qu'allais-je pouvoir lui demander qui n'aboutirait pas au fait que nous fassions l'amour sauvagement pendant des jours entiers ?

Son rire me déstabilisa quelque peu mais sa main sur ma mâchoire me mit encore plus à rude épreuve. Je pris une profonde inspiration avant de réaliser que c'était une grave erreur de ma part. Elle sentait bon et non loin, il y avait cette fragrance. Celle qui disait qu'elle devait au moins rêver de la même chose que moi.

Elle fronça les sourcils et j'en fus ébranlé.

« Edward, que se passe-t-il ? »

« Ces jeunes sont de pires en pires. » Articulai-je avec difficulté.

« Ah ! »

C'était bien de la déception que je sentais en elle à présent.

« Quoi ? »

Je scrutai son regard à la recherche de quelques indices sur ce que j'avais fait de mal. Sa réponse fut la goutte d'eau.

« Non, j'ai cru qu'il y avait une mauvaise nouvelle malgré…Cet enlèvement des plus sensuels. » Son index sur mes lèvres.

J'étais foutu.

« Oui, c'est une mauvaise nouvelle. » Je retins son regard dans le mien, m'approchant toujours plus. « J'ai énormément envie de toi. Je veux montrer que tu es à moi. » Elle déglutit et cela m'encouragea à poursuivre. « De toutes les manières possibles et imaginables. »

Le baiser qui suivit signa l'arrêt de mort de ma résolution. J'avais envie d'elle. Elle avait envie de moi. Au diable toutes mes résolutions d'attendre un peu. D'attendre quoi ? ! Nous étions au bord de l'implosion tous les deux.

Au contraire de la dernière fois où elle avait été si tentatrice, je n'oubliais pas que ma famille faisait tout son possible pour ne pas nous entendre. J'attrapai mon âme-sœur comme nous appelait Esmée et me dirigeai à l'aveugle jusqu'au seul endroit où nous pourrions être totalement seuls pour quelques heures : chez elle. Sans m'en rendre compte, je scannai les pensées alentour. Personne ne regardait au-dehors donc personne ne risquait de nous voir ainsi enlacés. Et encore, étant donnée ma vitesse, je n'étais pas sûr qu'on puisse nous voir de toute façon. Mais je ne voulais pas tenter le diable.

Nous nous caressions, nous nous embrassions, nous retirions nos vêtements. Le tout au rythme effréné des battements de son cœur. J'adorais l'entendre jouer sa musique en particulier lorsque je la touchais. J'aimais à jouer sur son rythme selon où et comment mes doigts se posaient sur elle.

Ses bras et ses jambes me retinrent prisonnier et je m'enfonçai doucement mais sûrement en elle. Je scrutai son visage prêt à m'arrêter si j'y voyais le moindre signe d'une peur ou d'une angoisse. Mais elle soutenait mon regard, s'habituant à moi. Je m'immobilisai un instant. L'odeur du sang était faible mais elle était là. Aly ne dit rien. Elle posa une main sur ma joue et me sourit. Elle n'avait pas besoin de le dire. Je savais. Je savais qu'elle avait confiance en moi. Je bougeai une fois pour tester mes réactions et les siennes. Le désir reprit le dessus sur les doutes et je l'embrassai. Nous reprîmes notre danse vers le plaisir. La chaleur de son corps s'étendit autour de nous et je crus m'en nourrir alors qu'elle s'accroissait en même temps que notre plaisir.

Nos êtres se mêlaient comme la première fois il y avait tant d'années. C'était comme si rien ne s'était passé depuis. Nous nous connaissions, nous savions comment nous aimer. Il n'y avait besoin de rien de plus.

Alyssa resserra ses doigts dans ma nuque et je sus qu'elle était au bord du plaisir. Je l'accompagnai dans son ascension et étouffai nos cris en l'embrassant. Ses doigts restèrent accrochés à ma nuque encore un moment dont je savourai chaque instant sans bouger.

Sa respiration se calma peu à peu et je ne craignis plus d'entendre son cœur s'arrêter de battre. Je redressai la tête et observai les restes de son orgasme sur son visage. Ses yeux brillaient et revenaient lentement à la réalité. Ses joues rouges faisaient ressortir le léger gonflement de ses lèvres. Je les caressai d'un doigt, son regard se posa sur moi et elle sourit.

« Je t'aime. » Souffla-t-elle en levant la tête pour m'embrasser.

Je l'attirai contre moi, roulant sur le dos et répondis à son baiser.

« Moi aussi. »

Elle sourit et posa la tête sur mon torse, y traçant des dessins abstraits.

« Qu'est-ce qui m'a valu un tel…moment ? »

« Ca ne t'a pas plu ? »

« Oh si ! »Elle releva la tête brusquement. « Mais…Enfin, c'était inattendu. »

« Et c'est bien non ? »

Elle plissa les yeux et réfléchit une seconde avant de confirmer.

« Tant mieux. » Acquiesçai-je en passant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.

« Alice va m'en vouloir. » Dit-elle après un moment de silence.

« Pourquoi ? »

« Nous étions censées décider de notre sujet d'exposé en bio. »

« Ah oui ! Ce fameux sujet sur la vie sexuelle des mouches. »

Elle grimaça et se redressa sur un coude.

« Je te parie ce que tu veux qu'elle va me pondre un sujet bien emberlificoté et m'obliger à l'accepter parce que j'ai osé céder à tes avances. »

Je l'observai du coin de l'œil, amusé.

« Je crois que tu as raison. Ma 'sœur' en est bien capable. »

« Donc tu as intérêt à lui offrir un beau gros cadeau pour que j'ai au moins la chance de lui dire que j'ai plutôt subi un enlèvement que céder à tes avances. »

Elle fit mine de quitter le lit en tirant le drap sur elle.

« Hey ! Si je comprends bien, c'est de ma faute alors ! »

Elle se retourna et se rendit compte qu'elle m'avait laissé sans rien pour me couvrir, j'étais donc nu dans son lit et les idées qui lui vinrent à l'esprit se reflétèrent dans ses pupilles. Je les savourai d'avance mais elle parvint à se contrôler. A mon grand dam !

« Oui, tu dois trouver une solution pour sauver ma réputation, mon beau et preux chevalier. » Sourit-elle en se détournant.

« Et qu'y gagnerai-je ? » Demandai-je avec une voix rauque.

Elle me regarda à nouveau en se mordant la lèvre inférieure. Ce n'était plus Aly que j'avais devant moi, c'était Bella.

« Un week-end entier à faire ce que tu veux de mon corps? »

« Seulement un week-end ? » Osai-je et elle rougit.

En s'en rendant compte, elle grommela contre moi en m'injuriant de jolis noms d'oiseaux. Je sortis du lit, l'enlaçai et la fis se retourner.

« Je pensais juste à quelque chose comme l'éternité. »

Je posai un baiser sur ses lèvres mais elle se tendit contre moi. Je sentis qu'elle me repoussait. J'acceptai mais c'était pour mieux l'observer. Une larme roula sur sa joue. Je voulus l'essuyer mais elle le fit elle-même, d'un geste rageur.

« Ne dis pas de bêtises pareilles, Edward. Pas après ce qu'on vient de faire. »

« Mais… »

« Non, ça fait trop mal. »

Elle quitta la chambre, enroulée dans son drap comme dans une carapace.

Qu'avais-je dit ?

Vous l'attendiez, vous plait-il ce lemon ?

Et oui, toujours sadique à finir en cliff, je suis sûre que certain(e)s auront compris pourquoi Aly réagit ainsi…

Le chap 27 est déjà en cours.

Bisous Spuffy