EPILOGUE

LIVY POV

J'étais en retard et ma chère dingue de tante allait me tuer.

Sauf si je la jouais fine en lui disant que j'avais trop bu la veille, que j'avais couché avec le premier inconnu qui passait et que j'avais été obligée de rentrer à genoux tellement il était un bon amant…

A peine avais-je fini d'inventer cette fabuleuse excuse que je recevais un SMS.

« Et tu me crois si naïve que ça, jeune demoiselle ? ! »

Ma chère dingue de tante avait bien sûr eu une vision de mon excuse et elle me le faisait savoir !

_Comment voulez-vous que j'ai MA vie avec une tante qui voit tout avant même que je l'ai pensé ! Grognai-je à voix haute.

Certains diraient que j'étais simplement cinglée.

La première maison à l'horizon était à quelques centaines de mètres, après tout. Mais dans cette fameuse maison –villa-, il y avait ma tante et je savais qu'elle attendait ma réponse.

Je l'imaginais déjà tourner en rond devant la porte d'entrée, prête à me bondir dessus pour m'emmener à l'université de Chicago avec elle. Elle tenait absolument à me faire prendre les mêmes cours qu'elle : psychologie du meurtrier, psychologie du citoyen lambda et psychologie de je ne savais plus qui…Peut-être qu'elle pouvait me donner encore quelques années avant de m'intéresser à la même chose qu'elle, non ? Après tout, elle avait quoi, 158 ans ? Elle pouvait comprendre que je ne voulais pas forcément tout comme elle alors que je n'avais que 18 ans !

« Rapplique ! » Lus-je sur mon téléphone qui sonna à nouveau.

_Pff ! Répondis-je à voix haute une fois encore. J'arrive tatie d'amour que j'aime de tout mon cœur !

« Faillotte ! » Reçus-je en réponse.

Je souris et jetai le téléphone sur mon lit pour attraper un pull à enfiler.

Quand je rejoignis la villa centrale, j'aperçus les motos de mes parents qui brillaient entre les arbres.

Je souris. Ils avaient promis de revenir pile à l'heure et c'était bien le cas.

J'ajustai mon sac à bandoulière sur mon épaule en entendant vrombir les moteurs. Ils s'en donnaient à cœur joie encore !

_Je remercie sa majesté de daigner se présenter devant nous ! Entendis-je dans mon dos.

_Tatie, je t'avais dit que je viendrai !

_Tu avais aussi dit que tu serais à l'heure !

Elle croisa les bras sur sa poitrine et prit son air le plus grave. Mais avec ses cheveux en pique, son collier de perles blanches et sa jupe à fleurs, il était difficile de la prendre au sérieux.

Du coup, j'eus un doute si j'acceptais vraiment de la suivre…

_Euh, tu ne vas pas y aller comme ça, si ?

Elle eut un sourire sadique puis éclata de rire.

_Bien sûr que non ! C'était un test ! Je vois que tu as bien acquis mes cours de mode.

Et elle s'envola vers sa chambre.

_Pff ! Tu parles ! Elle me fait me presser mais elle prend son temps quand j'arrive ! Je déteste cette tante ! Maugréai-je en donnant un coup de pied dans un caillou à portée.

_Qu'a-t-elle encore fait, Alice ? !

Je relevai la tête en souriant. La voix de ma mère me redonnait toujours le sourire lorsqu'Alice me torturait.

Elle vint m'enlacer et j'inspirai à plein poumon son parfum. Je n'en retenais jamais le nom mais je l'adorais.

_Elle me dit de me dépêcher de m'habiller après une soirée bien arrosée et une partie de jambes en l'air des plus fantastiques alors qu'elle n'est elle-même pas prête ! Râlai-je, ressortant sciemment mon excuse bidon.

_Une quoi ?

Ca c'était mon père. La voix qu'il avait virait légèrement dans les aigus lorsqu'il m'entendait parler aussi crûment.

Je lui souris avec un clin d'œil.

_Oui, enfin, c'était l'excuse que je comptais lui sortir mais elle m'a repéré à un kilomètre à la ronde. Ne t'en fais pas, papa, je n'ai bien sûr pas bu une goutte d'alcool, j'étais totalement consciente et consentante.

Il s'étouffa et son regard doré vira au noir en une seconde.

_Livy…

La réponse de ma mère n'était là que pour faire bonne impression. On savait toutes les deux qu'elle adorait quand je mettais mon père dans cet état. Il était si chou avec ses poings quasiment serrés, sa mâchoire tremblotante et ses yeux noirs qui surveillaient les horizons à la recherche de celui qui avait osé toucher à sa princesse.

_Tu vas lui donner des infarctus à force. M'accusa-t-elle faussement en allant le prendre dans ses bras. Allons nous préparer, nous avons rendez-vous à l'université pour inscrire notre fille et nous-mêmes.

_Elle ne l'a pas fait ? Hésita-t-il en plongeant dans son regard.

Je pouffai une seconde avant d'admirer leur relation. Je connaissais leur histoire par cœur. Quand vous avez des oncles et tantes qui s'évertuent à vous la raconter depuis votre plus jeune âge, vous ne pouvez pas faire autrement.

Bien sûr, je savais aussi que même si je les appelais papa et maman, ils ne l'étaient pas. Ils n'étaient même pas de ma famille, en vrai. Ma mère –Bella- était la meilleure amie de ma mère biologique April. Je connaissais son histoire, leur lien et la décision de ma mère biologique de me confier à sa meilleure amie plutôt qu'à mes grands-parents biologiques.

Et après les avoir rencontrés à quelques reprises dans ma courte vie, je la remerciais de sa décision. Ce n'est pas qu'ils étaient méchants mais ils n'étaient pas très agréables. Peut-être aussi que de me savoir vivant sous le même toit que des individus qui ne vieillissaient pas leur posait un problème…

Ma grand-mère surtout ne ressemblait pas du tout à Esmée.

Esmée me félicitait dans mes réussites, elle me soutenait dans mes efforts, elle me disputait lorsqu'il le fallait…Ma grand-mère biologique se contentait de me faire les gros yeux, de m'épier et me grommeler que je pourrais faire bien mieux…

_Tu ne la connais pas depuis le temps ? On aurait peut-être dû aller vivre aussi loin que possible de ton frère…

Ma mère me sortit de mes pensées.

Je secouai la tête et ils s'éloignèrent en faisant des messes-basses.

_Ralala, on ne les changera jamais, ces deux-là ! A peine rentrés d'une énième lune de miel, ils s'éclipsent encore pour s'envoyer en l'air contre les murs de ta chambre !

Mon oncle Emmet s'évertuait encore à me faire rougir. Quand comprendrait-il que ses propos plus qu'explicites ne me feraient plus rougir depuis qu'il avait osé en prononcer devant moi à mes 10 ans ? !

Je n'étais pas comme ma mère. Je ne rougissais pas à tout va. Non, j'étais plutôt du genre à répondre de la même manière.

_Il me semble les avoir vus se diriger vers ta bécane, tonton. Je crois que l'autre soir, papa disait qu'il kiffait voir maman vibrer dessus…

_Le saligot ! Il va me le payer !

J'explosai de rire en voyant mon oncle rouler des mécaniques d'un pas décidé vers le garage.

_Tonton ! Ils sont à la maison, voyons ! Tu connais maman, jamais elle ne le ferait sur ta moto ! Elle a trop peur des représailles !

_Hum ! Oui, peut-être mais ton père peut être vraiment convaincant quand il veut quelque chose.

Il doutait et j'adorais ça. Je l'attrapai par la main et le fis asseoir près de moi sur les marches de la villa.

_Rappelle-moi qui réfléchit pendant dix ans sur le pour et le contre avant de prendre une décision ?

Mon oncle m'observa du coin de l'œil avec un air suspicieux.

_Par contre, toi, je te connais assez pour t'imaginer demander à un de tes nombreux amants de te prendre sur ma bécane…

Je clignais à peine des paupières, le sourire aux lèvres.

_Qui te dit que ce n'est pas déjà fait ?

_Livy, dois-je te rappeler que je suis un vampire sanguinaire assoiffé de sang avec un flair hors pair ?

_Un vampire sanguinaire assoiffé de sang, ça s'appelle un pléonasme, je crois. Le taquinai-je.

_Oui, bon, peu importe, mais tu as compris la menace ? Crois-tu réellement que je vais gober ton histoire de partie de jambes en l'air si facilement que ton père ? Mon flair me dit que de toute façon, tu es encore vier….

Je lui mis la main sur la bouche en faisant des gros yeux.

_Tonton !

_Haha haha haha ! ! ! J'ai trouvé ! ! ! Voilà ce qui te fait rougir, petite coquine ! Hey ! Eddy ! Relaxe, ta fille est vierge ! Elle est vierge ! Elle est humfou,fklzjgior !

Je venais de signer mon arrêt de mort, mais ça faisait du bien de le voir ma main sur la bouche pour le faire taire et ce même s'il me laissait faire, bien sûr !

_Espèce de…

Il se jeta sur moi si vite que je ne pus prendre mes jambes à mon cou. Je sentis ses mains enserrer les miennes et sa jambe qui me fit une balayette.

Mes fesses atteignirent le sol une seconde avant qu'intervienne la voix d'Esmée.

_Non mais c'est pas bientôt fini ces gamineries ? Emmett, tu n'as pas honte à ton âge ?

Elle avait les bras croisés sur sa poitrine et sa tête de 'Ne fais pas mine de ne pas comprendre ce que je suis en train de te dire ou ça va barder !'.

_Mais !

_Il n'y a pas de mais qui tienne. Maintenant, j'aimerais vraiment que tout le monde soit présent pour ma photo.

Ah oui ! La fameuse photo qui devait immortaliser chaque nouvel instant dans nos vies. Bien malgré moi, il y en avait déjà un bon paquet depuis mon arrivée dans leur vie et j'avais beau toujours tenté de faire ma pire grimace qui soit, ils arrivaient à me faire sourire au moment où la photo était prise.

Je soupirai en chœur avec mon oncle mais nous obtempérâmes, conscients qu'il ne valait mieux pas refuser quoique ce soit à Esmée quand elle prenait son ton de lieutenant-colonel.

D'un seul coup, mes parents apparurent, habillés de jeans et t-shirt, leurs peaux blanches reflétant doucement les quelques rayons de soleil alentour. Ma tante Alice sortit au bras de son mari Jasper. Celui-ci me fit un clin d'œil complice – après tout, il ressentait mon exaspération concernant ce rituel des photographies-. Enfin, Rosalie nous rejoignit en faisant onduler sa longue chevelure dans son dos en rythme avec le mouvement de ses fesses. Je pouffai en voyant le regard lubrique de mon oncle et lui donnai un coup de coude dans les reins.

Il maugréa dans sa barbe et s'installa où ma grand-mère lui indiqua.

Je suivis moi aussi les ordres, passant près de mes parents je déposai un baiser sur leurs joues et nous fûmes bientôt tous à notre place.

_Attention, le petit oiseau va sortir ! S'écria Emmet en levant les bras.

CLIC !

Esmée avait déjà appuyé sur le déclencheur avant de pouvoir tout annuler. Ils avaient tous bougé.

Pêle-mêle, nos membres se mélangeaient au point que personne ne savait à qui était quoi…

Mais c'était indéniablement nous, les Cullen.

Au revoir,

Et encore merci pour ces aventures que vous m'avez fait vivre !

Spuffygirl92 vous adore.