CHAPITRE 6 – DISCUSSIONS ET RÉVÉLATIONS
Severus parvenait enfin à se relaxer lorsque quelqu'un toqua à la porte. Extrêmement contrarié, il se leva du divan et ouvrit brusquement la porte. Il se retrouva devant une minuscule enfant de première année tremblant de peur.
« Quoi ? »
Severus mit toute la hargne possible dans cette unique parole et l'effet fut exactement celui qu'il attendait. La gamine écarquilla les yeux et commença à haleter, incapable de parler. Elle sortit de sa poche un petit papier et le lui tendit. Après qu'il l'ait saisi, elle murmura quelque chose qui ressemblait vaguement à un « Bonne journée », se retourna et se mit à courir comme si elle avait peur que l'enseignant puisse la dévorer d'un moment à l'autre. Severus ne put rien faire d'autre que ricaner avec satisfaction. Il referma la porte derrière lui et décacheta l'enveloppe. C'était un message de Dumbledore.
Severus,
Je n'ai pas oublié l'idée d'hier soir.
Je compte sur toi pour l'opération « Paix entre les Maisons »
A.P.W.B.D
Severus gémit pour la énième fois. Ce maudit vieux était d'un entêtement inouï. Il concevait des plans absurdes et s'attendait à ce que tous soient heureux de l'aider à les mettre en place. Mis le pire était que cet homme avait une passion immodérée pour le complot et il ne révélait qu'un infime partie de ses plans aux personnes impliquées et, souvent et volontiers, qu'après qu'elles aient rejoint son objectif. Mais pas cette fois. Severus Snape ne se ferait pas manipuler de nouveau. Avec une détermination renouvelée, le professeur de Potions partit au pas de charge vers le bureau du Directeur bien décidé à obtenir la vérité de la part du vieux mage.
Severus mit peu de temps pour arriver au troisième étage où se situait l'entrée du bureau directorial et des appartements du Directeur. Il prononça le mot de passe (« Boule puante ») et attendit impatiemment que les escaliers montent jusqu'à la porte du bureau à laquelle il toqua énergiquement.
« Assieds-toi, Severus » dit Dumbledore sans lever les yeux du parchemin qu'il lisait.
Severus obtempéra, s'asseyant sur une des deux chaises recouvertes de velours rouge, se résigna à attendre que l'autre finisse de lire. Cela ne prit que cinq minutes qui lui parurent une éternité. Finalement, Dumbledore mit ses papiers de côté et s'appuya sur son dossier, les mains croisées dans son giron et fixa sur Severus ses yeux vifs.
« Alors, Severus, qu'est-ce qui t'amène devant un pauvre vieillard comme moi ? »
Severus se redressa sur sa chaise. Cet homme le faisait toujours se sentir comme un étudiant.
« Cela concerne ton projet ... »
« Ha ! Tu as reçu ma lettre. J'espère que tu n'as pas trop terrorisé ma petite messagère ! »
Severus grimaça. Dumbledore le connaissait vraiment bien.
« Peut-être un petit peu. Pas que j'aie fait beaucoup. La fille était déjà, comment dire, assez troublée elle-même ... »
« Certes, ta réputation te précède » répondit Dumbledore avec un air solennel, puis son expression s'ouvrit en un sourire amusé.
« De quoi voulais-tu me parler Severus ? »
Le professeur prit quelques minutes pour décider de la façon d'aborder le sujet. Il était sorti de son bureau à la hâte sans penser à comment il l'affronterait. Il se rendit compte qu'il n'avait aucun argument à opposer au Grand Plan Granger/Malfoy et la chose le mettait assez mal à l'aise. Dumbledore attendit patiemment qu'il classe ses idées. Severus décida de procéder prudemment.
« Pourquoi ? »
Dumbledore paru un peu déçu du manque de mémoire de son enseignant. Il pensait avoir été assez clair, mais peut-être que ses souvenirs étaient un tantinet faussés par la grande quantité d'alcool ingurgitée.
« Il me semblait l'avoir déjà expliqué, mais je suis un homme patient et je te répondrai : nous avons besoin que les Maisons soient enfin réunies et je crois qu'un couple Griffondor/Serpentard pourrait nous aider à atteindre ce but. »
« Albus, je te connais depuis presque dix-huit ans. Je te connais, tout comme tu me connais. Je sais que tes plans ne sont jamais ce qu'ils semblent être. Donc je te le demande de nouveau et je serais très heureux que tu sois sincère avec moi. Pourquoi ? »
Dumbledore soupira.
« Oui, c'est vrai. Tu es une des personnes qui me connaissent le mieux, et j'ai totalement confiance en toi. Tu dois me croire quand je te dis que pour moi la paix entre les Maisons est une priorité. Tout ce que je demande, c'est que deux personnes de premier plan dans ces Maisons se mettent ensemble. »
Severus se renfrogna, il semblait sincère, mais il ne se rendrait pas aussi facilement.
« Mais pourquoi Granger ? Je peux comprendre Malfoy. Au fond, c'est le seul qui soit remarquable chez les Serpentard. Mais Granger ? »
Dumbledore l'observa amusé.
« Severus, tu m'étonnes ! Qui serait mieux que la délicieuse héroïne de guerre, celle qui est surnommée la Reine de Griffondor ? »
« Je ne sais pas ... Peut-être Weasley. Elle serait mieux que Granger. On rapprocherait aussi deux familles qui se détestent depuis des générations ! »
Dumbledore lui répondit avec patience, comme s'il devait expliquer l'évidence à un enfant très jeune, et un peu retardé à vrai dire.
« Parce que cette chère Ginevra épousera Harry l'année prochaine. Tu te rappelles de lui ? Le Garçon Qui a ... »
« Été bien trop entêté pour mourir, oui, je me souviens de lui - Interrompit Severus un peu ennuyé - Mais alors, Granger n'est pas non plus une option, vu qu'elle est fiancée à Weasley. »
Il fit cette conclusion avec une pointe d'amertume qu'il ne parvint pas à comprendre. Dumbledore leva les yeux au ciel.
« Oh Severus ! Tu devrais vraiment sortir de tes donjons plus souvent et parler avec les gens. Pour un ex-espion, tu es vraiment mal informé ! La demoiselle Granger et ce cher Ronald ont rompu après quelques semaines d'idylle. Ça a été le ragot de l'été ! »
Severus devint muet. Quel était donc ce sentiment soudain de légèreté ?
Voilà, voilà, nous sommes rendus au chapitre 6. J'ose espérer qu'il vous a autant plut que les 5 d'avant. Tout se met gentiment en place, notre pauvre Severus sent bien qu'il y a un truc pas clair.
Tout ça pour vous dire que je pars une semaine en vacances, avec une connexion internet assez faible, pour ne pas dire inexistante. Donc, si je peux, le chapitre 7 sera publié jeudi prochain, sinon, je me verrai dans l'obligation de vous faire patienter jusqu'au samedi.
