Un bonjour désolé pour ce huitième chapitre ...
Des problèmes familiaux, un ambiance professionnelle instable ayant mené à une rupture de contrat font que j'ai ... ahem ... deux mois et demie de retard. Je vous présente toutes mes excuses. Je ne peux même pas vous promettre que cela ne se reproduira plus, vu que je compte engager des formalités pour devenir exploitante agricole. Mais assez parlé de moi ^^'
Je crois qu'un petit résumé des chapitres précédents s'impose : Dumbledore, un soir de beuverie, embarque notre Severus préféré dans un plan tiré par les cheveux pour rapprocher les maisons Griffondor et Serpentard : mettre Hermione et Daco en couple. Mais Severus n'est pas super partant si on considère qu'il a lui-même des vues sur notre Miss Je-Sais-Tout. Pour suivre les ordres d'Albus, il organise une sortie "ramassage d'ingrédients dans les Highlands" avec le Professeur Chourave et nos deux étudiants.
CHAPITRE 8 - LA REINE DE GRIFFONDOR
Le jour du départ arriva enfin et Severus se résigna à l'idée de passer dix jours en compagnie d'une professeur Chourave excitée comme une petite fille. De tous les participants à l'expédition, elle semblait la plus enthousiaste, quoique même la jeune Préfète-en-Chef montrât une certaine joie. La tenue de Malfoy, à l'inverse, était impeccable. Il était adossé à la cheminée du bureau directorial avec un air vaguement ennuyé, comme s'il était normal de se rendre en un quelconque lieu potentiellement dangereux à la recherche de racine et plantes rares. Son attitude agaçait beaucoup Severus qui, si d'un côté n'aimait pas les manifestations excessives, se sentait irrité par l'indifférence du jeune homme devant une occasion aussi rare. Pourtant le garçon avait été enthousiaste lorsqu'il leur avait proposé de les accompagner. Severus fixa le garçon, les yeux réduits à deux fentes. Quelque chose n'allait pas, il le sentait et son instinct ne le trahissait que rarement. Il se rappela soudain que le garçon avait changé d'attitude après avoir été convoqué par Dumbledore. Qu'était en train de tramer cet homme ?
Quand le Directeur les rejoignit en tenant un paquet de chips vide, il dut abandonner ses soupçons pour prêter attention aux dernières recommandations, puis il attrapa un angle du paquet-portoloin en même temps que les autres et attendit de sentir l'étirement qui accompagnait toujours ce type de transport. Quelques secondes après, ils atterrirent indemnes dans une ruelle sombre et ils se dépêchèrent de rejoindre la porte à leur gauche.
Ils se retrouvèrent dans la pénombre d'un local illuminé par quelques lampes à huile qui jetaient des ombres rougeâtres à l'intérieur. L'effet était un peu suffocant mais ils furent heureux de la chaleur que dépensait une énorme cheminée au fond de la pièce. Quelques sorciers étaient pelotonnés dans les moelleux fauteuils devant celle-ci, discutant allègrement sans sembler voir les nouveaux venus. Une femme corpulente leva la tête de son journal et le fit un sourire chaleureux.
« Bonsoir messieurs dames ! Vous arrivez à l'heure. Je vous prie de laisser vos bagages à l'entrée, vous les retrouverez dans vos chambres plus tard. Logan vous attend. »
Leur dit-elle en s'avançant vers le côté opposé de la cheminée où s'ouvrait un petit corridor qui conduisait à une salle similaire à celle qu'ils venaient de quitter bien qu'un peu plus petite et encombrée de rustiques tables de bois. Assis à la table la plus proche de la cheminée était un sorcier à l'air berbère qui fumait distraitement une longe pipe, le regard perdu dans le feu et ses pensées. Il se repris lorsque l'hôtesse lui tapa rudement dans le dos en le présentant.
« Je vous présente Logan Geadais, votre contact pour toute la durée de votre voyage. »
L'homme se leva et leur serra virilement la main. Après les présentations, ils s'assirent tous à la table et l'hôtesse les laissa seuls, promettant de revenir pour l'heure du diner.
Logan se lança de suite dans la liste des différents dangers qu'ils auraient probablement à affronter et fut heureux de la préparation de Granger (« J'ai tout lu sur le sujet ! »), chose qui fit grimacer Severus. A la énième preuve de compétence théorique de la fille il essaya de la faire taire avec un de ses regards noirs mais elle était trop occupée à boire chacune des paroles de l'homme qu'elle ne s'en aperçu même pas. Il commençait à être fatigué après cette journée de préparatifs de dernière minute et après quelques minutes les paroles de Logan devinrent un son indistinct. La chaleur du feu commença à lui endormir l'esprit et sans qu'il ne s'en rende compte, il fixait Granger. De nouveau.
Il avait passé les semaines précédentes à l'ignorer ostensiblement, mais il se rendait compte que, pour une inexplicable raison, cette fille pédante et insupportable s'insinuait dans son esprit. Il arrivait de plus en plus souvent que quelque chose la lui rappelât il lui était devenu impossible, par exemple, de s'asseoir sur le divan de son bureau où il l'avait laissé dormir la nuit fatidique durant laquelle elle était venue lui demander un antidote, sans penser à ces jambes nues qui s'y étaient allongées. Ou bien, chaque fois qu'il voyait un chat (et il y en avait beaucoup dans cette maudite école) il se rappelait avec exactitude la forme des oreilles qui lui étaient apparues à cause d'une blague de Parkinson. Il était même devenu un fan du jus de citrouille. Certes, il ne l'aurait jamais admis, mais il gardait une carafe toujours pleine à côté de son lit.
Severus se repris quand Logan s'adressa directement à lui.
« Alors, Professeur ! Vous devez être vraiment fier de cette petite sorcière ! »
Severus haussa un sourcil.
« Fier ? D'une gamine qui ne sait rien faire d'autre que répéter comme un perroquet tout ce qu'elle lit ? Non, je ne pense pas. »
Il la regarda pour profiter de sa réaction, mais il n'eut aucune satisfaction. En fait, la fille haussa les épaules et répondit en se tournant vers Logan.
« N'en faites pas cas, Logan. Le professeur a une certaine propension au sarcasme. Mais comme il le sait, si je n'avais pas été là, Harry Potter serait encore en train de battre la campagne à la recherche des Horcruxes, ou pire, mort. Je peux donc affirmer que je ne suis pas que livres et école. J'ai une certaine expérience du terrain moi aussi, après tout. »
Severus la fixait, incrédule, pendant que ses voisins de tables se mettaient à rire. Cette maudite gamine avait osé lui répondre sur ce ton ? Comment se pouvait-il que la diligente Préfète-En-Chef Hermione Granger soit devenue aussi effrontée ? Le professeur de potion attendit que la colère monte en lui, le portant à imaginer mille façons de l'humilier. Mais à sa grande surprise, tout ce qu'il réussit à penser fut que cette jeune fille n'avait pas grandi que physiquement. C'était une femme, une femme de caractère et intelligente. Courageuse et fourbe sous cet air innocent et tranquille. Elle était une vraie fille de Poudlard. Elle était l'essence des quatre maisons unies en un seul corps. Elle était la reine de Poudlard. Severus pensa toutes ces choses et les chassa de suite dans l'abîme profond où il enterrait ce type de sentiment inconvenant. Il n'y penserait plus. Hermione Granger ne réduirait plus jamais à cet état, se promit-il. Et finalement, il reprit le contrôle de lui-même.
