Isabella

Edward est sa mère passe l'heure suivante cloitrés dans la chambre de ce dernier à essayer de discuter à voix basse, et malgré leurs efforts pour contenir leurs échanges, je peux tout entendre comme si je me trouvais dans la pièce avec eux.

-Quoi encore ! Tu as déjà établi le fait que tu comptais me priver de mon libre arbitre en me collant cette…sangsue dans les pattes et en prenant les décisions à ma place ! De quoi veux-tu encore me déposséder chère Mère.

J'entends à la façon dont il bute sur les mots, qu'il est dans un état d'ébriété avancé, cela ne l'empêche pas de geindre, de crier au complot et de se lamenter sur son misérable sort.

Je n'entends pas la réponse d'Elizabeth, je ne peux que l'imaginer lorsqu'Edward lui réplique :

-Non c'est toi qui me mets dans l'embarras, au lieu d'être de mon côté tu soutiens cette salope !

Je ne m'offusque même pas devant son choix de mot. Il a raison, je suis une salope, surement la pire qu'il rencontrera dans sa misérable vie.

-Je n'ai pas faim ! Garde ça pour ta nouvelle…fille préférée, puisqu'elle va tout me prendre ou plutôt que tu vas lui donner tout ce qui m'appartient !

Cette fois-ci j'entends clairement Elizabeth le réprimander et l'obliger à manger le sandwich préparé par Maggie pour éponger tout l'alcool qu'il a bu, le vente vide. J'avais oublié qu'il ne lui en fallait pas beaucoup pour être totalement bourré et finis par me désintéresser totalement de leur séance confession intime.

J'en profite plutôt pour faire le tour du propriétaire et m'extasie devant la vue magnifique du cœur de la ville toujours en activité. C'est la première fois que je vois cette ville, ma ville, sous cet angle. Je suis habitué à en arpenter les rues sales et mal pavées, pas de les survoler de loin comme je le fais actuellement, c'est magique, j'ai l'impression de l'avoir à mes pieds après l'avoir laissée me malmener pendant toutes ces années.

C'est clairement l'appartement le plus grand que j'ai jamais vu et même celui de Mikael ne tient pas la comparaison et pourtant il avait de quoi me faire pâlir d'envie. Je n'arrive pas encore à déterminer quelle est ma pièce préférée dans toute cette immensité, entre la cuisine gigantesque équipée tout confort et seulement cloisonnée par de baies coulissantes, qui permettent de garder un œil sur le salon et le reste de l'appartement, le tout baigné dans une ambiance tamisée grâce aux néons astucieusement dissimulés dans les corniches. Ou encore la salle de bain avec baignoire jacuzzi encastrée directement dans le sol et sa douche multifonction qui n'a rien à envier à celle que j'avais à la villa. Quant à ma chambre, aussi grande que mon ancien studio, malgré sa décoration épurée elle donne une vue imprenable sur la ville en contrebas. J'y ai assez de place pour entreposer tout mon bazar mais compte bien y ajouter une touche de décoration perso aux frais de la princesse.

La terrasse n'est malheureusement accessible qu'à partir de la chambre d'Edward, qui fait office de suite parentale, mais ce n'est pas cela qui va me retenir d'y passer mes journées à buller et à profiter de ma nouvelle vie. Cela ne vaudra certes pas le confort des jardins de la villa mais je m'en contenterais avec joie.

Je ne vais pas faire la fine bouche, je ne suis pas une poule de luxe, pour l'instant mais j'y travaille activement. Je me suis introduite dans la tanière du loup, bientôt tout ceci et bien plus encore m'appartiendra, ce n'est qu'une question de temps. Pour le moment j'observe en retrait, enregistre le maximum d'informations pour en tirer parti et quand le moment sera venu je frapperais Edward Cullen en plein cœur ou plutôt en plein portefeuille.

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