Isabella

-Miss Swan, m'interpelle la voix craintive de Maggie alors que nous nous apprêtons à sortir.

-Quoi encore Maggie ! Je chuchote dans l'espoir de faire le moins de bruit possible.

Elle hésite, change de pied d'appui puis finit par dire :

-Je…je pense que nous devrions attendre que Monsieur Edwardse réveille avant de partir, ou au moins déverrouiller sa porte…

Je lève les yeux aux ciels, toujours à s'inquiéter pour son précieux patron celle-là. Peut-être devrais-je lui rappeler pourquoi elle se trouve ici, à savoir m'aider à m'installer et non pas à essayer de ficher par terre le peu de fun que j'essaie d'avoir dans ma journée !

J'opte néanmoins pour une approche plus éducative et sympa en m'assurant qu'elle ne puisse pas raconter tout et n'importe quoi à Elizabeth quand j'aurais le dos tourné.

-Laissons-le dormir pour l'instant, je sûre qu'il n'a pas besoin de savoir que nous sortons faire des courses. Il a besoin de se reposer, sinon Elizabeth n'aurait pas ressenti le besoin de lui donner un somnifère, pas vrai ?

Elle réfléchit, assimile mes paroles avant de hocher la tête

-Bien, j'ai promis à Elizabeth de prendre soin de son fils et c'est ce que nous allons faire non ?

-Je suppose…

-Parfait ! Donc nous sommes d'accord. Prévenez plutôt le concierge que nous aurions besoin d'un taxi…

Je découpe quelques morceaux des restes de poulet froid et les déposent dans une assiette pour Sheitan à mes pieds. A part cette carcasse et des bières il n'y a rien dans ce foutu frigo, qui permet de faire un repas digne de ce nom.

D'où ma décision de partir faire des courses très tôt ce matin.

Ca et l'envie irrésistible de mettre à profit ma nouvelle acquisition. Je vérifie une dernière fois que la carte de crédit d'Edward se trouve bien dans ma poche, et dépose la clé de sa chambre sur la table de la cuisine à la place.

Je suis prête à faire exploser les compteurs, dans la limite du raisonnable bien sûr ! Il ne faudrait pas qu'il puisse utiliser ça contre moi, c'est pourquoi j'ai choisi de faire des dépenses uniquement utiles pour mon premier coup.

Remplir son frigo d'aliments comestibles, m'approvisionner en produits hygiéniques car ma nouvelle salle de bain n'en possède aucun approprié à une femme ou encore acheter de la pâté pour chat, de la literie et de la déco d'appoint pour ma chambre, ne constitueront pas des preuves à charge contre moi.

Je ne sais pas combien de temps le somnifère va encore agir, il dort comme une masse depuis hier soir. Bon j'avoue qu'à un moment dans la nuit, je me suis glissée dans sa chambre une fois sûre que Maggie s'était bien endormie sur le canapé du salon. J'essayais de me convaincre que je le faisais juste par pure conscience professionnelle pour repérer les lieux et voir ce qui s'y cachait au cas où ce serait mon unique chance d'entrer dans sa chambre.

La vérité est qu'en fait j'avais encore du mal à réaliser que j'avais bel et bien réussi mon coup en infiltrant la tanière d'Edward Cullen.

J'étais en mode totale parano craignant qu'il se fasse la malle en pleine nuit, ou qu'il me claque entre les doigts juste au moment où j'obtiens gain de cause. Alcool et médicaments n'ont jamais fait bon ménage, j'en sais quelque chose, alors j'avais besoin d'être rassurée à ma manière.

Ca matin, pas besoin de vérifier, je l'ai entendu ronfler à travers la porte.

Et quand il aura enfin finit d'hiberner, qu'il se réveillera avec la sensation d'avoir été écrasé par un train et qu'il se demandera si il a rêvé les événements de la veille, la porte fermée sera un rappel comme un autre mais surtout un dur retour à sa nouvelle réalité : Isabella Swan mène la danse, personne d'autre !

Je m'en délecte d'avance.

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