Isabella

Aucun bruit ne filtre de l'autre côté de la porte.

Je vérifie encore une fois auprès d'Alfred, qu'il se trouve bien seul dans l'appartement, avant de le renvoyer à ses occupations. Il ne se fait pas prier pour déguerpir en bougonnant dans sa barbe tout du long. A quoi sert de payer un service de conciergerie si on ne peut même pas faire appel à ses services sans qu'il se plaigne !

De nouveau seules devant l'épaisse porte blindée, je glisse la clé dans la serrure, ouvre aussi silencieusement que possible et tends l'oreille pour m'assurer que la voie est libre avant de faire signe à Maggie d'entrer à ma suite.

Rien ne semble avoir bougé depuis notre départ, donc Edward n'a pas trouvé de moyen de s'échapper de sa chambre.

-Essayons de ranger le plus possible avant d'aller le libérer…Commençons par ce qui doit aller dans ma chambre.

Maggie hoche la tête sans oser prononcer un mot et commence à rassembler mes sacs, je me saisis de ma toute nouvelle plante verte qui ira parfaitement devant l'une de mes baie vitrée et ouvre la marche sur la pointe des pieds. Sheitan se met à gratter contre la porte de la salle de bain à notre passage je reviens donc sur mes pas pour lui ouvrir, aussi discrètement que possible.

-Isabella ?

Merde !

Je reste pétrifié sur place imité par une Maggie dont les yeux exorbités de surprise manquent me faire éclater de rire. Je parviens néanmoins à conserver mon sang froid jusqu'à ce qu'un bruit sourd nous fasse toutes deux sursauter

-Isabella, ouvre cette foutue porte…BOUM…Je sais que tu es là…BOUM…OUVRE LA PORTE !

Je fais signe Maggie de passer devant et lui ordonne de commencer à ranger pendant que je cherche à gagner du temps auprès d'Edward.

-Je peux voir ton ombre sous la porte…ISABELLA ! BOUM

Je prends ma voix la plus mielleuse pour lui répondre calmement :

-Oui Edward ?

Un moment de silence de l'autre côté de la porte, je crois qu'il ne s'attendait pas à ce que je lui réponde.

BOUM…BOUM…BOUM

-Pourquoi est-ce que je suis enfermé dans ma chambre, comment…Qu'est-ce que tu m'as fait ?! Où est ma mère ? Ouvre cette putain de porte…

Ouin, ouin, ouin, encore en train de geindre comme un bébé décidément. J'attends qu'il ait fini de crier avant de lui répondre, toujours aussi tranquillement :

-Non

De nouveau la porte tremble sous ses assauts

-Pour qui est-ce que tu te prends au juste ?! Attends que je sorte d'ici, je vais t'étrip…

-C'est bien ce qui m'effraie…Ce que tu comptes faire de moi une fois que j'aurais ouvert la porte !

Il baragouine quelque chose que je n'entends pas car il s'est éloigné pour faire les cents pas dans la chambre comme un lion en cage. Je l'imagine très bien s'arrachant les cheveux alors que nous parlons, je profite que Maggie passe à ma hauteur les bras chargés de nouveau paquet pour lui confier ma plante verte avant de m'installer en tailleur à même le sol.

-Isabella ?

-Oui ?

-Est-ce que tu peux s'il te plait m'ouvrir la porte, demande –t-il cette fois d'un ton posé.

Je fais mine de réfléchir et l'écoute s'éloigner de la porte surement pour éviter de se ruer dessus lorsque je lui refuserais de sortir.

-Je ne suis pas sûr Edward…Ta mère n'est plus là pour faire tampon entre nous. Je ne te connais pas si bien que ça après tout donc je me méfie de la façon dont tu vas réagir si j'ouvre cette porte…Tu m'as l'air encore en état de choc…

Il ricane et réponds sèchement :

-Il fallait peut-être y penser avant de décider d'emménager ici !

-Tu vois, encore de l'agressivité…

Un soupir de frustration.

-Pardon, je n'aurais pas dû te dire, je m'en excuse, dit-il sans parvenir à dissimuler une pointe de sarcasme.

-Tu es tout excusé, surtout que c'est ta mère qui a eu cette idée, pas moi ! Je n'étais au courant de rien et crois-moi si j'avais eu le choix ce n'est pas avec toi que j'aurais décidé de vivre…J'imagine que l'on s'est tous les deux fait avoir sur ce coup-là !

Un grognement

-Et d'ailleurs pour en revenir à tes précédentes accusations, je ne t'ai rien fait ! Là aussi tu dois remercier ta mère pour cette sieste improvisée et pour t'avoir enfermé dans ta chambre hier soir avant de partir…

Le silence, le bruit de pas sur la moquette

-Pourquoi est-ce qu'elle ferait ça ? Demande la voix pleine de méfiance derrière la porte.

-Je ne sais pas, surement parce que tu te comportais comme un parfait trou duc et qu'il était impossible d'avoir une conversation sensée avec toi ?

Il fait de nouveau les cent pas et finis par s'approcher de la porte

-Ok, très bien, je…Admettons que tu dises la vérité ! Ca a assez duré maintenant, tu peux me libérer je n'agirais pas de façon irrationnelle, promet-il

Il a l'air de s'être vraiment calmé j'en profite donc pour vider mon sac

-Elle m'a aussi confié ta carte de crédit pour que…

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase qu'il se rue de nouveau sur la porte comme un beau diable.

-Qu'est-ce que tu as fait avec….BOUM…Ouvre la porte sale petite voleuse…BOUM…Isabella ouvre nom de Dieu !

-Je ne suis pas une voleuse ! C'est ta mère qui…

-Menteuse ! Tout ce qui sort de ta putain de bouche n'est que mensonges…BOUM. Je n'ai plus envie de jouer, ouvre cette porte ou je…

-Ou tu quoi ? Je le nargue. Si tu pouvais enfoncer cette porte ça fait longtemps que tu l'aurais déjà fait…

BOUM

J'extirpe la carte de crédit de ma poche arrière, lui fait un dernier adieu et la glisse sous la porte de sa chambre.

-Tiens, voilà ! Tu vois que je ne suis pas une voleuse, je te la rends…

Il fait glisser d'un coup sec la carte vers lui avant de reprendre ses attaques à mon encontre

-Je ne te croyais pas aussi stupide ! Tu me facilites les choses ! Quand je serais sorti d'ici je vais porter plainte contre toi pour vol qualifié et m'arrangé pour que tu fasses un petit séjour en prison ! Fanfaronne-t-il. On verra si après ça un juge te donnera gain de cause…

Je lève les yeux au ciel tout en pensant « Et bien Vas-y ne te gêne pas » mais un coup d'œil vers Maggie chargé de mes nouveaux rideaux gris métallique et ma lampe de chevet tête de mort, me décide à changer de tactique.

-Mais puisque je te dis que c'est ta mère qui me l'a donné pour que j'aille faire des courses !

-Je me fous que ce soit le Pape qui te l'ai donné, tu n'avais aucun droit de l'utiliser !

Je me lève difficilement de ma place à même le sol et retourne dans le salon chercher mon sac à main.

-Isabella ?! BOUM…Ou est-ce que tu vas…BOUM…Reviens ici !

-Seigneur ! Relax je suis là ! Pour quelqu'un qui ne voulait pas de moi chez lui, je trouve que tu réclames un peu trop ma présence…

-Ne te fous pas de ma gueule ! Je peux t'assurer que tu vas le sentir passer quand je sortirais d'ici…

-Non merci ça ira, je l'ai déjà senti et regarde ou ça nous a mené, je blague en posant une main sur mon vente tout en sachant qu'il ne peut pas me voir.

Je suis sûr qu'il comprend néanmoins ce que je veux dire car il se jette de nouveau sur la porte en m'insultant copieusement. Pendant ce temps, je compose de tête, sur mon téléphone flambant neuf le numéro de portable d'Elizabeth et mets le haut-parleur pour qu'il n'en perde pas une miette.

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Je vous ai mis les chapitres les uns à la suite des autres pour aller plus vite.

Bonne lecture et peut-être à demain !

Spechell