Isabella

Derrière la porte, les cris de protestations d'Edward se meurent dès qu'Elizabeth décroche son téléphone.

Je lui fais un bref récap de notre prise de bec et comme je m'y attendais, elle ne perd pas une seconde pour réprimander Edward à travers la porte. Il me semble même discerner une pointe d'amusement de sa part lorsque je lui avoue que je n'ai toujours pas libéré Edward de sa prison doré depuis son départ de la veille.

Elle m'encourage à garder son fils sous clé si ce dernier continue d'agir comme un mufle et me laisse les pleins pouvoirs pour régler cette affaire de manière responsable. Lorsqu'elle me demande d'où je l'appelle je lui confesse tout simplement avoir pris la liberté d'acheter un téléphone pour ainsi rester en contact avec les membres de ma toute nouvelle famille !

Edward finit par baisser les armes et promets à sa mère de ne pas donner suite à ces menaces si en contrepartie elle promet de ne plus lui faire avaler de cachets à son insu.

-Je ne promets rien du tout !

C'est ce qu'elle répond à sa tentative de chantage maladroite, il peste et menace en retour, mais cela manque de conviction même pour moi. Notre conversation s'achève avec ma promesse de prendre rendez-vous le plus rapidement possible avec le gynécologue de sa nièce pour mon premier rendez-vous.

J'abandonne Edward à ses grognements pour donner un coup de main à Maggie dans l'organisation des placards de la cuisine. Quand nous finissons enfin de caser les dernières denrées je me rends compte que j'ai peut-être poussé le bouchon un peu fort avec tout ce que j'ai acheté. Mais des années à me priver de tout ce que j'aime manger m'ont rendu folle dans ce centre commercial, il fallait que j'en achète toujours plus.

Je laisse Maggie s'atteler à la préparation du repas pour faire un tour d'inspection dans ma chambre. Les nouveaux rideaux ont été installés et elle a même pris le temps de faire mon lit avec mes tous nouveaux draps. Je déballe ma lampe avant de l'installer sur le chevet prêt de mon lit avec les quelques livres que je me suis acheté pour passer le temps quand je ferais bronzette sur le balcon.

Je vais être bien ici, je peux le sentir. Finis les heures passées à me demander ce que je vais bien pouvoir manger, ou comment je vais payer mon loyer ! Plus besoin de voler des paquets de cadeaux pour faire taire les grognements de mon estomac, mais surtout fini de vendre mon corps pour quelques billets ! Je ne verrais plus une seule tâche de moisissure de toute ma vie, je n'aurais plus un supporter un seul métro venant perturbé mon sommeil et ça, ça n'a pas de prix, enfin si pour Edward ça en aura un…

C'est une toute nouvelle vie qui commence pour moi et je compte bien la mordre à pleine dents !

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Je profite d'un moment de calme pour me planquer dans le bureau d'Edward qui est la pièce la plus reculé de l'appartement.

Edward est sous la douche, je peux entendre l'eau couler à travers la porte toujours close.

Maggie prépare notre déjeuner, il n'y a que moi.

Moi et mon téléphone.

Il me faut un moment avant de me décider.

Je ne suis pas sûre d'en avoir envie, ou encore d'en avoir besoin.

Ca fait tellement longtemps, à quoi bon ?

Je compose le numéro de mémoire, toujours.

Mon cœur bat la chamade, mais je fais comme si ce n'était rien, comme si cet appel ne représentait pas la seule lueur dans mon ciel obscure.

Je laisse sonner dix fois.

Dix occasions de raccrocher

Il décroche à la onzième sonnerie…toujours.

-Allo ?

Mes mains tremblent, ma bouche s'ouvre mais aucun son n'en sort, je me tais donc et écoute.

J'écoute le bruit de sa respiration, c'est une source d'information inestimable depuis tant d'années.

Elle m'indique qu'il a dû traverser toute la maison au pas de course pour prendre cet appel. Peut-être était-il occupé à planter de rosiers qui ne fleuriront jamais dans son jardin. Ou à repeindre cette barrière qui grince lorsqu'on l'ouvre sans la soulever…Elle m'apprend aussi qu'il est en vie, et en bonne santé, aucun signe de difficultés respiratoire ou sifflement suspect.

Je m'apprête à raccrocher lorsqu'il prononce une seule phrase, une promesse faite il y a des années de cela à une petite fille assez naïve pour croire en tout.

-Je ne vais nulle part, s'il te plait…

Je raccroche avant d'en entendre davantage…jusqu'à l'année prochaine.

-xxxxx-

Je vous avais prévenu pourtant, cette Bella-là est une garce et pas qu'un peu !

Parfois on l'aime et parfois on la déteste. Et en ce moment vous êtes quelques-unes à la détester j'en suis sûr !

Le prochain chapitre est du pdv d'Edward.

Si j'arrive à le retranscrire et à le corriger je vous le mets ce soir. (Tous mes chapitres sont écrits à l'avance mais sur mon téléphone)

Spechell