Edward

Mon oncle Carlisle est un homme au tempérament très calme, il ne s'énerve jamais ou très rarement. Cela ne veut pas pour autant dire que ce n'est pas un homme effrayant, aussi lorsque je le vois entrer dans mon bureau et malgré son sourire avenant, je n'en mène pas large.

Je ne suis pas stupide au point d'imaginer que sa visite surprise est une pure coïncidence, je ne tente même pas de noyer le poisson en échanges inutiles et me lève pour le saluer, la boule au ventre. Je me demande comment Emmett faisant pour l'affronter avec toutes les conneries qu'il a fait, et qu'il fait encore, une simple confrontation avec lui m'aurait suffi à me faire marcher droit pour toujours. Avec mon père s'était différent, pour commencer je ne faisais jamais de bêtises, j'ai toujours été un enfant modèle et en plus de cela il était bien trop occupé pour se soucier de mes éventuelles conneries.

-Te voilà enfin !

Carlisle fait le tour de mon bureau pour m'adresser une franche accolade et l'espace d'un instant je ne sais plus sur quel pied danser, déstabilisé par son apparente bonne humeur.

Il sait ?

Bien sûr qu'il est au courant, ma mère s'est empressée de tout lui dire dès qu'elle en a eu l'occasion. Alors pourquoi agit-il comme si…comme si il était content de me voir et qu'il n'avait pas un message à faire passer ? Peut-être que si je prends les devant et lui présente des excuses, je pourrais plaider ma cause et obtenir son soutien dans cette affaire.

-Oncle Carlisle, je…

-J'ai eu une conversation très intéressante avec ta mère il y a quelques jours de cela, commence-t-il en me faisant signe de m'asseoir.

Il semblerait que je n'ai pas cette chance, il prend place de l'autre côté de mon bureau jambes croisés, ses yeux bleus concentrés sur le moindre de mes mouvements

-Je sais, je…

-Dis-moi Edward, lorsque je t'ai confié la gestion de cette société, ma société…Te souviens-tu de ce que je t'ai dit ?

J'avale bruyamment ma salive, cette conversation risque de ne pas me plaire, au lieu de lui répondre, je hoche la tête en triturant mon stylo.

-Je veux te l'entendre dire, exige-t-il avec un sourire patient.

-Tu m'as dit que toi et moi n'avions pas le même sang ni le même nom mais que…

-C'est exact, m'interromps-t-il. Et pourtant, tu es là ! Je t'ai choisi au détriment de mon propre fils, pour des raisons évidentes, dit-il un sourire aux lèvres à l'évocation d'Emmett et de son manque de sérieux. Je l'ai fait parce que j'avais confiance en toi pour développer aux mieux les intérêts de cette société et parce que je te pensais capable de prendre les décisions…

-Est-ce que tu es en train de me renvoyer, je demande n'y tenant plus et ne comprenant pas ou il veut en venir

Il lève une main pour me faire taire et poursuis comme si je ne l'avais pas stoppé.

-Cruciales à son enrichissement. Et jusqu'ici tu l'as fait Edward, tu as même été au-delà de mes espérances en développant notre marque en un temps record !

Il marque une pause, s'avance sur son fauteuil et croise les mains sur mon bureau.

-Maintenant, dis-moi Edward toi qui est si perspicace devrais-je continuer à placer ma confiance en quelqu'un qui ne m'accorde pas la sienne ?

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