Hello everyone !
Comment allez-vous bien ? Moi impecc' !
Je voulais encore vous remercier pour les reviews, c'est toujours le stress de commencer une fic car on se demande si le début va accrocher les lecteurs, si la suite ne va pas déplaire et "tromper sur la marchandise" bref ...
Donc, quoi de prévu pour ce chapitre ? Une rencontre forfuite, un voile du passé levé ...
Et bien sur, n'hésitez pas à laisser vos impressions !
ENJOY !
Une alliée de choix
Emma mit quelques secondes avant de réaliser qu'une grande brune filiforme se présentait devant elle, aussi hagard de ce choc.
« Wow, désolée je … Désolée. » ce dernier mot mourut entre ses lèvres, ne sachant que dire d'autres « Je pensais jamais vous voir. »
« Huh ? »
« Vous vous faites désirer. » s'amusa Emma, du moins est-ce l'air léger qu'elle voulait arborer pour cacher son malaise et sa timidité
« Je crois que vous faites erreur sur la personne. »
Emme releva la tête et fut presque surprise du fort accent new-yorkais de la jeune femme « Pa… Pardon ? »
« Je ne suis pas celle que tu penses. Je ne suis que la femme de chambre. »
« Oh … » soupira-t-elle avec une pointe de déception
« Je m'appelle Ruby. »
« Emma. »
Elle détailla bien plus qu'elle voulait la jeune femme : brune, les cheveux longs. Elle avait quelques discrètes mèches rouges dans sa chevelure. Rouge … Autant que le vernis à ses ongles et le rouge à ses lèvres. Elle portait une petite robe noire avec un tablier. Si elle ne s'était pas présentée avant, Emma aurait vu en elle la parfaite soubrette qui faisait fantasmer les hommes.
« Tu es la nouvelle dame de compagnie c'est ça ? »
« Exact. »
« Je croyais qu'elle ne devait arriver qu'aujourd'hui … Désolée. »
« C'est pas grave, j'ai pu faire un petit tour du coup. Dis … Tu saurais pas à quoi ressemble la maitresse de maison par hasard ? Car depuis mon arrivée hier, c'est la grande inconnue. »
« Oh, tu la verras … Quand elle jugera qu'il est temps de se présenter. »
« … »
« Ne t'inquiète pas. »
« Et toi, tu as ta chambre en haut aussi ? »
La jolie brune réprima un rire « Oh non, je dors au rez-de-chaussée. »
« Ah ? C'est pas trop petit ? »
« Tu rigoles ! C'est bien plus grand que les chambres de bonnes qu'on peut voir habituellement : j'ai ma chambre, ma salle de bain et nous pouvons utiliser la cuisine de la maison comme la notre. »
« Notre ? »
« Ma grand-mère est la cuisinière de la famille. Sa chambre n'est pas loin de la mienne. »
« Oh … Et tu es au service de la famille depuis longtemps ? »
« D'aussi loin que je me souvienne. » dit-elle d'un large sourire « Bon, je vais faire ta chambre. » dit-elle en s'éloignant
« Attends ! Ma chambre ? Mais j'ai dormi dedans qu'hier. »
« Je suis femme de chambre … Mon but donc c'est de faire les chambres. »
« Toutes les chambres ? »
« Evidemment. »
« Y compris la sienne ? » lança Emma avec une curiosité avide
Ruby perdit son sourire et s'approcha de la jolie blonde, se penchant près de son visage « Ecoute, tu ne devrais pas être aussi indiscrète, c'est pas bon ici. Fais ce qu'on te demande, ne pose pas de question et tout se passera bien : tu es logée, nourrie, payée, ne demande rien de plus. »
« Je suis sensée être dame de compagnie, mais à quoi ça sert si je tiens compagnie à personne ?! »
Ruby se redressa alors et soupira « Merde, moi qui avais parié que tu ferais mieux que la précédente. »
« De quoi tu parles ? »
« La fille qui t'a précédé. Elle a tenu un peu plus d'une semaine … »
Le sang d'Emma se glaça alors : pensait-elle vraiment être la première ? C'était évidemment que non maintenant, et Ruby semblait jubiler et prendre plaisir à ce macabre décompte.
« Combien ? Combien y'en a eu avant moi ? »
« Trop pour les compter. Mais sache que si tu es venue ici dans le seul but de satisfaire ta curiosité, laisse tomber. Tu devrais partir tout de suite. »
« Ma curiosité ? »
« Face à toutes ces rumeurs ! »
« Quelles rumeurs ? »
« … »
« Quoi ? Quelles rumeurs ? »
« D'ou tu viens déjà ? »
« Boston. »
« Mais qu'est-ce que t'es venue faire ici dans le Vermont ? » lança stupéfaite Ruby
« Prendre un nouveau départ. J'ai cru que cette annonce serait mon salut. Mais je commence sérieusement à flipper entre Marco qui est aussi aimable qu'une porte de prison, ma patronne qui est mystérieuse et invisible et toi. T'as raison, j'ai des tas de raisons de foutre le camp, mais voilà, j'ai plus rien : j'ai rendu mon appart, ma voiture m'a laissé en rade, j'ai claqué mes derniers dollars dans un taxi pour venir ici. Alors, j'ai pas trop le choix que de rester plus d'une semaine … »
« Tu ne sais donc rien ? »
« Savoir quoi ? » s'agaça Emma
« Ce soir, je te rejoins dans ta chambre. » dit-elle avant de disparaitre. Et tandis qu'Emma s'apprêtait à lui courir après, Marco se pointa de l'autre coté de la pièce, sorti de nulle part
« Vous avez fini ? »
Elle sursauta et se tourna vers lui « Euh … Oui, merci. »
Sans un mot, il débarrassa succinctement et disparut. Elle souffla alors, exaspérée par tant de mystères, puis prit le chemin de sa chambre. Et alors qu'elle venait de monter 3 marches, elle se stoppa net. Elle regarda à droite, puis à gauche, et fit marche arrière. Elle se rendit dans le petit boudoir et, sans attendre, ouvrit la petite porte trompe-l'œil. Mais la petite pièce était vide : plus de socle avec le livre couvert d'un dôme de verre. Déçue, elle referma les portes puis se rendit dans sa chambre. Et tandis qu'elle allait y rentrer, elle entendit une voix rauque et suave derrière elle qui la fit tressaillir.
« Enchantée miss Swan. »
Elle se retourna doucement et vit, de l'autre coté du couloir, près de la porte au cœur couronné, la silhouette d'une femme. Les lumières éteintes, Emma ne distingua que le bas de son corps jusqu'à la taille avant que la pénombre ne plonge le reste de son corps dans le noir.
« C'est … C'est moi … » balbutia-t-elle « Enchantée. »
Pendant quelques secondes, il n'y eut aucune autre parole avant que la femme ne recule et n'entre dans sa chambre. Le bon sens aurait voulu qu'Emma en reste là mais ce bref aperçu n'avait fait qu'émoustiller sa curiosité. Elle se dirigea vers la chambre de sa patronne et se posta devant sans bouger elle scruta le dessin gravé sur la porte : un cœur surmonté d'une couronne. Puis elle leva la main jusqu'à hauteur de ses épaules et toqua une petite fois, en frôlant presque le bois puis une deuxième fois et quand elle alla pour toquer une troisième fois, la porte s'entrouvrit. Son cœur s'arrêta un bref moment puis elle se reprit et poussa lentement la porte et y entra. La pièce était toujours dans la pénombre alors que le soleil perçait dans le ciel au dehors. Elle s'avança et se tourna vers le feu crépitant : avait-il étécfourni toute la nuit ? La vision de Marco s'introduisant dans la chambre toutes les 2 heures afin de ne pas faire mourir le feu lui vint à l'esprit et l'amusa brièvement avant d'entendre un raclement de gorge.
Elle sursauta avant de fixer le grand fauteuil elle n'osait plus bouger.
« Approchez. » lança la voix féminine
Sans un mot, elle fit quelques pas et alors qu'elle avait dans l'idée de dépasser le fauteuil pour faire face à son interlocutrice, cette dernière la stoppa juste avant en levant sa main. Emma s'arrêta alors, déçue de ne pouvoir voir le visage de la femme.
« Je … Je suis … Je suis votre … »
« Je sais qui vous êtes : Emma Swan, 28 ans, célibataire. Originaire de Boston. Orpheline ayant vécue de foyer d'accueil en foyer d'accueil, de petits boulots en petits boulots. A présent vous voilà ici, dans le Vermont, à Newport. »
Emma resta muette devant tout cela : comment savait-elle ? Elle n'avait jamais mentionné cela dans son entretien téléphonique. Il était étrange de voir que cette femme en connaissait autant sur elle, alors qu'elle, elle ne connaissait absolument rien sur son employeur.
« Je … Exact. »
Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Jamais elle n'avait été aussi molle et fébrile. Cette femme, qu'elle ne connaissait pas et qu'elle n'avait jamais vu, avait une aura charismatique, une force dans la voix …
« Il y a quelques règles à établir et respecter ici. »
« Je vous écoute. »
« Interdit de rentrer dans cette chambre sans y être autorisée. Pas d'appel à l'extérieur. Aucune visite n'est autorisée. 2 jours de congés les samedis et dimanches. Ne rentrer plus dans les pièces qui ne vous sont pas allouées. Et pour finir … Ne me regarder jamais dans les yeux. »
Cette dernière remarque la surprit mais pourtant, ce n'est pas ce qu'elle releva « Quelles pièces ne me sont pas permises ? »
« Toutes les pièces attenantes à ce couloir. »
« Qui y a-t-il dedans ? »
« Si je voulais que vous le sachiez, je ne vous en interdirais pas l'accès. »
« Ok … J'ai au moins le droit de sortir de cette maison quand je veux ? » s'amusa-t-elle
« Si vous y arrivez, oui. »
« Ca veut dire quoi ça ? »
« Vous verrez. »
Emma ne voyait pas son visage mais elle imaginait très bien un sourire sadique sur son visage. Un petit silence s'installa et Emma résista à l'envie de s'avancer plus pour voir enfin ce visage qui piquait sa curiosité.
« Je peux vous poser une question ? »
« Allez-y. »
« Combien de domestiques avez-vous ? »
« Il y a Marco, le majordome et intendant de la maison. Granny la cuisinière et Ruby sa petite-fille, chambre de chambre. Belle et Ashley sont les femmes de ménage, seules habilitées à vaquer dans toutes les pièces de la maison. Il y a aussi Graham, le jardinier. Et bien sur, vous. »
« Vous avez de la famille ? »
« … »
« Madame ? »
« Vous avez dis une question. »
« Mais … »
« Veuillez disposer, j'aimerais me reposer. »
« Vous reposer ? Mais il est à peine 10h du matin et il fait un soleil splendide dehors, vous devriez ouvrir ces rideaux et laisser entre la lumière dans cette pièce, aérez-la ! »
« Merci de vos conseils, mais je vous serais gré de ne pas dépasser vos compétences. A présent, veuillez sortir. »
« Mes compétences ? Ne suis-je pas sensée être votre dame de compagnie ? Que se passe-t-il quand vous refusez ma dite compagnie ?! »
« Soyez alors heureuse d'être payée pour ne rien faire. »
« Vraiment ? Je me demande ce qu'avaient bien pu faire les autres avant moi pour se faire virer s'il s'agissait de ne rien faire de nos journées … »
« Qui a dit qu'elles avaient été virées ? Elles sont parties. »
Emma fronça les sourcils : cette femme semblait aussi froide que la pierre froide et assez distante pour que les anciennes dames de compagnie baissent les bras et partent … Ou alors, étaient-elles parties pour d'autres raisons : l'ennui, l'agacement, la peur ?
« Bon … Bonne journée donc. »
Elle ne reçut aucune réponse. Elle s'en contenta alors et sortit de la chambre, non sans oublier de refermer la porte et de replonger la pièce dans le noir le plus complet. Cette entrevue lui avait laissé un gout amer, mais elle repensa alors à sa brève discussion avec Ruby, et s'enjouait des infos qu'elle pourrait grappiller ce soir.
OoOoOoOoOoOo
« Journée à la fois étrange et totalement frustrante !
J'ai, pour la première fois, été en présence de ma patronne : elle a ce petit quelque chose dans la voix qui me fascine et me rend fébrile. Je sais pas, je ne saurais comment le définir mais … Elle ma fascine alors même que je n'ai pas vu son visage. En fait, je n'ai pas aperçu grand chose d'elle si ce n'est ses mains et ses jambes. Je comprends pas pourquoi elle ne veut pas me montrer son visage … Peut-être est-elle défigurée avec des brulures sur le visage, de vieilles cicatrices mal refermées, un œil de verre, un dentier … Chauve peut-être ?
Je sais pas, mais j'aurais certainement des réponses ce soir car l'autre nouvelle de la journée est que j'ai enfin rencontré une autre domestique, hors Marco. Elle s'appelle Ruby et est femme de chambre. Elle m'a appris que, finalement et heureusement, je n'étais pas seule ici : Marco bien sûr, Ruby, une femme de chambre, 2 femmes de ménages dont les noms m'échappent, un jardinier ... Graham je crois, et pour finir la cuisinière qui n'est autre que la grand-mère de Ruby.
Elle a paru surprise quand je lui ais dis que je n'étais pas d'ici, et peut-être plus conciliante du coup. Ca expliquerait pourquoi elle veuille m'en dire plus sur ma patronne et ce qu'il se passe ici. J'ai hâte de savoir, et en même temps, j'ai peur de connaitre la vérité : et si elle cachait un lourd secret ? Et si la ville était au courant ? Ca expliquerait l'air abruti que portait le taxi quand je lui ais donné l'adresse du manoir.
Mais du coup, aujourd'hui ma journée à été morbide : je suis restée seule toute la journée, je n'ai pas revu Ruby ni aucune des personnes qu'elle avait cité. J'ai voulu sortir en ville mais les paroles de ma patronne ont résonné en moi alors … Etaient-ce des menaces ou un avertissement ?
Du coup, je me terre ici et erre comme une âme en peine. Et en plus, la seule chose qui titillait ma curiosité, m'a été arrachée : ce fameux livre sous cloche … Est-ce un hasard s'il a disparu ? Je ne pense pas … Cette femme à des yeux partout. Ca se trouve y'a des mini caméras et des micros partout … Dans ma chambre aussi ?
Raahhh je crois que je vire parano dans ce manoir. Il va vite me falloir quelque chose à me mettre sous la dent avant de devenir folle. Et peut-être que Ruby avait raison, je vais finir par quitter cette maison avant même que la première semaine soit finie. »
OoOoOoOoOoOo
Emma passa le plus clair de sa journée dans sa chambre, attendant un ordre de sa patronne mais cette dernière resta muette et invisible. Si elles n'avaient pas eu ce bref entretien ce matin, Emma aurait juré qu'elle n'existait pas.
Elle resta un long moment sur son ordinateur avant de faire les 100 pas, de prendre un long bain, de ranger encore et encore ses affaires. Finalement, elle décida de sortir de sa chambre pour se rendre dans la cuisine. N'ayant que peu déjeuné, elle décida de descendre pour grignoter un peu.
Mais n'ayant aucune idée d'où se trouvait la cuisine, elle vagabonda et décida de prendre le petit couloir en bas à gauche de l'escalier principal. Chance ou pas, elle tomba directement sur les cuisines, assez rustiques, mais allant terriblement bien avec le reste de la maison. Les fours étaient vétustes, le piano semblait ne plus servir depuis un moment. Elle scruta la pièce et vit 2 énormes frigos qu'elle imaginait remplis de victuailles. Et alors qu'elle se dirigeait vers eux, la voix mûre d'une femme la surprit
« Hey là jeune fille ! »
Ella se crispa avant de se retourner devant une femme assez âgée qu'Emma pensait être, à juste titre, la grand-mère de Ruby …. Rah comment avait-elle dit qu'elle s'appelait déjà ?!
« Désolée je … J'avais un creux. »
« Bien sur, si vous n'aviez pas boudé mon petit déjeuner qu'avait-il qui ne vous plaisait pas hein ? Personne n'a jamais rien eu à redire à mes petits-déjeuners ! »
« Oh non, il était délicieux seulement … Je ne suis pas du matin, c'est tout. »
La vieille femme fronça les sourcils, essayant de discerner le mensonge dans ses dires « Hm … Certes. Et maintenant, vous avez faim … »
« Oui je … Désolée. Je peux ? »
« Hors de question que vous pinailliez dans ma cuisine, si vous avez faim, je vais vous servir ! »
Elle s'approcha d'Emma et la força gentiment à s'asseoir au comptoir. En quelques gestes, elle avait sorti les poêles et quelques aliments.
« Ne vous dérangez pas, un sandwich me suffira. » insista Emma
La vieille femme eut un hoquet de surprise, comme si Emma avait balancé un juron horriblement grossier « Hors de question qu'un sandwich foule ma cuisine voyons ! »
Emma s'amusa alors et son ventre gargouilla au vu des mets délicieux que prépara en toute hâte la cuisinière et qu'elle lui servit quelques minutes plus tard.
« Alors, vous êtes la grand-mère de Ruby ? »
« Exact. Granny. »
« Emma, enchantée. Je suis la nouvelle dame de compagnie … Enfin je crois. »
« C'est bien. Ruby m'a parlé de vous. »
« Vous êtes au service de la famille depuis combien de temps ? »
« Oh depuis bien avant la naissance de Ruby. »
Emma lui sourit alors quand elle posa devant elle une assiette de ce qui ressemblait à de la poule au riz « Wow, merci. »
« Régalez-vous. »
« Merci. » Et Emma ne se priva pas : elle engloutit son assiette, pour la plus grande joie et fierté de Granny. Et une bonne heure passée, Emma repue, elle décida de quitter Granny, bien heureuse d'avoir trouvé une nouvelle alliée dans cette immense demeure.
« Merci encore madame. »
« Oh mon dieu, appelle-moi Granny. J'espère que tu auras autant d'entrain pour mon souper. Au programme : potage et lasagnes. »
« Dites … »
« Hm ? »
« Les plats que vous faites, sont les préférés de Madame ? »
« Exact. Elle me communique ce qu'elle souhaite et je fais en fonction. »
« Dine-t-elle toujours dans sa chambre ? »
« La plupart du temps. Mais n'ayez crainte, elle se montrera …. Quand le jugera utile. »
Puis Granny disparut derrière une porte discrète qu'Emma soupçonnait de mener vers ses appartements, ainsi que ceux de Ruby.
Emma sortit de la cuisine et alors qu'elle repassa par le hall, elle vit une silhouette familière au travers des vitres de l'entrée. Elle s'approcha discrètement et vit Ruby le dos contre un arbre se faisant allégrement tripoter par un homme aux yeux clairs et à la boucle d'oreille à l'oreille droite. Elle fronça les sourcils de curiosité mais quand les gestes devinrent bien moins chastes, elle détourna le regard, préférant retourner dans sa chambre, sachant qu'elle en saurait un peu plus dans la soirée.
OoOoOoOoOoOo
Et la soirée passa tranquillement. Evidemment, la maitresse de maison ne se montra pas et Emma réprima son envie de mettre son nez partout. Elle retourna dans sa chambre et attendit patiemment la venue de Ruby.
Mais ce n'est que tard dans la soirée que cette dernière toqua discrètement à sa porte.
« Entre ! » ordonna Emma, excitée de la perspective de cette première soirée entre filles. Ruby entra et fut amusée de voir Emma, assise en tailleur en pyjama sur le lit. Elle la rejoignit et à peine eut-elle les fesses sur le matelas qu'Emma l'asséna de questions « Alors, raconte, c'est quoi ce mystère ? Pourquoi elle est comme ça ? Secret de famille ? Cadavre dans un placard ? »
« Oh oh stop ! Respire … Laisse moi te raconter une histoire. »
« Une … Histoire ? »
« Promets-moi de ne pas m'interrompre. Si tu as des questions, garde-les et pose-les moi après, ok ? »
« Ok. »
Emma se cala un oreiller contre son ventre et se pelotonna dessus, prête à entendre l'histoire de Ruby.
« Cette demeure appartient à la famille White. Leopold et sa femme, ainsi que leur fille formaient la famille idéale : lui était l'homme influent, maire de Newport qui a su développer la partie forte de la ville, à savoir l'activité portuaire pour en faire l'un des pôles importants du nord des Etats-Unis : il était riche, puissant et aimé des habitants. Sa femme était une femme qui dirigeait le Rotary Club, femme de bonnes manières, héritière d'une famille aisée, et Snow était … »
« … Snow ? Snow White … Sérieux ? »
« Je te le fais pas dire …. » lança Ruby en roulant des yeux au ciel « Bref, c'était une gamine adorable et douce, un brin exubérante de part sa richesse mais elle était canalisée par sa mère. Ils avaient tout pour être heureux jusqu'à ce qu'Eva ne décède des suites d'une longue maladie. »
« Oh … »
« La famille était dévastée. Mais Leopold tenait à sa fille plus que tout et décida de refaire sa vie. Plus qu'une autre femme, c'était avant tout une mère qu'il souhaitait. Puis Regina est arrivée. »
« Regina ? C'est son prénom. » soupira Emma
« … »
« Pardon, continues. »
« Donc je disais, Regina était issue d'une famille moyenne, dont le crash boursier avait rendu presque ruinée la lignée. Sa mère, qui faisait partie du Rotary, présenta sa fille à Leopold. A l'époque, elle n'avait que 18 ans à peine … Il l'invita plusieurs fois ici, je m'en souviens, on avait à peu près le même âge. Et un jour il l'a demanda en mariage lors d'une soirée qu'il avait fait ici en son honneur. Elle a été prise au dépourvu et finalement, s'est retrouvée coincée et c'est quasiment sa mère qui l'a poussé dans ses bras. Ils se sont mariés dans l'année. »
« Elle était si jeune … Il avait l'âge de son père non ? Et eux, ils trouvaient pas ça bizarre ? »
« Ils voyaient en cette alliance le moyen de remettre leurs finances à flot. Et puis, il faut dire que dans cette famille, c'est la mère qui portait le pantalon. Bref, ils se sont mariés, Regina est devenue madame White et Snow était aux anges d'avoir une mère qui pouvait être en même temps sa grande sœur. Les gens ont parlé, bien sur, comment ne pas le faire : une jeune fille de 18 ans, de classe moyenne, qui se marie avec un homme âgé et fortuné … Y'avait de quoi parler. »
Emma se tortilla sur son lit, mal à l'aise de savoir tout cela à présent. Comment aurait-elle pu s'en douter. Mais maintenant qu'elle savait, elle ne pouvait plus faire marche arrière et attendait avidement la suite du récit.
« Il s'est passé quoi ? Ou sont Leopold et Snow maintenant ? »
« 8 ans après leur mariage, Leopold est décédé mort dans son sommeil. Les médecins n'ont jamais trouvé la cause exacte de sa mort, et c'est là que les rumeurs ont commencé, que les spéculations ont rendu la vie de Regina impossible. »
« Ils l'ont accusé de meurtre ? »
« Exact. Les rumeurs les plus folles ont circulé sur son compte et elle s'est cloitrée dans son manoir. »
« Et pour Snow ? »
« Elle a très mal vécu la mort de son père. Et bien qu'elle portait de l'affection pour Regina, les rumeurs l'ont gangréné et elle a fini par quitter la maison quelques mois plus tard, prétextant le faire pour les besoins de ses études. Mais le mal était fait et pour Regina, c'était la trahison de trop. Elle s'est terrée plus que jamais ici, renvoyant tous les domestiques sauf ceux sur lesquels elle était sûre. Snow n'a jamais vraiment détesté Regina et quand elle a voulu l'inviter à son mariage, 2 ans plus tard, Regina a refusé. Elle ne voulait plus quitter le manoir et elle nous a expressément demandé de ne plus prendre contact avec elle. »
« C'est triste … »
« Depuis, elle reste ici, nous condamnant aussi à la rejoindre dans sa solitude. »
« Mais pour le décès, il a du y avoir une enquête ? Ils ont bien du prouver son innocence non ? »
« Peu importe, les gens pensaient qu'avec son argent, celui hérité de la mort de son mari, elle avait acheté le silence des flics et qu'elle s'en sortirait ainsi. Peu importait ce qu'elle faisait, rien ne trouvait grâce à aux yeux des habitants de Newport. »
« Pourquoi n'a-t-elle pas déménagé alors ? »
« Comme toi, elle n'avait plus rien : plus de famille, ses parents étaient morts quelques années auparavant, plus de biens si ce n'était cette demeure. Partir et s'enfuir auraient conforté les habitants dans l'idée qu'elle était coupable, surtout avec la fortune et l'héritage matériel que Leopold lui avait laissé. »
« Vous ne sortez donc jamais d'ici ? »
« Rarement. »
« Comment faites-vous les courses si vous êtes considérés comme des pestiférés ? »
« Malgré tout cela, les commerces sont des hypocrites finis : Regina ne fait les courses qu'une fois par mois et lorsqu'elle les fait, elle ne compte pas à la dépense. Les commerces font leurs chiffres du mois grâce à elle, ils seraient idiots de lui tourner le dos. D'autant plus qu'avec la mort de Leopold, les affaires ne sont plus aussi florissantes ici. »
« Je vois … »
« Voilà, tu sais tout. »
« Quels genres de rumeurs ? »
« Pardon ? »
« Quels genres de rumeurs ? Tu m'as dis que si j'étais là pour assouvir ma curiosité. Qu'est-ce que j'aurais aimé savoir ? »
« … »
« Alors ? »
« Certains disaient qu'elle l'avait étouffé, d'autres qui disaient qu'elle l'avait empoisonné … Et bien d'autres farfelues … »
« Du genre ? »
« Du genre … De la sorcellerie. »
« Sérieux ? »
« Ils disaient qu'elle pratiquait la magie noire et qu'elle l'avait tué en lui arrachant le cœur ou en ayant invoqué un sort. Depuis, les gens se méfient et la fuient comme la peste … Ainsi que nous, par extension. Voilà pourquoi nous ne sortons plus non plus : les gens s'en prennent à nous parce que nous osons travailler pour elle, ils se demandent si nous ne sommes pas envoutés ou des conneries de ce genre … »
« Ah oui ? Mais ça ne t'empêche pas de flirter hein … » dit-elle en haussant ostensiblement les sourcils
« De quoi tu parles ? »
« Je t'ai vu cette après-midi avec ce gars juste devant l'entrée du manoir … Celui avec la boucle d'oreille. »
« Oh … C'est Killian. » dit-elle d'un doux sourire, totalement amoureuse
« Dis m'en plus. »
« C'est un des rares de l'extérieur qui soit autorisé à pénétrer ici. C'est le coursier c'est grâce à lui que les courses sont acheminées des magasins au manoir. »
« Oh … Et tu sors avec lui depuis longtemps ? »
« Assez pour qu'on envisage de vivre ensemble une fois que tout sera fini. »
« Fini ? »
« Longue histoire. »
« Tu dis que c'est un des rares, qui d'autres vient ici ? »
« Il y a l'avocat de la famille, M. Gold. Il était un vieil ami de Leopold mais n'a jamais cru en la culpabilité de Regina. Depuis, il gère les affaires et les finances de la franchise White. Bien des rumeurs lui ont prêté une relation avec Regina, mais c'est stupide : il est si vieux … Et puis je crois qu'il a une touche avec Belle. »
« La femme de ménage ? »
« Yep. Avant elle était celle de Gold, mais il lui a demandé de venir bosser pour Regina, surement pour que l'une veille sur l'autre. Ici, nous sommes bien traités malgré les conditions de huit clos : Regina n'est pas envahissante, les lieux sont spacieux, nous sommes extrêmement bien payés vu la conjoncture actuelle, nous n'avons pas à nous plaindre. »
« Qui d'autres encore ? »
« Le Dr Hopper. C'est le médecin de famille. C'est le seul qui est affirmé que Regina n'y était pour rien dans la mort de Leopold, mais là encore des rumeurs ont circulé comme quoi il couchait avec Regina pour que cette dernière obtienne son silence … Idiot là encore. »
« Mais d'où de telles rumeurs sont-elles parties ?! »
« … »
« Ruby ? »
« Je … Bon, je crois que je t'en ais assez dis. » dit-elle en se levant
« Mais attends ! »
« Ecoute, j'étais pas sensée t'en dire la moitié mais … Tu sembles différente. Peut-être que toi tu seras la bonne. »
« La bonne pour faire quoi ? »
« Tu verras, tu le sauras en temps voulu. Je vais me coucher, je te dis à demain. »
« Mouais … » maugréa Emma, déçue de ne pas en savoir plus « Et à ton avis, mon emploi du temps se résumera à quoi ? Errer dans les couloirs, lire des bouquins … »
« Qu'est-ce que tu faisais à Boston ? »
« Je … J'étais ... Je faisais pas grand-chose, des petits jobs alimentaires. »
« Dame de compagnie ici requiert de la patience, de l'inventivité et surtout de l'entrain, de la joie de vivre. Emma … Je crois que tu peux être celle qui va faire quelque chose ici. »
« C'est quoi ces conneries … Moi j'ai été engagée pour apporter mon aide à une femme. »
« Et c'est exactement ce que tu devras faire. » dit-elle dans un clin d'œil
« Tu peux me dire comment vous en êtes venue à demander une dame de compagnie alors que vous semblez enfermés sur vous-même. »
« Crois-moi, je me suis demandée la même chose … Avant que tu arrives, et là je me dis que c'est possible. »
« Possible ? Quoi donc ? »
« Qu'on sorte enfin de ce sortilège dans lequel les gens nous ont plongé y'a des années et dans lequel nous nous complaisons. Une malédiction qui nous coince ici, tous autant que nous sommes … Tu es différente des autres parce que tu viens de l'extérieur, sans à priori. Ta fraicheur et ta douceur pourraient faire la différence. »
« Tu me parles de quoi là ? D'amuser la galerie, de divertir la reine comme un bouffon ? » s'étonna Emma
« Non, je te parle d'être toi. Je suis sûre que tu trouveras un moyen. »
« Moi seule ? »
« Il suffit que tu te lances et les autres suivront. Bientôt tu verras les répercussions. »
Emma haussa un sourcil, mi amusée, mi touchée par ces paroles. Ruby semblait vraiment croire qu'elle pouvait être la solution à leurs problèmes mais la vérité était qu'elle se demandait encore ce qu'elle faisait ici : une maison de fou ou véritable repère d'une veuve noire ?
Toutes ces questions se bousculèrent dans sa tête, et le moins que l'on puisse dire c'est que même si cette idée était saugrenue, la perspective d'être la sauveuse de cette femme mystérieuse l'attirait. Et si …
TBC
