Isabella

7 minutes.

C'est tout le temps qu'il a fallu avant qu'Alice ne se mette à délirer.

Il faut bien avouer qu'elle est beaucoup plus rigolote dans cet état, mais elle me fiche quand même les jetons à rigoler à tout bout de champ pour un oui ou pour un nom. De plus ses yeux sont vitreux, comme si elle voyait des choses qui ne sont pas là.

-On a même pas fait la fête pour mes bébés, les pauvres…

Elle essaie de se lever, remarque la perfusion dans son bras et tente de l'arracher, Maggie la retiens in extremis et la rallonge délicatement.

-Qui es-tu ? C'est mon bébé pas le tien, accuse-t-elle en repoussant mollement Maggie. Il va pleuvoir, tu devrais prendre un parapluie…

Je ris sous cape, je ne sais pas ce qu'ils ont mis dans cette perfusion mais je veux la même chose, lorsque ce sera à mon tour.

-Restez ici Miss Alice, je vais voir si je peux joindre Madame Brandon, l'informe Maggie avant de quitter son chevet.

Elle hésite cependant sur le pas de la porte et semble vouloir me dire quelque chose, je l'encourage à me dire ce qu'elle a en tête d'un signe de tête.

-Vous resterez avec elle pendant que je téléphone à s mère, n'est-ce pas ?

Je roule des yeux mais hoche quand même la tête

-Cela va de soi, je ne suis pas si…Monstrueuse Maggie ! Allez passer votre coup de téléphone, mais ne perdez pas de temps…

Elle me remercie d'un hochement de tête et se précipite dans le couloir à la recherche d'un téléphone me laissant ainsi seule avec Alice.

-Arggghhhhh…

-La ferme Alice ! Dis-je en tournant une page de mon magazine.

Elle se redresse sur ses coudes et me fixe d'un air perdu.

-Toi, qu'est-ce que tu fais ici ? Est-ce que tu es là pour voler mon bébé…

Je ne daigne même pas répondre à son délire médicamenteux et poursuis ma lecture.

-Tu ne lui feras aucun mal…Tu…Tu vas l'aimer, s'écrie-t-elle comme si elle avait une révélation. Mais d'abord tu dois me rendre mes bonbons, continue-t-elle en s'agitant sur son lit.

-Okay vielle folle en attendant pas bouger, reste là…

Je finis à peine ma phrase qu'un homme entre en trombe dans le chambre d'Alice suivit de près par Maggie.

Jasper ?

-Jasper ! s'écrie Alice au moment même où je reconnais sa fameuse tignasse blonde et gominée.

Il se précipite vers son lit et elle s'accroche à son imperméable comme à une bouée de sauvetage.

Qu'est-ce que Jasper fait ici ? Il ne remarque pas tout de suite ma présence, toute son attention centrée vers Alice.

-Mais, tu es tout trempé, s'offusque-t-elle alors que j'en suis encore à essayer de comprendre ce qui es en train de se passer.

-Oui, ça c'est couvert d'un seul coup, il y a eu une averse… Je suis venu aussi vite que j'ai pu, comment vas-tu ?

Ne me dites pas que….Oh non ! Jasper se penche et dépose ses lèvres en un baiser délicat sur le front d'Alice.

Sérieusement ?! Et moi qui avais fini par croire qu'il était homo ! Comment c'est possible ?

-Jasper, dis-lui de ne pas me prendre mes bébés, elle doit me rendre ce qui m'appartient…

-Ca va aller mon cœur, je suis là, la rassure-t-il en embrassant chacune de ses mains pour les décrocher de son impér. Qui t'as donné des calmants ?

Alice écarquille les yeux, comme si elle avait fait une grosse bêtise et pointe son doigt fin vers…Moi ! Il se retourne pour suivre des yeux le geste de sa fiancé et me remarque assise dans le fond de la pièce essayant de me faire toute petite, il bondit de surprise lorsqu'il me reconnaît enfin

-Isabella ?! Mais qu'est-ce que tu fais ici…Oh tu travailles là ? S'enquit-il le plus gentiment du monde.

Je n'arrive même pas à le regarder dans les yeux, je me sens comme trahi, même si en vérité il ne me doit absolument rien.

-Dis-lui, continue à marmonner Alice derrière lui. Dis-lui qu'elle va perdre pour gagner…

-Calme-toi mon amour…Pourquoi lui as-tu donné un calmant, tu n'as pas lu son dossier elle…

-Je ne travaille pas ici Jasper, je rétorque un peu trop sèchement.

Il fronce les sourcils, fais la navette entre sa précieuse fiancée et moi mais son attention est vite porté ailleurs lorsqu'un homme d'un certain âge entre dans la pièce et salue le couple comme si ils étaient de vieux amis.

J'en profite pour m'éclipser bouillonnante de colère mais surtout de jalousie, maintenant tout s'explique, je comprends mieux pourquoi Jasper ne s'est jamais intéressé à moi et pourquoi j'ai finis dans les bras d'Edward putain de Cullen. Jasper est déjà fiancé, et pas à n'importe qui, à la stupide cousine d'Edward enceinte jusqu'au cou.

J'envoie un coup de pied rageur dans une pile de draps sales qui traine dans un coin de couloir et me rue vers la sortie en bousculant quelques personnes au passage.

Comment peut-il être avec…cette fille toute minuscule, je suis sûre qu'elle n'a même pas de forme ! Elle m'arrive à peine au menton et du peu que j'en connais elle m'a tout l'air d'être une belle garce. Je n'arrive pas à y croire, tous les beaux garçons sont toujours maqués à de parfaites connasses c'est dingue !

-Isabella…

Génial voici venir belle-maman !

Je fais volte-face, plaque une expression neutre et un sourire factice sur mon visage avant de me retrouver nez à nez avec Elizabeth et sa jumelle, parfaite copie conforme.

-Elizabeth, Dieu soit loué vous êtes enfin là ! Bonjour je suis…

-Je sais qui vous êtes ma chère…Merci d'avoir amenée ma fille jusqu'ici, me remercie Esmée en me serrant dans ses bras.

-Oh mais ce n'est rien, elle aurait fait pareil pour moi j'en suis sûr ! Mens-je avec aplomb

-Nous avons eu de la chance que vous vous trouviez avec elle lorsqu'elle a perdu les eaux, remarque Elizabeth et j'hoche la tête sans donner plus de détail.

Je cherche à m'escarper le plus subtilement possible, je n'ai qu'une envie rentrer mon goinfrer de glace devant un talkshow quelconque et ainsi oublier que Jasper est fiancée avec la reine de harpies.

-Je n'ai pas osé rester, Jasper est arrivée alors je me suis dit que je serais peut-être de trop…

-C'est n'importe quoi, s'offusque Esmée en me saisissant par le bras. Vous êtes comme de la famille désormais, décrète-t-elle en m'entrainant vers la chambre que je voulais absolument quitter.

-Et puis cela vous fera un parfait entrainement pour quand ce sera votre tour ! Complète Elizabeth en se saisissant de mon autre bras.

Je devrais apprendre à tenir ma langue parfois.

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