Hello mes ami(e)s ! Comment allez-vous ?
Vous avez été sages et patients ? Avez-vous passé un bon WE ?
Pour moi, en demi-teinte : super le samedi et horrible le dimanche : gastro + grippe sévère \o/
PS : Pour ceux/celles qui se demandent : non je n'ai pas d'enfants, mais je bosse en Maternelles ^^'
PS 2 : Oui les similitudes de scènes avec "la Belle et la Bête" sont faites exprès, cette fic en étant un remake ;)
Donc, au programme : grandes révélations et le voile se lève sur les passés de chacune !
ENJOY !
Confidences
« Je suis orpheline »
C'est ainsi qu'Emma commença son récit « Mes parents, du moins ma mère a accouché sous X et m'a abandonné à la naissance. J'ai été prise en charge par une famille qui m'a gardé 2 ans avant que la mère ne tombe miraculeusement enceinte et que le couple décide de me rendre, ne pouvant assumer 2 enfants. J'ai ensuite été trimballée de foyer en foyer avant d'être recueillie par une famille à l'âge de 6 ans. J'ai pas été spécialement maltraitée ou autre … Mais je ne me sentais pas de la famille, les 3 gosses me l'ont fait comprendre assez tôt. Quant aux études … Bah j'ai jamais été première ni dernière. Je les faisais parce qu'il fallait … Mais ça ne m'a pas plus enchanté que ça. Et ensuite y'a eu le garçon. »
« Le garçon ? »
« En fait : THE garçon. Celui qui nous fait palpiter le cœur quand on croise son regard, celui dont le sourire nous fait décoller du sol. »
Regina sourit alors, nostalgique d'un temps qui lui semblait n'être plus qu'un lointain souvenir à présent « Je vois oui … » murmura-t-elle
« Bah ce mec là … C'était un nul, un gros nul : nul en cours, nul avec les filles … Mais j'y pouvais rien, il me faisait craquer. Il me faisait aussi refléter un avenir aventureux que n'importe quelle ado amoureuse aurait adoré : voyage, amour, fidélité … »
« Que s'est-il passé ? »
« Nous avons fais ce que nous voulions : nous avons parcouru les Etats-Unis, avons vu des choses que personne n'aurait pu voir en toute une vie. On vivait d'amour et d'eau fraiche. Enfin officiellement, de petits boulots et d'hôtels miteux. On refaisait le monde, on était heureux. »
« Mais ça n'a pas duré ? »
« Non. On a eu … Un imprévu. »
« De quel ordre ? »
« Je suis tombée enceinte. »
Regina se crispa alors avant de fixer Emma, incrédule. Elle ne su quoi dire, ne s'attendant pas à ce genre d'information.
« Vous … Vous avez un enfant ? »
« Non. J'étais enceinte, j'ai accouché … Mais je n'ai pas eu d'enfant. »
« Est-il … Mort-né ? »
« Quoi ? Oh non … Je … Je l'ai donné à l'adoption. » Elle laissa un rire s'échapper « Durant des années j'ai blâmé ma mère pour m'avoir abandonné, et finalement, j'ai fais exactement la même chose. Telle mère, telle fille. »
« Vous ne désiriez pas d'enfant avec votre compagnon ? »
« Même si on l'avait voulu, on était pas prêt : on avait pas de job, pas de toit, pas d'argent. On était jeunes et idiots. »
« Oh … »
« Mais quand j'ai découvert que j'étais enceinte, il était trop tard pour avorter, et je ne pense pas que j'aurais eu le courage de le faire de toute manière. Mais Neal il a flippé … La grossesse l'a changé … Il est devenu plus distant, moins câlin. Je pensais que ça se règlerait après l'accouchement. J'ai cru bêtement qu'on retrouverait une vie normale et qu'on oublierait … Mais après coup, c'est moi qui ais changé. J'ai pris conscience que je ne savais rien de la vie, ni rien faire non plus. J'ai décidé de reprendre mes études, et je me suis peu à peu éloignée de Neal. »
« Comment tout cela s'est-il finalement fini ? »
« Comme vous pouvez l'imaginer … Pas idéalement. J'étais tellement à fond dans les cours de rattrapage … Que Neal … Il s'est senti seul et à l'écart, lui qui n'avait pas l'intention de retourner dans les études. Je l'ai surpris en charmante compagnie … Une grande black … Quel crétin … » Regina compatit en grimaçant, imaginant fort bien la scène « Vous vous rendez compte ? Une black … Tout mon contraire quoi. »
« Que s'est-il passé alors ? »
« Je l'ai évidemment quitté. Son monde s'écroulait … Il m'a fait une scène en disant que j'étais tout pour lui, que cette fille n'était qu'une amie … A vrai dire, je les ais pas vraiment choper au lit : ils buvaient un verre à la terrasse d'un café mais … Je sais pas … Leur regard … Bref, je ne pouvais plus le voir. Mais il revenait sans cesse à la charge. J'ai quitté New York pour Boston mais il m'a retrouvé, je ne sais comment. Il m'a collé et … j'ai failli revenir. A Boston j'étais seule, sans travail, sans amis … Et j'ai vraiment failli revenir avec lui, mais quelque chose m'en a dissuader … Et finalement … je suis tombée sur votre offre d'emploi. Je l'ai vu comme un signe : un emploi dans le Vermont. Jamais il ne penserait à me chercher ici … De plus, j'avais besoin d'argent et l'offre était plus que généreuse. Alors … me voilà. »
Regina lui sourit alors puis revint à un air plus sérieux « Vous n'avez jamais voulu retrouver votre enfant ? »
« J'y ais souvent pensé mais … Que pourrais-je lui dire si ce n'est que je l'ai abandonné pour lui donner une meilleure chance ailleurs ?! Je me suis souvent demandée à quoi il ressemblait, ce qu'il aimait … La vérité est que je ne connais que son sexe, et c'est bien assez. Il ne pourra jamais me retrouver et c'est bien mieux ainsi. »
« C'était ? »
« Un garçon. »
Regina lui sourit alors « Je suis sûre qu'il vous ressemblait. »
« Peu importe. A présent c'est du passé et j'espère … Non, je sais, qu'il est heureux là où il est : en sécurité, aimé, choyé comme il le mérite … Avec moi, il n'aurait eu aucune chance. » Regina aurait aimé lui dire qu'elle aurait fait une bonne mère, mais la vérité était qu'elle n'en savait rien « Et vous alors, racontez-moi. »
Regina fut surprise « Ce n'était pas le deal. »
« Je sais mais j'ai envie d'en apprendre un peu plus sur vous. »
« Que voulez-vous savoir que vous n'avez déjà appris de la bouche des Lucas ou de Marco … » s'amusa-t-elle
« J'aimerais l'apprendre de votre bouche. » dit-elle en la fixant plus que sérieusement
« Bien … Que dire : je suis issue d'une famille assez aisée. Du moins l'était-elle avant que le crash boursier ne la ruine. Je suis fille unique et ma mère … Etait une femme autoritaire dont la soif de pouvoir était à la hauteur de ses ambitions. Mon père n'avait toujours fait que figuration. Mais ma mère cherchait à tout prix un moyen de refaire la richesse de ma famille. Lorsqu'elle a appris que le riche meilleur ami de mon père venait de devenir veuf, elle n'a pas hésité : elle nous a présenté et s'est chargée … de tout. »
« Attendez, vous êtes en train de me dire que votre propre mère vous a poussé dans les bras d'un homme aussi vieux que son mari ?
« Sans l'once d'un remord. Elle ne cessait de me marteler que c'était pour le bien de la famille, et que, de toute manière, il aurait bien fallu que je me trouve quelqu'un un jour. »
« Quel âge aviez-vous ? »
« 17 ans. Leopold était un homme bon et gentil, mais surtout riche. J'ai tout de suite accroché avec sa fille, Mary Margaret. »
« Mary … Mais … Elle s'appelait pas Snow ? »
« C'était son surnom : elle était née lors de la plus grande tempête de neige de la région. »
« Oh ok … Mais … Si ce mariage avait pour but de redonner richesse et importance à votre famille, qu'en retirait Leopold ? »
« Une femme jeune et en pleine forme mais surtout une compagne pour sa fille. »
« Dites … Vous aller pas me dire qu'il … Qu'il a été … Votre … premier ? »
« Je n'ai pas à parler de ça avec vous ! » argua Regina « C'est privé. »
« Désolée. »
« Mais … Non, il n'a pas été le premier, parce que c'était impossible pour moi de me donner à un homme de cet âge et pour ces raisons, j'ai voulu le faire avec mon petit ami de l'époque dont j'imaginais l'impossibilité de notre relation par la suite. Alors … Je lui ais donné mon bien le plus précieux, mon innocence. Comme un cadeau, un dernier cadeau avant de m'en aller. »
« C'est triste … Avez-vous des nouvelles de lui ? »
« Il est mort. » dit-elle froidement « Accident de moto. »
« Oh désolée … »
« Vous n'y êtes pour rien. »
« Alors, vous vous êtes mariée avec lui … » soupira Emma pour changer de sujet
« Oui, 2 ans plus tard, j'étais dans ma 19ième année. Bien évidemment, ma mère a trouvé inutile que je commence des études car, selon ses dires « je n'aurais plus à me soucier de l'avenir à partir de maintenant ». Et a l'époque, cet argument était très convainquant vu la hausse du chômage … J'étais moins une femme qu'une sœur de substitution pour Snow … Et Leopold ne me touchait pratiquement jamais. »
« Le pratiquement est déjà assez glauque, croyez-moi. »
« Notre mariage n'était qu'une farce. Je n'étais qu'une poupée que l'on exposait lors des meetings ou des soirées, mais de retour à la maison, j'étais seule. Leopold passait le plus clair de son temps à son bureau et lorsqu'il partait pour affaire, il emmenait souvent sa fille avec lui. Le spectre de sa défunte femme flottait dans ce manoir comme si elle était toujours là. Il n'a jamais cessé de l'aimer et ne l'a jamais oublié. Je n'ai jamais pu la rempalcer dans son coeur, si toutefois je l'avais vraiment voulu ... Une vie de solitude était devant moi, ce qui ne change pas d'aujourd'hui. »
« C'est clair … Enfin, avant que j'arrive. » s'amusa Emma
« Cela semble évident. Toujours est-il que Leopold et moi ne nous aimions pas … Je le soupçonnais d'ailleurs d'avoir des relations extraconjugales mais peu importait. Finalement, être seule ici m'était égal tant que j'étais loin de lui. Nos dissensions furent si fortes de les dernières années nous les passions dans des chambres séparées. Cette chambre était la mienne, celle de Leopold était à coté, ainsi que son bureau. Depuis, j'ai condamné ses pièces. »
Emma avait enfin la réponse à certaines de ses questions. Ne pouvant les détruire, elle ne les avait que condamnées.
« Donc, vous ne dormiez plus ensemble. »
« Et Leopold ne voulait pas que cela se sache. Peur des rumeurs d'impuissance et du fait qu'il ne pouvait être à la hauteur de sa jeunette de femme … Et c'est en partie ce qui a causé ces rumeurs … »
« C'est-à-dire ? »
« Comme tous les matins, je me levais, m'habillais et descendais prendre mon petit-déjeuner, dans l'indifférence de mon mari bien entendu. Sauf que ce matin-là, Leopold n'est pas descendu. J'ai bêtement cru qu'il avait fais la grasse matinée après une soirée à travailler, et donc je n'ai pas cherché plus loin. Mais lorsqu'en fin de matinée Marco m'indiqua qu'il ne l'avait pas vu … J'ai été surprise. Alors je suis montée dans sa chambre et je suis entrée. C'est là que je l'ai vu : il était froid, raide, la bouche semi-ouverte. Il était mort depuis longtemps, il n'y avait plus rien a faire. Lorsque j'ai appelé un médecin, il n'a fait que confirmer mes dires. »
« Et, évidemment, comme tous pensaient que vous partagiez le lit … »
« … Ils se sont demandés comment je ne m'en étais pas rendu compte avant. Le médecin avait déclaré la mort vers 3h du matin … Evidemment, même dans la mort, je ne pouvais bafouer sa mémoire. Et les gens auraient, de toute manière, pensé que je mentais. »
« Je commence à comprendre … »
« Puis les choses s'enchainèrent à une vitesse que je ne pu contrôler : ma venue en ville, pour des courses ou simples balades, devenait de plus en plus pénible pour les habitants qui commençaient à faire courir des rumeurs et des sobriquets tels que la veuve joyeuse, ou la veuve noire. Ma jeunesse me desservait et les gens ont bien vite cru que je ne m'étais mariée avec lui que pour l'argent, ce qui était en partie vrai. »
« Et vos parents ? »
« Ma mère est morte quelques années après mon mariage. L'ironie à voulu qu'elle ait à peine le temps de profiter des bienfaits de ce mariage qu'elle m'avait imposé. Mon père est décédé un an après Leopold. Ce fut la goutte d'eau pour moi. Il était mon seul lien avec un semblant de réalité : c'est lui qui me poussait à me lever tous les matins, à affronter la journée. Mais du jour où ces rumeurs ont commencé à gangréner la ville, ma vie fut un enfer. Je n'osais plus sortir par peur de me faire attaquer verbalement ou physiquement … »
« Et c'est le même principe que le serpent qui se mort la queue : vous ne sortiez plus à cause des rumeurs … Les rumeurs s'intensifiaient parce que vous ne sortiez plus. »
« Exact. Les seules personnes qui me faisaient encore confiance étaient les employés qui m'avaient côtoyé des années durant et qui savaient … Et Snow. Mais … Les années passant, Snow a aussi été touchée par ces rumeurs et les « on dit ». Elle devint distante et parfois intolérante. Quand elle atteignit 20 ans, elle quitta la maison pour partir étudier sur New-York, aidé par la découverte de ma relation avec Graham. Elle n'a jamais remis les pieds ici. »
« Vous … Vous n'avez plus de ses nouvelles ? » Bien évidemment Emma connaissait la réponse, mais elle voulait savoir si Regina allait être franche avec elle
« J'en ais eu, il y a quelques années. J'ai reçu un faire-part m'invitant à son mariage mais … je n'y suis pas allée. J'étais … En colère qu'elle m'ait abandonnée elle aussi. Je voulais la punir par mon indifférence. Depuis, je n'en ais plus. »
« Je vois … C'est dommage, si vous vous entendiez bien. »
« La vie est faite de désillusions et défaites … »
« Elle est aussi remplie de joie et petits bonheurs quotidiens comme un chocolat chaud au coin du feu lors d'une belle nuit d'hiver. » sourit Emma
« Je suis fatiguée Emma… » soupira Regina
« Je vous laisse. En tout cas, je vous remercie d'avoir été franche avec moi … »
« Merci. »
« Oh juste … Je voulais savoir : pourquoi avez-vous si peur que vos employés vous trahissent ? Parce que quand on regarde Graham … Je veux dire, il pourrait partir mais … »
« J'ai peur qu'en les laissant partir ils me trahissent oui. Parce que ce fut le cas par le passé. »
« Comment ça ? »
Regina sourit alors « Il semblerait que miss Lucas ne vous ais pas tout raconté. »
« Qu'est-ce que vous voulez dire ? »
« La seule raison pour laquelle je veux garder mes employés ici c'est parce qu'à l'extérieur, ils pourraient être susceptible de divulguer des choses ou encore d'en inventer. Et qui mieux que des gens de l'intérieur pour animer un peu plus les rumeurs … J'ai fais la bêtise de renvoyer l'une d'elle parce qu'elle me volait de l'argenterie. Une fois dehors, elle n'a cessé de propager son venin et à renforcer les idées fausses que se faisaient les gens. Ils pensent que je suis une sorcière qui a envouté son mari avant de le tuer d'un Mal inconnu. »
« Qui … Qui avez-vous renvoyé ? »
Regina soupira alors et fixa son regard sur le feu « La mère de Ruby. »
OoOoOoOoOoOo
« J'aurais jamais cru en apprendre autant en une journée. Evidemment, la majeure partie, je l'avais appris de Ruby, mais ça prend une autre dimension quand c'est la personne concernée qui en parle.
En parlant de Ruby, je pensais qu'elle avait été franche avec moi, et je dois bien avouer que lancer cette bombe ne devait pas être facile pour elle. Elle portait à présent le fardeau de sa mère, et je comprends mieux maintenant pourquoi elle reste ici avec sa grand-mère. Elles doivent se sentir coupables pour les actions de leur fille et mère.
Mais si les gens étaient un peu moins idiots … Non mais franchement, qui pense encore aujourd'hui que les sorcières existent ? Maintenant que Regina s'est un peu plus ouverte, il va falloir que je travaille en amont sur la ville. Regina doit être réhabilitée dans ses droits et devoirs.
OoOoOoOoOoOo
Le lendemain, Emma se réveilla assez tôt, des papillons flottant tout autour d'elle. D'où venait toute cette gaité soudaine ? Elle n'en savait rien. La seule chose dont elle était sûre c'est qu'elle était heureuse. Heureuse et sereine.
Elle s'habilla alors et descendit dans la cuisine « Hey ! »
« Bonjour. » lança Granny « Vous semblez bien guillerette ce matin ? »
« Yep, j'ai passé une bonne nuit. »
« On se demande bien pourquoi … » murmura, amusée, Granny
« Hein ? »
« Non rien. Tenez, voilà le petit déjeuner de madame. » dit-elle en lui tendant le plat garni
« Merci. »
Puis Ruby arriva, cueillant une orange au passage « 'lu. »
« Bonjour … Ruby … »
« Hm ? »
Emma jeta un œil vers Granny qui s'éclipsa dans ses appartements, laissant les 2 jeunes femmes seules « Je suis au courant … »
« Au courant de ? »
« Pour ta mère. »
Ruby se figea alors et la fixa « Que … Comment tu sais ? C'est Regina qui te l'a dit ? »
Emma opina alors « Pourquoi tu me l'as pas dis ? »
« Tu crois quoi ? Que j'en suis fière peut-être ? Pas une journée ne passe sans que je lui en veuille de ce qu'elle a fait. C'est à cause d'elle tout ça, ou du moins en grande partie. »
« Tu aurais pu me le dire, j'aurais compris tu sais. »
« Mais comment ? Tu es devenue si proche de Regina en si peu de temps … J'avais peur qu'en apprenant la vérité, tu m'en veuilles. »
« Mais pourquoi ? Tu ne reflètes en rien les actions de ta mère ! Ce qu'elle a fait n'est dû qu'à sa jalousie et sa stupidité. »
« … »
« Raconte-moi. » dit-elle en l'invitant à s'asseoir
Ruby inspira lourdement « Ma mère … Ma mère est entrée au service de Monsieur alors qu'il était encore marié à sa précédente femme, Eva. Elles s'entendaient très bien toutes les deux. On peut même dire qu'elles étaient amies et confidentes. Puis quand elle est morte, ma mère était dévastée. Et quand elle a appris qu'il allait en épouser une autre, 2 ans après, et qu'en plus cette nouvelle femme avait quasiment l'âge de sa fille … Ma mère l'a prise en grippe tout de suite. Elle ne lui a pas laissé une chance. Mais ma mère a serré les dents et a pris sur elle. Mais les choses se sont dégradées quand Monsieur est mort. »
« Je vois … »
« Elle a tout de suite cru que Madame y était pour quelque chose. Puis elle a commencé à rendre sa vie infernale : dès qu'elle sortait, elle parlait de Madame dans son dos … Puis … Elle la volait. Ce qui était idiot parce que Regina nous payait bien assez pour que ma mère puisse se payer elle-même l'argenterie qu'elle volait. Regina l'a découvert et l'a limogé sans attendre. »
« Je comprends Regina. »
« Moi aussi. Et ma mère est partie sans se retourner. Quand ma grand-mère a décidé de rester, j'au du faire un choix. Ma mère … Faut comprendre que ma mère n'a jamais vraiment été destinée à être une mère modèle. Elle m'a eu jeune et ne s'est quasiment jamais occupée de moi. Ma grand-mère travaillait pour cette famille depuis des années, et quand ma mère s'est retrouvée sans emploi, elle lui a proposé de venir bosser ici, elle a accepté et m'a emmené dans ses bagages. J'avais 11 ans. J'ai grandi ici et ma grand-mère à fait office de mère de substitution. Donc quand un choix à du se faire …. Je me suis tout naturellement tournée vers ma grand-mère. Ca a été la goutte d'eau pour ma mère, qui s'est sentie vexée et flouée. Quand elle est partie, elle a répandu ces rumeurs affreuses sur les suspicions de la mort de Monsieur. Les gens tout autour ont commencé à parler … Et la rumeur a enflé jusqu'à prendre des tournures plus dramatiques : en quelques mois, Madame était devenue une meurtrière, adepte de la magie noire, qui aurait empoisonnée son mari afin de récupérer sa fortune. Tu savais qu'on a eu les flics ici ? Ils sont venus fouiller la maison quand ma mère est venue leur dire que Regina avait toutes sortes de drogues et poisons dans sa cave. Evidemment ils ont rien trouvé et sont repartis sans preuve, mais ça n'a pas empêché ma mère de continuer sur sa lancée … »
« C'est injuste. C'est cette femme qui devrait être enfermée pour diffamation ! Comment Regina a-t-elle appris la chose ? »
« Tout bêtement : elle sortait toutes les semaines pour faire quelques courses jusqu'à ce que les commerces, un par un, lui ferme la porte au nez, ne la mette de coté. Seul Marco a su lui dire la vérité et c'est à partir de là qu'elle s'est refermée comme une huitre et qu'elle a presque interdit à ses employés de partir d'ici. Non pas pour les contrôler dans ses murs, parce que nous avons une relative liberté, mais pour empêcher que les autres, ceux de la ville, nous tombent dessus en nous harcelant afin de nous tirer les vers du nez. »
« Je vois … »
« Tu sais, j'aurais voulu te le dire mais … C'est un fardeau si lourd à porter. Heureusement, Regina a été plus intelligente et n'a jamais reporté sur moi ou ma grand-mère les rancœurs qu'elle avait envers ma mère. »
« Tant mieux … »
« J'en serais toujours reconnaissante à Regina de nous avoir gardé. Non seulement nous avons un toit sur la tête mais aussi une bonne paie à la fin du mois. Tu sais, je ne sais pas ce que nous serions devenues si elle avait décidé de nous renvoyer. Ma grand-mère, vu son âge, n'aurait jamais retrouvé de travail et moi … Bah j'ai jamais fait assez d'études pour prétendre à autre chose qu'un poste de serveuse dans un bar. Alors, aujourd'hui, avec toutes mes économies, je pourrais m'acheter ma propre maison, et la voiture allant avec, et ça, c'est grâce à Regina. »
Emma sourit alors « Bien alors … Si tu lui es si reconnaissante … Tu pourrais faire quelque chose pour moi ? »
« Laquelle ? »
« J'aimerais sortir les décos de Noel pour pouvoir les mettre dans la maison. »
« On ne fête pas Noel. » lança Granny qui venait de revenir dans la cuisine « Ca fait des années d'ailleurs. »
« Et bien ça va changer. Regina est d'accord. » Ruby et Granny échangèrent un regard puis un sourire « Quoi ? »
« Non rien. » répondirent-elles en cœur « Je vais aller chercher ça. » affirma Ruby
« Merci ! Bon allez, je monte ! »
Emma prit le plateau et sortit de la cuisine. Ruby se tourna alors vers Granny « Wow … »
« Je te l'avais dis. Cette fille est spéciale. »
« Je pensais pas que ce serait si rapide … »
« Les as-tu vu dans la neige hier ? C'était flagrant. »
« Mais Emma ne semble pas s'en rendre compte. »
« La période de Noel est idéale pour cela. Faisons en sorte que ça soit le cas. »
« Tu ne penses pas que ça fera … trop ? »
« Trop quoi ? »
« Regina est recluse ici depuis des années parce que les gens l'on condamné en la traitant de meurtrière et de sorcière … Quelles seront leurs réactions s'ils la voient en compagnie … d'une femme. »
« Et c'est là qu'Emma rentre en action. »
« Comment ça ? »
« Emma Swan, et je l'ai su tout de suite en la voyant entrer dans nos vies, est une femme particulière, exceptionnelle …. Et surtout extrêmement optimiste. Elle nous pousse en avant, elle fait sortir en nous le meilleur. Aurais-tu imaginé voir un jour Regina s'amuser dans la neige ou autoriser les décorations de Noel ? »
« … »
« Attendons encore un peu. Noel est dans un peu moins de 2 semaines … La magie de Noel agira peut-être sur elles. »
OoOoOoOoOoOo
« Hey, toc, toc. Vous êtes levée ? »
« Entrez. »
Emma déposa le plateau sur la petite table avant de presque sauter sur le lit et rejoindre Regina en s'asseyant en tailleur « Alors, prête ?! »
« Prête ? »
« Pour décorer ! Vous avez pas oublié ! »
« Visiblement, vous non. » lança avec un sourire Regina
« Ca va être fun, je le sens ! »
« Si vous le dites. »
« Oh ne soyez pas si ronchon …. Mon bonhomme de neige était indéniablement le meilleur, vous n'auriez rien pu faire. J'ai été médaille d'or du meilleur bonhomme de neige quand j'étais gamine ! »
« Ah vraiment ? »
« Vraiment. » Regina sourit alors avant de boire une gorgée de café « Vous savez … C'était cool hier, je me suis bien amusée. »
« Moi aussi. »
« Et … Je vous remercie de… D'avoir été aussi franche avec moi. »
« Vous l'avez été avec moi, ce n'est qu'un juste retour des choses. »
« Je peux encore abuser de vous ? »
Regina la fixa, incrédule, manquant de s'étouffer avec une gorgée de café « Qu… Pardon ? »
« Non, enfin je veux dire … Je peux abuser de votre sincérité avec moi ? »
Regina se détendit et esquissa un sourire soulagé « Pour ? »
« J'ai une question. A mon arrivée, j'ai trouvé dans le petit salon un livre, qui paraissait ancien, sous cloche. Le lendemain il avait disparu … »
Regina soupira alors avant de se lever et d'ouvrir son dressing. Elle y disparut quelques secondes avant qu'Emma ne la voit revenir avec le fameux livre entre les mains. Elle s'assit de nouveau à sa place et Emma s'approcha jusqu'à s'asseoir, épaule contre épaule, près d'elle.
« C'est un livre de famille, que l'on se transmet … Mon père l'a eu de sa mère et me l'a transmis. La méchante reine porte mon nom, un premier geste ironique de la part de ma mère. Il est dit que ce livre relaterait l'histoire des contes de fées telle qu'elle aurait du être mais que les conteurs ont transformé pour le plus grand public. »
« Il est donc précieux … »
« Sa transmission s'éteindra avec moi. »
« Pourquoi ? »
« Je n'ai pas d'enfants et personne dont j'ai assez confiance pour le donner. »
« Vous n'en souhaitez pas ? D'enfants je veux dire ? »
« Pour cela il faudrait trouver un homme qui n'ait pas peur de fréquenter une sorcière meurtrière. » s'amusa-t-elle ironiquement
Emma eut soudainement de la peine pour elle : une femme aussi belle, intelligente et touchante ne pouvait rester seule, c'était inhumain. Elle posa sa main sur une de ses épaules « Vous trouverez. J'ai toujours cru que, dans le monde, on avait notre moitié … Là quelque part. Vous savez ce dont on parle dans les contes de fées : l'âme sœur, cette notion du véritable amour … Vous avez certainement le votre. »
« Comment le trouver si je reste enfermée ici ? » s'amusa Regina
« Peut-être que ça ne sera pas utile. Peut-être viendra-t-il à vous … » murmura-t-elle
Soudain son regard plongea dans le sien et Emma frissonna en se rapprochant petit à petit de Regina. Elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais été aussi proche de la jolie brune que maintenant elle décrypta alors son visage, détaillant les reflets de ses iris, la profondeur de sa cicatrice, il faudrait qu'elle lui demande un jour son origine …
Puis Regina recula, déglutissant difficilement « Je … Je vais me préparer. Merci pour le petit-déjeuner. »
Emma sourit alors « De rien. » avant de se lever à son tour. Elle jeta un œil vers la silhouette de Regina qui venait d'entrer dans la salle de bain. Et quand la porte claqua, elle se tourna vers le livre laissé sur le lit, elle le feuilleta et parcourut les quelques dessins : des princes, des princesses … Et cette femme, cette sorcière, tout de noir vêtue, aux longs cheveux noirs ébènes et au rouge à lèvres écarlate, elle semblait sévère et froide… Oui, il y a encore 2 mois, Emma aurait probablement fait l'amalgame. Mais à présent, celle qui paraissait devant elle n'était plus une femme froide, murée dans une solitude et un silence qui la rongeait, non. La jeune qu'elle accueillait tous les matins avec un petit-déjeuner, celle avec qui elle avait joué dans la neige ou planter des fleurs par centaines … Cette femme là … Celle femme-là lui plaisait.
TBC
Next : Christmas Time : Déco, sapin ... fluff, fluff and fluff again !
