Hellooooo hello !
Bon et bien comme je le pressentais, vous me haïssez XD !
Tantôt menacée de mort, de souffrance longue et douloureuse ... Vous m'avez prié, supplié, imploré de vous poster une suite et bien la voilà ... Mais à vos riques et périls !
Comme d'habitude dans mes fics, Neal est un salaud, ça change pas. Donc je m'excuse dès maintenant auprès des lecteurs qui ne me connaissent pas encore et qui tolèrent/aiment Neal ... Pardon !
Et je m'excuse aussi pour cette suite qui est la plus longue de la fic et aussi la plus intense.
Les reviews sont évidemment la bienvenue \o/
ENJOY ... ou pas
Tuons la Bête
C'était sa première nuit hors du manoir.
Quelle étrange sensation … Elle qui pensait, 4 mois plutôt, qu'elle était prisonnière de cette étrange demeure, à présent qu'elle en était sortie, elle semblait perdue et seule. Une sorte de syndrome de Stockholm où le prisonnier avait de l'empathie, de la tendresse, des sentiments pour son geôlier … Des sentiments, oui, Emma en avait pour Regina. Etait-ce de l'amour ou simplement une fascination pour cette femme mystérieuse ? Elle n'en savait rien pour l'instant. Mais aurait-elle l'occasion de le savoir maintenant qu'elle avait été chassée de la maison et qu'elle était loin de Regina ?
Se laissant tomber sur son lit, elle ferma les yeux, imaginant ce que pouvait faire en ce moment même Regina. En temps normal, elles auraient mangé dans la somptueuse salle à manger un bon petit plat fait par Granny, puis elles auraient passé un moment dans le boudoir, près de la cheminée et sa chaleur irradiante, en train de lire un livre ou simplement de discuter sur quoi faire le lendemain …
Et à présent, elle était seule dans cette chambre d'hôtel impersonnelle au papier peint vieillot et aux meubles ancestraux. Elle avait envie de pleurer, de hurler sa colère face à cette femme têtue, mais qu'elle s'imaginait en cette fin de journée, enfermée dans sa chambre.
Car oui, après tous les efforts fournis, Emma savait que l'équilibre qu'elle avait instauré dans la maison ne tenait que par sa présence et sa force. Maintenant qu'elle n'était plus là, cet équilibre précaire s'était certainement écroulé et les choses redeviendraient pareilles : elle s'enfermerait matin, midi et soir dans sa chambre, Marco lui apportant ses plateaux repas, et la poussière s'accumulerait de nouveau sur les meubles, les lustres et les tentures.
Elle pensa soudain à la serre, ses plantes et multiples fleurs qu'elles avaient planté ensemble, tout fanerait par manque d'attention et, de nouveau, la serre ressemblerait à un cimetière végétal.
Emma rageait intérieurement de cette impuissance. Mais sa fierté l'empêchait de retourner au manoir et de demander pardon à Regina pour des paroles que, finalement, elle pensait un peu quand même.
Pourtant, elle avait commencé à croire à ce rôle de sauveuse que lui prêtaient Marco et les autres elle pensait sincèrement qu'elle y avait été pour beaucoup dans la réhabilitation de Regina, jusqu'à l'amener en ville. Quelle idiote elle avait été de croire à de tels balivernes !
Tant d'énergie, de temps et d'espoir déployés pour rien … Elle était en colère ! En colère contre elle d'avoir pu croire qu'elle pourrait faire la différence, en colère contre Regina d'être aussi bornée et effrayée …
Et Neal dans tout ça, qui revient d'entre les morts pour la hanter une fois de plus. C'était la cerise pourrie sur le gâteau trop écœurant pour elle ! Que venait-il faire ici ? Et maintenant qu'il était là, comment s'en débarrasser ?!
Elle le connaissait, il n'allait pas lâcher l'affaire de si tôt. Maintenant qu'il l'avait retrouvé, il ferait tout pour la convaincre de lui revenir. Mais elle n'en avait pas l'intention, pas du tout. Il fut un temps où elle serait revenue et aurait vécu une relation illusoire et placebo, mais non sincère. Mais maintenant, elle devait bien admettre qu'il y avait un avant et un après Regina.
Elle n'avait jamais eu de relation avec une femme avant, pas même quelques expériences adolescentes qui auraient pu lui donner quelques indices sur son orientation, non rien. Elle avait accueilli Regina dans sa vie et son cœur dans l'innocence et l'incertitude d'une relation naissante. Pourtant, rien ne présageait de tels sentiments : elle avait été engagée pour être dame de compagnie d'une femme qui semblait être la froideur incarnée et qui s'était révélée blessée et frustrée …
Elle l'avait embrassé et sa douceur hantait encore ses lèvres … Elle avait rêvé des choses pour le moins non chastes, lovée dans ses bras, calfeutrées dans leur lit … Oui, elle avait espéré bien des choses avec Regina, des choses qu'elle n'aurait jamais imaginé au bout de 4 mois.
Les choses avaient été si vite et en même temps avaient pris un temps infini. Et maintenant qu'elle se retrouvait là, seule dans cette chambre, qui n'avait pas vraiment le confort qu'offrait celle du manoir, elle se rendait compte de la place que Regina avait pris dans sa vie.
San compter les autres : Marco et son flegme caractéristique, Granny et ses bons petits plats, Ruby et ses confidences … Elle avait tant partagé avec eux, et eux avaient mis tant d'espoir en elle. Et aujourd'hui, elle les abandonnait à leur triste sort en sachant que Regina replongerait dans sa mélancolie.
Elle se tourna et retourna dans son lit sans jamais vraiment trouver le sommeil. L'alcool aidant, ses pensées s'entrechoquaient dans un vacarme assourdissant faisant naitre un début de migraine.
OoOoOoOoOoOo
Sa nuit fut courte et agitée : dès qu'elle fermait les yeux, elle imaginait Regina, cloitrée au fin fond de son manoir, les domestiques gémissant et suppliant qu'on les libère. Puis, pour je-ne-sais quelle raison, tous se tournaient vers un point précis et pointaient leur doigt en accusant Emma de les avoir lâchement abandonné, d'avoir brisé leur seul espoir.
Puis elle se réveillait en sursaut et mettait toujours quelques secondes à se replacer dans l'espace temps : à Newport, dans un petit hôtel, loin de son manoir et de Regina.
Sa première nuit n'avait pas été des plus sereines et elle espérait que les autres seraient plus douces, même si elle avait un gros doute là-dessus.
Elle se leva avec des courbatures partout, comme si elle avait couru des kilomètres, une légère migraine logée sur le coté gauche de son crane, c'est dans un brouillard épais qu'elle se dirigea, au radar, jusqu'à la salle de bain vétuste, qui était bien loin de ce qu'elle avait eu des mois durant au manoir, puis pris une douche infiniment longue.
Que faire aujourd'hui ? Devrait-elle tenter un retour au manoir en pensant qu'une nuit aurait pu avoir raison de la colère de Regina ? Ou devait-elle la faire mariner encore quelques jours ? En attendant, il fallait bien qu'elle s'occupe !
Et lorsqu'elle descendit dans la rue afin de se rendre dans un petit resto « Granny's diner », quelle ne fut pas sa surprise de voir Neal, adossé à son pick-up, juste devant l'hôtel.
« Oh non … » maugréa-t-elle
« Bonjour à toi aussi ! Bien dormi ? »
« Qu'est-ce que ça peut te foutre ?! »
Et alors qu'elle lui passa devant, elle pu se rendre compte qu'il lui emboitait le pas pour la suivre, où qu'elle aille. Au bout de quelques secondes, elle se stoppa et fit volte-face « A quoi tu joues ? »
« Je veux m'assurer que tu vas bien. Tu n'es pas rentrée très fraiche hier soir. »
« C'est pas la première fois que je prenais une cuite, tu devrais le savoir … »
« Justement … »
Elle continua alors sa marche sans se soucier de lui, du moins elle essaya, mais Neal était toujours derrière ses talons. Elle entra dans le Granny's et commanda un chocolat cannelle
« Toujours ce fameux chocolat … Tu t'ais pas résolu à passer au café … » dit-il un léger sourire nostalgie sur les lèvres
« Y'a des choses qui ne changent pas … » souffla-t-elle en remerciant d'un signe de tête la serveuse puis de trouver une table. Malheureusement pour elle, Neal la suivit et s'assit en face d'elle « C'est pas vrai … Tu vas pas me foutre la paix ?! Tu veux m'avoir à l'usure ? »
« Emma … Je tiens à toi tu sais. »
« Super … »
« Est-ce que tu sais ce qu'on dit sur ta patronne ?! » murmura-t-il en se penchant sur la table
A ces mots, Emma le fixa d'un regard noir et serra sa tasse dans sa main « Je ne devrais pas être surprise … Tu es le genre à croire ces conneries … » dit-elle d'un air qu'elle voulait détaché
« Emma … »
« Non, merci bien. J'en ais rien à foutre de ton avis. J'y apporte autant d'importance qu'à ma première couche. Alors, si tu veux bien me fo… »
« Arrête ! Tu sais que j'ai des contacts au FBI ? Que mes années d'adjoint me servent encore ? Je ne porte peut-être plus l'étoile mais j'ai bien mieux à présent … »
Il sortit de sa poche intérieure de veste un badge doré « NYPD » avec l'emblème de la ville de New-York
Emma s'étouffa avec une gorgée de chocolat « Ou t'as eu ça ? Tu l'as trouvé dans une poubelle ?! » ironisa-t-elle
« Très drôle … Je bosse Emma. J'ai jamais cessé. Du moment où tu es partie de New York, jusqu'à Boston, j'ai travaillé dur pour te prouver que je n'étais pas qu'un moins que rien. J'ai prouvé ma valeur et le bureau de New York m'a offert une place d'agent tout d'abord, et je suis monté en grade. »
« Les critères ont bien baissé à New York dis donc … »
« Emma, je peux te protéger à présent. »
« Me protéger de quoi ? De qui ? C'est ironique que celui dont j'essais de me défaire me propose son aide pour régler mon problème. »
« Pourquoi serais-tu tant sur la défensive si tu n'avais pas peur que quelque chose arrive de nouveau entre nous ? »
« Huh ? »
« Si tu t'en foutais vraiment de moi, de nous, tu ne serais pas aussi hargneuse, mais seulement indifférente. Mais là, tu es … sur la défensive. »
« C'est toi qui me gonfle, et absolument pas le fait de revenir avec toi ou pas. Fous-moi la paix Neal, c'est fini entre nous, depuis longtemps. Y'a que toi qui ne t'en es pas rendu compte. »
« Soit. Alors, tu fuis dans ce trou paumé et tu es prête à bosser pour une meurtrière pour t'éloigner de moi, c'est pas un peu radical ? »
« Elle n'a tué personne ! » argua-t-elle à haute voix, attirant les yeux des quelques badauds présents. Voyant l'attention qu'elle suscitait, elle baissa le ton « Tu ne sais rien. Tu ne sais rien ni de la situation, ni d'elle ! Tu débarques en brandissant fièrement ton badge de flic et en monsieur je-sais-tout … »
« Emma … »
« Tu sais rien ! »
Sur ce, elle se leva, ayant à peine touché à sa tasse, et sortit d'un pas rapide … Mais pas assez rapide car Neal la talonna jusqu'à revenir à sa hauteur en quelques secondes. Il la freina en posant sa main sur son bras et en la faisant se retourner face à lui.
« Laisse moi bordel ! »
« Emma, il t'arrive quoi là ? Je te reconnais plus. »
« Peut-être parce que j'ai changé, et que je ne suis plus cette ado mal dans sa peau qui ne jurait que par toi parce qu'elle n'avait rien d'autre. Aujourd'hui, je suis différente, j'ai trouvé bien mieux, et loin de toi. »
« Bien mieux ? Tu parles de cette femme ? La veuve noire, c'est comme ça qu'on l'appelle ici ! Non en fait, ils l'appellent la sorcière. Ca m'a paru idiot au début, mais ensuite, j'ai entendu différents avis et témoignages … Emma, on sait pas ce qu'il s'est passé, l'autopsie n'a jamais été concluante … Et cette femme vit en toute liberté ! »
« En toute liberté ? Enfermée H24 dans son manoir c'est ça que tu appelles la liberté ? Tu sais pas ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit encore … Tu sais rien sur elle … »
Neal fronça alors les sourcils devant le regard d'Emma, empli de passion … Regard qu'il ne connaissait que trop bien « Il s'est passé quoi là-bas ? »
« De quoi tu parles ? »
« Tu l'as connais depuis peu et pourtant, tu la défends … Il parait que ses employés ne sortent jamais … Qu'est-ce que tu fais là ? Et pourquoi tu dors dans un hôtel ? »
« Arrêtes avec ton inquisition à deux balles ! »
« Elle t'as viré … » souffla-t-il en comprenant la situation
« Non. »
« Tu mens. T'as jamais su mentir … »
« Elle m'a pas viré, je suis partie. » lança-t-elle, abattue
« Parce que tu as compris qui elle était. »
« Au contraire, c'est parce que j'ai compris qui elle était vraiment que je suis restée avec elle. Tu sais rien sur elle, sur sa vie, sur ce qu'elle a vécu et comment elle l'a vécu. »
« Alors pourquoi tu es partie ? »
« … » Elle détourna le regard, fermant brièvement les yeux
« Emma ? »
« Parce que je tiens à elle si fort que je suis capable de détruire ce qui m'entoure. Parce que je n'ai jamais su garder ce à quoi je tenais … Ca a commencé avec mon fils, notre fils … Parce que je ne saurais jamais si j'aurais pu être une bonne mère, mais qu'elle me faisait prendre conscience que je pouvais quand même être une bonne personne. Là où personne ne croyait plus en moi, y compris moi-même, elle, elle m'a fait confiance. »
« Attends … T'es en train d'en parler comme si … »
« Comme si quoi Neal ? »
« Comme si t'en étais amoureuse ! »
Emma soupira alors, repensant à ce qu'elle venait de lui dire « T'as raison … Je crois que je le suis… Oui, je crois que je suis amoureuse. Amoureuse de cette femme. »
Neal se raidit alors, écarquillant les yeux tant qu'il semblait qu'ils sortaient de leurs orbites « Qu… Qu'est-ce que tu dis ? »
Emma, avec un peu plus d'assurance, fit un pas en sa direction, ce dernier recula alors « Oui, je suis amoureuse d'elle. Je crois que je n'ai jamais vraiment aimé quelqu'un aussi fort et aussi passionnément. Et tu sais pourquoi ? »
« … »
« Parce que je l'ai comprise, parce que je l'ai écouté, parce qu'elle avait autant besoin de moi que moi d'elle et que toutes les 2, nous sommes complémentaires. »
« Tu dis n'importe quoi … T'es folle. Ce patelin paumé te monte au crane ma parole ! Cette femme, cette … sorcière ! Elle t'a jeté un sort ! »
Emma laissa s'échapper un hoquet « Tu t'entends ?! Un sort ? T'es pas sensé être flic et ne t'en tenir qu'aux preuves et pas aux rumeurs ? »
« Je m'en tiens aux témoignages. »
« Lesquels ? Ceux d'habitants trop fermés sur eux-mêmes pour penser clairement ? »
« Ceux d'anciens employés qui savent ce qu'il s'est passé dans ce foutu manoir ! »
Emma se figea alors « … La mère de Ruby … » murmura-t-elle
« Hein ? »
« Cette garce est toujours ici ! » argua-t-elle en ayant une furieuse envie de traquer cette femme et lui faire ravaler son bulletin de naissance
« Tu vois … »
« Cette femme a été viré pour avoir volé ! Elle ferait n'importe quoi pour pourrir Regina ! »
« Regina ? C'est son nom ? Et tu préfères la croire elle parce que ? Ah oui, parce que tu l'aimes … Laisse-moi rire. »
« … »
« Emma, laisse-moi t'aider. T'es paumée là. »
« Paumée parce que je ne suis plus avec toi ? Mais ce que tu n'as pas compris c'est que depuis que je t'ai quitté, je n'ai jamais été aussi sereine et heureuse … Et amoureuse. »
« ARRETE ! Arrête de dire ça ! Tu … T'es pas dans ton état normal ! »
« Au contraire. » Elle recula alors mais Neal bondit sur elle, l'enlaçant fortement « Mais … Mais qu'est-ce que tu fous ! Lâche-moi ! » dit-elle en se tortillant afin de se défaire de son emprise. Quand elle y parvint, au prix d'un effort violent, sa première réaction fut cinglante : elle le gifla si fort que la paume de sa main la brulait « Ne ferait plus jamais ça ! C'est fini entre nous ! »
Neal, assommé, n'eut aucun autre réflexe que de laisser Emma s'éloigner. Il se massa doucement la joue en regardant la silhouette de son ex compagne s'évanouir à l'horizon. Il fronça alors les sourcils … Il l'avait perdu … Oui, il avait perdu une bataille, mais pas la guerre !
OoOoOoOoOoOo
Jamais réveil ne fut aussi douloureux pour Regina.
Pourtant, elle avait, depuis des années, dormi seule et dans un silence de mort. Le manoir n'était guère habitué à des joutes verbales ou des esclandres … Et pourtant, depuis l'arrivée d'Emma entre ces murs, les habitants avaient été habitués à des rires, une tornade blonde balayant, littéralement, toute la maison, des déjeuners au coin du feu et des batailles de boules de neige dans le jardin.
A présent, elle n'était plus là et la monotonie, le silence et la froideur envahirait peu à peu de nouveau cette maison. Cela avait commencé la veille : après le départ soudain d'Emma, Regina ne quitta pas sa chambre, refusant les repas que pouvait lui apporter Marcos dans sa chambre.
Elle ne ferma pas l'œil de la nuit, ressassant ces derniers instants où sa main vint frapper avec violence la joue de la belle blonde. Elle n'avait jamais usé de force envers qui que se soit, pas même envers sa mère abusive, son mari intrusif ou sa belle-fille indifférente. Non, Emma fut la première, et elle espérait, la seule sur qui elle avait levé la main.
Et depuis, il lui semblait que sa main la brulait à lui en faire mal. Dans son lit, elle se tourna et retourna mais le sommeil ne vint jamais. Elle rumina leurs dernières paroles et ce que lui reprochait Emma.
Peur … La peur … Voilà ce qui guidait Regina. Malgré la véracité des dires de la jolie blonde, Regina campait sur ses positions : tout était allé trop vite. De son arrivée tonitruante, au développement de leur amitié, puis de sentiments plus profonds … Jusqu'à ce qu'Emma en veuille plus.
Mais Regina avait peur, de cette peur qui nous rongeait de l'intérieur et qui nous bouffait notre espace vital, notre substance, qui nous empêchait de vivre pleinement. Oui, Regina avait peur de l'extérieur, des autres, de leur regard, de ce qu'ils pourraient penser en la voyant au bras de cette impétueuse blonde.
Elle avait peur et, pour une raison qu'elle ignorait encore, elle avait été incapable de l'avouer à Emma. Peur d'avoir tort ou qu'elle ait raison, peur des retombées ou simplement de voir la vérité en face : Regina était lâche.
En repensant à cela, elle ne pouvait empêcher quelques larmes de rouler le long de ses joues et de tomber lourdement sur sa couette. Elle s'était jurée de ne plus éprouver de quelconques sentiments envers le genre humain, si ce n'était de la méfiance et de la colère … Mais encore une fois, Emma avait su ébranler ses convictions et revoir ses priorités.
Dieu qu'il avait été bon de se sentir vivre auprès d'Emma : de se sentir vivante, aimante et aimée. De sentir ses lèvres sur les siennes, ses mains arpentant des courbes que personne, depuis Daniel, n'avait su apprécier à sa juste valeur et aussi tendrement, mais aussi son regard ou simplement sa présence à ses cotés … Toutes ces choses qu'elle ne pensait jamais revivre un jour comme les émois d'un premier amour.
Mais Dieu que la chute fut rude aussi … On ne pouvait aimer une personne avec autant de passion et d'espoir sans craindre de la perdre avec tout autant de fragilité, de déception et de tristesse. Si elle n'avait pas tenu autant à la belle blonde, son chagrin aujourd'hui serait certainement moindre. Et elle s'en voulait d'être aussi affectée par son départ.
A présent, le jour était levé et Regina pouvait constater les effets d'une nuit d'absence d'Emma. Elle ouvrit péniblement les yeux et si ce n'était pour pouvoir sortir le chien qui ne cessait de gratter à la porte, elle serait restée toute la journée au lit.
« Bonjour Madame. »
« … »
« Prendrez-vous votre petit déjeuner ce matin ? »
« Est-elle revenue ? »
Marco baissa alors le regard « Non madame. »
Regina fronça les sourcils et lança un regard mélancolique vers le chiot qui tournait en rond près de la porte. Elle se baissa pour le caresser et sourit amèrement … Elle ne lui avait pas encore trouvé de prénom … Elle pensait le faire en y réfléchissant avec Emma …
« Madame ? » s'interrogea Marco « Ca va ? »
Sans répondre, Regina se releva, se dressant sur toute sa hauteur. Elle lui jeta un regard empli de lassitude « Faites sortir la chienne. » Avant de remonter les marches d'un pas lent et lourd, signe d'une fatigue extrême, sous le regard dépité de Marco, impuissant face à cette nouvelle descente aux enfers de sa patronne.
« Comment va-t-elle ? Désire-t-elle un petit déjeuner ? » demanda Granny, totalement concernée par l'attitude de Regina
Marco vint s'asseoir lascivement sur un tabouret « Pas bien, comme on pouvait l'imaginer. »
« Ou avons-nous échoué … ? »
« Je crois que cela ne relève plus de nous … »
Granny soupira alors et Ruby entra à son tour dans la cuisine, un air abattu sur le visage « Vous croyez qu'elle va revenir ? »
« J'en n'en sais rien ... »
« Comment on va faire si elle revient pas ? Comment on va la sortir de là ? »
Marco baissa alors le regard « Je n'en sais rien. »
OoOoOoOoOoOo
Grâce aux salaires gagnés ces derniers mois, Emma était enfin à même de retrouver sa voiture au garage où elle l'avait laissé des mois plutôt.
Evidemment, les réparations prendraient un moment et Emma était coincée à Newport pour au moins encore 2 jours. Sachant très bien que Regina ne sortirait jamais seule du manoir, elle n'avait aucune peur de la croiser dans la rue.
Elle prit alors son mal en patience, espérant que Neal, las, soit reparti. N'étant que rarement sortie lorsqu'elle était au service de Regina, Emma en profita pour découvrir la ville et ses commerces, son port, sa plage … Finalement, si l'on mettait de coté, l'aspect barjot des habitants, ce petit patelin était très agréable.
Et en vaquant dans les rues, elle croisa une boutique dans laquelle la vitrine affichait le portrait d'un homme assez âgé. Elle se stoppa pour mieux voir et plissa les yeux afin de lire la petite inscription sous la photo « Henry Mills. Fondateur de Newport »
Elle tiqua alors … Henry Mills … Le défunt mari de Regina ! Elle se pencha un peu plus pour détailler cet homme dont elle avait entendu parler si souvent sans jamais l'imaginer. Il paraissait assez vieux, ce qui lui déplu en imaginant une Regina jeune et frêle se baladant à son bras dans les rues. Comment en vouloir aux habitants alors ? Ce couple n'était absolument pas crédible !
Une colère naissante monta en elle en imaginant ce qu'avait du penser Regina en voyant son futur mari pour la première fois … Comment pouvait-on vendre sa fille ainsi ?! Si sa mère n'avait pas été déjà morte, elle serait allée lui dire sa façon de penser !
OoOoOoOoOoOo
Le soir venu, elle regagna sa chambre, lasse d'attendre encore 2 jours … Aujourd'hui, elle avait eu toutes les peines du monde à ne pas revenir au manoir. Tournant autour, étant même montée dans un taxi avec lequel elle fut demi tour juste avant de s'engager sur la route menant à Regina, Emma n'avait eu de cesse de changer d'avis.
Du coup, pour effacer son envie de la rejoindre, elle s'acheta un pack de bières qu'elle descendit aussi vite qu'elle les avait acheté.
Il était certain que même si Regina voulait la revoir, elle ne sortirait jamais de son manoir c'était donc à elle de faire le premier pas. Pour autant, qui devrait le faire ? Celle qui avait, sans doute, tort. Mais voilà, qui avait tort dans cette histoire ?
Une Emma, lasse de devoir se battre contre des rumeurs et autres chimères et qui n'avait pas su ménager une femme qui n'avait plus l'habitude du genre humain depuis des années ?
Ou une Regina têtue, prise au piège, mais qui n'avait pas hésité à la repousser d'un geste violent ?
Chacune avait ses torts, c'était certain, mais Emma savait qu'elle l'avait poussé à bout. Comment ne s'était-elle pas rendue compte que tout cela était trop pour Regina ? D'abord voir débarquer une nouvelle venue chez elle, puis un changement radical dans la maison puis dans sa vie, et pour finir, l'engagement dans une relation avec une autre femme, chose qu'elle n'avait certainement jamais imaginé …
Comment en vouloir à Regina d'être perturbée … Et soudain, la réalité la frappa : elle avait tort ! Jamais elle n'aurait cru être aussi contente de ce fait ! Elle se redressa alors, la tête lui tournant soudainement : elle avait tort et devait le dire à Regina ! Un autre fait lui frappa au visage comme la gifle qu'elle avait reçu de Regina : elle était amoureuse.
Pourquoi ne pas y avoir repensé avant ? Pourquoi ?
Mais somnolente, elle se laissa tomber sur son lit, entourée des cadavres des bouteilles, puis fixa le plafond … Oui, elle avait eu tort … Elle devrait le lui dire, elle devrait s'excuser …
Mais pas maintenant, pas dans cet état. Car si Emma se présentait au manoir, ivre, Regina ne lui accorderait aucun crédit. Non, elle devait d'abord se reposer, et retourner la voir dans de bonnes conditions.
Dès demain, elle se jura de retourner au manoir afin de retrouver Regina, de tout lui dire : qu'elle avait eu tort, qu'elle ne voudrait plus jamais s'éloigner d'elle et aussi mais surtout, de lui avouer ses sentiments … Comment avait-elle pu être aussi aveugle ?
Sa colère l'avait poussé à voir les mauvaises choses dans un mauvais contexte, alors qu'elle n'aurait du voir que les choses fondamentales : d'où venait cette colère ? Neal l'avait en parti guidé sans qu'il le sache : sa colère était proportionnelle à l'amour et l'attention qu'elle portait à Regina. Si cette femme lui importait peu, elle n'aurait généré qu'indifférence et mépris.
Elle se coucha alors, bien que l'esprit embrumé par l'alcool, dans l'intention de revenir vers Regina dès le lendemain.
OoOoOoOoOoOo
Il n'avait pas pu quitter la ville. Il ne s'était pas résolu à croire ce que lui avait annoncé Emma. Elle, son ex compagne, serait gay ?! C'était impossible … Elle lui avait menti, c'était certain. Pourtant, il revoyait son regard quand elle parlait de cette femme, il revoyait cette étincelle dans ses yeux lorsqu'elle prononçait son prénom … Ca ne trompait pas.
Il était en colère … En colère contre Emma mais aussi et surtout contre cette mystérieuse femme. Il était encore plus en colère de savoir la situation dans laquelle cette dernière agissait en tout impunités : il en était certain, elle y était pour quelque chose dans le décès de son mari. Il avait lu le dossier minutieusement : jeune fille de 19 ans qui se mariait avec un homme fraichement veuf et qui avait une fortune personnelle conséquente. Un beau terrain pour elle qui, quelques années plus tard, devenait veuve à son tour en héritant de la fortune de son mari, ainsi que de son manoir … L'histoire était vue et revue, mais marchait très bien en définitive.
Il avait scruté le dossier en long, en large et en travers, et grappillé ça et là quelques témoignages, tous unanimes, sur la fiabilité de ce mariage et des années qui avaient suivies.
Accoudé au bar, une chope de bière à la main et le dossier de l'affaire Henry Mills de l'autre, il ruminait sa colère, quand une pétillante brune, qu'il ne connaissait que trop bien à présent, se posta près de lui « Encore seul ce soir ? »
« Anita … »
« Alors, quoi de neuf ? »
« … »
« Je vois, pas l'extase ? »
« C'est vrai que vous ne l'avez pas quitté mais que vous avez été renvoyée après l'avoir volé ? »
Anita haussa un sourcil, surprise de tant d'appoint. Elle sourit alors « Il fallait voir la vie qu'elle nous faisait mener aussi … Elle ne voulait pas de fuite, pas de témoignages dérangeants … Alors, elle nous séquestrait littéralement. Elle nous payait certes … Quand elle le voulait. »
« Ah ? »
« Parfois, il pouvait se passer des mois sans que l'on ait de salaire. Elle disait que, comme nous ne sortions pas, nous n'avions pas besoin d'argent … Je voulais m'en sortir parce que son lavage de cerveau ne marchait pas sur moi. Je voulais m'en sortir et partir … J'ai alors pris sur moi d'assurer mes arrières … Elle l'a découvert et m'a foutu dehors. »
Neal se redressa alors « Elle vous a foutu à la porte alors qu'elle gardait ses employés séquestrés ? »
« J'ai profité d'une faille … Après tout, elle est tellement instable, rien ne m'étonne. »
Neal fronça les sourcils alors et fit tournoyer le liquide doré dans sa chope « Est-ce qu'elle … »
« Quoi ? »
« Est-ce que vous avez eu … des avances ? »
« Des avances ? De quel genre ? »
« Sexuelles. »
Anita pouffa de rire « Regina ? Lesbienne ? Je ne crois pas non. Du moins, pas avec moi. Mais elle est certainement capable de tout pour arriver à ses fins. Après tout, n'a-t-elle pas épousé un homme plus vieux que son père ? Ne l'a-t-elle pas impunément tué ? Elle serait capable de tout. » Neal fronça les sourcils et serra si fort sa chope qu'elle explosa dans sa main, faisant gicler la bière un peu partout sur le bar « Est-ce que ça a à voir avec ta Emma ? »
A l'entente de son prénom, Neal se tourna furieusement vers elle et lui agrippa le col de sa chemise « La ferme ! »
Mais loin d'être apeurée, Anita lui offrit un large sourire, quand, collée contre lui, elle sentit une arme à sa ceinture et un badge non loin d'elle « Si tu veux passer ta colère, je ne suis pas la bonne personne … Tu as ce qu'il faut pour ça. »
Il recula alors et suivit le regard de la jeune femme pour se poser sur son arme « Tu veux dire … »
« T'es flic non ? Ton rôle c'est de rétablir la justice. Tous ici veulent la justice. Il suffit que tu prononces les bons mots et que tu montres tes arguments, et ils te suivront. Ils veulent la même chose que toi : que cette femme paie pour ses crimes. Il faut qu'on en finisse avec elle. »
Neal écarquilla les yeux alors, vaquant son regard dans le bar à la recherche de personnes ayant le même avis … Quand il croisa le regard de quelques badauds qui semblaient intéressés, il soupira « Elle … Elle ne me pardonnera jamais … »
« Elle s'y fera. Quand elle n'aura plus d'emprise sur elle, tu retrouveras ta Emma, crois-moi. »
« Je peux pas faire ma loi tout seul comme ça. Il me faut les moyens, il me faut des preuves concrètes, une ordonnance d'un juge, une injonction … Je peux pas faire ma vendetta comme ça sans répercussions. »
« Mais qui le saura ? Nous sommes tous avec toi sur ce coup. Nous étoufferons l'histoire. Nous serons tous complices. »
« Si c'est le cas, pourquoi ne pas le faire vous tous ? »
« Parce que tu représentes la justice et que c'est ce qu'il nous manque pour oser le faire. Avec ton impulsion, nous oserions. Il suffit que tu brandisses ton flingue et ton insigne … Et tout le monde te suivrais. Tu serais notre sauveur, celui par qui la justice serait rendue. » Neal se redressa alors « Et imagine … Emma serait libre. L'emprise, de quelque nature que se soit, que Regina a sur elle serait finie … Elle serait triste et en colère au début, mais elle finirait par comprendre le danger dans lequel tu l'as sorti, elle reviendrait à la raison. »
Il esquissa alors un sourire en imaginant Emma lui revenir comme lorsqu'ils étaient jeunes et insouciants, comme lorsqu'ils pensaient que l'on pouvait vivre d'amour et d'eau fraiche. Il se redressa alors et Anita lui sourit « Il est temps. »
OoOoOoOoOoOo
C'est dans un profond sommeil qu'elle discerna quelques bruits sourds, comme un brouhaha d'une foule massive … Mais finalement si lointaine qu'elle n'y prêta que peu d'attention avant que son esprit ne replonge dans les méandres d'un sommeil brumeux et alcoolisé.
Ce qui lui parut des minutes plus tard, mais qui étaient en fait 3bonnes heures par la suite, elle sentit de vibrantes secousses et un mélange de bruits sourds d'un coma mêlés à ceux plus vrais d'une réalité presque trop près. Elle lutta un moment pour ne pas sortir de cette torpeur avant que les secousses ne deviennent trop vives et qu'elle finisse par se réveiller difficilement.
D'abord un œil, puis l'autre … Quelques secondes pour se remémorer le lieu où elle se trouvait, puis constater au travers de la fenêtre qu'il faisait encore nuit noir. Elle tourna la tête et vit au dessus d'elle une silhouette massive, cette même silhouette qui la secouait depuis plusieurs minutes. Elle poussa un cri aigu de stupeur avant d'empoigner les avant-bras de son assaillant afin de se défaire de son emprise, mais en vain, l'homme était plus fort qu'elle.
« Miss Emma, Miss Emma ! C'est moi, ce n'est que moi ! »
Emma se figea alors, reconnaissant cette voix. Elle balada sa main au dessus de sa tête afin d'allumer sa lampe de chevet et de voir près d'elle le visage de French, un visage terrifié
« French ? Mais que … Qu'est-ce qui se passe ? Que … Que faites-vous ici ? Comment m'avez-vous trouvé ? »
« Il n'y a guère d'hôtels où dormir ici et j'ai pu apercevoir votre voiture toujours chez le garagiste me confirmant que vous n'aviez pas encore quitté la ville. »
« Qu'est-ce que vous faites ici dans ma chambre ?! »
Il la lâcha afin qu'elle se redresse, se frottant les yeux pour se réveiller définitivement.
« Emma … C'est … C'est Regina ! »
A l'entente de ce prénom, elle se raidit et se leva d'un bond « Quoi Regina ? »
« Ils sont partis chez elle, ils sont partis en vendetta ! »
« Que … Quoi ? Mais … »
« Ils ont décidé de faire leur loi eux-mêmes. Ils sont menés par un homme qui se dit être homme de loi et … Ils sont partis afin de faire justice eux-mêmes. »
« Ils comptent faire quoi au juste ? » French baissa alors le regard « Quoi ? Mais quoi bon sang ! »
« Il pourrait arriver un malencontreux accident que personne ne pourrait, ou voudrait, éviter … »
Le sang d'Emma se glaça alors : une vendetta … Une vendetta contre Regina. Et dans l'état d'esprit dans lequel se trouvait certainement la jeune femme, du moins de ce qui pouvait imaginait Emma, Regina ne pourrait se défendre … Ou ne voudrait pas le faire.
D'un seul coup, la vision de la foule lynchant Regina publiquement par lapidation ou multiples coups sauta aux yeux d'Emma. Elle bondit hors de son lit, s'habilla promptement, suivi de French.
« Montez, je vous emmène ! »
« Ca fait longtemps qu'ils sont partis ? »
« Un peu plus d'une demi-heure. »
« Si longtemps ? Pourquoi ne pas être venu avant ! » argua-t-elle, agacée
« J'étais chez moi. Je n'ai rien entendu de probant avant que quelqu'un, passablement éméché, ne frappe à ma porte en voulant m'embarquer pour partir chez Regina et, je cite, rendre enfin justice. J'ai d'abord cru à un badaud, habitué des bars environnants, mais j'ai ensuite vu quelques personnes se diriger, à pied ou en voiture, vers le manoir … C'est là que j'ai pensé à vous. »
« Mais qu'est-ce qui leur prend d'un seul coup ? »
« Aucune idée. Ils parlaient d'une justice qui allait enfin être rendue, que la loi était de leur coté à présent … Je dois dire que je ne me suis pas attardé … »
Emma avait le cœur qui battait la chamade … Il y avait plus de 10minutes de voitures jusqu'au manoir et Dieu seul savait ce qu'ils avaient réussi à faire dans ce lapse de temps.
A chaque kilomètre avalé par le pick-up de French, le cœur d'Emma s'accélérait. Et quand le haut du manoir fut à sa vue, elle retint sa respiration … Encore plus quand elle vit la foule de badauds ayant réussi à franchir les grilles les séparant des portes de la demeure.
« Plus vite ! » hurla-t-elle alors que la masse de la foule entrait dans le jardin. French n'hésita pas un instant et fonça dans le tas, klaxonnant à tout-va pour écarter les malheureux se trouvant sur son chemin.
OoOoOoOoOoOo
Affolés … Voilà comment étaient les employés dans le manoir. Il était plus de 3h du matin lorsque Marco entendit un brouhaha venant de dehors. Il se leva alors et lorsqu'il regarda par la fenêtre et vit une vague noire de monde s'approcher de l'entrée, il frissonna.
Sans tarder, il réveilla chaque habitant en les pressant de se vêtir, de prendre n'importe quoi pour les protéger : chandelier, balais, couteau de cuisine … et de sortir le plus vite possible par l'arrière, vers la serre.
« Et Regina ?! » lança Granny, paniquée
« J'y vais, fuyez ! » lança Ruby en montant les marches 4 à 4, manquant plusieurs fois de tomber.
Au même instant, des bruits métalliques résonnaient, signe que les badauds tentaient de forcer la grille de l'entrée, grille qui ne tiendrait pas longtemps, Ruby le savait. Et alors qu'elle allait arriver à la porte de Regina, des bruits de verre brisés retentirent. Quand Ruby jeta un œil dans le hall, elle put discerner quelques carreaux brisés et des petits foyers de feu naissant tantôt au milieu d'un tapis, tantôt au pied d'un rideau qui ne tarda pas à s'enflammer.
Ruby hâta alors le pas et ouvrit sans ménagement la porte de la chambre de la jeune femme qu'elle trouva prostrée dans son lit « REGINA ! » La jolie brune sursauta à peine, les yeux dans le vague « Il faut partir ! » Mais voyant la léthargie dans laquelle était plongée la jeune femme, Ruby prit les devants et tira un coup sec sur la couette « Allez ! »
Mais Regina ne bougea pas plus. Ruby misa alors le tout pour le tout « Regina … Ne faites pas ça, pensez à Emma ! » A l'entente de ce nom, Regina cilla puis fixa Ruby d'yeux incrédules « Il faut bouger Regina. On est en danger. Emma ne voudrait pas ça … S'il vous plait ! »
Regina sortit alors de sa torpeur et se leva, s'habilla prestement et sortie de sa chambre. La fumée envahissait à présent les yeux et les flammes avaient avalé les premières tentures et rideaux de l'entrée « On va passer par derrière, venez ! » Mais alors qu'elles étaient au pied de l'escalier, Regina se stoppa « Quoi ? »
« Le chien ! J'ai … J'ai oublié mon chien ! » Sans attendre, elle lâcha la main de Ruby et remonta les escaliers
« REGINA ! »
« Ne m'attendez pas, j'arrive ! »
Ruby hésita quelques secondes, mais ne pu se résoudre à la laisser et alors qu'elle s'apprêta à remonter, la porte d'entrée explosa littéralement, assommant Ruby au passage. Dans le coton, elle ne pu qu'apercevoir une ombre passer devant elle et monter les marches rapides à son tour, avant de tomber dans les vapes.
OoOoOoOoOoOo
Emma venait de bondir hors de la voiture, comme un pantin hors de sa boite, French n'ayant même pas eu le temps d'éteindre le moteur. Elle se fraya un chemin parmi la foule, la fendant difficilement pour arriver à l'entrée et voir un spectacle qui lui glaça le sang : des flammes … D'immenses flammes étaient en train de ravager la demeure qu'Emma, Ruby, Marco et les autres avaient eu à cœur de restaurer. Des fenêtres brisées, le feu léchant les murs, sortant des fenêtres comme une langue enflammée d'une large bouche.
Son sang bouillonnait autant que le feu qu'elle pouvait sentir chauffer sur sa peau. Et quand elle vit un jeune jeter une pierre brisant une énième vitre, elle ne pu se contenir et le prit par le col avant de lui coller une bonne droite. Une fois à terre, elle reconnut ce même jeune qui lui avait lancé œuf et farine au visage le soir d'Halloween, Felix.
« Emma ! »
La jolie blonde se tourna alors et vit French s'agiter elle courut vers lui « Ils disent qu'un homme est entré pour la trouver, il dise qu'il était comme fou … »
« Un homme ? »
Mais sans plus réfléchir, elle entra dans le manoir et une affreuse sensation l'envahie alors : et si les autres n'avaient pu échapper à cette risk ? Si Marco ou Granny n'avaient pas pu sortir ? Elle hésita entre aller les secourir ou partir à la recherche de Regina. Mais quand elle vit un corps au pied des escaliers, elle frissonna. Elle se rua alors vers le corps « RUBY ! »
Elle la secoua alors un peu, puis vivement … Jusqu'à ce que la jeune femme ouvre péniblement les yeux « Emma … C'est … C'est bien toi … »
Elle se redressa avec l'aide d'Emma et secoua sa tête pour se remettre les idées en place « Ou sont les autres ? En sécurité ? »
« Ou… Oui, oui. Ils sont sortis par la serre … Je … J'étais partie chercher Regina et … »
« Et Quoi ? Elle est ou ? »
« On allait sortir, mais elle avait oublié le chien alors … elle est remontée et … »
« Sors, appelle les pompiers, vite ! »
« Emma ! Attention à toi … Il … Il y a quelqu'un … »
Emma n'attendit pas plus et grimpa les marches pour se diriger vers la porte de Regina qu'elle ouvrit sans attendre.
OoOoOoOoOoOo
Regina remonta jusqu'à sa chambre et chercha du regard le chien qui aurait du se trouver dans son panier au pied de son lit. Elle se maudit à ce moment là de ne pas lui avoir donné de nom « Viens ici ! Viens là mon chien ! »
Elle entendit quelques couinements et quand elle se baissa, elle distingua son chiot sous le lit, totalement apeuré. Elle le tira par le collier et alors qu'elle se releva, son chiot dans ses bras, sa porte de chambre s'ouvrit à la volée, la faisant sursauter.
Quand elle se tourna, un homme qu'elle n'avait jamais vu, se posta devant l'entrée, l'empêchant ainsi de s'enfuir « Qui êtes-vous ? »
« Alors c'est vous … C'est vous cette fameuse Regina Mills, la veuve noire, la sorcière … »
Regina n'avait eu que rarement peur de personnes, si ce n'était sa mère, mais là, le regard noir que posait cet homme sur elle … C'était un regard de haine et de colère. Alors qu'elle ne le connaissait même pas.
« Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? »
Il sourit alors « Je suis venu finir le travail. » dit-il en s'avançant, torche à la main
Elle recula alors, jusqu'à la vitre, le chiot dans ses bras, qu'elle serra si fort qu'elle pu sentir son petit cœur battre contre le sien « Sortez de chez moi. »
« Ou sinon quoi ? Vous allez me jeter un sort ? Me tuer aussi ? Sauf que cette fois-ci, je ne suis plus seul … On ne vous laissera plus agir impunément. »
Elle jeta un œil derrière elle et, au travers de la vitre, elle pu voir une foule massive, agglutinée devant sa maison, torches en main, prêts à faire flamber sa maison et tout ses occupants. Elle eut soudain une pensée pour Ruby, Marco et les autres … Avaient-ils eu le temps de sortir de cet enfer ? Elle regretta alors sa faiblesse des derniers jours …
« Vous devez répondre de vos actes, tous vos actes. »
Etait-ce vraiment le châtiment qu'elle méritait ? Education stricte et mariage forcée, puis veuvage non voulue jusqu'à devenir ermite dans son propre manoir … Etait-ce cela sa punition ? Et Emma … Une des seules lumières dans son éternelle noirceur … Son cœur se serra alors en pensant que son heure était peut-être venue, et qu'elle serait seule …
Neal s'approcha alors et la toisa « Je ne vois vraiment pas ce qu'elle a pu vous trouver … »
Regina fronça les sourcils « De qui parlez-vo… »
« Vous n'userez plus de vos sorts sur quiconque. C'est fini. Il est temps de payer ma chère. » Il s'avança alors et posa sa main sur son épaule quand une voix s'éleva alors
« LACHE LA ! »
Neal se retourna et Regina pu alors apercevoir la silhouette d'Emma au travers de la fumée qui commençait à envahir la pièce « Emma … » soupira Regina
« Te mêle pas de ça … » grogna Neal « Elle doit payer ! »
« T'es dingue ! Regarde-toi, regarde ce que tu as fais ! Tu es fou ! »
« Ah oui ? Et elle alors … » dit-il en serrant son emprise sur Regina qui lâcha alors le chiot qui se rua vers Emma
Les regards d'Emma et Regina se croisèrent alors et chacune pu lire un mélange de bonheur de se retrouver mais aussi de tristesse de voir dans quelles conditions.
« Emma … »
« Je suis désolée … » murmura Emma si faiblement que Regina ne le discerna presque qu'en lisant sur ses lèvres.
A ce moment-là, Neal fulmina et poussa Regina au travers de la vitre, la brisant au passage.
« NOONNNNNNNNNNN » hurla Emma en voyant le corps de la jeune femme disparaitre derrière la fenêtre
Elle se rua sur la fenêtre et eut juste le temps de voir le corps gisant au sol avant que Neal ne la retienne de sauter à son tour « Emma non ! »
Ivre de rage, elle le poussa violemment au sol. Il en lâcha sa torche qui prit enflamma alors la tenture du lit à baldaquin de Regina « Salaud ! SALAUD ! » hurla-t-elle, les larmes aux yeux
Sans pouvoir se contrôler, elle se rua sur lui et l'asséna de coups de poings au visage et au torse, coups qu'esquiva en partie Neal jusqu'à ce qu'il veuille se relever et qu'Emma ne lui assène un coup de pied dans l'entre-jambe ce qui ne fit reculer et basculer jus la tenture en feu, qui lui tomba dessus.
« AHHHHHHHHH Emmaaaaaaaaa aide-moiiiii AHHHHHHH » cria-t-il alors que son corps était enrubanné par la tenture en feu, enflammant ses vêtements, son corps se tortillant dans tous les sens de douleur
D'abord surprise et choquée de voir un corps humain prendre feu sous ses yeux, elle décida pourtant de le laisser et préféra descendre, récupérant le chiot au passage. Les derniers sons qu'elle entendit furent les crépitements des flammes mangeant petit à petit la maison, et les hurlements de Neal qui s'atténuèrent peu à peu … S'en était fini de lui.
Quand elle sortit de la maison, le visage brumeux de fumée, elle lâcha le chiot et tomba sur ses genoux, suffoquant presque. Quand elle entendit les sirènes des pompiers, elle se força à se relever et fit le tour de la maison, suivi par une foule compacte qui semblait dépassée par les événements, pour retrouver le corps de Regina.
Au bout de quelques mètres, elle la vit, gisant inerte près d'un rosier nu. Elle se laissa tomber près d'elle « REGINAAA ! »
Elle n'osait la toucher et pourtant, elle posa doucement ses mains sur son visage, essayant de trouver un pouls, un souffle, lui signifiant qu'elle n'était pas partie.
Un mince filet de sang sortait de sa bouche et sa peau était froide, trop froide « Regina … Je t'en prie, reste avec moi ! »
La foule des badauds s'approcha alors et dans un silence de mort contempla son œuvre, catastrophée. Emma ne pu cacher ses larmes, qui tombèrent sur le corps inerte de Regina et quand elle releva le nez, elle vit ces vingtaines de paires d'yeux tournées vers elles.
Une vague de colère s'empara d'elle alors « Voyez ce que vous avez fait ! Tout ça est de votre faute ! » Personne n'osa répondre, au contraire, ils baissèrent tous la tête alors … « Vous l'avez condamné avant même de lui avoir laissé une chance. Ce n'était … Ce n'est qu'une femme … une femme qui ne demandait qu'une seconde chance … Et vous, pauvres fous, vous vous êtes laissés monter la tête : des sorts … DES SORTS ! Comment croire cela aujourd'hui ? Oh oui il y a des responsables ici, il y a des meurtriers … Mais ce n'est pas toujours ceux que l'on pense. Vous êtes tous coupables. Vous êtes tous … »
Elle ne pu continuer, les larmes et les sanglots l'étranglaient à présent. Puis elle sentit une légère pression dans sa main : elle fixa alors la frêle et douce main de Regina timidement serrer la sienne « Regina … Regina … c'est moi. »
La jeune femme ouvrit péniblement les yeux, son corps secoué de légers soubresauts « Em… Emma … »
« Oui c'est moi, je suis là. »
« Tu … Es … Tu es revenue … » souffla-t-elle en esquissant un léger sourire qui gonfla le cœur d'Emma, qui ne pu cacher sa joie
« Oui Regina. »
Mais sa joie fut bien vite effacée lorsque Regina referma les yeux. Sa main lâcha celle d'Emma, et tomba sur le sol, tandis que sa tête tomba sur le coté, colorant la neige d'un rouge sang morbide.
« Non… Non, non, non …. REGINA ! Regina reste avec moi, je t'en prie ! »
Au diable les recommandations, elle la prit par les épaules et la souleva afin de la coller contre elle. Son corps était froid, si froid … Elle sentait à peine les battements de son cœur, ou alors était-ce les siens ?
« Regina … Je t'en prie, reste avec moi … Je t'aime Regina. Je t'aime … » murmura-t-elle contre son front
Mais son corps resta inerte et immobile. Regina n'ouvrit pas les yeux de nouveau. Les sièrenes des pompiers étaient à présent si proches qu'elles sifflaient aux oreilles de chacun. L'odeur du bois brulé noyait l'air jusqu'à devenir presque irrespirable, et pourtant personne ne bougea. La foule se figea alors devant l'ampleur et l'horreur de la scène …
Soudain Ruby, Marco et Granny émergèrent de la foule pour constater les faits. Ruby se plongeant dans les bras de Granny tandis que Marco retira son béret et baissa les yeux.
Il faisait nuit noire et la neige commençait à tomber.
TBC
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