Let's get down to business ! Je ne sais pas pourquoi, mais je suis plutôt motivée !
Allons-y, allons-y *Se le répète encore et encore*
Alfred : Elle en fait du bruit…
Arthur : Quand vas-tu arrêter et écrire ? Si tu es si motivée, c'est ce que tu devrais faire…
Tori : Mh ? Oh, c'est vrai. Sûrement.
Donc ! La dernière fois on avait un chapitre avec uniquement le point de vue d'Alfred hein ? ^^ Si vous avez réellement été déçus de ne pas voir un peu plus Luddie, Feli et Lovi, sachez que moi aussi ! Sérieusement : J'avais envie de mettre des détails sur eux mais bon, vous savez que je l'ai pas fait. En compensation, je commencerai par eux ^^
Pauvre Lovi… *Soupire * Il va se sentir seul… Mais ce n'est pas grave, puisque notre cher Antonio arrivera très certainement très vite ! ^^
Lovino : Eh ? D-De quoi tu parles, bastardo ?! Je n'ai pas besoin de ce coglione!
Tori : Bien sûr, bien sûr ! ^^ Et si nous commencions ? Je suis sûre qu'un Antonio vivant plaira beaucoup plus qu'un qui est mort ^^
Chapitre 11 : Comment soigner la Feliphobie
Lorsque Alfred lui avait demandé de faire un effort pour parler à Feliciano, Ludwig avait bel et bien eu l'intention de le faire. Le seul problème, c'était qu'un seul sourire de ce jeune italien et l'allemand avait immédiatement ressentit l'envie de s'enfuir. Il se sentait malade et rien qu'en le voyant, quelque chose se retournait dans son ventre. L'idée de s'approcher de lui donnait au blond l'envie de vomir.
Oui, c'était aussi grave que ça. Alors non, il ne voulait pas faire un effort juste pour faire plaisir à l'étrange personnage qu'était Alfred. Il ne le connaissait pas assez pour ça. Mais savoir qu'éviter Feliciano lui faisait mal l'avait fait plus ou moins réfléchir. Après tout, il l'évitait pour une raison. Et il avait su qu'en disparaissant soudainement, il ferait de la peine au petit italien.
Mais à ce moment-là, il préférait lui infliger cette douleur là.
En revanche, en ce qui concernait l'instant présent, il n'était plus sûr. Du jour au lendemain, un de ses problèmes avait été réglé tandis que l'autre avait tout simplement disparu, sans qu'il ne sache s'il pouvait se détendre ou, au contraire, s'il devait rester sur ses gardes.
À cause de ça, il avait fait croire à son frère qu'il n'était pas heureux de le revoir après sa trop longue absence. La première chose qu'il lui avait dite avait effacé toute trace de la joie de son retour et l'avait remplacée par de la tristesse et au lieu de vivre heureux comme ils auraient dû…
Ses sourcils se froncèrent et son visage montrait certainement la douleur qu'il ressentait en ce moment. Il devait arrêter d'y penser. Simplement réfléchir ne l'aidait pas. Rien ne pouvait lui dire si approcher le brun était une bonne chose ou non. Il ne voulait mettre en danger personne et préférait s'éloigner. Bien sûr, il y avait des chances que Feliciano se retrouve en danger qu'il l'approche ou non, mais il ne voulait rien risquer.
- Ehi, coglione, bastardo !
Ludwig se retourna pour se retrouver nez-à-nez avec l'italien. Enfin celui qui jurait énormément et avait toujours l'air en colère (sans doute parce qu'il l'était, mais puisque son expression restait permanente…). L'allemand soupira presque de soulagement. Voir un visage énervé et se faire insulter n'était pas une bonne chose, mais c'était mieux que d'avoir à parler à Feliciano. Quoique…
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda presque en soupirant le blond.
- Je ne comprends pas pourquoi tu ignores mio fratello ! Je sais qu'il peut être emmerdant des fois ou qu'il dit des choses stupides, ne fait que dormir sans arrêt, que c'est un vrai bon à rien, qu'il est peureux, qu'il n'écoute jamais et qu'il ne peut pas se débrouiller tout seul aussi et donc que quelqu'un doit le surveiller constamment, et qu'ainsi ça tombe souvent sur moi pour surveiller ce pleurnichard de petit frère, mais rien ne justifie qu'on l'évite !
L'amour fraternel pouvait prendre des formes plutôt étranges, apparemment. En tout cas, il ne lui était jamais venu à l'esprit que quelqu'un puisse insulter autant son frère et se plaindre de lui pour essayer, en réalité, de l'aider. Par contre, il n'était pas sûr de savoir pourquoi il voudrait que lui et Feliciano se… réconcilient quand l'italien grognon n'avait pas l'air de l'aimer le moins du monde.
Le manque de réponse fit parler à nouveau ce dernier.
- Je ne sais pas pour combien de temps tu l'as connu et je n'ai aucune idée de comment je…
Sa voix diminua en volume, le brun s'interrompant à pleine phrase, laissant Ludwig un peu perdu. Visiblement un contre-argument venait de s'imposer dans sa tête, mais le blond n'avait aucune idée de ce que pouvait être la phrase complète. Il y eu un long moment de silence avant que le regard de l'italien ne revienne sur lui et qu'il se remette à parler.
- … de comment tu aurais pu le rencontrer, avec les chances que ça arrive, mais je crois mon frère plus que toi alors je suis sûr que vous vous êtes déjà rencontrés ! Et même si ce n'est pas le cas, fais au moins semblant ! Feliciano est trop innocent et pleure beaucoup trop facilement ! Et je déteste ça ! Alors tout ce que je de-t'ordonne, c'est de faire un minimum d'effort et de lui parler ! Je te déteste mais je déteste encore plus voir mon frère pleurer, dannazione !
- Was ? Pourquoi me détestes-tu ?
Après tout ils se connaissaient à peine et…
- On s'en fout ! Ce n'est pas le sujet !
Oh, c'est vrai. Mieux valait se concentrer sur le sujet. Bien qu'il aurait voulu comprendre la raison pour laquelle il était détesté par Lovino. S'il pouvait éviter de tout le temps crier aussi, il aurait sans doute moins de mal à réfléchir.
- Si je l'évite c'est parce que…
- Garde tes excuses pour toi, bastardo. Je m'en fous de pourquoi tu l'évites. Tout ce que je sais c'est que tu blesses mon frère en l'évitant !
- Mais tu as dit que…
- J'ai dit que je ne comprenais pas pourquoi tu l'évitais et que tu n'avais aucune raison de le faire, pas que je voulais savoir !
Ludwig regarda un moment l'italien mais décida de ne pas répondre. À la place, il se mit à réfléchir, se demandant si parler à Feliciano était vraiment possible (ce dont il doutait un peu d'ailleurs). Exactement ce à quoi il pensait avant que le frère grognon n'arrive et ne rajoute son… opinion au problème.
D'abord Alfred, maintenant Lovino… Gilbert les rejoindrait sûrement, alors avec Feliciano qu'il rendait triste, il était plus que normal de penser que le meilleur (et pratiquement seul) choix était de lui parler à nouveau. Ou plutôt, qu'il n'y en avait pas d'autre. Après tout, la… menace avait disparue, donc même lui ne pouvait dire le contraire. Et il ne pouvait avouer aux autres quel était le problème donc…
- C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?! Parce que j'ai pas toute la journée et je préférerais faire autre chose que regarder un bastardo comme toi réfléchir !
- Alors… Tu peux m'y laisser réfléchir disons… une semaine ?
Mieux valait vérifier, juste au cas où. Ce n'était pas après seulement deux jours qu'il pouvait savoir si la voie était libre ou non pour s'approcher de lui. À la place, il attendrait un peu et verrait. Même si ça risquait d'énerver le frère et de décevoir un peu plus Feliciano, il ne faisait ça que pour son bien. En fait, est-ce qu'ils avaient bien fait de suivre l'étranger ainsi… ?
- Une semaine ?! Tu me demande d'attendre une semaine complète ?!
- J'ai des raisons pour l'éviter. Ce n'est pas de sa faute. Et au moins, je n'ai pas dit non, n'est-ce pas ?
Lovino grogna mais après un moment de silence, parla à nouveau.
- Bene ! Mais tu as intérêt à avoir décidé d'ici là, d'accord, coglione ?!
- Ja, ja…
Retenant un soupir, l'allemand regarda l'italien partir, rejoindre son frère apparemment et certainement lui raconter la discussion qu'il venait d'avoir. Il ne l'entendait pas, mais était plus que certain de ce qui se disait et avant que le plus jeune ne regarde dans sa direction pour une quelconque raison, il décida de se diriger vers une autre partie du navire.
*.*.*
Durant toute la semaine, il avait réfléchit, avait essayé de raisonner. Il avait tenté de trouver toute trace d'anormalité ou, plus précisément, de son problème datant de déjà quelques années. Mais il n'y avait rien. Cela signifiait qu'il pouvait parler à nouveau à Feliciano, n'est-ce pas ? Il devrait en être capable, puisque ça ne pouvait se reproduire à nouveau…
- Ehi, patata bastardo ! J'espère que tu as ta réponse ! Et y a intérêt à ce qu'elle soit bonne !
Ludwig regarda Lovino marcher vers lui, une main dans la poche et l'autre levée, l'expression aussi renfrognée que d'habitude, bien que détendue. Pour le moment en tout cas. Car bien qu'il ne risquait pas de sourire, il y avait des chances qu'il fronce un peu plus, voire beaucoup plus, les sourcils, n'est-ce pas ?
- Je veux bien essayer de lui parler, mais ne te fais pas de faux espoirs d'accord ?
Lui-même ne savait pas ce qu'il entendait par faux espoir. Il savait que quelque chose pouvait arriver, il y pensait sans arrêt, mais pour savoir ce dont s'agissait, il n'était pas sûr. C'était stupide et ça l'énervait. Mais il ne pouvait rien y faire, alors il devait laisser le problème de côté et simplement rester un minimum sur ses gardes. Si cela se trouvait, il se faisait du souci pour rien.
- Tant mieux ! Comme ça je n'aurais pas à te forcer !
Et il ne doutait pas que le jeune italien aurait réellement essayé de l'y forcer… Probablement aidé des autres, s'il n'y était pas arrivé tout seul. Sans compter qu'il aurait ressemblé à un gamin refusant d'obéir à ses parents pour une raison stupide. Maintenant qu'il y pensait, il avait vraiment pris la bonne décision.
- Je préfères te prévenir, continua Lovino, si tu fais du mal à mon frère, je ne te pardonnerais jamais !
- Techniquement, est-ce que je ne lui ai pas déjà fait du mal ?
- Si et je ne te le pardonnerai pas ! Mais Feliciano m'a demandé de te donner une seconde chance ou quelque chose dans le genre alors si tu le traites bien, je te pardonnerai.
Ça… avait du sens, mais… pas vraiment en fait. Enfin au moins il comprenait ce que voulait dire l'italien donc peu importe. Du moins, il croyait avoir compris. Dans tous les cas, il gardait le silence, ne sachant pas exactement quoi répondre ou préférant attendre de savoir quand le brun n'aurait plus rien à dire. Mais surtout, il n'avait rien à dire. Se reconcentrant un peu plus sur l'italien en face de lui, il se rendit compte du long silence qui venait de peser sur eux.
- Donc, tu vas lui parler ?
- Je vais essayer.
- Il est dans la cuisine.
Ludwig montra qu'il avait compris avec un hochement de tête et se retourna pour se diriger vers la cuisine, laissant son interlocuteur seul sur le pont. Enfin il y avait les membres de l'équipage bien sûr, mais Lovino n'avait personne d'autre que lui-même pour lui tenir compagnie…
Un soupir échappa ses lèvres alors qu'il posait la main sur la poignée de la porte. Jusqu'ici, il avait été calme, mais savoir que derrière la porte se trouvait… il n'allait pas dire « l'objet de ses cauchemars » mais… presque, rappelait ses maux de ventre. La décision de parler au jeune italien empirait les choses. Ses mauvais souvenirs revinrent et l'envie de fuir apparut à nouveau.
En fait, jusqu'ici, fuir n'avait fait qu'empirer les choses. Combattant ses symptômes, Ludwig appuya lentement sur la poignée et ouvrit la porte. Peut-être un peu trop violemment, car la première chose qu'il vit fut Feliciano sursauter avant de tourner son regard vers lui.
- Puisqu'il est là, je vais m'en aller et vous laisser tous les deux.
La voix fut suivie du bruit d'une chaise raclant le sol et l'allemand vit Francis se lever, marcher vers lui et sortir en lui adressant un demi-sourire, un clin d'œil et une légère tape sur l'épaule. Décidant de ne pas trop se préoccuper du français, Ludwig ferma la porte et alla s'asseoir en face du brun, s'apprêtant à se faire harceler de questions par celui qui ne le lâchait pas du regard. Bien que le regard en question lui parut plutôt craintif.
Mais les questions ne vinrent pas. L'allemand arracha son regard de la table pour le poser sur Feliciano, se demandant pourquoi ce dernier ne parlait pas. Normalement, il aurait commencé le premier, non ? Déjà que son sourire pourtant habituel n'était pas présent sur son visage, son silence était pour Ludwig plus que pesant. En revanche, cela voulait dire qu'il devait être le premier à lancer la conversation.
Alors qu'il ouvrait à peine la bouche, décidé à parler, l'italien commença rapidement.
- Si c'est à cause de mon frère que tu as accepté de m'approcher, ce n'est pas grave !
- Bitte ?
- Je ne veux pas te forcer donc si tu ne veux vraiment pas me parler, ne t'inquiètes pas, je ne t'en voudrai pas… Ah et ce n'est pas grave non plus si je me suis trompé et que tu n'es pas le garçon que j'ai connu il y a quelques années ! Ah, aussi ! Tu ne me dira que la vérité, d'accord ? Et si tu ne veux pas me dire la vérité, alors ne me dis rien. Je n'aimerai sans doute pas mais c'est mieux qu'un mensonge… Francis a dit la même chose.
Il était plus qu'évident que Francis et lui avaient eu une conversation. Maintenant il savait à quel sujet.
- Je n'avais pas l'intention de mentir en venant. Enfin… je sais que je ne pourrai jamais te dire toute la vérité mais… Je ne pensais pas à te mentir… Je suis le garçon que tu as connu.
Un énorme sourire apparut sur le visage du brun.
- Vraiment ?! Ottimo ! Je me suis inquiété tu sais ? J'ai cru que quelque chose de grave t'étais arrivé ! Par exemple que tu étais mort ou gravement malade et que tu ne pouvais plus bouger ! Au fait tu ne m'as jamais dit ton nom mais Francis m'a dit que tu t'appelais Ludwig ! Ça ne te dérange pas qu'il m'ait donné ton nom, hein ?
L'italien parlait trop vite pour lui, en plus de poser trop de questions. Le temps qu'il réagisse, Feliciano s'était déjà arrêté et Ludwig ne savait pas s'il avait manqué quelque chose ou si son cerveau avançait juste trop lentement. Au bout d'un léger moment de silence, le visage du plus jeune se mit à changer et il fronçait à présent les sourcils, l'expression triste.
- En fait… Pourquoi as-tu disparu ? J'ai dit ça joyeusement parce que je suis content de t'avoir retrouvé et de te voir en bon état… Mais quand tu t'es enfui ce jour là, je pensais que tu allais revenir comme la première fois… mais ça n'a pas été le cas donc j'ai cru que tu viendrais le lendemain. Et comme je ne t'ai pas revu avant de retourner en Italie, j'ai été très triste et inquiet. Je pensais réellement que quelque chose de grave t'était arrivé !
- Rien de grave ne m'est arrivé, ne t'inquiètes pas…
- Alors pourquoi n'es-tu pas revenu ? Tu pouvais, non ?
- … Je pouvais. Mais… mon frère est revenu et… et, surtout, je n'osais pas revenir. Je suis désolé de t'avoir inquiété, ce n'était pas ce que j'espérais faire en m'en allant.
- Tu n'osais pas ? Pourquoi ? J'ai fait quelque chose de mal ? Dis, c'est ma faute ?!
- Non, tu n'y es pour rien.
- Alors pourquoi tu n'es plus revenu ?
Cette fois, l'allemand ne pu prononcer un mot de plus. Il ouvrit la bouche, tentant de lui dire. En vain. Pourtant, rien ne l'empêchait de le dire cette fois, n'est-ce pas ? En fait s'il lui disait son secret, l'italien le détesterait et arrêterait de vouloir lui parler. En gros, il y gagnerait non ? Mais il n'y arrivait pas et à la place, restait silencieux. Au bout d'un long moment, Feliciano sembla changer d'avis et sourit à nouveau.
- Mais maintenant tout va bien non ? On va pouvoir manger des pâtes ensembles ! Et j'ai un tas de choses à te raconter ! Tu es d'accord, hein ?
Un instant choqué par le changement soudain d'attitude du brun, le plus grand ne put que le regarder, bouche bée. Était-il vraiment aussi optimiste ? C'était comme s'il ne grandissait pas. Quelque chose devait sûrement lui échapper. Que ce soit Feliciano qui jouerait la comédie ou lui qui aurait… Il ne savait pas, justement, c'est pour ça qu'il pensait que quelque chose lui échappait.
La surprise passée, Ludwig s'autorisa à se détendre et soupira. Il s'en préoccuperait plus tard, non ? À présent qu'il avait décidé de se taire et d'à nouveau passer du temps avec le jeune italien, il n'avait plus d'autre choix que de s'accrocher durement à ces décisions, parce qu'il était trop tard que pour faire demi-tour. Il tenta un sourire mais ne put que grimacer.
- Oui, je suis d'accord.
Il espérait sincèrement que Feliciano arriverait à transformer ce qu'il considérait comme des mauvais souvenirs en ce qu'ils étaient réellement : d'heureux souvenirs d'enfance.
*.*.*
Depuis ce jour, pas un seul ne se déroula sans la présence d'un jeune et joyeux italien aux côtés de l'allemand au visage malgré tout assez impassible. Ils n'étaient pas forcément ensemble toute la journée. Des fois, sans donner d'explication, Ludwig s'en allait, la main devant son visage, le regard vers le sol et la marche rapide. Parfois, il lui demandait simplement du temps seul ou bien lui disait d'aller voir son frère. Ce dernier d'ailleurs ne se gênait pas vraiment pour reprendre son frère quand il en avait envie.
Son propre frère d'ailleurs, remarqua le rapprochement des deux (ou plutôt le fait que Ludwig avait arrêté d'éviter Feliciano) et ne put s'empêcher de lui poser un tas de questions. Bien qu'il sembla que la question la plus importante fut « Comment ça se fait que vous vous connaissiez avant le voyage ? ». Le blond avait tenté un mensonge mais n'avait pu que bégayer avant de fuir à nouveau.
Honnêtement, il s'en voulait de fuir autant. C'était en partie pour ça qu'il essayait de se rapprocher de Feliciano, non ? Et puis, s'il arrivait à oublier la mauvaise partie de ses souvenirs, il y gagnait non ? Bien que c'était sûrement impossible.
- Ve ? Ludwig ! intervint la voix aiguë de Feliciano dans ses pensées.
L'allemand se retourna et regarda dans la direction de la voix. Le jeune italien se dirigea en courant vers lui, toujours aussi souriant que d'habitude. Il attendit calmement qu'il arrive avant de poser sa question.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Apparemment on va faire une escale bientôt ! Dis, tu veux venir en ville avec moi ?
La question le prit légèrement au dépourvu, avant qu'il ne réalise que la question était en réalité plus que normale. Évidente même. En fait il aurait dû s'y attendre à partir du moment où il avait entendu « On va faire une escale ». D'ailleurs, sa réponse était évidente aussi.
- Je veux bien mais… Et ton frère ?
- Il peut venir avec nous !
Apparemment, il n'avait toujours pas compris que son frère le détestait. Si le verbe « détester » était assez fort que pour désigner ce que l'italien grognon ressentait pour lui. Quoiqu'il en soit, le joyeux italien, lui, ne semblait rien remarquer. Pourtant, il était quasiment sûr qu'il aurait dit assez de choses (il ne savait pas quoi exactement) que pour rendre ses sentiments envers l'allemand évidents.
- Je ne suis pas sûr qu'il soit vraiment d'accord…
Le sourire du brun s'effaça légèrement et il pencha la tête sur le côté, certainement sans comprendre.
- Ve ? Pourquoi ?
- Parce que… On ne peut pas vraiment dire qu'il m'apprécie énormément…
- Ve ?! Non, je suis sûr qu'il t'aime autant que moi !
Il ne s'était pas trompé on dirait. Feliciano n'avait pas encore compris que son frère ne l'aimait pas. Mais il n'avait pas le cœur de le lui dire explicitement alors il se tut et décida de s'exprimer différemment. C'était mieux ainsi. Et puis, avec un peu de chance, il s'entendrait un peu mieux avec l'italien grognon, au fil du temps, non ? Bon, il en doutait un peu mais rien ne lui coûtait d'espérer.
- Essaye… juste de ne pas l'oublier d'accord ? Passe un peu de temps avec lui aussi.
- Oui ! Bien sûr ! Je ne l'ai jamais oublié !
Le sourire était de retour sur son visage et la bouche de Ludwig se surprit à essayer de faire de même. Mais au final, ça ressemblait sûrement plus à une grimace qu'autre chose. Pas que le brun s'en serait plaint, n'est-ce pas ? La dernière fois, il avait rit. Il n'avait pas comprit pourquoi exactement, mais il avait supposé que c'était une bonne chose.
*.*.*
Peut-être était-ce seulement lui, mais Ludwig avait l'impression que Feliciano passait plus de temps avec lui qu'avec son frère. Quoique, il ne pouvait pas être le seul puisque ce dernier lui avait bien fait remarqué qu'il s'ennuyait parce que l'allemand monopolisait son frère. Malgré le fait qu'il lui avait répliqué qu'il pouvait reprendre son frère quand il voulait, le frère s'était encore plus énervé en se plaignant du plus jeune avant de partir il-ne-savait-où.
En soupirant, il avait constaté que les relations entre frères pouvaient être compliquées.
D'ailleurs, non seulement passait-il plus de temps avec Feliciano, mais le blond avait remarqué que ses craintes s'effaçaient petit à petit. Au fur et à mesure que les jours passaient, la possibilité que son problème ressurgisse disparaissait un peu plus. Il était également enfin capable de sourire normale, grâce à ceux contagieux du jeune italien. Tout allait pour le mieux, il pouvait se détendre.
Le premier jour d'escale, Feliciano lui avait pratiquement sauté dessus pour ne pas qu'il s'enfuie. Du moins, c'est ce qu'il lui avait dit. Parce que Ludwig avait arrêté de fuir depuis un certain moment. L'italien avait ensuite invité son frère mais en voyant l'allemand, celui-ci refusa catégoriquement de venir. Bien qu'un peu déçu, le plus jeune se consola rapidement avant d'emmener l'allemand avec lui hors du navire.
Et la journée avait été… plutôt éprouvante. Principalement parce que Feliciano voulait faire plein de choses, flirtait avec n'importe quelle fille qu'il trouvait jolie et ne pouvait s'empêcher de parler. Bon évidemment la dernière raison, il le faisait tout le temps, mais en rajoutant les deux précédentes, ça devenait plutôt fatiguant, il fallait bien l'avouer.
Sa seule pause fut lorsque l'italien décida enfin de s'arrêter et de faire une sieste. L'allemand avait été tellement soulagé et heureux d'avoir un moment de détente qu'il n'avait pas fait attention à l'endroit où Feliciano faisait sa sieste. Non pas qu'il y ait eu un quelconque problème. Il ne s'en était juste pas préoccupé et s'était contenté de respirer le temps que son ami fasse sa sieste.
Le deuxième jour, Ludwig avait demandé à Feliciano de passer la journée avec son frère. Il avait insisté sur le fait qu'il n'avait pas détesté la veille et qu'il pensait simplement qu'il devait passer du temps avec son frère. De plus, il avait un frère lui aussi et passer du temps avec lui ne lui ferait pas de mal. Et ce, bien que sa journée risquait d'être tout sauf calme.
- D'accord ! Alors amuses-toi avec ton frère !
Avait répondu l'énergique italien avant de s'en aller voir son frère. Presque aussitôt, Gilbert avait surgit derrière lui et avait passé un bras autour de son épaule.
- Donc tu veux passer la journée avec moi, West ? Birdie a prévu de passer la journée avec Alfred parce qu'il paraissait triste ou quelque chose dans le genre.
- Triste ?
- Bah je ne sais pas, c'est sûrement parce que sourcils s'est enfermé dans sa cabine pour l'éviter. Francis lui a dit qu'il n'aimait pas la France mais ça n'a pas eu l'air de le faire réagir et à la place il a demandé à Birdie pourquoi on s'est arrêtés ici.
Ça ne le concernait pas donc il ne sut quoi répondre. Alfred lui était complètement étranger aussi. Il l'avait déjà vu triste comme joyeux. Après, il ne lui parlait pas beaucoup, pour ne pas dire presque jamais. Il pouvait compter leurs discussions sur les doigts d'une main.
De toute façon l'albinos attendait tout sauf une réponse de sa part et l'emmena avec lui dans des endroits qu'il avait remarqué lors du premier jour. Bien qu'il fut heureux que son frère ait déjà pensé à ce qu'ils pourraient faire ensemble alors qu'il était avec Matthew, il dû malgré tout plusieurs fois lui demander de ralentir car il n'arrivait plus à suivre.
En gros, la journée se résuma en effet comme la première avec Feliciano : éreintante. Sauf que cette fois, au lieu d'avoir à surveiller l'italien, il devait vérifier que son frère n'était pas partit sans lui. Et ce, bien qu'il savait que ce dernier ne partirait pas sans lui. Il voulait juste éviter de risquer quoi que ce soit, étant donné la manière dont il courait un peu dans tous les sens.
La troisième journée, Ludwig ne sut trop quoi faire, mais si les trois jours devaient être aussi fatiguant, alors il n'était pas certain de pouvoir le supporter. En revanche, il ne savait pas comment organiser sa journée. Voyant son frère et Feliciano être aussi bruyants et hyperactifs, leur demander de tous les deux venir avec lui lui semblait impossible à gérer. Scénario impossible donc. Et ne choisir que l'un d'eux… Il n'était pas sûr.
Après un long moment de réflexion, il avait demandé aux deux de le laisser seul. Ce qu'ils avaient fait, bien qu'un peu déçus ou surpris au premier abord. Ils avaient ensuite décidé d'une autre organisation et étaient partis chacun de leur côté.
Puisqu'il était seul, la journée passa lentement, plus tranquillement. Il se surprit à s'ennuyer un peu, mais rien de trop embêtant. Au moins, ça changeait des deux jours précédents et il serait déjà plus apte à supporter l'énergie et la joie de son frère et du jeune italien pour sans doute encore trois semaines en mer.
*.*.*
- Je me le demande depuis un moment déjà…
Alfred ouvrit un œil et la première chose qu'il vit fut la silhouette d'Arthur penchée vers lui. Il sursauta légèrement et voulu se relever mais heurta la tête contre… peu importe quel était le nom de ce qui se trouvait au dessus de lui. Ce qui comptait, c'est qu'il avait mal à la tête à présent. Et en plus, le pirate en face de lui ne semblait pas s'en préoccuper plus que ça.
- Je t'ai fait peur ?
- Je ne m'attendais pas à ce que tu sois juste devant moi ! Et puis j'étais en train de dormir !
- Heureusement que je t'ai réveillé alors…
- « Heureusement »…
Le grognement de l'américain ne fit rien à l'anglais qui se contentait de… regarder ses genoux ? C'était bizarre. Malgré tout, il ne vérifia pas ce que regardait l'autre et préféra continuer de râler. C'est qu'il avait besoin de dormir lui !
- Pourquoi m'as-tu réveillé ?
- Estime-toi heureux d'être toujours en vie.
- Hein ? Mais la peine de mort c'est juste pour l'équipage non ?
N'est-ce pas ? Il lui semblait que c'était ce qu'on lui avait dit… Oh une minute, ce scénario était déjà arrivé un bon nombre de fois déjà. Il avait presque faillit oublier. Ou alors il était toujours endormi et son cerveau fonctionnait au ralenti en fait. Ça fonctionnait aussi.
- Justement, je fais ce que je veux d'un clandestin.
- Non, tu ne me tueras pas, répondit-il en souriant.
Le changement d'attitude sembla surprendre le capitaine, qui se redressa et le regarda un moment. D'humeur plus joyeuse qu'à son réveil, Alfred continua de sourire, attendant presque avec impatience la réponse qu'il allait recevoir. Il avait déjà complètement oublié son réveil brutal et son mal de tête.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Pourquoi je ne te tuerais pas ?
- I dunno ! Par contre, je sais que tu ne l'as pas fait avant ! Et puis je n'ai rien fait qui ne mérite réellement la mort, non ?
Un nouveau silence s'installa et Alfred attendit encore une fois joyeusement que le pirate trouve les mots pour lui répondre. La situation l'amusait et il ne le cachait pas. Par contre, la patience n'était pas vraiment son truc.
- Whatever. Je ne tolérerai pas n'importe quoi pour autant !
- Right !
Cette fois, lorsque le silence menaça de réapparaître, l'américain décida de reparler.
- Sinon, pourquoi tu es venu ? J'étais en train de dormir en plus.
- Ah c'est vrai… répondit Arthur en baissant la tête vers ses jambes croisées à nouveau.
Tiens, maintenant qu'il y pensait, ses jambes était un peu plus lourdes que d'habitude, comme si il y avait un poids en plus dessus. Pourtant, il ne se rappelait pas y avoir placé quelque chose… Il baissa le regard également pour vérifier alors que le capitaine répondait à la question qui lui avait été posée.
- Je me demandais juste depuis quand il y a un chat sur mon navire.
Parce qu'en effet, apparemment, confortablement installé sur ses genoux, se trouvait un chat. En fait, c'était le même chat que celui qui l'avait attaqué alors qu'il dormait le premier jour de voyage ! Pourquoi dormait-il sur ses genoux alors qu'il l'avait attaqué ?!
- Je ne sais pas, mais il était là le premier jour !
- What ?! Et tu ne me l'as pas dit ?!
- J'aurais dû ? Je pensais que tu le savais ou que le chat était là avant ! En fait c'est bizarre que tu ne sache pas qu'il y avait un chat avant parce qu'il est parfois avec Mattie…
- Who ?
- Mon frère ! Il est parfois… souvent avec Gil.
- Ah, je vois.
Alfred se demanda si Arthur voyait vraiment mais n'essaya pas d'obtenir une réponse. De toute façon ce n'était pas important. Inconsciemment, il commença à caresser le chat, qui se mit à ronronner. Ce qui sembla rappeler au capitaine quel était le sujet de discussion.
- Je ne peux pas garder un chat sur le navire !
Immédiatement, l'américain releva la tête et arrêta de caresser le chat, qui se réveilla au passage.
- Quoi ?! Pourquoi ?!
- Un chat n'a rien à faire sur un navire ! Et puis il faut le nourrir et il y a ses excréments…
Il devait l'admettre, la deuxième raison pouvait poser problème et même s'il s'était habitué à l'hygiène et l'odeur en mer, il n'était pas sûr de vouloir que le chat fasse ses besoins un peu partout sur le navire. Marcher sur une crotte était déjà assez embêtant dans la rue, mais savoir qu'il ne pourrait pas la nettoyer aussi simplement que dans son monde…
- Je pense que nous devrions le laisser à terre la prochaine fois que nous ferons escale, finit par dire Arthur au bout d'un moment de réflexion.
- Aspetta !
Les têtes d'Arthur et Alfred se retournèrent en même temps et virent Feliciano et Lovino courir vers eux. Feliciano plus pressé que Lovino, qui traînait plus le pas qu'autre chose en fait. Le pirate et le coussin-pour-chat attendirent calmement qu'ils arrivent et parlent avant de dire quoi que ce soit.
- Laissez-nous le garder per favore !
- Pourquoi je ferais ça ? Il ne fera que gêner.
- On s'en occupe depuis le début et on peut continuer !
- Vous vous en occupez ? Et en ce qui concerne ses besoins ? Il ne les fait quand même pas sur mon navire ?
- Ve ? Non, on les jette par dessus bord !
Si la joie de Feliciano semblait ne pas pouvoir s'effacer de son visage, celui de Lovino montrait clairement le contraire et dans sa tête, l'américain imagina comment les jumeaux jetaient à la mer les excréments du chat. Et il espérait franchement qu'ils ne le faisaient pas à mains nues.
- Ne nous regardez pas comme ça ! On ne le fait pas à mains nues ! Ce serait dégueulasse !
- Te regarder comment ?
- Well… je suppose que si vous vous en occupez, alors il peut rester…
Aussitôt le capitaine eût-il finit sa phrase que le sourire du jeune italien s'agrandit. Son frère grogna mais ne dit rien.
- Mais s'il traîne dans nos pattes, c'est lui que je jette par dessus bord !
- Tu ne le feras pas ! répliqua en souriant Alfred.
N'est-ce pas ? Malheureusement pour lui, sa question ne reçut aucune réponse car le poids sur ses jambes disparut et se jeta sur la tête d'Arthur qui, surprit, tomba à terre. Et si les deux frères avaient parus horrifiés à la suggestion du pirate… bon l'un le restait mais l'autre se mit se rire. Et en voyant son frère rire, le plus jeune se détendit. Alfred, lui, ne comprit qu'après quelques secondes que le chat était en train d'attaquer Arthur.
Sa première réaction fut de rire avec Lovino. Sa deuxième aussi d'ailleurs. Et pour épargner des détails, disons que les rires attirèrent les regards des membres de l'équipage qui rirent à leur tour de leur capitaine en le voyant avoir du mal à se débattre avec un chat. Lorsque Gilbert arriva, son rire surpassa la foule et ce, malgré les demandes pour qu'il se calme de Matthew.
- Ah, je vois que tu es aimé des animaux, mon cher…
- Shut it, frog !
Visiblement énervé par la remarque de Francis, l'anglais se débarrassa aussitôt du chat, le passa aux italiens et grogna. Alfred trouvait toujours la situation très amusante mais il était arrivé à se taire au moins. Il attendait avec une impatience plus qu'apparente les prochains mots du pirate.
- Vraiment… S'il est une gêne pour nous ou qu'on ne peut plus s'en occuper, je n'hésiterai pas à le jeter par dessus bord…
- Ce serait cruel…
- Je sais que tu ne le feras pas !
Le regard d'Arthur se tourna vers lui et Alfred sourit encore plus. Il savait que le capitaine ne pensait pas ce qu'il disait et qu'il souhaitait qu'ils pourraient garder le chat. Bon, il ne pouvait pas être sûr qu'Arthur voulait réellement garder le chat et s'en occuper, mais il était plus que certain que l'anglais ne serait pas capable de tuer un chat ainsi. Même si ce chat avait tenté de lui arracher la tête.
- Et pourquoi ça ?
- Parce que je sais que tu ne pourrais pas tuer un pauvre chat !
- Je te déteste…
- Je t'aime aussi !
- Oh~ ? Serait-ce une confession ?
- Go to hell, frog.
- Je t'aime aussi, mon amour.
- Bugger off. Tous les deux.
Mais la seule réaction qu'il obtint fut des rires. Alfred entendit faiblement Feliciano parler au chat avant de partir avec son frère quelque part. Il vit également son frère emmener l'albinos ailleurs et au fur et à mesure que les rires diminuaient, chacun retournaient à ce qu'il avait à faire. Et vu qu'il n'avait rien à faire, lui, l'américain ferma à nouveau les yeux et s'abandonna au sommeil.
*.*.*
Il voulait voir son frère. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vu ? Il avait été libéré, sauvé, mais il n'avait pas encore revu son frère. On lui avait dit qu'il était sur le point de mourir, mais il n'avait pas réagit et à la place avait demandé où était son frère. Avant d'avoir sa réponse, il s'était rendormi.
Alfred regarda autour de lui. La pièce lui était plus au moins familière. Elle ressemblait à la chambre dans laquelle il avait dormi chez Francis. Maintenant, il pouvait se tromper mais dans tous les cas, ce qu'il ressentait l'intéressait. Et ce, même s'il aurait préféré ne pas avoir mal et se sentir aussi désespéré. Il voulait seulement savoir pourquoi il ressentait tout ça.
Lentement, il s'approcha du lit au fond de la pièce. Quelqu'un se trouvait dedans. Cette personne haletait. Cette personne était blessée. Cette personne était Gilbert.
Ses cauchemars recommençaient.
Au moins il connaissait la situation. Il attendit que le temps passe. En regardant bien, il vit qu'il passait en accéléré. À un moment donné, la porte s'ouvrit rapidement, quelqu'un entra et marcha en accéléré vers le lit, murmura quelque chose qu'Alfred ne put très bien entendre et sortit au même rythme lent mais rapide que lorsqu'il était rentré.
Il devina que quelque jours étaient passés avant que la porte ne s'ouvre pour la première fois à un rythme normal. Et pour la première fois aussi, ce fut Francis qui entra. Cela signifiait qu'il avait raison non ? Alors, en réfléchissant un peu, Gilbert était blessé et chez Francis. Et le peu qu'il savait du passé de Gilbert était qu'il poursuivait Matthew, avait été capturé par la sorcière et sauvé par le français. Rien d'autre.
Au bout d'un moment, il réalisa finalement quand ce rêve se déroulait.
- Je veux voir mon frère…
- Le médecin a dit que tu pouvais rentrer chez toi.
La chambre devint floue, et tout ce que vit Alfred ne fut que des tâches se déplaçant rapidement d'un endroit à l'autre. Les voix qui parlaient autour de lui n'étaient que des murmures qu'il n'arrivait pas à entendre, même en tendant l'oreille du mieux qu'il put.
Lorsque les formes et les sons retournèrent à la normale, l'américain voyait un Gilbert plus jeune appuyé à Francis, plus jeune aussi. Après seulement quelques secondes, ils s'arrêtèrent devant une vieille maison et le blond toqua à la porte.
Il y un moment de silence, puis la porte s'ouvrit lentement. Peut-être trop lentement. Un visage apparut dans l'entrebâillement de la porte. Un Ludwig plus jeune. À peine Alfred avait-il eut le temps de voir son visage que le nouveau-venu ouvrait en grand la porte, une expression de pure surprise sur le visage.
L'albinos ouvrit la bouche pour parler avant d'être interrompu par son frère.
- Vati und Mutti sind in der Stadt.
C'était l'une des choses les plus étranges qu'il avait entendu dire durant ce genre de moments. Du moins, il n'imaginait pas qu'un frère, en retrouvant l'autre, dire d'abord ou sont les parents. Au lieu de… il ne savait pas, de se jeter dans ses bras, pleurer, être content et dire quelque chose qui soit lié à ce qu'il ressentait. Autre chose que « Papa et maman sont en ville ».
- Wer bist du ?(Qui êtes vous ?) demanda Ludwig en regardant Francis.
- Il m'a sauvé. répondit Gilbert.
Il y eut un moment de silence. Le petit frère regarda le blond en face de lui, le visage neutre.
- J'aimerais te parler… commença Francis.
- Je n'en ai pas envie.
Sans rien ajouter ou laisser personne parler, Ludwig prit son frère, le fit entrer et ferma violemment la porte dès qu'il put. Gilbert tomba à quatre pattes au sol, mais il ne fit rien pour l'aider à se relever, se laissant glisser contre la porte d'entrée.
- Pourquoi as-tu fais ça ?! Francis m'a sauvé ! Wes-
L'albinos s'était tu dès qu'il avait vu le visage en pleurs de son frère. Ce dernier tentait tant bien que mal de le retenir, mais elles coulaient malgré tout. Tandis qu'il cherchait les mots adéquats, le plus jeune se recroquevilla sur lui-même, ne regardant même plus son frère.
- West ? Qu'est-ce qu'il y a ? Hé, West ?
- Vati und Mutti… Ils sont morts…
D'abord, il ressentit le froid qui envahissait Gilbert. Ensuite, alors que son cerveau réalisait ce que venait de dire son petit frère, Alfred sentit les larmes lui monter aux yeux. Les siennes ou celles de l'albinos, il ne savait pas. Mais dans les deux cas, ses joues devenaient humides.
*.*.*
Alfred n'avait pas réellement su quoi faire de ce qu'il avait vu dans son rêve. Il se rappelait que Ludwig lui avait dit que, par sa faute, deux personnes étaient mortes et deux avaient faillit. Au moins maintenant, il savait qui étaient ceux qui étaient morts… Mais il ne savait pas comment gérer l'information, par contre.
À son réveil, les larmes qu'il avait sentie durant le rêve étaient bel et bien présentes. Il s'était empressé de les essuyer, mais ses yeux étaient rouges et gonflés et Francis, Matthew et Arthur l'avaient vu. Trouver une excuse s'étant avéré trop dur, il avait opté pour la fuite dès que la question lui était posée. Quant à Gilbert et Ludwig, il avait vérifié où il allait juste pour ne pas les croiser.
Du coup, en évitant tout le monde, il s'était retrouvé à l'arrière du navire, en train de regarder la mer sans pensée particulière lui venant à l'esprit. Il s'était piégé tout seul dans sa solitude et s'était même perdu au passage. Mais ce n'était pas comme s'il avait quelque chose en particulier à faire, n'est-ce pas ? D'ailleurs il était plutôt surprenant que l'esprit ne soit pas déjà là, en train de l'embêter.
Tout ce qu'il voyait, c'était la mer, les vagues, parfois s'il relevait la tête, l'horizon et le ciel bleu, puis il rabaissait la tête et regardait à nouveau la mer, les vagues, les différents tons de bleus de l'eau, la mer, encore les vagues, une personne, la mer, encore les vagues- une minute. Il y avait quelqu'un !
- Il y a quelqu'un sur l'eau ! Quelqu'un !
Une minute, c'était quoi déjà l'expression ?
- Un homme à la mer ! Man overboard !
*.*.*
Rapidement, l'homme avait été repêché de son radeau de fortune (en fait ça ne ressemblait pas du tout à un radeau mais peu importe) et emmené chez le médecin, docteur ou peu-importe-comment-les-pirates-appelaient-celui-qui-soigne-déjà. En reconnaissant l'homme comme Antonio, Alfred avait voulu suivre pour vérifier qu'il allait bien, avec Gilbert et Francis, mais le capitaine les arrêta.
- Dès qu'il sera remis sur pieds, je l'enverrai au fond de la cale.
- Quoi ?! s'étonna Gilbert le premier. Tu ne peux pas faire ça !
- Je suis le capitaine, alors si, je peux.
- Dude, pourquoi tu l'enverrais… ? Au fait, qu'est-ce que tu entends par là ?
Alors que le français haussait un sourcil à sa question, Matthew (tiens, il ne l'avait pas vu arriver) murmura dans son oreille, la main cachant sa bouche :
- Tu as déjà oublié ? Les prisonnier sont parfois enfermés au fond de la cale pour les isoler.
Oh, c'était vrai. Bah il ne faisait pas réellement attention aux détails alors il avait oublié. Peut-être qu'il avait déjà entendu le mot cale dans l'un des films et peut-être qu'en fait, son frère lui avait déjà expliqué. Il n'était plus sûr mais il préférait ne pas poser la question. En plus, tout le monde les regardait. Le canadien s'écarta un peu et retourna auprès de Gilbert quand le capitaine parla enfin.
- Sur ce, je retourne dans ma cabine. Prévenez-moi de toute évolution.
- Tu vas vraiment l'enfermer ?! S'écria Francis.
- Capitaine, intervint Hugh, qui devra s'occuper du prisonnier ?
- Ce n'est pas un prisonnier ! Cria Gilbert
Alfred ne comprenait pas trop. Effectivement. Arthur détestait l'espagnol, mais le traiter en prisonnier alors qu'il venait de le sauver, il n'était pas sûr que ce soit vraiment justifié. Avec un peu d'espoir, l'américain espéra que l'anglais dirait à Hugh qu'Antonio n'était pas un prisonnier. Ce dernier semblait, en tout cas, en train de réfléchir. Il examinait les visages des personnes présentes sur le navire avant de s'arrêter sur Lovino.
- Tu n'as qu'à le faire, lui dit-il aussitôt. Tant que ce n'est pas Frog, l'autre idiot ou bien ceux qui leur sont trop proches.
- Cosa ?! Il n'y a pas moyen que je m'occupe de lui !
Si Alfred avait bien comprit pourtant, Lovino s'était déjà rendu chez Francis. Mais peut-être Arthur n'était-il pas censé le savoir ? De toute façon ce n'est pas comme s'il était ami avec le français ou que quelqu'un l'informerait de ce détail. Une minute parce que, le meilleur scénario c'était qu'Antonio ne se rende pas en… il allait dire prison.
- Une minute, Artie !
- It's Arthur and what do you want ? (C'est Arthur et qu'est-ce que tu veux ?)
- Euh… Pourquoi tu veux enfermer Antonio ?
- Je ne lui fais pas confiance.
- Tu ne fais pas confiance à Francis et Gil non plus.
- Justement.
Il n'était pas sûr de comprendre, mais il entendit un soupir. Soupir qui provint, apparemment, du français à quelques pas de lui. L'albinos à côté grogna et lança un regard noir au pirate mais se retint. Non loin, Feliciano essayait de calmer son frère qui essayait, tant bien que mal, de faire valoir son avis. Lorsque ce dernier s'avança vers Arthur avec un air menaçant (aussi menaçant puisse-t-il être), Ludwig l'en empêcha.
- Tu es vraiment obligé de l'enfermer ?
- Je n'en parlerai pas avec toi cette fois, Alfred.
Le regard qu'il reçut tu toute réplique dans sa tête. Même lorsqu'ils se disputaient, il n'avait pas ce genre de regards. Bon au départ, si. Mais c'était parce qu'il pensait qu'il était sérieux ou qu'il le prenait trop au sérieux en tout cas. Finalement il s'y était habitué. Dans tous les cas, ce regard était tout sauf positif.
- Sur ce, je retourne dans ma cabine. Prévenez-moi de toute évolution.
Et ce fut ce qu'il fit. Retourner dans sa cabine, bien sûr. Alfred soupira, un sentiment amère commençant à se former dans son esprit. Décidant qu'il devait se changer les idées, il se retourna pour aller ailleurs. Peut-être avait-il une destination, mais lorsque, du coin de l'œil il aperçu une étrange lueur dans le dos du capitaine, il l'oublia. Il espérait sérieusement que ce n'était qu'une lueur, car le temps qu'il se retourne complètement, cette lueur avait disparue et Arthur entrait dans sa cabine.
Alfred tu vas bien ? T'imagines des lueurs dans les dos des gens…
Alfred : Bien sûr, je suis en pleine forme !
Tori : Mh, tant mieux ^^ *Se tourne vers les lecteurs* Assez de GerIta pour vous ? x) Ou trop, on sait jamais que des gens n'aimeraient pas ou ne s'y intéressent pas assez que pour tout lire. Bah, je comprendrais qu'on passe ce genre de moments qui sont, après tout, pas réellement importants pour l'histoire. Ça lui sert, bien entendu, car au moins le GerIta ne sort pas de nulle part.
Mis à part le GerIta ayant prit la moitié du chapitre, vous avez pu voir un peu le passé de Gil quand il est rentré chez lui ! Ce qu'il se passe entre sa capture et sa libération reste un mystère, contrairement à la mort de ses parents. Et oui, Ludwig regrette un peu de lui avoir dit « Nos parents sont morts » au lieu d'un truc comme quoi il était heureux de le retrouver.
Et sinon, on a enfin notre Antonio ! Et vous savez quoi ? Je pense qu'Arthur a pris une bonne décision, personnellement/SBAFF/ Bon ça fait peut-être un peu sadique, mais dès que j'ai pensé au SpaMano de cette fanfic, Antonio était dans sa cellule. (D'ailleurs ça m'a pas mal rendu la tâche compliqué, cette histoire. J'ai dû mal avec la partie « prison » d'un navire ? Tout ce que j'ai réussi à comprendre, c'est que les marins punis étaient envoyés au fond de la cale.) Donc cool x)
Et Arthur n'a confiance ni en Ludwig ni en Feliciano car le premier est proche de Gilbert et le deuxième de Francis. En plus d'être innocent et de certainement accepter si Francis lui demandait de transmettre certains messages. Ça fait paranoïaque, mais bon, voilà ? x) Il a pas vraiment envie de risquer une mutinerie, bien que l'équipage… semble heureux ? Ah et Lovino avait l'air de ne rien faire donc ça paraît encore juste non ? x) Alfred saurait aussi s'occuper de lui mais… mh bof, c'est un idiot x) Il pourra juste le voir. Et Mattie, vous devinez x)
Oh et j'ai moi-même remarqué le nombre de fois que je change de langue. D'habitude je me retiens en me disant que ça risque de déranger (bien que, comme pour l'italien il s'agit de petits mots que tout le monde comprend) donc j'espère que ça n'a pas été le cas. Personnellement je me suis permis de penser que ce serait sympa. Ce qui me fait penser que, je sais pas pourquoi, mais « Patata » m'a fait rire, quand j'ai voulu vérifier que je ne me trompais pas. « Patata bastardo »… bon c'est passé maintenant apparemment mais quand même, j'ai ris pendant plusieurs minutes. Bah, y a des jours comme ça…
Petit rajout après avoir écrit le chapitre 12 : Je ne vais certainement plus écrire pour un long moment parce que, ben, examens. Et ils commencent tôt chez moi (plus tôt que ma sœur qui pourtant est en rhéto… enfin ça vous dira plus « terminale », non ? Bref je dois… *A oublié ce qu'elle voulait dire* Oui, étudier et tout le tralala donc vous pouvez choisir de soit lire le chapitre 12 dans deux semaines à la place du chapitre 13 soit ben… le lire directement.
Donc je n'ai plus rien à dire alors au prochain chapitre.
Mots : 7.621
