Bon ! Puisque je suis censée être partie à 4h et que j'ai encore un ou deux trucs à préparer (mes jeux), je me demande combien de mots je peux écrire en deux ou trois heures...
Mais avant, la petite note, eh ?
… J'ai rien à dire. Bon, puisque immedia est certainement en train de dormir, que je n'ai aucun autre ami pour me faire chier (gentiment) et que je n'ai rien d'autre à faire, commençons !
Une légère note par contre : Ivan aura fait pas mal de mauvaises choses (je l'ai déjà dit avant avec Francis et Arthur je crois… au moins avec Arthur…), mais si vous détestez qu'Ivan soit un grand méchant qui a fait beaucoup de mal, tué beaucoup de monde, ce genre de choses… Détendez-vous : En tant que pirate, Arthur, Francis, Gilbert et Antonio auront fait pas mal de mauvaises choses aussi.
Bien, si tout le monde va bien et est détendu et je-sais-pas-quoi-d'autre, alors commençons ! Je viens de perdre trois bonnes minutes à déballer des chiques.
Oh vous vous rappelez quand j'ai dit qu'il n'y avait personne pour me faire chier ? … Une mouche campe dans ma chambre depuis quelques jours -_- et dire que j'y suis allée pour échapper à celle dans le salon… *Soupire*
(Et immedia vient juste de se connecter, uh)
Chapitre 14 : Parce qu'un jour, tout deviendra plus clair
Gilbert regardait le visage endormi de Matthew avec attention. Même plus que de la simple attention. En réalité, il ne pouvait pas détacher le regard de son mignon compagnon. Ou de ses deux mignons compagnons, puisque Gilbird était en train de dormir sur sa tête. C'était sans aucun doute la vue la plus mignonne qu'il ait jamais eue à voir.
L'organisation des chambres avait été décidée la veille, après avoir obtenu les clés. Feli voulait dormir avec son frère et Ludwig, ce qui causa quelques problèmes du côté de Lovino et quelques problèmes de confort du côté de son frère à lui. Mais finalement l'allemand avait accepté et l'albinos avait pu demander à dormir avec son Birdie.
Quant à Alfred… Il était le dernier, et Francis n'était pas une option donc ils avaient pensés qu'il dormirait avec Arthur, bien que le capitaine avait finalement déclaré vouloir dormir au navire. En résultat, Francis et Antonio avaient partagé une chambre et Alfred s'était retrouvé seul.
Combien de temps resta-t-il là à ne rien faire, juste allongé à regarder le blond, il ne savait pas. En tout cas, il continua de rester silencieux jusqu'à ce que Matthew ne se réveille.
- Oh, tu es réveillé ! remarqua-t-il intelligemment. Ça va, tu as bien dormi ?
- Gil ? Oui, j'ai bien dormi, répondit l'autre avec un sourire.
Après s'être échangés quelques banalités, le plus jeune décida de se lever car si Alfred était déjà levé, alors il voudrait certainement que quelqu'un lui garde compagnie. Ou plutôt, mieux valait ne pas le laisser sans compagnie alors qu'ils étaient en pleine ville. Qui savait ce qu'il pouvait faire ? Selon Matthew, son frère pouvait causer de nombreux problèmes.
Mais une fois en bas, il n'y avait personne ressemblant au bruyant et toujours joyeux (quoique, des fois, pas si joyeux) Alfred. Se disant qu'il dormait sûrement toujours, les deux hommes décidèrent de manger d'abord. Mais malgré tout le temps qu'ils prirent à manger, les seuls à apparaître furent Ludwig, Francis et Antonio. Puis ils attendirent pour les jumeaux italiens.
- Ve~ Où est Alfred ? Il dort toujours ?
- Qu'est-ce que ça peut faire ? Pourquoi est-ce qu'on l'attend ? On le reverra plus tard non ?
- Et s'il était déjà parti ? suggéra Francis.
- Vous pouvez déjà y aller si vous voulez. Je vais aller voir s'il est dans sa chambre.
- D'accord, Birdie ! cria Gilbert.
Francis lui adressa un hochement de tête pour lui faire signe qu'il avait compris et avec ça, le plus jeune monta les escaliers. Aussitôt, le joyeux italien se redressa et prit les mains de son frère et de celui du prussien.
- Ve~ ! Donc on peut y aller ? Ludie, Lovi, venez avec moi !
Et il les emmena à l'extérieur, ignorant complètement les protestations venant de derrière lui. Une fois la porte fermée, le français se tourna vers ses deux amis, souriant.
- Bien, puisque nous sommes tous les trois enfin réunis, que diriez-vous de passer la journée ensemble ?
- Ce serait génial ! répondit Antonio.
- On attend pas Birdie ?
- Gil, tu peux le laisser une journée non ? On est enfin réunis ! Et Tonio n'est plus enfermé !
- Grâce à Lovi~ !
L'albinos regarda ses deux meilleurs amis un moment avant de sourire.
- D'accord ! Puisque vous insistez, mon extraordinaire personne va vous accompagner !
- Tu ne changes vraiment pas, Gil…
- Oui, sa tête est toujours aussi enflée…
- Eh !
*.*.*
Il n'y avait pas beaucoup de scénarios possibles, dans la tête de Matthew. Soit son frère se trouvait dans sa chambre, soit il était déjà en ville. Mais le deuxième scénario était impossible sans que l'américain ne vienne le déranger d'abord. Ce qu'il n'avait pas fait. Donc, il ne pouvait être qu'à l'auberge. Dans sa chambre.
Sauf que la porte était ouverte et qu'en entrant dans la pièce, il ne vit personne. Fronçant les sourcils, le canadien se demanda si Alfred lui faisait une blague. Gamin comme il pouvait parfois l'être, c'était possible, n'est-ce pas ? Il entreprit de regarder sous le lit, le seul endroit où il pouvait se cacher. Mais il n'y avait rien.
Inquiet, il descendit à nouveau et alla voir l'aubergiste. Avec un peu de chance, il aurait vu Alfred partir.
- Excusez-moi… quelqu'un serait-il sorti euh… Enfin, quelqu'un qui me ressemble, avant que je n'arrive.
Il y eut un bref moment de silence, durant lequel l'aubergiste réfléchit.
- Non je ne pense pas. Mais durant la nuit, quelqu'un est sorti en courant.
- Vraiment ?
Ça ne prouvait rien, mais peut-être que c'était lui. Ou peut-être pas. Ça ne l'aidait vraiment pas en fait.
- Je n'ai vu personne comme vous aujourd'hui. Et j'ai été réveillé en pleine nuit par des bruits plutôt dérangeants.
- Des bruits dérangeants ?
- Un cri, d'abord. Puis un bruit sourd à l'étage ainsi que des bruits de pas et la porte d'entrée se fermant plutôt violemment.
- Un cri ? Qu'est-ce que c'était ?
- Je ne sais pas, honnêtement. Je n'allais pas vérifier. Et s'il s'agissait d'un meurtre ? Je sais me débrouiller pour me défendre, mais on ne sait jamais à qui on a affaire. Je préférais espérer que la personne qui a causé ce cri ne vienne pas dans mon auberge. En tout cas, cette personne qui est partie doit avoir voulu intervenir, elle.
- … C'est tout à fait le genre de personne qu'il est, soupira Matthew.
- M'est avis que vous allez bientôt en avoir, des problèmes, si c'est la personne que vous chercher.
- Avec lui c'est toujours comme ça.
- Peut-être, mais avec Braginski en ville, vous devriez le retrouver en vitesse et faire profil bas. Si rien ne lui est encore arrivé.
- Braginski est en ville ?
- Oui, de ce que j'ai entendu. Quelqu'un a repéré son navire, caché au nord de la ville.
- Merci, monsieur ! Je vais trouver mon frère et le lui dire !
L'aubergiste sourit et répondit un bref « de rien » avant de lui recommander d'être prudent. Le canadien répliqua qu'il le serait et s'en alla immédiatement. Comment était-il supposé chercher après Alfred ? La ville n'était pas énorme, mais elle était loin d'être petite. Il pouvait toujours commencer par chercher aux alentours de l'auberge, mais après…
Enfin, ce n'était pas comme s'il avait mieux comme solution. Donc il allait devoir chercher à l'aveuglette une personne qui bougeait beaucoup. Ça allait lui prendre du temps.
*.*.*
Sa recherche dura des heures. Matthew dut explorer aussi bien les rues que les ruelles. Mais aucun visage dans les rues n'était celui de son frère et il n'y avait personne dans les ruelles. Parfois si, mais la personne ou celle qui l'accompagnait n'était pas Alfred.
Même lorsqu'il était obligé de s'arrêter, complètement à bout de souffle, il cherchait parmi les visages autour de lui. Mais en fin de compte, il ne trouvait pas celui qu'il cherchait. À présent, il pouvait même reconnaître certains visages.
- Birdie ? Est-ce que ça va ?
Au son de la voix d'un certain albinos, le canadien releva la tête. Avec son petit-ami se trouvaient les deux meilleurs amis de ce dernier.
- Oh, Gil… Oui… Oui, je vais bien.
- Tu courrais ? demanda Antonio, remarquant ses halètements.
- Euh… Oui. Alfred a voulu jouer à un jeu stupide.
- Oh ? Donc il va bien ? demanda Gilbert. Tant mieux, il commençait à inquiéter mon extraordinaire personne !
- Quel est ce jeu ?
À la question du français, Matthew paniqua intérieurement.
- … Cache-cache. Il… s'est caché et je dois le chercher.
- Dans une ville ?!
- Oui, c'est exactement le genre d'idiot qu'il est après tout… Oh, au fait. J'ai parlé à l'aubergiste. Apparemment, Braginski est en ville…
Les trois amis se figèrent et Francis fronça les sourcils.
- Braginski… ?
- O-Oui… il y a un problème ?
Le silence se fit et le plus jeune hésita un moment, considérant changer de sujet. Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour parler, l'espagnol prit le sac de son ami blond avec un grand sourire.
- Qu'est-ce que tu fais, Antonio ?!
- Si tu veux récupérer ton sac, viens le chercher Frany !
- Tonio, rend-le moi !
- Oh je sais ! Il y a ton argent là-dedans non ? Si tu ne le reprends pas, c'est avec ça qu'on manger !
- Oh bonne idée, Tonio ! Passe !
S'en suivit un jeu de passe passe entre Antonio et Gilbert, qui coururent pour éviter de laisser leur troisième ami attraper son sac. Et Matthew les regarda, légèrement perdu. Puis il secoua la tête. Peu importait. Il devait retrouver son frère avant qu'il ne fasse des bêtises. Et puisqu'il avait fouillé toute la ville, il se dirigea vers le navire. Arthur s'y trouvait après tout, donc c'était une possibilité.
Une fois arrivé, il balaya le pont du regard avant de se diriger vers la porte de la cabine du capitaine et de toquer. Il entendit un grognement.
- Non Alfred, je n'ai pas de temps à perdre pour toi.
- C-Ce n'est pas Alfred.
Des bruits de pas se firent entendre et la porte s'ouvrit si violemment que le canadien eut peur pour son nez.
- Que veux-tu alors ?
- Euh… En fait je le cherchais. Il… a décidé de se cacher quelque part et je dois le retrouver…
- Vraiment ? Il est en ville alors ?
- Oui, je pensais qu'il pourrait être venu ici mais je vais aller le chercher en ville.
Bien qu'il sembla plutôt hésitant, Arthur acquiesça d'un hochement de tête et ferma la porte, retournant dans sa cabine et laissant Matthew seul. Le blond se demanda un moment si le capitaine l'avait cru avant de se dire que ce n'était pas important. De toute façon, il retrouverait Alfred.
*.*.*
Il ne le trouva pas. Même après toute une journée de recherche, il n'avait pas trouvé Alfred. Pourtant, en une journée complète, c'était impossible de ne pas croiser quelqu'un. Même s'il était certainement en train de bouger (ou plutôt parce qu'il bougeait, justement). Déjà qu'il avait vu une ou deux fois le bad touch trio (comme ils s'étaient toujours appelés) et aperçu quelques fois les deux jumeaux italiens accompagnés de Ludwig…
À la fin de la journée, il était complètement désespéré. Il n'y avait plus qu'un scénario se produisant dans sa tête : Alfred avait croisé Ivan. Il aurait aimé en douter, mais ce n'était pas comme s'il y avait une autre option. En revanche, le canadien n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être devenu l'américain. Était-il mort ? C'était impossible, n'est-ce pas ? Était-il retenu prisonnier ? La deuxième option était la meilleure, même s'il ne l'aimait pas du tout.
Peut-être que s'il attendait juste encore un peu, Alfred reviendrait le soir ? Après tout, il faut attendre vingt-quatre heures avant de déclarer quelqu'un disparu. Mais c'était dans le monde moderne et ça ne valait que pour la police. Et là, il y avait Ivan Braginski dans le coin. Sans compter que son frère n'aurait pas pu partir n'importe où.
- J'ai menti désolé !
Toutes les têtes se tournèrent vers lui. Non en réalité, seulement une.
- Birdie ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda ensuite Francis, attirant l'attention des autres sur lui.
- Je… Il…
Que devait-il dire ? Que son frère avait potentiellement été enlevé par Braginski ? Malgré une certaine coïncidence entre la disparition d'Alfred et l'apparition du pirate russe, il n'avait aucune raison de penser ça. Si cela se trouvait, il avait juste quitté la ville et s'était perdu. Même si ça ne faisait pas très « héros » de sa part. Sûrement devrait-il se contenter de dire qu'il avait disparu. Et prévenir qu'Ivan était dans les passages.
- Parle, Matthieu, tu nous inquiètes avec ton silence !
- D-Désolé ! Euh… Alfred a… disparu.
Il y eut d'abord un silence. Des yeux s'écarquillèrent, des sourcils se froncèrent et tous arrêtèrent de manger. Puis Arthur se leva.
- Quoi ?! Depuis quand ?
- Je dirais… Hier soir… Ou durant la nuit…
- Lo siento pero… Ne nous as-tu pas dit que tu l'avais retrouvé ?
- Si… Mais je ne voulais pas vous inquiéter, donc j'ai menti.
- Ve… Donc Alfred a vraiment disparu ? Que lui est-il arrivé ?
- Ça n'a pas intérêt à être une blague, bastardo.
- Ça ne l'est pas ! J'ai parlé à l'aubergiste et il m'a dit avoir entendu un cri et des bruits de pas descendant les escaliers. Et… et il a entendu… il a entendu dire qu'Ivan Braginski était dans les parages.
Des visages pâlirent. Celui de Francis, surtout. Les yeux des deux meilleurs amis de ce dernier se dirigèrent vers lui et les sourcils d'Arthur se froncèrent encore plus que d'habitude. Les deux italiens, eux, les regardaient sans comprendre. Et même si Matthew savait qu'Ivan était un pirate terrifiant, il n'était pas sûr de comprendre non plus. Pour une raison ou une autre, il avait l'impression qu'il y avait autre chose…
- Nous devons le trouver immédiatement, déclara le capitaine anglais d'un ton ferme.
Le canadien le regarda se déplacer jusqu'à la sortie, les poings ne s'ouvrant que pour ouvrir la porte. Les autres firent de même, restant silencieux. Du moins, jusqu'à ce qu'un certain blond ne redresse d'un coup la tête et ne se lève pour partir en courant. Les autres suivirent presque immédiatement.
- I don't know.
- C'est stupide de ta part, partir ainsi… Tu pourrais te faire tuer !
- Et qu'est-ce que ça peux bien te faire ? Je ne peux pa- Oh, Ma… euh, c'était quoi déjà ?
- Matthew… répondit ce dernier.
- Right. Sais-tu où se trouve Braginski ?
- Euh… l'aubergiste m'a dit que son navire était amarré au nord de la ville… Mais c'est tout ce que je sais.
- Bien ! Alors on va chercher là-bas !
- Quoi ? s'étonna Francis. Pourquoi serait-il… là-bas ?
- Alfred ne voulait-il pas l'emmener avec nous ?
- Euh… Si, peut-être… Mais que comptes-tu faire ? Trouver son navire, aller le voir et juste demander comme ça si Alfred est avec lui ?
- Oui.
- Quoi ?!
- Estás loco !
- Ja, aber ich bin mit ihm. (Oui, mais je suis avec lui)
- Ve ? Qu'est-ce qui se passe ? Fratello.
- Ne me demande pas, idiota ! Comment je le saurais moi ?!
- En tout cas, j'y vais, déclara Arthur, Vous pouvez retourner au navire au cas où, mais j'y vais.
*.*.*
Lorsque ses yeux s'ouvrirent, tout ce que vit Alfred fut du noir. Où était l'interrupteur ? Il resta deux minutes immobile, sans bouger, avant de se rappeler qu'il n'était plus dans son monde. Avec un soupir, il voulu au moins sortir du lit dans lequel il était couché. Sauf qu'il n'était pas dans un lit. Et encore moins couché. Ça, il ne savait pas comment le prendre. Tout comme le fait que ses mains étaient attachées à un mur.
Tout en plissant les yeux pour mieux voir autour de lui, l'américain essaya de trouver une raison à pourquoi il était attaché. Il n'avait rien fait de mal n'est-ce pas ? La nuit précédente, il était seulement allé dormir. Oh et Matthew allait sûrement s'énerver sur lui, n'est-ce pas ? Si ce n'était pas une blague de sa part et qu'il l'écoutait jusqu'au bout.
En fin de compte, il ne voyait pas du tout ce qu'il pouvait bien faire là. Mais il ne paniqua pas. Les héros ne paniquaient jamais, même dans les situations les plus difficile, sombres, glauques et/ou complètement désespérées. Juste parce qu'ils étaient attachés ne voulaient pas dire que c'était la fin. Donc il trouverait bien un moyen de se détacher et de s'enfuir.
Sauf qu'il ne savait pas comment se détacher.
Alors qu'il se demandait comment il allait faire pour s'en sortir, une porte s'ouvrit et la lumière qui entra dans la pièce l'éblouit. Une silhouette entra également, avançant dans sa direction à pas lents. Alfred plissa les yeux, mais fut incapable de voir de qui il s'agissait. Et alors que ses yeux s'habituaient enfin à la lumière, la silhouette s'arrêta et la porte se ferma, le laissant dans le noir complet, une fois de plus.
- Здравствуйте, Альфред.
- I-Ivan ?!
Non, il ne venait pas de bégayer. Quel genre d'héros bégayait ? Pas les vrais en tout cas et Alfred, lui, était un vrai héros.
- Да, c'est moi.
- Pourquoi je suis attaché ?!
- Ah, désolé pour ça. Je ne veux juste prendre aucun risque.
- Euh… Quoi ? Quel genre de risque ?
- Celui que tu t'enfuisses, que tu emploies la violence. On m'a prévenu.
- Prévenu ?
- Il m'a dit que tu le connaissais.
- « Il » ?
- Même si tu ne peux pas voir son visage. C'est dommage.
- Et tu peux ?
- Bien sûr que je peux.
- Pourquoi ?
Non, l'américain n'avait aucune idée de quoi il parlait. Il posait des questions pour comprendre mais en l'absence de réponse, il se contentait de ce qu'il avait. Ou pas, puisqu'il ne comprenait vraiment rien. Des gens, il en connaissait. Et pas mal, en plus de ça. Donc cette personne qui avait renseigné Ivan (peu importe ce qu'elle avait dit) pouvait être n'importe qui. Par contre, quelqu'un dont il ne pouvait pas voir le visage…
Deux « visages » apparurent dans son esprit. La sorcière et l'esprit.
- Une minute ! Tu connais la sorcière ?!
Au bout d'un long moment de silence, le russe acquiesça d'un hochement de tête. Mais il ne dit rien de plus, et Alfred ne sut que dire d'autre. Il essaya bien d'y réfléchir, mais il ne savait pas ce qu'il pouvait… Oh en fait il y avait peut-être quelque chose… Mais il n'était pas sûr.
- En tout cas, tu resteras attaché jusqu'à ce que je décide le contraire.
- Pourquoi je m'enfuirais ? Tu n'as pas de raison de m'attacher, vu que je voulais que tu viennes avec moi et les autres, moi !
- Je sais.
- Uh ? Alors pourquoi… ?
- Je sais ce que tu veux faire et les autres avec toi ne m'aiment pas. Donc j'irai faire ce que je dois faire, et tu vas venir avec moi. Que tu le veuilles ou non.
- Quoi ?! Je suis libre de faire ce que je veux !
- Pas sur mon navire, non.
- Mais c'est- ! Tu ne peux pas, c'est juste… !
- Silence, Alfred !
Les mots qui venaient de lui être criés… non hurlés le réduisirent au silence instantanément. Du moins, pour deux secondes. Car assez rapidement, il se rendit compte qu'Ivan l'avait appelé par son prénom.
- « Alfred » ?
- C'est ton nom.
- Je sais ça, répondit ce dernier en boudant un peu. Mais comment tu connais mon nom ?
- Tu connais le mien.
- Euh… Well that's… Eum… Je…
- C'est sûrement дух qui te l'as dit.
- Qui ?
- L'esprit.
De nouveau, le silence s'installa. Donc Ivan connaissait l'esprit ? Bon ça n'allait pas changer grand-chose, si ? Parce que là il était toujours bloqué et si l'esprit semblait être ce personnage qui pouvait l'aider à s'échapper, Alfred n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire. Ou de ce qu'il voudrait bien faire, en réalité. Après tout, si l'esprit lui parlait mais faisait de même avec Ivan, de quel côté était-il ? Et si Ivan connaissait aussi la sorcière, l'esprit était-il aussi un ami de la sorcière ?
Il n'était réellement pas habitué à réfléchir autant. Sans compter qu'il n'avait aucun indice.
Alors qu'il tentait de réfléchir tant bien que mal, l'américain entendit la porte s'ouvrir.
- Attends !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Si tu m'as appelé « Alfred »…
- C'est parce que дух me l'as aussi donné. Content ?
- Non, ce n'est pas ce que je voulais demander.
- Alors quoi ?
- Est-ce que…
Comment était-il supposé demandé ça ? Si Ivan ne s'en souvenait pas, quelles seraient les conséquences de lui avoir dit qu'il était la personnification d'un pays qu'il ne connaissait pas encore ? Quelque chose lui disait que ce ne serait pas très… positif. C'était l'instinct, non ?
- Est-ce que tu sais… pour…
Il espérait réellement que ce serait suffisant. Le regard rempli d'espoir, il attendit une réponse de la part du Russe, qui semblait toujours en train de réfléchir. Même s'il s'agissait d'Ivan et qu'il ne l'aimait pas, avoir une personne en plus se souvenant de leur monde originel aurait été un vrai soulagement. En gros, il serait heureux de voir que la situation n'était pas si mauvaise. Aussi peu mauvaise puisse-t-elle être alors qu'il était attaché et aux mains de quelqu'un comme Ivan. Et qu'il était loin de tout ses amis.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit finalement l'autre.
Alfred ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Mais quoi ? Il ne savait pas. De toute façon, il n'en eut pas le temps car quelqu'un arriva apparemment (il ne pouvait pas bien voir, à cause de toute la lumière) et parla au capitaine, qui était toujours tourné vers son prisonnier.
- Capitaine ! Le capitaine Kirkland veut vous parler.
Arthur ? La tête de l'américain se releva d'un coup. Arthur le cherchait ? Un grand sourire se dessina sur son visage et il se remit à penser à un moyen de s'enfuir à nouveau. Tout en ramenant Ivan avec eux, bien sûr.
- Je n'irai pas lui parler. Retourne à ton poste.
- Il a dit que si vous refusiez, il viendrait.
- Qu'il vienne. Il ne nous trouvera pas.
- Euh… En fait, il est déjà là, monsieur. Il a trouvé le navire.
- Quoi ?!
Sur ce, les deux pirates s'en allèrent, la porte claquant alors que les bruits de pas se firent muets. L'esprit d'Alfred tenta de se concentrer sur un moyen de se débarrasser de ses liens. Si Arthur était là, alors il devait s'en occuper le plus vite possible.
La plupart du temps, dans les films qu'il avait vu, le protagoniste trouvait toujours un moyen d'obtenir la clé dont ils avaient besoin. Mais à quoi lui servirait une clé en fait ? C'était des cordes… Alors il lui fallait un objet coupant. Ce qu'il n'avait pas et il n'avait pas la moindre idée de quand quelqu'un pourrait venir. Donc ces options étaient à mettre à l'eau. Et les cordes ne céderaient pas juste en écartant les poignets, si- Le blond regarda ses poignets. Bon bah apparemment si.
Logiquement, pour la cellule par contre, il avait besoin d'une clé. Mais en fait, ça devenait assez ennuyant pour lui et il décida de simplement enfoncer la porte. Pareil pour celle de la cale. Et si la première fois, ça c'était bien passé, la deuxième en revanche… Comme la porte n'était pas verrouillée, il fut surpris et tomba au sol, alertant tout le monde autour de lui.
- Alfred !
- Comment t'es-tu échappé ?!
En face de lui, deux capitaines pirates. L'un qu'il était plutôt content de voir.
- Arthur !
Ce dernier ne faisait déjà plus attention à lui, s'étant tourné vers le russe.
- Donc tu l'avais vraiment !
- Oui, et ?
- Tu… Qu'est-ce que tu comptais faire avec lui ?!
S'étant relevé assez rapidement, Alfred regarda attentivement les deux capitaines. Si Ivan paraissait calme, Arthur, lui, avait la main posée sur le pommeau de son épée.
- Ça ne te concerne pas.
- Bien sûr que si, puisqu'il voyage avec moi sur mon navire.
- Je suis sûr que tu ne le connais pas depuis aussi longtemps que moi.
Les sourcils de l'américain se froncèrent, la confusion envahissant ses pensées.
- Quoi ? Je ne pense pas non… Enfin… Non je ne pense pas…
Le silence s'installa sur les trois. Décidant d'ignorer ce qu'il venait d'entendre (parce que ce n'était sûrement pas important de toute façon), Alfred décida de profiter du fait qu'il avait l'attention des deux autres pour s'immiscer un peu plus dans la discussion. Enfin surtout la diriger sur le bon sujet.
- Bref vous devez venir avec moi, tous les deux ! Bon Artie t'es déjà avec moi et en fait c'est plutôt moi qui suis avec toi puisque c'est ton navire et tout ce qui va avec, je sais mais bref ! Ivan, tu dois venir avec nous !
Les deux capitaines le regardèrent, aussi confus que lui-même une ou deux minutes plus tôt.
- Pourquoi irais-je avec lui ? Je sais ce que tu essayes de faire, Alfred, et je ne veux pas venir avec toi.
- Quoi ? Pourquoi ? Si tu sais ce que je veux faire, alors pourquoi tu ne viens pas, justement ? J'ai besoin que tu viennes. Ça ne marchera pas sans toi, tu sais !
- Mais il y a certaines personnes dans ton groupe que je n'ai pas envie de voir et qui n'ont pas très envie de me voir non plus. Ne t'inquiètes pas, je sais que je peux t'aider sans que nous ayons besoin d'eux.
- Je ne pense pas…
- Alfred, partons.
- Non, je vous en interdit.
- Non on ne peut pas partir ! cria presque Alfred au même moment qu'Ivan.
- Quoi ?
- Tu vois, répliqua Ivan avec un sourire triomphant, tu peux partir, nous n'avons pas besoin de toi.
- J'ai dit « on » ! Et si on doit partir, ce sera à trois !
- Je refuse, répondirent les deux capitaines en parfaite unisson.
- Alors personne ne part.
- Est-ce que cette situation nous mène quelque part ? Je vous rappelle à tous les deux que j'ai l'avantage. Ceci est mon navire. Mon équipage peut te tuer n'importe quand, Kirkland. Et ces personnes qui t'attendent toujours ne changeront pas la donne. Reprendre Alfred ne me sera pas compliqué.
- Eh, je me suis échappé par moi-même, je pourrai recommencer ! Et de toute façon, je ne me laisserai pas faire attraper comme ça, arrêtez de parler comme si je n'étais pas là !
- Tu sais très bien que je ne me laisserai pas non plus faire, n'est-ce pas ?
- Oh vraiment ? Alors amenez-vous, toi et ta misérable épée et prouvez-le moi.
- Arthur ! cria une voix différente, Ne fais l'idiot et reviens ! Tu as une idée du nombre d'hommes qu'il y a, sur ce navire ?!
- Tch, damn frog, il n'a pas le droit de me donner d'ordre. Mais je suppose que tu es libéré, Alfred, alors allons-nous en.
- Quoi ?! Eh, tu te rappelles de ce que j'ai dit ? Je ne veux pas, je dois-
- Alfred.
- Tu crois que je vais te laisser t'en aller ainsi ?
En sentant la main d'Arthur prendre la sienne, Alfred le regarda. Il voulut résister mais lorsqu'il vit Ivan et tous ses hommes sortir leurs épées, il hésita clairement. Risquer sa peau ou celle de l'anglais pour convaincre quelqu'un comme le capitaine russe ne semblait pas être une très bonne idée. Et si Alfred ne savait pas ce qui arriverait s'ils mourraient, lui ou Arthur, il préférait ne pas prendre le risque de perdre l'anglais.
- D'accord…
- Désolé.
Et ils se mirent à courir, l'américain passant rapidement devant, tirant plus le blond derrière lui qu'autre chose. Ils sortirent rapidement et virent Francis, Gilbert et Antonio qui ne demandèrent même pas ce qui s'était passé et se contentèrent de courir avec eux.
Ils ne s'arrêtent qu'une fois de nouveau en ville. Lâchant tous un soupir de soulagement, ils se remirent à marcher et Alfred sentit quelque chose lui échapper de sa main droite. Sursautant, il voulut vérifier mais se rappela qu'il n'avait rien dans la main donc il n'avait en réalité rien fait tombé. Non, il n'avait rien dans la main parce que c'était celle d'Arthur qu'il avait tenu.
Et en ce moment précis, Arthur était couché au sol, visiblement inconscient.
- Arthur ! Arthur, ça va ?!
*.*.*
Lorsqu'ils furent rentrés, le bonheur des jumeaux, de son frère et de Ludwig de l'avoir retrouvé ne fut pas de très longue durée quand ils virent Arthur inconscient. Celui-ci fut rapidement amené au médecin de l'équipage et après une attente beaucoup trop longue, Francis proposa à Alfred de se reposer, lui assurant qu'il irait bien. Avant, l'américain voulut poser quelques questions mais il n'en reçut pas l'autorisation et fut envoyé au lit.
Mais le repos non plus ne lui fut pas accordé car lorsqu'il ouvrit les yeux, il se trouvait dans un manoir… plutôt familier, en fait. Il essaya de se rappeler pourquoi, mais il n'y arriva pas. Finissant par en avoir marre d'y réfléchir, Alfred haussa les épaules et regarda autour de lui.
- Êtes-vous certain que c'est nécessaire ?
La voix venait de la porte à sa droite. Se tournant rapidement, il se dirigea vers la porte et regarda à travers le trou de la serrure. Bon il ne savait pas trop pourquoi il faisait ça au lieu de voir s'il pouvait traverser la porte, mais il se contenta de le faire ainsi. Même si tout ce qu'il voyait, c'était un Lovino enfant, qui avait une main posée sur son épaules. La main de quelqu'un qu'il ne pouvait voir et qu'il pourtant arrivait à reconnaître, quelque part dans un coin de son esprit.
- Je le suis. Feliciano a insisté pour venir mais la punition de cet enfant-ci est loin d'être finie.
- Mais vous ne pouvez pas nous faire-
- Je suis désolé, je ne suis pas sûr d'avoir entendu.
- Nous ne pouvons pas-
- Francis !
La troisième voix, contrairement à la deuxième qui était plutôt grave et ressemblait à celle d'un homme beaucoup plus âgé, semblait être celle d'une jeune fille. Et à en juger par ce qu'elle venait de dire, la première voix qu'il avait entendue devait être celle de Francis.
- … Bien. Nous nous occuperons de sa punition.
Ce fut à ce moment-là qu'Alfred réalisa qu'il ne pouvait contrôler son corps. Parce que, sans qu'il ne le veuille, il recula et se tourna. Un moment immobile, il se mit soudainement à courir silencieusement dans le couloir. Puis tout devint noir. Pour une raison inconnue, il se retrouva assis contre un mur. Parfois sa tête bougeait d'un coin à un autre, lorsqu'un son atteignait ses oreilles. Mais il n'y avait rien d'autre. Juste des sons de temps, mais ce n'était que des bruits de pas lointains ou bien des personnes qui parlaient (bien qu'il était difficile de comprendre ce qu'elles disaient).
Sinon, il n'y avait que le noir. Et ce sentiment de peur et de solitude.
Et alors que les minutes se prolongeaient, juste au moment où il crut entendre quelqu'un pleurer, sa vision revint et les pleurs s'arrêtèrent aussitôt, comme s'ils n'avaient jamais eu lieu.
- ¡ Hola ! Feliciano. Je suis venu rendre visite à Francis, tu sais où il se trouve ?
Quand Alfred se retourna, il vit un certain espagnol le regarder en souriant, un panier rempli de tomates sous le bras. Un sentiment de joie l'envahit et il se mit à sourire. Cette réaction ne devait pas lui appartenir. Pourquoi serait-il aussi heureux de voir le brun ? Pas qu'il le détestait, bien entendu.
- Je crois qu'il est dans sa chambre, répondit la voix d'un petit Feliciano.
- Je vois, ¡ Gracias ! Je vais aller le chercher. Et ton frère ?
Il y eut un moment de silence et avant qu'Antonio ne puisse reposer sa question, le petit italien répondit.
- Je ne sais pas.
L'américain le savait, Feliciano ne mentait pas. Surtout lorsqu'il sentit la même inquiétude que lui.
- Alors je demanderai à Francis ou à Marianne ! Mais d'ailleurs, qu'est-ce tu fais ici ? Tu es tout seul ? Je pensais que tu parlais avec quelqu'un…
Cette fois en revanche, il sentit des millions de pensées passer dans son cerveau mais n'arriva pas à les attraper, se retrouvant plutôt perdu.
- Mh ? Non, il n'y a que moi !
- Ah bon. Tu veux une tomate ?
Nul besoin de le préciser, la tomate fut acceptée avec joie. Et pour Alfred, le monde redevient brièvement noir avant de le faire changer de nouveau, le ramenant dans un couloir du manoir. Non loin, Francis et Marianne discutaient entre eux.
- Tu es sûr qu'on ne peut rien y faire ? Peu importe les raisons qu'il a de faire ça, c'est beaucoup trop cruel…
De quoi parlaient-ils, l'observateur n'en avait aucune idée.
- Je sais, mais avec l'un de ses hommes pour surveiller, nous ne pouvons rien faire.
- Nous pouvons quand même refuser, qu'est-ce qui nous en empêche ?!
- Tu le sais très bien, Francis. Moi aussi je veux refuser, mais tu sais que sans lui, nous n'aurions plus rien.
- Mais…
- Essaye de comprendre ! Je ne veux pas que toi, père ou mère se retrouvent tués à cause de ça !
Il n'y eut aucune réponse de la part du français, le silence s'installant sur le couloir à la place. Mais alors que la jeune femme en face de lui posait une main sur son épaule, il releva la tête.
- Et si je trouve un moyen de gagner de l'argent ?
- Je ne pense pas que ça réglera le problème.
- Je peux essayer, non ?
Marianne soupira.
- Tant que tu ne te fais pas tuer, d'accord ? Promets-moi que tu seras prudent.
- Je le serai, tu peux compter sur moi.
Derrière lui, des bruits de pas retentirent et il se sentit reculer sur le côté pour voir Antonio courir dans la direction de Francis et le prendre dans ses bras par derrière. Heureusement, le français réussit à garder son équilibre et regarda son ami en souriant.
- Antonio ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je suis venu te rendre visite, mi amigo.
- Je ne savais pas que tu venais aujourd'hui.
- Normal, ça s'appelle une visite surprise !
Alors que les deux commencèrent à parler, il se vit reculer, se retourner et partir. Ce qu'il avait entendu ne le concernait en réalité certainement pas et il aurait dû s'en aller il y avait déjà trop longtemps. Du moins, jusqu'à ce qu'il entendit deux ou trois phrases.
- Oh Antonio, mon ami, pourrais-tu me rendre un service ?
- Si, de quoi s'agit-il ?
- Quand tu repartiras, tu pourras m'emmener avec toi ?
À nouveau, il y eut ce silence.
- Je veux bien !
Et pour la énième fois, Alfred vit le couloir et les personnes présentes disparaître pour laisser place à un salon et à un Francis plutôt sérieux.
- Je suis désolé Matthieu. On ne peut pas te garder plus longtemps.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Parce que… Euh… C'est compliqué.
Tout était toujours compliqué. C'était quelque chose qu'il détestait. À cause de ça, il n'avait jamais aucune réponse et on le laissait se poser des questions sans réponse tout seul.
Alfred se demanda si son frère pensait souvent comme ça.
- J'ai pensé que tu pourrais aller chez Gilbert quelques temps ?
- Combien de temps ?
- … Je ne sais pas. Peut-être très longtemps. Mais peut-être moins.
- Ça n'aide pas.
- Je sais. Désolé. Je ne veux pas te chasser du manoir mais…
Son regard descendit vers ses genoux. Enfin, pas réellement les siens. Plutôt ceux de son frère. Malgré lui, il sentit les larmes envahir ses yeux. Et s'il se sentait content de revoir Gilbert, il se sentait également triste de devoir partir. Alfred voulait arrêter de sentir les émotions des autres. Des fois, c'était beaucoup trop triste ou sombre à son goût…
Francis continua de parler jusqu'à ce que sa vision ne devienne complètement noire. Un moment, il resta immobile. Puis il sentit qu'il marchait. Lui ou quelqu'un d'autre, il n'était plus sûr. La pluie tombait et coulait sur ses joues mais il continuait de marcher calmement. Enfin, ses pieds s'arrêtèrent et, petit à petit, sa vision lui revient. Ses yeux s'écarquillèrent.
Non loin, se trouvait le manoir de Francis. Dont il se trouvait à l'entrée. Le portail était en piteux état, comme si quelqu'un l'avait enfoncé. Ce qui était probablement le cas. En regardant un peu mieux, il vit des personnes au milieu du jardin. Il entendit également des pleurs et des cris. Prudemment, à lents pas silencieux sur l'herbe, il s'avança et vit les formes des personnes se préciser.
Et il reconnut Francis et Arthur. Le français était à genoux au sol, tenant sa sœur dans ses bras. Arthur, lui, était debout et le regardait, habillé de son attirail de pirate. Son épée était sortie. D'un coup, un froid l'envahit et il s'arrêta. L'épée en question était ensanglantée et Marianne ne bougeait pas. Francis l'appelait, mais elle ne répondait pas, le laissant pleurer, les larmes coulant sur sa robe, se confondant à la pluie.
L'anglais murmura quelque chose qu'il n'entendit pas.
Je me demande qui est le plus à plaindre, dans ce tableau…
6.247 mots (ça a augmenté avec la relecture). Ce n'est pas vraiment le chapitre le plus long que j'aie écrit, mais en arrivant vers la fin, je me suis dit qu'il n'y avait rien à rajouter donc j'espère que le rêve d'Alfred et son abondance d'informations (indices compris) compensent assez pour vous. Enfin je suppose qu'il y en a pour ne pas se préoccuper de la taille ou qui seront content d'avoir moins de lecture donc… x) Je me complique juste la vie, c'est tout x)
Bref je ne sais pas trop quoi dire à part « désolée si je me suis trompée pour le caractère d'Ivan » ou bien « Je ne vois pas Francis comme aussi désespéré et en fait son côté ''Ce n'est pas juste'' ressemble plus à Alfred mais c'est mieux pour l'histoire ! ». De toute façon en fait vous ne savez pas de quoi il parle.
Bon du coup sinon je suis contente j'ai enfin écrit cette scène que j'ai imaginée depuis le début ! Et je vous laisse avec votre… cliffhanger parce que je suppose que je peux appeler ça un clifhanger ? Bah peut-être pas… BREF je vous laisse avec cette fin, déjà, parce que comme ça je peux relire et puis publier. Oh je dois trouver un titre aussi.
Bref à la prochaine, pour le chapitre 15 ou un autre OS. Et désolée pour l'attente.
