Donc, j'ai toujours pas d'ordi donc c'est toujours compliqué d'écrire mais en attenant écrivons un semblant de quelque chose en cours d'info (bien sûr, après avoir terminé le travail à faire). Je dois avouer que je ne sais pas ce que je vais faire là x'D
Ça fait un petit moment que je n'ai pas touché à cette fanfic. Deux mois. Bah, je sais pas vous mais déjà deux semaines pour moi c'est long alors…
Bref, je m'y mets !
… Après avoir relu la fin du chapitre 14 au moins
Chapitre 15 : Partout est la place de tout le monde
Depuis son dernier rêve, le cerveau d'Alfred n'arrêtait pas de fonctionner. Sa tête lui faisait énormément mal, du coup, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. De ce qu'il comprenait, Arthur avait tué Marianne. Sinon, pourquoi son épée serait-elle ensanglantée ? Mais il n'avait pourtant pas tué Francis. C'était bizarre.
L'une des solutions était de demander directement, mais comment Arthur le prendrait-il s'il allait le faisait ? Sans doute lui claquerait-il la porte de sa cabine au nez, une fois de plus. Rien qui ne change de d'habitude, mais tout de même… Cet Arthur n'était pas aussi amusant à embêter que celui qu'il avait eu l'habitude de voir.
Oh, et il était actuellement inconscient, aussi. Il pouvait toujours essayer de poser sa question, mais il n'était pas sûr de pouvoir en obtenir la réponse.
- Il y a un problème, Alfred ?
Lorsque l'interpellé se retourna, il fit face à un Francis aux airs plutôt fatigués. D'habitude, l'américain ne faisait pas attention aux expressions des autres, mais même pour lui, il était évident que le français avait grand besoin de sommeil. Non pas qu'il allait le lui dire. Il ne sera certainement pas écouté, de toute façon.
- Comment va Arthur ? demanda-t-il, ignorant la question.
- Il se repose. Tu devrais faire de même.
- J'ai assez dormi.
- Est-ce que tu as fait un cauchemar ?
Surpris, les yeux d'Alfred s'écarquillèrent et il se redressa d'un coup. Un moment silencieux, il se contenta de regarder l'autre blond, qui lui souriait. Avec un sourire fatigué, mais il lui souriait malgré tout.
- Comment as-tu deviné ?!
- Tu viens de me le confirmer.
Pourquoi tout le monde arrivait à le comprendre aussi facilement alors que lui devait réfléchir rien que pour comprendre pourquoi… Bon il ne trouvait déjà pas d'exemple, mais lorsqu'il devait lire les expressions des visages des autres, il devait réfléchir énormément. Pourtant, ces mêmes autres arrivaient à le comprendre en moins de deux secondes.
- Tu veux en parler ? Matthew avait l'habitude de venir me voir lorsqu'il faisait un cauchemar. Feliciano aussi d'ailleurs. Dommage que son frère n'était pas de ce genre là, ça l'aurait aidé.
Il ne savait pas pourquoi, mais la partie sur Lovino l'intrigua. C'était plutôt étrange, sachant que rien n'était censé… l'interpeller ainsi. Mais il ne savait pas, il y avait quelque chose de bizarre, dans la manière dont la dernière phrase avait été dite, dans l'expression du français. Mais il ne savait vraiment pas, il n'arrivait même pas à voir ce qui était différent.
- Pourquoi ?
- Ce n'est pas à moi de te dire tout cela, tu sais. En plus, je ne connais pas grand-chose aux problèmes de Lovino. Je doute que, à part lui-même, personne ne les connaît.
Les problèmes de Lovino ? En pensant à tout ce qu'il connaissait jusque là du passé des pays coincés avec lui, Alfred se demanda si un seul d'entre eux n'avait pas de problème grave. Parce qu'entre être capturé par une sorcière sadique et avoir un proche mort, il trouvait difficile de penser positif.
Mais bon, il était le héros ! Et même durant les temps sombres, les héros ne se laissaient pas décourager et se relevaient toujours. Donc même s'il devait découvrir pire, il libérerait ses amis et les ramènerait dans leur monde. C'était son devoir en tant que héros et il savait qu'il y arriverait.
- Finalement, si tu ne connais rien de nous et nous de toi, pourquoi nous appeler « amis » ?
Un moment surpris par la question, Alfred regarda Francis sans comprendre. Puis finalement, les rouages de son cerveau se remirent en marche et il commença à réfléchir à la question. Devait-il répondre la question ou bien rester évasif, comme à son habitude ? S'il disait toute la vérité au français, celui-ci lui en dirait-il plus sur son passé et le passé de certains autres ? Il semblait, après tout, être celui qui connaissait le plus de monde.
- Ce que tu m'as déjà dit n'est pas assez pour que je comprenne… Bien que ce soit déjà dur à comprendre et que je suis sûr que ça ne sera pas soudainement plus facile à comprendre…
Ah oui, « Marianne » avait entendu ce qu'il avait dit à Arthur, lors de leur « première rencontre ». Alors, il n'avait rien à perdre à lui expliquer le reste non ?
- Eh bien, euh… Tu sais que je viens du futur d'un autre monde… Eh bien les amis que je cherche étaient avec moi. Et ils se sont retrouvés aussi. Mais eux, ils ne s'en souviennent pas.
- Et je fais partie de ces amis et de ce monde-là…
Lentement, Alfred acquiesça d'un hochement de tête.
- Alors… Es-tu vraiment en train de dire que j'ai été transporté dans un autre monde sans que je ne le sache ?!
- Eum… Oui ?
- Tu es sûr ?
- Ben… Mattie ne s'en rappelait pas non plus, on a trouvé le moyen de lui rendre sa mémoire donc oui ?
- Je vois…
Pas un mot de plus ne fut prononcé. Pendant un moment, l'américain chercha quelque chose à dire mais pour lui, il avait déjà tout dit. Il ne s'en alla pas pour autant. Il n'était pas fatigué, loin de là, et il n'avait rien en particulier à faire. Aller voir Arthur n'était apparemment pas une option non plus. Un soupir lui échappa des lèvres. Si seulement il avait encore ses jeux vidéos…
- Comment avez-vous fait ?
La tête d'Alfred se releva d'un coup, ne s'attendant plus à ce que l'autre blond ne lui parle. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne pense réellement à ce qu'il devait répondre.
- Apparemment, il fallait détruire sa peluche.
- Tu as détruit Kumajiro ?! Mais il l'aimait vraiment !
- Pas moi, non ! Il l'a fait tout seul… quand je lui ai dit que ça marcherait… peut-être.
- Tu n'étais même pas sûr ?
- Bien sûr que non ! Comment j'aurais pu savoir à cent pour cent ? Il fallait essayer…
À nouveau, le silence s'installa et l'américain se demanda sérieusement s'il devait se sentir coupable. Mais non, lui, il avait hésité en parlant de son idée à son frère. Il savait que sa peluche était précieuse à ses yeux, bien qu'il ne comprenait toujours pas pourquoi. Peut-être que ça lui avait été expliqué, mais il n'était plus certain de s'en rappeler, en fait.
- La même chose est arrivée avec Gil, avoua-t-il malgré le fait que Francis le prendrait assurément mal.
- Il se rappelle de l'autre monde ?
- Euh… non. En fait je pensais avoir trouvé l'objet qui le reliait à ce monde et c'est sûrement le bon mais… quand il l'a jeté par dessus bord, on a cru qu'il allait mourir !
- Est-ce la fois où tu as sauté par dessus bord, peu de temps avant notre escale ?
Avec un hochement de tête, l'autre acquiesça.
- S'il allait mourir, alors je te remercie. Mais je suppose que maintenant, il faut trouver comment détruire ces menottes sans qu'il meure ?
Une deuxième fois, la réponse fut un hochement de tête. Alfred n'avait sérieusement aucune idée de comment les détruire. Y avait-il un moyen de faire ça ? Oh ou bien il pouvait peut-être utiliser sa force ? À moins que ça ne soit à Gilbert de le faire lui-même. S'il était capable de le faire. À quel point les menottes étaient-elles résistantes ? C'était quelque chose qu'il devait vérifier dès qu'il en aurait l'occasion.
- J'essaierai d'y penser alors.
Ne voyant que répondre, l'américain laissa le silence s'installer et ses pensées se dirigèrent vers le russe. Les deux hommes n'étaient peut-être pas amis, mais cela ne changeait rien à la situation. Que se passerait-il si l'autre ne venait pas avec eux ? Leur chance de se croiser de nouveau n'était pas si élevée. Du moins, de ce qu'il avait cru comprendre (et avec tout ce que Mattie lui avait dit…).
Alors, il devrait sûrement aller le chercher non ? Oui. Peut-être qu'Ivan était toujours au même endroit, donc il lui suffisait simplement de traverser la ville… Et en fait il ne savait pas trop où se trouvait le navire mais en se concentrant un peu, il devrait se rappeler le chemin que lui et son « équipe de secours » avaient parcouru en s'enfuyant.
Oubliant la conversation qu'il était en train d'avoir puisque plus un mot n'était prononcé, Alfred se retourna et se dépêcha de quitter le navire. Ou du moins d'essayer. Il n'avait pas pensé que Francis aurait prêté attention à ce qu'il faisait et serait curieux. Apparemment il s'était trompé et aurait dû faire sa sortie plus discrète. Peut-être n'était-il pas trop tard.
- Où vas-tu ?
- Eum… nulle part.
- Ne mens pas. Te connaissant, tu vas probablement faire quelque chose de stupide et je sais ce que notre cher capitaine en penserait, s'il pouvait donner son avis.
Oh c'était plutôt clair pour lui aussi. Arthur n'accepterait pas l'idée qu'Alfred se balade de nouveau dans cette ville sans personne avec lui. Et ce, même s'il était parfaitement apte à se défendre. Les circonstances de son enlèvement étaient différentes : Il ne s'attendait juste pas à ce que ce soit Ivan, de toutes les personnes que cela aurait pu être. Et puis le russe frappait fort aussi.
Puis un certain détail vint interrompre ses pensées. Ainsi que l'image d'une Marianne recouverte de sang dans les bras d'un Francis en larmes. Ses sourcils se froncèrent alors que l'image couvrait sa vision, l'empêchant de voir le pont devant ses yeux. Il tenta de l'ignorer, mais il voulait réellement savoir.
- Pourquoi tu te préoccupes autant d'Arthur ? J'aurais pensé que tu le détestais !
- Quoi ? Pourquoi penserais-tu ça ? Je l'embête de temps en temps mais…
Les yeux du français se dirigèrent vers la mer, et la suite se perdit un moment quelque part. Voulant toujours sa réponse, Alfred ouvrit de nouveau la bouche pour insister, mais fut interrompu lorsque le pirate décida, apparemment, de continuer.
- Est-ce que je le déteste ? Non, je n'y arrive pas. Pendant un moment, j'ai pensé que c'était de sa faute et l'ai sincèrement détesté. Quand j'ai réalisé que c'était de la mienne… Je ne me suis pas excusé pour tout ce que je lui ai dit, mais je doute que cela change grand-chose. Après tout, il se déteste certainement plus que je ne l'ai jamais détesté. Et puis je suis sûr qu'il l'a compris quand il a vu mon changement d'attitude envers lui, dans le tonneau.
Les mots continuaient de sortir de la bouche du français, tandis que le plus grand tentait de suivre. Rien de ce qu'il comprenait n'avait de sens. Alors d'accord tout le monde disait qu'il était idiot, mais il ne se trompait pas en pensant que s'excuser pour avoir détesté le meurtrier de sa sœur n'avait aucun sens, n'est-ce pas ? C'était ça ou bien il était à côté de la plaque. Mais s'il était à côté de la plaque…
- Il a fait de son mieux, soupira finalement Francis.
- Que s'est-il passé ?
- Je ne te le dirai pas.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas envie d'y repenser, c'est tout. Arrête de fouiller la vie de tout le monde sur le navire.
À ce moment-là, Alfred était en train de suivre Francis sur le pont, jusqu'à ce qu'il ne s'arrête en face d'une porte, le dos tourné à lui.
- Pourquoi n'irais-tu pas voir Arthur ? Il est peut-être réveillé maintenant.
Toutes ses pensées se tournèrent immédiatement vers le capitaine.
- Vraiment ? Je peux ?!
- Oui. Mais s'il dort toujours, ne le réveille pas.
Heureux, il laissa la discussion précédente s'effacer de son esprit un moment et fit volte-face, courant en direction de la cabine du capitaine. Pour une fois, il ne toqua pas et entra, faisant quand même attention à ne pas défoncer la porte. Un grand sourire sur les lèvres, il alla s'assoir à côté de son lit et regarda le torse bandé de l'anglais. Son sourire disparut.
- Arthur ? il appela, comme si l'autre allait l'entendre dans son sommeil.
Il savait qu'il ne devait pas le réveiller. Mais malgré tout, il se mit à le secouer, voulant le voir les yeux ouverts, l'insultant ou peu importe, mais avec plus de vie que ça.
- Arthur !
- La ferme. Je t'entends, git.
Le sourire lui revint et Alfred ne put s'empêcher de l'appeler encore une fois et l'anglais grogna. Bien qu'il l'ignora et se contenta de sa propre joie.
- Je vais me rendormir.
- Quoi déjà ?
- Je suis supposé dormir, Alfred.
- « Supposé » peut-être, mais ce serait mieux si tu parlais avec moi.
- Pourquoi ?
- Parce que tu le veux ?
- Tu veux dire que je veux dormir…
- Oh come on ! Juste un peu !
Arthur laissa un grognement échapper ses lèvres avant d'accorder seulement quelques minutes à l'américain. « Mais pas plus », avait-il ajouté. Sans vraiment poser attention à cette dernière phrase, Alfred commença directement à parler, ne laissant pas vraiment place à de la répartie. Un peu, mais pas tant que ça. Puis en fin de compte, il fut tellement prit dans ce qu'il disait qu'il ne se rendit pas compte que son interlocuteur était en train de somnoler.
- Eh, tu m'écoutes ?
La réponse qu'il reçut fut trop faible pour qu'il comprenne quoi que soit, mais même s'il eu envie de murmurer un « menteur », il se contenta de sourire et d'admirer le visage endormir du capitaine anglais. Une minute, quoi ? Secouant la tête, l'américain se redressa et décida de penser autre chose.
Mais autre chose… comme quoi ? La seule chose venant à son esprit était son rêve. Et Alfred avait beau savoir que si en tant qu'Angleterre, tuer une personne ne représentait presque rien, Arthur en tant que personne, tuer la sœur de Francis ? Enfin en tant que personne… En tant que Pirate… Il était perdu.
Les sourcils froncés, il lâcha un soupir et se leva. Mieux valait faire autre chose. L'anglais irait bien. Il se trouvait sur son navire et il y avait il-ne-savait-combien-de-personnes sur le navire pour le protéger. Quitter le navire et partir à la recherche d'Ivan était donc une bonne idée. Ou pas une mauvaise pour le pirate en tout cas.
Prêt à partir en douce, il ouvrit la porte de la cabine et vérifia qu'il n'y avait personne sur le pont. Enfin aucun qui soit Francis, Matthew, Gilbert ou Ludwig. Peut-être pouvait-il aussi compter Antonio et Lovino, mais dans tout les cas, personne ne devait l'empêcher de s'en aller.
Heureusement, il semblait n'y avoir que quelques membres de l'équipage. Peut-être les autres dormaient-ils tous ? Probablement. Il faisait complètement nuit après tout le soleil n'était pas prêt de se lever. Du moins, il pensait. Ce n'était pas comme s'il avait une montre avec lui ni rien pour lui afficher l'heure.
Finalement, il décida de sortir et, fermant la porte sans pour autant la claquer, il s'aventura sur le pont. Tentant d'être naturel, il vérifia que personne ne le regardait alors qu'il se rapprochait de la planche. Sa mission touchait enfin à sa fin et… quelqu'un l'appela. Prétendant qu'il n'était pas du tout en train d'essayer de partir en douce, il se retourna et se retrouva face à Feliciano.
- Qu'est-ce que tu fais, Alfred ? Tu t'en vas ?
- Mh ? Non pas du tout ! J'allais juste… Je ne comptais pas aller en ville, je voulais juste… descendre un peu du navire !
- Ah vraiment ? le sourire de l'italien s'agrandit, Je peux venir aussi ? J'ai fait un cauchemar et fratello m'a juste dit de me rendormir et que ce n'était pas réel. Puis il s'est rendormi alors je suis sorti.
- Venir ? Eum… Je préfère être seul.
- Dommage, je vais aller voir fratello Francis ou fratello Antonio alors.
- Francis est retourné à l'intérieur il n'y a pas si longtemps.
Le sourire n'avait quitté qu'un bref moment le visage du brun mais puisque ce dernier s'en alla rapidement, Alfred ne s'en préoccupa pas trop et se retourna de nouveau pour partir. Décidant de se dépêcher, il s'éloigna à grand pas du navire. Si personne à part Feliciano ne l'avait vu, tout devrait bien se passer lui.
Confiant, il avança dans la ville, se demandant ce qu'il allait dire à Ivan. Bah en tant que héros, il savait qu'il réussirait à coup sûr sa mission et que peu importe les mots qu'il choisirait, il y arriverait. Le russe viendrait avec eux et tout le monde sera content. Ou peut-être pas mais ça ne faisait rien. Il était toujours obligé de le faire, pour être sûr de ramener tout le monde.
Les yeux passant des rues désertes aux plus sombres, il shoota dans une pierre qui traînait là, jusqu'à ce qu'elle ne s'en aille hors de sa portée et qu'il doive en chercher une autre. Il n'y avait réellement pas âme qui vive… Il se demanda un moment pourquoi, mais supposa que ça n'avait pas de réelle importance et continua simplement d'observer son environnement.
- добрый вечер, Alfred. Encore.
D'abord surpris, l'interpellé s'arrêta directement et regarda autour de lui avant de se rendre compte que le russe se trouvait à l'autre bout de la place sur laquelle il venait d'arriver. Puis il sourit. Au moins comme ça, il n'avait pas à chercher comment atteindre le navire. Première partie de la mission ? Accomplie. Il ne restait plus qu'à convaincre Ivan de venir avec lui.
- Je n'avais pas imaginé que tu te promènerais en pleine ville la nuit après que tu m'aies échappé.
- Pourquoi ? Je dois toujours te convaincre !
- Tu tiens toujours autant à ce que je te suive ? Je t'ai pourtant déjà dit que je ne pouvais pas.
- Pourquoi ?
- Si je viens avec vous, je ne pourrai pas faire ce que j'ai à faire.
- On peut trouver un moyen !
- Non. Il n'y a que deux possibilités : Je repars avec ou sans toi.
Ce n'était pas possible : il devait y avoir un moyen ! Que voulait faire Ivan ? Le seul moyen qu'il le sache était de le suivre dans sa quête, mais ça ne semblait définitivement pas être une bonne idée. Et si le pirate essayait de lui jouer un tour et qu'une fois qu'il retournait avec lui sur son navire, il se faisait de nouveau emprisonner ? À moins de preuve du contraire, ce scénario était toujours possible.
- Mais si tu ne viens pas, on ne se reverra jamais !
- C'est ce qui t'inquiètes ? Alors ne t'inquiète pas, mon ami. Nous nous retrouverons.
Ça c'était effrayant. Et le sourire avec lequel le capitaine russe prononçait ces mots était juste… enfin ça augmentait l'effet. Il ne pouvait pas s'imaginer des choses si ?
- Comment tu pourrais le savoir ?
- Parce que дух me l'a dit. Un jour, je te reverrai. Je me demande seulement si tu es prêt à manquer certaines choses, en ne m'accompagnant. Tu sais, je suis sûr que tes amis peuvent chercher ceux qu'ils restent sans toi.
C'était vrai. Les autres étaient capables de trouver Yao et Kiku sans lui. Mais il n'arrivait pas à faire confiance à ce sourire. Décidément, il n'arrivait pas à imaginer ce fichu sourire différemment. Préférant reculer lentement, il se demanda quelle serait réellement la réaction d'Ivan. Dans tous les cas, qu'il mente ou non, il serait prêt à se battre s'il en avait besoin. Bon il n'avait pas d'arme mais…
- Je suppose que c'était perdu d'avance. Peu importe. Comme je l'ai dit, nous nous reverrons, alors j'attendrai notre prochaine rencontre…
Avant qu'il ne puisse réagir, le pirate s'avança vers lui et lui tapota l'épaule. Surpris, Alfred ouvrit la bouche pour parler mais l'autre l'interrompit, le surprenant encore plus en passant une main dans ses cheveux.
- Dommage que ma mémoire soit un peu floue, mais je pense que tu as bien changé.
Complètement perdu par ce qui était en train de lui arriver, l'américain retira la main du capitaine de ses cheveux et recula de quelques pas.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Ne t'inquiète pas, répondit le russe en lui tournant le dos. Je m'en vais maintenant.
- Quoi ?! Attends, tu n'as pas-
Alfred se mit à courir à sa poursuite, mais un mal de tête le fit s'arrêter et il tenta de s'appuyer à la fontaine au milieu de la place. Pourquoi les choses se compliquaient-elles ainsi ? Ivan aurait pu les accompagner, ils auraient pu trouver un arrangement mais non, il devait refuser et partir dans son coin ! Qu'est-ce que ça allait être, la prochaine fois ? Il n'en avait aucune idée, mais il n'avait pas réellement envie de le savoir pour autant.
Tentant de regagner son équilibre, il ferma les yeux et attendit. Mais ça ne marcha pas et lorsqu'il rouvrit les yeux, la neige l'entourait complètement. Pourtant, il ne sentait pas le froid. Il avait juste mal à la tête et sa vision était floue, le mal de tête n'arrangeant rien.
- Enfin quelqu'un !
Pensant que c'était lui qu'on appelait, le blond se retourna soudainement et vit une silhouette s'approcher de lui, mais s'arrêter à quelques pas, faisant face à quelqu'un d'autre. Un enfant, s'il en jugeait par la taille. Il plissa les yeux, essayant de mieux voir qui étaient l'homme et l'enfant à qui il parlait. En vain. Les silhouettes ne furent rien de plus que des ombres dans la neige.
- Je commençais à croire que ce village était abandonné ! Dis-moi mon garçon, où sont tous les gens ?
- Il n'y a personne.
- Personne ? Mais tu es là donc il ne peut y avoir personne ! Et puis tu as des parents n'est-ce pas ?
- Il n'y a personne…
- Sont-ils morts ?
Le garçon ne répondit pas, laissant le silence demeurer alors que le vent soufflait de plus en plus fort, faisant perdre l'équilibre à l'homme (s'il en fut un, mais il lui fallait bien se décider). Une fois qu'il l'eut récupéré, il mit un genou dans la neige et regarda le garçon, qui se trouvait maintenant à hauteur de ses yeux.
- S'ils ne le sont pas, peux-tu me dire où ils sont ?
- Il n'y a même pas d'animaux ici.
De nouveau, le silence se fit et la plus grande des deux silhouettes se redressant, tendant une main à l'autre.
- Alors as-tu un endroit où nous pourrions aller ? Tu ne restes pas ici toute la journée, n'est-ce pas ?
Lentement, le plus jeune hocha de la tête.
- Oui. Je vais vous montrer.
Leurs deux mains se joignirent et l'enfant joua au guide et marcha. Aussitôt, Alfred voulut se relever et les suivre, mais en fut incapable. Le monde autour de lui commença à trembler et il vacilla, tombant à terre avant qu'il ne puisse reprendre appui. Son mal de tête empira soudainement, l'empêchant de garder les yeux ouverts et une voix parvint à ses oreilles.
- Alfred ! Hé, Alfred ! Réponds !
Une minute, était-ce Gilbert ? Cette voix lui était familière, mais il n'était pas complètement sûr. S'il arrivait à ouvrir les yeux… mais tout continuait de trembler. Même alors que son mal de tête s'atténuait, il semblait incapable de s'accrocher à quoique ce soit.
Puis il y eut un juron et tout s'arrêta alors que sa tête se cognait, peut-être, contre le sol. Génial, maintenant il avait mal à la tête pour une autre raison. Grognant, il rouvrit les yeux et sa vision un moment floue lui montra un sol découvert de neige. Non pas qu'il n'avait pas pu deviner avant, avec le coup que sa tête s'était prise.
- Ah, Alfred ! Génial, tu es réveillé ! Je commençais à m'inquiéter: ça fait un moment que je te secoue et t'appelle et vu que tu ne te réveillais pas… Mais maintenant que tu l'es… ça va ?
Toujours aussi désorienté, Alfred ne répondit pas. Il n'avait aucune idée de ce qui venait de lui arriver, ou même de ce qui était en train de lui arriver. À moins que ce ne soit fini ? Ses yeux scrutèrent les lieux autour de lui avant de tomber sur la personne juste en face. Ça lui semblait être fini. Le prussien était loin de ressembler aux silhouettes (bien qu'il n'ait rien vu, justement) et il n'y avait plus de trace de neige.
Doucement, sa confusion se dissipa et, secouant légèrement la tête comme pour chasser se sentiment dérangeant de son esprit, il sourit à Gilbert.
- Salut !
Ce qui sembla l'énerver, pour une étrange raison.
- Pas de « Salut » ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
- De quoi ? Oh ! Tu veux dire pour eum… Non en fait qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je t'ai trouvé évanoui au milieu de la place, Alfred ! Alors déjà que j'ai du mal à croire qu'on t'aie laissé quitter le navire comme ça… Qu'est-ce que tu fais là ?!
Il n'y avait aucune raison de cacher la vérité n'est-ce pas ?
- Eum… Je cherchais Ivan ?
- Quoi ? Tu es fou ! Est-ce que c'est lui qui t'as fait ça ?
- Aucune idée. C'était juste trop bizarre.
- Bizarre ?
- Ben il partait et quand je l'ai suivi, ma tête a commencé à tourné et j'ai… vu de la neige et…
Rien que d'y repenser, sa tête se remettait à tourner. Comment Ivan avait-il pu lui faire ça s'il était en train de partir ? À moins qu'il ne l'ai fait quand il lui a tapoté l'épaule ou mit la main dans les cheveux. Ce dont il doutait parce qu'alors il devrait croire que le pirate russe avait fait de la magie. Et s'il devait croire à la magie, il préférait encore penser que l'esprit était responsable.
- D'accord c'est bizarre. Retournons au navire et voyons si tu ne t'es pas cogné la tête ou quelque chose dans le genre.
L'américain fronça les sourcils à la réaction de l'albinos, qui l'aida à se relever.
- Est-ce que tu me crois ?
- Oui oui… Retournons au navire maintenant.
Il ne le croyait pas n'est-ce pas ? Sans cacher sa mine boudeuse, Alfred suivit l'albinos malgré tout, sans réellement prêter attention à quoi que ce soit. Bien qu'il dû admettre que le présence de l'autre en ville l'intriguait assez que pour lui demander ce qu'il faisait là.
- Francis m'a demandé de vérifier certaines choses. Et si je pouvais trouver quelque chose pour ce cher capitaine. Mais tout est fermé bien sûr.
- Il a encore besoin d'être soigné ?
La question était stupide puisqu'il était lui-même allé voir l'anglais pour lui parler. Vu comment il se portait, il était plus qu'évident qu'il avait toujours besoin d'être soigné. Rien que parler semblait compliqué. D'habitude, il lui aurait au moins hurlé quelque chose. Évidemment il ne pouvait hurler mais même plus bas… Enfin ce n'était pas vraiment… Il n'empêchait qu'il avait au moins espéré qu'il irait mieux que ça.
- Au moins il n'est pas mort, soit content.
- Je sais.
- Et je suppose que ça ne s'est pas bien passé avec Ivan, mais je suis sûre qu'on trouvera un moyen… sans lui.
Expliquer la situation à Gilbert lui semblait maintenant trop fatiguant…
- Ah au fait je pense que j'ai trouvé un moyen de casser les menottes.
La tête du blond se releva aussitôt pour rencontrer les yeux du prussien, qui lui souriait.
- Ah ? Si tu veux, je peux le faire pour toi. Je suis le héros alors j'y arriverai !
- Non, j'ai un moyen, ne t'inquiètes pas.
- Vraiment ?
- Vraiment !
Bah du moment qu'il ne mourrait pas en les cassant, tout allait bien. Ce qui ne le rendait pas moins curieux de savoir la manière dont il allait faire ça. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour demander, une autre voix retentit.
- Alfred espèce d'imbécile ! Pourquoi as-tu quitté le navire ?!
- Et merde.
- Au moins ça c'était facilement deviné.
Ils n'étaient clairement pas arrivés au navire, mais c'était bel et bien Francis qui arrivait en courant vers eux, suivi de Matthew et de Ludwig. N'était-ce pas génial ? Tout le monde savait très certainement qu'il s'était éclipsé et maintenant Francis allait lui faire la morale. Comment allait-il survivre, il n'en avait aucune idée.
- Je devais aller chercher Ivan.
Oh et son frère n'avait pas l'air très content d'ailleurs. Du moins son regard avait l'air plutôt menaçant, bien qu'il ne se sente pas réellement menacé pour autant.
- C'est complètement stupide. Il t'a enlevé une fois, pourquoi aller risquer une deuxième ?
- Pff, t'inquiètes Mattie ! La première fois il m'a pris par surprise mais cette fois-ci j'étais préparé ! La preuve, je suis toujours là !
Ignorant complètement l'expression de Gilbert, Alfred décida de ne pas trop repenser à ce qui s'était passé. Après tout, s'il racontait qu'il s'était évanoui ou quelque chose dans le genre, les autres ne feraient que s'inquiéter encore plus pour rien. Donc malgré le fait que les autres le sermonnaient, il se contenta de répondre comme d'habitude, sans rien laisser le préoccuper.
- Tu ne m'écouteras quand même pas n'est-ce pas ? soupira Francis.
- Nope !
- Alors rentrons au navire. Avec Antonio pour s'occuper de ce cher capitaine, je ne sais pas ce qu'il risque d'arriver.
- Antonio ? Pourquoi lui ?
- Feliciano semble avoir peur de lui et Lovino a complètement refusé de s'approcher de lui. J'aurais pu demander à Hugh mais il est occupé à remplir les devoirs du capitaine.
Dans tous les cas, ça promettait. Alors qu'ils commencèrent à marcher, l'américain vit son frère sourire à l'albinos qui après lui avoir rendu le sourire, lui envoya son oiseau et se dirigea vers son propre frère. Le canadien lui n'avait pas encore fini de parler.
- Qu'est-ce que tu fais ici Luddie ? demanda Gilbert.
- Je suis là juste au cas où Ivan se serait montré et aurait tenté une attaque.
- Tu sais te battre ?
- J'ai appris.
*.*.*
Si au départ Antonio répugnait d'avoir à s'occuper de celui qui l'avait enfermé dans la cale, l'espagnol s'était vite rendu compte d'à quel point il était amusant de s'occuper du capitaine anglais. Dès le moment où ce dernier avait croisé les bras et tourné la tête comme un enfant, il avait sourit et essayé de le ridiculiser. Une petite ridiculisation, considérant qu'ils n'étaient qu'eux deux et qu'il ne s'agissait que de faire manger le blond.
- Pourquoi c'est toi qui s'occupe de moi ? Retourne auprès de ton italien et laisse-moi tranquille.
- Quel est le problème de manger une soupe ?
- C'est toi qui me la nourris. Et je peux manger tout seul.
Oh donc c'était ça. Juste le fait que c'était lui. Bien sûr à partir du moment où il savait ça, monter la garde devant la porte était suffisant pour le surveiller. Et pour le faire manger, il suffisait de donner le bol et la cuillère pour qu'il le fasse tout seul.
Mais bon, il n'avait pas tellement envie de le laisser tranquille tout de suite donc il garda le bol bien en main et s'installa confortablement sur le tabouret qu'il avait pris de la cuisine. Toujours en souriant, il remplit la cuillère de soupe et la présenta à la bouche de l'autre pirate, lui faisant comprendre sans prononcer un mot ce qu'il voulait.
Ce qui ne l'empêcha pas de refuser. Bah, s'il continuait de jouer à ce jeu-là, l'espagnol connaissait plus que parfaitement ses cartes.
- Si la porte n'est pas ouverte, alors ce qui veut entrer forcera son chemin~
- Qu'est-ce que tu ra-
Sans lui laisser le temps de finir, Antonio fourra la cuillère dans la bouche du blond.
- Et si elle reste fermée, alors le contenu tombera~
Cette fois-ci, le capitaine comprit directement et agrippa les couvertures, comme si ça allait changer quelque chose et son visage changea pour une expression plus… Il ne savait pas. Il avait toujours l'air énervé, mais l'atmosphère restait légère. Tout semblait presque paisible, comme s'il n'y avait jamais eu de rivalité entre les deux. Alors pour l'instant, il pouvait tout oublier un instant, n'est-ce pas ?
- Tu ne comptes pas salir mes couvertures ?!
- Ce ne sont pas mes couvertures, répondit-il en remplissant la cuillère.
- C'est bon, c'est bon ! Je préfère largement que tu me nourrisses plutôt que d'avoir à dormir dans des draps inondés de soupe.
- Une victoire pour moi !
À ça, le blond laissa la surprise teindre son visage.
- Tu comptes les points pour ça ?!
- J'ai toujours compté les points.
Présentant de nouveau sa cuillère remplie de soupe, Antonio laissa son sourire bien en place. L'anglais grogna mais ouvrit la bouche malgré tout, se résignant à manger la soupe, cuillère par cuillère, jusqu'à ce que le bol soit complètement vide et le brun satisfait d'avoir réussi sa mission. Francis serait sûrement content de voir qu'il pouvait lui faire confiance.
Heureusement Arthur accepta de lui-même de se recoucher et le silence tomba sur la pièce. Un silence peut-être pas inconfortable, mais le brun sentait le besoin de parler, bien qu'il n'avait aucune idée de quoi. Le blond se contentait de fixer le plafond tandis que lui… lui il fixait le blessé, comme si son visage allait lui donner un sujet de conversation.
- Qu'est-ce que tu regardes ?
- Je me demandais pourquoi tes sourcils étaient aussi énormes. Est-ce que ce sont vraiment des sourcils ?
Finalement son visage lui avait donné une idée.
- Quoi ?! Je t'assure que mes sourcils sont parfaitement normaux !
Voir l'anglais dire ça tout en cachant son front d'une main était plutôt marrant et d'une manière ou d'une autre, leur petite dispute se finit en conversation normale, avec un espagnol toujours aussi souriant. Et riant de temps en temps aussi. En arrivant, il n'avait jamais pensé qu'il serait capable de considérer une amitié avec Arthur. Les actes de ce dernier n'étaient pas très glorieux mais qui était-il pour juger ? En fin de compte, ils étaient tous les deux des hommes.
- Je suis désolé.
Un instant surpris, le brun regarda son interlocuteur sans comprendre. Pourquoi s'excusait-il alors que jusqu'ici, tout allait bien ? Et en fait juste imaginer Arthur s'excuser était plutôt surprenant.
- Pourquoi ?
- Je t'ai enfermé dans la cale alors que… J'étais simplement…
- Ah, ce n'est pas grave !
- Quoi ? Tu ne peux pas le penser.
Évidemment, Antonio était toujours un peu énervé d'avoir été enfermé. À cause de ça il s'était fait hanté par de mauvais souvenirs et avait certainement manqué de devenir fou mais… ce n'était pas son intention, n'est-ce pas ? L'anglais ne devait pas avoir pensé que cela arriverait, donc ce n'était pas entièrement de sa faute.
- Ce n'est pas grave, répondit-il malgré tout, plus sérieusement.
- Menteur. Je sais que tu n'allais pas bien là-dedans. Lovino me l'a dit et quand je suis allé te libérer…
- J'ai juste dit « laisse-moi tranquille ».
- J'étais là avant, Antonio. Tu te parlais à toi-même.
Un froid tomba sur la pièce tandis que l'espagnol sentait son corps se figer complètement. Si l'autre avait vraiment été avant, alors qu'avait-il entendu ? Il ne se rappelait déjà plus de ce qu'il avait dit, mais il était sûr que cela ne concernait pas le blond. Décidant de ne pas en parler plus longtemps, il se mit à sourire.
- Ton expression a à peine changée depuis que je suis là. Et si tu essayais de sourire, pour voir ?
- Quoi ? Qu'est-ce tu fais ? Arrête !
- Arthur, Tonio, vous vous êtes bien amusés ?
En entendant la porte s'ouvrir et la voix de Francis, Antonio tourna la tête mais resta dans sa position. Qui était plutôt bizarre puisqu'il essayait de faire sourire le blessé en tirant sur ses joues. Imperturbé, il salua d'un signe de la main son ami.
- Qu'est-ce que vous faites ? demanda le français, un sourcil haussé.
- J'en ai marre de voir son visage grognon donc je le fais sourire !
Son attention retourna vers Arthur lorsque celui-ci écarta sa deuxième main de sa bouche et grogna de nouveau, fronçant les sourcils.
- Je ne pensais pas que vous deviendriez amis.
- Je ne suis pas devenu son ami juste parce que je ne l'ai pas tué, Francis.
- Bien sûr. La prochaine fois vous serez en train de vous embrasser mais continuerez de prétendre…
- Eww Francis, qu'est-ce que tu racontes ? Tu vois ces deux-la s'embrasser ?
La personne qui venait de parler n'était aucun des pirates déjà présents dans la pièce et le brun fut plutôt content de voir qu'il s'agissait d'Alfred, puisque cela voulait dire qu'il n'avait plus besoin de s'occuper du capitaine.
- Grâce à l'amour, tout est possible, Alfred. Es-tu jaloux ?
Le visage de ce dernier prit une drôle de teinte colorée et Antonio fut presque forcé de penser à son cher Italien.
- Quoi ?! Pas du tout !
- Ne t'inquiètes pas, ton secret est bien gardé avec moi, répondit Francis en tapotant son épaule. Ah mais oups, Arthur l'a entendu aussi non ?
- N'as-tu rien de mieux à faire, Francis ? grogna en réponse Arthur, qui se redressa légèrement.
- Non. Vous embêter toi et le jeune Alfred est tellement amusant. Mais laisse-moi vérifier tes blessures avant de vous laisser tout les deux…
Antonio regarda la scène un moment en souriant avant de se lever et de laisser la place à Francis. Discrètement, il sortit, fermant la porte derrière lui tandis qu'Alfred tentait de justifier qu'il n'était pas jaloux. Les deux jumeaux dormaient sûrement donc il ne pouvait pas aller voir Lovino. Dommage. Il regarda le pont presque désert. Mis à part la vigie et les deux ou trois personnes présentes, il n'y avait que Matthew, appuyé au pavois.
*.*.*
La scène qui se déroulait devant lui était étrange. Un monde incroyable arrivait par un grand couloir et entrait dans une pièce pour s'assoir à une énormément longue table. Une fois assis à une chaise, certains sortaient des feuilles de papier, commençaient une conversation avec un voisin ou même quelqu'un à l'autre bout de la table. Pour lui, c'était étrange et familier.
Voulant en savoir plus sur ce qu'il se passait, Gilbert s'avança un peu plus mais alors qu'il allait entrer dans la pièce, quelqu'un l'arrêta. Il releva la tête et se retrouva nez-à-nez avec Ludwig. Mais c'était bizarre. Son expression lui semblait… différente. Il ne savait pas dire en quoi, mais il y avait définitivement quelque chose de différent, même d'effrayant.
- Tu ne peux pas entrer.
- Quoi ? Pourquoi ?!
Un soupire quitta les lèvres du blond.
- Tu le sais très bien. La Prusse n'est plus un pays.
À ces mots, l'albinos fronça les sourcils. Incapable de répondre ou simplement de comprendre, il vit son frère tourner les talons et entrer dans la pièce pour s'asseoir à son tour. Quoi ? La Prusse n'était plus un pays ? Qu'est-ce qu'il racontait ? Ce n'était pas possible puisqu'il y était né. Que leurs parents y étaient nés. Il ne comprenait pas ce que ça voulait dire. Et en quoi cela l'empêchait-il d'entrer dans une pièce ?
Alors qu'il tentait de comprendre ce qui se passait, il crut reconnaître certains visages parmi les personnes présentes dans la pièce. Comme les jumeaux italiens. Alfred, qui embêtait Arthur comme à son habitude. Ou bien plus discrètement dans un coin, Matthew. Tout ce qu'il voulut faire fut d'aller le voir et de lui parler, mais quelqu'un d'autre l'en empêcha.
Plutôt énervé, il se retourna et sans faire attention à qui il faisait face, retira la main sur son épaule.
- Quoi ? Encore quelqu'un pour me dire que je ne peux pas entrer ?
- Désolé, Gil…
Antonio et Francis. L'albinos se calma instantanément, la confusion prenant le dessus. Et il remarqua les vêtements étranges que tout le monde portaient. Ça ne ressemblait en rien à ce qu'il connaissait.
- On se revoit plus tard, d'accord ?
- Quoi, vous pouvez y aller vous ?
Ses deux amis ne lui répondirent pas. Ils s'arrêtèrent juste un moment, se regardèrent, mais restèrent silencieux, laissant la question sans réponse. Un autre regard fut échangé mais la réponse ne vint toujours pas et ils reprirent leur marche.
- Et si je veux juste voir Mattie ?
La porte se ferma.
N'est-ce pas triste ? Ne t'inquiètes pas, tu peux avoir mieux que ça.
Gilbert n'avait pas la moindre idée de qui venait de parler, ou même de ce qui venait d'être dit. Pour lui la seule chose qui existait, c'était cette porte, juste en face de lui, l'empêchant de voir des personnes qu'il connaissait si bien et qui, pourtant, lui semblait si différentes. Presque étrangères.
Puis cette seule chose disparu et il se retrouva chez lui. Du temps où ses parents étaient encore là, il devina. La maison avait toujours cette chaleur, cette même apparence. Il était assis sur les genoux de sa mère, qui lui caressait doucement les cheveux, lui faisant oublier ses soucis. Une fois ses yeux fermés, il se sentit être soulevé délicatement avant d'être allongé sur un lit. Son lit. Un instant avant de s'endormir, sa mère déposa un baiser sur son front.
Le lendemain, sa mère le réveilla. Son père joua avec lui à l'extérieur, durant sa patrouille. Évidemment Gilbert rentra le premier, s'occupa de son petit frère et aida sa mère, qui prit la relève de son père lorsque celui-ci revint. Généralement, son père revenait et se reposait, mais lorsqu'il avait fini, ils allaient toujours s'entraîner. Parfois il devait le faire tout seul, mais ce n'était pas grave. Le soir il passait la soirée avec l'un de ses parents, les deux des fois, jusqu'à ce qu'il doive être porté jusqu'au lit.
Puis quelque chose était censé arriver. Il ne savait pas quoi, mais alors que les jours passaient, il avait l'impression d'un manque. De quoi, il ne savait pas, mais il lui arrivait, certains jours, de regarder dans une direction et de s'attendre à quelque chose mais de ne rien voir. Comme si quelque chose attirait son œil mais disparaissait une fois dans son champ de vision. C'était bizarre.
Et les jours se répétaient. Les mêmes pensées revenaient dans sa tête, réfléchissant sans cesse à ce qu'il trouvait bizarre, tentant de comprendre de quoi il s'agissait. Jusqu'à ce qu'une pensée ne parvienne dans son esprit.
C'était un mensonge.
Qu'était le mensonge, il n'en savait rien. Mais il faisait confiance à cette pensée et il se releva directement, cherchant à savoir que faire maintenant qu'il pensait cela. Maintenant qu'il y pensait, l'impression qu'il avait de voir quelque chose se produisait toujours au même endroit. Ignorant les personnes sur son chemin, il se mit à courir jusqu'à cet endroit.
Cela aurait été tellement plus simple de ne pas te poser de question.
- Quoi ?
Ça a toujours été de votre faute. Qu'il y a-t-il de mal dans cette vie qui vous a été donnée ?
- Je ne comprends rien !
J'aurais préféré que tu continues ainsi…
Avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit de plus, l'albinos vit la rue se transformer en une petite pièce aux murs de bois. Ses poings étaient liés au mur, l'empêchant de quitter la pièce. Voulant quand même vérifier, il tira dessus, se leva et se dirigea vers la porte. Bien qu'il n'alla pas loin et dut retourner s'asseoir très vite.
Et de là, le temps passa. Quelqu'un venait le nourrir, mais il n'était pas sûr de savoir de qui il s'agissait. Pourtant il pensait l'avoir déjà vu.
Un autre jour passa mais cette fois, il sentit que l'on prenait sa main. Sa tête se releva, mais rien n'avait changé, la pièce était toujours la même. Il était toujours attaché. Il ne pouvait toujours pas partir. Ensuite, un murmure parvint à son oreille et une simple phrase se répéta.
- Je t'aime.
*.*.*
Il savait qu'il avait déjà prononcé ce mot pas mal de fois, mais c'était bizarre. Même alors que ses yeux s'ouvraient et que l'ordre était remis dans sa tête, il avait du mal à comprendre. Donc il avait vécu une vingtaine d'années en pensant être humain ? Oui, c'était plutôt bizarre. Bah peu importe, il avait Matthew de toute façon. Au moins ça le rassurait de savoir que certaines choses n'étaient pas réellement vraies. À moins qu'elles ne l'étaient ? Il était perdu.
- Gil !
Avec la voix de Matthew, une paire de bras apparut et s'entoura autour de son cou. Mettant immédiatement de côté ses pensées, Gilbert sourit et rendit l'étreinte, content de voir son petit-ami, lui aussi.
- Salut Birdie.
- Qu'est-ce qui t'as pris de casser les menottes tout seul ?!
Ou peut-être pas, parce que l'expression du canadien n'était pas si joyeuse que ça. L'albinos regarda autour de lui et vit qu'il se trouvait à l'infirmerie. Et encore une fois que son cher Matthew semblait en colère.
- Désolé. J'ai juste voulu… ne pas t'inquiéter ?
- C'est raté.
- Apparemment. Mais mon extraordinaire personne s'en est sortie. Merci Birdie…
Ignorant le regard curieux qui lui fut adressé, Gilbert rapprocha leur deux visages et se recoucha, emmenant le canadien avec lui. Un baiser et la présence de son petit-ami était tout ce dont il avait besoin maintenant. Sa situation pouvait attendre. Il se sentait faible, mais en ce moment, il avait d'autres préoccupations. De meilleures préoccupations.
Enfin fini ! J'avais pensé à faire un cliffhanger mais je pense que cette fin est mieux. Surtout que je ne voyais pas ce que ça allait apporter.
Il n'empêche je suis désolée d'avoir pris tant de temps à écrire ce chapitre. Je ferai de mon mieux pour recommencer à publier toutes les deux semaines ou au moins tous les mois, à partir de maintenant.
Je vais essayer de faire court donc je suis également désolée, j'ai l'impression que ce chapitre n'est pas si intéressant, bien que j'aie mis pas mal de détails importants. Et un peu d'UsUk.
Donc je vous dis à la prochaine, Gilbert se souvient enfin de tout et je vais enfin pouvoir écrire une scène très importante au prochain chapitre (ou au suivant, ça dépend ce que je décide) ! Je pense que je peux dire qu'on est plus ou moins à la moitié de l'histoire. Je ne sais pas pour une quelconque raison cette idée me semble être un point marquant de l'histoire donc j'ai l'impression que c'est la moitié. En tout cas on se rapproche de Yao et Kiku, je crois.
Bref à plus tout le monde, j'espère que vous avez aimé et au prochain chapitre !
