Plus j'avance dans les chapitres, plus j'ai du mal à y croire. Chapitre 16 ? Wow. Je n'ai pas envie de dire que je m'étonne moi-même parce que j'essaye toujours de comprendre comment je suis arrivé à ce niveau-là.
Enfin je n'ai rien foutu cette semaine-ci, surtout le dernier week-end car je suis partie à Londres et… bon le reste il y a un jour j'ai eu du travail et sinon… je suis désolée.
Donc je vais commencer et faire de mon mieux, peut-être pas pour le week-end du 6 Février, mais au moins la semaine qui suit.
Chapitre 16 : Toute situation n'est jamais complètement perdue… à moins qu'elle ne le soit
Ils avaient enfin appareillé (comme le disait Arthur) et Alfred regardait la terre s'éloigner. Quelque part, il avait l'impression que c'était une mauvaise chose. Que quelque chose avait été laissé derrière, en partant. Enfin, bien sûr, ils avaient laissé Ivan partir dans son coin, mais ce n'était pas exactement cela. Il s'agissait, en réalité, plutôt d'Arthur.
Depuis la veille, il avait réalisé quelque chose qu'il aurait préféré ne jamais comprendre. Peut-être. Et le problème avec le fait qu'ils soient partis était qu'il avait maintenant l'impression que la réponse était restée à terre, s'éloignant de plus en plus de lui. Mais il se trompait n'est-ce pas ? Il n'empêchait que le sentiment restait et qu'il ne trouvait aucun moyen de s'en débarrasser.
Décidant de bouger un peu, il s'éloigna du bord et commença à marcher sur le pont. Le temps pouvait passer si lentement sur un navire et il commençait à réellement détester ce fait. Tout lui faisait penser à Arthur et depuis qu'Antonio s'était occupé de ce dernier et Francis avait dit… ce qu'il avait dit…
- Qu'est-ce que tu fais, planté au milieu du pont ?
Au son de cette voix en particulier, il sursauta. Son cœur aussi fit un bon, heureux d'entendre qu'Arthur était là, ignorant son esprit paniqué. Enfin non, pas paniqué. Cette situation n'était rien, comparée à ce qu'il avait déjà eu à faire face. Donc il n'avait rien à craindre. Comme il était le héros, il allait trouver une solution et s'en sortir ! Mais comment devait-il trouver une solution à ce genre de choses ?
Il n'avait même pas remarqué qu'il s'était arrêté, et encore moins qu'il devait répondre à l'autre blond.
- A-Ah ?
Non, il ne s'agissait pas de bégaiements.
- Oui, idiot. À quoi pensais-tu ?
- M-Moi ? À rien ! Juste… J-Je sais pas.
Le capitaine fronça les sourcils et l'américain se demanda à quoi il pouvait bien penser, en fronçant les sourcils ainsi. Quelque chose de compliqué, certainement, mais ce n'était pas comme s'il pouvait savoir. À moins de lui demander, mais répondrait-il ? Ah mais en fait, est-ce qu'il ne le croyait pas ? Parce qu'Arthur fronçait souvent les sourcils quand il ne le croyait pas. Il détestait ça.
- Est-ce que tu réfléchissais à Ivan ? On ne peut vraiment-
- Quoi ? Oh, non, pas du tout ! répondit rapidement Alfred, interrompant l'autre, Ca n'a rien avoir ! Et puis... il a dit qu'on se reverrait.
- Donc tu n'abandonnes jamais.
- Je ne peux pas. Il n'est pas mon ami, mais je ne vois pas comment je pourrais l'abandonner derrière comme... comme... Je ne sais pas, mais je ne peux pas l'abandonner, ce ne serait pas digne d'un héros.
Un autre silence se fit, accompagné seulement par le bruit des vagues contre le navire et du soupire plutôt évident du pirate.
- Well… S'il a dit que vous vous reverrez plus tard, je suppose que tu as encore une chance.
L'américain le regarda, bouche bée, mâchoire tombant certainement sur le bois du navire.
- Quoi ? Tu ne vas pas me traiter d'idiot ?
- Ne te méprends pas. Tu es toujours un idiot. Mais au moins, tu fais de ton mieux pour quelque chose que tu estimes juste.
Alfred n'en croyait pas ses yeux. Un sourire se dessina sur son visage tandis que l'autre s'éloignait. Quelqu'un ne le prenait pas pour un-Euh non il a quand même dit qu'il était idiot. Mais au moins, il l'encourageait (si ça comptait comme encouragement). Même Mattie n'avait pas envie qu'il courre après le russe, il le savait.
Content, il se jeta presque sur Arthur et le prit dans ses bras, surprenant ce dernier.
- Qu'est-ce que tu fais ?! Lâche-moi !
- Non. Détends-toi, pour une fois.
À ces mots, le blond dans ses bras s'arrêta et le regarda. L'américain lui rendit le même regard et il le vit soupirer et lever les yeux au ciel avant de rendre l'étreinte. Juste pour quelques secondes en lui demandant si ça suffisait. Bien sûr Alfred répondit que non et ne le lâcha pas.
*.*.*
Son frère l'énervait. Une fois de plus, il était avec cet imbécile d'allemand. D'accord, il ne le connaissait pas, mais il n'empêchait rien au fait qu'il ne l'aimait pas. Et qu'il ne l'aimerait sûrement jamais. En attendant, il se retrouvait obligé de le supporter. Ce qui importait, c'était son frère après tout.
- Fratello, ton visage fait peur…
- Mh ? Oh, désolé Feliciano.
- Ce n'est pas grave ! Tu sais, on dirait que tu serais capable de tuer mais je sais que tu ne pourrais pas !
Au diable son petit frère et ses grands sourires innocent. Les yeux de Lovino tombèrent sur Alfred et le capitaine du navire, qui furent rejoints par Francis avant de détourner le regard. Qu'y avait-il d'intéressant chez ces trois idiots ? Juste comme ça, sans raison particulière, il se demanda où se trouvait un certain espagnol. Peut-être avec le frère du grand blond avec lui.
- Comment va Gilbert d'ailleurs ? demanda-t-il à voix haute.
La seule raison pour laquelle il posait cette question était parce qu'alors qu'il essayait de dormir, son frère s'était réveillé et était parti en plein milieu de la nuit à cause d'un stupide cauchemar. Trop fatigué que pour l'aider, il lui avait simplement dit de se rendormir mais cela n'avait pas marché. Donc le plus jeune était allé voir Antonio et Francis. Peu importe ce qui s'était passé, il était revenu en criant et pleurant parce que Gilbert ne se réveillait pas.
- Ve ? Fratello, tu t'inquiètes pour Gilbert ?
- Pas du tout, idiota ! Je me demandais juste. Il n'y a quasiment rien à faire ici.
Quand son frère ne répondit rien, attendant simplement que la réponse vienne, les deux italiens se rendirent compte que Ludwig était ailleurs. Un moment, Lovino considéra se répéter.
- Il va bien. Il n'était pas blessé et lui et Matthew ne m'ont en fait rien expliqué…
- Ton propre frère te cache la raison pour laquelle il s'est évanoui ? Ton frère est vraiment génial…
- Il a probablement ses raisons, s'il a dit que je comprendrai plus tard.
- Ve ! Sûrement ! Fratello me cache des choses aussi mais je sais qu'il a de bonnes raisons !
- Quoi ?!
- Bah oui. Par exemple quand tu as dit que grand-père n'était pas blessé. J'ai vu les infirmières aller le voir.
Son frère commença à citer plusieurs exemples, parfois disant pourquoi il avait deviné qu'il avait menti, parfois seulement le mensonge, terminant avec un joyeux « donc tu as tes raisons ! ». Lovino resta bouche bée. Depuis quand cet idiot pouvait-il deviner quand il mentait ? D'accord, ils étaient frères, ne pouvaient jamais passer leur temps qu'entre eux, mais quand même…
- Tu vas attraper des mouches, fratello, rit Feliciano.
- Il n'y a pas de mouches, idiota.
D'une manière ou d'une autre, la discussion évolua de manière plus agréable et même Ludwig revint dans la discussion et sans vraiment le vouloir, Lovino se retrouva à parler avec l'allemand. Lorsqu'il s'en rendit compte, il regarda ses deux interlocuteurs et s'éloigna.
- Tu vas chercher Antonio ?
Son visage devint rouge à la mention de l'espagnol.
- Non, pas du tout ! Occupe-toi de ton propre amoureux.
Bien sûr il n'avait dit cela sans être sérieux, mais son frère lui répondit un innocent d'accord et il retourna à l'intérieur. Aller se plaindre auprès d'un autre joyeux brun n'était pas une mauvaise idée, d'ailleurs…
*.*.*
- Geez, tu l'as fait partir encore une fois.
- Ce n'est pas ma faute s'il est aussi coincé.
Alfred regarda Francis sans rien dire. La veille, il avait parlé avec Matthew et ils en étaient venus à la conclusion qu'ils devaient trouver et détruire l'objet qui reliait Francis à ce monde mais l'américain n'avait aucune idée de comment lancer la conversation. Non pas qu'il pense qu'il faille prendre des précautions, mais son frère avait insisté.
- Dis Francis, la sorcière t'a déjà donné quelque chose ?
- Ne t'ai-je pas déjà dit que je ne l'avais jamais vue ?
- Alors quelque chose de précieux ?
Le blond à la barbe le regarda un long moment avant de se décider à répondre, sortant de l'une de ses poches… un médaillon ? Alfred tendit la main pour le prendre et l'examiner, mais l'objet fut éloigné, rendant l'action impossible. Ses yeux se levèrent vers l'autre, demandant une explication.
- Ceci est une montre de poche que ma sœur m'a donnée pour mon premier voyage. Elle était inquiète tu sais. Elle pensait que ça m'aiderait et j'ai accepté l'intention qui accompagnait l'objet.
Alors qu'il parlait, les yeux perdus dans le vide, le pouce de Francis traça le contour de la montre, avant de l'ouvrir et de fixer son regard sur les aiguilles. Devait-il réellement demander au blond de la casser ? Et si ce n'était pas le bon objet ? Il ne savait pas s'il pouvait risquer ça…
- Est-ce que tu penses qu'il s'agit de l'objet que je dois casser ?
- Quoi ? Comment tu as deviné ?
- À part à Arthur, n'est-ce pas la seule chose à laquelle tu penses ?
- Je ne pense pas à lui aussi souvent !
Son visage chauffait, il le sentait, et il ne savait même pas pourquoi. Plusieurs fois, le français avait insinué qu'il était amoureux du capitaine, mais ce n'était pas possible. Si ? Parce que d'accord, il lui arrivait d'être… un peu jaloux de Francis quand il s'approchait trop ou bien d'Antonio, avec l'histoire du jour où il s'était occupé du pirate blessé, mais là…
Et puis amoureux ? Il n'était pas sûr que…
- Si je casse ceci, essaye d'y penser au moins un minimum… Et de faire quelque chose.
Avant même qu'il ne puis répondre quoi que ce soit, la montre fut fracassée contre le pavois et son interlocuteur s'écroula au sol.
*.*.*
Le manoir de la famille Bonnefoy semblait propre et en parfait état. Que faisait-il là ? N'était-il pas avec Alfred sur le navire d'un certain anglais, il n'y avait pas si longtemps ? Tandis qu'il tentait de comprendre sa situation, quelqu'un passa devant lui. Quelqu'un qu'il reconnaissait comme sa sœur, marchant à un pas lent et pourtant rapide dans le couloir. Lent car il était clair qu'elle marchait à son aise, rapide car il ne pouvait la rattraper.
Enfin, il l'appela et elle se retourna pour lui faire face, une expression légèrement surprise sur le visage qui se transforma assez vite en inquiétude.
- Est-ce que tout va bien ? Tu es bien pâle...
L'information avait du mal à passer. Les mots ne pouvaient pas quitter sa bouche, tant le choc était grand. Sa sœur était-elle bien là ? Sous ses yeux ? Cela lui semblait surréaliste. Avant qu'il ne puisse rassembler les mots pour répondre, la main de Marianne alla jusqu'à sa joue, comparant certainement la différence de leurs teints.
- Serait-ce tes cauchemars ?
Ses cauchemars ? Il ne se rappelait pas avoir faire de cauchemar depuis longtemps. Car s'il comptait en années depuis le jour de la mort de sa sœur, il ne comptait qu'en semaines, presque mois, depuis le moment où ses nuits étaient devenues paisibles.
Entre peur et colère, la tristesse l'avait toujours emporté.
- Ne t'inquiètes pas pour moi, j'ai simplement passé plus de temps éveillé qu'endormi.
Mentir à sa sœur n'avait jamais été un choix qu'il aimait choisir. En revanche, la personne devant lui avait peu de chance d'être la vraie Marianne. Peu importe à quel point il espérait, il ne pouvait se résoudre à ce fait. C'était pour quoi il était si facile de lui mentir. Cet endroit lui paraissait familier, mais une autre impression lui disait le contraire.
- Je pense que tu devrais aller te reposer, si tu te sens fatigué.
- Je le pense aussi...
Aussitôt la main éloignée de son visage, Francis fut englouti par un froid immense. Presque insoutenable. Il voulait serrer sa sœur dans les bras, se convaincre qu'il s'agissait bien d'elle, qu'elle n'ait pas été tuée, qu'ils pouvaient continuer à rire ensemble.
Il ne demandait qu'à revivre ces moments où ils avaient appris au deux jumeaux italiens à cuisiner, où Gilbert faisait des blagues complètement stupides et racontait ses aventures extraordinairement épiques et où ils avaient partagés les tomates d'Antonio. Mais c'était impossible, il le savait alors qu'il serrait les couvertures contre lui.
Trop plongé dans ses pensées, il n'avait pas remarqué qu'il était entré dans sa chambre et s'était étalé dans son lit, recherchant la chaleur de ce lit dans lequel il avait eu à la fois de beaux rêves et d'affreux cauchemars. Affreux cauchemars qui, en fin de compte, avaient réellement bien envie de revenir.
Ce jour se répétait sans cesse dans sa tête. Bien qu'il savait qu'il y avait une chance d'être attaqué, tout ce qu'il avait pu faire était empêcher Lovino et Feliciano de revenir et obligé Matthew d'aller vivre avec son meilleur ami Gilbert ainsi que le frère de ce dernier.
Puisqu'il avait trouvé un arrangement, une stratégie avait été mise en place pour, peut-être, faire en sorte d'être pourchassé plutôt que de voir le manoir se faire attaquer.
Cela n'avait rien changé. Le manoir s'était tout de même fait attaqué. En comprenant la situation, il avait rapidement quitté la pièce, fermant la porte à clé mais demandant malgré tout à sa famille de barricader la pièce. D'autres pièces l'étaient aussi, reprises par d'autre. Mais rien ne changeait non plus.
Et alors qu'il tentait de se battre et de repousser les pirates qui lui faisaient face, d'autres passaient malgré tout, l'ignorant complètement. La porte fut forcée et il le sut dès qu'il entendu sa mère crier. Le corps de son père tombait à ses côtés, une balle dans la tête, quand il revint dans la pièce.
Pour une raison ou une autre, il s'était cru capable de sauver sa sœur. Il lui avait prit la main et aussitôt tenté de fuir. Des « renforts » arrivèrent dès qu'ils passèrent la porte mais rien ne changea. Rien ne semblait jamais changer. La situation avait commencé de manière désespérée et avait fini désespérée.
Même si, dans un rêve, il eut l'impression de pouvoir changer le cours des événements, la scène finale restait la même. C'était toujours Marianne, dans sa robe ensanglantée, gisant au sol la tête sur ses genoux, et Arthur, en face de lui, le sang dégoulinant de son épée, tandis qu'il s'excusait de ne pas avoir pu arrêter Ivan.
Et pour lui, les larmes coulaient toujours de ses yeux.
Peu importe où il dormait. Que ce soit dans son lit, avec cette odeur et cette chaleur familière, auprès de l'un de ses amis lui offrant tout le réconfort nécessaire, ou bien dans un endroit complètement différent, les rêves n'étaient que récurrent.
Ses yeux se rouvrirent, mouillés et probablement rouges. L'envie de se lever ne vint pas, alors il resta là, caressant les draps, passant parfois sur le coussin, plus mouillé à certains endroits. Un soupire lui échappa des lèvres.
*.*.*
Un rire échappa ses lèvres à l'une des blagues de Marianne. Il en oublia presque de manger, mais son père le lui rappela et, le sourire aux lèvres, il amena la fourchette à sa bouche.
- Où pars-tu déjà ?
La question fut assez surprenante, et Francis n'avait pas la réponse. Était-ce prévu qu'il parte ? Il ne se rappelait pas avoir décidé de partir, et lui-même était curieux de connaitre la réponse. En attendant, il pouvait trouver une autre réponse.
- Es-tu si pressée de me voir partir, ma chère sœur ?
- Non, mais je supposais que savoir où mon grand-frère allait était une bonne chose...
Oui, peut-être, mais il n'avait juste aucune idée d'où il allait. Peut-être qu'en vérifiant dans ses affaires, il pourrait avoir une idée d'où il partait ? C'était une possibilité qu'il pouvait tenter de vérifier.
Cela ressemblait à un retour dans le passé, et il était à la fois désorienté et heureux d'être de retour dans ce quotidien. De plus, à moins qu'il ne se fasse de nouveau battre par Arthur, tout allait pour le mieux. Enfin, tout se passerait pour le mieux même si Arthur le battait, lui et tout son équipage. Après tout, il le laissait toujours en vie et il ne perdait qu'un peu d'argent.
Son assiette fut finie avant même qu'il ne s'en rende compte, et il se dirigea presque aussitôt dans sa chambre, souhaitant vérifier quelle était sa destination. Il regarda dans les affaires qu'il avait prévu de prendre (puisqu'il les mettait toujours au même endroit avant de partir) et lorsqu'il vit les roses, il devina exactement pour qui elles étaient.
Un sourire se dessina sur son visage. Décidément, il n'arrivait vraiment pas à savoir à quoi cela servait de donner des roses à Antonio si ce dernier revenait avec elle pour les donner à Lovino quand il était là.
Mais après tout, peu importe. L'important était qu'il voyait son ami et puis, il en avait tellement qu'il pourrait faire mine de flirter avec ce cher anglais qui semblait toujours le trouver d'une manière ou d'une autre. Avec un peu de chance, il pourrait également le convaincre de ne pas lui faire de mal cette fois. Ou pas trop fort tout du moins.
Le seul problème dans tout cela était qu'il allait encore devoir s'éloigner de sa sœur. Son visage se tordit dans une expression triste et il sentit sa poitrine devenir lourde. Jamais n'était-il partit le cœur si lourd. La réalité était toujours présente et il avait maintenant l'impression que s'il s'éloignait trop longtemps, sa sœur lui serait à nouveau enlevée.
Quelque chose le convainquit que non. Tout irait pour le mieux et il n'avait pas à s'inquiéter. Après tout, de quoi pouvait-elle mourir ? Il connaissait parfaitement la réponse à cette question et il était assuré de savoir quand cela arriverait. Si cela devait arriver. Il aimait croire que non.
*.*.*
- ¿ Còmo estás, mi amigo ? Ton voyage s'est bien passé ?
- Oui, mais je suis bien content d'être enfin à terre.
L'espagnol était toujours aussi souriant, il n'y avait aucun doute à cela. Ils parlèrent un long moment, d'un peu de tout et de rien. De Marianne, aussi. Bien sûr le blond ne raconta rien de cet étrange sentiment de ne pas être au bon endroit, mais il avoua malgré tout son inquiétude pour sa sœur.
- Lo siento, mais elle est vraiment morte.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes, elle est en vie !
- Uh ? Oui, je sais. Ne me crie pas dessus...
- ... Désolé.
La discussion reprit normalement, Francis oubliant rapidement les mots du brun et après quelques jours passés chez lui, repartit.
*.*.*
À son retour, les premières personnes qu'il vit furent Gilbert et Matthew, riant de quelque chose. Quoi, il ne savait pas car il était trop loin que pour entendre ce qui se disait.
L'albinos sembla le remarquer rapidement en revanche, étant donné qu'il était tourné dans sa direction, et il lui fit un grand signe de la main, comme s'il avait peur qu'il ne le remarque. Retenant un léger rire, Francis pensa à quel point il était difficile d'ignorer l'extraordinaire prussien.
- Tu viens juste de rentrer ? Génial ! Mon extraordinaire personne ne pouvait choisir meilleur moment pour rendre visite !
- Il semblerait que tu aies toujours beaucoup de chance…
- Je sais ! Alors ce serait cool si tu te réveillais juste quand je suis là !
- Quoi ? Je suis parfaitement réveillé...
Les sourcils du français se froncèrent. Il avait... énormément de mal à comprendre ce qu'était en train de lui dire l'autre. Se réveiller ? D'accord, il s'était senti fatigué, mais il était impossible qu'il se soit endormi au beau milieu du chemin en venant, non ?
- Ne t'inquiète pas, Gil. Francis, toi non plus. Rien de ceci n'est réel.
Matthew aussi ? Cette situation le rendait un peu trop confus à son goût. Qu'entendait le jeune Canadien par "Rien de ceci n'est réel" ? Sa sœur était bien réelle, il en était... presque sûr. Elle devait l'être, sinon pourquoi ressentirait-il autant de peine et de douleur à l'idée de sa mort ?
De toute façon, la minute suivante, ses deux amis agissaient de nouveau comme d'habitude.
*.*.*
- You're just an idiot.
- Oh comme j'ai l'habitude de t'entendre dire ces mots, mon cher.
Tout se passait réellement pour le mieux. Il n'avait jamais prit qu'une fois le thé avec Arthur. Ou même monté sur son navire. De lui-même en tout cas.
D'habitude, il avait les mains attachées dans le dos et était poussé sur la planche reliant leurs deux navires. Puis il était gentiment amené sur une île déserte avec pour seule question "Comment mes amis vont-ils me retrouver ?". Et ils le retrouvaient bien sûr, mais il ne savait toujours pas comment.
- Ce ne sera pas la dernière fois, je peux te l'assurer.
- Donc tu partages une tasse de thé avec moi... juste pour me dire ça ?
- Non...
Ses yeux baissés vers sa tasse de thé, le pirate leur fit rencontrer ceux de Francis, une lueur... plutôt sérieuse les animant. Au moins comme ça il était fixé. Cette conversation n'existait réellement pas juste pour le traiter d'idiot.
- Réveille-toi.
Quoi ? C'était ça, qu'il voulait dire ? Il s'attendait à... autre chose. Ou en tout cas, pas à ce... quelque chose d'insensé ! Surtout qu'il paraissait si sûr de lui... Enfin, Arthur était bizarre de manière générale donc...
Ah. Il semblait ne pas avoir fini.
- Je suis désolé de ne pas avoir réussi à sauver Marianne, mais je pensais que tu étais du genre à ne pas regretter le passé. En toute honnêteté, j'espérais mieux que toi, idi-Ouah, qu'est-ce que vous faites, stop !
Le... magnifique discours fut soudainement interrompu par une force invisible qui... chatouillait ? peut-être le capitaine anglais. Ou en tout cas, l'embêtait assez que pour laisser tomber sa tasse au sol et lui faire faire de grands mouvements en direction de l'air. Oui. Il était toujours aussi bizarre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? En train d'avoir un combat imaginaire avec tes amis tout aussi imaginaires ?
- La ferme Francis ! Ils existent pour de vrai !
- Alors pourquoi je ne peux pas les voir ?
Mieux que de boire du thé avec lui, embêter le blond aux énormes sourcils était un passe-temps plutôt agréable.
*.*.*
En fin de compte, peut-être que ses amis avaient raisons. Ce qui se passait ne correspondait avec sa mémoire, et des fois, il avait des impressions de déjà-vu, ou bien de ne pas avancer. Diverses incohérences se formaient petit à petit, au fur et à mesure que le temps passait. À présent, lorsqu'il regardait sa sœur, c'était avec une expression triste qu'il ne pouvait plus cacher.
De plus en plus, il commençait à se résoudre à l'idée que, peut-être, éventuellement, sa sœur était bel et bien morte, et ne reviendrait jamais. Tant d'efforts avaient été dépensés dans ses désillusions, finalement en vain.
Au bout d'un moment, Marianne lui demanda pourquoi il la regardait ainsi, mais il resta silencieux et la prit simplement dans ses bras. Il n'y avait plus que trois mots à prononcer et il pourrait retourner voir ses amis.
Après tout, il se rappelait bien, après avoir vu toute cette tranquillité, que rien de tout ceci n'était réel. Que rien ne durait éternellement. À part peut-être une chose.
*.*.*
- Je suis enfin réveillé, mes amours~ ! Grand-frère France est de retour !
En toute franchise, lorsqu'il s'était rappelé de tout et était sorti de son sommeil, Francis s'était attendu à ce que tout le monde soit là, content de le voir enfin debout... Ou assit, car ils ne lui auraient pas donné le temps de se lever avant de se jeter sur lui et de le prendre dans ses bras.
Mais bien sûr, les rêves n'étaient que ce qu'ils étaient et il n'y avait personne dans la pièce. Avec un léger soupir, il se leva et se dirigea vers la lettre, posée sur la table à côté du lit.
« Désolé Francis. Je ne peux pas rester, Lovi est bruyant. Mais je reviens vite. J'espère que tu vas bientôt te réveiller ! Je vais appeler Gilbert. ~ Tonio »
L'écriture du paragraphe suivant était différente, et ressemblait plus à celle de Gilbert.
« Frany ! Mon extraordinaire personne serait bien restée mais je suis occupé. Dépêche-toi de revenir. La nourriture commence peut-être à pourrir, mais ce sera meilleur si c'est toi qui cuisine ! Mattie va m'aider en attendant. – L'extraordinaire Gilbert !
Je crois qu'on devrait demander à Arthur de venir comme ça ça l'occupera. (Matthew)
Génial l'idée, birdie ! – L'extraordinaire Gilbert ! »
... N'étaient-ils pas dans la même pièce ? Pourtant, ils écrivaient comme s'il n'y avait que ce moyen pour dialoguer. Mais bon, c'était toujours aussi intéressant de les avoir pour amis. Un faible sourire sur le visage, il continua sa lecture. ... Ce qui le rendit plutôt blanc de peur.
« Ces idiots ne savent pas se retenir de faire n'importe quoi. Alfred et Gilbert m'ont attaqué sans raison particulière, et maintenant je ne leur fait plus confiance avec ma cuisine. Je pense que je vais aller le faire moi-même.
Arthur »
Deux grands « NON ! » déformés vers la fin étaient écris en bas de la feuille. Probablement Alfred et Gilbert, s'il arrivait à suivre l'histoire. Et... s'il arrivait bien à suivre l'histoire, alors Arthur cuisinait. Et Arthur qui cuisinait était l'une des pires choses qui puisse arriver sur le navire. Non. Dans le monde entier. LES deux mondes. Ses talents culinaires n'était bons nulle part.
Heureusement pour lui, lorsqu'il arriva dans la cuisine, les deux jumeaux italiens avaient le contrôle de la cuisine et l'anglais était calme. Son retour fut accueilli… plus ou moins. Tout le monde agissait normalement, comme s'il n'était qu'en retard, et ses deux amis l'installèrent entre eux.
*.*.*
- Est-ce qu'il y a quoi que ce soit d'autre que ton frère et Ludwig ?
- Quoi ?
Antonio sourit au brun grognon. Cela faisait un long moment que ce dernier se plaignait, mais ça ne le dérangeait pas. Après tout, il passait du temps avec lui et il voulait juste que Lovino aie quelqu'un auprès de qui il pouvait râler jusqu'à ce qu'il en ait marre. Et puis, il l'écoutait, au cas où une réponse serait demandée.
- Je ne sais pas. Tu es juste venu pour te plaindre ?
- Est-ce que ça te dérange, bastardo ?
- Pas du tout. Tu sais très bien que je suis là pour toi.
Le silence qui suivit l'inquiéta presque, comme il s'attendait à une réponse, enlevant son regard des vagues pour rencontrer ses yeux. Des yeux surpris. Il se demandait presque pourquoi, et voulait le faire oralement, mais il fut interrompu.
- Che, idiota, je ne te laisse pas le choix. Je serais venu me plaindre que tu sois d'accord ou non.
- Je sais, mais je pensais que tu voudrais savoir.
Bien sûr qu'il le savait. Il n'avait pas souvent vu le jeune italien, mais il avait bien comprit qu'il ne pensait pas tout ce qu'il disait. Pour lui, Lovino avait toujours été un ange. Un ange qui ne veut pas montrer à quel point il aime son frère ou quiconque autour de lui. Un ange avec beaucoup de mal à faire confiance aux autres, aussi, mais il s'occuperait de ça.
Aucune réponse ne vint mais cette fois, il savait qu'il avait simplement réduit au silence l'italien. Une question apparut dans son esprit et il se rapprocha un peu plus de lui. Le mouvement ne passa pas inaperçu.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Rien rien...
Mais ce n'était pas convaincant, et bien qu'Antonio ne regardât pas dans sa direction, il sentait le regard méfiant de l'autre brun sur lui. Allait-il se faire tuer s'il allait jusqu'au bout ? Quelque chose en lui voulait essayer. Il recommença, Lovino recula.
- Arrête d'essayer de venir vers moi, bastardo.
- Et si j'ai envie de te prendre dans mes bras ? C'est trop près ?
Le visage de l'italien s'enflamma aussitôt, devenant complètement rouge.
- Bien trop près, idiota !
- Dommage.
C'était ce qu'il disait, mais il n'était pas sûr d'avoir envie d'abandonner son idée. Au bout d'un autre moment de silence, il se rapprocha à nouveau de l'autre, lentement, sans rien dire. Il vit Lovino se tendre, mais il ne prononça pas un mot et recommença de nouveau après quelques secondes seulement.
- Je vois parfaitement ce que tu essayes de faire. Je m'en vais.
Mais alors qu'il partait, Antonio prit l'italien dans ses bras, ne se préoccupant pas vraiment de la tension qui apparut dans son corps.
- Lâche-moi, bastardo !
- Dis Lovi, tu me déteste ?
- Quoi ?
Répondre n'était pas préférable. Antonio n'avait pas réellement envie de répéter sa question et il savait parfaitement que l'italien l'avait entendu. D'ailleurs, il n'avait pas réellement prévu de poser cette question.
Non, au départ, il voulait juste lui faire un câlin. Puis les réactions qu'il recevait en s'approchant étaient plutôt amusantes, bien que peut-être un peu blessante. Mais il savait que ce n'était pas le but de Lovino. Ensuite, il s'était dit que parler serait une bonne chose. La question était venue toute seule.
- Pourquoi tu demandes ça ?
- Tu n'es pas obligé de répondre. Tu sais bien que je ne te forcerai jamais à quoique ce soit.
Cette phrase, ce n'était pas la première fois qu'il la prononçait. La première phrase, évidemment. Pas vraiment la deuxième. Enfin la deuxième, il l'avait déjà dite... différemment.
- Je ne te déteste pas. Qu'est-ce qui te fais dire ça ?
- Ne l'as-tu pas déjà clairement ?
À ces mots, il sentit l'autre brun se tendre un peu plus dans ses bras. Bon d'accord, l'espagnol savait que ce n'était que l'un de ces moments où il parlait à tout le monde, mais il n'empêchait qu'il l'avait dit. Plus ou moins. En tout cas, il n'avait fait que répondre.
- J-Je ne parlais pas forcément de toi...
Même s'il ne pouvait pas les voir, Antonio savait que les yeux de l'italien étaient fixés quelque part sur l'une des planches, observant sûrement un bout abîmé, un trou ou un clou mal placé ou disparu. Il le pensait en tout cas, car pour lui aussi, ce genre de détails était devenu très intéressant.
- Je ne peux pas avoir juste un simple câlin ? demanda-t-il en posant son menton sur son épaule.
Un bref silence intervint, laissant le vent soufflant dans les voiles, les vagues frappant contre la coque du navire et les cris et chants des membres de l'équipage prendre la place de leurs voix.
- D'accord... Mais n'en profite pas trop alors.
*.*.*
- Francis, arrête de cuisiner. La mer s'agite.
Lorsqu'il entra dans la cuisiner, Francis adressa au cuisinier un air surpris, mais s'exécuta aussitôt. Risquer de mettre le feu au navire n'était certainement pas dans ses intentions.
Arthur sortit sans perdre de temps, se demandant à la fois pourquoi le français le suivait et pourquoi il s'était rendu en cuisine lui-même quand il aurait très bien pu faire passer le message autrement. S'il faisait déjà de mauvaises décisions, alors autant se préparer au pire.
- Je suppose qu'une tempête arrive.
Du moins, il supposait car le navire commençait déjà à tanguer.
- Avec le temps qu'on a, elle est déjà là, Francis.
D'ailleurs, elle était plutôt rapide. Moins de cinq minutes plus tôt, le ciel était parfaitement clair. La vigie l'avait ensuite appelé, déclarant avoir vu quelque chose mais lorsqu'il demanda confirmation sur ce qu'il s'agissait, le ciel était recouvert de nuages noirs et les vagues grandissaient à vue d'œil, cognant contre la coque de son navire avec de plus en plus de violence.
- Quoi ? Mais pourtant il faisa-Oh, il ne fait clairement pas aussi beau que quand je suis rentré à l'intérieur.
L'étonnement du français n'avait pas grande importance au moment où il vit Hugh se diriger vers lui en titubant, tentant de ne pas tomber avec les tangages du navire. Arthur s'accrocha à la première chose qui lui tomba sous la main et écouta les hurlements que son second était censé crier pour se faire entendre.
- Y a-t-il autre chose ?
- Je ne sais pas ! On ne peut rien voir avec la tempête. Les hommes prient déjà pour ne pas se faire emporter par la tempête !
La situation était mauvaise, il le sentait. Même ses amis féériques n'étaient pas là. Sinon, il leur aurait bien demandé de l'aide. Gardant l'expression de son visage sous contrôle, il fit signe à Hugh qu'il avait compris. Il aurait pu demander de faire passer l'ordre à ses hommes de rester à leur poste, mais il savait que tout avait déjà été fait.
- ARTIE !
Le cri d'Alfred parvint directement aux oreilles du capitaine, qui eu à peine eu le temps de voir le second partir que sa vision fut engloutie par un certain idiot.
- Lâche-moi idiot, je suis occupé !
Et l'américain le lâcha directement pour une fois parce que lui-même comprenait que ce n'était pas vraiment le moment de faire des câlins. Il regarda la mer déchaînée et s'accrocha à son tour au bord, surpris lorsque le navire pencha dangereusement. Et par le sol mouillé, aussi.
Ses yeux se tournèrent rapidement vers Arthur. Bien qu'il regardât sur le côté, Alfred l'avait vu tendre sa main vers lui et sa bouche s'ouvrir lorsque son pied était partit tout seul. Les deux autres blonds aussi mais leurs priorités changèrent vite.
- Fratello !
Le cri de Feliciano suivit de celui de son frère retentirent sur le pont malgré la tempête. Les deux italiens étaient au sol et glissaient avec le navire. L'un tentant de s'accrocher désespérément à quelque chose, n'importe quoi, et l'autre de rattraper son frère, les mouvements presque calculés mais l'expression toute aussi perdue.
- Tonio !
Alfred et Arthur suivirent le regard de Francis, fixé sur un certain brun qui essayait de faire son chemin, malgré les vagues qui tentaient de le happer, vers les deux italiens. Les trois glissèrent contre le pavois et le capitaine hurla:
- CARRIEDO ! Emmène-les à l'intérieur !
Il aurait bien dit plus, mais mieux valait garder tout cela court. Et puis Antonio savait que faire, bien qu'il n'ait jamais eu de tempête aussi violente. Ils échangèrent un bref regard avant que l'anglais ne se tourne vers Alfred, qui recommençait à glisser.
- Toi aussi, cria-t-il en lui attrapant le bras. Et toi Francis !
- Pas question, je reste ! protesta, évidemment, l'américain.
- Moi aussi, mon ami !
- Et quelle utilité avez-vous ?! Comptez-vous rester ici, accrochés au cordage en attendant que la tempête passe ?!
- Alors tu viens aussi !
- Je ne peux pas Alfred ! Je suis le capitaine !
Tandis qu'ils se disputaient, un éclair atterrit juste à côté du navire, faisant crier le jeune italien, qui entrait justement avec Lovino et Antonio. Ce dernier s'arrêta et fit signe de rentrer à Francis, inquiet. L'hésitation apparut sur le visage du français, le regard passant du pirate anglais à son meilleur ami.
L'ordre qui lui était donné dans le regard d'Arthur était plutôt clair, et la demande de l'espagnol... tout autant. Ses yeux se fermèrent et le poing serré, il se résigna. Bien que l'anglais et lui n'avaient pas la meilleure des relations, il comprenait l'intention. L'un ne voulait pas que l'autre se noie, et inversement.
- Alfred, veille à ce que cet idiot têtu ne tombe pas à l'eau !
- Compte sur moi !
- J'ai dit... !
Le capitaine abandonna rapidement sa phrase, comprenant parfaitement que l'autre blond ne comptait pas abandonner.
Quand son ami entra finalement, Antonio laissa un léger sourire de soulagement apparaître sur ses lèvres. Personne ne savait nager ici, à part peut-être Alfred... Bien qu'en fait avec cette tempête, savoir nager ou non n'était pas réellement la question. Avant de fermer la porte, il lança un dernier regard à l'anglais, qui le regardait également.
- Ne meurs pas ! Ce serait une mort misérable pour toi !
- Je n'y compte pas, murmura presque Arthur.
Le message passa de toute façon, son air sérieux traduisant parfaitement ses intentions.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?!
Ca c'était le problème de l'américain. Il s'attendait toujours à ce qu'il y ait quelque chose à faire quand ce n'était pas le cas. Cette fois-ci, son regard lui donnait cet air énervé.
- S'accrocher, quoi d'autre ?!
- Oh... C'est tout ?! T'es sûr ?!
C'était un peu dommage. La situation était... plutôt stressante même pour lui mais il n'y avait rien à faire ? La dernière fois qu'ils avaient eu une tempête, elle n'était pas aussi violente donc il avait pu se reposer malgré tout et cette fois-ci...
Le pont se leva de nouveau et une autre vague vint happer un pirate ou deux. Bon d'accord peut-être qu'il n'avait pas envie de risquer sa peau à faire plusieurs choses en même temps. Même s'il pouvait y arriver, étant le héros.
Est-ce que son acte marchait ? La question apparut dans son esprit quand Arthur le regarda et lui donna l'impression qu'il voyait parfaitement ce qu'il pensait. Ses yeux écarquillés et sa mâchoire fermement serrée devaient le trahir.
- Tu peux toujours rentrer !
- Et si tu glissais et tombais ? Non !
Et après c'était lui que Francis appelait têtu... Le pirate regarda les membres de son équipage et se demanda où se trouvaient Gilbert et sa petite famille. Si Alfred venait de l'intérieur, alors peut-être l'étaient-ils aussi, ou bien l'américain aurait déjà paniqué de ne pas trouver son frère. Et l'albinos devait sûrement être avec le canadien donc...
Une vague particulièrement haute l'attint et il resserra sa grippe. Les yeux fermés, il sentait parfaitement le navire monter et descendre, parfois tanguer sur le côté et la pluie sur son visage. Le froid devenait de plus en plus mordant mais il préféra l'ignorer.
Lentement, il rouvrit les yeux et vit Hugh s'approcher une nouvelle fois de lui, visiblement pressé. Il hurlait, mais sa voix était avalée par le vent et le bruit des vagues. Les cris étaient répétés, mais rien n'y faisait, la voix ne pouvait porter très loin.
- Capitaine ! fut le faible murmure qu'il attrapa, la vigie... ! ... terre... !
Même Alfred tendait l'oreille mais ne parvenait à entendre. Et de ce qu'il avait attrapé... Il n'avait un bon pressentiment, surtout quand il vit les yeux d'Arthur s'écarquiller et l'homme tenter de bouger vers l'avant du navire. Ou vers Hugh en tout cas.
D'accord, c'était une mauvaise idée. Mais il devait vérifier. Si la vigie avait repéré une terre droit devant... Il tenta de ne pas glisser, mais une autre vague s'annonça, voulant le reprendre avec lui. Quelqu'un cria derrière lui et il s'accrocha désespérément au pavois. Pas longtemps. Il voulait repartir et avancer vers la proue.
Son second le suivait, répétant ce qu'il avait deviné. En pire. Il s'arrêta complètement, et Alfred fit une apparition à ses côtés. Même s'il n'était pas à la proue, il voyait clairement la direction dans laquelle le navire se dirigeait.
L'une des dernières choses qu'il vit avant de passer par dessus-bord, ce fut son second le précéder et son navire se fracasser contre les rochers.
*.*.*
- Arthur ! Arthur ! ARTHUR !
La situation était devenue un véritable bordel. Il ne savait pas que faire, avait de plus en plus de mal à comprendre ce qui se passait, mais tout ce qu'il arrivait à enregistrer pour le moment était Arthur. La mer avait été froide, mais voir l'anglais lui être arraché par les vagues lui faisait plus de mal. Ce froid-là était plus immense.
Tout autour de lui, des morceaux de bois s'échouaient. Ou des morceaux d'autre chose, mais il n'y prêtait pas attention. Lui-même s'était blessé, en se cognant contre certains rochers, mais il avait fait tout ce qu'il avait pu pour protéger... protéger la personne qu'il aimait.
Après tout, il aimait Matthew aussi, et il s'inquiétait pour ce dernier, particulièrement lorsqu'il ne le trouvait pas en regardant autour de lui, mais de un: il savait que Gilbert était avec lui, et de deux... Il ne pouvait pas vraiment comparer son amour fraternel et son amour pour Arthur, mais il savait qu'il ne serait pas aussi inquiet pour... pour Francis, ou Antonio... par exemple.
En ne voyant pas le pirate se réveiller malgré toutes ses tentatives, il commença à supplier. Si le héros ne pouvait pas sauver la personne qui lui était la plus chère au monde, qu'y avait-il à faire ? Il ne voulait pas abandonner, mais il n'avait aucune idée... Rien.
Les autres commencèrent à l'inquiéter, aussi. Avaient-ils tous atterrit ailleurs sur la plage ? Probablement. Lui, il avait dû nager pour sauver Arthur, mais les autres pas forcément... Peut-être que s'il se déplaçait un peu, histoire d'aller quelque part où son champs de vision n'était pas trop réduit...
Mais il était perdu. La panique était en train de l'emporter, il ne savait plus que faire. Était transporter l'anglais une bonne idée ?
- Arthur, réveille-toi...
Il entendit son nom. Un instant, il espéra que c'était l'autre blond, qui se réveillait. Comme dans la plupart des films, où quelqu'un d'inconscient se réveille et prononce le nom de la personne juste en face d'eux faiblement. Mais non, il s'agissait d'un murmure plus lointain. Enfin plus un hurlement qui parvenait difficilement à ses oreilles.
Et qui se rapprochait. Il se leva aussitôt et regarda autour de lui. Deux silhouettes apparurent au loin et il leur fit signe. Les ombres s'arrêtèrent avant de se mettre à courir vers lui. Au fur et à mesure, il reconnut Francis et Matthew. Soulagé, il laissa un bref sourire passer sur son visage avant de reporter son attention sur la personne à ses pieds.
Qui commençait à ouvrir les yeux. Il s'accroupit immédiatement avant de lui lancer un énorme sourire.
- Arthur ! Tu es réveillé !
- Quoi...
Les yeux d'Arthur semblaient chercher quelque chose avant d'atterrir sur l'américain. Puis ses sourcils se froncèrent et il se redressa immédiatement, agrippant sa tête. Pourquoi essayait-il de se dépêcher ? Alfred ne comprenait pas.
- Toujours aussi pressé, on dirait, remarqua Francis qui venait d'arriver.
Oh il supposait que c'était logique pour l'anglais d'être comme ça.. Un nouveau sourire se forma sur son visage et il se releva une deuxième fois, offrant une main au blond par terre.
- Here !
Contrairement à ce qu'il attendait, la main fut rejetée et un flot d'insulte sortit de la bouche de l'anglais. Enfin il avait peut-être dit autre chose aussi, mais ce fut tout ce qu'il comprit. Choqué, il regarda le pirate se lever par lui-même et partir. Son frère posa une main sur son épaule et lui parla tandis que Francis courrait après le pirate.
- Quoi ?
Enfin fini ! Bon désolée j'ai perdu mon but du dernier chapitre, mais je me suis retrouvée avec une tonne de travail à l'école… D'un coup j'ai eu 3 oraux… Ainsi que d'autres contrôles et travaux… et les jours où je fini plus tard… j'ai même eu peur que ce soit mort pour ce week-end car j'ai eu un coup de pompe au moral hier et avant-hier mais c'est cool, j'ai trouvé une méthode pour écrire sans être trop distraite et avec l'heure que j'ai passé à écrire aujourd'hui, j'ai non seulement fini le chapitre, mais en plus j'ai atteint 7.322 mots ! Donc voilà tout est bien qui finit bien ^^
Avec la mort de Marianne, cette fin de chapitre est l'une de celle que j'ai voulu écrire depuis le début. Le naufrage n'est pas suffisant. Il y a cette situation qui apparaît, à la fin de ce chapitre. Évidemment qu'il y a une bonne raison que je mets ça à la fin de ce chapitre plutôt qu'au début du prochain (entre autre, la torture des lecteurs).
Et je vais pas trop m'attarder, je vais plutôt publier ^^
