Hello ! Me voici avec le chapitre 3 de Sauve-moi. J'espère qu'il vous plaira !
Disclaimer : tous les personnages appartiennent à la reine JK Rowling, mais l'histoire m'appartient.
Chapitre 3
Un mois plus tard :
Ginny, ma soeur,
Je vais mourir. Ca y est, c'est la fin. Je ne vois pas comment ça peut en être autrement maintenant que tu n'as plus le droit de venir me voir.
De quel droit Harry contrôle-t-il ma vie ? Qui lui a mis cette idée dans la tête, bordel ?
Je veux mourir, parce que je n'ai plus personne. Je sais que tu es là, juste dehors, probablement en train de te battre pour obtenir un droit de visite. Mais tu sais aussi bien que moi que tu n'en auras aucun jusqu'à ce que le balafré en ait décidé autrement. Le jour où je sortirai d'ici, je le tuerai, à mains nues.
Je me demande quelle mouche l'a piqué. Son pouvoir semble lui monter à la tête plus que de raison. Il n'a jamais été comme ça, par le passé, à contrôler les moindres faits et gestes de son entourage, et voilà qu'il me fait enfermer dans cette putain de prison pour fous, puis se met à décider de qui j'ai le droit de voir ou non. Dis-lui Ginny, dis-lui que s'il ne me fait pas sortir rapidement, je vais faire une connerie. Si je dois me taper la tête contre un mur pendant des heures pour crever d'une putain d'hémorragie cérébrale, je le ferai. Je te le jure Gin, j'en suis capable.
L'air est irrespirable ici. Ça pue la folie. Et l'antiseptique. J'entends des gens crier à longueur de journée, et j'ai peur de devenir comme eux. Quand je vais manger, je vois certains patients avec des camisoles. C'est affreux. J'en fais des cauchemars la nuit. Je veux revoir le soleil, la lumière du jour. Je veux pouvoir marcher dans l'herbe mouillée. Je veux pouvoir te serrer dans mes bras. Je veux que Luna me parle encore et encore de ses Nargoles, même si je n'ai toujours pas bien compris ce que c'était. J'ai envie de manger une pizza. Ça peut paraître futile mais c'est tout ce qui me raccroche à la vie.
Mes parents sont venus me voir la semaine dernière, et il semblerait qu'ils aient subis un lavage de cerveau par notre cher et tendre Élu. Ils n'ont cessé de me répéter que j'étais dans cet endroit glauque pour mon propre bien, pour aller mieux. Ils m'ont dit que je n'avais qu'à faire quelques efforts pour avoir le droit de sortir. Que je n'avais qu'à arrêter de penser à Draco. Ils ont osé me dire qu'il m'avait détruite et que j'étais là pour me reconstruire. Ce sont des foutaises ! Je n'ai pas besoin de me reconstruire. Ce sont eux qui sont en train de me détruire. À petit feu. Je sens que je suis en train de me perdre. Je me trouve à peine cohérente de temps à autres. Mes pensées partent dans tous les sens.
Je ne leur ai pas parlé. Il ne manquerait plus que ça. Pactiser avec l'ennemi. Mes propres parents appartiennent au camp adverse. J'ai mal, je me sens trahie. Tu vois, ils devraient tout faire pour que je me sente bien, en sécurité, aimée, soutenue, mais il n'en est rien. Je suis leur fille unique, et ils sont en train de participer à ma chute. Je me sens abandonnée lâchement par tous ceux qui disent se soucier de moi. Tous, sauf toi et Neville.
Neville non plus n'a plus le droit de venir et je ne sais pas pourquoi. J'aimais bien qu'il vienne me raconter ses petites histoires. Je l'aime bien Neville. Il est loyal, courageux. Un vrai Gryffondor. Mais Harry l'a interdit de mettre un pied à l'hôpital. Je l'ai su en écoutant les conversations des médecins. Ils n'étaient pas très discrets ces imbéciles. S'il vient ici, le personnel doit appeler les autorités et le faire embarquer. Je ne veux pas que Neville ait des problèmes à cause de moi, d'accord ? Dis-lui s'il te plait.
Je me demande ce qu'il se trame dehors. Il se passe forcément quelque chose, je le sais, je le sens, et j'aimerais bien savoir ce que c'est. Malheureusement, tu ne peux pas m'en informer puisque tu n'as plus le droit de m'écrire ou de me rendre visite, comme Neville. Je ne sais même pas si je vais pouvoir te faire parvenir cette lettre. Mais tant pis, je vais continuer à l'écrire. Ça me fait du bien de mettre sur papier toutes mes pensées, tous mes sentiments.
Ton cher frère Ronald est venu me rendre une petite visite la semaine dernière. Je n'ai pas ouvert la bouche pendant une heure, je ne l'ai même pas regardé. Il m'a raconté toute sa vie, en long, en large, en travers, mais je n'en ai rien à faire, de sa putain de vie de merde. Il me parlait de son travail mais aussi de toutes ses conquêtes. Visiblement, être auror aide beaucoup quand il s'agit de trouver une fille à sauter. Mais quand il s'agit de les aimer, de toute son âme et de tout son corps, il en est incapable. Quel boulet ce mec. Désolée de te dire ça, mais ton frère est un véritable connard.
Ça faisait longtemps qu'il n'était pas venu me voir, (« parce que le travail d'auror est quelque chose de très prenant, tu comprends ? ») mais je dois bien avouer qu'il ne m'avait pas du tout manqué ! Ce gigolo a le feu au cul. Tu vois, cet endroit m'a changé ! Je n'aurais jamais osé dire un truc pareil par le passé…
J'ai essayé de faire de la magie sans baguette hier, avant-hier et tous les jours d'avant, mais il semblerait que tout magie soit bridée dans cette prison dans laquelle on nous file des cachetons pour aller mieux. Je me concentre toujours de toutes mes forces, mais je n'arrive même pas à faire léviter un verre. J'ai la sensation d'être une putain d'incapable, et je déteste ça. J'ai toujours tout réussi, et je suis en train de devenir une loque, à cause de ton abruti d'ex-fiancé. Six mois que je suis ici, tu te rends compte ? J'attends toujours que Draco vienne me chercher. Je sais qu'il est là, quelque part, pas loin. Je sais qu'il est en train de se battre pour me faire sortir d'ici.
Je n'ai même plus rien à lire. J'ai lu tous mes livres deux fois, et la plupart d'entre eux étaient barbants au possible. Ni le balafré, ni le rouquin n'ont pensé à m'en amener lors de leurs visites. Je les déteste. Je les hais. J'ai envie de les tuer. Doucement, vicieusement, comme eux le font avec moi. Pas à mains nues comme je te l'ai dit plus haut. Ils ne méritent pas une mort rapide. Non, je m'arrangerai pour les empoisonner lentement, mais sûrement. A la façon moldue, bien sûr. Avec de la mort au rat dans leur café tous les jours, ou quelque chose comme ça. Tu sais, comme dans la nouvelle « Quand Angèle fut seule… » !
J'ai besoin d'aide Ginny. J'ai besoin de toi. Tu es mon seul espoir aujourd'hui, le seul et l'unique que je possède.
Démène-toi pour retrouver Draco le plus vite possible. Trente jours de plus ici et je fais une connerie. C'est une promesse.
Ton amie Hermione, qui est en train de venir barge. »
La jeune femme plie la lettre, et la glisse sous son matelas. Elle s'allonge ensuite sur son lit, et fixe le plafond. Tout blanc. Mais qui lui évoque tant de choses. L'enfermement, les médicaments, les cris de ses voisins. Elle fixe le plafond et soupire. Pour combien de temps sera-t-elle encore là ?
La porte s'ouvre à la volée, et une infirmière pénètre dans la chambre.
« Mademoiselle Granger, c'est l'heure de votre rendez-vous avec le psychologue. »
Voilà ! Vous pouvez laisser une review, j'y réponds toujours avec plaisir.
Clémence
