Je sais, ça faisait longtemps mais j'ai eu quelques problèmes. La publication des chapitres restera malheureusement toujours assez longue en grande partie à cause de mes études. Néanmoins, je n'abandonne pas cette histoire. Ce chapitre est assez court mais déterminant pour la suite des évènements. Bonne lecture.


Hermione se dépêcha de quitter son appartement. Elle avait trouvé quelqu'un pour garder Myrcella mais était très en retard à son travail. Lors de son arrivée au château, elle aperçut une jeune fille aux cheveux coupés court dans le hall.

« Bonjour, je suis Emmeline Vance et préfète en chef pour cette année, se présenta la jeune élève.

- Ravie de te rencontrer, je suis Harmonie Grent.

- Oui, je suis au courant, vous êtes l'assistante de la bibliothécaire, je suis ici pour vous expliquer le fonctionnement de cette école. Je suis désolée le professeur McGonagall n'a pas pu se libérer, elle assiste à une réunion importante »

Hermione se laissa guider à travers le château par Emmeline Vance. Cette situation était très étrange, elle connaissait par cœur les moindres recoins de cette école mais faisait semblant de tout découvrir. Hermione se sentait de plus en plus stressée entre ce voyage dans le temps, Myrcella.. Elle espérait que le moment venu, elle ne se briserait pas sous le poids de tous ses événements.

Finalement, arrivée à la bibliothèque Emmeline Vance présenta Hermione à la bibliothécaire, madame Tears

« Hmm.. Vous êtes mon assistante ? Vous avez plutôt la dégaine d'une fille de joie... » marmonna la bibliothécaire entre ses dents.

Si Hermione n'avait pas été son assistante, elle aurait sûrement empoigné cette femme pour la secouer comme un prunier. Elle détestait les gens qui ramenaient tout à l'apparence. C'était terriblement réducteur et elle en avait beaucoup souffert. Hermione se souvenait très bien des moqueries de Malefoy sur ces dents ou ses cheveux désordonnés. En dépit du fait qu'elle ait des meilleures notes que lui, il se contentait de la ramener à son physique pour la ridiculiser. Cela dit, Malefoy n'était pas le seul à le faire. Elle avait l'habitude de ce genre de moquerie. Mais en vérité, cela restait très blessant, dès son plus jeune âge, elle complexait déjà sur ces cheveux. Une petite fille devrait quand même avoir d'autres préoccupations que ça.

Hermione se jura de protéger Myrcella contre ce genre d'injonction. Même si la jeune femme s'était forgée une armure émotionnelle contre ces attaques, elle savait très bien l'impact négatif que cela pouvaient engendrer. L'exemple d'Eloïse Midgen et son acné avaient été frappants.

« Je suis désolée que mon accoutrement vous paraisse... peu recommandable. C'est la première fois que l'on me fait ce genre de remarque, néanmoins si vous avez établi un dressing code pour travailler je serai ravie de m'y conformer, déclara Hermione en serrant les dents.

- Mon enfant n'écoute pas mes vieux marmonnements, je m'en excuse. Emmeline, je suis sûre que vous avez à faire, vous pouvez partir.

L'adolescente hocha la tête et se tourna vers Hermione.

- Si vous avez des questions ou autre, n'hésitez pas à m'envoyer un hibou. Je suis ravie d'avoir fait votre connaissance.

Sur ces dernières paroles, Emmeline quitta la bibliothèque. La bibliothécaire conduisit Hermione dans une sorte d'arrière salle de la bibliothèque. Une atmosphère froide s'en dégageait, elle était sombre, peu meublée à part une table en bois sur laquelle était entassé au moins une cinquantaine de livre décrépit.

« Voici votre travail. Vous pouvez utilisé la magie pour remettre en état des livres si vous le souhaitez. Malheureusement, dans le cas ou le contenu des livres s'efface vous allez devoir déterminer si c'est naturel ou s'il s'agit d'un sortilège. Dans le cas ou c'un sortilège, vous devez compléter une feuille que j'enverrais au professeur Dumbledore. Lui seul peut venir à bout de ce genre de sort. Des questions ?

- Les autres livres dont le contenu s'efface naturellement, j'en fais quoi ?

- Si l'encre est plus ou moins visible mais commence à s'effacer, vous mettez une étiquette rouge sur le livre. Si le contenu est irrécupérable, il vous faudra passer une commande chez Fleury et Bott. Bien sûre, l'école prend en charge ce genre de dépenses, expliquer Mrs Tears.

- D'accord, je commence maintenant ?

- Oui, ça serait préférable.

Sans un mot de plus, la bibliothécaire quitta la pièce laissant Hermione seule face à une montagne de travail. Durant plusieurs heures, Hermione fit le tri entre les livre tout en se retenant d'en lire quelque un au passage. Même avec la magie la tâche était ardue mais aucun livre semblait avoir été ensorcelé.

Apparemment, les élèves de cette époque semblaient beaucoup moins calmes. Elle pouvait entendre des bruits de chahut et des sifflements. A croire que Mrs Tears avait beaucoup moins d'autorité que Mrs Pince. Ce brouhaha constant gênait Hermione dans son travail et elle dû souvent se retenir de débarquer dans la bibliothèque comme une furie et de lancer des silencio à tout va.

La jeune femme se demanda si en ce moment même les maraudeurs se trouvaient à l'école. Elle espérait sincèrement qu'ils avaient terminé leur scolarité. Revoir le portrait craché de Harry n'allait pas lui remonter le moral. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander quel sort effroyable avait-il subi à son époque. Le baiser du détraqueur ? Hermione en frissonna.

Elle fut sortie de ses pensées par le gargouillement de son ventre, il devait être un peu plus de midi. Il semblait y avoir toujours autant de bruit dans la bibliothèque néanmoins Hermione savait qu'elle disposait d'une pause déjeuner. Elle sortit de la pièce où elle avait été confinée et trouva la bibliothécaire qui lui indiqua qu'elle pouvait soit se rendre à l'aile du château côté est pour prendre le déjeuner avec d'autres collègues ou allait se nourrir directement au cuisine.

La jeune femme choisit la seconde option, elle souhaitait réduire au minimum ces contacts sociaux, ne voulant pas chambouler le passé plus qu'elle ne l'avait fait.

En chemin, elle rencontra des élèves de Serpentard dont Regulus Black qui se contenta de la saluer d'un signe de tête. Arrivée aux cuisines Hermione fut immédiatement servie par un elfe de maison. Le jeune sorcière se retint de grimacer, elle n'avait pas complètement abandonné son idée de délivrer les elfes de leur asservissement.

Alors qu'elle prenait son repas tranquillement, elle entendit soudainement un grand fracas provenant vraisemblablement du couloir. Calmement, Hermione pose son repas sur une table et sortit sa baguette. Alors qu'elle explorait le couloir, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir deux élèves en pleine dispute. Il s'agissait de toute évidence d'une scène de ménage. Un garçon blond avait un air ennuyé et tentait vainement de se justifier de quelque chose auprès de sa petite amie qui appartenait à la maison de Pouffsouffle

- Amélia, je suis désolée...

-Désolée... tu es désolée... tu as une drôle de façon de le montrer, coupa la jeune fille

- Je...

- C'est vous qui faites ce remue-ménage ? Intervint froidement Hermione sans se soucier de prendre en compte la gêne des deux adolescents.

- Oui madame, on est désolée, s'excusa l'adolescente en rougissant.

Hermione vrilla son regard sur le jeune garçon, maintenant qu'elle était assez proche d'eux, elle pouvait distinguer le blason de Serdaigle sur son chemisier.

- Je suis Bartemius Croupton et voici ma camarade, Amélia Bones.

Hermione se retint d'afficher une expression stupéfaite. Elle frissonna d'horreur et de dégoût. Amélia Bones, la tante de Susan Bones avait eu un béguin pour Barty Jr ?

- Je suis Harmonie Grent. J'ai entendu votre vacarme alors que j'étais dans les cuisines. Soyez plus discret à l'avenir, leur conseilla sèchement Hermione.

Une lueur de compréhension passa dans le regard de Croupton.

- Vous êtes la nouvelle assistante de la bibliothécaire ? Regulus et Rabastan m'ont parlé de vous. Je ne pensais pas que vous étiez si jeune.

A ces paroles, Amélia Bones leva les yeux au ciel et fusilla du regard le jeune garçon. Quant à Hermione, elle se sentit soudainement mal à l'aise à l'idée d'avoir été le sujet de conversation de trois jeunes mangemorts.

- Je ne crois pas que l'âge rentre en ligne de compte pour ce genre de travail. Mais je constate que les nouvelles vont très vite dans cette école. Je ne vous retire pas de point pour cette fois mais réglez vos comptes ailleurs.

Amélia Bones ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose mais Croupton la devança.

- Bien sûr, nous ne voulions déranger personne ni causer aucun trouble. Je m'excuse de mon comportement. Tout ceci est en grande partie ma faute. Je vous remercie de ne pas nous retirer de points.

Hermione hocha la tête et les deux jeunes sorciers se retirèrent la laissant seule dans le couloir avec pour unique compagnie des personnages de tableaux animés dont les chuchotements raisonnaient créant une sorte d'effet angoissant.

Le reste de la journée se passa sans incident. Elle commençait à établir des plans. Il fallait qu'elle agisse vite et la présence de Myrcella ne devait pas être un obstacle. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait se cacher les Horcruxes, seulement que Regulus serait dans l'avenir au courant de l'existence de l'un d'eux. Il ne lui restait comme alternative d'allée chercher celui qui se trouvait chez les Gaunt. Mais pour cela, elle allait avoir besoin de beaucoup de ressources. Elle ne savait pas quel genre de piège Voldemort avait mis en place pour protéger cet Horcruxe, mais elle ne doutait pas de l'efficacité de ce dispositif.

Pour l'instant, bien qu'elle connaissait en parti le passé de Voldemort, elle devait se renseigner. Elle savait qu'une partie des plans de Tom Jedusor était naît ici à Poudlard. Si elle avait accès aux anciens registres des livres empruntés de la bibliothèque dans les années 40, elle pourrait avoir une vague idée des sortilèges à l'encontre desquels elle allait devoir lutter.

Hermione savait aussi que même si les livres empruntables ne faisaient pas référence à des sortilèges dangereux et interdit, ils sous-entendaient souvent leur existence comme ça a été le cas des Horcruxes : dans les livres expliquant les recherches sur l'immortalité, les horcruxes sans être cités étaient qualifiés de « procédé monstrueux » sans plus d'information mais cette seule ligne avait suffit à aiguiller la curiosité de Tom Jedusor. Hermione avait bien l'intention de lire entre les lignes.


Pendant ce temps, dans la salle commune de Serpentard, Regulus assis dans l'un des fauteuils vert observait avec grand intérêt une partie d'échec se déroulant entre deux autres de ses camarades. Il avait toujours apprécié les jeux de stratégie, ce n'était pas pour rien qu'il établissait lui-même des stratégies en quidditch alors qu'il n'était même pas le capitaine.

Bartemius fit soudainement son entrée et prit place à côté de Regulus pour engager la conversation

- J'ai rencontré la nouvelle assistante de la bibliothécaire. Elle est très jeune.

- T'es à Serdaigle, t'es pas censé être ici, fit remarquer un élève autre de Serpentard.

Bartemius leva les yeux au ciel, il n'avait que faire de ce genre de règlement.

- Apparemment, elle est dans la vingtaine, confirma Regulus l'air imperturbable.

Il avait l'habitude des intrusions de Croupton dans la salle commune de sa maison. Il était même persuadé que ce dernier avait visité toutes les salles communes du château. il n'y avait pas que la bande d'abruti de son frère qui avait le monopole des passages secrets. A la différence que Bartemius n'utilisait même pas de passage secret pour visiter les salles communes.

-Tu plaisantes ? Cette fille n'est pas plus âgée que nous !

- De qui vous parlez ? Intervint Melchior Avery

- De l'assistante de la bibliothécaire.

- Et qu'est-ce qu'elle a de spéciale ? s'enquit Melchior.

- Elle est très jeune, je suis sûre qu'elle a notre âge...

- Alors elle doit être plus agréable à regarder que cette vieille chouette de Tears, déclara Melchior.

- Ce n'est pas normal d'avoir ce genre de poste si jeune, insista Bartemius.

- Barty, elle n'est qu'assistante de bibliothèque. C'est un job probablement sous-payé et en plus elle est américaine. Je doute qu'elle ait été pistonnée, tempéra Regulus.

- Toi et Rabastan, vous avez un intérêt pour elle, lui rappela son ami les yeux accusateurs.

- C'est parce qu'ils veulent probablement profiter des plaisirs de la vie avec elle, expliqua calmement Melchior.

Bartimius afficha un air dégoûté.

- Vous êtes sérieux ? Elle pourrait être une sang de bourbe !

- C'est suffisant pour coucher avec elle mais insuffisant pour le mariage, lança Melchior.

Regulus soupira, parfois l'hypocrisie des sang pur n'avait pas de limite. Lui-même ne s'abaisserait pas à ce genre de chose. Mais Melchior était connu pour ses déviance de conduite.

- Il manquerait plus qu'il y est une sang de bourbe qui se présente à ta porte avec un polichinelle dans le tiroir, se moqua Regulus.

Melchior le foudroya du regard avant de reporter son attention sur Bartemius.

- Ton père semble pourtant assez libéral avec les sang de bourbe.

Regulus se redressa dans son fauteuil soudainement intéressé par la tournure de la conversation. Le père de Bartemius était un sujet sensible.

- Mon père n'est qu'un imbécile se croyant juste et droit. Il est tellement aveuglé par la justice qu'il ne sait même plus défendre les intérêts de notre famille.

- Une chance que tu sois là pour le faire, dit Melchior d'un air ironique.

Le visage de Bartemius était à présent rouge pivoine et il était évident qu'il allait se jeter sur Melchior d'une seconde à l'autre. Regulus ne voulant pas être mêlé à cette dispute s'empressa de quitter la salle commune. Alors qu'il commençait à monter les escaliers menant au dortoir, il se fit interpellé par Bartemius.

- Pourquoi tant d'intérêt à cette assistante ?

- Je n'ai aucun intérêt pour elle, mentit Regulus.

Sans laisser le temps à son camarade de poser une autre question, Regulus regagna son dortoir. Il s'assit sur son lit avant de d'ouvrir le tiroir de sa table de nuit et d'en sortir une image sur laquelle était peinte un visage. Ce portrait était basé sur les témoignages des tableaux de son manoir ayant vu l'intruse. Le visage de ce portrait était une énigme et étrangement semblable à celui d'Harmonie Grent. Bien que le personnage du portrait possédait des cheveux incroyablement ébouriffés, Regulus avait su voir la ressemblance avec Harmonie Grent. Ces deux femmes étaient liées, Regulus trouverait le fin de mot de l'histoire. On ne s'introduisait pas comme une voleuse dans le manoir de sa famille sans en payer les conséquences.