Bonsoir à tous !

Voilà un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !

Encore un tout grand merci à ddey, à PotterHead, à Linou2701, à PeetaPower et à veronique2...

Je remercie également tous les autres lecteurs...de me lire.

Bon chapitre et review !

Chapitre 3 : L'ultimatum

Je me fige d'effroi. Le Président Snow est venu en personne dans le district Douze, juste pour moi. Je ne suis pas sûre de devoir prendre cela comme un honneur. Je me doutais bien que ma petite déclaration enflammée anti Hunger Games allait m'attirer quelques ennuis, mais certainement pas de cette ampleur. Certainement pas au point de faire déplacer le Président.

- Je pense vous avoir saluée Mlle Everdeen. Auriez-vous perdu la parole ? A moins que ce ne soit le sens de la politesse ?

Je sursaute et, n'osant pas le regarder dans les yeux, je murmure :

- Bonjour Monsieur le Président !

Le vieil homme paraît satisfait et se redresse dans son fauteuil. D'un geste de la main, il m'invite à m'asseoir en face de lui. Je ne bronche pas et m'installe au bord du fauteuil, prête à m'enfouir si besoin est. Bien que…bien que je n'irais sans doute pas très loin avec trois hommes armés à mes trousses.

Aucun de nous ne parle durant de nombreuses minutes. Mes mains sont crispées sur mes genoux et mouillées de transpiration. J'ai peur. Que va-t-il m'arriver ? Et à ma famille ? Non, j'ai vraiment très peur.

- Voulez-vous un peu de thé ? me propose-t-il en s'en servant une tasse fumante.

- Oui, volontiers. Merci, dis-je d'une voix que j'espère assurée.

Snow me sert. C'est alors que je remarque une rose blanche à la boutonnière de son costume noir. Le contraste est saisissant. L'odeur écœurante est plus forte à chacun de ses mouvements. Je suis presque sûre que le parfum et la beauté de la fleur ne sont pas naturels. Mais d'où peu bien provenir l'odeur de sang ?

- Du lait et du sucre ? dit-il.

- Juste un sucre s'il vous plaît.

Je le regarde glisser un morceau de sucre dans mon thé. Ensuite, il me tend lentement ma tasse et je la saisi. Mes mains tremblent tellement que la tasse clicote sur la sous-tasse. Je tente de reprendre contenance en buvant une gorgée. Le liquide me brûle la gorge.

Le Président, quant à lui, rajoute et du sucre et du lait dans son thé. Puis, sans doute pour me faire devenir folle, il fait tourner sa petite cuiller dans la liquide brulant en veillant à faire le plus de bruit possible. Je m'apprête à lui jeter ma tasse à la figure quand il se décide enfin à boire une gorgée de thé.

Ensuite, il grignote un biscuit dont une assiette pleine est placée entre nous. D'un geste de la main, Snow me fait signe de me servir. Bien que j'ai l'estomac noué, je cède et en prend un que je croque avec une envie simulée.

- Ils sont délicieux, n'est-ce pas ? affirme Snow en reprenant un second biscuit qu'il trempe dans sa tasse de thé.

- Oui, je crois que c'est la première fois que j'en mange d'aussi bons, dis-je avec sincérité.

Finalement, j'en reprends un aussi.

- Ils viennent de la boulangerie de votre district. Elle est tenue par la famille du jeune Peeta Mellark si je n'me trompe ?

- Oui, mais je n'y achète presque jamais rien. Ma famille n'a pas les moyens de s'offrir ce genre de douceurs ni d'acheter les ingrédients pour en faire.

- Je comprends, dis Snow d'un ton compatissant. Les temps sont difficiles pour les gens de la mine.

Pour la première fois depuis que je suis entrée dans cette pièce, j'ose enfin le regarder les yeux dans les yeux. Ses paroles sont choquantes et insultantes. Et il le sait parfaitement si je me fie au petit sourire qu'il arbore. C'est à cause de lui si nous mourons de faim. Je suis persuadée qu'il en est fier. J'en mettrais ma main à couper.

Je commence à en avoir assez de toutes ses politesses.

- Que me voulez-vous exactement Monsieur ? je demande sans le lâcher du regard.

Il me jauge avec ses yeux de serpent pendant quelques instants puis, dépose sa tasse sur la table et s'essuie les coins de la bouche avec un mouchoir de soie blanche.

- Je pense qu'il serait plus agréable pour vous et moi d'être honnête l'un envers l'autre, Mlle Everdeen.

- Je le pense aussi Monsieur.

- Bien, dans ce cas, vous comprendrez aisément – du moins, j'ose l'espérer – que votre réaction lors de la moisson de Peeta Mellark était…intolérable. Vous avez ébranlé le Capitol, Mlle Everdeen, ainsi que plusieurs districts qui n'attendaient que ce genre de dérapage pour accuser le Capitol de crimes odieux.

- Pardonnez-moi, mais j'ai peur de ne pas bien comprendre…

- C'est pourtant très simple ! Vous avez accusé le Capitol de tuer des enfants innocents depuis septante-quatre ans pour ensuite promettre qu'un jour nous payerons nos crimes en voyant nos propres enfants se faire tuer dans les Jeux.

- Etes-vous en train de me dire que nous ne vous sentez pas responsables des centaines d'enfants morts dans vos arènes ? demandé-je avec colère.

- Dois-je vous rappeler que ces Jeux ont été instaurés à cause de la rébellion des districts ? A cette époque, bon nombre d'enfants du Capitol ont été tués. Cela ne devait pas rester impuni. Non, Mlle Everdeen, vous seuls êtes responsables de leur mort et chaque année, vous continuerez à en payer le prix.

- Pourquoi dépenser tant d'argent et d'énergie pour cette mise en scène d'une barbarie écœurante ? Ne serait-il pas plus facile d'aligner les vingt-quatre tributs face à un mur et de les exécuter en direct ?

- Certes, ce serait bien plus rapide, mais vous oubliez une chose Mlle Everdeen.

- Ah oui et laquelle ? demandé-je acerbe.

- L'espoir, répond-t-il simplement.

- L'espoir ?

- Oui, l'espoir. Le fait que sur les vingt-quatre tributs moissonnés il y en ai un qui aura la chance de survivre fait naitre un espoir auprès de la population de chaque district. L'espoir de gagner. Donner cette petite étincelle d'espoir permet de garder le contrôle.

- En donner trop serait l'anarchie. Et c'est ce que j'ai fait, compris-je.

Le Président acquiesce. C'est donc par l'espoir qu'il nous donne qu'il justifie toutes les atrocités que nous vivons chaque jour. Un peu d'espoir. Celui d'une vie meilleure, mais, au final, à jamais inaccessible.

- Il y a une chose qui me tracasse, reprend Snow. Pourquoi avoir réagis de la sorte alors que je sais de source sûre que vous n'avez jamais eu le moindre contact avec Peeta Mellark avant ce jour contrairement à ce que Monsieur Abernaty a laissé entendre en criant à tout va que vous n'étiez qu'une simplette follement amoureuse.

Quoi ? Cet alcoolique a osé dire des âneries pareilles ? Il a bien de la chance d'être dans le train, en route pour le Capitol et non à deux pas de cette maison car je serais allée lui fracasser le crâne avec l'une de ses nombreuses bouteilles d'alcool. Je suis tellement choquée que je ne réponds pas tout de suite à la question de Snow. D'ailleurs, que lui répondre ?

- Je ne sais pas pourquoi j'ai réagis de la sorte, je bredouille en baissant à nouveau les yeux.

- Je pensais que nous avions convenu qu'il n'y aurait pas de mensonges entre nous, Mlle Everdeen.

En effet, c'est ce que nous avions convenu. Je me sens honteuse.

- Pardonnez-moi ! dis-je, mal à l'aise. Quand j'ai entendu le nom de Peeta, j'ai eu l'impression qu'une partie de moi mourait avec lui. Quand nous étions enfants, il nous a sauvées la vie à ma mère, ma sœur et moi en me donnant deux pains qu'il avait expressément brûlés. Je n'ai jamais eu le courage d'aller le remercier.

Je m'arrête. L'émotion me prend à la gorge. Repenser au choc de la moisson est douloureux. Peeta a toujours fait partie de ma vie d'une certaine façon et maintenant, il est parti pour ne plus jamais revenir.

- Et maintenant, il va mourir, dis-je.

Snow ne répond rien durant quelques minutes. Je sais parfaitement que ma petite histoire ne va pas l'attendrir au point de me faire grâce de son pardon.

- C'est une bien belle histoire Mlle Everdeen, mais je crains que cela ne suffise pas à réparer l'affront que vous avez fait au Capitol ainsi que les différents problèmes qui apparaissent dans plusieurs districts.

- J'ai un peu de mal à croire qu'une jeune écervelée follement amoureuse telle que moi puisse menacer tout votre…système. Si c'est le cas, il doit être bien fragile.

- Oh, mais il est fragile. Seulement, pas dans le sens où vous l'entendez. Je ne sais pas si vous le savez, mais dans le district Onze, c'est une petite fille de douze ans qui a été moissonnée. Et, depuis votre intervention, la population du Onze est très remontée contre le Capitol.

- Et cela vous paraît surprenant ? demandé-je acerbe.

- Non, mais j'ai bien peur qu'il ne me faille votre aide pour apaiser les districts.

Et voilà, nous y sommes. Snow va enfin me faire part de ce qui m'attend.

- Faites ce que vous voulez de moi, mais laissez ma famille et mes proches en dehors de tout ça.

- Ce sera le cas si vous faites exactement ce que je vous demandes, me dit-il en finissant son thé pour s'en resservir une tasse.

- Je vous écoute.

- Eh bien, vous n'êtes pas sans savoir que l'année prochaine, il y aura les Jeux d'Expiation.

J'acquiesce simplement. Tous les vingt-cinq ans, il y a une édition spéciale des Jeux de la faim appelé Jeux d'Expiation. Une façon pour le Capitol de rappeler un peu plus que nos vies ne nous appartiennent pas.

- Au 25ième anniversaire, le Capitol a demandé à chaque district de tenir des élections afin d'élire les deux tributs qui les représenteraient aux Jeux. Au 50ième anniversaire, le Capitol a envoyé dans l'arène le double du nombre habituel de tributs.

Je sais que c'est l'année où Haymitch a remporté les Jeux. Seul face à quarante-sept adversaires. Je me suis toujours demandé comment il avait fait pour s'en tirer. Haymitch n'a jamais eu l'air particulièrement malin.

- Au 75ième anniversaire, le Capitol fera moissonner les vingt-quatre tributs parmi tous les vainqueurs encore vivants.

Mon cœur tombe dans ma poitrine. Ai-je bien entendu ? Les vainqueurs des précédentes éditions des Jeux vont se faire à nouveau moissonner. Vingt-quatre personnes vont donc revivre l'enfer de l'arène une seconde fois. C'est sans précédent. Selon les règles, un vainqueur n'est plus éligible.

Non, il n'y aura que vingt-trois tributs. Le douze n'a pas de vainqueur femelle et je doute fort que Katniss Myrose gagne. Le seul vainqueur vivant est Haymitch. Le pauvre. Deux Expiations. Tout cela est bien beau, mais qu'ai-je avoir là-dedans ?

- Je ne vois pas en quoi cela me concerne. Je n'ai gagné aucuns Jeux, lui fais-je remarquer.

- Oh, mais je le sais Mlle Everdeen. Pourtant, le Capitol ne peut pas se permettre de n'envoyer que vingt-trois tributs au lieu des vingt-quatre habituels. Il va donc bien falloir que le district Douze offre un tribut femelle pour les Jeux d'Expiation et ce ne sera pas Mlle Myrose. J'ai déjà demandé aux juges des Jeux d'y veiller.

Je me fige. Tout se fait clair dans mon esprit. Il va m'envoyer dans l'arène d'une manière ou d'une autre.

- Vous voulez que je sois le tribut femelle de mon district, n'est-ce pas ?

- Exactement Mlle Everdeen. Lors de la prochaine moisson, vous vous porterez volontaire comme tribut avant que le tirage n'ait lieu.

- Pourquoi le ferais-je ? En quoi pouvez-vous m'y obliger ?

- Vous le ferez car sinon, je ferais en sorte que ce soit le nom de votre sœur qui soit tiré au sort.

- Non ! Pas Prim ! Vous aviez dit que…

- Je sais très bien ce que j'ai dit. Obéissez-moi et il ne lui arrivera rien, me coupe-t-il.

Je suis face à un ultimatum : ma vie en échange de celle de mes proches. Le choix est vite fait je trouve.

- J'accepte. Je me porterais volontaire pour la prochaine Expiation, dis-je dans un souffle.

- Ravis que vous ayez fait le bon choix Mlle Everdeen, me « félicite » Snow en se levant. Sur ce, je dois vous laisser. J'ai des obligations qui ne peuvent attendre.

Je regarde sans rien dire Snow mettre son lourd manteau de fourrure.

- Oh et il va sans dire qu'il est inutile que vous espériez sortir vivante de l'arène. Sinon, cela ne ferait qu'aggraver les choses. Et, tout cela doit rester entre nous, bien entendu. Auquel cas, les faibles chances de victoire de Peeta seront…anéanties.

Sur ce, il quitte la pièce me laissant seule. Maintenant, je peux enfin mesurer l'impact qu'ont eu mes paroles. Le Capitol est furieux, le district Onze révolté et mes proches menacés. Même Peeta. Par ma faute, il est condamné à mourir dans l'arène. Si ce n'est par la main d'un autre tribut ce sera par celle des juges qui lui concocteront un petit accident.

J'ai condamné le garçon des pains, je les ai tous condamnés. Lentement, je sens les larmes couler sur mes joues.

Je m'appelle Katniss Everdeen, j'ai seize ans et je vais bientôt mourir pour servir d'exemple aux détracteurs du Capitol.

Et voilà !

On se retrouve très vite pour le prochain chapitre.

Je ne sais pas si j'aurais le temps de poster le weekend prochain...mais je ferais au mieux.

N'oubliez pas de me laisser une petite review au passage...

Bises, à bientôt,

Diabo