Salut à toutes et à tous !
Me revoilà avec un nouveau chapitre !
Je tiens encore une fois à remercier tous les lecteurs qui m'ont laissé une review pour le chapitre précédent.
Alors, voilà ce que beaucoup d'entre vous attendent depuis un moment déjà ! L'arène...
Je vous laisse donc à votre lecture et attend vos impressions !
REVIEWWWWWWWWWW
Bises,
A la prochaine !
Diabo
Chapitre 6 : L'arène – partie 1
Je retire le couteau de la nuque du jeune garçon que je viens d'abattre et essuie ma lame dans l'herbe. Je sais que, dans le train qui m'avait emmené au Capitol, je m'étais fait à l'idée qu'il me faudrait tuer pour survivre à l'arène. Maintenant que c'est chose faite, j'ai dû mal à définir ce que je ressens.
Il vaut mieux lui que moi, après tout.
Un sentiment de honte et de dégoût m'envahissent. Je sursaute lorsque je sens une main se poser sur mon épaule. Par instinct, je me redresse rapidement, prêt à frapper avec mon couteau.
- Hey ! Doucement Joli Cœur ! s'écrie Cato, en ayant un mouvement de recule.
- Navré ! dis-je. Tu m'as surpris.
- Nous avions remarqué, s'exclame Glimmer, une belle jeune femme venant du Un et qui connait son petit succès auprès des Sponsors, mais évite d'être distrait si tu tiens à rester en vie.
- Merci du conseil ! J'en tiendrais compte.
Je remarque Clove, une brunette au regard de braise, admirer la blessure mortelle que j'ai infligée au garçon du Huit – si mes souvenirs sont bons.
- Tu te débrouille bien avec un couteau Mellark ! commente-t-elle en levant vers moi un regard étonné.
- J'apprends vite !
- Encore heureux pour toi sinon, tu seras déjà morte, intervient Glimmer avec mépris envers Clove.
- Et tu as d'autres talents cachés Joli Cœur ? me demande Clalia, le tribut du Quatre, coupant ainsi court à toute protestation de Clove.
- Je me débrouille ave un javelot, dis-je avec un haussement d'épaules que j'espère désinvolte.
- Je crois que nous avons bien fait de t'intégrer à notre meute, s'exclame Marvel, du Un.
- Bon, c'est pas tout ça, mais faut qu'on bouge ! gronde Cato. Je propose que l'on s'éloigne le temps qu'un hovercraft vienne nettoyer tout ça et qu'ensuite, on entasse toutes nos provisions.
Nous acquiesçons sans broncher. Si je veux rester en vie le plus longtemps possible, il vaut sans doute mieux que j'obéisse à Cato au doigt et à l'œil. Nous passons l'après-midi à faire l'inventaire des armes et des provisions mises à notre disposition dans la Corne d'Abondance.
Nous prenons ce qu'il nous faut : une épée pour Cato, un arc et un carquois pour Glimmer, un épieu pour Cato et une série de couteaux pour Clove et moi (je me prends également un javelot). J'attrape également un sac à dos dans lequel je mets plusieurs gourdes remplies d'eau, deux petits pains, quelques pommes, une boîte d'allumettes ainsi qu'une petite trousse de secours.
Me regardant faire, Clove me lance, dédaigneuse :
- Hey Joli Cœur ! Tu comptes nous fausser compagne ?
- Bien sûr que non, mais il va bien falloir que l'on traque les tributs encore en vie et cela implique de s'aventurer dans la forêt. Je préfère être prudent. On peut tomber sur n'importe quoi.
Cato adhère à ma vision des choses et Marvel et lui préparent deux autres sacs à dos. Alors que le soleil commence à décliner, je regarde notre pyramide de provisions. Les laisser sans protection est dérangeant. Tandis que les cinq tributs de Carrière mangent tout en riant bruyamment, je me dirige vers les piédestaux.
Je m'accroupi pour étudier le mécanisme qui déclenche les mines anti-personnel. Si je suis les câbles, je devrais savoir où se trouve la mine. Je continue mon observation avec prudence. Normalement, les mines sont désactivées, mais on ne sait jamais.
Je finis par comprendre que les mines sont enterrées quand Marvel m'interpelle :
- Peeta ! Qu'est-ce que tu fou ?
Je reviens vers eux aux pas de course et m'installe aux côtés de Clove sur une caisse en-dessous des toiles que nous avons installées pour nous protéger du soleil.
- Je me disais que l'on devrait protéger nos provisions au cas où un tribut aurait l'idée de les détruire. Nous pourrions peut-être déterrer les mines et les mettre tout autour des provisions.
- C'est une bonne idée, s'étonne Cato. Mais tu oublies une chose : elles sont désactivées. Et à moins que l'on t'ait appris à manier des explosifs dans ta boulangerie du Douze, je doute qu'elles nous servent à quelque chose.
- Est-ce que l'un de vous a tué les tributs du Trois, je demande en mangeant un peu de pain.
- J'ai eu la fille, me répond Marvel, mais quel rapport ?
- Le district Trois est celui de l'industrie, mentionne Clove, et ils savent manier les explosifs. Peeta veut que l'on mette la main sur le garçon du Trois, n'est-ce pas ?
- C'est exactement ça ! dis-je en lui faisant un grand sourire.
Elle me sourit en retour, mais détourne le regard, gênée. Je ne comprends pas vraiment pourquoi quand je remarque qu'elle jette un coup d'œil envieux à Glimmer lovée dans les bras de Cato. Et là, je comprends : je lui plais !
- Il fait suffisamment noir maintenant, constate Cato en se levant. Il est l'heure de partir à la chasse.
Nous prenons nos sacs à dos et nos armes tandis que, soudain, les photos des tributs morts apparaissent dans le ciel. Je constate avec soulagement que Kat n'en fait pas partie.
- Tu avais raison Peeta, le garçon du Trois est toujours en vie, dit Marvel. Peut-être devrait-on se séparer afin d'avoir plus de chances de le trouver.
- Bonne idée, s'exclame Cato. Clalia, Glimmer, vous venez avec moi. Marvel, Clove et Joli Cœur, vous allez de ce côté. On se retrouve ici dans trois heures.
Nous nous séparons et nous enfonçons dans la forêt. Clove ouvre la marche armée d'une effrayante panoplie de couteaux et Marvel la referme. Je suis sûr que c'est pour me surveiller et me tuer au cas où je ferais un faux pas. Nous marchons en silence pendant une bonne heure quand Clove nous fait signe de nous arrêter.
- Regardez là-bas, chuchote-t-elle en pointant son doigt droit devant.
Je plisse des yeux et remarque une lumière à une cinquantaine de mètres de là. Je repense alors à l'une des conversations que j'ai eue avec Haymitch.
« - Au début, tu mourras de froid
- Non, j'allumerais un feu
- Ca, c'est un excellent moyen de se faire tuer »
Cet alcoolique avait raison finalement !
- Il ne faut pas être très malin pour allumer un feu en pleine nuit, ricane Marvel en resserrant sa poigne autour de son épieu.
- On devrait s'approcher pour savoir s'ils sont plusieurs ! proposé-je.
Les deux autres acquiescent et nous nous approchons silencieusement. Ce qui, je m'en rends compte au bout de quelques mètres, est impossible pour moi. Plus j'essaye de ne pas marcher sur les brindilles, plus j'en sens craquer sous mes bottes.
- Dis, tu le fais exprès ou quoi, murmure Clove sur un ton sec.
- Je t'assure que non ! Ça n'a jamais été mon fort, la discrétion !
- On te croit sur paroles, raille Marvel.
Nous ne sommes plus qu'à une quinzaine de mètres et Marvel décide de passer à l'action sans nous consulter. I surgit si brusquement que le tribut n'a pas le temps de réagir. J'entends juste un hurlement qui me fait froid dans le dos au moment même où Marvel enfonce son épieu dans le ventre de la fille du Huit – si je me souviens bien.
- Et voilà ! Plus que onze ! s'exclame Marvel en retirant son arme pleine de sang de sa victime.
Je dois être presque aussi blanc qu'elle. Clove fouille le corps et le sac à dos que la fille avait avec elle alors que le gong retentit signifiant qu'elle est morte.
- Même pas d'armes pour se défendre, s'exclame Clove avec dédain. Elle espérait gagner comment ?
- Je ne pense pas qu'elle se voyait gagner les jeux, dis-je avec une pointe de tristesse dans la voix. Bon, continuons ! Avec un peu de chance, on pourra peut-être en dégoter d'autres.
Sur le chemin, je propose à mes « amis » d'installer des pièges pour les autres tributs. Je crois être l'un des rares tributs à m'être intéressé à ce type d'atelier lors des trois jours d'entrainement. Nous trouvons un endroit idéal.
- Alors, ça consiste en quoi ? me demande Clove.
- A pendre quelqu'un par la jambe, expliqué-je. Cet arbre semble assez solide. Vous allez m'aider. J'ai pris tout ce qu''il faut.
Je sors de mon sac à dos tout un attirail composé de cordes, d'harnais et de filets. Marvel et Clove me regardent avec des airs ébahis sur le visage. Nous nous mettons au travail en silence sous mon commandement. Alors que le piège est terminé, Clove a un geste maladroit et se coupe le bout du doigt avec l'un de ses couteaux. Je profite de l'occasion.
Je me précipite à ses côtés et sors ma petite trousse de secours.
- Fais-moi voir, lui dis-je.
J'éponge son doigt, y applique un peu de pommade cicatrisante et lui mets un petit bandage.
- Dès demain, tu n'auras plus rien, je lui assure.
- Tu es plein de ressources on dirait, dit-elle en regardant sa main toujours dans la mienne.
- Et encore, tu n'as pas tout vu !
Je tente le tout pour le tout et embrasse sa main blessée du bout des lèvres.
- Pour la guérison, dis-je devant son regard interrogateur avant de déposer un nouveau baiser sur sa paume.
Cette fois-ci, je m'y attarde en sentant qu'elle est parcourue d'un frisson. Sans la quitter des jeux, je prends une pomme dans mon sac et la croque à pleines dents. Elle me regarde avec envie et je me demande si c'est la pomme ou moi qu'elle aimerait croquer (probablement les deux !).
- Tu en veux ? lui demandé-je en lui tendant le fruit.
Clove me sourit, attrape ma main – qui tient la pomme – et croque dedans (dans la pomme, hein ! Pas dans ma main !). Nous la mangeons en croquant l'un après l'autre. J'essuie de mon pouce une goutte de jus qui lui coule sur le menton et porte mon doigt à mes lèvres.
J'ai sans doute sous-estimé mon pouvoir de séduction car je me retrouve plaqué sur le sol, Clove allongée sur moi à m'embrasser comme si sa vie en dépendait. Passé la surprise, je tente d'y mettre la même ardeur, avec succès il me semble.
Cela marche plutôt bien car Marvel décide d'intervenir.
- Hey ! Oh ! Mes yeux ne peuvent en supporter plus, alors stop ! Il faut rentrer au campement !
Clove se redresse, un petit sourire sur le visage, et m'aide à me relever.
- Ca ne va pas plaire à ta petite amie, Joli Cœur, me fait-elle remarquer.
- Elle est loin et je ne la reverrai sans doute jamais. Et puis, tu me plais alors pourquoi se refuser quoique ce soit.
- Je suis bien d'accord, murmure-t-elle en m'embrassant à nouveau.
Je me laisse aller à ce baiser tout en me demandant ce que Katniss peut penser de tout ça. Et aussi le Capitol. Je suis sûr que toute cette petite comédie doit susciter beaucoup d'émois. Clove s'écarte doucement et s'éloigne avec Marvel.
Je les suis, perdu dans mes pensées.
Je sais que cette hypothétique histoire avec Clove peut me rapporter des sponsors et contribuer à ma victoire. Quand nous arrivons au camp, Cato, Clalia et Glimmer sont déjà là, accompagné du garçon du district Trois. Celui-ci s'est déjà mis au travail avec les mines.
- On a entendu le canon ! Vous êtes tombé sur qui ? nous demande Cato dès qu'il nous voit.
- Sur la fille du Huit, répond Clove en allant préparer son sac de couchage pour la nuit.
La soirée est déjà bien avancée et la fatigue me pèse. Je me prépare également pour ma première nuit dans l'arène.
- Je prends le premier tour de garde, annonce Marvel en s'installant sur une caisse, épieu à la main.
Glimmer s'installe dans les bras de Cato et s'endort presque aussitôt. Je passe plusieurs minutes à regarder le ciel étoilé. Le district Douze me manque, Katniss me manque. Je vais tenir ma promesse et gagner les jeux. Je suis prêt à tout.
Clove vient se blottir dans mes bras et je la laisse faire. Machinalement, je caresse ses cheveux, mais mes pensées sont tournées vers Katniss. J'aime à penser qu'une caméra nous filme en ce moment même et que Katniss me regarde.
Alors, je me tourne vers les étoiles et articule du bout des lèvres :
- Je t'aime Katniss.
Les deux jours qui suivent ressemblent pour beaucoup au premier que j'ai passé dans l'arène. La deuxième matinée, nous avons travaillé sur les mines. Le garçon du Trois – dont personne n'a pensé à demander le nom – s'était occupé de réactiver le système des mines. Cato, Marvel et moi nous les avions déterrées tandis que Clove, Glimmer et Clalia avaient préparé de nouveaux trous autour des provisions.
Le travail s'était avéré bien plus compliqué que prévu sans pelles pour creuser. Epuisés, nous avons dormi presque tout le reste de l'après-midi. Nous n'avons pas dû offrir un spectacle bien divertissant.
Hier, journée consacrée à la traque des autres tributs. Sans grand succès. Cato et Glimmer ont bien failli mettre la main sur la gamine du Onze, mais elle a réussi à prendre la fuite en grimpant dans les arbres.
Résultat : quatrième jours dans l'arène et toujours onze tributs vivants.
Aujourd'hui, nous avons quitté notre campement à l'aurore laissant juste le garçon du trois afin qu'il surveille les environs.
Je ne comprends pas très bien à quoi il sert, freluquet comme il est, ni même pourquoi Cato souhaite le laisser en vie. Toujours est-il que nous marchons depuis des heures sous un soleil de plomb – je soupçonne les juges de vouloir tuer quelques tributs par déshydratation – sans un seul tribut à l'horizon.
- C'est bon ! s'écrie Glimmer. J'en ai marre ! Deux jours que l'on passe des heures à chercher les autres dans cette forêt, sans résultat ! J'arrête !
Elle joint le geste à la parole en balançant son arc par terre et en s'asseyant sur un arbre déraciné.
- Et qu'est-ce que tu suggères ? lui demande Cato visiblement furieux.
- Rien du tout ! Je laisse tomber, c'est tout !
- Ce n'est pas en restant assise que l'on va trouver les autres tributs, intervient Clove en lançant un regard noir à Glimmer.
- Peut-être, mais marcher des heures et des heures dans cette forêt ne nous aide pas beaucoup plus, s'exclame Clalia.
- Et vous croyez qu'ils vont tomber du ciel, peut-être, ironise Marvel. Bande d'idiotes !
D'un coup, sans que je n'y comprenne rien, les cinq carrières se mettent à parler tous en même temps. Une vraie bande de gamins se disputant pour savoir qui a tord et qui a raison. J'en viens presque à espérer qu'ils s'entretuent lorsque Clove sort l'un de ses couteaux incurvé à l'allure terrifiante.
- Répète un peu pour voir ! Va s'y répète ! menace-t-elle Glimmer.
Je soupire d'exaspération et me place entre eux les faisant taire en leur beuglant :
- Vous allez la fermer tous autant que vous êtes et arrêter de vous donner en spectacle. Je suis sûr que Tresh planqué à huit kilomètres d'ici ne vous a pas bien entendu !
Ma voix claque comme un fouet les faisant taire. J'en suis assez étonné et fier, mais ne laisse rien paraître. Comme ils restent silencieux avec des airs de poissons rouges au fond de leur bocal, je reprends :
- Vous jetez des pierres les uns les autres ne résoudra en rien notre problème. On a quatre tributs à dénicher de leur tanière. Une fois que ce sera fait, vous pourrez vous entretuer, ça m'est égal ! C'est clair ?
Toujours des airs de poissons rouges au fond de leur bocal.
- Eh bien, Marvel et Clalia, vous allez retourner aux abords du campement. Je ne serais pas étonné qu'un tribut profite de notre absence pour essayer de piquer des provisions.
Cato et Clove, vous continuez dans la forêt. Quant à toi Glimmer, tu viens avec moi. On va suivre la rivière pour voir s'il y en a un caché dans les grottes.
Sitôt dis, je me mets en route sans leur demander leurs avis. J'ai déjà parcouru une trentaine de mètres lorsque Glimmer me rejoint aux pas de course. Arrivée à ma hauteur, elle s'exclame :
- Tu es sûr d'être fils de boulanger ?
- Oh que oui, j'en suis même certain, dis-je avec un petit éclat de rire.
- Je crois que c'est la première fois que l'on me parle sur ce ton. D'habitude, les gens ont peur de moi, me confie-t-elle.
- Il y a un début à tout et saches que je n'ai peur de personne.
Sauf peut-être de ma mère, mais ça, je ne l'ajoute pas. A quoi je ressemblerais ? Pour Glimmer, c'est la première fois qu'on lui parle avec autorité et mépris. Pour moi, ça doit être la première fois que je m'exprime ainsi. Mes frères et mon père m'ont toujours dit que j'étais la gentillesse, la douceur et la bonté d'âme personnifiée.
Que j'étais trop gentil. Que je me laissais trop faire. Peut-être ont-ils raison, mais pas aujourd'hui.
Si je veux survivre dans cette arène, je dois faire ressortir un côté de ma personnalité que je déteste. Il faut que je sois froid, brutal et violent. Je dois me comporter ici comme le fait ma mère avec moi.
Tiens ! Si jamais, je quitte cette arène vivant, il faudra que je pense à la remercier.
Perdu dans mes pensées, je n'ai même pas remarqué que nous sommes arrivés en aval de la rivière. Reste plus qu'à suivre le chemin tracé par l'eau et de rester vigilant. Je suis persuadé qu'un tribut a trouvé refuge dans l'une des grottes.
- Nous devrions éviter de marcher dans l'eau, me dit Glimmer. Nous risquons de faire du bruit et de faire fuir les tributs, s'il y en a.
J'approuve d'un signe de tête et raffermi ma prise autour de mon couteau.
- Ok, allons-y ! dis-je.
Nous longeons la rivière et fouillons grotte après grotte durant plus d'une bonne heure sans grands résultats. Au bout d'un moment, je m'attends presque à ce que Glimmer me pique à nouveau une petite crise. Du coup, je prends les devants !
- On devrait s'arrêter pour manger un morceau et se reposer un peu.
- Bonne idée, souffle-t-elle en s'asseyant sur le premier rocher venu. Qu'est-ce que tu as à me proposer ?
Je fouille mon sac à dos et en sort une miche de pain que je partage en deux, un peu de jambon séché et deux pommes.
- Super ! Je meure de faim ! s'exclame Glimmer en mordant à pleine dents dans sa moitié de pain.
Nous mangeons en silence et j'en oublie presque que je suis en compagnie d'une ennemie…mortelle. Je suis sur le point de croquer dans ma pomme quand j'entends quelqu'un éternuer.
Un coup d'œil vers Glimmer m'apprend qu'elle aussi a entendu. Nous nous saisissons de nos armes et parcourons une dizaine de mètres cachés par de hautes roches.
Et puis, soudain, je la vois.
Katniss Myrose occupée à se laver les cheveux dans la rivière. Sa coquetterie l'a perdra. Je vois Glimmer prête à tirer une flèche.
- Non ! je m'écrie en la bousculant, lui faisant rater sa cible.
Ensuite, tout se passe très vite. J'hurle à Katniss de fuir, mais elle est trop surprise pour réagir. Glimmer encoche une nouvelle flèche, me vise, rate et en encoche encore une autre. J'attrape mon couteau par la lame et le lance après avoir viser Glimmer à la poitrine.
Alors que mon arme pénètre sa chaire, elle décoche sa flèche. Encore une fois, elle me rate.
Glimmer s'écroule et le canon retentit : mon couteau l'a atteint en plein cœur.
Je souffle de soulagement et me tourne vers Katniss. Je me fige d'effroi. Ce n'est pas moi que Glimmer visait.
- Peeta, murmura Kat en s'écroulant dans mes bras.
- Chut…ça va aller ! lui dis-je en faisant mine de vouloir retirer la flèche qui l'a atteint en pleine poitrine.
- Non, laisse-la ! C'est inutile !
- Il est hors de question que je te regarde mourir sans rien faire ! grondé-je, les larmes menaçant de couler.
- Je t'en prie Peeta…dis…dis à Emeric que je l'aime…faut que…il faut que tu gagnes.
- Je le lui dirais, je te le promets, dis-je les larmes roulant sur mes joues.
- T'a-t-il dit que…que l'on voulait se fiancer…après la moisson ?
- Oui, il n'arrêtait pas de m'en parler Kat…
Je lui serrais la main à lui briser les os pendant que cette maudite flèche était en train de lui prendre la vie.
- Je t'en prie Kat ! Il faut que tu tiennes le coup. Pour mon frère, il faut que tu tiennes !
Pourtant, ses yeux se ferment lentement et je sens sa main devenir molle dans la mienne. J'embrasse son front au moment même où le canon retentit. Je laisse aller mes larmes et mon chagrin de longues minutes.
Elle était mon amie.
J'avais promis à mon frère de veiller sur elle. Comment pourrais-je le regarder en face si jamais je m'en sors ? Il ne me pardonnera jamais.
Mieux vaut mourir ici.
Je réalise alors que j'ai tué Glimmer. Je vais avoir beaucoup de mal à m'expliquer sur ce qu'il s'est passé auprès des autres. Je vais finir en morceaux.
Enfin, pas si je ne reviens pas au campement.
J'embrasse une dernière fois Kat sur le front et me lève, ma décision prise. Je porte trois doigts de ma main gauche à mes lèvres puis, tend le bras devant moi. J'espère que mon district verra que je pense à eux, ici.
Je m'enfonce un peu plus dans la forêt. Je marche deux heures, peut-être trois, sans m'arrêter. Pourtant, je ne dois pas avoir parcouru beaucoup de kilomètres. A mesure que j'avance, l'ai s'alourdi et devient suffoquant. Je peine à mettre un pied devant l'autre. Au bout de quelques mètres supplémentaires, je décide de m'arrêter. Je grimpe à un arbre et m'adosse à l'une des branches pour un petit somme.
Je ferme tout juste les yeux qu'un bruit étrange – on dirait une sorte de crépitement- attire mon attention. Je regarde autour de moi et ce que je vois me pétrifie.
Un mur de feu me fonce droit dessus.
