Coucou tout le monde !

Après une interminable attente, me revoilà sur cette histoire avec un nouveau chapitre.

J'espère que vous me pardonnerez mon inconstance sur cet histoire.

Au plaisir d'avoir vos avis.

Diabo


Chapitre 8 : l'arène – partie 3

POV Katniss

« Comment Glimmer est-elle morte ? »

Je me fige et redresse la tête vers la projection de l'arène sur notre mur. Depuis des heures, je fais semblant d'écouter, en vain. Impossible d'échapper aux Jeux étant donné que nous sommes obligés de les suivre à toutes heures, ou presque. Cette fin de journée ne m'intéressait pas trop. Beaucoup de tributs sont morts aujourd'hui. Dont la fiancée du frère de Peeta. Je n'ai pas assisté à sa mort. De toute manière, elle ne m'affecte pas. Je ne l'aimais pas et elle ne m'aimait pas.

Dans tous les cas, les Juges et le Capitol doivent être des plus satisfaits de cette journée. Les paris se sont surement affolés après ça.

Même ce n'est pas fini. La journée n'est pas finie.

Et, cette fois, c'est Peeta qui va en faire les frais. Comment ai-je pu oublier qu'il avait tué Glimmer, cette blonde sans cervelle, pour protéger Myrose ? Il faut croire que je suis bien trop affectée par ce qu'il se passe entre Peeta et Clove pour me rendre compte de quoi que ce soit. Cato va le tuer, c'est certain. Il tenait beaucoup à Glimmer d'après ce que j'ai pu voir.

Je sens un frisson me parcourir l'échine lorsque j'aperçois du coin de l'œil Cato s'emparer discrètement de son épée alors que Peeta lui fournit tranquillement une explication.

- Il va s'en tirer, ne t'en fais pas, me dit ma mère sur un ton rassurant tout en pressant légèrement ma main.

Je me dérobe à son contact et ignore délibérément le regard blessé qu'elle me jette. Je n'ai pas besoin de sa pitié, de sa compassion et encore moi de son amour. Qu'elle le donne à qui le voudra.

- Cela m'est égal s'il meure, dis-je sur un ton neutre et glacial sans même me détourner de mon ouvrage. Je ne sais rien de lui.

Elle n'insiste pas et je lui en suis gré. C'est déjà bien assez pénible comme ça. Pas besoin qu'elle en rajoute. Je me reconcentre sur mon ouvrage – recoudre le trou que j'ai fait dans l'un de mes pantalons en allant chasser ce matin – et oublie tout le reste : ma mère, Prim, les Jeux, Peeta…et sa mort prochaine.

POV Peeta

« Comment Glimmer est-elle morte ? »

Je me tourne vers Cato et je peux lire dans son regard que mentir serait la pire des options. Je ne suis pas sûr que dire la vérité en soit une bien meilleure, mais je n'ai malheureusement pas le choix.

- On est tombé sur la fille de mon district. Glimmer l'a visée avec son arc, mais j'ai essayé de l'empêcher de la tuer. Katniss Myrose était la fiancée de mon frère aîné et je lui avais promis de la protéger de mon mieux. Glimmer la atteinte avec ses flèches et je l'ai tuée en lui lançant mon couteau. Elle est morte sur le coup et Katniss dans mes bras.

C'est certes très brutal, mais de toute façon, nous ne sommes pas là pour faire dans la dentelle. Nous restons silencieux durant de longues minutes, Cato ne me quittant pas des yeux. Je fini par pousser un long soupir en me passant la main dans les cheveux.

- Ecoute Cato, je sais très bien que tu tenais beaucoup à Glimmer, mais c'est le jeu : il n'en restera qu'un. Alors, si tu veux venger sa mort et m'affronter, je ne me défilerai pas. Je te demanderais juste de me laisser passer cette nuit tranquillement avec Clove.

- Demande accordée, clame-t-il en s'allongeant dans son sac de couchage, épée à portée de mains. Mais saches que même si tu m'es sympathique Joli Cœur, je compte bien m'occuper de toi personnellement, tôt ou tard. C'est clair ?

- Comme de l'eau de roche !

Nous restons un long moment silencieux et je pense même que Cato a dû s'endormir. Je me contente d'observer le ciel étoilé et la pleine lune. Durant un court moment, j'ai l'impression d'être chez moi, au district Douze.

- Nous ne sommes plus que six si je compte bien, murmure Cato si faiblement que je me demande si j'ai bien entendu.

- Oui, il y a Tresh du Onze qui se cache dans les hautes herbes derrière le lac depuis le premier jour.

- Ah oui ! Le colosse à la peau noire !, se rappelle-t-il. Je l'avais oublié celui-là.

- Il y a aussi la fille du Cinq, continué-je. Elle semble assez maligne pour passer inaperçu.

- Elle ne sera pas facile à attraper, constate Cato. Et il reste la fille de douze ans du district Onze également si je ne me trompe ?

- Non, elle s'appelle Rue et, autant te le dire tout de suite, ne compte pas sur moi pour la traquer. Je serais incapable de toucher ne fut-ce qu'à un seul de ses cheveux.

- T'inquiète Joli Cœur, je m'en occuperai. Ce n'est pas une gamine qui va m'empêcher de gagner.

Je préfère ne rien répondre. Je n'ai aucun doute concernant les capacités de Cato à éliminer tous celles et ceux qui se mettraient en travers de sa route.

Nous ne disons plus un seul mot et je finis par m'endormir.

Le lendemain, je constate que le soleil semble déjà très haut dans le ciel. Il doit être plus de dix heures. Clove dort toujours, mais me tourne le dos. Elle a dû avoir chaud durant la nuit. En revanche, je ne vois pas Cato. Il a dû partir tôt…à la chasse. Je décide de m'extirper de mon sac de couchage et de manger. Encore heureux, l'explosion n'a pas tout détruit et nous avons pu sauver quelques provisions bien protégées dans un coffre métallique.

En plus de ce qui nous reste dans nos sacs à dos, cela devrait suffire pour tenir jusqu'à la fin des Jeux. Je mange une pomme et une barre de céréales. Il me reste un petit morceau de pain, mais je décide de le laisser pour Clove. Aussi, je le pose juste à côté d'elle avec ma dernière pomme.

Je profite de l'absence de Cato pour aller faire un brin de toilettes. Remarquant que je suis quand même assez sale ainsi que mes vêtements, je me déshabille entièrement et glisse dans l'eau en faisant attention à rester au bord. Je ne sais pas nager et j'en ai toujours été un peu honteux. Je me frotte le corps et me lave les cheveux.

Je suis bien conscient que tout Panem me regarde en ce moment, mais ça ne me pose pas vraiment de problèmes. La nudité ne m'a jamais dérangé et puis, je serais sûrement bientôt mort alors quelle différence cela fait-il ?

J'en viens à repenser aux soixante-quatrièmes Hunger Games, ceux que Finnick Odair a gagnés. Il avait fait sensation en se lavant dans une petite rivière entièrement nu. Je souris. Peut-être que cette petite baignade va m'attirer quelques sponsors ? Je tuerais pour une miche de pain frais et un peu de viande. Enfin, façon de parler.

Je reste encore quelques minutes dans l'eau avant de me décider à sortir. Je suis occupé à prendre les vêtements propres que j'avais glissés dans mon sac à dos le premier jour quand je sens une présence derrière moi.

- Jolies fesses Mellark ! Et merci pour le petit déj. !

Clove pose ses mains sur la peau humide de mon dos et je ne peux m'empêcher de frissonner. Je me retourne vers elle et lui caresse la joue du bout des doigts. Elle me sourit de toutes ses dents et je lui souris en retour.

- La vue est encore mieux de ce côté-là, murmure-t-elle en se dressant sur la pointe des pieds pour m'embrasser.

- Il faudrait que je m'habille, dis-je en me retirant de son étreinte.

- Ou alors, tu pourrais venir te baigner avec moi, me susurre-t-elle à l'oreille.

Elle enlève son t-shirt dévoilant un soutien-gorge en coton noir. Clove fait de même avec son pantalon et reste en sous-vêtements devant moi. J'avale difficilement ma salive. C'est la première fois que je vois une femme aussi peu vêtue.

- Tu peux te retourner s'il te plait ?

Je m'exécute et en profite pour mettre un caleçon et un t-shirt propres. J'entends Clove plonger dans l'eau et nager un peu. Elle reste de longues minutes dans l'eau à faire des longueurs tandis que je reste coucher dans l'herbe. Le moment est tellement paisible que j'en oublierai presque que nous sommes dans l'arène des Jeux.

Clove finit par sortir de l'eau et s'habiller avant de venir s'allonger auprès de moi. Nous restons silencieux durant de si longues minutes que je sus presque à deux doigts de m'endormir quand, soudain, je sens des lèvres sur les miennes. Surpris, je sursaute quelque peu, mais Clove en profite pour approfondir son baiser et se coller contre moi.

L'envie de la repousser se fait grande, mais je sais qu'Haymitch me tuerait de ses propres mains si je le faisais. J'apprécie Clove aussi, je me sens un peu honteux de profiter d'elle de la sorte pour m'attirer l'avis favorable des sponsors et du Capitol…Et puis, qui me dit qu'elle ne se joue pas de moi également pour la même chose ?

Cette idée bien en tête, je réponds à son baiser en l'entourant de mes bras. Je pousse l'audace jusqu'à passer l'une de mes mains sous sa blouse pour caresser la peau de son ventre. Elle gémit et cherche à me retirer mon t-shirt. Je quitte ses lèvres juste le temps qu'elle me le passe au-dessus de la tête avant de les reprendre dans un baiser que j'espère suffisamment fougueux pour être convainquant.

Nous nous embrassons encore de longues minutes et je réfléchis à une manière de calmer le jeu, estimant en avoir assez fait pour le public quand Clove m'en donne l'opportunité alors qu'elle s'apprête à ôter son haut.

- Clove, arrête !, lui dis-je en lui attrapant les poignets. Je…je ne crois pas qu'on devrait…enfin…tu vois ?

- Tu as sans doute raison, soupire-t-elle. C'était complètement fou de ma part de te sauter dessus comme ça…ici.

Elle me fait un petit sourire triste avant de se lever et de mettre sa main en visière pour regarder au loin vers la forêt.

- Je me demande où est passé Cato, dit-elle.

- Sûrement parti traquer la fille du Onze et celle du Cinq.

- J'espère qu'il les trouvera. Ça nous enlèverait une épine du pied.

- Oui, mais dans ce cas, nous ne serions plus que quatre. Et je ne veux pas que cela se termine entre toi et moi, Clove.

- Ne t'inquiète pas pour ça Joli Cœur. Connaissant Cato, il a très certainement élaboré tout un plan pour se débarrasser de nous en temps voulu. L'un de nous deux sera mort avant que nous ayons à en arriver-là.

Oui, mais lequel des deux ?

Un bruit venant d'au-dessus de nos têtes attire mon attention et celle de Clove. Je lève la tête pour constater qu'un parachute se dirige vers nous. Nous nous regardons, étonnés Clove et moi alors qu'il atterri entre nous deux.

- Tu crois que c'est pour qui ?, me demande-t-elle.

- Aucune idée. J'ouvre.

J'attrape la grosse boîte métallique et vois un petit mot attaché au loquet : « Tu fais ta prude maintenant ? ». Je m'esclaffe en glissant le mot dans la poche de mon pantalon.

- Qui y-a-t'il de drôle ?

- Rien. Juste un mot de mon alcoolique de mentor.

- Haymitch Abernaty, c'est ça ? Il est vrai qu'il n'a pas très bonne réputation.

- Ah qui le dis-tu !, je soupire en le revoyant tomber de l'estrade le jour de la Moisson.

- Je me suis toujours demandé comment il a fait pour sortir vivant de la seconde expiation.

- Alors là, c'est un vrai mystère !

- Bon et si tu ouvrais ce qu'il t'a envoyé ?, s'impatiente-t-elle en indiquant la boîte, assez imposante il faut le dire, du menton.

Je l'ouvre et nous restons ébahis face à ce qui s'offre devant nous. La boite contient six petits pains : deux venant du Capitol, deux du district Deux et deux de chez moi. Il y a aussi un gros bol de riz et un autre de ragoût. Vu la quantité, et en rationnant, il devrait y en avoir pour tenir deux jours à nous trois. Il me semble, en effet, évident que cela s'adresse aussi aux tributs du Deux, tout du moins à Clove.

Donc, jouer la prude – comme dit Haymitch – rapporte.

- Ca a dû couter une fortune, fit remarquer Clove. Surtout à ce stade du jeu. Il y a même des couverts et des assiettes !

- Tu crois qu'on devrait attendre Cato avant de manger ?

- Non, je meure de faim. On n'a qu'à lui réserver une part identique.

J'acquiesce et coupe en trois l'une des miches d'un pain du Capitol et nous sert une cuiller de riz et une de ragoût.

- Si peu, râle Clove quand je lui tends son assiette.

- Ca fait un moment que notre estomac n'est plus habitué aux grandes quantités. Ce serait bête d'être malade.

- Tu as raison, c'est plus prudent. Si ça passe, on en reprendra.

Nous entamons nos assiettes. Le ragoût d'agneau est aussi bon que dans mes souvenirs, lorsque je me trouvais dans le centre d'entrainement du Capitol. Clove a également l'air d'apprécier car elle ferme les yeux à chaque bouchée. Bien trop vite à mon goût, mon assiette est vide.

- Quelle heure est-il à ton avis ?

- D'après la position du soleil, je dirais qu'il doit être un peu plus de midi. Pourquoi ?

- Rien de particulier. C'est juste que cela fait plusieurs heures que Cato est parti et que nous n'avons toujours pas de nouvelles.

A peine ai-je fini de prononcer ces mots que le son du canon retentit, nous faisant sursauter.

- Tu crois que…

- Non, coupé-je. Je vois mal l'une de ces filles venir à bout de Cato. Elles ne font pas le poids. Il a dû en trouver une et…

Un nouveau coup de canon retentit. Deux morts. J'observe la forêt, me mettant presque à prier pour que Cato ne réapparaisse pas. Il nous faut attendre presque deux bonnes heures pour voir sa silhouette se découper à la lisière de la forêt.

Nous ne sommes plus que quatre. Le grand final est proche.