Chapitre 6 : Mauvaises nouvelles

Notes : Un chapitre très tardif, d'autant que j'avais dit que je posterai également pour 'Le Cœur a ses raisons, ce que je n'ai pu faire. Je vous présente mes excuses, des imprévus ont réduits mon temps libre cette semaine.

Je signale également que je pars en vacances pour une semaine à partir de ce soir. Je n'aurai pas Internet donc, désolé, mais il n'y aura pas de publications. Puis je rentre pour cinq jours, qui, j'espère, me permettront de publier un peu. Après cela, je repars pour une autre semaine (peut-être 10js) sans moyen de publier.

Durant mon absence, je vais essayer de poursuivre l'écriture des chapitres au brouillon (à la main, comme au bon vieux temps). Cependant, cela ne diminue pas vraiment le temps entre les publications, car j'ai un handicap moteur qui me rend malhabile et très longue au tapage à l'ordinateur.

Voilà, je m'excuse encore pour tous ses petits inconvénients et vous souhaite une bonne lecture.

A bientôt,

Guepard54

AR/NCIS

Le directeur du MI6 leur jeta un regard affolé.

« Attendez, vous êtes en train de me dire que les Pleasure sont morts ? Tous les trois ? »

Gibbs sauta sur l'occasion. Après tout, la femme avait l'air d'en savoir beaucoup plus que ce qu'elle leur avait laissé entendre au départ.

« Ainsi, vous connaissiez même la famille adoptive du jeune Rider ? », l'interrogea-t-il tout en lui lançant un regard perçant.

Mais l'ex-Marine n'eut jamais sa réponse. Son supérieur lui coupa l'herbe sous le pied en répondant à la question de l'Anglaise sur un ton égal.

« Tués par balles tous les trois, abattus ici même dans leur location de vacances à Washington. Apparemment Alex Rider n'était pas sur place au moment où les meurtres ont eu lieu et nous pensons à présent qu'il est complètement innocent. Cependant, il a vidé le chargeur d'un Smith & Wesson dans le corps de notre suspect actuel pour ce triple meurtre. »

Tulipe Jones eut l'air encore un peu plus bouleversée.

« Alex n'aurait jamais pu tuer les Pleasure. Il était devenu très rapidement ami avec leur fille et il les adorait. Mais avez-vous une piste concrète quant au mobile du crime ? »

McGee, resté silencieux jusque-là, s'avança devant l'écran géant du MTAC.

« Le mobile, nous le cherchons encore, Directeur Jones. Mais peut-être pourriez-vous nous aider ? Connaissez-vous ce symbole ? »

Il lui montra l'image en forme de scorpion noir.

La réaction ne se fit pas attendre même si elle fut plus mesurée que la première fois. Les hommes du NCIS virent tout de même le directeur du MI6 déglutir lentement avant qu'elle ne déclare d'un ton posé :

« Scorpia. L'une des organisations criminelles les plus dangereuses et les plus impitoyables au monde. »

Dans le silence qui suivit, les coups toqués à la porte s'entendirent distinctement.

« Entrez. », dit Vance, sans quitter l'écran des yeux.

La porte s'ouvrit sur Ziva et Tony. Gibbs les trouva à la fois inquiets et penauds.

« Patron,… »

Tony s'interrompit en voyant leur invitée sur l'écran.

« Oui, agent Dinozzo ? », s'enquit néanmoins Vance.

De son côté, Gibbs sentait la mauvaise nouvelle arriver.

« Le gamin a disparu. Avec une arme, celle que Balboa portait quand il est venu le libérer. »

« Vous avez fouillé tout le bâtiment ? »

Tony et Ziva acquiescèrent mais ce fut Tulipe Jones qui intervint avec un soupir.

« Vous ne le retrouverez pas, agent Gibbs. Alex Rider est le roi de l'escapade. »

« Que savez-vous, Jones ? », soupira Gibbs, fatigué de toutes ces énigmes.

« Ce que je sais, agent Gibbs, c'est que Scorpia a tué les Pleasure, qu'Alex est dans la nature et armé et qu'une rencontre entre Alex Rider et Scorpia ne peut que mal se finir. »

AR/NCIS

La première chose qu'Alex avait faite en sortant du NCIS avait été d'aller chez un prêteur sur gages afin de troquer la très belle montre que les Pleasure lui avaient offerte. Il avait pu ainsi s'acheter une combinaison noire, une corde, une torche, des lunettes noires et, plus important, un fusil d'assaut léger avec plusieurs chargeurs et des munitions pour le petit Colt qu'il avait dérobé. En outre, il ajouta un sac-à-dos noir dans lequel il pourrait ranger le fusil en toute discrétion.

Le prêteur sur gages ne lui avait posé aucune question. Après tout, il avait l'habitude de traiter avec des gens louches, aussi jeunes soient-ils. Armer un adolescent ne lui posait aucun problème.

Alex ressortit du magasin et utilisa les toilettes du restaurant le plus proche pour se changer.

A présent, habillé de façon à se dissimuler au mieux et armé pour affronter ses adversaires, le jeune homme se sentait déterminé à se battre jusqu'au bout.

Il allait commencer par retrouver la trace de Scorpia avant de pouvoir régler leur compte au plus grand nombre de leurs agents. Il n'était peut-être pas capable de tirer sur des cibles vivantes il y a un an et demi, mais de l'eau était passée sous les ponts depuis. Et elle avait plutôt la couleur du sang : celui d'Edward, Liz et Sabina mais également de Jack, Ian, John et Helen Rider.

Cette nuit, Alex Rider aurait sa revanche.

AR/NCIS

« Ce gamin est cinglé. », éclata Tony, de retour dans leur espace commun. « Une organisation criminelle a massacré sa famille adoptive et maintenant, il va aller leur demander des comptes, le couteau entre les dents. »

« Il a volé un pistolet, pas un couteau, Tony. »

« Au risque de me répéter, Ziva-ah, il s'agit d'une expression. »

« Au lieu de vous chamailler, préparez-vous. », leur jeta l'ex-Marine.

Ses trois subordonnés échangèrent une grimace.

L'homme était revenu survolté du MTAC. Fornell, un peu étonné de cet état inhabituel, lui avait proposé son aide pour rechercher le garçon. Les équipes conjointes du NCIS et du FBI ratisseraient la ville à sa recherche cette nuit.

Mais les équipiers de Gibbs comprenaient son angoisse. Outre son passé douloureux, l'es-Marine, sous ses airs sévères, avait un faible pour les enfants. Ainsi, aider Alex Rider était un devoir pour lui et son équipe partageait amplement son avis. Surtout Ziva qui avait été armée et entraînée par son propre père à un trop jeune âge. »

« On te suit, patron. », déclara Tony.

Ils prirent leurs affaires et se dirigèrent vers l'ascenseur. La nuit s'annonçait bien longue.

AR/NCIS

Il était plus de deux heures du matin quand Alex réussit enfin à localiser un entrepôt appartenant à Scorpia. Il avait passé les heures précédentes à arpenter les quartiers les moins recommandables de la ville de Washington, en quête d'informations.

Il avait fini par repérer deux marchands d'armes dans un pub mal éclairé. Le nom de Scorpia n'avait pas été prononcé à voix haute, mais cela n'était qu'un détail sans importance puisqu'Alex arrivait à présent à lire sur les lèvres. De plus, une épaisse enveloppe avait changé de main et l'un des deux hommes portait un petit tatouage en forme de scorpion sur le poignet.

La discussion des deux dealers lui avait également fourni une adresse. Il avait alors attendu un bon moment après que les deux hommes soient partis, avant de payer sa consommation et de sortir à son tour.

Il se trouvait à présent sur l'un des bâtiments les plus hauts de l'entrepôt. En contrebas, une dizaine de gardes avec des chiens faisait des rondes régulières. Mais Alex savait qu'il y avait d'autres membres de Scorpia à l'intérieur des bâtiments. A la lueur des torches électriques, il avait même aperçu un des membres du conseil exécutif les plus impitoyables : le Yougoslave Zeljan Kurst. Il ne le connaissait pas personnellement mais le reconnut d'une photo montrée par le MI6 : grand, chauve, des yeux durs, le genre qui vous torture au son d'un concert de musique classique. Sympathique, quoi.

Alex savait qu'il devait se montrer extrêmement prudent. Il se laissa glisser doucement du toit et s'allongea dans un coin sombre, à plat ventre sur le sol de béton noir. Son habillement lui permettait de passer quasiment inaperçu, d'autant qu'il avait pris soin de se tenir le plus loin possible des chiens. Il s'approcha par derrière de deux gardes surveillant une des sorties latérales avant de les abattre sans bruit, grâce au silencieux dont il avait muni le Colt. Les deux hommes s'affaissèrent sur le sol sans que cela ne vienne troubler le calme de la nuit.

Alex ouvrit la porte et se glissa alors rapidement à l'intérieur. Il arpenta le long corridor en utilisant ironiquement les mêmes techniques silencieuses des 'ninjas' que Scorpia lui avait un jour apprises. Sur le chemin, il abattit deux autres agents d'une balle dans la tête. Net, précis et toujours silencieux.

Alex ne ressentait aucune joie à tuer, ni aucune autre émotion d'ailleurs. Peut-être la vie, de par tous les obstacles qu'elle avait dressés sur son chemin ces dernières années, avait-elle finalement réussi à faire véritablement de lui un tueur. Mais cette nuit-là, la pensée ne le préoccupait pas autant qu'elle aurait dû ou même qu'elle ne l'aurait fait quelques mois plus tôt. La seule chose à laquelle il pouvait penser, c'était qu'il y avait quelques heures encore à peine, il avait une famille, une maison, un foyer où il avait enfin pu commencer à oublier les horreurs qu'il avait traversées. Et voilà que Scorpia revenait pour tout démolir une nouvelle fois. C'est pourquoi revoir Kurst avait aidé Alex à former un plan dans sa tête et c'était ce plan qu'il comptait bien suivre pour assouvir sa vengeance.

Au fur et à mesure que je jeune espion avançait, ses yeux redevenaient fixes et froids, concentrés sur la tâche qu'il s'était fixé.

Au détour d'un couloir, il aperçut une double porte en chêne sculpté, à demi ouverte. Du coin de l'œil, il vit à l'intérieur un bar, une bibliothèque et du mobilier de bureau. Assis devant un ordinateur se trouvait l'homme qu'il recherchait. Zeljan Kurst semblait examiner des tableaux de comptes, provenant sans doute d'une vente illégale quelconque.

Mais cela n'intéressait nullement Alex. Il sortit discrètement son fusil d'assaut, le pointa par l'ouverture et ajusta son angle de tir de manière à avoir le canon de l'arme directement pointé sur la nuque du Yougoslave.

Il eut à peine le temps de presser la détente que ce dernier se retournait déjà, vif comme l'éclair. La balle d'Alex le manqua de peu et cela fut suffisant pour qu'il riposte, touchant Alex au flanc.

Cependant, celui-ci se releva rapidement, l'adrénaline l'aidant à faire abstraction de sa douleur. Il parcourut rapidement le chemin inverse pour rejoindre la sortie. Dans son dos, il entendait les bruits de pas précipités et des ordres donnés dans une langue qui ressemblait à du russe. Une fois dehors, il entendit les chiens lancés à ses trousses. Plusieurs balles l'avaient effleuré, mais il continuait d'avancer le plus vite, conscient que s'arrêter signerait à coup sûr son arrêt de mort.

Arrivé au niveau du grillage entourant l'entrepôt, il jeta son sac-à-dos par-dessus avant de s'y hisser lui-même et de sauter de l'autre côté. Malgré sa blessure, il avait réussi à distancer ses poursuivants et décida d'utiliser cette avance pour sortir un plan de la ville qu'il éclaira à l'aide de sa torche.

En effet, s'égarer dans Washington de nuit lui ferait perdre son précieux avantage. Il repéra une bouche de métro toute proche et s'y rendit d'une démarche endolorie. Quelques passants lui jetèrent un regard vague, trop habitués à la violence dans ce quartier.

Il monta dans une rame de métro, en redescendit avant de prendre une autre ligne. Il répéta ce manège deux fois. Il voulait être sûr d'avoir semé ses poursuivants. Il finit par ressortir aux environs d'une banlieue chic, avec ses maisons joliment entretenues.

Il était alors quatre heures du matin et, à cette heure-là heureusement, les habitants du quartier dormaient tous. Le jeune espion devait absolument trouver de quoi se soigner pour ne pas risquer une hémorragie.

Il se décida donc à entrer dans la demeure la plus proche pour y voler juste ce dont il avait un besoin urgent.

Avant d'entrer, il fit le tour pour trouver la meilleure ouverture. Il fit un nœud avec sa corde et la lança de manière à pouvoir escalader la gouttière jusqu'au toit. En effet, une des fenêtres de l'étage était entrouverte et cela serait plus facile, pour lui qui était blessé, de s'y laisser glisser.

Alex était conscient du risque qu'il prenait, mais sa blessure le faisait de plus en plus souffrir à présent que l'adrénaline l'avait quitté. En outre, il commençait à perdre une quantité inquiétante de sang.

Par chance, il atterrit dans une salle de bains. Il est de notoriété publique que c'est dans cette pièce que la plupart des gens garde une petite pharmacie. Fouillant doucement dans les placards, le jeune homme, de plus en plus endolori, trouva tout ce dont il avait besoin : pince, désinfectant, bandages… Mais le plus dur restait à venir : il devait absolument retirer la balle avant de pouvoir refermer ses plaies où il risquait une septicémie. Alex sentait le projectile dans son côté, d'assez gros calibre, qui se rappelait à lui dès qu'il bougeait trop brusquement.

Puis arriva ce qui devait arriver. Les salles de bains avec WC intégrés sont les pièces les plus souvent visitées la nuit par leur propriétaire. La porte s'ouvrit et, sur le seuil, se tenait une petite fille blonde, de huit ou neuf ans. En le voyant, elle écarquilla les yeux et ouvrit silencieusement la bouche, comme pour crier mais sans l'oser.

Il faut dire qu'Alex, avec tout le sang qui s'échappait de sa plaie, devait faire un peu peur à voir, d'autant plus qu'il arborait également quelques contusions au visage.

L'adolescent tendit les mains devant lui, pour montrer à la petite fille qu'il ne lui voulait aucun mal, mais ce geste lui envoya un électrochoc de douleur et il se laissa glisser pour s'asseoir, la tête penchée en arrière contre le mur.

Puis, la fillette sembla retrouver sa voix et cria.

« Papa ! »