Chapitre 9 : Questionnements
Note : Je suis désolée pour la longue attente, l'inspiration s'en va et s'en vient.
Je tiens également à présenter mes plus sincères condoléances à tous ceux qui ont eu des morts ou des blessés dans leur famille lors des attentats de Paris. Je ne connais pas pour ma part de personnes touchées mais j'étais en train d'écouter la radio lorsque cela s'est produit et j'ai été tellement choquée que j'ai eu du mal à sortir de chez moi après coup.
Je pense à vous tous de tout cœur en vous présentant ce tardif chapitre.
Guepard54
AR/NCIS
Les trois agents fédéraux fixèrent un moment le garçon devant eux, bouche bée. Ziva fut, comme toujours, la première à se ressaisir.
« Tu es blessé. », lui indiqua-t-elle, montrant du doigt le sang s'échappant de nouveau de sa blessure, malgré le bandage que lui avait fait Ducky quelques heures plus tôt.
Alex porta alors la main à son côté et la retira aussitôt, couverte de sang. L'adolescent ne vit pas l'israélienne s'avancer vers lui et, lorsqu'il leva enfin les yeux, elle se tenait juste devant lui. Surpris, il trébucha en arrière, s'effondrant contre le bureau de Tony. Il lança cependant à la jeune femme un regard de défi, tentant de dissimuler au mieux sa vulnérabilité.
De leur côté, les trois agents se dévisagèrent, ne sachant comment agir. Ziva avait réagi instinctivement en voyant la blessure mais la réaction d'Alex l'avait alors figée. Le silence s'alourdit de seconde en seconde dans le bureau. Puis soudain…
« Tu sais que Ducky a dit que tu devais te reposer. », énonça une nouvelle voix, où perçait dans le ton grave une légère note de reproche.
McGee, Ziva et Tony se tournèrent aussitôt vers leur patron, en attente d'explications. Gibbs leur jeta un coup d'œil avant de centrer à nouveau son attention sur l'adolescent.
« Qu'est-ce-que… ? »
L'ex-Marine venait d'apercevoir la mare de sang qui commençait à se former. Il sembla réfléchir pendant un très court instant avant de prendre une décision et de se tourner vers le plus jeune membre de son équipe.
« McGee, vous allez descendre chez Abby avec Alex, mais vous passerez auparavant en salle d'autopsie. » Il ajouta une dernière remarque en faveur de l'adolescent. « Ton pansement est à refaire. »
« Non, c'est vrai ? Je croyais pouvoir vous faire croire que j'avais dessiné au feutre rouge dessus. », lui répondit sarcastiquement Alex.
Du coin de l'œil, ce dernier vit le jeune agent brun couler un regard interrogatif vers l'agent Gibbs. En retour, celui-ci hocha affirmativement la tête.
L'agent dénommé McGee se dirigea alors vers l'adolescent et l'aida à se relever en lui prenant délicatement le bras. A peine debout, le jeune homme se dégagea un peu brutalement, baraguinant dans une langue étrangère.
Avant que quiconque ait pu lui demander de traduire, Ziva lui répondit, dans la même langue. Et au vu des consonances, il s'agissait sans doute de langue arabe.
Le garçon regarda autour de lui avec un air quelque peu résigné avant de reprendre doucement le bras de McGee pour s'appuyer dessus, tandis que ce dernier le dirigeait vers l'ascenseur.
Gibbs les suivit un moment du regard avant de se tourner vers l'israélienne, un sourcil levé.
« Qu'avez-vous dit ? »
« Alex a dit qu'il n'avait plus besoin d'une nounou. Et je lui ai répondu que peut-être, mais d'un médecin certainement s'il ne voulait pas mourir de manière idiote, en se vidant de son sang alors que des personnes sont là pour le soigner. », répondit Ziva avec un air ouvertement mutin.
« Toi, c'est sûr que tu sais te montrer diplomate. », intervint Tony dans un rictus moqueur.
Mais Gibbs n'était pas vraiment d'humeur à les écouter se titiller.
« Ecoutez-moi, tous les deux. Il faut que je vous explique quelque chose sur le jeune Alex Rider avant que nous allions voir cet entrepôt. »
« Ok, patron, nous sommes toute ouïe. », continua Tony, d'un ton pas très sérieux qui lui valut une tape sur la tête de la part de Ziva.
« Nous vous écoutons, Gibbs. », fit-elle avec attention.
Il la remercia d'un signe de tête.
« Je viens d'apprendre que cet Alex Rider était en réalité un espion du MI6, les services secrets britanniques. »
En face de lui, Tony faillit s'étouffer tandis que l'ex-Mossad restait impassible.
« Patron, ce doit être une erreur. », dit le cinéphile après avoir repris son souffle. « Ce gamin a quoi ? Dix-sept ans au plus ? »
« Il a quinze ans et demi, Dinozzo. Et en vérité, il n'a plus de liens avec le MI6 depuis qu'il est venu habiter aux Etats-Unis avec les Pleasure, il y a six mois. Il a perdu son oncle, lui-même agent du MI6, dans une mission il y a un an et demi. C'est à ce moment-là que les services secrets britanniques sont venus le chercher, afin qu'il finisse cette même mission. », répondit Gbbs avec amertume.
« Et il a dit oui ? », s'exclama le cinéphile abasourdi. « Il s'est pris pour superman ou quoi ? »
« Tony ! », s'énerva Ziva, elle-même curieuse de connaître le fin mot de l'histoire. « Si tu écoutes la suite, tu auras tes réponses plus vite ! »
Le cinéphile prit un air penaud et fit signe à l'ex-Marine de poursuivre. Ce dernier eut un sourire en coin puis continua son récit.
« C'est là le pire, Dinozzo. Il ne voulait pas mais les dirigeants lui ont fait du chantage. Ils ont menacé d'expulser sa gouvernante américaine d'Angleterre et de l'envoyer dans un orphelinat. »
« Et comment s'est passé sa mission ? », s'inquiéta Ziva.
Même si elle avait elle-même été entraînée toute jeune par son père au sein du Mossad, elle n'aurait pu imaginer que d'autres agences dans le monde civilisé et occidental soient capables d'exploiter et de risquer la vie d'un enfant de quatorze ans.
« Trop bien. », fit Gibbs d'un air maussade. « Au point qu'ils l'ont obligé à effectuer huit autres missions en un an. »
« Et il les a toutes réussies ? », demanda un Tony horrifié.
« On peut dire çà. », répondit Gibbs, véritablement outragé par le comportement du MI6. « J'ai vu plusieurs de ses cicatrices, il a subi des brûlures au second degré et on lui a tiré une balle dans la poitrine, bon sang ! »
Gibbs frappa un grand coup de poing sur son bureau dans un accès de rage. Pour lui, c'était inconcevable d'abuser un enfant à ce point. Les chefs du MI6 étaient pires que des criminels et ne méritaient qu'une seule chose : la cour martiale.
Mais tout ce qu'il pouvait faire pour le moment, c'était résoudre au mieux et au plus vite l'enquête afin de mettre tous les coupables sous les verrous. Ne serait-ce que pour éviter qu'Alex, aveuglé par la vengeance, ne risque une nouvelle fois sa vie en voulant se faire justice lui-même.
C'est pourquoi Gibbs se reprit aussitôt et se tourna vers ses deux agents.
« Je vous attends à l'ascenseur dans moins de cinq minutes. Prenez vos affaires. », leur lança-t-il en se dirigeant dans ladite direction.
« On va où, patron ? »
« A l'entrepôt, Dinozzo ! »
AR/NCIS
McGee avait suivi les indications de Gibbs. Il avait pleinement confiance dans le jugement de son supérieur. D'autant que l'adolescent à côté de lui avait grand besoin de voir un médecin et Ducky était amplement qualifié, y compris en ce qui concernait les vivants.
McGee ne pouvait également s'empêcher de remarquer que le gamin restait étonnement impassible malgré la douleur causée par sa blessure. Il voyait Alex lui jeter des coups d'œil de temps en temps puis détourner le regard dès que l'agent du NCIS le regardait à son tour.
Ils arrivèrent finalement dans l'antre de Ducky.
« Ah Timothy ! Et tu as amené notre jeune ami ! Comment te portes-tu, mon garçon ? »
En s'avançant, le médecin-légiste remarqua la démarche saccadée d'Alex et le sang coulant à flots. Il se précipita alors vers le jeune homme.
« Tu as rouvert tes blessures ? J'avais pourtant bien dit que tu avais besoin de beaucoup de repos. Mais à quoi pense donc Jethro ? », gronda-t-il gentiment.
Ducky demanda à Alex de s'asseoir sur une de ses tables habituelles de travail pour le soigner. Le garçon obéit mais paraissait agité.
« Où sont Edward, Liz et Sab ? », questionna-t-il en regardant tout autour de lui.
Le vieil homme comprit que l'adolescent savait que les corps avaient été là. Espérant lui apporter par ce geste quelque réconfort, il posa une main compatissante sur son épaule.
« Ils ont déjà été transférés aux pompes funèbres, en attente de l'enterrement. »
Il vit Alex baisser les yeux et décida de changer de sujet.
« Bon, voyons voir cette blessure. »
Le jeune espion ne se retrouva avec d'autre choix que de retirer son t-shirt devant les deux hommes. Voyant que la plaie saignait de manière presque hémorragique, le médecin s'activa aussitôt.
Dans la salle, on aurait pu entendre une mouche voler. Ducky s'appliquait à sa tâche en silence et l'adolescent, honteux de cette preuve de faiblesse, ne pipait mot.
Et la troisième personne présente, en l'occurrence l'agent McGee, observait en silence les différents blessures et hématomes qui recouvraient le corps du garçon. Gibbs avait sûrement expliqué quelques petites choses à Tony et Ziva durant son absence et il espérait être vite mis au courant des secrets du jeune Alex Rider.
Il fut étonné de ne pas entendre un seul gémissement de sa part durant l'intervention de Ducky, qui ne semblait pas vraiment indolore. Lorsque le médecin-légiste laissa enfin le jeune homme se rhabiller, le génie en informatique vit à nouveau celui-ci lui jeter un rapide coup d'œil méfiant. A dire vrai, il avait l'air de quelqu'un qui avait passé sa vie à regarder par-dessus son épaule, comme par crainte que l'on lui plante un coup de poignard dans le dos.
Pendant ce temps, ledit garçon s'était relevé. Sans plus s'attarder sur le profil d'Alex Rider et décochant au passage un hochement de tête à Ducky en guise de remerciements, McGee fit signe au garçon de le suivre.
« Allez, viens. Je t'emmène chez notre analyste scientifique. Tu verras, Abby est très gentille. »
Au moment où il finissait sa phrase, il croisa le regard brun quelque peu méprisant. C'est vrai qu'il venait peut-être de lui parler comme à un enfant. Cependant, au premier coup d'œil, leur témoin ne paraissait pas avoir dix-neuf ans. Peut-être même n'avait-il pas dix-huit ans.
Mais ce dont il était sûr, et même s'il n'en connaissait pas la cause exacte, c'était qu'un adolescent n'aurait pas du avoir le regard dur et froid d'un homme adulte qui a vu trop de choses.
