Chapitre 16 : Secrets

Note : Petite question : le caractère de Yassen Gregorovitch est-il suffisamment respecté ?

Bonne Lecture,

Guepard54

AR/NCIS

Alex se réveilla avec un tel mal de crâna qu'il mit un moment à remettre ses pensées en ordre. Le 'lit' sur lequel il était allongé n'avait rien de comparable avec celui qu'il utilisait chez l'agent Gibbs. Il prit alors note du dénuement de la pièce dans laquelle il se trouvait, du lit de camp en métal jusqu'à la grille en guise de porte, en passant par l'absence totale d'autres meubles.

Cela ressemblait davantage à une cellule et lui rappela qu'il était bel et bien prisonnier de Scorpia, même s'il constata qu'il n'était plus ligoté.

En s'approchant de la grille qui fermait sa prison, il put voir que le couloir entier était dédié à des cellules comme la sienne. Quelle originalité ! Son sarcasme fondit comme neige au soleil lorsqu'il s'aperçut que la cellule d'en face était également occupée, par deux personnes dont l'une d'elle paraissait très jeune, comme un enfant.

Lorsque l'adulte qui l'accompagnait se retourna vers lui et l'appela, il les reconnut avec stupéfaction.

« Alex ?! »

Il semblait qu'il ait finalement retrouvé Abby Scuito et Elisa Fornell !

AR/NCIS

Si Anthony Dinozzo était la plupart du temps un agent très compétent, il lui arrivait cependant de taper sur les nerfs de son collègue, l'agent Timothy McGee. Particulièrement quand il se comportait comme un gosse tandis que McGee essayait de résoudre des problèmes techniques. En outre, cela gênait le génie en informatique dans son travail.

« Tony, arrêtes de te mettre dans mes pattes, tu me gênes plutôt qu'autre chose. »

« Excuse-moi, Mc Science Infuse, mais cela n'aurait-il pas été plus simple de tout emmener à l'agence ? », lui répondit le cinéphile.

En effet, après embarqué tout le matériel dans la voiture de Dinozzo, ils étaient repartis chez Gibbs comme celui-ci leur avait ordonné. Et ils avaient été obligés, encombrés comme ils étaient, de faire des allées et venues loin d'être discrètes dans la cour de leur patron.

« C'est mieux si je n'ai pas besoin de démonter tout ce que j'avais installé dans cette maison, Tony. Si au moins Gibbs n'avait pas eu un téléphone du Moyen âge, on aurait pu se contenter de pirater la puce électronique. Tous les téléphones un tant soit peu récents en ont une. »

« A ceci, Gibbs te répondrait qu'il préfère donc son téléphone du Moyen âge. »

Mais son collègue n'eut pas l'air de gober la plaisanterie.

« On fait cela pour notre enquête, Tony. En plus, Abby et Elisa ont disparu on ne sait où, peut-être aux mains de Scorpia, alors… », la voix du plus jeune agent sembla se briser sur la fin.

« Du calme, McGee. », fit Tony, d'un ton plus sérieux. « Alors montre-nous ce que tes petits amis électroniques ont été capables de faire. »

Il désigna l'ordinateur portable, relié au système de sécurité installé dans ces murs, sur lequel était penché son collègue.

« Attends, je vais essayer de te montrer. », lui répondit celui-ci tout en restant concentré sur sa machine.

Tony attendit alors quelques minutes de plus en silence lorsque soudain, McGee poussa un petit cri de joie.

« Et voilà, alors, pour faire court, je viens de brancher le système composé d'ultrasons des micros de sécurité de Gibbs sur mon système de… »

Cela devenait bien trop technique pour le pauvre Tony et celui-ci ne se priva pas de le faire savoir.

« Tu viens de dire 'pour faire court', McGénie, alors dis-moi ce que tu as trouvé. »

Son collègue ne répondit pas mais cliqua sur quelque chose sur son ordinateur. Aussitôt, les deux hommes commencèrent à entendre des bruits de fond : des casseroles qui tapent l'une contre l'autre, un robinet qui s'ouvre et finalement… la sonnerie d'un téléphone.

Tony était stupéfait. McGee avait réussi à récupérer tous les bruits enregistrés par le système espion. Ce qu'ils venaient d'entendre, c'était sans doute Alex Rider en train de faire la cuisine. Et lorsqu'il reconnut la sonnerie du téléphone fixe de son patron…

« Tu crois qu'on peut aussi entendre la conversation ? »

Il eut la vague impression que McGee le prenait pour un idiot en observant le regard qu'il portait sur lui.

« A ton avis, pourquoi je me suis amusé à nous faire apporter tout ce matériel jusqu'ici Tony ? Pour faire mumuse ? Et maintenant, regarde le scientifique à l'œuvre. »

Le plus jeune cliqua à nouveau sur quelques boutons et soudain, c'était comme s'ils avaient été présents au moment de l'appel téléphonique et que quelqu'un ait mis le haut-parleur. A ceci prêt qu'il devait y avoir un système de brouillage qui hachait la conversation. Néanmoins, c'était une première victoire.

« Alex Rider, quel plaisir. »

Les deux fédéraux reconnurent tout de suite la voix du Yougoslave qu'ils avaient eu eux le déplaisir de rencontrer lorsque celui-ci était encore le suspect numéro 1 de leur enquête. D'ailleurs, Tony doutait que Gibbs l'ait supprimé complètement de sa liste.

Ils n'entendirent pas la réponse de l'adolescent, mais dans la réplique suivante du criminel, quelques mots importants ressortirent nettement, tels que : « Scorpia », « polyvalente, Rider », « train », « Philadelphie ».

Cette fois, ils entendirent la voix emplit de doutes du garçon lorsqu'il répondit à Zeljan Kurst.

« Et pourquoi ferais-je cela ? »

La réponse ne se fit pas attendre et confirma les craintes des agents du NCIS, même s'ils ne la perçurent que par bribes.

« Abby Scuito et Elisa Fornell,[…] nos invitées […] plaisir […] dernière fois. Mais attention Rider, […] exécutons […] quelconque renfort. […] prévenu. »

Juste après ce dernier mot, le téléphone avait été raccroché. Puis des pas précipités s'étaient fait entendre. Le gamin n'avait pas perdu de temps d'où le bazar laissé sur la table de cuisine.

McGee interrompit l'enrengistrement et les deux fédéraux échangèrent un regard. Puis Tony bondit sur ses pieds.

« Je vais prévenir Gibbs immédiatement. Range tout çà, nous retournons à l'agence. »

AR/NCIS

Sitôt sa petite visite au sous-sol terminée, Zeljan Kurst était retourné dans son bureau. Il s'était alors plongé dans de la paperasse et avait pu constater l'heure déjà bien avancée lorsqu'il avait relevé la tête de son travail. L'horloge indiquait en effet presque quatre heures et demi de l'après-midi.

Quelques minutes plus tard, des coups discrets furent toqués à sa porte.

« Entrez. »

C'était l'agent algérien Assan Bader, celui qui avait été chargé de récupérer Alex Rider à la gare de Philadelphie. L'homme s'arrêta au milieu de la pièce, face à Kurst et ce dernier lui fit signe de parler sans plus attendre.

« Tout est en ordre, Monsieur Kurst. Le gamin a bien été récupéré à la gare et sans résistance en plus. Pas le genre d'un célèbre espion, si vous voulez… »

« Ne sous-estimez pas le garçon, agent Bader, », le coupa sèchement le Yougoslave « Scorpia a fait l'erreur plusieurs fois ces dernières années et cela nous a coûté très cher. »

« Bien, monsieur. », l'agent baissa la tête pour bien montrer sa contrition. C'était une règle de survie lorsque l'on travaillait pour la célèbre organisation criminelle.

Pendant ce temps, le directeur continua.

« Et tant que Rider sera avec nous, Gregorovitch aura d'autres tâches à effectuer mais il ne sera plus en charge des prisonniers. »

Assan leva la tête, en alerte

« Il n'est pas vraiment en charge, puisque c'est moi qui ai les clés. »

Son chef le foudroya du regard avant de le remettre à sa place.

« Vous savez très bien ce que je voulais dire. L'agent Gregorovitch recevra des ordres selon lesquels il ne devra plus du tout s'occuper des prisonniers pour le moment ni de quoi que ce soit les concernant. Vous le ferez à sa place et ce jusqu'à nouvel ordre.»

« Mais Monsieur… », protesta l'algérien. Après tout, il venait d'être nommé garde-chiourme et cela ne lui convenait absolument pas.

A nouveau, Zeljan Kurst envoya à son subordonné un regard glacial.

« Ce sont vos nouveaux ordres, agent Bader. Et de toute façon, même si Rider doit rester notre priorité absolue, vous pourrez toujours vous amuser avec nos prisonnières, dans la limite du raisonnable bien entendu. Interdiction de les tuer, je tiens à donner une bonne leçon aux agents Gibbs et Fornell. »

Zeljan Kurst parlait d'une voix froide et indifférente, comme si tout cela ne le concernait absolument pas. Et c'était le cas, en quelque sorte. Tout ce qui lui importait et qui importait à Scorpia, c'était l'argent et le pouvoir. Les dernières affaires conclues avaient renfloué les caisses de l'organisation au-delà de toutes les espérances et la mort de Rider après une lente agonie en démontrerait la supériorité.

Assan n'émit plus aucune protestation. Cela lui convenait parfaitement et comblerait son ennui. Lorsque le Yougoslave le congédia, il était redevenu le bon petit soldat obéissant de Scorpia et c'était le principal.

Selon le Conseil Exécutif, il existait deux sortes d'employés. Ceux comme Assan Bader, à tendances légèrement psychopathiques, qui de part leur caractère ne pouvait pas être utilisés pour des missions délicates mais étaient facilement remis à leur place. En outre, leur amour du crime ne les enchaînait que plus à une organisation qui pouvait combler tous leurs désirs pervers, à défaut d'être véritablement loyaux (après tout, la confiance n'avait pas sa place dans ce milieu.)

Et il y avait ceux comme Yassen Gregorovitch. Des hommes impassibles, sans sentiments visibles, presque des 'machines' à tuer. Ces hommes n'avaient qu'un seul objectif : l'argent. Au contraire de ceux de la catégorie précédente, ils étaient parfaits et extrêmement compétents dans leur domaine, y compris en cas d'imprévus. Néanmoins, avoir pour seul maître le montant d'argent comportait un défaut pour le commanditaire. C'est que d'autres pouvaient toujours payer plus et retourner l'employé compétent. Ce qui pouvait se révéler extrêmement dangereux.

C'est pourquoi Kurst préférait avoir Gregorovitch à l'œil pour le moment, d'autant plus avec l'arrivée d'Alex Rider entre ses murs. Il fallait à tout prix les garder loin l'un de l'autre car Yassen pouvait se révéler très imprévisible et particulièrement pour tout ce qui touchait à la famille Rider.

En outre, Gregorovitch était vraiment très intelligent et Zeljan Kurst allait devoir démontrer toute sa propre habileté lors de l'entrevue dans une heure.

AR/NCIS

Leroy Jethro Gibbs éprouvait le besoin irresistible de s'arracher les cheveux. Littéralement. Il se dit qu'il allait vraiment finir par se battre, physiquement, avec son supérieur hiérarchique, le directeur du NCIS Léon Vance.

A quoi jouait ce dernier, bon sang ?

Cela faisait bientôt une heure que Fornell et lui se trouvaient dans le bureau de Vance, essayant de lui faire rentrer dans le crâne qu'il n'était pas question, pour aucun des deux, qu'ils se retirent de l'enquête.

Tobias et lui-même avaient tour à tour usé de menaces et de suppliques (du moins autant qu'un ex-Marine et qu'un agent confirmé du FBI puissent supplier). Gibbs sentait petit à petit la résolution de son directeur s'affaiblir, néanmoins cela aurait été bien qu'il cède avant que ses deux interlocuteurs ne deviennent fous.

Finalement, comme inspiré par une grâce divine, ce fut son vieil ami qui trouva les bons mots pour percer la cuirasse.

« Oseriez-vous, directeur Vance, me regarder droit dans les yeux et m'affirmer que si c'était vos enfants qui avaient été kidnappés, vous n'auriez pas vous-même passé une heure dans le bureau de votre supérieur jusqu'à obtenir l'autorisation de prendre plus que votre part dans ladite enquête ? »

Le ton était à la fois dur et désespéré et Gibbs devait reconnaître que c'était plutôt finement joué de la part de l'agent du FBI. Il vit l'instant exact où Léon Vance prit finalement sa décision. Puis, l'homme soupira avec un hochement de tête.

« C'est d'accord. Vous m'avez convaincu. Mais à la moindre exagération de votre part, je me verrai dans l'obligation de… »

A ce moment-là, Gibbs l'interrompit et se vit adresser un regard noir en retour.

« Nous savons très bien, Léon. Si vous avez fini, du travail nous attend. »

Le ton était un brin irrespectueux mais compte-tenu du stress qui pesait sur les épaules des deux autres hommes, il décida de laisser passer pour cette fois.

« Bien, Messieurs. Mais je tiens à ce que vous m'informiez concernant toute progression et avant de prendre quoi que ce soit comme initiative. D'ailleurs, je suis certain que votre supérieur pensera comme moi, agent Fornell. C'est bien clair ? »

Le directeur du NCIS regarda tour à tour ses deux interlocuteurs avant de les autoriser à sortir d'un simple geste. Ce qu'ils firent, en silence.

A peine avaient-ils commencé à descendre l'escalier que le portable de Gibbs sonna. C'était Tony et l'ex-Marine échangea un rapide coup d'œil avec Fornell avant de décrocher.

« Je t'écoute, Dinozzo. »

« Patron, McGee a pu retranscrire une conversation téléphonique qui a eu lieu sur ta ligne fixe juste avant qu'Alex ne quitte ta maison. Scorpia l'a appelé, a confirmé qu'ils retenaient Abby et Elisa, et ce sans doute à Philadelphie puisque c'est là où ils lui ont demandé de les rejoindre. Ne t'inquiètes pas, nous arrivons. »

« D'accord, Dinozzo, à tout de suite. »

A peine avait-il raccroché que Tobias demandait :

« Qu'ont-ils découvert, Jethro ? »

« C'est bel et bien Scorpia qui a enlevé les filles, Tobias. Ils les ont emmenées à Philadelphie avant de demander à Alex Rider de les y rejoindre. »

A peine avait-t-il achevé cette phrase que l'agit du FBI se précipitait sur son téléphone.

« Il faut que je demande immédiatement un mandat de perquisition à mon chef, il faut… »

C'était l'attitude d'un homme en train de perdre ses moyens, ce qui arrivait d'ailleurs fort peu à cet homme-là précisément. Gibbs allait ainsi intervenir mais Ziva, qui, également prévenue par Tony, venait à leur rencontre, ne lui en laissa pas le temps.

« Si vous me permettez, agent Fornell, », la jeune femme avait une voix inhabituellement douce sur laquelle les deux hommes se concentrèrent. « je ne connais pas très bien Scorpia mais j'ai eu beaucoup d'expériences avec ce genre de personnes durant mon temps au Mossad, et leur montrer que l'on a peur ou qu'ils nous stressent est la dernière attitude à avoir avec eux. J'ai bien conscience que vous craignez pour votre fille, et c'est notre cas à nous aussi concernant Abby, mais si vous montrez la moindre précipitation ou le moindre signe de faiblesse, ils auront le dessus et ne lâcheront jamais prise. Vous pouvez nous faire confiance, nous ne lâcherons pas l'affaire tant que nous n'aurons pas récupérer Abby et Elisa saines et sauves. »

Gibbs était fier de son agent pour avoir su faire montre d'une aussi fine psychologie et ce en cette heure si grave. Il se rendit compte que Ziva avait beaucoup mûri et appris à juger avec sagesse depuis la toute première fois où elle avait intégré le NCIS.

A la fin du discours de la jeune femme, Fornell se tourna vers lui, semblant quelque peu apaisé. L'ex-Marine lui fit un hochement de tête rassurant. Tout ce qu'avait dit l'Israélienne était vrai. Il ne lâcherait pas l'affaire et Zeljan Kurst allait vite se rendre compte que l'on ne devait pas prendre à la légère les menaces de Leroy Jethro Gibbs. Il n'abandonnerait pas Abby et Elisa Fornell. Ni Alex Rider, d'ailleurs. Lui non plus n'avait rien mérité de tout cela. Dieu seul savait dans quel guêpier le garçon s'était-il fourré en ce rendant seul à Philadelphie.

Quand tout cela serait réglé, il comptait bien s'occuper du jeune homme qui avait trop souvent été laissé livré à lui-même. Les Pleasure avaient sans doute été volontaires mais eux non plus n'étaient plus là à présent et quelque devait reprendre le flambeau et veiller correctement sur le garçon.