Chapitre 18 : Reconnaissance

Note : Chapitre dédicacé à l'auteur de la toute dernière rewiew, 'Guest' qui m'a vraiment motivée à block pour continuer à écrire la deuxième moitié de ce chapitre !

Bonne Lecture,

Guepard54

AR/NCIS

Anthony Dinozzo bailla et se frotta les yeux, exténué. Après être rentré du boulot à 21 heures la veille, Gibbs leur avait demandé de le rejoindre à l'agence dès six heures du matin. Alors, c'est vrai, il avait une mine de six pieds de long.

Mais son moral descendit encore plus bas si c'était possible lorsque sa collègue, Ziva David, arriva dans leur espace de travail bien réveillée et toute pimpante.

« Mais comment fais-tu ? », s'exclama Tony tout en se frottant la tête, comme pour essayer de faire partir son mal de crâne.

« Je ne sors jamais les veilles de boulot ni ne bois une seule goutte d'alcool, Tony. »

« Mais… », protesta ce dernier, uniquement pour être interrompu par le Bleu qui venait d'arriver.

« Tu sais, Tony, même moi qui passe pourtant la plupart de mes nuits blanches pour passer au niveau supérieur de 'Call of Duty', j'ai une meilleur mine que toi. », remarqua le génie en informatique, mais sans moquerie.

« Ca, c'est parce que tu te nourris au Café Noir intense, Roi des Elfes, alors ce n'est pas un exploit. », rétorqua le cinéphile, un brin bougon.

Personne ne put rétorquer car c'est à ce moment-là qu'apparurent le duo Gibbs et Fornell. A croire qu'ils ne s'étaient jamais quittés depuis la veille au soir. Ce qui était sans doute très vrai car ils avaient probablement discuté toute la nuit dans la cave de Gibbs autour d'un verre de Whisky. Après tout, la tragédie les frappait tous les deux, de part les disparitions d'Abby et Elisa.

Gibbs étudia son meilleur agent de terrain avant de commenter d'un ton neutre :

« Tu as vraiment une sale tête, Dinozzo. La nuit est faite pour dormir, tu sais. »

Tony serra les dents tandis que Ziva et McGee s'efforçaient de retenir leurs sourires moqueurs.

Soudainement, l'atmosphère bonne enfant se dissipa d'un coup tandis que leur Directeur, Léon Vance, pénétrait dans leur espace de travail, un air grave sur le visage.

« Agent Gibbs, le directeur du MI6, Tulipe Jones, a accepté de nous contacter rapidement par le biais du MTAC. Veuillez donc m'y rejoindre dans moins de trois heures avec McGee et l'agent Fornell s'il le désire. »

Vance s'apprêtait à partir lorsque son subordonné lui répondit.

« En ce qui me concerne, Léon, toute mon équipe a le droit de participer. C'est notre enquête et tout le monde tient à Abby ici. Mieux vaut des enquêteurs très bien informés. », conclut l'ex-Marine.

Un profond soupir fut la réponse d'un Vance exaspéré. Mais l'homme avait l'habitude des insubordinations de l'ex-Marine et savait qu'il ne pouvait pas toujours jouer au méchant directeur.

C'est pourquoi il accepta à contrecœur, avant de leur tourner le dos pour regagner son propre bureau.

Ce faisant, il ne vit pas l'air victorieux que Gibbs affichait en se tournant vers son équipe.

AR/NCIS

Alex ne se rappelait absolument pas depuis combien de temps il était là, attaché à cette table métallique, impuissant. Il y avait bien une horloge accrochée au mur en face de lui mais ses yeux, aveuglés par des larmes de douleur, n'arrivaient pas à déchiffrer l'heure.

Le métal paraissait glacial contre sa peau nue et des frissons le secouaient de temps à autre. Ils avaient déshabillé le haut de son corps et entrepris, pour commencer, de le torturer à coups de rasoir. La douleur était parfois insidieuse, parfois violente mais les cicatrices sur son torse, elles, étaient bien là. D'ailleurs, du sang s'écoulait de chacune de ses blessures et commençait à baigner de sa texture poisseuse le corps du jeune homme.

L'Algérien d'hier soir était là, se repaissant du spectacle. Il devait se réjouir d'une telle vengeance, après avoir été verbalement battu par un ado de quinze ans.

Malgré sa douleur, Alex eut un sourire en y repensant. Il n'avait pas supporté de voir l'autre homme agresser la jeune femme du NCIS, alors il avait agi instinctivement.

Il avait choisi le français pour ne pas que les captives comprennent le flot de paroles échangé. La ruse avait marché plus qu'il ne l'espérait. Lorsque Alex l'avait provoqué en avouant qu'il pensait sincèrement qu'avec ses tendances psychopathes, l'homme avait peu de chance de faire une vrai carrière chez Scorpia et qu'il n'arrivait en rien à la cheville des tueurs à gages professionnels (ce qu'il pensait réellement après avoir vu un homme comme Yassen Gregorovitch à l'œuvre), l'Algérien s'était littéralement jeté contre la grille qui les séparait, excédé. L'homme était prêt à rentrer dans la cellule pour le massacrer quand son collègue lui rappela que l'avenir de l'adolescent était décidé non par eux mais Zeljan Kurst.

Le Nord-Africain était certes vexé mais avait du se réjouir à l'avance à la pensée des tortures qui attendaient le jeune homme le lendemain. Alex, lui, en était blasé, même lorsque le criminel le lui avait explicitement dit. Les menaces de mort et de tortures commençaient à lui paraître aussi naturelles que de respirer.

Et, après tout, il avait déjà été dans des situations pires que présentement. Comme incapable de bouger sur le rouleau compresseur à Skeleton Key ou encore agrippé à une corde au dessus d'une fosse à crocodiles au Kenya.

Au moins, même s'il perdait un peu de sang et que les coupures étaient douloureuses, il n'était pas dans une situation de mort imminente. Et il pouvait encore réfléchir. Par exemple au meilleur moyen pour les filles de s'échapper. Et avec un peu de chance, finalement, lui aussi. Après tout, ses tortionnaires lui avaient affirmé qu'il ne mourrait pas tout de suite, Scorpia comptait prendre tout son temps pour se venger.

Ses pensées furent interrompues lorsque ses bourreaux revinrent à la charge et quelques secondes plus tard, son monde se transforma à nouveau dans un tourbillon de douleur.

AR/NCIS

Il n'était pas tout à fait neuf heures du matin quand Gibbs, son équipe et l'agent Fornell rejoignirent Léon Vance au MTAC.

Apparemment, un technicien avait déjà fait la liaison avant que McGee ait pu s'en charger puisque Tulip Jones se trouvait déjà à l'écran.

L'Anglaise avait l'air anxieux lorsqu'ils pénétrèrent tous les cinq dans la pièce. Elle les salua néanmoins d'un respectueux signe de tête.

« Agent Gibbs, agent Fornell. Le directeur Vance m'a expliqué que le NCIS et le FBI avaient décidé de faire front commun contre Zeljan Kurst. », commença-t-elle pourtant d'une voix posée.

« Vous a-t-il expliqué la raison principale ? », fit Fornell en prenant, comme à son habitude, le taureau par les cornes. Les doigts de l'agent du FBI étaient agités de tic nerveux et Gibbs décida de prendre la relève, en faisant son maximum pour garder la tête froide. Pour cela, il devait absolument éviter de penser à ce qu'il ferait à ses s**** lorsqu'ils auraient récupérées Abby et Elisa. Parce qu'ils les récupéreraient, il se l'était juré. Saines et sauves.

« Scorpia a attaqué et a fait enlever une personne de mon équipe et la fille de l'agent Fornell. Ainsi qu'Alex Rider. »

Le choc fut clairement visible sur le visage du directeur du MI6. Il lui fallut même quelques secondes pour reprendre la parole d'une voix posée.

« C'est une situation grave, en effet. Mais je ne vois pas comment le MI6 pourrait vous aider à sauver des civils américains sur leur propre sol. », dit-elle honnêtement.

Fornell lui répondit d'une manière brusque.

« Nous ne vous demandons pas de nous trouver une solution, Dieu merci. Nous vous appelons car nous avons besoin de plus de renseignements sur Scorpia et sur leur passé commun avec votre ex-agent (Tobias dit le mot avec dégoût car lui non plus ne supportait pas que quelqu'un d'aussi jeune ait pu être victime de chantage et utilisé par des services secrets) Alex Rider. Nous avons même entendu dire que Rider les auraient côtoyé professionnellement et nous voulions savoir ce que le directeur du MI6 aurait à en dire. »

Dans la salle du MTAC, tous fixèrent un moment Fornell avant de recentrer leurs regards curieux sur Tulipe Jones. Celle-ci soupira et sembla éteindre un appareil de son côté avant de reprendre la parole, presque à voix basse.

« Ce que je vais vous dire ne doit absolument pas sortir de cette pièce. Il y a un an, lorsque nous employions encore Alex, quelqu'un lui a parlé de son père et de son travail pour Scorpia (que John Rider avait effectué pour le MI6 en tant qu'agent double, mais Alex l'ignorait à ce moment-là.) Alex a alors disparu de notre radar pendant quelques semaines. Puis, un soir, il est arrivé dans mon appartement après avoir réussi à abuser les gardes et a pointé un revolver sur moi. Scorpia l'avait emmené sur l'île de Malogosto pour l'entraîner puis fait croire que j'étais quelque part responsable de la mort de son père. En vérité, ils ont utilisé l'enregistrement de la scène que le MI6 avait mise en place pour faire sortir John Rider du milieu en le faisant passer pour mort. Et où accessoirement, on me voyait donner l'ordre de tirer sur lui. Mais Alex avait beau avoir été berné par Scorpia, cela ne faisait pas de lui un assassin. La balle qu'il a tirée était trop éloignée de son objectif. Et puis il s'est laissé emmener sans résistance, après çà. »

« Vous l'avez emprisonné ? », demanda Gibbs d'une voix consternée. Tout le monde s'était amusé à manipuler Alex Rider. Pas étonnant que l'adolescent soit autant sur ses gardes et habitué à ne compter que sur lui-même. Il fallait absolument qu'il sorte de cette spirale infernale et vite, pour avoir une chance de retrouver une certaine stabilité.

« Pas vraiment. Nous voulions savoir comment Scorpia l'avait manipulé et gommer ses idées fausses. Car ce qu'Alex ignorait, c'est que l'opération menée alors par Scorpia consistait à tuer tous les enfants anglais grâce à un poison dormant dans des vaccins déjà injectés. Alex l'ignorait, et sans même savoir la vérité au sujet de son père, il s'est porté volontaire pour retourner auprès de Scorpia et pouvoir arrêter leur plan. »

Cette fois, ce fut de la colère qui fut distinctement audible dans la voix de Gibbs.

« Et vous ne l'avez pas empêché ? Alors que vous aviez conscience qu'il signait son arrêt de mort si ces gens le démasquaient ? », cracha-t-il, ses sourcils gris froncés.

Tulipe Jones eut une légère hésitation avant de continuer sur un signe de Vance.

« Il ne faut pas croire que nous ayons utilisé Alex de gaîté de cœur. Car il faut que le danger soit immense pour faire résoudre la situation par un adolescent. Et puis, Alex ne me l'a jamais dit mais je soupçonne que Scorpia lui avait également injecté le vaccin mortel et il avait donc un compte à régler avec eux. Une fois encore, la mission a été un succès et des milliers de personnes sauvées. Grâce à Alex. Puis une semaine plus tard, nous lui avons demandé de venir au QG pour lui expliquer que son père avait été en réalité un agent du MI6 que Scorpia avait tué avec sa femme par une bombe dans l'avion qui les emmenait en France, quand Alex n'était encore qu'un bébé. C'est à la sortie de nos bureaux, qu'il s'est fait tiré au niveau du cœur par un sniper commandé par Scorpia. »

« Et c'est pour çà que Scorpia cherche encore à se venger de Rider ? Parce que le sniper l'a finalement raté ? », demanda Fornell, un peu sceptique.

« Pas exactement. Deux autres missions l'ont confronté à Scorpia et il a déjoué leurs plans meurtriers à chaque fois. »

« Mais ça n'a pas vraiment été sans dommages pour Alex. », intervint Ziva. « Il nous a dit que Scorpia a tué Jack Starbright lors de sa dernière mission. Et les Pleasure, à présent.

Le directeur du MI6 acquiesça gravement.

« Ses parents, son oncle, sa meilleure amie adulte et la personne qui s'occcupait de lui et même sa famille adoptive aujourd'hui. Alex Rider a payé un lourd tribut pour toutes les vies qu'il a sauvé. Après sa mission au Caire, justement, il avait eu à tirer sur un personne de sang-froid pour la première fois et pendant des jours, il ne mangeait ni ne parlait plus. C'est alors que j'ai compris qu'il fallait plus jamais avoir recours à lui et que j'ai proposer aux Pleasure, qu'il connaissait très bien depuis sa troisième mission de l'adopter. Ce qu'ils ont fait sans rechigner. »

« Mais le mal était déjà fait, Directeur Jones, et il a fallu qu'Alex revienne brisé d'une mission pour que vous le compreniez enfin. »

La voix de Gibbs était remplie d'un immense dégoût. Il ne faisait qu'exprimer tout haut ce qu'ils pensaient tous tout bas. Jamais le NCIS n'aurait fait une chose pareille. Tout ce que les dirigeants du MI6 méritaient, c'était une traduction en court martiale. Mais le gouvernement s'était contenté de mettre le directeur de l'époque, Alan Blunt, à la retraite et de promouvoir son adjointe à son poste. Quel gâchis.

Et au milieu de tout cela, Alex était encore obligé de lutter contre ses anciens ennemis de Scorpia et Abby et Elisa étaient elles aussi victimes de l'organisation criminelle. Mais Gibbs se jurait de tout faire pour les sauver. Tous les trois.

AR/NCIS

La matinée avait été plutôt longue pour lesdites prisonnières de Scorpia qui tournaient en rond dans leur cellule. Du moins Abby. La jeune femme avait conseillé à Elisa de se rendormir, afin que la petite stresse le moins possible. Elle-même attendait avec impatience le retour d'Alex que les deux employés de Scorpia étaient venus chercher il ya plusieurs heures en lui promettant des souffrances innommables.

La porte du bout du couloir grinça enfin et Abby tendit le cou pour voir les nouveaux arrivants. Les deux hommes traînaient entre eux un Alex inconscient et ensanglanté. En les regardant le balancer dans sa cellule sans aucune pitié, une rare bouffée de colère envahit la jeune femme et elle ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche.

« Qu'est-ce que vous lui avez fait ? »

Dès qu'ils eurent refermé la cellule de l'adolescent, le dénommé Assan se tourna vers elle avec un petit sourire mauvais.

« Pas des choses que tu aimerais subir, ma jolie. »

Cette fois, néanmoins, l'homme ne s'attarda pas, courant presque pour rattraper son collègue 'Cal', indiffférent.

Et l'attente recommença. Cette fois-ci, Abby attendait, espérait le réveil d'Alex. Le jeune homme, torse nu, avait été déposé sur le sol glacé de la cellule, ses vêtements manquants roulés en boule dans un coin. De loin, Abby essayait de faire un premier et rapide inventaire de son état. Les cicatrices ouvertes qu'elle apercevait sembleaient avoir été faîtes par un instrument fin et tranchant, comme un rasoir. Le temps seul dirait comment elles guériraient. En attendant, Abby voulait juste que le garçon se réveille et lui montre que ces monstres de Scorpia n'avaient pas encore gagné.

Elle ne sut pas combien de temps elle attendit, assise en tailleur là, face au corps du garçon, lorsque la porte métallique grinça une nouvelle fois. Alex, lui, était encore inconscient. Elle attendit des rires moqueurs qui ne vinrent jamais.

En effet, l'homme qui poussait le chariot des maigres plateaux repas n'était ni 'Cal' ni 'Assan', mais le blond aux yeux de glace et au corps de danseur qu'elle avait vu à son arrivée. L'homme affichait toujours son air impassible et s'arrêta pourtant tout d'un coup devant la porte d'Alex, comme s'il ne s'y attendait pas. A ce moment-là, il était dos à Abby et cette dernière ne pouvait voir l'expression de son visage, mais elle vit nettement tout son corps se contracter.

Lorsqu'il se tourna vers elle et entreprit d'ouvrir sa cellule pour y déposer la nourriture, Abby, en bonne scientifique, remarqua alors un détail qui pourrait lui servir pour plus tard. Une cicatrice bizarre, comme tracée à la règle, dans le cou. Continuant de fixer l'homme qui, lui, évitait le regard de la jeune gothique tout en refermant la grille, celle-ci ne put s'empêcher de remarquer un léger changement dans l'attitude de l'homme.

Celui-ci n'avait pas prononcé un mot, cependant il connaissait Alex Rider. Abby en aurait mis sa main au feu.