Chapitre 20 : Explications
Note : Vos commentaires m'encouragent toujours autant, merci beaucoup !
En espèrant que ce nouveau chapitre vous plaise,
Bonne Lecture,
Guepard54
AR/NCIS
A peine ces mots furent-ils prononcés que Ziva se tendit immédiatement, à présent pleinement réveillée. Lorsqu'elle avait pénétré dans son propre salon, la jeune femme n'avait pas pris la peine d'allumer la lumière, se contentant de celle de la cuisine.
Mais la pénombre ne l'empêchait nullement à présent de discerner la forme d'un être humain en face d'elle. L'homme n'avait rien fait pour se cacher et ce d'autant plus qu'il avait parlé le premier. Il se pouvait donc qu'il ne s'agisse pas d'une menace mais d'une simple visite de courtoisie. Mais de toute façon, mieux valait être prudent. C'est pourquoi Ziva sortit son Desert Eagle, lentement mais sûrement et le garda bien en main.
En face d'elle, l'intrus était toujours aussi calme, bien qu'il ait sorti son propre revolver, pour le moment posé bien gentiment sur ses genoux.
Finalement, agacée de cette attente interminable, la jeune femme glissa lentement sa main vers l'interrupteur de la lampe de chevet à côté d'elle. L'homme ne bougea ni ne parla toujours pas, mais au moins, elle put mieux distinguer son apparence.
Grand, mince, les cheveux blonds et des yeux bleus d'une couleur étrange. Sur le moment, elle fouilla sans succès dans sa mémoire. Puis elle aperçut furtivement la cicatrice en forme de règle horizontale au niveau de la gorge. Et elle se souvint.
Yassen Gregorovitch était l'un de ces tueurs à gages indépendants qu'elle avait rencontré durant son service au Mossad. Froid, toujours impassible, ce n'était pas un homme cruel dans le sens où l'on ne pouvait jamais dire qu'il prenait 'plaisir' à exécuter ses contrats. La seule chose qui l'intéressait était la somme d'argent que ses employeurs pouvaient payer, c'est tout. C'était aussi la raison pour laquelle Gregorovitch était très efficace et ne commettait jamais d'erreurs. Et, il fallait le préciser, un des free-lances les mieux payés.
Néanmoins, Ziva se rappelait un détail bizarre et tout récent : l'homme avait disparu pendant plusieurs mois. A un moment donné, même, beaucoup l'avaient cru mort. Mais ce n'était apparemment pas le cas.
De son côté, Yassen scrutait également son hôte involontaire de ses yeux d'aigle. Après avoir fait ses recherches sur les prisonnières du sous-sol de Philadelphie, il avait élaboré un plan où il devrait entrer en contact avec le NCIS, et peut-être même s'il le fallait le FBI, afin que les fédéraux l'aident à sauver Alex et que lui-même puisse négocier une retraite en Russie, tout en douceur, négociation dans laquelle les autorités américaines accepteraient de l'oublier, lui et surtout ses méfaits.
L'agent Ziva David était sans conteste la personne la plus dangereuse de l'équipe de Leroy Jethro Gibbs (si l'on occultait le fait que le chef de cet équipe avait été un sniper dans l'armée américaine), mais Yassen l'avait choisi parce que, du fait de son entraînements et de ses agissements en tant qu'assassin du Mossad, sa personnalité se rapprochait beaucoup de celle du Russe et il y avait peu de chances qu'elle se contente de l'arrêter sans poser de questions, contrairement à ses collègues qui avaient plus une attitude de policiers sans cervelle dans ce domaine.
Preuve en était qu'elle avait simplement sorti son arme et restait calme, semblant attendre de savoir ce qu'il voulait. Elle lui faisait un peu penser à Alex, avec son entraînement et son utilisation par les services de renseignements de son pays, le chantage en moins. Même si le Russe savait qu'Elie David, comme tous les directeurs d'agences gouvernementales, était bien loin d'être un tendre. Mais Israël avait sûrement bien plus besoin d'hommes et de femmes entraînés au combat que la vieille Angleterre dans sa tranquille Europe occidentale.
Yassen arrêta net ses pensées lorsqu'il vit la jeune femme commencer à s'impatienter sérieusement. D'ailleurs, ce fut elle qui reprit la parole.
« Si je ne me trompe pas, vous êtes Yassen Gregorovitch ? »
Pas besoin d'évoquer son métier, entre assassins, ils se reconnaissaient. Toujours assis en face de Ziva, l'homme acquiesça simplement. Alors l'Israélienne continua son interrogatoire.
« Que faîtes-vous ici ? »
Le Russe avait toujours une expression impassible et lui répondit d'un ton correspondant.
« Vous êtes l'agent Ziva David. Anciennement employée par le Mossad et à présent agent du NCIS. Si je vous disais que je sais où Scorpia cache l'une de vos collègue, Mlle Scuito ainsi que la fille de l'agent du FBI Tobias Fornell. »
Ziva se tendit en entendant le nom d'Abby mais s'obligea à conserver son calme.
« Je vous répondrais que je vous crois volontiers puisqu'il me semble que vous travaillez vous-même de temps à autre pour Scorpia, mais je vous demanderais pour quelle raison vous chercher à trahir vos employeurs en prenant contact avec le NCIS ? »
L'assassin blond eut un semblant de sourire avant de lui répondre.
« Disons que je cherche à rentrer dans mon pays natal avec le moins de charges retenues à mon actif. »
« Et c'est la seule raison ? Etant donné votre palmarès antérieur, j'ai un peu de mal à vous croire. »
Un moment, Ziva eut l'impression que l'homme la fusillait du regard. Mais cette impression disparue aussitôt la seconde suivante, face au visage de marbre.
« Disons pour faire court que Scorpia détient au même endroit un certain Alex Rider, qui ferait bien d'être délivré rapidement si vous ne voulez pas ramasser ses restes à la petite cuillère. Bien, il est temps que je vous quitte. »
Yassen n'avait nullement l'intention de s'étendre sur le sujet d'Alex Rider. De toute façon, dans un combat, il fallait toujours éviter de montrer ses faiblesses à l'adversaire, au risque de perdre. Et le tueur-à-gages était largement conscient du fait que le fils de John était la sienne.
En outre, il se doutait que les fédéraux ne résisteraient pas à chercher des informations sur lui et trouveraient ses liens avec la famille Rider.
Il se leva tranquillement et la jeune femme fit de même, afin de rester sur un pied d'égalité. Dans des situations comme celle-là, votre survie en dépend
« Quelles garanties avons-nous que vous n'essayez pas d'attirer le NCIS dans un piège ? »
« Aucune, je n'en donne jamais. Mais dès que le NCIS m'aura transmis les termes d'une négociation valable, nous pourrons en reparler. »
Et le Russe se dirigea tout naturellement vers la sortie, sans même un regard en arrière. La jeune femme le laissa faire. Ce nouveau dénouement pourrait peut-être les aider à trouver plus vite où étaient Abby, Elisa et Alex.
Puis Ziva eut un idée et saisit son téléphone et composa rapidement le numéro du téléphone fixe de McGee.
« Allo, McGee ? C'est Ziva. J'aurai besoin que tu fouilles tout de suite les archives électroniques du MI6 pour voir tous leurs renseignements sur un certain Yassen Gregorovitch. Je vous expliquerai tout çà dès demain matin, alors si tu voulais bien t'y atteler cette nuit… Cela concerne Abby, Elisa et Alex et c'est urgent ! »
D'ailleurs, cela devait s'entendre distinctement dans sa voix car son jeune collègue répondit aussitôt.
« Pas de problème, Ziva, juste le temps de me préparer une grosse thermos de café et je m'y plonge. »
« Merci, McGee. A demain. »
Ziva raccrocha en se demandant comment elle allait exposer tout cela à Gibbs et Fornell, le lendemain matin.
AR/NCIS
Le soir était sans doute tombé depuis un moment lorsqu'Alex, toujours recroquevillé, sortit de sa léthargie. Au début, il avait essayé d'imaginer les différents scénarios possibles dans lesquels Yassen Gregorovitch ait pu survivre à Air Force One, puis ces pensées s'étaient emmêlées dans un mélange de paroles affectueuses, de coups de feu et de souvenirs d'une corrida.
A présent bien réveillé, il ne savait que penser. Et lorsqu'il commença à parler, ce fut plus pour lui-même que pour l'analyste scientifique, qui allongée sur son propre lit de camp, l'écouta les yeux et les oreilles grands ouverts.
« Tu sais, Abby, si j'ai été un peu choqué en entendant ta description, c'est en effet parce que je connais cet homme. Yassen Gregorovitch. Il a assassiné mon oncle Ian Rider et commencé toute cette folle histoire. Mais il m'a également sauvé la vie à plusieurs reprises. Et c'est également lui qui m'a conseillé d'aller trouver Scorpia dans ce que je croyais être ses dernières paroles. Car c'est principalement cela qui m'a surpris. J'ai vu Yassen Gregorovitch mourir il y a un an et demie, de mes propres yeux. »
En entendant la dernière phrase, Abby Scuito eut la preuve que rien n'était jamais simple dans la vie d'Alex Rider.
AR/NCIS
Zeljan Kurst ruminait du noir, assis dans son bureau en attendant la visite de l'agent Cal Anderson, qu'il avait convoqué une heure plus tôt.
Ses sources lui avaient révélé que l'agent avait délibérément désobéi à ses indications et laissé, sans doute par fainéantise, Gregorovitch s'occuper des prisonniers ce midi-là. Nul doute que le Russe savait à présent qu'Alex Rider était parmi eux.
Et comme Gregorovitch était un agent de terrain de très grande valeur, contrairement à Anderson, c'était ce dernier qui subirait toutes les conséquences de sa faute.
Quelqu'un toqua à la porte.
« Entrez. », cracha Kurst, sans même se préoccuper de faux-semblants.
Le Norvégien pénétra dans la pièce, le visage impassible. Excédé intérieurement, le directeur de Scorpia ne s'embarrassa pas non plus de formules de politesse.
« Anderson, avez-vous oui ou non et contrairement aux ordres que j'avais personnellement et explicitement donné, chargé l'agent Gregorovitch de s'occuper des prisonniers ce midi ? »
Tout en hochant lentement la tête, l'agent blond déglutit. Preuve qu'il avait raison de craindre les foudres de Kurst, il se reçut une balle dans la tête la seconde suivante, sans même avoir eu le temps de prononcer un mot.
Le Yougoslave rangea son Smith et Wesson tout en appelant l'équipe de nettoyage. Cinq minutes plus tard, tandis que les employés enlevaient le corps, il était déjà en train de réfléchir à comment garder Gregorovitch en ligne et ce malgré la présence de Rider.
AR/NCIS
Le lendemain matin, Ziva fut la première à arriver à l'agence, un peu avant six heures du matin. Exceptionnellement, elle prit son premier café du matin seulement une fois sur place. Dès son réveil, elle s'était précipité au NCIS espérant pouvoir parler à McGee avant l'arrivée du reste de l'équipe. Mais le jeune homme châtain n'était pas encore là.
Ziva n'eut cependant pas longtemps à attendre puisque le génie en informatique arriva à peine un quart d'heure plus tard, suivi de Tony.
« J'ai trouvé ce que tu m'avais demandé. J'espère que tu trouveras ton bonheur. »
« Tu n'as pas lu ces informations, McGee ? », demanda Ziva.
« Je t'avoue qu'à deux heures du matin, aussi intéressant ce dossier soit-il, je n'avais plus qu'une envie, Ziva : me plonger dans un profond sommeil. »
Cette fois, ce fut Tony qui le questionna, surpris :
« Pourquoi seulement à deux heures du matin, McBelle-au-bois-dormant ? Et qu'est ce que tu trafiques, David ? », fit le cinéphile en se rapprochant d'une manière qui se voulait séductrice
Le châtain n'eut pas le temps de répondre avant que l'Israélienne, pourtant déjà plongée dans sa lecture, ne le fasse.
« J'ai demandé à McGee de rechercher quelques informations concernant notre enquête, Tony. J'attends simplement que Gibbs et l'agent Fornell nous rejoignent pour en faire part à tout le monde. »
Comme par magie, le bip de l'ascenseur retentit à ce moment-là, laissant la place à Gibbs et Fornell. Malheureusement pour Ziva, Tony lui coupa la parole dès que Gibbs pénétra dans l'espace de travail.
« Patron, je crois que Ziva et McGee ont trouvé des informations importantes. »
« Alors dans ce cas laisse-les parler, Dinozzo. », en coulant un regard approbateur vers l'ex-Mossad.
Cette dernière lui sourit pour le remercier puis frappa gentiment Tony sur le crâne à l'aide du dossier qu'elle lisait quelques minutes auparavant. Celui-ci lança un bref 'ouch' en voyant les regards mortellement sérieux que Gibbs et Fornell portaient sur eux.
« Nous vous écoutons, agent David. », intervint l'agent du FBI d'un ton pressant.
Cette dernière ouvrit alors le dossier et en sortit une photo grand format, avant de commencer son explication. Gibbs et Fornell y jetèrent un même coup d'œil intéressé. McGee et Tony s'étaient eux aussi rapprochés afin de mieux entendre l'exposé. L'homme représenté avait des cheveux blonds coupés courts et des yeux bleus pâles. Sans doute européen de l'Est ou même Russe.
« J'ai découvert cet homme qui m'attendait dans mon salon hier soir en rentrant chez moi. Il s'appelle Yassen Gregorovitch et c'est un tueur à gages indépendant, à qui il arrive d'exécuter des contrats pour Scorpia. Il est très doué et sans doute l'un des professionnels les mieux payés du milieu. »
« Pourquoi était-il chez toi, Ziii-vah ? Un ancien petit ami à toi ? », blagua Tony, faisant référence au passé d'assassin de l'Israélienne.
Celle-ci ne prit même pas la peine de lui répondre, se contentant d'un petit sourire moqueur lorsque leur patron le fit taire en lui assénant un coup sur la tête à son tour.
« Yassen était là afin de nous proposer des informations importantes concernant l'endroit où Abby, Elisa et Alex sont retenus par Scorpia. »
« En échange de quoi ? », demanda Gibbs avec méfiance, en échangeant un bref regard avec Tobias Fornell.
Tout comme le FBI, le NCIS préférait éviter le plus possible de négocier avec des criminels. Cependant, les vies de gens à qui ils tenaient étaient en jeu et il serait peut-être malvenu de cracher sur des informations capitales données volontairement.
« Il a tout d'abord parlé de l'absolution de ses crimes, tout du moins ici aux Etats-Unis. Il aimerait pouvoir se retirer paisiblement en Russie. »
Cette fois, ce fut McGee qui commenta :
« Il aurait du y penser avant de devenir un criminel. »
La remarque ne manquait certes pas de jugeote. Mais l'ex-Marine pressentait que ce n'était pas seulement cela qui avait conduit Ziva à faire ces recherches complémentaires. Néanmoins, Tobias lui coupa l'herbe sous le pied.
« Que vous a-t-il dit d'autre ? Je me souviens vaguement avoir eu une ou deux fois affaire à Gregorovitch, ce n'est pas le genre d'homme à trahir ses employeurs sans véritable nécessité. »
Ziva baissa une dernière fois les yeux sur les notes que contenait le dossier avant de répondre d'une voix posée.
« Il n'a pas seulement parlé d'Abby et d'Elisa, il a aussi évoqué Alex. Et la manière dont il l'a fait m'a porté à croire qu'il n'avait pas connu Alex Rider que par l'intermédiaire de Scorpia. »
« Peut-être l'a-t-il rencontré lorsqu'il était en mission ? », intervint une nouvelle fois McGee, son esprit scientifique se révélant toujours très perspicace.
Mais Ziva secoua brutalement la tête .
« Non, ce n'était pas seulement çà. On aurait presque dit qu'il s'inquiétait pour lui. Je sais, », dit la jeune femme en regardant droit dans les yeux Gibbs et Fornell qui ne paraissaient pas convaincus pour deux sous, « vous allez dire que tous ces professionnels sont de très bons acteurs et vous avez raison. Mais regardez. », elle tendit le dossier à son supérieur. « John Rider a été le mentor de Yassen Gregorovitch pendant son entraînement par Scorpia sur l'île de Malagosto. Il lui a même sauvé la vie pendant un contrat effectué en Amazonie, lorsque Gregorovitch n'avait que dix-neuf ans. Et le MI6 a même précisé que lors des quelques contacts que Gregorovitch a eu avec Alex, il n'a jamais cherché à lui faire du mal, il a même pris une balle pour lui ! »
« Je m'en voudrais de réduire à néant ta théorie, ma chère Ziva, mais c'est également écrit qu'il a tué son oncle, Ian Rider, et kidnappé la petite amie d'Alex de l'époque… qui était Sabina Pleasure ! », lut Tony par-dessus l'épaule de l'ex-Marine. « Ca doit être sacrement cool d'être adopté par les parents de sa petite amie. », conclut le cinéphile d'un air rêveur.
« Tu oublies la belle-mère, Dinozzo ! », lui rétorqua Gibbs avant de se tourner à nouveau vers l'Israélienne d'un air tout à fait sérieux. « Votre théorie tient la route. S'il essaie de vous recontacter, dites-lui que le NCIS, », il échangea un regard avec Fornell qui acquiesça imperceptiblement « et le FBI sont éventuellement prêt à négocier s'il peut nous donner de solides informations pour récupérer Alex, Elisa et Abby. « Tobias, vous et moi devons aller immédiatement rendre une petite visite au directeur Vance. »
Gibbs se dirigeait déjà vers l'escalier, suivi par son vieil ami, lorsque retentit tout à coup un :
« Très bon travail, Agent David ! »
Ziva sourit ironiquement à Tony et McGee qui la fixaient d'un air ébahi. Il est vrai que l'ex-Marine était le plus souvent avare de compliments. Sauf envers Abby. Il fallait donc savoir les savourer. Ce que Ziva David faisait avec délectation en cet instant, sous les yeux de ses collègues légèrement jaloux.
AR/NCIS
Yassen venait tout juste de sortir de la douche lorsque la sonnerie de son portable résonna tout d'un coup dans la pièce autrement silencieuse.
« Gregorovitch. J'écoute. »
« Agent Gregorovitch, Monsieur Kurst vous attends dans son bureau dans trente minutes. »
Et la secrétaire personnelle du Yougoslave raccrocha avant même d'écouter une éventuelle réponse. Elle savait que de toute façon, cela était inutile. C'était un ordre et non pas une demande. De ceux auxquels on ne désobéit pas, à moins de vouloir finir six pieds sous terre.
Yassen n'avait de toute manière aucune intention d'y déroger. Si son plan devait réussir, il avait tout intérêt à rester insoupçonnable jusqu'à la fin.
C'est pourquoi vingt-cinq minutes plus tard, il sortit de ses quartiers en se demandant ce que pouvait bien lui vouloir Zeljan Kurst. Nul doute à présent que l'homme était au courant que le Russe avait vu Alex Rider dans les cellules du sous-sol. Mais Scorpia avait trop investit sur le retour de Yassen dans leurs rangs pour l'éliminer maintenant. Alors peut-être s'agirait-il de promesses, ou de menaces, s'il consentait à garder le silence à propos du jeune espion, ou plutôt à ne pas agir. Le Conseil Exécutif n'ignorait pas l'admiration que l'assassin russe avait vouée à John Rider, ni qu'il avait reporté cette affection sur son fils Alex, au point de prendre une balle pour lui. Ce qui pourrait avoir été vu comme un manquement professionnel. Quelle sorte de tueur à gages prend une balle à la place du fils de son défunt mentor ?
C'est pourquoi Yassen devait faire très attention à ne pas laisser voir à Kurst que, même en connaissant la vérité sur John Rider, ses sentiments envers son unique fils n'avaient jamais changé. Que Yassen Gregorovitch ferait toujours son possible pour protéger Alex Rider.
Arrivé devant la porte du bureau, Yassen tranquillise les battements de son cœur avant de toquer puis d'entrer d'un air serein.
« Monsieur Gregorovitch. », commence sans préambule le Yougoslave. « Je crois que Scorpia vous a bien aidé, ces derniers mois. J'ai décidé qu'il était temps que vous montriez votre reconnaissance envers cette organisation. Je veux que vous participiez à la prochaine séance de torture d'Alex Rider, ce matin. »
A ce moment précis, tandis que son cœur tombe lourdement dans sa poitrine, Yassen sut qu'il devrait faire preuve de ses meilleurs talents de comédien s'il veut qu'Alex et lui-même aient une chance de s'en sortir vivants.
