Chapitre 21 : Sauvés ?
Note : Enfin un nouveau chapitre pour cette histoire ! Je vous avais dit que je ne l'abandonnais pas. Surtout que le plan détaillé des chapitres suivants est fini. Mais le nombre de chapitres restants est une surprise.
Bonne Lecture,
Guepard54
AR/NCIS
Alex Rider avait eu une nuit on ne peut plus agitée. Il faut dire que dans sa situation, il y avait peu de chance que cela se passe autrement.
Tout son corps continuait de le brûler et cela risquait de ne pas aller en s'améliorant. Il savait que de nouvelles tortures étaient prévues ce matin-là. Ses geôliers le lui avaient expressément dit.
Il attendait donc, immobile sur son lit de fortune, que l'on vienne le chercher pour la séance matinale. Dans la cellule voisine, Abby et Elisa étaient encore endormies et l'adolescent pensa que c'était tant mieux.
Ses pensées furent interrompues par un grincement qu'il connaissait bien à présent, celui de la lourde porte en métal, au bout du couloir sombre.
Ce à quoi il ne s'attendait pas cependant, c'était à la présence du Russe impassible avec ses deux autres gardiens.
Lorsque le regard du jeune homme croisa celui du tueur à gages, Alex sentit bel et bien la connexion. Cependant, il ne s'attendait à aucun véritable contact. Scorpia avait sans doute intégré des caméras et des micros aussi ici et mieux valait ne pas paraître suspect.
C'est pourquoi son visage était un masque, même lorsque les hommes eurent ouvert sa cellule et que plus aucune barrière ne le sépara de l'homme qui avait connu son père. De toute manière, avec tout ce qu'avait vécu Alex ces derniers jours ou même mois, il ne lui était pas très difficile de conserver le masque froid qu'il s'était peu à peu construit, au fur et à mesure des épreuves que le destin avait mises sur son chemin. Il devait lui-même l'avouer, il n'était plus que l'ombre de ce qu'il avait un jour été. L'ombre du garçon insouciant et chaleureux qu'il était avant que le MI6 ne s'immisce dans sa vie.
Les employés de Scorpia n'avaient de toute manière rien vu de cet échange furtif. Furtif mais néanmoins très significatif pour les deux protagonistes.
Yassen ne fit rien pour croiser son regard à nouveau. Sans doute avait-il lui-même ses propres problèmes avec Scorpia, après avoir échoué sur Air Force One. L'organisation ne pardonnait jamais. Cependant, Yassen Gregorovitch était sans conteste l'un des meilleurs éléments de son milieu. Peut-être que Scorpia avait compris qu'il y avait plus à perdre qu'à gagner en l'éliminant. D'où le fait que l'assassin russe soit ici, sous leur surveillance mais en vie néanmoins.
De son côté, Yassen était sûr de ce qu'il devait faire à présent. Et il allait le faire. Ce n'était pas tant qu'il ait toute confiance dans les agents du NCIS, après tout, il avait appris à se méfier de tout et de tout le monde, déformation professionnelle.
Mais cela ne l'empêchait pas de réfléchir, de peser le pour et le contre et en l'occurrence, il devait aussi prendre en compte la situation plus que délicate d'Alex, qu'il comptait bien sortir de cet enfer.
Et sans doute la jeune scientifique et la fillette blonde aussi, même si pas du tout pour des raisons philanthropiques. Leur sauvetage inciterait sûrement le NCIS et le FBI à collaborer avec lui, aussi réfractaires à cette idée soient-ils.
« Où l'emmenez-vous ? Il n'est certainement pas en état de- »
La voix douce le sortit de ses pensées. Le Russe se retourna pour faire face à ladite analyste du NCIS, qui les observait avec angoisse.
Il détourna le regard la seconde suivante, sans mot dire, mais l'un des deux hommes qui traînaient Alex éclata de rire.
« Crois-moi, tu préfères ne pas le savoir. »
L'instant d'après, la lourde porte métallique se refermait sur le jeune espion et les trois assassins.
AR/NCIS
Au NCIS cet après-midi-là, l'ambiance était aussi calme que cela fut possible au vu des derniers ennuis apportés par leur enquête en cours.
Gibbs était actuellement en plein entretien avec Fornell et le directeur Vance, dans le bureau de ce dernier. Livrés à eux-mêmes et quelque peu abattus depuis l'enlèvement d'Abby et Elisa, Tony, Ziva et McGee fouillaient des dossiers déjà relus cent fois, dans l'espoir de trouver une information vitale qui leur eut échappé auparavant.
Soudain, une exclamation retentit.
« Qu'est ce que… Je croyais qu'il s'agissait d'une énième publicité pour un jeu vidéo. »
« Un problème, McGeek ? »
Anthony Dinozzo se rapprocha de son collègue en fronçant les sourcils.
« Je ne sais pas vraiment. J'ai ouvert un mail en apparence inoffensif et l'affichage est bizarre. On dirait que quelque chose se charge tout seul sur mon ordinateur. »
Sa curiosité attisée, Ziva David s'approcha à son tour.
« Euh, McGee, c'est vrai que je ne m'y connais pas beaucoup en informatique, mais çà ressemble à une sorte de pièce jointe. »
« C'est exact, Ziva. Mais c'est surtout un document qui s'ouvre tout seul. »
Celui-ci finit en effet par s'afficher bien que le génie en informatique ait tout fait pour reprendre en mains son ordinateur.
« On dirait…. », commença Tony, les yeux rivés sur l'écran.
Ziva l'interrompit, concentrée elle aussi.
« J'ai une petite idée. McGee, peux-tu essayer de remonter jusqu'à l'expéditeur ? »
« Je peux toujours essayer. » lui répondit son collègue, usant déjà des différentes manipulations techniques qu'il connaissait. Avant de leur avouer, quelques instants plus tard : « Impossible. L'envoyeur a utilisé un logiciel prohibé et intraçable. » le plus jeune agent passa une main exaspérée dans ses cheveux châtains. « Qui… ? »
« Regardez. » L'Israélienne leur désigna une nouvelle fois les documents. « On dirait des plans. Et les informations cryptées, tu serais capable de les traduire ? »
« Oui. », fit McGee, content de pouvoir enfin répondre par l'affirmative. « Ca peut prendre une petite heure, mais je devrais y arriver sans trop de problèmes. »
« Alors, attèles-t'y dès à présent. Tony et moi allons prévenir Gibbs. »
Et la jeune femme s'éloigna en direction du bureau de Vance avant même que le cinéphile ne se soit levé.
« Quelle mouche l'a piqué, tu penses, le Bleu ? »
McGee haussa les épaules.
« Je n'en sais pas plus que toi, Tony. Mais tu ferais sans doute mieux de… »
Il ne put jamais finir sa phrase.
« Tony ! », tonna Ziva depuis le bas des marches.
Moins de deux secondes plus tard, le brun avait rejoint sa collègue.
« Pas besoin de monter sur tes grands chevaux, Zi-vah ! »
Mais elle s'éloignait déjà en direction du bureau du directeur du NCIS et fit mine de ne pas l'avoir entendu.
Elle s'apprêtait à toquer lorsqu'elle perçut différents éclats de voix : Fornell, Gibbs et Vance. Il était vraiment très rare que leur directeur se laisse aller à des accès de colère. A tel point que c'est ce qui stoppa la jeune femme.
« Sage décision, la Bleu. », confirma Tony derrière elle.
Elle lui répondit par un geste silencieux et assez grossier. Puis les deux agents se résignèrent à attendre que la tempête se calme.
Moins d'une demi-heure plus tard, la porte s'ouvrit enfin sur un Gibbs et un Fornell à la mine renfrognée.
« Dinozzo, David, que faîtes-vous là ? », demanda l'ex-Marine, faisant preuve d'une combinaison carabinée de colère et d'impatience.
« Euh… », fit Tony d'un air hésitant.
Ziva, plus courageuse, se jeta à l'eau.
« Nous venions vous annoncer du nouveau concernant notre enquête. »
D'un geste impatient, Gibbs signala à l'ex-Mossad de poursuivre. Mais elle n'en eut pas le temps.
« Patron ! »
Timothy McGee venait de les rejoindre au pas de course, essoufflé.
« Après identification des pièces jointes reçues, je peux certifier qu'il s'agit des plans d'une base servant à une organisation criminelle à Philadelphie. Et devinez qui est notre informateur ? Eh bien, les données cryptées font référence à d'anciens codes utilisés par l'armée russe pendant la guerre froide. Gregorovitch nous livre ainsi toutes les données nécessaires à une offensive fédérale à l'intérieur même de la base de Scorpia. »
Tobias Fornell releva aussitôt la tête, attentif.
« Vous voulez dire, comme une intervention en bonne et due forme par le NCIS et le FBI, agent McGee ? »
McGee jeta un coup d'œil rapide à l'ex-Marine mais ce dernier était plongé dans une communication visuelle avec son vieil ami.
« Oui, c'est bien cela, agent Fornell. »
Une nouvelle fois, Ziva était l'auteur de l'initiative. Aucun reproche ne fusa. Tout comme l'agent du FBI, Gibbs semblait adhérer à l'intervention musclée qui leur permettrait sans doute de récupérer Abby, Elisa et Alex. Le commandement suivant était d'ailleurs très explicite.
« Tobias, amenez trois de vos hommes. Tony, Ziva, avec moi. McGee, vous restez ici pour coordonner notre approche à distance. »
AR/NCIS
Cela faisait à présent plusieurs heures que les hommes de Scorpia avaient, une fois encore, emmener Alex afin de lui faire subir mille tortures.
Abby avait pu voir très vite que l'adolescent était très endurant mais cela ne l'empêchait nullement de se ronger les sangs. Car qui est assez résistant pour survivre à des souffrances procurées par des experts en la matière et ce indéfiniment ?
La jeune analyste avait vu nombre d'hommes adultes s'effondrer pour moins que cela. Et songer qu'Alex n'avait que quinze ans…
Abby frémit fortement et les tremblements d'Elisa, assise sur ses genoux, s'accentuèrent. La jeune femme passa alors une main qui se voulait apaisante dans la chevelure blonde, elle-même angoissée.
« Quand est-ce que Papa va venir nous chercher ? » demanda la fillette, clairement terrorisée.
Depuis le début de leur enlèvement, Elisa parlait peu, extrêmement timidement et uniquement lorsqu'aucun de leurs geôliers n'était à proximité. Cette question était l'une des rares qu'elle avait osé répéter depuis qu'elles se trouvaient dans cette cellule. Chaque fois, Abby tentait de la réconforter, malgré la peur qui la tiraillait elle aussi.
« Je ne sais pas, ma chérie. Mais je suis sûre que ton papa et Gibbs vont trouver le moyen de nous sortir d'ici. »
A peine achevait-elle ses mots que le claquement sourd et glaçant de la lourde porte métallique retentit, les figeant sur place. Alex n'était pas de retour, l'Oriental était descendu seul. Il s'approcha de leur cellule avec un sourire mauvais, le même que le jour de leur arrivée ici, lors de sa tentative d'agression sur Abby.
« Repose la gamine sur sa propre couchette. », lui-intima-t-il.
La jeune femme tarda à obéir. Sitôt qu'il fut entré, l'homme se saisit à bout de bras d'Elisa qui poussa un petit gémissement lorsqu'il la jeta sur sa paillasse. Puis s'avança tranquillement vers Abby, un sourire prédateur et malsain aux lèvres. En réponse, Abby recula jusqu'au mur, craintive.
Finalement pressé contre elle, le criminel commença alors à la caresser avec insolence. Jusqu'au moment où, sa main passant près de la mâchoire de sa victime, cette dernière la referma sans hésiter sur les longs doigts fins. Et pendant deux ou trois secondes, serra si fort que l'homme ne put la retirer. Le moment suivant, la jeune gothique vit trente-six chandelles. L'homme lui asséna une claque violente, suffisante pour l'assommer à moitié. Toujours dans le brouillard, Abby ne put résister lorsqu'il la saisit par le poignet et la jeta sur ce qu'il lui servait de couchette. Puis se précipita, debout et menaçant au-dessus d'elle.
D'une main, il l'étranglait petit à petit afin de lui faire perdre conscience tandis que l'autre maintenait ses poignets immobiles, au cas où. Précaution inutile cat l'état comateux dans lequel tombait peu à peu la jeune femme l'empêchait de se défendre.
Bang !
Soudain, la prise sur sa gorge et ses poignets se desserra d'un seul coup, lui rendant toute sa liberté de mouvement. Encore un peu dans les vapes, elle posa une main sur son abdomen pour de la retirer aussitôt en sentant le liquide poisseux sur sa paume.
« Abby ! »
Tournant la tête en provenance du son, elle n'en crut tout d'abord pas ses yeux lorsqu'elle les vit.
« Gibbs ? »
Gibbs, Ziva, Tony, Tobias Fornell et trois autres hommes qui devaient être des agents du FBI se tenaient devant elle. Aucun ne semblait blessé et cela la rassura mais l'étonna également, car les employés de Scorpia semblaient nombreux dans cet entrepôt.
Ce que l'analyste scientifique ignorait, c'était que grâce aux renseignements fournis par Yassen Gregorovitch, les sept agents fédéraux, venus dans une seule voiture qu'ils avaient dissimulée tout près, étaient rentrés par des passages souterrains méconnus de l'Organisation et n'avaient rencontrés aucun adversaire.
Gibbs se précipita sur Abby, l'examinant, avant de la serrer dans ses bras.
« C'est fini, Abs. Toi, Elisa et Alex allez rentrer avec nous. »
De son côté, Elisa était pleinement réveillée et sauta dans les bras de son père qui l'accueillit avec un immense soulagement.
« Papa ! »
Gibbs inspecta la cellule avant de demander à sa protégée :
« Alex n'est pas avec vous ? »
Instinctivement, Abby glissa un regard vers la cellule d'en face. Les hommes n'avaient toujours pas ramené Alex. Elle contempla alors les retrouvailles entre Fornell et sa fille avant de reporter son regard sur l'ex-Marine qui attendait patiemment sa réponse.
« Cela fait plusieurs jours que les hommes de Scorpia viennent le chercher quotidiennement pour des séances d'… interrogatoire. », conclut-elle d'une voix blanche avec un regard furtif vers le père et sa fille. Elle répugnait à employer un mot tel que 'torture' à portée des oreilles d'une enfant de huit ans.
Mais Gibbs avait tout à fait compris ce qu'elle voulait dire. Il n'avait aucune intention d'abandonner Alex Rider à ses bourreaux. Dieu seul savait dans quel état était déjà l'adolescent au bout de ces quelques jours.
Mais le coup de feu avait peu de chances d'être passé inaperçu. Il leur restait peu de temps s'ils désiraient agir avant leurs ennemis. En outre, Gibbs était connu pour savoir garder la tête froide dans les pires circonstances et prendre les décisions au bon moment.
« Ziva, Tobias et l'un de vos hommes avec moi. Nous allons fouiller les étages selon les plans fournis, il y a de fortes chances que nous y trouvions les salles d'interrogatoire. Tony et les deux autres agents de Tobias, vous ramenez Elisa et Abby à la voiture. Si nous ne sommes pas revenus dans une demi-heure, partez sans nous. »
Tony acquiesça gravement sachant que la confiance de Leroy Jethro Gibbs était une chose très précieuse. Fornell lui passa alors la petite Elisa avec le même regard soutenu. La petite fille tendit les bras vers son père dans l'espoir de le retenir mais en vain.
Puis Tobias fit signe à l'agent Lewis Carrol de se joindre à Gibbs, Ziva et lui-même. Cinq minutes plus tard, le couloir des cellules était désert.
Les quatre Américains parcoururent sans trop de difficultés les deux premiers étages, si ce n'est un échange de balles occasionnel, les employés de Scorpia étonnamment peu nombreux à ces niveaux.
Mais les fédéraux ne comprirent pourquoi qu'en arrivant, le plus discrètement possible, au troisième. Ce dernier avait été aménagé en hangar à avion et séparé en trois parties (pour le moment ouvertes et communiquant les unes avec les autres) se fermant à l'aide de portes électroniquement contrôlées.
Gibbs et les autres se trouvaient à ce moment-là dans la première, vide de tout ennemi et apercevait au loin (dans la troisième) un jet privé. Autour de l'appareil, grouillait une bonne partie du personnel de cette base. Quelques gardes armés circulaient paresseusement dans la zone du milieu. Et, presque à la limite entre les deuxième et troisième zones, un Alex Rider en mauvais état attendait son transfert. Personne ne le gardait spécifiquement et les criminels n'avaient même pas pris la peine de le ligoter. A voir le garçon, on comprenait aisément pourquoi. Au regard de sa situation, l'adolescent aurait été bien en peine de s'échapper.
Gibbs sentit une rage brûlante l'envahir. Comme si Scorpia n'avait pas déjà fait assez de mal à Alex Rider. Cela lui rappelait qu'il était prêt à tout pour protéger l'enfant et faire ce que tout le monde avait échoué à faire : lui apporter une vie normale et stable. Mais, pour le moment, l'ex-Marine devait se concentrer sur son objectif.
C'est pourquoi Gibbs fit signe à Ziva, tendue elle aussi, d'user de ce qu'elle connaissait pour attirer en toute discrétion l'attention d'Alex, qui par chance était placé juste en face d'eux. Après deux tentatives ratées, ce fut la bonne. Le regard brun était planté dans celui, concentré de Gibbs. Ce dernier hocha alors doucement la tête en guise de signal.
Alex vérifia de son côté que la voie était libre avant d'avancer prudemment et à pas mesurés vers les Américains.
« Qu'est ce que… », fit soudain une voix rauque dans son dos.
Alex avait presque traversé la moitié de la zone centrale lorsque les assassins se réveillèrent finalement.
« Des intrus ! »
Côté Scorpia, le cri d'alerte était lancé. Le jeune homme de quinze ans ferma brièvement les yeux. Ca allait mal. Ils avaient même repéré les fédéraux.
De nombreux coups de feu furent échangés, au point que le jeune espion lui-même fut momentanément oublié. Puis, le bruit sourd de quelqu'un qui chute.
« Tobias ! »
Le père d'Elisa avait été touché à l'épaule. La blessure était sûrement bénigne mais face à de si nombreux adversaires, les trois autres ne tiendraient indéfiniment. Comme pour prouver cette théorie, l'agent Carrol fut soudain mortellement touché, mort avant de s'écrouler sur le sol en béton.
Observant tout cela avec impuissance et sachant que c'était de toute manière perdu pour lui, Alex fit alors la seule chose qui lui parut sensée. Profitant que personne ne faisait attention à lui, il se glissa jusqu'à un interrupteur renfoncé dans le mur. Il savait parfaitement ce que cela contrôlait, ayant pu observer ses geôliers l'utiliser à plusieurs reprises. La lourde porte métallique séparant les assassins er les fédéraux se referma avant que l'un d'eux ait pu réagir.
« Alex ! »
Comprenant à la toute dernière seconde ce que le jeune homme allait faire, Gibbs ne put s'empêcher de crier. Avant que la porte ne soit hermétiquement fermée et de se sentir tiré par le bras.
« Il y aura d'autres occasions, Gibbs. Vous savez que nous ne pouvons rien faire pour le moment. », fit à ses côtés la voix douce et raisonnable de l'Israélienne.
L'ex-Marine acquiesça lentement, sachant pertinemment qu'il valait mieux être raisonnable et que Ziva avait raison. Après tout, ce n'était que partie remise, il refusait d'abandonner l'adolescent à son sort. En outre, la fermeture des portes ne leur laissait qu'un petit répit, qu'ils feraient mieux de mettre à profit pour s'échapper.
Il assista son vieil ami qui, dans un premier temps protesta, tandis que Ziva couvrait leur retrait sans gloire. Pressés, ils furent obligés de laisser sur place le corps de Carrol. Un quart d'heure plus tard, ils retrouvaient Tony, Abby et les autres dans la sécurité du véhicule caché.
« Alex Rider n'était pas là ? », s'étonna aussitôt le cinéphile. Il ne fit aucune remarque sur la perte d'un des leurs. Ils n'étaient pas tout à fait sortis d'affaire.
Ce fut Ziva qui lui répondit tandis que Gibbs installait confortablement Fornell pour le voyage.
« Si, Tony. Mais tout cela ressemblait fort à un traquenard. Je suis sûre qu'il y a d'autres occasions de le récupérer. »
Tous restèrent silencieux. Ils étaient heureux de retrouver Abby et Elisa mais ils avaient perdu un homme et Fornell était blessé.
Mais cela n'ôtait certainement sa résolution à l'ex-Marine. Alex Rider reviendrait sain et sauf parmi eux, il se le promettait.
AR/NCIS
Ils arrivèrent dans la nouvelle planque au cours de la nuit. A moitié assommé par la drogue qui lui avait était donné après l'incident de l'après-midi, Alex avait été transféré dans une cellule quasiment identique à celle qu'il occupait à Philadelphie.
Il y avait toujours les mêmes psychopathes autour de lui et le programme ne différait pas des jours précédents puisqu'on l'avait déjà averti des réjouissances du lendemain matin.
Malgré sa situation plus que désespérée, Alex se réjouissait que Gibbs ait pu récupérer Abby et Elisa. Elles ne méritaient certainement pas ce qui leur était arrivé. Il aurait bien aimé pouvoir lui aussi retourner auprès de l'ex-Marine et de son équipe, qu'il en était venu à appécier, mais devant l'impasse, avait préféré leur donner la seule chance qu'il avait pu plutôt que de risquer leurs vies en essayant de sauver sa propre peau.
Et si en fin de compte, Scorpia gagnait, lui aurait au moins la conscience tranquille. A défaut d'être héroïque cette fois, il avait fait ce qui lui semblait juste. Et peut-être aurait-il enfin droit au repos.
