Epilogue

Note : Ceci est bien l'épilogue de Quand le passé te rattrape. Cependant, j'ajouterai un dernier one-shot qui se passera trois ans plus tard.

C'est la raison pour laquelle je n'ai pas validé 'complete'.

Bonne Lecture,

Guepard54

« Hey, Tony, viens plutôt nous aider à installer les tables de jardin que Ziva a apporté ! » cria Alex en direction du cinéphile qui était déjà en train de picorer dans les ramequins.

Taquin, ce dernier lui tira la langue avant de les rejoindre dans la cour avant de la maison de Gibbs.

« Où est notre Abby nationale ? Je crois que c'est elle qui a tout fait pour qu'on organise cette petite crémaillère, non ? »

« Euh, Tony, je sais que j'ai parfois des problèmes avec votre langue mais il me semble qu'Alex n'est pas un appartement alors ce n'est pas une 'crémaillère'. » intervint Ziva en lui passant une chaise en plastique. « Et pour répondre à ta question, Abby est en train de donner des ordres à l'arrière. »

« Ahh… »

Tony fit une grimace exagérée.

« Et au cas où cela t'intéresserait, », compléta l'adolescent blond « Gibbs est parti réglé quelques détails. »

« Alors il ne manque plus que lui et Hart si je comprends bien. », conclut Tony « Aïe…, Ziva, c'était mon pied ! »

Elle afficha un faux air contrit.

« Oh, désolé, Tony, je n'avais pas vu. »

« Oui, eh bien tu es sûre qu'il n'y a pas un examen médical complet obligatoire pour l'accord de la nationalité ? Parce que si c'est cela tu es déjà mal barrée… »

Soudain, Alex n'écouta plus leurs chamailleries que d'une oreille très distraite. Une voiture noire et peu remarquable garée de l'autre côté de la rue avait pourtant attiré son regard. Quoique ce ne fut pas tant le véhicule que l'homme qui était au volant…

Sans cesser de les fixer du regard, il reposa la chaise en plastique qu'il tenait.

« Je n'en ai pas pour longtemps. Dîtes à Gibbs qu'il ne s'inquiète pas, je reviens. »

Lorsque les trois agents fédéraux qui se chamaillaient encore comprirent le sens de sa phrase, il avait déjà traversé la rue et tenait la portière que Yassen lui avait ouverte.

« Bonjour, Alex. »

AR/NCIS

Ziva leva la tête en entendant le bruit d'une portière qui claque. Puis elle se rappela qu'Alex venait de leur dire quelque chose à propos du fait qu'il ne s'absenterait pas longtemps.

« Qu'est-ce que… ? »

Tony et McGee venaient d'émerger eux aussi et le premier était carrément en train de sortir son arme de service, les sourcils froncés. Ziva l'en empêcha à temps. Elle était d'accord sur le fait qu'un homme comme Gregorovitch n'était pas digne de confiance, mais elle avait confiance dans le jugement d'Alex qui venait de s'asseoir sur le siège passager avant. En outre, à cette distance, ils pouvaient encore toucher l'adolescent.

La voiture noire de l'autre côté de la rue démarra et s'éloigna rapidement.

« Gibbs a adopté un gamin complètement cinglé. », fit Tony, un peu plus calme qu'auparavant. « Qui monterait volontairement dans la voiture d'un tueur à gages ? »

« Je n'aime pas çà plus que toi, Tony, mais je suppose qu'avec tout le mal qu'il s'est donné, Gregorovitch ne va pas tout à coup assassiner un garçon pour lequel il a dépensé tant de temps et d'énergie à sauver. », remarqua sagement le génie en informatique.

Tony se tourna vers lui, perplexe.

« Ah oui et qu'est-ce que tu proposes le Bleu ? Qu'est-ce qu'on va pouvoir dire à Gibbs lorsqu'il rentrera ? Que son nouveau gamin ne tient pas en place une seule seconde et que non content de monter en voiture avec des étrangers, il y monte avec des criminels certifiés. »

Ziva lui répondit en posant une main sur son bras pour l'apaiser complètement.

« Eh bien, Alex a promis de revenir vite et peut-être qu'il sera là avant même que Gibbs n'arrive. Et je pense qu'il sait prendre soin de loi et à surtout besoin de notre confiance. Alors tout ce que nous avons à faire, c'est précisément faire comme si de rien n'était. »

Les hommes n'avaient pas l'air complètement convaincus pourtant ils comprenaient sa logique. Ils acquiescèrent puis continuèrent les préparatifs de la fête organisée le soir même pour l'adoption d'Alex.

AR/NCIS

Le trajet en voiture avait duré à peine vingt minutes, dans un silence presque total. Yassen n'avait pas précisé où ils allaient pourtant Alex reconnut les terrepleins pour l'envol et l'atterrissage à l'extérieur de la ville. Il comprit immédiatement.

Yassen Gregorovitch quittait les Etats-Unis. Et s'il respectait l'accord passé avec les fédéraux américains, comme Gibbs en avait informé Alex deux jours plus tôt, c'était pour de bon.

Le Russe les fit s'arrêter à moins de vingt mètres de l'appareil et se tourna vers lui, posément. Ainsi que l'adolescent le pressentait, c'était le moment des adieux.

« Je voulais te dire au revoir sans entendre la respiration de ces fédéraux sur ma nuque. », commença l'assassin d'un ton impassible. « Alors… J'ai entendu dire que tu restes à Washington pour de bon ? »

Alex eut un bref sourire avant de baisser les yeux. Mais le tueur à gages continua.

« Au moins, je suis sûr que l'agent Gibbs ne te laissera pas te fourrer dans des ennuis avec la CIA, le FBI ou toute autre agence gouvernementale. »

« Eh bien je suppose que je vais pouvoir passer plus de deux mois consécutifs à l'école. », répondit Alex du même ton léger.

« Et je pense qu'après toutes ces absences scolaires, quelques semaines de révision intensive seront au programme. »

Alex fronça les sourcils d'un air faussement inquiet.

« Oui bah, j'espère qu'elles ne se termineront pas comme la dernière fois. Pour me récompenser, mon précepteur m'a emmené dans un voyage scolaire à Venise où j'ai failli me faire empoisonner par une psychopathe qui voulait se venger de mon père pour finalement atterrir à l'hôpital avec une balle logée à deux millimètres du cœur. »

Lorsqu'il eut fini, Yassen le regardait avec cette expression caractéristique qui n'était pas un sourire. Puis son expression devint plus sérieuse et il leva son regard bleu glacé vers le lointain.

« Je n'aurais jamais dû t'envoyer auprès d'eux, tu avais déjà assez à faire avec le MI6. Je suppose que la balle logée dans ma poitrine a altéré mon jugement. »

« Disons qu'au moins j'ai appris pendant ces quelques semaines à Malagosto quelques trucs qui m'ont servi pour les missions suivantes. Et puis cela m'a permis d'apprendre la vérité sur mon père. » Alex haussa les épaules puis observa la réaction de l'assassin.

Celui-ci conserva cependant son visage impassible.

« Je suppose que quelque part je savais déjà que John n'était pas un assassin comme les autres. Ni un espion, ni même un soldat. Je dirais qu'il n'était aucun d'eux et tous à la fois. John était vraiment quelqu'un d'exceptionnel, je souhaite que tu l'aies connu. » Puis le Russe sortit quelque chose d'une poche intérieure de son manteau et le lui tendit. « C'était à lui, lorsqu'il travaillait encore pour Scorpia. »

Alex prit le revolver qui avait appartenu à John Rider. Il le soupesa puis enroula sa main jusqu'à poser son index sur la gâchette. Il se demandait à présent comment son père avait été dans ses moments-là. Si lui aussi avait soif de justice tout en détestant l'engin de mort qu'il tenait au creux de sa main.

D'ailleurs, Yassen dut remarquer que les traits de l'adolescent s'étaient légèrement crispés.

« John aurait été fier de toi, Alex. »

Ledit garçon se promettait de toujours se rappeler cet instant. Il y avait une part d'émotion tellement inhabituelle dans la voix de Yassen Gregorovitch à ce moment. Mais, lorsque l'on y réfléchissait bien, John Rider avait été le mentor de Gregorovitch et sans doute l'une des seuls personnes dont le Russe respectait encore la mémoire.

« Alors vous prenez votre 'retraite' ? »

Ce fut Alex lui-même qui brisa le moment. Il ne voulait pas incommoder l'homme en face de lui et, dans leur milieu, trop d'émotions pouvaient être dangereuses. Reprenant son masque d'impassibilité, Gregorovitch haussa un sourcil gentiment moqueur.

« Pourquoi ? Tu comptes encore me suivre ? Je retourne en Russie, et cette fois pour de bon, Alex. », l'informa-t-il plus sérieusement.

L'adolescent acquiesça avant de suivre l'adulte jusqu'à l'hélicoptère. Il l'observa mettre méthodiquement l'appareil en route pour la préparation au décollage. Puis Yassen se tourna vers lui et lui remit les clés de la voiture qui les avait conduits jusqu'ici.

« Tu en auras besoin pour repartir. Je te fais confiance pour ne pas dépasser la limite de vitesse. Et attache ta ceinture. »

Alex eut un petit sourire ironique en repensant à son oncle. Mais il ne le dit pas au tueur russe.

« Merci, Yassen. »

Il ne disait pas seulement cela à cause de la voiture et l'assassin blond le savait. Il acquiesça puis dit une dernière parole avant de grimper dans l'engin.

« Prends soin de toi, Alex. »

La seconde suivante, le garçon s'éloignait de plusieurs mètres tandis que les rotors tournaient à pleins régime. Il observa le décollage parfait de l'hélicoptère qui démontrait une longue pratique. A l'image de ce crépuscule en plein cœur de Londres, Yassen leva une main. Alex savait cette fois ce que cela signifiait. Il leva la sienne en retour.

Puis il attendit que l'appareil ne soit plus visible à l'horizon avant de se diriger vers la voiture. Il avait une fête à laquelle il devait assister.

AR/NCIS

« On dirait que vos gens ont déjà tout préparé pour cette petite fête, agent Gibbs. »

L'ex-Marine adressa un demi-sourire à l'avocate assise sur le siège passager avant à côté de lui avant de faire son créneau pour se garer correctement devant chez lui.

« Cela fait quasiment une semaine qu'Abby me harcèle avec çà. On dirait presque que c'est elle que j'adopte.

Ils sortirent tous deux de sa voiture puis se dirigèrent vers la maison. A part étaient-ils rentrés que ladite analyste se jetait sur lui.

« Ohhhh… Gibbs, nous n'attendions plus que toi ! »

« Abby, on s'est vu ce matin ! »

« Et alors ? », s'insurgea-t-elle en lui donnant une petite tape sur l'épaule. « J'ai quand bien le droit d'être heureuse de te voir, c'est un grand jour, aujourd'hui ! »

Il acquiesça, les yeux rieurs se posant soudain sur une silhouette familière.

« Tobias ? »

« Ah, Gibbs ! Figurez-vous que c'est votre analyste scientifique qui a tenu à ce que je vienne. Je ne sais pas comment elle a eu mon numéro. Sûrement un coup de vos petits pirates informatiques… », mais l'agent du FBI n'avait pas l'air furieux. Au contraire, ses yeux étaient plissés et le coin de sa bouche légèrement relevé comme s'il trouvait la situation hilarante.

L'ex-Marine s'abstint de tout commentaire. Puis il aperçut son équipe qui venait vers lui. Il accueillit d'un léger coup sur la tête le cinéphile, déjà en train de grignoter des cacahuètes.

« Tu n'as pas mangé depuis combien de jours, Dinozzo ? », puis se tournant vers McGee et Ziva « Avez-vous vu Alex ? »

« Euh… »

Les coéquipiers se regardèrent d'un air gêné et en face d'eux, leur supérieur fronça peu à peu les sourcils.

« Vous avez quelque chose à me dire ? »

Mais ils furent doublement sauvé lorsque retentit une petite voix.

« Regarde, Papa. J'ai trouvé Alex. »

Elisa Fornell apparut près d'eux, portée par un Alex complètement ébouriffé mais en pleine forme.

« Bonjour Agent Fornell. », sourit timidement l'adolescent.

L'adulte hocha silencieusement la tête avant de s'adresser à sa fille de huit ans d'un ton mi-grondeur mi-amusé.

« Lisa, j'espère que tu n'embêtes pas ce jeune homme. Et puis tu n'as plus l'âge de te faire porter. »

« Oh oui, mais je lui offert mes desseins et il voulait me remercier. Alors c'était plus pratique pour me faire un bisou. » répondit-elle du ton le plus innocent du monde, faisant rire les adultes.

Tony asséna une claque amicale sur l'épaule au jeune espion.

« Eh bien voilà, tu as déjà ta décoration pour ta nouvelle chambre : les cadeaux de ta première admiratrice. » fit-il d'un air moqueur.

« Moi, je trouve que c'est toujours mieux que ta décoration à toi, Tony. », intervint McGee, faisant référence aux posters de films, voitures et jolies filles.

« Et que dire de la tienne, McGeek ? », Tony lui tira la langue d'un air gamin.

Leurs gamineries furent interrompues par Abby qui se tourna vers Alex avec de grands yeux ronds.

« Mais où tu étais passé ? Je te cherche depuis tout à l'heure. »

C'est alors que Gibbs remarqua que Tony, Ziva et McGee semblaient regarder des points dans le vide. En tout cas, tous trois évitaient de le regarder, lui, en particulier. Mais il passerait dessus pour le moment. Il avait remarqué que la tenue d'Alex était comme négligée, comme si le garçon avait été précédemment exposé à un fort souffle de vent. Mais il aurait tout le loisir d'interroger Alex plus tard là-dessus.

Pour le moment, ils avaient un évènement à fêter.

Il prit une coupe de champagne sur une des tables les plus proches et, bien vite imité par ses compagnons, la leva au-dessus de sa tête.

« Félicitations à Alex pour son arrivée parmi nous ! », dit-il en regardant ledit garçon dans les yeux.

Il sut que tout cela avait été un bon choix lorsqu'il remarqua les yeux brillants de l'adolescent face à lui.

AR/NCIS

Trois heures et des poussières plus tard, Leroy Jethro Gibbs était occupé à ranger sa maison. Tous les 'invités' venaient de les quitter et Alex était parti arranger l'ancienne chambre d'ami qui devenait donc officiellement la sienne.

Il avait quasiment fini lorsqu'il tomba sur les CD de musique offerts par Abby. Du métal, évidemment. Il décida d'en profiter pour aller voir si l'adolescent blond n'avait besoin de rien.

Alex avait laissé sa porte ouverte. Il était assis sur le lit, tête baissée et mine pensive. Il faisait tourner dans ses mains un objet auquel Gibbs aurait préféré qu'il ne touche jamais. Ou tout du moins pas avant sa majorité.

Il ne lui fit pas de remarque mais s'assit à côté de lui sur le lit et attendit que l'adolescent engage la conversation.

« Ce Browning appartenait à mon père, vous savez. »

« Et qui te l'a donné ? »

L'adolescent redressa la tête et lui fit une parodie de sourire.

« Vous ne tenez pas à la savoir. », lui dit mystérieusement Alex.

« Est-ce que par hasard cela aurait avoir avec l'absence dont a parlé Abby ? » demanda l'ex-Marine, même s'il avait déjà une idée des réponses à ses deux dernières questions. Après tout, Fornell s'inquiétait il y a quelques heures car le départ de Yassen Gregorovitch du territoire américain n'avait toujours pas été signalé.

La seconde suivante, il crut que l'adolescent parvenait à lire ses pensées.

« Il vient de partir pour de bon, vous savez. Disons que nous avons une dernière discussion et je peux vous assurer qu'il ne remettra pas les pieds dans ce pays avant un très long moment. »

En réponse, l'ex-Marine exhala, soulagé.

« Alors tu vas pouvoir enfin laisser ses histoires derrière toi et reprendre une vie d'adolescent normal. », il adressa un sourire rassurant à l'adolescent qui en retour lui tendit l'arme à feu. « Garde-le. Je sais que tu n'as pas beaucoup de souvenirs de ton père et je te fais confiance pour être très prudent. » Puis, il changea soudain de sujet « Demain, nous entrerons en contact avec ton école de San Franciso pour le transfert de ton dossier. »

Alex acquiesça puis le regarda se relever et se diriger vers la sortie. Juste avant que l'agent du NCIS ne franchisse le seuil, ce dernier entendit un murmure derrière lui.

« Merci, Gibbs. Pour tout. »

Gibbs se tourna vers Alex avec l'un de ses sourires discrets.

« Ravi d'avoir pu t'aider. Et à l'avenir, Alex, », ajouta-t-il d'un ton légèrement ironique. « Interdiction de monter dans la voiture de criminels assermentés. »

La porte de la chambre se referma sur un bref éclat de rire.

Pour Gibbs comme pour Alex, c'était une nouvelle aventure qui commençait.