Hello ! Voici un nouveau chapitre. Je vous remercie pour vos commentaires, favoris ou follows. Je remercie plus particulièrement Lys de Pandore, qui sait pourquoi et titinesister une super fan ^^.
Sur ce je vous laisse, bonne lecture.
Partie II
La soirée avait pu se terminer sans incidents majeurs. Le couple Prince était ravi mais surtout soulagé, que tout le monde ait pu rentrer à la maison sain et sauf. Lily - après la prestation d'Harry- n'avait voulu qu'une chose, partir, afin de mettre le plus de distance possible entre son protégé et ces sorciers malsains.
Le voyage de retour au manoir avait été silencieux, mais quand tous mirent pieds à terre, la jeune femme s'était retournée et avait serré très fort contre elle le chanteur, avant de prendre ensuite dans ses bras Dudley.
« Vous ne pouvez pas savoir à quel point de je suis désolée de vous avoir laissé dans l'ombre. Je ne voulais pas vous inquiéter ni faire peser une pression sur vous. » dit elle avec des sanglots dans la gorge.
« Si vous saviez comme j'ai honte d'être une sorcière parfois quand je vois ce que mes congénères font ! » reprit elle après que son époux lui ait tendu un mouchoir « Je me doute bien qu'à un moment vous avez dû vous sentir trahi... »
« Lady Prince, nous ne vous en voulons pas. » coupa doucement le plus âgé des garçons « A vous non plus lord Prince. Il est vrai qu'à un moment de la soirée nous avons cru à une très mauvaise plaisanterie, mais contrairement à mon cousin j'ai pu voir vos expressions quand les autres se faisaient humilier et lapider. J'ai compris alors que vous étiez contre ces procédés et je l'ai dis à Harry pour que lui aussi soit rassuré.
Je vous suis au contraire très reconnaissant de nous avoir gardé pendant si longtemps loin de ces...gens, en empêchant Harry de chanter devant vos invités. Je ne sais pas ce que va nous réserver les jours à venir, mais soyez assurés que nous vous en voulons pas, car on sait maintenant que vous êtes de notre côté. »
Le garçon aux yeux verts se contenta de sourire et de hocher là tête aux propos de son cousin.
« Allons ma mie, il se fait tard et l'air dehors est froid, nous risquons tous d'attraper mal à rester ainsi. Je vais appeler Winky pour qu'elle nous serve à tous un thé bien chaud dans nos chambres. » intervint Severus en prenant délicatement son épouse par l'épaule pour la diriger vers l'entrée de la maison.
Dans leur chambre, les garçons se déshabillèrent en silence pour se vêtir de leurs habits de nuit. Quand Dudley eut fini, il se tourna vers celui qu'il considérait comme son petit frère :
« Tu as vraiment été vraiment époustouflant ce soir Harry. On avait l'impression d'être en transe au son de ta voix. »
« J'ai fait comme tu m'as dit, j'ai chanté pour que tante Pétunia m'entende. J'espère que ce fut le cas. »
« Oh oui ! J'en suis sûr et certain. Cependant je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter quant à la suite des événements. Est ce qu'on va nous laisser tranquille maintenant ? Est ce qu'on va te demander de parader en chantant à chaque fête qu'un sorcier organisera, jusqu'à ce que tu n'ais plus de voix ? »
Le brun s'approcha à tâtons vers son cousin, avant de sentir son corps sous ses doigts et de bien agripper son épaule
« Dud, je fais confiance à Lady et Lord Prince pour empêcher que tout cela n'arrive. On sera sûrement invité régulièrement, mais le couple ne semble pas être très mondain d'après ce que j'ai pu entendre et constater. Je ne crois pas qu'ils changeront du jour au lendemain leurs habitudes. Ne t'inquiète pas pour l'avenir, on ne l'a jamais fait auparavant. Nous allons prendre les choses telles qu'elles viennent et nous aviserons le moment venu. On s'est débrouillé comme des chefs ce soir, alors que nous étions au courant de rien. »
« Oui tu as raison, à chaque jour suffit sa peine. Profitons de notre nuit pour recharger nos forces pour demain. »
« Tout à fait. Bonne nuit Dud » dit Harry en embrassant son front.
Son cousin sourit à ce geste traditionnel du soir, avant de lui rendre la pareil et de le laisser rejoindre son lit.
HpMgHpMg
Les habitants du manoir Prince furent en paix un temps comme attendu. La soirée chez les Malfoy semblait loin, presque n'avoir jamais eu lieu, tant aussi bien les propriétaires du manoir que les deux garçons agissaient de façon coutumière. Harry continuait à chanter à la même heure et à peaufiner son style avec lady Prince. Dudley continuait ses tâches dans la maison et Severus vaquait à ses occupations de maître de potion en plus de conseiller du roi.
Ce ne fut qu'après quelques jours de tranquillité, que le sorcier se trouva dans l'obligation d'utiliser toutes les stratégies possibles pour éviter qu'on ne l'accoste après une réunion ou dans la rue quand il allait ou revenait de l'hôpital. L'homme avait bien compris, que certains cherchaient uniquement à l'entretenir pour discuter du chanteur et lui faire des propositions pour l'avoir chez eux. Ce qui bien entendu était hors de question. Le meilleur moyen pour ne vexer personne était donc de ne pas enter en contacte avec elle ou d'être souvent, pour ne pas dire tout le temps, indisponible.
Personne auparavant ne s'était intéressé à l'emploi du temps du maître des potions, cet avantage lui permit donc de trouver n'importe quel prétexte quand il voyait venir de loin un enquiquineur.
Bientôt cependant, certaines personnes devinrent plus hardis en se promenant fréquemment devant la résidence du couple, dans l'espérance de faire une rencontre hasardeuse avec soit un domestique et lui demander de prévenir ses maîtres qu'elles étaient dans le coin. Soit avec plus de chance sur l'un des maîtres eux même, ce qui jusqu'à présent n'était jamais arrivé.
Le couple Prince avait très peu d'amis proches, ce qui faisait que seul un cercle restreint pouvait se permettre de se présenter chez eux sans avertissement.
Lady Malfoy tout comme son époux furent rapidement approchés, pour qu'ils puissent organiser une entrevue avec ce couple si discret, quand toutes les autres tentatives furent vaines. Mais les Malfoy bien qu'amis privilégiés savaient qu'il y avait des limites à ne pas dépasser. Severus n'apprécierait pas du tout que son amitié soit utilisée pour que sa maison devienne un moulin pour les opportuns.
De plus, le couple voulait garder l'avantage qu'il avait. Lord Prince avait toujours partagé avec eux, le résultat de ses recherches dans la création de nouvelles potions et plus d'une fois leur avait laissé un échantillon, ce qui leur avait été parfois fort utile. Donc non, les Malfoy ne voulaient risquer pas une amitié de cette qualité pour en satisfaire une autre de moindre valeur.
Si Lily n'avait pas encore été approché physiquement, elle recevait tout de même plus d'invitations qu'à l'accoutumé. Derrière son petit bureau en bois verni, elle lisait le courrier et constata que certaines missives se faisaient plus insistantes que d'autres :
« Mon ami, je crains que lady Parkinson en vienne aux menaces » s'amusa la rouquine « Elle est tout de même à sa cinquième lettre pour nous inviter à son fichu bal. »
« Je n'ai malheureusement pas pu éviter son époux à la sortie d'une réunion. Il m'a demandé si j'avais bien reçu l'invitation, car il paraît qu'en ce moment les hiboux se rebellent et qu'il arrive que des missives disparaissent. » rétorqua l'homme un sourire au coin tout en continuant de lire son roman policier.
« Une rébellion chez les volatiles...c'est très fâcheux en effet. » dit pensivement la sorcière en regardant par la fenêtre « Je me demande si lady Bulstrode acceptera le fait que mon hiboux fasse grève car il considère ne pas avoir assez de droits. »
« Sachant que son porte parole n'est pas joignable en ce moment, nous ne pouvons malheureusement pas amorcer les négociations et calmer cette situation dramatique. »
La femme rigola de l'humour de son mari en secouant la tête, avant de reprendre son activité.
La raideur soudaine de Severus cependant et le fait qu'il presse sa main sur son avant bras droit alerta la rouquine.
« Qu'y a t il ? » demanda t elle inquiète
« Nous avons de la visite, sa majesté m'avertit juste de son arrivé imminente. Je vais faire en sorte de diriger son passage vers la cheminé à notre salon. Nous n'aurons pas ainsi à courir à l'autre bout du manoir pour le recevoir. » répondit il en se levant et en agitant sa baguette.
Quelques secondes plus tard, le roi Marvolo apparaissait gracieusement dans l'âtre, tout vêtu de noir qu'aucune poussière de la cheminé n'avait réussi à souiller.
Le couple d'un bel ensemble s'agenouilla devant lui, portant la main droite au niveau de leur cœur.
« Vôtre altesse » prononcèrent ils à l'unisson.
« Relevez vous. » ordonna t il calmement, en avançant dans la pièce tout en faisant état des lieux.
« Très coquet...très chaleureux. Dois je félicité la maîtresse de maison ? »
« Oui vôtre grâce, mon épouse s'est dévouée à la tâche pour tout le manoir. Nous sommes très heureux que cela vous plaise. » répondit le maître de potions.
« Hum. J'ai entendu dire que vers 4 heures vous vous régaliez d'un charmant intermède en la personne de Potter, c'est bien ça ? »
« Tout à fait, vôtre altesse. »
« C'est parfait, vous ne voyez donc pas d'inconvénient à ce que je me joigne à vous, n'est ce pas ? »
« Au contraire ce sera pour nous un très grand honneur, vôtre majesté » dit Lily
« Si vous voulez bien nous suivre, nous allons nous installer dans le salon de musique » proposa Severus.
Sans plus un mot, après que le couple se soit échangé un bref regard, ils se dirigèrent vers le lieux dit. Lily en profita pour demander à un domestique dans le couloir de lui monter le service à thé et de prévenir Harry de les rejoindre.
Après quelques paroles échangées entre les deux hommes dans le salon, la porte s'ouvrit pour laisser place à un elfe de maison transportant le service à thé et au jeune homme accompagné de son cousin. Ce dernier en apprenant la présence du roi dans le manoir, n'avait pu s'empêcher de s'inquiéter et avait donc conduit le brun à destination comme s'il ne connaissait pas les lieux. Le plus jeune s'était laissé faire, il savait que son aîné n'appréciait pas l'intérêt que les sorciers – hormis le couple Prince- lui portaient, et pensait qu'être présent était une assurance qu'absolument rien de mal ne pouvait lui arriver.
Lady Prince se leva rapidement pour les accueillir. Elle fit un petit sourire rassurant à Dudley et lui intima d'un geste discret de la tête de rester au fond de la pièce, pendant qu'elle prenait le bras du garçon aux yeux verts et l'amenait devant le roi.
« Vôtre majesté » dit Harry en s'agenouillant lentement, pour ne pas faire de faux pas.
« J'aimerai que tu me chantes quelque chose de plus neutre cet après midi. La dernière fois tu t'es un peu trop concentré sur les chansons portant sur l'amour. Je suis sûr que ça a plu à la majorité de l'auditoire, mais j'ai tendance à vite m'ennuyer de ce sentiment à l'eau de rose. Je préfère qu'il soit utilisé avec parcimonie dans le répertoire. » annonça t il en faisant tourner doucement la cuillère dans sa tasse de thé.
« Bien vôtre altesse » répondit le jeune homme toujours agenouillé.
Marvolo l'observa un instant encore :
« Tu peux te relever. »
Lily le dirigea pas très loin du piano où elle prit place. Elle chercha frénétiquement une balade qui pourrait sembler neutre pour le roi, avant que le garçon ne lui suggère plusieurs qu'ils avaient un peu travaillé ensemble.
S'éclaircissant la gorge, il commença à chanter une fable qu'avec la sorcière ils avaient mis en musique, puis en chanson. L'auteur était Jean de la Fontaine, et ce que le jeune moldu interprétait était le corbeau et le renard. Comme la première fois, l'auditoire fut transporté dans un autre univers, visualisa l'action et sourit de la déconvenue du corbeau. Cependant une chose irrita le roi, Harry n'avait pas ouvert les yeux. Le timbre de voix était le même, sa mélodie était toujours aussi belle, mais il manquait quelque chose. La puissance qui s'était dégagée la dernière fois n'était pas présente et c'était sûrement dû aux paupières closes qui voilaient ce regard hypnotique.
« Ouvre les yeux quand tu chantes » commanda t il avant qu'une autre chanson ne commence.
Le garçon fronça légèrement des sourcils. Il n'aimait pas en temps normal les ouvrir, pour la simple raison que ça ne servait à rien. Il sentait aussi que les personnes étaient mal à l'aise de regarder dans les yeux d'une personne qui ne les voyait pas. Il avait ouvert les yeux chez les Malfoy parce qu'il avait dédié ses chants à sa tante dans l'au delà. On disait souvent que les yeux sont le reflet de l'âme, il voulait s'adresser à elle de cette façon. D'âme à âme.
La situation actuelle ne prêtait pas à ce qu'il se donne plus qu'il ne l'avait fait la dernière fois. Cependant il était en présence du roi et il ne voulait que personne n'ait d'ennuis par son refus d'obtempérer, donc bien malgré lui, le jeune homme ouvrit ses yeux, mais les dirigea vers l'endroit où il espérait que Dudley se trouvait.
Marvolo se mit plus à l'aise dans son fauteuil pour écouter de nouveau les chansons. La deuxième chanson ne porta pas sur une fable, mais plus sur l'histoire d'une jeune fille qui n'arrivait pas à vendre son poulain et qui le céda finalement à un musicien, après qu'il ait joué pour elle jusqu'au lendemain matin. D'autres chansons aussi neutres que possible se succédèrent, jusqu'à 17h30.
Pendant tout ce temps, le mage noir ne dévia pas son regard du jeune brun. Son expression facial ne trahit aucune émotion, il écoutait tout simplement. Ses seuls mouvements étaient pour boire son thé, qu'il ne but pas en entier.
Les autres occupants de la pièce ne firent aucun bruit également, c'était à peine s'ils respiraient, seuls raisonnaient dans la pièce les notes de musiques du piano et la voix d'Harry.
« C'est assez. » dit le roi en se levant « Severus ? »
« Oui vôtre altesse ? »
« Je veux que demain à 16h tu m'amènes ce garçon au château »
La demande figea tout le monde pendant un instant, mais le maître du manoir se reprit bien vite
« Pour l'heure, vôtre grâce ? »
« Oui, une heure suffira. Lady Prince ne verra sûrement pas d'inconvénient à venir le récupérer ou à envoyer un elfe, si tu es indisponible, n'est ce pas lady Prince ? »
« En aucune manière vôtre majesté. » se hâta de dire la sorcière.
Sans en dire plus, le souverain quitta la pièce accompagné des deux autres sorciers, qui le guidèrent vers une pièce où il y avait une cheminé. Quand la porte se fut refermée derrière eux, Dudley se précipita vers son cousin :
« Je savais que ça ne pouvait pas durer, je te l'avais bien dis. » grogna t il
« Il ne va m'écouter chanter que pour une heure Dud. Ça reste très raisonnable. Ce qui me chagrine c'est plus le fait qu'il ait volé ce moment à lady et lord Prince, il aurait pu les prendre en considération. »
« Pourquoi le ferait il ? C'est le roi. »
« J'ai cru entendre que Lord Prince était un de ses conseillers les plus proches, qu'il faisait parti du cercle restreint. »
« Il pourrait être son frère ça ne changerait rien. J'aurai tellement aimé naître pendant notre âge d'or, quand c'était eux qui devaient se cacher par crainte d'être exterminés. Au moins on était libre, c'était la belle vie , tout le monde était heureux. »
« Tante Pétunia disait que ce n'était pas aussi parfait qu'on le pense. Il y avait beaucoup d'injustices, de guerres qui éclataient dans les différents coins du monde, de maladies qui se propageaient... »
« Oui oui, mais je suis sûr que notre situation aurait toujours été meilleur que celle que nous vivons actuellement. On est réduit à l'esclavage ! Les lois ne font que privilégier les sorciers, nous on passe toujours en dernier. » coupa le châtain.
« Je pensais justement demander une faveur à Lady Prince. » annonça le brun
« Quoi donc ? »
« J'allais d'habitude chanter à l'hôpital quand j'avais le temps, et quand ta mère y était. Depuis je n'ai plus eu l'occasion d'y remettre les pieds, je voudrais lui demander s'il lui était possible de nous autoriser à y aller pour une heure ou deux. Je pourrais chanter pour les malades, madame Pomfrey disait que ça leur faisait du bien. »
« Tu es sûr que s'est avisé ? Le roi va sûrement de réclamer pour d'autres jours.» s'inquiéta son cousin.
« Je me pose la même question Harry. » dit Lily qui venait juste d'apparaître dans la pièce, faisant sursauter les deux garçons.
« Je ne chantais pas sans arrêt lady Prince. Je restais longtemps sur place principalement pour tante Pétunia. »
« Hum, mais chanter tous les jours ne sera pas bon pour tes cordes vocales et il ne fait pas très chaud en ce moment. Je te propose d'y aller les mêmes jours que Severus, c'est à dire mardi et vendredi. Vous pourrez aller et revenir ensemble. Je me sentirai plus rassurée de te savoir avec lui, que vous deux tout seuls dans la rue. »
« Vous savez milady, la rue a été un temps notre maison, on sait ce qu'on doit faire pour ne pas avoir d'ennuis. » informa Dudley
« Et c'est le plus malheureux » répondit tristement la femme, avant de quitter la pièce.
HpMgHpMg
Le lendemain à 15h45, le maître des potions était devant une cheminé du manoir avec près de lui le jeune Potter.
« Comment te sens tu ? » demanda t il d'un ton sévère, qui n'était en fait que l'expression de sa nervosité.
« Très bien milord. »
« Bien. Je ne pense pas qu'il faille te prévenir de quoique se soit en particulier. Je ne pense pas que tu ais dans l'idée de te promener dans la château. Mais si le roi devait avoir une urgence avant que la fin de l'heure ne soit écoulée, tu restes là où tu es, nous viendrons te chercher. Je te donne ce bracelet, il nous permettra de te tracer. Si le roi désir que tu quittes le château avant l'heure tu frottes le bracelet contre toi et tu dis à haute voix mon nom ou celui de lady Prince, nous viendront le plus rapidement possible te récupérer ou nous enverrons un elfe. Est ce bien entendu ? »
« Oui milord. »
« Bien. Nous allons voyager par cheminé, tu ressentiras sûrement une drôle de sensation te parcourir mais c'est normal. Je te tiendrais de toute les manières donc tu n'as pas à t'inquiéter. »
« Bien milord. »
Le maître de potion prit le bras du jeune homme d'une main et de l'autre il prit de la poudre de cheminette, avant de crier :
« Château Gaunt, Hangleton »
La sensation fut effectivement étrange pour Harry et quand il eut de nouveau pied, il remercia d'avoir avec lui le sorcier pour ne pas se vautrer par terre. Ils étaient arrivés dans ce qui ressemblait à un grand hall de pierres grises. Il n'y avait aucune décoration, les murs étaient nus. Seul le plafond donnait éventuellement une raison de lever les yeux, parce que l'architecture gothique des voûtes était assez saisissante.
Le duo ne s'attarda cependant pas dans le lieu et d'un pas plutôt rapide, ils se dirigèrent vers les appartements privés du souverain. Dans les couloirs ils croisèrent quelques mangemorts, tous s'inclinèrent légèrement devant Severus parce qu'il leur était supérieur dans la hiérarchie et jetaient des regards curieux sur la personne qu'il tenait par le bras.
Au grand regret du plus âgé, ils rencontrèrent sur leur chemin, une personne qu'il aimait voir le moins possible et qu'il devait malheureusement tolérer à chacune des réunions. Bellatrix.
« Oh, mais n'est ce pas notre chauve souris du château ? » plaisanta t elle, en dodelinant des hanches quand elle s'approcha d'eux.
« Lady Lestrange, je n'ai pas le temps pour nos conversations ô combien passionnantes et divertissantes, j'ai rendez vous avec le roi. »
« Un rendez vous... » gloussa la sorcière « Le roi ne reçoit pas à cette heure habituellement, est ce qu'on s'ennuie à la mai...Qu'est ce que c'est? » demanda t elle d'un air dégoûté quand son regard se porta sur le jeune homme à côté de lui.
« La personne que sa majesté attend. » répondit sèchement l'homme tentant de reprendre sa route, mais la femme lui bloqua encore le passage.
« Un moldu ? » Elle se pencha pour regarder plus attentivement le garçon, avant de serrer vicieusement sa mâchoire d'une main. « Ah, c'est le survivant de notre dernière soirée...dommage je me serai fait un plaisir de t'entendre chanter d'une autre façon »
La main de la sorcière fut brusquement retirer du visage de l'aveugle, par un coup tout aussi vicieux que lui donna l'homme à son poignet.
« Nous n'avons pas le temps pour écouter tes fantasmes morbides et je me répète le roi attend» susurra t il d'un ton menaçant.
Posant une main protectrice sur l'épaule du brun, il le poussa à avancer, après avoir jeter un dernier regard d'avertissement vers Bellatrix.
Quand ils furent hors de la porté de ses oreilles, Severus murmura tout de même :
« Cette femme est à moitié dérangée, mais malheureusement c'est aussi une sorcière très douée avec sa baguette. Elle vie également dans le château, elle est en quelque sorte le garde du corps du roi, de même que son époux et le frère de ce dernier. J'espère que tu ne seras pas amené a venir ici trop régulièrement, car je crains sinon que tu sois amené à les rencontrer plus souvent qu'il n'est sain dans une vie. »
« Je me ferai tout petit milord, parfois les gens oublient que je suis présent dans une pièce. »
« Les moldus peut être, mais les sorciers de leur catégorie traquent les personnes dans ton genre, pour voir jusqu'où vous seriez capable d'aller pour sauver votre vie. Je t'épargnerai la liste de leurs jeux favoris quand ils en rencontre une proie.
Je ferai de toute façon en sorte à ce que tu sois toujours accompagné soit par Lily ou moi même quand tu entres ou sort de ces lieux. »
Lord Prince s'arrêta devant une porte en bois sculpté et frappa trois coups.
« Entrez »
Sans plus attendre, le duo entra dans la pièce où se trouvait le roi. Ce dernier était derrière un grand bureau où s'éparpillait plusieurs rouleaux de parchemins. La pièce était de taille moyenne, les principales couleurs qui l'animaient étaient le rouge bordeaux, le noir et le marron des meubles en bois présents. Les pas des arrivants furent couvert par un épais tapis rouge, qui prenait toute la dimension de la pièce.
Le souverain ne leva pas la tête à leur entré, il semblait être concentré par sa lecture. Ce ne fut qu'après cinq minutes de silence, qu'il leva les yeux :
« Tu peux y aller Severus, tu pourras venir le chercher dans une heure »
« Vôtre majesté » répondit il en se courbant, avant de quitter la pièce.
Des que l'homme fut parti, Harry allongea sa canne et attendit patiemment les ordres. Il sentit un mouvement d'air prés de lui, lui indiquant que le roi s'était déplacé et qu'il était proche de lui. Instinctivement, sa tête suivit la direction du mouvement, ce qui fit lever un sourcils au mage noir. Celui ci tourna autour du jeune homme, toujours sans dire un mot avant de se placer de nouveau devant lui.
« J'ai fais des recherches sur les Potter. » annonça t il. « Ils ont tous été tué. »
Il regarda attentivement son vis à vis en penchant légèrement la tête sur le côté, semblant attendre une réaction particulière.
« Mon statut d'orphelin ne me faisait pas espérer autre chose, vôtre altesse. » rétorqua calmement l'aveugle.
« Oui, mais je ne pense pas que tu saches que le commanditaire de leur assassinat est la personne qui se trouve en face toi. N'est ce pas ~ ? »
Aucune réponse ne vint.
« Fascinant, pas un fléchissement ou un froncement de sourcil. Rien. La meurtre de tes parents t'indiffère donc à ce point ? »
« Non vôtre grâce. Vous venez juste de m'annoncer une bonne nouvelle en quelque sorte. Mon oncle ne cessait de dire que ma mère était une putain et mon père un bon à rien, savoir qu'ils ont été assassiné par vos serviteurs, m'amène à la conclusion qu'ils étaient des personnes suffisamment importantes ou influentes pour attirer votre attention. Quand bien même celle ci n'était pas positive. »
« Importants ? Influents ? » ricana le roi « Voilà une image bien héroïque et romanesque de tes parents. Ils n'étaient rien de tout cela pour moi. Ils étaient juste une gêne, des pions qu'il me fallait éliminer pour qu'ils ne servent plus les intérêts d'un de mes plus grands opposants. Ton grand père Charlus était, il est vrai un peu plus coriace, mais ton père James c'était un enfant à côté. Il était doué en métamorphose et habile espion, mais rien qui puisse être considéré comme une menace.
Quant à ta mère, on n'a jamais vraiment su qui c'était, beaucoup de rumeurs tendaient vers Alice Londubat, épouse du Lord Franck Londubat. Difficile de savoir même maintenant, tu ressembles tellement à ton père, seuls les yeux pourraient éventuellement trahir un lien de parenté avec cette femme. Mais je ne me suis jamais vraiment intéressé à savoir à quoi elle ressemblait, de tout façon elle aussi est morte assassinée.
Les Londubat et les Potter étaient dans le même groupe de pions à refroidir. »
« Je ne vois pas où vous voulez en venir vôtre majesté »
« Je trouve juste très ironique de toujours voir un Potter se dresser devant moi. Charlus sur un champs de bataille, James à l'Assemblée et toi dans un amphithéâtre. Je pense qu'avec un cracmol on ne pouvait rien espéré de mieux. Oui, tu es bien un cracmol et non pas un moldu comme ta tante te la fait croire sûrement pour te protéger, c'était plutôt intelligent de sa part au regard du contexte. »
« Il n'y a pas de différence... »
« Il y en a une au contraire » coupa Marvolo « Un moldu n'a pas de magie en lui. Un cracmol en a mais n'y a pas accès ou elle est tellement faible qu'un simple sort de lévitation l'épuise pendant trois jours. En somme c'est risible. Mais il y a toujours plus de valeur à mes yeux chez un cracmol que chez un moldu. Je me disais bien qu'il était fort douteux qu'un des leurs est un don de cette qualité. »
« Pourquoi alors leur avoir ouvert les portes des écoles des arts, si vous savez pertinemment qu'aucun n'arrivera à vous satisfaire ? » s'écria Harry confus.
« L'espoir pousse les personnes à faire beaucoup de choses et généralement à donner le meilleur d'elles même quand elles pensent qu'il y a une possibilité d'améliorer leur condition de vie. Je n'ai pas dit qu'il était impossible à un moldu de me surprendre. Je l'ai bien cru un instant avec toi. De plus, ils ont bien expérimenté les miracles, pourquoi pas nous ? » rétorqua le sorcier moqueusement.
« Assez de bavardages, tu n'es pas ici pour me faire la conversation mais pour chanter. Je t'accompagnerai au piano. » annonça t il plus séchement
Tournant les talons le roi se dirigea vers une porte qui donnait à une autre pièce avec cette fois ci la couleur verte à l'honneur. Le jeune homme s'aida des bruits que faisaient le mage pour se guider, bien qu'ils soient peu nombreux et fort discrets. Il réussit néanmoins à se débrouiller tout seul, tâtant de sa canne le sol et les meubles aux alentours pour éviter de se cogner.
Arrivé au centre de la pièce cependant il hésita à aller plus loin, ne sachant pas trop quel direction prendre et n'entendant plus de bruit autour de lui.
« Avance encore de six pas. » l'informa Marvolo, en s'asseyant lui même au piano. « Je me demandais si tu avais déjà essayé quelques chants d'opéra. »
« Oui vôtre altesse, mais il me faut encore travailler ce domaine avec lady Prince »
« Chante quand même, je ferai mon propre avis là dessus. Les autres instruments de musiques que tu entendras seront joués par la magie. Et ouvre tes yeux quand tu chantes. »
Harry serra brièvement des poings, mais se détendit aussitôt après. Il ne voulait pas gaspiller son énergie pour une discussion qu'il savait de toute façon inutile. Il se contenta d'un hochement de tête et de se tourner de sorte qu'il ne soit pas directement face au roi, mais plus de profil. Il joua sur son handicape pour que ce mouvement passe pour du hasard.
Les chansons d'opéra qu'il avait commencé à étudier demandaient énormément de don de soi, aussi bien physiquement que mentalement. La conversation qu'il venait d'avoir avec le souverain l'avait un peu perturbé, mais pas affecté au point de que cela entache sur sa performance. Il n'avait jamais eu l'opportunité de connaître ses parents biologiques, l'affection qui leur était donc porté était moindre, que celle d'un enfant ayant eu la chance de connaître sa parenté.
Celle qu'il avait considéré comme sa mère mais qui pourtant il appelait tante, c'était Pétunia Dursley. Elle était sa figure maternelle et il lui était reconnaissant pour l'avoir recueilli et aimé. La figure paternelle était peut être le plus grand vide dans son existence, mais il avait su faire avec. Il refusait de donner une quelconque image à Vernon Dursley, hormis celle d'un lâche et d'une brute.
La vie qu'il avait eu jusqu'à présent ne lui avait pas vraiment laissé le temps de se lamenter sur sa personne. Il avait ensuite eu la chance d'avoir pu rencontrer Lord Prince et d'être apprécié par son épouse. Dudley et lui même vivaient maintenant des jours bien plus heureux, ressasser le passé ne changeait rien.
Le roi Marvolo avait juste éclaircie un mystère qu'il n'avait pas personnellement cherché à découvrir. Le résultat était de toute façon le même, ses parents étaient morts et il était toujours un orphelin. Il ne savait pas si le sorcier lui avait dit tout ça juste par simple malice. Etait ce même de la malice pour le souverain ? Peut être pour lui c'était juste le partage d'une information. Les Potter ne semblaient pas avoir une grande importance pour lui, il les avait même oublié. C'était la présence d'Harry qui l'avait poussé à faire des recherches et à se souvenir des circonstances de leurs disparitions.
A chaque jour suffit sa peine, aujourd'hui le jeune aveugle apprenait que ses parents étaient morts d'une mort violente. C'était ce fait qui était malheureux. Le début de la journée s'était bien passé, là il allait chanter pour ses défunts parents, une sorte de petit hommage et tout à l'heure il rentrerait retrouver des personnes qu'il appréciait vraiment.
Une heure de chant avec le roi, il était sûr qu'il n'y avait pas de torture plus douce.
Ouvrant les yeux, s'éclaircissant la gorge, il donna le titre de la chanson qu'il allait interpréter puis après les premières notes, chanta.
Le mage qui dans un premier temps jouait lui même au piano, laissa bientôt la magie prendre la relève pour savourer pleinement son concert privé. Le dernier Potter avait vraiment une voix magnifique et il savait donner plus de corps encore aux paroles par les expressions qui se dessinaient sur son visage. La colère, la douleur, l'affection se succédaient en fonction du couplet.
Se levant en ne faisant aucun bruit et de sorte à ce qu'il n'y ait pas de mouvements d'air, il se positionna plusieurs pas devant le chanteur. Il ne savait pas trop si le jeune homme faisait exprès ou pas de porter son regard hors de sa direction. Si c'était une forme de rébellion, elle était fort misérable, mais après tout c'était un cracmol.
Ses yeux étaient de véritable des joyaux. Ils l'avaient hypnotisé la première fois, fasciné la deuxième et maintenant il était enchanté. Le regard de Marvolo brûla de nouveau de cette lueur qui était apparue à la réception des Malfoy. La convoitise. L'homme aimait les belles choses, mais surtout il aimait les posséder. Il avait dans son château une pièce réservé pour tous ses trésors, peu importait que ceux ci soient de nature moldu ou sorcière. Il aimait passer du temps dans cette salle, elle lui rappelait toutes ses victoires, ses combats.
Devant lui se présentait un nouveau trésor sous la forme d'Harry Potter.
Une petite information concernant le comportement de notre cher Harry. Je ne veux pas comme beaucoup je pense, qu'il soit faible, mais je tenais tout de même à rappeler, il n'a pas de pouvoir magique. Face à lui on a THE mage noir, donc quand on est un peu intelligent on évite la provocation. Pensez aux dictateurs présents à l'heure actuel, peu de personnes dans leur pays osent les contredire par crainte des conséquences. On est à peu prés dans le même schéma. Donc Harry ne hurlera pas à la figure du roi, ni ne claquera la porte. C'est de la fiction, mais il faut rester un peu crédible quand même.
Voilà à bientôt
