Malfoy reprenait tant bien que mal sa respiration.

_ Donc, si j'ai bien compris, railla-t-il. Depuis la mort de cette « Blanche Neige » -quel nom ridicule d'ailleurs- tu es devenue la fille la plus belle du royaume ? Enfin, Granger ! Hermione… Un peu de modestie, tu es plutôt laide dans ton genre. Une méchante reine/sorcière –décidément c'est plutôt confus chez les moldus- voudrait donc te supprimer pour ça ? Par Merlin ! Quelle malchance tu as.

_ Tu la ferme, Malfoy ! Elle a donc envoyé le chasseur pour te tuer, c'est bien ça ?

_ Oui. Dans le conte originel, Blanche neige s'échappe. Elle est recueillie par les sept nains.

_ Les sept nains ?beugla Malfoy. Allons bon, c'est quoi encore cette connerie !

_ Laisse la finir, tête de fouine !

_ Blanche neige devient donc amie avec les sept nains, qui la protègent. Cependant, lorsqu'ils partent travailler à la mine, une vieille femme frappe à la porte de la maison. Elle feint de prendre Blanche Neige en sympathie et lui offre une pomme qui a l'air succulente. Blanche Neige la croque et s'effondre au sol. La vieille femme était en fait la reine, déguisée. Les sept nains trouvent Blanche Neige inanimée sur le sol et lui confectionnent un cercueil de verre pour que chacun puisse admirer sa beauté. Ils l'enterrent au milieu de la foret. C'est à ce moment que le prince charmant arrive sur son cheval blanc, et que par un simple baiser, il ranime la princesse, qui s'enfuit avec lui. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants…

_ De la guimauve… grinça Malfoy.

_ Je suis assez d'accord, pour une fois, ajouta Hermione.

_ Donc tu veux dire… Qu'il va falloir te mettre dans un cercueil de verre ? Et attendre qu'un inconnu de prince de mes deux vienne t'embrasser ?

_ Mais non, réfléchis, Ron. Il ne viendra jamais. Il viendra pour Blanche Neige, et c'est tout.

_ Pauvre Hermione, personne ne viendra pour elle…

_ Tais-toi, Malfoy… Il suffirait juste, d'….

_ Gaffe, Weasley ! Le bucheron se réveille.

Ron fit volteface. L'homme, visage contre terre, habile, tâtait le sol de sa grande main gantée, de toute évidence à la recherche de sa hâche.

_ Hermione, recule ! Inmovere !

Ron avait tiré sa baguette de sa poche et l'avait braquée sur l'arme, la faisant valser dans les airs puis tomber dans un bruit sec et tranchant à quelques pas seulement de Malfoy.

_ Bordel, Weasley ! Tu ne peux pas faire attention ? J'ai failli y laisser un orteil !

Le chasseur fixa Ron dans une pure expression de terreur. Il ne lui venait pas non plus à l'esprit de lâcher Drago du regard.

Ron se tourna vers Hermione.

_ Merlin… Il ne craint pas les Stupéfix ! C'est impossible ! La magie n'a pas d'effet sur lui, ou quoi ?

Hermione secoua la tête.

_ Pas dans la durée, on dirait bien.

_ Comment tu expliques ça ?

_ Non mais, tu as vu sa carrure ? Grand, massif et bien bâtit… Face à un sorcier balourd dans ton genre, c'était courru d'avance que…

_ Mais je t'emmerde, sale petite de serpent ! Montre moi les tes pouvoirs, s'ils sont si puissants ! Ah non j'oubliais, tu ne peux pas. Tu n'en as pas ici !

Hermione leva les yeux au ciel.

_ Il n'arrête pas de te fixer, Granger, fit remarquer Malfoy.

Ron se tourna. Une lueur grave dans les yeux de l'homme traversait son regard, plongé sur Hermione, en plein état d'analyse du physique de la jeune fille.

Ron fronça les sourcils, nerveux.

_ Qu'est-ce qu'on fait de lui ?

Malfoy poussa un long soupir, horripilé.

_ On l'attache, évidemment !

_ Et avec quoi, gros malin !

_ Bon sang, tu es un sorcier, Weasley !

_ La magie ne marche pas avec lui, on t'a dit !

Malfoy se frappa le front, à peu près certain de réprimer un de ces plus violents accès de rage et de mépris.

_ Enfin utilise ce qui te sert de cerveau ! Fais apparaitre une corde, qu'on puisse le ligoter !

Ron serra les poings.

_ Hé, toi ! cria-t-il en dirrection du chasseur. On ne vient même pas d'ici, on est que de passage ! Pourquoi tu t'acharnes sur Hermione ?

L'homme regardait Ron à présent, une ombre craintive dans le visage.

_ Vous croyez qu'il est muet ? demanda Hermione. C'est pour ça qu'il ne parle pas ? Tu crois qu'il te comprend ?

Malfoy leva les yeux au ciel.

_ Qu'est-ce que ça change, Hermione ?

Ron avisa un bout de bois longiligne au sol.

_ Speciemmutare !

La branche fut secouée de soubresauts tourmentés, avant de s'allonger et de troquer sa texture boisée pour la structure rugueuse du cordage.

Hermione ne parvenait pas à détacher les yeux de son agresseur, un mélange de peine et de peur ratissant le fond de son cœur.

_ Stupefix !

L'homme glissa sur le côté, la nuque tombante. Ron l'empoigna fermement par le bras tandis que Malfoy se saisissait de l'autre. Les deux sorciers unirent leurs forces pour le trainer au pied de l'arbre voisin.

_ S'il se réveille maintenant, avertit Malfoy, occupé à nouer les deux extrémités de la corde, je vous jure, tous les deux de maudire vos descendances sur des générations.

_ Ferme là et serre plus fort, Malfoy !

_ Sur un autre ton, Weasley ! Autrement je te laisse te débrouiller tout seul !

_ Pauvre homme… murmura Hermione. La sorcière a dû lui faire tant de mal.

_ Est-ce que tu parles de toi ? ironisa Malfoy.

Hermione leva les yeux au ciel. Ron retint un rire discret.

A peine l'homme était-il solidement rivé à l'arbre qu'il se réveillait et se débattait déjà pour s'en détacher.

Malfoy le toisa d'une grimace de dégout.

_ Il a l'air terrorisé, remarqua Hermione.

Ron haussa les épaules.

La jeune fille, le regard droit dans les yeux de l'homme, s'agenouilla prudemment.

_ Vous me comprenez, n'est-ce pas ? murmura-t-elle. Nous sommes désolés de vous avoir attaché.

_ Parle pour toi, Granger !

L'homme s'était immobilisé, buvant les paroles de la jeune fille.

_ Une fois que vous serez libérés, il vous faudra fuir. Ne me cherchez pas, nous aurons certainement quitté ce monde. La reine sera furieuse. Fuyez simplement, et ne remettez jamais les pieds ici.

Ron crut voir le chasseur hocher timidement la tête.

Hermione se leva, froidement observée par Malfoy.

_ Merlin, il voulait vraiment ta peau, Hermione.

La jeune fille acquiesça, fiévreuse.

_Donc, il suffirait juste d'éviter la reine et ses sbires, non ? De passer au prochain conte, pour te mettre à l'abri ?

_ Oui. C'est à ça que je pensais, avoua Hermione.

Ron surpris, parut satisfait de lui.

_ Et bien, en route alors.

Hermione ne pouvait détacher ses yeux de l'homme qui la fixait, reconnaissant, une douceur infinie dans le regard. D'un geste impulsif, elle pencha sa main en avant, la tendant vers le chasseur.

Ron l'attrapa au vol, bien déterminé à ne pas la lâcher.

_ On s'en va, Hermione. Viens.

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_ Et si moi je restais là, qu'est-ce que vous en dites ? proposa Drago. Je ne crains rien ici, il n'y a que Granger qui soit menacée dans ce conte.

_ Les sept nains, Malfoy, ricana Ron. Quoi de plus moche et pervers qu'un petit nain ? Un grand garçon comme toi, c'est sûr, tu seras leur nouvelle coqueluche. Les nains aiment les hommes, il me semble.

Hermione éclata de rire.

Ron vit le spectre de l'écœurement le plus total planer sur la tête de Malfoy.

_ Ok. Je viens avec vous.

Drago ouvrit la marche. Ron et Hermione s'engagèrent à sa suite, une fois que Ron eut jeté un dernier maléfice dans le dos du chasseur stupéfié.

_ Ron, les nains n'aiment pas forcément les hommes, glissa Hermione à l'oreille de son ami qui rangeait sa baguette. Il existe des naines.

_ Evite de le dire à Malfoy…ricana-t-il.

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_ Ca ne finira donc jamais… soupira Drago. Des forets, et encore des forets. Et des forets en pente, et des forets en descente… Je demande une pause !

_ On peut pas s'arrêter sombre crétin. Hermione est recherchée. Chaque cours d'eau lui crie « Prends garde ». C'est assez flippant d'ailleurs.

Ron tourna les yeux vers Hermione, qui ne laissait rien paraître de sa frayeur.

_ Ca fait des heures qu'on marche. On peut s'arrêter si vous voulez. Je crois qu'on est tous fatigués, concéda-t-elle.

Malfoy ne se le fit pas dire deux fois.

_ Et en plus, bougonna Ron en s'installant non loin de Drago, on commence à être à cours de nourriture, désigna-t-il sa poche où seulement deux tranches de lard et trois carottes restaient du festin dérobé à la sorcière de pain d'épice.

_ Bah… Un petit régime, ça peut pas te faire de mal, Weasley.

_ Retire ça tout de suite, tête de fouine !

_ Je t'em…Aie ! Weasley, putain mais… Qu'est-ce que…BORDEL, qu'est-ce que c'est que ce truc ?

Hermione tourna la tête. Malfoy s'était relevé, et l'on pouvait voir distinctement quelque chose de petit et de très laid derrière lui, qui s'amusait à pointer le pointu de sa pioche vers les fesses du grand Serpentard.

Ron éclata de rire.

_ Félicitations, Malfoy. Tu viens de trouver les sept nains.

Drago recula, terrorisé. Mais l'horrible nain le suivait comme son ombre, marmonnant des petits sons inintelligibles et féroces.

Ron riait aux larmes.

_ Cesse de rire, abruti ! Aide-moi !

Hermione, contentée par la terreur qui se lisait sur le visage de Drago, estima qu'elle avait eu là sa vengeance. Elle se pencha au niveau du petit homme, qui la regardait de ses yeux noirs plein d'adoration. Vu de près, son petit visage lui rappelait vaguement les traits grossiers des physiques gobelins.

_ Etes-vous grincheux ? demanda-t-elle.

_ Hermione, insulter ses agresseurs, n'est pas ce qui se fait de mieux en matière de diplomatie, siffla Malfoy. Doucement toi ! Ne me touche pas, tu as compris !

Le nain secoua la tête, maugréant quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe.

_ Vous ne pouvez pas être joyeux ni dormeur. Vous êtes peut être simplet ? A moins que vous soyez une sorte d'hybride gobelin ? Non ? Alors atchoum, peut-être ?

Il n'y eut pas plus d'écho du côté du nain lorsqu'Hermione eut finit d'énumérer les sept noms. A cours d'idée, elle regardait simplement le petit homme, qui voulait bien laisser Drago tranquille lorsqu'elle cherchait à lui parler.

_ Et bien, maintenant que tu l'as traité de tous les noms d'oiseau, il semble calmé. Est-ce que c'est ça l'astuce ? Je dois l'insulter ? Sale petit veracrasse odieux !

_ Non, Malfoy ! Ce sont des prénoms ! Ce sont les prénoms des sept nains, arrête ! Ils sont plutôt susceptibles.

L'affreuse petite chose, fulminante, faisait mine de lui sauter au cou, redoublant de véhémence. Le pointu de la pioche s'abattit sur son pied, tandis que Drago, qui avait senti le coup venir, l'avait esquivé d'un pas sur la droite.

_ Ça suffit ! cria-t-il. Que l'un d'entre vous me donne sa baguette !

_ Certainement pas, tête de fouine.

Le nain, qui semblait soudain prendre conscience de l'existence de Ron, se précipita à sa rencontre de ses petits pas frustes, le menaçant à son tour de sa pioche, dans un charabia incompréhensible.

_ On fait moins le malin, Weasley ! ricana Malfoy. Tu vas lui jeter un sort, oui ou merde ?

_ Tu peux toujours essayer de me prendre ma baguette !

_ Ne me dis pas ça comme si je n'avais pas déjà essayé !

_ Tu… T'as essayé de nous les voler dans la nuit ? s'écria Ron, scandalisé.

_ Evidemment, redescends sur terre, je suis un Serpentard !

_ Hermione… Au secours ! Il… Il est en train de se frotter à ma jambe.

Malfoy éclata du plus narquois de tous ses rires.

Hermione leva les yeux au ciel, lasse.

_ Monsieur le nain, s'il vous plait, laissez-mes amis tranquille…

_ Je ne suis pas ton ami, grommela Drago.

Au son de la voix d'Hermione, le petit être fit volteface.

_ Pouvez-vous s'il vous plait laisser mon ami et Drago Malfoy tranquilles, répéta-t-elle, perdant patience.

_ Rien à faire. Quelle petite chose teigneuse, se plaignit Ron. Il ne nous lâchera pas. Attention Malfoy, il revient vers toi.

_ Venez, on s'en va, proposa Hermione.

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Malfoy marchait à grand pas, le nain toujours à ses trousses. Ron le surveillait d'un œil, sachant pertinemment que d'ici quelques minutes, il reviendrait le quereller. Le jeune homme marmonna quelques paroles hostiles envers les moldus et leur saleté d'idées de contes.

Hermione essaya une dernière fois de parler au petit homme. Mais voyant qu'il ne la comprenait pas, elle renonça, irritée, s'enfermant dans un silence boudeur.

_ Mais comment, Hermione ? railla Ron. Tu n'as pas pris l'option dialecte nain l'année dernière à Poudlard ? Elle était pourtant proposée. Comment se fait-il qu'une option t'ait échappé ? Honte à toi…

_ Ça suffit, Ronald ! Tu sais très bien que je n'ai plus de retourneur de temps.

Malfoy écarquilla les yeux.

_ De retourneur de temps ? Aie ! Saleté de petite chose hideuse ! C'est… C'est comme ça que tu suivais tous ces cours, Granger ? C'est comme ça que… Non ? Sérieusement ? Vous avez… Bande de sale petits…

Hermione voulut changer de sujet, mal à l'aise.

_ Je me demande bien pourquoi ce nain nous suit.

_ Il a peut-être été envoyé pour toi, Granger. Tu sembles beaucoup lui plaire.

Hermione haussa les épaules.

_ C'est assez inhabituel pour un nain, de quitter sa troupe.

_ Et bien, moi je crois savoir pourquoi, fit Ron.

Le jeune homme pointa quelque chose devant eux.

Hermione aperçu distinctement une sorte d'attroupement de petits hommes, visiblement abattus, plantés autours d'une grande forme rectangulaire qui renvoyait la lumière du soleil.

_ Est-ce que… Oui ! Il s'agit des autres nains.

_ Oh, pitié… Pas d'autres nains… gémit Malfoy, toujours aux prises avec le sien.

_ Et je crois qu'ils sont autours…

_ Du cercueil de ta Blanche Neige, continua Ron, qui, plus grand, couvrait un meilleur champ de vision.

Hermione ouvrit la bouche, ébahie. Le conte de blanche neige était sans doute l'un des plus populaires chez les moldus. Toutes les petites filles, sans exception, avaient un jour rêvé d'être une princesse. Même Hermione. La jeune fille frétillait à l'idée de la rencontrer. Après tout, elle s'était elle même déguisée en Blanche Neige le jour de son cinquième anniversaire.

_ On traine pas ici. J'ai peur qu'ils veuillent te mettre dans ce cercueil, Hermione.

_ Attends, je… Il faut que je la voie.

_ Excuse-moi ?

Hermione partit devant, impatiente. A son arrivée, les nains se regroupèrent en une masse compacte et accoururent à sa rencontre. Hermione recula, craintive. Les six nains se tenaient maintenant plantés devant elle, dans un silence religieux, les yeux brillant d'adoration.

_ J'ai bien peur que les nains aiment les femmes, Weasley, marmonna Drago. Mais qu'ils aient envie de toucher les hommes. Fais gaffe, il vient vers toi.

Mais le nain contourna Ron, au grand soulagement de ce dernier. Il se précipita vers ses compatriotes et leur baragouina quelque chose d'indéchiffrable. La seconde d'après, les sept petites têtes s'étaient mise à crier et s'élançaient vers Drago Malfoy.

Le jeune Serpentard esquissa un mouvement de recul. Mais avant qu'ils n'aient pu s'enfuir, les sept nains s'étaient jeté sur lui et l'avaient plaqué au sol, le maintenant fermement.

Ron ne songea pas même à rire de la détresse de Malfoy. Il sortit sa baguette.

_ Wingardium Leviosa !

Un à un, les petits hommes s'envolèrent dans les airs, flottant tout autours de Drago, le regard hostile envers celui-ci.

Malfoy observa Ron, bouche bée.

_ Merci, maugréa-t-il, comme si ce mot avait le don d'irriter sa gorge.

Hermione se pencha au chevet de Blanche Neige et la contempla, impressionnée. La princesse était d'une beauté saisissante, immaculée. Tout était hypnotisant chez elle.

Ron, se tourna vers elle.

_ Hermione ?

_ Aie ! cria Malfoy.

Un des nains, toujours flottant dans le ciel, venait de lui envoyer un monumental coup de pied derrière la tête. Ses comparses voulurent en faire autant. Certains se mirent à nager dans les airs pour affluer vers lui.

Et c'est ce moment-là que Ron choisit pour se désintéresser totalement de Malfoy au profit d'Hermione.

_ Weasley putain, ne baisse pas ta baguette !

Ni une, ni deux, les nains avaient immobilisé Malfoy et l'avaient transporté au pied du cercueil de verre.

L'un d'eux, celui qui les avait suivis depuis les bois, dessinaient des gestes inconsidérés dans les airs, désignant tour à tour Malfoy et le cercueil.

Ron leva un sourcil.

_ Ils veulent te mettre dans le cercueil de verre ? questionna-t-il.

_ Ça n'a pas l'air de beaucoup t'inquiéter ! pesta Malfoy.

_ Mais non… soupira Hermione. Ca parait pourtant évident, non ? Ils veulent que Drago embrasse Blanche Neige.

_ QUOI ?

_ Ils pensent que tu es le prince charmant.

Ron regarda Malfoy, que les nains forçaient à pencher la tête, et eut un haut le cœur.

_ Ils pensent que Malfoy est le prince ? Et qu'est ce qui leur fait dire ça ? Pourquoi ça serait pas plutôt moi le prince ?

Hermione leva les yeux au ciel.

_ Je. N'embrasserai. Jamais. Une. MOLDUE ! rugit Malfoy.

_ Après ça ils nous laisseraient partir tranquille. Drago tu pourrais peut être essayer.

_ LACHEEEEEZ MOIIII ! JAMAIIIIS, JAMAAAAIS, VOUS M'ENTENDEZ ? JAMAAAAAIS JE NE TOUCHERAI UNE SANG DE BOURBE !

Hermione fronça les sourcils, piquée au vif.

Malfoy pestait de toutes ses forces, tandis que les nains lui maintenaient fermement la tête en arrière.

_ Bon, aller, ça suffit, marmonna Ron, qui en avait assez du spectacle. Personne n'embrassera personne ce soir. Wingardium Leviosa !

De nouveau, les sept nains furent soulevés de terre et se retrouvèrent flottant au-dessus du cercueil de verre.

_ On dégage de là ! s'écria Malfoy, furieux. Hermione est en danger et moi aussi !

La jeune fille jeta un dernier regard sur la princesse endormie, à regrets.

_ Pauvre Blanche Neige… Elle est tellement… J'aurais tellement voulu…

_ C'est vrai qu'elle est belle, reconnu Ron. Malfoy, tu ne sais pas ce que tu rates. Je pourrais me dévouer, sinon. Si ça peut faire plaisir aux nains. Je pourrais l'embrasser, ils nous laisseraient tranquilles et… Ouch !

Hermione venait d'envoyer son plus puissant coup de coude dans les côtes de Ron.

Malfoy soupira, perdant patience.

_ Non pas que ce tableau mette en doute la connerie congénitale des Gryffondors, mais il me semble que…

_ Par Merlin ! s'écria Hermione. Le prince !

Ron fit volteface.

Au loin, quelque chose de très distingué faisait route vers eux, juché sur un cheval blanc. Lorsqu'il fut plus proche, Ron entrevit les armures du prince charmant et manqua de mots pour qualifier la magnificence de l'homme. Il se tourna vers Hermione. La jeune fille, à la vue du prince, semblait sur le point de se prosterner tant la splendeur de cette apparition rêvée lui tapait dans la rétine.

Cependant, quelque chose de troublant venait perturber cette vision céleste. Ron plissa les yeux. Hermione recula. Il y avait une forme grise dans le dos du prince charmant. Une silhouette accrochée à l'homme tentait de se tenir en équilibre, les deux jambes maladroitement enroulée sous la croupe du cheval.

Hermione plaqua sa main contre sa bouche, émue.

Le jeune homme, qui les regardait de haut, avait quelque chose de doux dans le visage.

Malfoy écarquilla les yeux, en proie à une incroyable vision pour le moins inattendue.

_ Harry ? s'écria Ron, sidéré.