Lorsqu'Harry Potter eut mis un pied à terre, Hermione plongea littéralement dans les bras de son meilleur ami. Le jeune homme fit un signe de tête au prince charmant qui le lui rendit bien bas. Ron, abasourdi, vint resserrer l'étau de son amitié autours des deux gryffondor.
_ Harry, c'est si bon de te voir ! cria Hermione, émue aux larmes.
Ron n'en menait pas large, souriant bêtement comme si son meilleur ami s'érigeait en sauveur de la situation.
Malfoy s'approcha, un air de certaine admiration dans les yeux.
_ Potter ! s'écria-t-il. Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je suis tellement ravi de voir ta tronche que j'aurais presque envie de t'embrasser !
Harry recula, comme s'il s'était pris les pieds dans une barrière électrique, à la vue de son ennemi de toujours, Drago Malfoy.
_ Trois jours qu'on erre dans ce putain de livre, renchérit Ron, sans manger en plus.
Harry les regarda tour à tour, mal à l'aise.
_ Trois jours ? s'étonna Harry.
_ En plus on a manqué de mourir trois fois, tu te rends compte ? Un loup, une sorcière, des saletés de nains… Putain, je suis tellement content de te voir, mon vieux…
Harry chancela sous le poids de la chaleureuse claque dans le dos que venait de lui flanquer son meilleur ami, des tremolos dans la voix.
_ Mais, enfin… s'étonna-t-il. On ne s'est pourtant quitté il n'y a pas plus de dix minutes…
_ Excuse-moi ?
_ Mais alors… murmura Hermione.
_ Tu… Tu n'es pas venu pour nous…
_ Bien sûr que non. Je me suis retrouvé là, je ne sais pas trop comment. D'ailleurs, où sommes-nous ?
Drago se gifla le front.
_ Es-tu en train de dire, Saint Potter, que tu n'as pas bravé tous les dangers imaginables de ce foutu livre pour nous trouver et nous ramener à Poudlard ?
Harry secoua la tête, navré de voir la déception lacérer le visage de Ron et Hermione.
Drago sentit l'ironie du sort l'envelopper, se jouant de lui comme d'une vulgaire marionnette.
_ Et un gryffondor de plus coincé ici, un ! cria-t-il. Et un gryffondor de plus pour me faire chier, un !
_ Harry, tu ne t'es pas séparé de ta baguette, n'est-ce pas ? s'inquiéta Hermione.
Le jeune homme plongea la main dans sa poche, répondant par la négative.
_ Et merde ! gémit Drago.
_ Malfoy a laissé la sienne à Poudlard, railla Ron.
_ Et si vous m'expliquiez ce qu'il se passe ? suggéra Harry. Où sommes-nous et comment avons-nous atterrit ici ? Et plus important, qu'est-ce qu'il fait là, lui aussi ?
Ron prit une grande inspiration.
_ Oh, attendez ! C'est le moment ! Il va réveiller Blanche- Neige, regardez !
_ On s'en fout, Granger, soupira Malfoy.
Piqué par la curiosité, il se tourna tout de même, observant le baiser que le prince charmant déposa tendrement sur les lèvres de la princesse endormie.
_ Quelle mièvrerie, bougonna-t-il, incapable de se détourner de l'émouvant tableau.
Hermione sautillait sur place, visiblement toute excitée. Ron leva les yeux au ciel, jetant un œil à Malfoy, lui exprimant par là tout son soutien.
Harry fronça les sourcils.
_ Mais… On dirait… On dirait l'histoire de Blanche-Neige !
Hermione acquiesça, heureuse d'être enfin comprise.
Au moment où tous les abominables nains bondirent sur place, Malfoy comprit que la princesse moldue avait enfin ouvert les yeux. Hermione secoua le bas de Ron, manifestant sa joie. Ce dernier leva les yeux au ciel, encore.
Harry clignait des yeux, ébahis.
_ Mais… C'est dingue…
_ On est dans un livre ! s'écria Ron. On est dans ton foutu livre moldu ! Les contes de Grimm.
_ C'est fabuleux !
_ Non, c'est pas fabuleux du tout ici, Potter ! Et si tu n'es pas venu nous sortir d'ici, ça signifie que tu y es coincé, tout comme nous !
_ Comment as-tu atterrit ici ? demanda Hermione. Tu as touché ce livre, n'est-ce pas ? Dans la salle de Sluggorn. Et tu es arrivé ici.
_ Non. Non, je l'ai juste rangé dans mon sac. Et puis plus tard je l'ai ouvert, et… Et j'ai atterrit ici.
_ Harry.
C'était le prince charmant qui avait parlé.
Hermione se retourna, les joues en feu.
Blanche Neige, hissée sur le cheval blanc, les regardait avec douceur.
_ Oui, Charmant. Vous avez fini par la retrouver, votre princesse.
Le prince hocha la tête, les gratifiant d'un sourire franc qui fit rougir Hermione.
_ Nous nous en allons, par ma foy. Que Dieu te garde. Honi soit qui mal y pense !
L'homme remonta sur le cheval, faisant glousser la Blanche- Neige.
_ Dieu ? demanda Malfoy.
Ron haussa les épaules.
La princesse envoyait maintenant des baisers de ses mains en direction de tout ce qui bougeait, pour le plus grand plaisir des nains qui sautillent joyeusement dans les airs. Le prince agita sa monture, et bientôt, ils ne furent plus que deux silhouettes à dos de cheval qui disparaissaient dans la lumière.
Harry ne pouvait s'empêcher de détacher ses yeux de ce moment quasi historique.
Hermione toussota.
_ Charmant ? C'était son prénom, Charmant ?
Harry hocha la tête.
Ron renifla avec mépris.
_ Quel prénom débile…
Malfoy se racla la gorge.
_ Et si on partait d'ici ? proposa-t-il. Avant que les nains ne se rappellent de notre existence.
_ Les nains ? Mais ils sont inoffensifs, s'étonna Harry.
_ Tu dis ça parce qu'ils n'ont pas essayé de se frotter à ta jambe, fit Ron, écœuré.
_ Ni de piquer ton postérieur de survivant avec leur pioches.
_ On s'en va, concéda Hermione.
Harry rattrapa la jeune fille.
_ Comment on sort de là ?
_ Je sais pas… On comptait sur toi, tu sais.
_ Tu… tu crois que c'est un coup de Voldemort ?
_ Mais non, c'est la potion de Ron. Elle a dégénérée, il en a versé sur le livre, et nous voilà tous ici.
_ Quel boulet, ce Weasley ! maugréa Drago.
_ La ferme, Malfoy ! cria Harry, devançant Ron.
_ Bordel, il manquait plus que toi dans cette histoire, Potter !
Ron éclata de rire.
_ Est-ce qu'il est obligé de venir avec nous ? demanda le survivant.
_ Oui, malheureusement.
_ Non pas que ça me plaise, croyez le bien, assura Drago, dédaigneux.
Au bout d'un moment, Hermione regarda Harry.
_ Les sept nains étaient plutôt étranges, tu ne trouves pas ?
_ Non, ils étaient exactement comme je les imaginais.
_ Ils n'ont pas répondu à l'appel de leur prénom. Enfin je veux dire, je les ai tous passés en revue. Grincheux, dormeur, joyeux, prof, atchoum, timide et simplet.
Harry dut se retenir de ne pas rire aux larmes.
_ Hermione, enfin…
_ Quoi ? se défendit-elle.
_ Tu ne crois pas que tu t'es peut être trompée de références ? Tu n'as jamais lu les contes de Grimm, n'est-ce pas ?
La jeune fille fronça les sourcils, perplexe, avant de comprendre.
_ Quelle idiote. C'est dans les Walt Disney, le nom des nains.
Harry éclata de rire.
_ C'est quoi, un Walt Disney ? demanda Ron.
_ Aucune importance, répondit Hermione.
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_ Saint Potter, la prochaine fois que tu auras envie de jouer les rats de bibliothèques, j'espère que tu t'abstiendras !
Harry lança un regard meurtrier à Drago Malfoy.
_ Un peu plus de respect Malfoy, ou je te vire de mon livre !
_ Ah ah, j'aimerais tellement voir ça. L'élu en pleine action, qui n'en rêverait pas.
_ Taisez-vous, les garçons. temporisa Hermione.
_ Il a raison, Harry, quelle idée stupide de lire ce genre de livre.
Le survivant ouvrit la bouche, abasourdi. C'était bien la première fois que ses deux meilleurs amis ne se rangeaient pas de son côté.
_ Et comment vous comptez faire, maintenant ? Les jours vont passer, et il faudra attendre ? C'est bien ça ?
_ Oui, c'est à peu près ça la définition du fait d'être coincé dans un maudit livre à cause de toi !
_ Tu la ferme, Malfoy ! Je ne t'ai pas parlé !
_ Je ne suis pas transparent, Potter, ne fais pas comme si je n'étais pas là !
_ Ecoute moi bien, sale...
_ Harry ! Calme-toi !
Ron se plaça entre lui et Malfoy, sous le regard incompris du survivant.
_ Réfléchis avec moi, demanda Hermione. Y-a-t-il un endroit dans le conte de Blanche Neige où nous pourrions manger, passer la nuit ?
_ La maison des sept nains ? proposa Harry.
_ Hors de question ! hurlèrent Ron et Malfoy à l'unisson.
Harry les regarda, perplexe.
_ Je t'expliquerai plus tard.
Ron soupira.
_ Bon, il nous reste... Deux tranches de lard et cinq carottes. C'est les dernières provisions.
_ Je dois avoir quelques chocogrenouilles au fond de la poche.
La bouche de Ron se fendit d'un sourire.
_ Qu'on ne me demande plus jamais pourquoi tu es mon meilleur ami.
_ Le soleil se couche, avertit Malfoy.
_ Franchement, quel est le problème avec les nains ? demanda Harry.
_ Je t'assure que tu ne veux pas le savoir. Et bien, ce sera la diète ce soir, encore. Ca ne peut pas te faire de mal, n'est-ce pas, Potter ? On a du te dire que tu avais un peu enflé ces derniers temps...
_ Drago, laisse le tranquille.
_ Ca va Hermione, je peux me défendre tout seul !
_ Tout le monde se calme ! cria Ron. On va tous manger ces putains de tranche de lard et de carottes ce soir dans la joie et la bonne humeur. On s'installe ici. Malfoy et moi on va chercher du bois pour la combustion.
Harry baissa les bras.
_ Et un simple incendio n'aurait pas marché ? questionna-t-il.
_ Un incendio sur quoi, sur les herbes ? On a essayé, ça a été une catastrophe, murmura Hermione.
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_ C'était la plus mauvaise nuit de toute ma vie, maugréa Harry, qui ne lâchait pas des yeux Drago Malfoy, occupé à lustrer ses vêtements.
_ Ne t'inquiète pas, le nombre de nuits ne devrait pas être trop élevé, expliqua Hermione. D'après mes calculs, si on compte que dix minutes équivalent à trois jours, on devrait rester piégés dans les contes de Grimm environ un peu moins d'un mois.
_ UN MOIS ? hurla Drago.
_ Tu n'es pas sérieuse, Hermione...
_ UN MOIS ? hurla Drago, une seconde fois.
_ Ceci est la pire estimation Drago, je suis persuadée que nous ne nous resteront pas si longtemps piégés ici.
Malfoy partit devant, le teint pâle. Harry lui emboitant le pas, un dernier regard en direction du camp qu'ils avaient bâti pour la nuit. Il ne pouvait s'empêcher de passer sa main dans sa poche, à la recherche de sa baguette, chaque fois que leurs yeux se croisaient, histoire de se dire qu'elle était bien là, en cas de besoin.
Ron, néanmoins, ne semblait, contre toute attente, pas le moins du monde abattu.
_ A part pour la bouffe, c'est pas si mal ici ! Réfléchissez un peu. Pas de cours, pas de pas de devoirs, pas d'obligation…
_ Des loups qui te poursuivent, une sorcière qui cherche à te manger, un chasseur qui veut butter Granger...
_ Et tu sais quoi ? Drago Malfoy a défendu Hermione !
_ Ca va Weasley, je te l'ai déjà dit, je ne l'ai pas fait exprès !
_ Je veux bien le croire, murmura Harry.
_ Ce que tu peux être triste, Potter.
_ Ce que tu peux être con, Malfoy.
_ Stop ! cria Ron.
Harry le toisa, irrité. Depuis quand Ron s'imposait en leader de groupe ?
_ On va bientôt changer de conte, expliqua-t-il simplement.
_ Il a raison, commenta Hermione.
Au loin, dans la lumière naissante, les chênes touffus de la forêt de Blanche Neige disparaissaient pour laisser place à de plates étendues de vert.
_ On va enfin quitter la foret, se réjouit Malfoy. J'en avais plein le cul, des forets.
_ Pourvu qu'on se retrouve dans un conte où il y a à manger, pria Ron.
Hermione se hâta à leur hauteur. Harry ferma les yeux lorsqu'il traversa la lumière.
Ron se tenait droit comme i, une expression de jouissance éternelle sur le visage.
Face à eux, une vallée de champs fertiles aux couleurs fauves s'étendait à perte de vue. Drago rejoignit le gryffondor.
_ Si tout ce que tu souhaites marche, Weasley, je t'en prie, souhaite que je m'en aille immédiatement.
Ron ferma les yeux, concentré.
_ Désolé, Malfoy. Tu es toujours là.
Harry pouffa de rire.
_ Des idées ? demanda Hermione.
_ Le brave petit tailleur ? Les musiciens de brême ? Cendrillon ? Pff, j'en sais rien.
_ Harry, tu sais ... Quand j'ai voulu... Ton sac... Enfin, je suis très étonnée que tu lises. Et encore plus que tu lises un livre moldu.
Harry soupira.
_ Tu promets de ne le dire à personne ? Je ne veux surtout pas que Malfoy le sache.
Hermione acquiesça.
_ Dumbledore m'a demandé de les lire. Il pense que, ça pourrait avoir un rapport avec...
_ J'ai compris.
Ron revenait vers eux.
_ Vous venez ? Il est temps de passer à table.
Hermione leva les yeux au ciel.
Ron partait devant, radieux. Des champs, des champs, à n'en plus finir, débordant de victuailles, légumes, fruits, céréales. Il n'y avait qu'à se servir.
Malfoy soupira.
_ Et tu comptes manger ça cru, Weasley ?
Ron ne prit pas la peine de répondre.
_ Quel manque d'éducation, fit Malfoy, consterné.
_ Tu peux toujours aller tuer une vache, si tu l'oses.
Drago leva les yeux au ciel.
_ Je ne tue jamais ma propre nourriture.
_ Ça risque d'être assez compliqué alors, pour ton festin.
Ron contourna l'enclos où un troupeau de vache s'ennuyait fermement, se disant qu'il aurait bien voulu leur donner quelques frayeurs, histoire de s'en mettre plein la panse. Ses yeux se fixèrent au sol, ravis de leur trouvaille. Ron appela ses compagnons.
_ Des citrouilles ? grinça Malfoy.
_ Ça devrait être assez facile à préparer. Ecartez-vous.
Ron leva sa baguette et murmura un sort qu'Harry ne connaissait pas.
L'instant d'après, le gryffondor aux cheveux d'ambre s'étaient installé par terre, invitant tout le monde à manger les portions de gratin de courge qu'ils avaient entre leurs mains.
_ Maman réussi toujours ce sort à merveille, expliqua-t-il, salivant d'avance.
Malfoy porta une cuillère à sa bouche.
_ Pouark ! Ta mère vous donne de la bouse de dragon à manger ? C'est infect, Weasley ! Infect !
Harry reposa le bol devant lui.
_ Je n'ai plus très faim, avoua-t-il.
Hermione soupira, déçue.
_ Tu as du te tromper dans la formule, Ron.
_ Décidément… Quel piètre sorcier tu fais…
_ La ferme, Malfoy ! cria Harry.
Le jeune homme tira sa baguette.
_ Euh, on va essayer avec ça. Edere Pararium !
Aussitôt, la citrouille s'éleva dans les airs, s'éclatant en quatre morceaux. De la pulpe venait de gicler dans l'œil de Ron.
_ Ça n'a même pas cuit, railla Malfoy.
Tous les yeux se tournèrent vers Hermione.
La jeune fille soupira, agacée.
_ A toi, Hermione, tenta Ron, avec espoir.
_ Montre-nous ce que tu sais faire, Hermione, encouragea Malfoy.
_ Festum satius !
La citrouille de la jeune fille s'était métamorphosée, en quelque chose qui ressemblait à une marmite de soupe.
_ Euh, tu n'aurais pas pu trouver mieux ? demanda Harry, qui regrettait déjà ses chocogrenouilles.
Hermione lui lança un regard noir.
Ron entreprit d'y gouter.
_ Euh… Disons que… C'est un peu mieux que mon gratin…
_ Tu plaisantes ? C'est tout aussi immonde ! Moi qui te croyais brillante, Granger…
Tous la regardèrent, déçus. Hermione ne put le supporter.
_ Vous vous attendiez à quoi, précisément ? A du filet de dinde marbré de citrouille ? A ce que gentille Hermione nourrisse tout le monde ? Tout ça parce que je suis, une fille ? J'aurais dû mieux réussir ce tour, c'est ça ?
_ Mais non, c'est pas ça…
_ Je ne veux pas t'entendre, Ronald ! Et toi Harry, tu ferais mieux de…
_ Bon, ça suffit ! cria Malfoy. Moi je vais chercher à manger. Et pas de la citrouille crue ! Ni un autre putain de légume trouvé dans un champ ! Qui m'aime, me suive. Alors surtout, ne venez pas !
Malfoy partit d'un pas décidé en direction de la maisonnette en bois qui bordait l'enclos des vaches.
Ron fronça les sourcils.
_ Il ne va tout de même pas oser…
La porte s'ouvrit sur une femme d'âge mur, les bras croisés.
Malfoy s'inclina. Le temps de quelques paroles que les trois gryffondors n'entendirent pas, le jeune Serpentard était invité à entrer. La porte se referma, laissant Harry, Ron et Hermione pantois.
_ Et bien… Malfoy sait séduire, on dirait, fit Ron, incrédule.
Hermione hocha la tête.
_ Tom Jeudusor utilisait la même courtoisie pour arriver à ses fins, avertit Harry.
_ Tu sais… commença Hermione, certaines de s'attirer les foudres de Harry en poursuivant ses paroles. Drago n'est peut-être pas aussi… Il n'est peut-être pas aussi abominable qu'on le croyait.
_ Excuse-moi ?
_ Elle n'a pas tort, tu sais… continua Ron, mal à l'aise. Je n'aurais jamais cru que Malfoy aurait pu protéger l'un d'entre nous.
_ Il te l'a dit, il ne l'a pas fait exprès !
_ Enfin Harry ! Ne peux-tu pas lui donner le bénéfice du doute ?
_ Pardon ?
_ Tu sais, parfois les gens changent… Je pense que Drago a changé.
_ Réfléchis, Hermione, c'est un Serpentard ! Et sa famille…
_ Harry, tu le sais mieux que tout le monde… Peut-on juger quelqu'un à cause des agissements de sa famille ? Tu es parents avec les Dursleys…
_ Les Dursleys n'ont jamais tué qui que ce soit ! hurla Harry.
Hermione se fit toute petite. Ron pris le relais.
_ Harry tu le sais, ça fait six ans qu'on se chamaille avec Malfoy. Personne à part toi ne déteste ce type plus que moi. Mais Hermione et moi on a passé trois jours seuls avec lui dans des situations les plus dangereuses et…
_ Méfiez-vous ! Méfiez-vous toujours de ce genre de petite vermine qui manie si bien le verbe et les actes. Tu l'as pourtant bien vu tout à l'heure, à la porte de cette femme. Qu'a-t-il pu bien lui dire pour… Je vous le redis, Jeudusor s'y prenait comme lui. Il manipulait les gens. Il vous a déjà embobinés…
_ Ne sois pas ridicule.
_ Il cherche à vous dresser contre moi !
_ La, tu deviens parano, mon vieux.
Harry s'enferma dans un silence boudeur, saisi de rage.
_ Tu verras Harry, penses-y, c'est tout. Je ne dis pas que j'ai pleinement confiance en lui…
_ J'ai toujours le sortilège antivol sur nos baguettes, au cas où. Pour rien au monde je lui passerais la mienne, précisa Hermione.
Ce qui eut pour effet de calmer Harry.
_ Regardez, il revient, fit Ron.
Drago salua de nouveau son hôtesse, et sous ses signes d'adieu, partit rejoindre les gryffondor, faisant mine de reprendre la route d'un long périple.
_ Tu crois qu'il a pensé à nous ? demanda la jeune fille.
_ Bien sûr que non, Hermione, trancha Harry.
Drago, arrivé à leur hauteur, planta un sourire satisfait sur ses lèvres.
_ Personne n'avait jugé utile de me préciser que la nourriture moldue était excellente.
_ Ça va, tu t'es bien rempli la panse ? Tout va bien pour toi ?
_ Ne me fais pas ses yeux là, Potter. Autrement, je donnerai ta part à Weasley.
_ Tu nous as rapporté quelque chose ? fit Ron, avec espoir.
_ Evidemment. On est compagnons de route ou on ne l'est pas.
Harry regarda Malfoy, sceptique.
_ Je plaisantais, Potter. Attrape !
Harry, qui avait bloqué le paquet de Malfoy comme on bloque un souaffle, entreprit de l'ouvrir.
Il contenait du pain, deux grosses parts de tourtes à la citrouille, une épaisse tranche de bœuf noyée dans une crêpe de Sarazin ainsi qu'une coupe de fruits confits.
Ron écarquilla les yeux.
_ Waouh ! Dis donc, tu t'es surpassé, Malfoy !
_ Merci, Drago.
_ De rien, Hermione.
_ Comment as-tu fais pour avoir tout ça ? Les paysans dans les contes de Grimm sont très pauvres…
_ Facile. Je lui ai donné quelque chose en échange.
_ Ah bon ?
_ Mais tu ne sauras pas ce que c'est, Granger. Mangez pendant que c'est encore chaud.
Harry croisa les bras, irrité.
_ A quoi tu joues, Malfoy ? C'est quoi cette fausse entraide ?
_ C'est vraiment ce que tu vois, Potter ? De la fausse entraide ?
_ Tu es un Serpentard ! fit Harry, comme si cela suffisait à tout expliquer.
Drago posa les yeux sur ses compagnons d'infortunes. Trois gryffondors. Trois bonnes poires gorgées de gentillesse qui doutaient de la sienne.
Le jeune homme soupira.
_ Pauvres enfants, décidément. Même toi, Granger. Apres toutes ses années, vous n'avez toujours rien compris à la maison Serpentard. Servir ses intérêts, avant tout. Au cas où vous ne vous en êtes toujours pas rendu compte, vos intérêts sont aussi les miens.
