Bonjour, bonjour…
Après une (très longue) pause de 5 ans, je reprends cette histoire dans le but cette fois-ci de la finir !
Et si je n'y arrive pas… Lapidez-moi svp...
Merci à tous pour les encouragements et les reviews :)
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions !
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Ron sentit son cœur manquer un battement. Autour de lui, casseroles de cuivre, cheminée en fonte et table de bois servaient de paysage à une magnifique jeune femme blonde aux yeux saillants. Hermione sentait la frayeur affluer sur le visage de l'inconnue. Personne n'osa bouger.
Au bout d'un moment, la jeune fille recula.
_ Oh, non n'ayez pas peur ! commença Hermione.
La jeune fille sentit l'inconnue se glacer d'effroi.
_ Nous ne vous voulons aucun mal, continua-t-elle.
Ron afficha son air le plus innocent.
_ Galapiat vous estes.
_ Hein ? Qu'est-ce qu'elle vient de dire ?
_ Je n'en sais rien, Ron.
Hermione tenta une seconde approche.
_ Mademoiselle… Vous avez bien un prénom ? Je suis Her-mi-one, articula-t-elle en posant sa main sur sa poitrine.
_ Ron, murmura le gryffondor d'une voix rauque et suave.
La jeune fille se cacha derrière une chaise, les yeux rivés sur Ron.
_ Sûrement une paysanne, expliqua Hermione. Vous travaillez en cuisine ?
_ Estropiat ! Ne m'esforcez pas !
La jeune fille, maladroite, tomba en arrière. Hermione se précipita pour la relever, ce qui l'effraya d'autant plus. Elle se recula, fébrile, de toute la force de ses bras, et s'empêtra les mains dans son fichu qui venait de glisser le long de ses épaules.
Ron ouvrit la bouche, ébahit.
_ Est-ce que… Est-ce que c'est une prostituée ?
Hermione écarquilla les yeux.
_ Est-ce que j'ai mal entendu, Ron ?!
_ Mais regarde comme elle est habillée ! J'ai jamais vu quelque chose d'aussi…
Le gryffondor noyait ses yeux dans la poitrine la plus opulente qu'il soit. Hermione avisa le décolleté plongeant de la jeune fille.
_ Histoire de mode, Ron. Remets-toi. C'est comme ça que s'habillaient les femmes du moyen âge.
_ J'aime le Moyen Age… Aie !
Hermione venait de lui envoyer un grand coup de coude dans les côtes. Ron lui lança un regard furieux. La jeune fille replaça son châle sur ses épaules, pour le plus grand chagrin de Ron.
_ Réfléchis, Ronald, et puis elle est surement vierge en plus, c'était l'usage à l'époque.
Ron fixa Hermione dans un regard d'incompréhension.
_ Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Lavande Brown ?
Hermione leva les yeux au ciel.
La table devant eux regorgeait de victuailles plus appétissantes les unes que les autres. La gryffondor jeta un œil en direction de la paysanne.
_ Est-ce que tu me permets d'en prendre ?
_ On a pas mangé depuis des jours, expliqua Ron.
Hermione s'aperçut qu'il fixait sans retenue les courbes de la paysanne.
La jeune fille hocha la tête, angoissée. Elle veillait à se tenir à bonne distance des deux étrangers.
Ron prit place, les deux pieds sous la table.
_ Ron ! engueula Hermione. On a pas le temps ! Ils doivent être en train de nous chercher, dehors !
_ Oui, tu l'as bien dit. Dehors.
Ron avalait les tranches de pain aussi vite que sa salive le lui permettait. Hermione l'imita, dégoutée par les bruits cannibales de sa propre mâchoire.
La jeune fille les observait depuis l'autre bout de la pièce.
Hermione s'essuya la bouche.
_ Il va falloir sortir de ce château.
Ron hocha la tête.
_ L'entrée est surement gardée. Il faudrait passer par les sous- terrains. Il y en a forcément. On en trouve dans tous les… Ron ? Ron ! Est-ce que tu m'écoutes ?
L'attention du jeune homme se focalisait plutôt à l'autre bout de la pièce.
Hermione fronça les sourcils, irritée.
_ Peut-être qu'au fond tu n'as pas tort. Peut-être qu'au fond j'aime bien les blondes…
Hermione se leva si vite que sa chaise tomba en arrière.
_ Prends des provisions, ordonna-t-elle. On en aura peut-être besoin !
Le son de sa voix claqua comme un fouet dans les airs, tandis que ses mains, tremblant de fureur, collectaient le plus de nourriture possible qu'elles emballèrent dans un torchon de lin.
Ron s'approcha de la jeune fille, qui ne recula pas cette fois, les yeux noyés dans ceux du Gryffondor.
_ Euh, en fait… Tu es plutôt… Comment Seamus dit ça, déjà ? Bonn…
_ On s'en fout de ce que dit Seamus !
Hermione s'aperçut qu'il n'avait pas l'air de vouloir détacher son regard de celui de la paysanne, et qu'elle le lui rendait bien.
La jeune blonde tendit sa main vers lui, sous le regard scandalisé de la Gryffondor.
_ Ron ! On s'en va !
_ Attends, elle veut me dire quelque chose.
Hermione renifla avec mépris.
Soudain, des bruits de pas résonnèrent dans l'escalier en colimaçon.
La jeune fille se raidit.
_ Farcerie ! Essoine ! Issez d'ici ! s'écria-t-elle.
Ron lui lança un regard noir, teinté d'incompréhension.
Hermione agrippa son poignet. Les deux gryffondors s'engouffrèrent par la porte latérale, sous les cris de l'oie blanche aux cheveux d'or.
Ron gardait le silence, désarçonné.
_ Maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'elle ressemble à cette trainée de Lavande.
_ Lavande, une trainée ? demanda Ron, tandis qu'ils arpentaient les couloirs sombres du château.
_ Oui ! C'était surement son ancêtre ! Même tête de pimbèche.
_ Lavande n'est pas une pimbèche…
Hermione soupira de frustration.
_ Vous les garçons, vous êtes tellement aveugles !
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_ Comment tu comptes t'y prendre ? Ça doit faire au moins 10m. Et on a pas de magie.
_ Harry aurait sans doute sauté.
_ Tu es folle ? On ne va pas sauter !
Ron avisait le gouffre qui les séparait du rempart. Un trou béant, à des dizaines de mètres du sol, s'étendait sous leurs pieds.
_ Je me demande toujours dans quel conte nous sommes, murmura Hermione, observant la plus haute tour du château, comme pour y déceler les origines de leur mal être.
_ Peu importe chez quelle méchante sorcière nous sommes ! Elle court-circuite tes pouvoirs et tu ne vas pas sauter, Hermione !
La jeune fille hocha la tête, attrapant la main de son ami qui la ramenait fermement loin du vide.
_ On va contourner, déclara Ron.
_ Ça risque d'être assez long, fit remarquer Hermione.
_ Au moins, on en sortira vivants. Viens !
Hermione s'engagea derrière Ron qui disparaissait dans les couloirs à pas feutrés. Au fil d'un dédale de portes et d'escaliers, les deux gryffondors se fondaient dans l'ombre des murs de pierre, évitant chaque éclat de voix qui leur parvenait aux oreilles.
Au bout d'un moment, Ron stoppa net. Un bout de chemin devait se faire à découvert. Hermione lui donna un coup de coude. Posté à quelques mètres de là, un homme en armures montait la garde.
Ron soupira, frustré.
_ On fait comment, maintenant ?
Hermione tourna la tête.
_ Tu connais le jeu de la porte surprise ?
_ Hein ?
_ On entre par-là, et on passe par la fenêtre.
Ron écarquilla les yeux.
_ Et t'en as beaucoup des idées comme ça ?
Hermione soupira.
_ N'ouvre pas cette porte alors, si tu as mieux à proposer.
Ron fit mine de réfléchir quelques instants. Le jeune homme prit une grande inspiration et posa sa main sur la poignée. Les deux gryffondors s'engouffrèrent à l'intérieur.
Sans un bruit, Ron referma la porte. Hermione demeurait immobile. Dans une toute petite chambre aux murs de soie, une vieille femme les regardait de ses yeux doux, depuis son lit. Hermione, mal à l'aise, lui rendit son sourire amical. Ron remarqua que la vieille femme avait l'air bien fatiguée.
_ Je crois que nous sommes sur son lit de mort, expliqua-t-il doucement aux oreilles d'Hermione.
La jeune fille trembla, envahie par l'émotion.
_ Hermione ! Qu'est-ce que tu fais ?
_ Elle me rappelle ma grand-mère…
La gryffondor s'approcha doucement du lit de la vieille femme qui lui tendait la main.
_ Rose ? murmura-t-elle, à bout de souffle.
Hermione secoua la tête, navrée.
_ Ma petiote… Prends garde à elle. Son ceur est plus dru que la pierre…
Ron fronça les sourcils.
_ De qui est-ce qu'elle parle ?
Hermione haussa les épaules, des sanglots dans les yeux.
_ Rose… gémit la vieille femme, les yeux fermés.
_ Hermione, viens, appela Ron.
La jeune fille déposa un baiser sur le front de la vieille femme et lâcha ses mains à regrets.
Ron la saisit par l'épaule, nerveux. Son pied se posa sur la brique.
_ Il faut être complètement givré pour faire ça, souffla-t-il.
Hermione hocha la tête, perdue.
_ Je passe devant.
Sur ces mots, Ron engagea son pied sur la pierre, cherchant une prise pour sa main. Hermione le suivit à travers la fenêtre ouverte, non sans un dernier regard pour la vieille femme qui dormait à présent.
La jeune fille ravala ses larmes.
_ Ma grand-mère aussi est morte seule…
Ron leva les yeux au ciel, gêné.
Suspendu à des dizaines de mètres au-dessus du sol, peinant de toutes ses forces à chercher des prises pour y accrocher ses mains, à mi-chemin entre le vertige et la chute, il n'y avait que les filles pour trouver le moment propice à parler de leurs états d'âme.
Quelques minutes plus tard, Hermione s'était ressaisie et atterrissait souplement aux côté de Ron, aussi surprise que lui que personne n'ait été témoins de leur petite démonstration acrobatique.
Ron ouvrit la voie, marchant dans les couloirs avec vigilance. Hermione le suivait, prudente et pensive à la fois.
_ Qui était Rose, d'après toi ?
Hermione secoua la tête.
_ Aucune idée.
Le silence s'imposa naturellement.
_ Désolé pour ta grand-mère, fit Ron au bout d'un moment.
_ Je suppose que c'est ce qui arrive lorsqu'on ne vient pas d'une famille nombreuse.
Ron haussa les épaules.
_ S'il n'y avait que des avantages à avoir des frères et sœurs, je ne serais pas à l'affut de tout ce qui brille.
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_ Je suis d'avis de monter.
_ Moi je pense qu'il faut descendre.
_ Hermione…
_ En plus c'est plutôt évident. Tu le vois bien, qu'on ne peut pas traverser le rempart. Il est à découvert.
_ C'est toi qui n'arrête pas de dire qu'il faut monter depuis tout à l'heure.
_ Et alors ? Il faut parfois redescendre pour mieux monter. Tu devrais pourtant être content, non ? Il me semble que quelque chose qui retient beaucoup ton attention se trouve plus bas sous nos pieds.
Ron regarda Hermione, confus. De quoi parlait-elle avec tant d'aigreur ? Qu'est-ce qui pouvait bienretenir son attention en bas, au point de… Oh… Mais… Pourquoi…? Non…
Ses lèvres se murent en un sourire goguenard.
_ Hermione, tu ne vas quand même pas me dire que tu es jalouse ?
_ Pour qui est-ce que tu me prends, Ronald ?! Je me moque de ton oie blanche à la lavande ! Tu n'as qu'à te pendre à son cou si ça te chante !
La jeune fille partit devant, fulminante, la tête haute, drapée dans un silence de dignité. Ron s'engagea derrière elle, complètement désarçonné.
_ Oie blanche à la lavande… murmura-t-il, écœuré.
Hermione lui lança un regard noir lorsqu'il posa sa main sur son épaule. A l'abri derrière une poutre de pierre, la jeune fille guettait le bruit des voix qui se rapprochait. Ron retira sa main, offusqué.
_ Il faudrait vraiment passer par là.
_ Ça a l'air gardé, Hermione.
_ Peu importe ! Il faut quitter cet endroit maudit au plus vite !
_ Dis tout de suite que tu ne te plais pas avec moi, dans ce château !
_ Imbécile ! J'ai peur pour Harry !
_ Harry… Toujours Harry… maugréa Ron dans sa barbe.
Hermione fit mine de ne pas l'entendre.
Au bout du couloir, des tintements d'armures affluaient dans leur direction.
_ Ron ! Ça vient vers nous !
_ Quoi ? Mais non, ils vont tourner avant…
_ Ils n'ont pas l'air de vouloir tourner…
_ Oh merde, qu'est-ce qu'on fait…
_ Ils vont nous voir !
_ Euh…
_ Ils vont nous voir !
_ Jeu de la porte surprise alors !
Ron se jeta en avant contre la première porte qu'il trouva. Les mains tremblantes, il se rua à l'intérieur, suivi de près par Hermione.
Quelques secondes plus tard, la jeune fille distinguait dans l'entrebâillement de la porte une patrouille de garde marcher religieusement dans un rythme militaire à l'endroit même où les deux gryffondors se tenaient quelques instants plus tôt.
_ Ce coup-ci, c'était moins une… souffla Ron.
Hermione ne répondit pas. Face à ses yeux se tenaient pas moins douze femmes qui la regardaient d'un air vagabond. Ron déglutit. Il avait déjà entendu Seamus parler d'un harem et des habitudes qui se pratiquaient dans ce genre de lieu, mais rien au monde n'avait laissé présager qu'il se retrouverait un jour au beau milieu d'un de ces endroits bénis.
_ La voie est libre ! Viens !
Hermione le tira en arrière. Ron se laissa faire, interdit. L'instant d'après, ils quittaient cette aile du château. Le jeune homme, qui avait jusque-là prié très fort pour qu'aucune grand-mère mourante qui fasse pleurer Hermione ne se trouve derrière leur jeu de la porte surprise, maugréa quelques mots dans sa barbe. La gryffondor entendit percer le terme harem dans sa phrase.
_ Ce que tu peux être idiot, Ronald. Ces pratiques n'ont jamais eu lieu du temps des frères Grimm –enfin, pas en tant que telles-. C'était plutôt outre-manche. Chez les ottomans.
_ C'est quoi les ottomans ?
Hermione leva les yeux au ciel.
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_ Voilà. C'est juste là.
_ Rappelle moi pourquoi on est pas passés par les sous terrains ?
_ Parce que tout le monde nous cherche en bas. Et personne ne se doute que nous sommes en haut. Remercie ta gentille petite paysanne pour ça.
Ron leva les yeux au ciel.
_ Je suis sûr que cette pauvre fille était…
Hermione soupira, excédée.
_ Ne me dis pas ce que cette pauvre fille était, s'il te plait !
Ron se tut, perplexe.
_ Il va vraiment falloir descendre par-là ? Merlin… C'est du suicide, Hermione.
_ Libre à toi de rester ici alors ! Moi je m'en vais loin d'ici, je veux récupérer ma magie !
Hermione enjamba la balustrade.
_ Attends.
Ron l'attrapa par les hanches.
_ Je ne te laisse pas te tuer toute seule, je viens avec toi bien sûr.
Hermione plongea ses yeux dans ceux de Ron, troublée.
Ron avisa la hauteur du sol sous ses pieds.
_ On attend la relève de la garde, déclara-t-il.
Hermione acquiesça, les yeux rivés sur l'homme en armures à quelques mètres d'eux.
Ron bailla sans retenue.
Hermione soupira.
_ Il va bientôt se faire remplacer, c'est sûr !
_ Ron, ça fait plus d'une heure que tu me dis ça…
_ Aies confiance, Hermione…
La jeune fille haussa les épaules, boudeuse. Nonchalante, elle installa ses bras sur la pierre et y posa sa tête dans un soupir exaspéré. Pour lutter contre l'ennui, elle avait entreprit d'observer les petites silhouettes qui s'agitaient en contrebas. La vie du château était rythmée par les entrées et sorties de nombreux convois, tous plus différents les uns que les autres. A nouveau, le pont levis s'abaissait.
Ron bailla de nouveau.
Un nouveau groupe de chevaux fit son entrée. Un homme droit et fier menait le cortège, qui semblait conduire quelque chose d'assez immense qui avait tout l'air de ressembler à une sorte de cage.
Hermione fronça les sourcils.
Ron contemplait les nuages, jetant régulièrement des coups d'œil sur le garde qui ne semblait pas se lasser de l'ingratitude de son poste.
Une salve de rire éclata en contrebas. Le sire à la tête du convoi mit pied à terre et se dirigea vers la cage. Hermione réalisa avec effroi qu'un homme était retenu à l'intérieur. Le bourreau força sa victime à se prosterner sous son joug au son des rires gras des passants dans la cour.
_ Saleté de temps obscurs… murmura Hermione.
_ Tu as dit quelque chose ?
La jeune fille secoua la tête.
_ Rien d'important. J'avais juste oublié certains aspects déplaisants du Moyen Age.
_ Comme quoi ?
L'homme en armures tenait à présent un discours des plus animés, l'attention de tous rivée sur ses paroles.
_ La barbarie, l'obscurantisme…
_ Moi j'aime b…
_ Silence !
_ Oh, il arrive enfin, le garde !
Ron se baissa pour ne pas être vu. Deux hommes en armures venaient relever la sentinelle. Ron les écouta dans un silence religieux. Hermione, en revanche, gardait une oreille sur le discours enflammé des hommes en contrebas.
_ …fredain des estours, vile créature de satan ! Nous allâmes par le feu t'occire ! Que Dieu soit témoins de ton trépas ! Tu pérriras par les flammes !
_ Arrière, bande de sales mangemorts ! Je suis un Sang pur !
Hermione plaqua sa main contre sa bouche. Ron lui tira le bras.
_ C'est le moment, prépare toi à sauter !
_ Attends ! Ron, attends !
La jeune fille agrippa son ami par le col de la chemise et le baissa à son niveau.
_ Ecoute… Ecoute ça…
Ron fronça les sourcils.
_ SORCELLERIE ! Que ton sang bouillonne dans les entrailles du malin ! Que ta chair se meure en pleuraison ! Il ne restera de ta vie que des poldres !
_ Mes pouvoirs dépassent les vôtres ! Bande de moldus bornés ! Arrière ! Petrificus Totalus ! Stupefix ! Stupéfix !
Ron pâlit tout à coup. Les deux gryffondors se dévisagèrent, un air d'outre-tombe scotché sur le visage.
_ Par Merlin ! Mais… Mais c'est Neville !
Ron sentit son cœur manquer un battement. Autour de lui, casseroles de cuivre, cheminée en fonte et table de bois servaient de paysage à une magnifique jeune femme blonde aux yeux saillants. Hermione sentait la frayeur affluer sur le visage de l'inconnue. Personne n'osa bouger.
Au bout d'un moment, la jeune fille recula.
_ Oh, non n'ayez pas peur ! commença Hermione.
La jeune fille sentit l'inconnue se glacer d'effroi.
_ Nous ne vous voulons aucun mal, continua-t-elle.
Ron afficha son air le plus innocent.
_ Galapiat vous estes.
_ Hein ? Qu'est-ce qu'elle vient de dire ?
_ Je n'en sais rien, Ron.
Hermione tenta une seconde approche.
_ Mademoiselle… Vous avez bien un prénom ? Je suis Her-mi-one, articula-t-elle en posant sa main sur sa poitrine.
_ Ron, murmura le gryffondor d'une voix rauque et suave.
La jeune fille se cacha derrière une chaise, les yeux rivés sur Ron.
_ Sûrement une paysanne, expliqua Hermione. Vous travaillez en cuisine ?
_ Estropiat ! Ne m'esforcez pas !
La jeune fille, maladroite, tomba en arrière. Hermione se précipita pour la relever, ce qui l'effraya d'autant plus. Elle se recula, fébrile, de toute la force de ses bras, et s'empêtra les mains dans son fichu qui venait de glisser le long de ses épaules.
Ron ouvrit la bouche, ébahit.
_ Est-ce que… Est-ce que c'est une prostituée ?
Hermione écarquilla les yeux.
_ Est-ce que j'ai mal entendu, Ron ?!
_ Mais regarde comme elle est habillée ! J'ai jamais vu quelque chose d'aussi…
Le gryffondor noyait ses yeux dans la poitrine la plus opulente qu'il soit. Hermione avisa le décolleté plongeant de la jeune fille.
_ Histoire de mode, Ron. Remets-toi. C'est comme ça que s'habillaient les femmes du moyen âge.
_ J'aime le Moyen Age… Aie !
Hermione venait de lui envoyer un grand coup de coude dans les côtes. Ron lui lança un regard furieux. La jeune fille replaça son châle sur ses épaules, pour le plus grand chagrin de Ron.
_ Réfléchis, Ronald, et puis elle est surement vierge en plus, c'était l'usage à l'époque.
Ron fixa Hermione dans un regard d'incompréhension.
_ Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Lavande Brown ?
Hermione leva les yeux au ciel.
La table devant eux regorgeait de victuailles plus appétissantes les unes que les autres. La gryffondor jeta un œil en direction de la paysanne.
_ Est-ce que tu me permets d'en prendre ?
_ On a pas mangé depuis des jours, expliqua Ron.
Hermione s'aperçut qu'il fixait sans retenue les courbes de la paysanne.
La jeune fille hocha la tête, angoissée. Elle veillait à se tenir à bonne distance des deux étrangers.
Ron prit place, les deux pieds sous la table.
_ Ron ! engueula Hermione. On a pas le temps ! Ils doivent être en train de nous chercher, dehors !
_ Oui, tu l'as bien dit. Dehors.
Ron avalait les tranches de pain aussi vite que sa salive le lui permettait. Hermione l'imita, dégoutée par les bruits cannibales de sa propre mâchoire.
La jeune fille les observait depuis l'autre bout de la pièce.
Hermione s'essuya la bouche.
_ Il va falloir sortir de ce château.
Ron hocha la tête.
_ L'entrée est surement gardée. Il faudrait passer par les sous- terrains. Il y en a forcément. On en trouve dans tous les… Ron ? Ron ! Est-ce que tu m'écoutes ?
L'attention du jeune homme se focalisait plutôt à l'autre bout de la pièce.
Hermione fronça les sourcils, irritée.
_ Peut-être qu'au fond tu n'as pas tort. Peut-être qu'au fond j'aime bien les blondes…
Hermione se leva si vite que sa chaise tomba en arrière.
_ Prends des provisions, ordonna-t-elle. On en aura peut-être besoin !
Le son de sa voix claqua comme un fouet dans les airs, tandis que ses mains, tremblant de fureur, collectaient le plus de nourriture possible qu'elles emballèrent dans un torchon de lin.
Ron s'approcha de la jeune fille, qui ne recula pas cette fois, les yeux noyés dans ceux du Gryffondor.
_ Euh, en fait… Tu es plutôt… Comment Seamus dit ça, déjà ? Bonn…
_ On s'en fout de ce que dit Seamus !
Hermione s'aperçut qu'il n'avait pas l'air de vouloir détacher son regard de celui de la paysanne, et qu'elle le lui rendait bien.
La jeune blonde tendit sa main vers lui, sous le regard scandalisé de la Gryffondor.
_ Ron ! On s'en va !
_ Attends, elle veut me dire quelque chose.
Hermione renifla avec mépris.
Soudain, des bruits de pas résonnèrent dans l'escalier en colimaçon.
La jeune fille se raidit.
_ Farcerie ! Essoine ! Issez d'ici ! s'écria-t-elle.
Ron lui lança un regard noir, teinté d'incompréhension.
Hermione agrippa son poignet. Les deux gryffondors s'engouffrèrent par la porte latérale, sous les cris de l'oie blanche aux cheveux d'or.
Ron gardait le silence, désarçonné.
_ Maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'elle ressemble à cette trainée de Lavande.
_ Lavande, une trainée ? demanda Ron, tandis qu'ils arpentaient les couloirs sombres du château.
_ Oui ! C'était surement son ancêtre ! Même tête de pimbèche.
_ Lavande n'est pas une pimbèche…
Hermione soupira de frustration.
_ Vous les garçons, vous êtes tellement aveugles !
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_ Comment tu comptes t'y prendre ? Ça doit faire au moins 10m. Et on a pas de magie.
_ Harry aurait sans doute sauté.
_ Tu es folle ? On ne va pas sauter !
Ron avisait le gouffre qui les séparait du rempart. Un trou béant, à des dizaines de mètres du sol, s'étendait sous leurs pieds.
_ Je me demande toujours dans quel conte nous sommes, murmura Hermione, observant la plus haute tour du château, comme pour y déceler les origines de leur mal être.
_ Peu importe chez quelle méchante sorcière nous sommes ! Elle court-circuite tes pouvoirs et tu ne vas pas sauter, Hermione !
La jeune fille hocha la tête, attrapant la main de son ami qui la ramenait fermement loin du vide.
_ On va contourner, déclara Ron.
_ Ça risque d'être assez long, fit remarquer Hermione.
_ Au moins, on en sortira vivants. Viens !
Hermione s'engagea derrière Ron qui disparaissait dans les couloirs à pas feutrés. Au fil d'un dédale de portes et d'escaliers, les deux gryffondors se fondaient dans l'ombre des murs de pierre, évitant chaque éclat de voix qui leur parvenait aux oreilles.
Au bout d'un moment, Ron stoppa net. Un bout de chemin devait se faire à découvert. Hermione lui donna un coup de coude. Posté à quelques mètres de là, un homme en armures montait la garde.
Ron soupira, frustré.
_ On fait comment, maintenant ?
Hermione tourna la tête.
_ Tu connais le jeu de la porte surprise ?
_ Hein ?
_ On entre par-là, et on passe par la fenêtre.
Ron écarquilla les yeux.
_ Et t'en as beaucoup des idées comme ça ?
Hermione soupira.
_ N'ouvre pas cette porte alors, si tu as mieux à proposer.
Ron fit mine de réfléchir quelques instants. Le jeune homme prit une grande inspiration et posa sa main sur la poignée. Les deux gryffondors s'engouffrèrent à l'intérieur.
Sans un bruit, Ron referma la porte. Hermione demeurait immobile. Dans une toute petite chambre aux murs de soie, une vieille femme les regardait de ses yeux doux, depuis son lit. Hermione, mal à l'aise, lui rendit son sourire amical. Ron remarqua que la vieille femme avait l'air bien fatiguée.
_ Je crois que nous sommes sur son lit de mort, expliqua-t-il doucement aux oreilles d'Hermione.
La jeune fille trembla, envahie par l'émotion.
_ Hermione ! Qu'est-ce que tu fais ?
_ Elle me rappelle ma grand-mère…
La gryffondor s'approcha doucement du lit de la vieille femme qui lui tendait la main.
_ Rose ? murmura-t-elle, à bout de souffle.
Hermione secoua la tête, navrée.
_ Ma petiote… Prends garde à elle. Son ceur est plus dru que la pierre…
Ron fronça les sourcils.
_ De qui est-ce qu'elle parle ?
Hermione haussa les épaules, des sanglots dans les yeux.
_ Rose… gémit la vieille femme, les yeux fermés.
_ Hermione, viens, appela Ron.
La jeune fille déposa un baiser sur le front de la vieille femme et lâcha ses mains à regrets.
Ron la saisit par l'épaule, nerveux. Son pied se posa sur la brique.
_ Il faut être complètement givré pour faire ça, souffla-t-il.
Hermione hocha la tête, perdue.
_ Je passe devant.
Sur ces mots, Ron engagea son pied sur la pierre, cherchant une prise pour sa main. Hermione le suivit à travers la fenêtre ouverte, non sans un dernier regard pour la vieille femme qui dormait à présent.
La jeune fille ravala ses larmes.
_ Ma grand-mère aussi est morte seule…
Ron leva les yeux au ciel, gêné.
Suspendu à des dizaines de mètres au-dessus du sol, peinant de toutes ses forces à chercher des prises pour y accrocher ses mains, à mi-chemin entre le vertige et la chute, il n'y avait que les filles pour trouver le moment propice à parler de leurs états d'âme.
Quelques minutes plus tard, Hermione s'était ressaisie et atterrissait souplement aux côté de Ron, aussi surprise que lui que personne n'ait été témoins de leur petite démonstration acrobatique.
Ron ouvrit la voie, marchant dans les couloirs avec vigilance. Hermione le suivait, prudente et pensive à la fois.
_ Qui était Rose, d'après toi ?
Hermione secoua la tête.
_ Aucune idée.
Le silence s'imposa naturellement.
_ Désolé pour ta grand-mère, fit Ron au bout d'un moment.
_ Je suppose que c'est ce qui arrive lorsqu'on ne vient pas d'une famille nombreuse.
Ron haussa les épaules.
_ S'il n'y avait que des avantages à avoir des frères et sœurs, je ne serais pas à l'affut de tout ce qui brille.
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_ Je suis d'avis de monter.
_ Moi je pense qu'il faut descendre.
_ Hermione…
_ En plus c'est plutôt évident. Tu le vois bien, qu'on ne peut pas traverser le rempart. Il est à découvert.
_ C'est toi qui n'arrête pas de dire qu'il faut monter depuis tout à l'heure.
_ Et alors ? Il faut parfois redescendre pour mieux monter. Tu devrais pourtant être content, non ? Il me semble que quelque chose qui retient beaucoup ton attention se trouve plus bas sous nos pieds.
Ron regarda Hermione, confus. De quoi parlait-elle avec tant d'aigreur ? Qu'est-ce qui pouvait bienretenir son attention en bas, au point de… Oh… Mais… Pourquoi…? Non…
Ses lèvres se murent en un sourire goguenard.
_ Hermione, tu ne vas quand même pas me dire que tu es jalouse ?
_ Pour qui est-ce que tu me prends, Ronald ?! Je me moque de ton oie blanche à la lavande ! Tu n'as qu'à te pendre à son cou si ça te chante !
La jeune fille partit devant, fulminante, la tête haute, drapée dans un silence de dignité. Ron s'engagea derrière elle, complètement désarçonné.
_ Oie blanche à la lavande… murmura-t-il, écœuré.
Hermione lui lança un regard noir lorsqu'il posa sa main sur son épaule. A l'abri derrière une poutre de pierre, la jeune fille guettait le bruit des voix qui se rapprochait. Ron retira sa main, offusqué.
_ Il faudrait vraiment passer par là.
_ Ça a l'air gardé, Hermione.
_ Peu importe ! Il faut quitter cet endroit maudit au plus vite !
_ Dis tout de suite que tu ne te plais pas avec moi, dans ce château !
_ Imbécile ! J'ai peur pour Harry !
_ Harry… Toujours Harry… maugréa Ron dans sa barbe.
Hermione fit mine de ne pas l'entendre.
Au bout du couloir, des tintements d'armures affluaient dans leur direction.
_ Ron ! Ça vient vers nous !
_ Quoi ? Mais non, ils vont tourner avant…
_ Ils n'ont pas l'air de vouloir tourner…
_ Oh merde, qu'est-ce qu'on fait…
_ Ils vont nous voir !
_ Euh…
_ Ils vont nous voir !
_ Jeu de la porte surprise alors !
Ron se jeta en avant contre la première porte qu'il trouva. Les mains tremblantes, il se rua à l'intérieur, suivi de près par Hermione.
Quelques secondes plus tard, la jeune fille distinguait dans l'entrebâillement de la porte une patrouille de garde marcher religieusement dans un rythme militaire à l'endroit même où les deux gryffondors se tenaient quelques instants plus tôt.
_ Ce coup-ci, c'était moins une… souffla Ron.
Hermione ne répondit pas. Face à ses yeux se tenaient pas moins douze femmes qui la regardaient d'un air vagabond. Ron déglutit. Il avait déjà entendu Seamus parler d'un harem et des habitudes qui se pratiquaient dans ce genre de lieu, mais rien au monde n'avait laissé présager qu'il se retrouverait un jour au beau milieu d'un de ces endroits bénis.
_ La voie est libre ! Viens !
Hermione le tira en arrière. Ron se laissa faire, interdit. L'instant d'après, ils quittaient cette aile du château. Le jeune homme, qui avait jusque-là prié très fort pour qu'aucune grand-mère mourante qui fasse pleurer Hermione ne se trouve derrière leur jeu de la porte surprise, maugréa quelques mots dans sa barbe. La gryffondor entendit percer le terme harem dans sa phrase.
_ Ce que tu peux être idiot, Ronald. Ces pratiques n'ont jamais eu lieu du temps des frères Grimm –enfin, pas en tant que telles-. C'était plutôt outre-manche. Chez les ottomans.
_ C'est quoi les ottomans ?
Hermione leva les yeux au ciel.
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_ Voilà. C'est juste là.
_ Rappelle moi pourquoi on est pas passés par les sous terrains ?
_ Parce que tout le monde nous cherche en bas. Et personne ne se doute que nous sommes en haut. Remercie ta gentille petite paysanne pour ça.
Ron leva les yeux au ciel.
_ Je suis sûr que cette pauvre fille était…
Hermione soupira, excédée.
_ Ne me dis pas ce que cette pauvre fille était, s'il te plait !
Ron se tut, perplexe.
_ Il va vraiment falloir descendre par-là ? Merlin… C'est du suicide, Hermione.
_ Libre à toi de rester ici alors ! Moi je m'en vais loin d'ici, je veux récupérer ma magie !
Hermione enjamba la balustrade.
_ Attends.
Ron l'attrapa par les hanches.
_ Je ne te laisse pas te tuer toute seule, je viens avec toi bien sûr.
Hermione plongea ses yeux dans ceux de Ron, troublée.
Ron avisa la hauteur du sol sous ses pieds.
_ On attend la relève de la garde, déclara-t-il.
Hermione acquiesça, les yeux rivés sur l'homme en armures à quelques mètres d'eux.
Ron bailla sans retenue.
Hermione soupira.
_ Il va bientôt se faire remplacer, c'est sûr !
_ Ron, ça fait plus d'une heure que tu me dis ça…
_ Aies confiance, Hermione…
La jeune fille haussa les épaules, boudeuse. Nonchalante, elle installa ses bras sur la pierre et y posa sa tête dans un soupir exaspéré. Pour lutter contre l'ennui, elle avait entreprit d'observer les petites silhouettes qui s'agitaient en contrebas. La vie du château était rythmée par les entrées et sorties de nombreux convois, tous plus différents les uns que les autres. A nouveau, le pont levis s'abaissait.
Ron bailla de nouveau.
Un nouveau groupe de chevaux fit son entrée. Un homme droit et fier menait le cortège, qui semblait conduire quelque chose d'assez immense qui avait tout l'air de ressembler à une sorte de cage.
Hermione fronça les sourcils.
Ron contemplait les nuages, jetant régulièrement des coups d'œil sur le garde qui ne semblait pas se lasser de l'ingratitude de son poste.
Une salve de rire éclata en contrebas. Le sire à la tête du convoi mit pied à terre et se dirigea vers la cage. Hermione réalisa avec effroi qu'un homme était retenu à l'intérieur. Le bourreau força sa victime à se prosterner sous son joug au son des rires gras des passants dans la cour.
_ Saleté de temps obscurs… murmura Hermione.
_ Tu as dit quelque chose ?
La jeune fille secoua la tête.
_ Rien d'important. J'avais juste oublié certains aspects déplaisants du Moyen Age.
_ Comme quoi ?
L'homme en armures tenait à présent un discours des plus animés, l'attention de tous rivée sur ses paroles.
_ La barbarie, l'obscurantisme…
_ Moi j'aime b…
_ Silence !
_ Oh, il arrive enfin, le garde !
Ron se baissa pour ne pas être vu. Deux hommes en armures venaient relever la sentinelle. Ron les écouta dans un silence religieux. Hermione, en revanche, gardait une oreille sur le discours enflammé des hommes en contrebas.
_ …fredain des estours, vile créature de satan ! Nous allâmes par le feu t'occire ! Que Dieu soit témoins de ton trépas ! Tu pérriras par les flammes !
_ Arrière, bande de sales mangemorts ! Je suis un Sang pur !
Hermione plaqua sa main contre sa bouche. Ron lui tira le bras.
_ C'est le moment, prépare toi à sauter !
_ Attends ! Ron, attends !
La jeune fille agrippa son ami par le col de la chemise et le baissa à son niveau.
_ Ecoute… Ecoute ça…
Ron fronça les sourcils.
_ SORCELLERIE ! Que ton sang bouillonne dans les entrailles du malin ! Que ta chair se meure en pleuraison ! Il ne restera de ta vie que des poldres !
_ Mes pouvoirs dépassent les vôtres ! Bande de moldus bornés ! Arrière ! Petrificus Totalus ! Stupefix ! Stupéfix !
Ron pâlit tout à coup. Les deux gryffondors se dévisagèrent, un air d'outre-tombe scotché sur le visage.
_ Par Merlin ! Mais… Mais c'est Neville !
