52 saveurs – Partie II

Suite et fin de ce petit challenge!

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28 – Beneath these hands – Sous ces mains (JordanMolly) (100 mots)

Les mains de Jordan sont rudes, calleuses, habituées à se battre, à manipuler des commandes de tir, bien plus qu'à effleurer, Molly le sent bien, lorsqu'elles se posent sur elle par inadvertance pour la première fois, mais c'est logique, ce sont des mains de soldat, et elle n'est pas du genre à s'en effaroucher: au contraire, elle aime les sensations fortes (ça ne surprendra personne), et d'ailleurs, son équipier n'est pas dénué de délicatesse, elle dirait même qu'en certaines circonstances, il en possède peut-être un peu trop, car lorsqu'il les retire, gêné, rougissant, c'est bien trop tôt à son goût.

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29 –Things in heavenly bodies – Ces choses dans les corps célestes (Koji) (100 mots)

Koji n'en revient pas de sa découverte, et il revérifie même trois fois avant de donner son analyse à Don, d'une voix chevrotante: les corps célestes entre lesquels louvoie l'Arrow ne contiennent rien, ni piège, ni surprise d'aucune sorte, juste de la matière pure, indéfinie, et d'une telle densité que si l'un d'entre eux explosait, ils disparaîtraient tous, il n'y aurait plus d'Ôban, peut-être même plus de galaxie, et cela glace l'expert informatique sur place – non pas la possibilité de mourir, mais celle que les certitudes scientifiques qu'il a toujours possédées s'effondrent autour de lui, comme un château de cartes.

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30 – Dutch courage – Le courage puisé dans la bouteille (Don) –(100 mots)

Assis contre le mur, le cul dans le sable, Don Wei s'efface derrière la barbe, le poncho, la face crasseuse, empuantie d'alcool de ce clochard solitaire et cynique que tout le monde appelle "le vieux", et qui passe ses journées à se biturer à coups de tord-boyaux frelaté pour oublier ce qu'il a été un jour, ce qu'il a laissé derrière, ce à quoi il aurait dû faire face et ce qu'il est devenu désormais – oubli bienfaisant, procrastination délectable, bien qu'amère, qui démontre parfaitement que ce qu'on puise au fond d'une bouteille, quoi qu'en dise l'expression, c'est tout sauf du courage.

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31 – The currency of hope – Le prix de l'espoir (Rick)

Rick aurait préféré que les médecins ne lui redonnent pas espoir, finalement, avec cette micro chance de guérison, car maintenant qu'ils ont tout essayé et qu'il n'y a plus de solution, il se sent brisé, plus encore que le soir où on lui a appris qu'il ne piloterait plus jamais: le prix de l'espérance, c'est le risque de la voir s'échapper, et ça semble toujours trop cher.

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32 – It's called love at first, and doesn't hurt – D'abord on appelle ça de l'amour et ça ne fait pas (de) mal (Satis et les petiots: Jordan, Molly, Aikka) (100 mots)

Vous êtes désespérants, les enfants, à ne pas vous comprendre, ça n'a pourtant rien de compliqué (et d'abord ne me regardez pas comme ça, oui, je vous observe, mais il faut dire que je n'ai pas grand-chose de mieux à faire pour le moment, et que votre petit feuilleton est très distrayant, mais bref, revenons à nos moutons:), alors, mes petits agneaux, cessez de parler d'amitié, de partenaires et par pitié faites avancer les choses: premièrement ça s'appelle de l'amour, et deuxièmement, ça ne fait pas de mal, croyez-moi, je pense même que le monde ne s'en portera que mieux.

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33 – The opposite of faith – Le contraire de la foi (Don & Molly) (100 mots)

Entre Don et Molly, ça a toujours été le contraire absolu de la foi – il ne lui fait pas confiance, et elle lui en veut à mort –, mais lorsque les deux coéquipiers partent vaillamment pour leur première course des play-off contre le monumental colonel Toros (elle, aussi brave que d'habitude, et lui, vaguement angoissé, car il sait de quoi les tridents crogs sont capables), Don se sent obligé de faire un petit effort, juste histoire de ne pas leur dire tout de suite qu'ils n'ont aucune chance: c'est un peu comme mentir à un mourant pour le rassurer, en somme.

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34 – The imperious life – La vie impérieuse (Stan)

La vie n'attend pas – telle est la devise de Stan, et avec son bon sens coutumier, il applique cette maxime chaque jour durant, en s'efforçant de ne jamais laisser passer aucune occasion et de dire tout ce qu'il a sur le cœur, comme par exemple, ses désaccords avec Don sur la manière de traiter Molly ou l'affection très particulière qu'il porte à Koji.

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35 – Recalling things that other people have desired – Souvenir des choses que d'autres ont désirées (le nouvel avatar)

À présent qu'il est aux commandes et qu'il commence à maîtriser à peu près ses pouvoirs (on dit bien à peu près, et heureusement qu'il est plus doué pour ça que pour le pilotage), le nouvel avatar songe à tous les rêves des autres participants, les avoués, les avouables, les secrets (qu'il devine, maintenant qu'il est tout-puissant) et il se dit que, juste histoire de se faire la main, sa première tâche pourrait être de réaliser certains d'entre eux.

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36 – Above the thunder – Au-dessus du tonnerre (Molly & Maya)

Une fois, une seule fois, Maya a emmené sa fille voler avec elle – dans un véritable vaisseau, pas dans un star-racer, histoire de faire autre chose que du rase-mottes –, et c'est l'un des plus beaux souvenirs de Molly, celui qui lui a donné envie de devenir pilote elle aussi, ce moment magique, seule avec sa mère, où elles se sont envolées par-dessus les nuages orageux, pour contempler d'en haut, telles deux déesses, les éclairs, la pluie, le tonnerre…

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37 – The heart of your gesture – Le cœur de ton geste (Rick & Molly)

Je pourrais me foutre en rogne et t'en vouloir d'être venue à ma rescousse en pleine course, petite souris, parce que j'ai aussi de la fierté mal placée, comme tout le monde, mais je sais que ça serait injuste: je vois bien qu'au cœur de ton geste, il n'y a pas de jalousie, ni de tentative de prendre ma place, c'est juste que tu es une vraie pilote, toi, et que contrairement aux autres, tu as bien vu durant les essais que je n'allais pas bien.

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38 – Hard, but much truer – Dur, mais tellement plus vrai (Don & Molly) (100 mots)

Au moment de te regarder partir, tout ce dont j'arrive à me souvenir, ce ne sont pas nos moments de bonheur d'autrefois, non, ce sont toutes les horreurs que je t'ai dites depuis le début de cette course sans savoir qui tu étais: je t'ai même traitée de "mauvaise surprise", toi, mon enfant, aussi je ne me sens pas le droit de te dire "je t'aime", mais il le faut, avant que je ne te perde pour de bon à cause de ce stupide avatar, c'est dur, mais tellement plus vrai que tout ce que j'ai jamais pu dire avant.

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39 – The need to hold still – Le besoin de rester fixe (Stan, Jordan) (100 mots)

Lorsque Stan enjoint à un Jordan terrifié face à l'Arrow II de traiter "la demoiselle" avec délicatesse, étant le premier pilote à monter à bord, il assortit cette plaisanterie de corps de garde d'un clin d'œil égrillard (faisant légèrement rosir Koji au passage) et Jordan voudrait avouer que c'est plutôt lui qui espère être traité avec délicatesse par la demoiselle en question, exactement comme lorsqu'il s'est retrouvé avec une fille pour la première fois, mais comme il ne peut révéler sa totale inaptitude à voler, il décide de faire pareil que pour cette fois-là, rester immobile, et attendre que ça passe.

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40 – A new iconography of resurrection – Une nouvelle iconographie de la résurrection (Canaletto)

Une sombre forme violette et noire s'élève des décombres du pouvoir de l'avatar, tentaculaire, titanesque, révulsante, avec ses pointes épaisses et grises comme des os moisis, sa face longue et cruelle de mauvais augure, sa carcasse ailée et difforme comme celle d'un oiseau de proie, ses serres monstrueuses et suppurantes de souffre, ses plumes noires annonciatrices de malheur, en une nouvelle forme pervertie de résurrection divine.

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41 – Every act of love is separateness – Chaque acte d'amour est séparation (Ning&Skun)

Note: pas du tout canon, mais ça m'arrangeait pour le thème. Inceste.

Nous sommes nées du même ventre, toi et moi, attachées l'une à l'autre par nos mains, nos cuisses et nos ventres, ils nous ont séparées, puis nous ont interdit de nous aimer, mais tant pis pour eux, nous les avons bravés, et désormais chacun des gestes de l'amour, entre nous deux, est une nouvelle séparation: l'affirmation que même si nous sommes unies, nous sommes aussi individuelles.

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42 – Fidelity in adversity – Fidélité dans l'adversité (Molly & Aikka) (Episode 8) (100 mots)

Jordan tambourine, enfermé dans ses tourelles, Don panique face à l'écran noir, Stan et Koji s'activent pour remettre la liaison en route, Canaan, sur les gradins, désespère en prenant conscience que son prince ne compte pas utiliser sa magie contre l'équipe terrienne, bref, tout le monde est suspendu aux manœuvres des deux adversaires du jour, mais Aikka et Molly restent fidèles à leur promesse mutuelle de ne pas s'attaquer: de toute façon, ils planent très loin au-dessus des raisons politiques et s'amusent trop pour se souvenir des consignes barbantes des adultes ou des enjeux qui reposent sur leurs épaules.

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43 – Eyes meeting over the noise – Regards qui se rencontrent, au-dessus du bruit (MayaDon)

Don a hâte de rencontrer cette nouvelle pilote si talentueuse – qui n'appartient pour le moment à aucune écurie –, mais s'il a été bluffé par sa virtuosité en assistant à une de ses courses, la dernière chose qu'il s'attend à découvrir, c'est le coup de foudre, lorsque soudain, par-dessus le boucan infernal des réacteurs du star-racer, leurs yeux se rencontrent.

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44 – The possibility of zero – La probabilité du zéro (Rush)

C'est quelque chose qui n'existe pas dans la mentalité de Rush, comme dans celle de son peuple, le nihilisme, l'idée de la nullité, de la vacuité totale des choses, la possibilité du zéro : il y a forcément du positif à toute situation, il le croit et s'y raccroche comme on se cramponne à une falaise par le bout des doigts, parce que s'il renonce à l'optimisme des siens, ça voudrait dire que sa planète et sa culture sont vraiment mortes.

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45 – Ownership of such fragile devices – La possessions de si fragiles appareils (Stan & Koji)

C'est Don qui commande, Rick et Molly qui pilotent, Jordan qui tire, mais c'est eux qui connaissent le mieux l'Arrow, eux qui l'ont pensé, inventé, façonné, qui ont la maîtrise de toute modification lorsqu'il faut en prendre soin ou le réparer, eux qui contrôlent ce que font les deux jeunes à qui ils le prêtent, eux qui savent le mieux où se trouvent ses réserves et ses failles, eux qui sont les véritables possesseurs, finalement, de ce si robuste et fragile appareil.

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46 – In praise of surfaces – En éloge des surfaces (Satis)

Satis aime ce corps de petit vieux inoffensif qui lui sert à masquer son pouvoir: c'est son véritable corps, par ailleurs, et c'est très amusant de voir à quel point les gens s'arrêtent à cette surface trompeuse, d'autant que l'apparence qu'il se donne en tant qu'avatar est aussi grandiose que ridicule, et qu'il ne l'utilise qu'histoire de rigoler un peu, en contemplant ces petits êtres, qui n'accordent qu'une attention lointaine, teintée de pitié, à sa véritable forme mais qui se prosternent devant une espèce de clown rose à tentacules et sans bras.

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47 – The only adventure – La seule aventure (StanKoji)

Lorsque Don se tourne vers eux, plein d'espoir – car il est désormais certain que Jordan ne pourra pas remplacer Rick comme pilote –, Stan et Koji se ruent dans les bras l'un de l'autre et secouent la tête, horrifiés, car non, il est hors de question que l'un d'eux monte dans leur Arrow chéri: eux, la seule aventure qu'ils veulent vivre, c'est l'un près de l'autre, derrière leurs écrans.

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48 – Lost, in order to become precious – Perdu, pour devenir précieux (Sul)

Depuis qu'on a définitivement perdu la trace de Sul, nombre de légendes ont fleuri à son propos, et beaucoup se sont mis en tête, par des moyens tantôt scientifiques, magiques ou douteux, de le retrouver: en vain, mais les gens seraient bien étonnés s'ils savaient que Sul, en réalité, se cache soigneusement d'eux, non pas parce qu'il désire rester seul, mais parce que c'est la première fois que tant de gens se préoccupent de lui et de son bien-être.

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49 – Tomorrow is something we remember – Demain, c'est quelque chose dont nous nous souviendrons (Don) (ép 9) (50 mots)

Demain est un jour dont on se souviendra, pense Don en se frottant les mains, réjoui par avance de la petite surprise qu'il réserve à sa jeune pilote; avec Rick pour dresser cette petite bête sauvage, on peut espérer qu'elle devienne enfin raisonnable, oh oui, j'ai eu une excellente idée!

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50 – As near as now – Aussi proche que maintenant (Molly & Jordan) (100 mots)

Contrairement à ce que tout le monde croit, Molly sait que Jordan ne la regarde pas comme une amie, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle fuit ses attentions, ses gestes tendres, tout cet appareillage de délicatesse et d'attentions dont il l'entoure, et elle désespère car si elle l'adore, elle a conscience que son propre malaise n'est pas une attirance, et que, aussi proche qu'ils soient, comme maintenant, par exemple, entre ses bras, allongée sous son poids après qu'il l'ait empêchée de basculer du pont étroit, sa présence, sa chaleur, cette proximité équivoque n'éveille pas même la possibilité d'un trouble en elle.

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51 – Will you get your wish ? – Ton vœu sera-t-il exaucé ? (Ning) (100 mots)

C'est Skun qui a eu l'idée de participer à la course, et uniquement à cause de ce qu'on croyait savoir du prix ultime, mais Ning l'aurait suivie n'importe où dans la galaxie (et même au-delà), toutefois, à présent qu'elles savent la vérité, son seul désir est de réussir à convaincre sa compagne de se retirer de la compétition, car si jamais elles gagnent, il n'y en aura sans doute qu'une qui pourra devenir l'avatar, et par conséquent, elles seront forcément séparées l'une de l'autre – or, rester auprès de Skun pour toujours est la seule chose que Ning ait jamais souhaitée.

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52 – To the last syllable of recorded time (Shakespeare, Macbeth) – La dernière syllabe du temps enregistré (Jordan) (100 mots)

Je vais avoir du temps devant moi, trop d'ailleurs, et ce vide des dix mille prochaines années m'effraie, surtout que tu ne seras pas là, Molly, et que même si je déteste le savoir, tu mourras certainement avant moi, mais je ne t'oublierai jamais, non, pas avant qu'ait été prononcée la dernière syllabe du temps enregistré en ce monde, et comme y a moyen que ça soit moi qui la dise, je peux promettre ça tranquille; mais toi, jure que tu viendras me voir, au moins une fois, et avant que je devienne un petit vieux chenu, ça serait sympa.

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