Bonjour tout le monde,
Chapitre trois et, sans doute, le plus "difficile" : Séparation oblige (hé, oui..). En espérant qu'il corresponde à vos attentes, donnez moi vos avis.
Bonne lecture,
*-* Chapitre trois *-*
"J'eus le coup de foudre, un petit tremblement de terre,
une tempête dans le cœur, une avalanche d'étoiles et de lumière"
Dimanche ; 09h06
Dean se lève et part dans la salle d'eau machinalement. La soirée de la veille avait continué d'une façon des plus étranges. Comme si la révélation sur ces sentiments avaient détruit tout son foyer. Lisa avait été silencieuse, Sam avait été distant et lui, lui ne causait pas plus. Ou du moins, causait moins que d'habitude. Heureusement que les enfants avaient rempli le silence par des hurlements et des rires, autrement, ils auraient pu entendre une mouche volée. Il n'avait pas pu discuter avec Lisa, elle s'était endormie rapidement alors que, lui, il avait réussi à trouver le sommeil au bout de deux heures. Est ce que Cas avait bien dormi ? Ou avait il pensé à lui comme il l'avait fait ? Il se passe de l'eau sur le visage, se brosse les dents et repart vers la chambre pour s'habiller. Lisa est assise sur le lit, les bras croisés sur sa poitrine attendant une explication rationnelle sur son comportement de la veille. Sauf que rien n'était rationnel, encore moins ses réactions d'aujourd'hui même. Castiel ne semblait pas vouloir disparaître de ses songes, ni de son cœur. Tout semblait encore plus clair ce matin. Il devait en parler, quitter Lisa, se retrouver avec lui-même. Il ne voulait plus jouer la comédie. Il finit de s'habiller et son regard se pose sur la femme devant lui.
- Lisa, je…
- Tu quoi ? Bon sang, Dean, qu'est ce que tu as ? Tu n'as fait aucun effort hier envers moi alors que tu as bien vu que j'étais distante ! A croire que tu t'en fiches de ce que je ressens !
Il ne veut certainement pas hausser le ton parce qu'il sait qu'il est en tort. C'est lui qui a des sentiments pour quelqu'un d'autre, qui trouve que sa vie n'est qu'un bordel sans nom, c'est à cause de lui que Lisa se sent rejetée. Elle avait toutes les raisons du monde, elle, pour hausser la voix.
- Je… Je ne m'en fiches pas, Lisa. Je t'assure ! Je…
- Alors quoi ? Tu m'oublies pour passer du temps avec ce mec que tu dis ne pas connaître ! Parce que j'ai bien vu, hein, vos jeux de regards entre vous ! Tu m'as prise pour une idiote ? Où est ce que tu l'as rencontré ? T'as eu une histoire avec lui, il y a des années alors qu'on était ensemble et tu veux pas me le dire, c'est ça ?
Bon sang, non, Dean ne l'a jamais vu avant hier ! Pourquoi s'obstinait elle à lui faire avouer un truc qu'il n'a jamais commis ? Il a toujours été fidèle, il n'a jamais été voir ailleurs, jamais. A croire qu'elle n'attendait que ça, que Dean lui avoue avoir couché avec la moitié de la ville alors qu'ils étaient ensemble !
- Arrête ! J'ai toujours été fidèle, Lisa ! Depuis que nous sommes ensemble, je n'ai jamais regardé quelqu'un d'autre ! Arrête de vouloir me faire avouer quelque chose que je n'ai jamais fait ! J'ai rencontré Cas en même temps que toi !
- Sauf que je ne te crois pas ! Son surnom, vos regards, vos gestes déplacés, votre embrassade pour vous dire au revoir ! Ouais, j'ai regardé ! Tu fais pas ça avec un mec que tu viens de rencontrer ! Dis moi la vérité !
- En quelle langue veux tu que je te le dises ? Je. N'ai. Jamais. Rencontré. Cas. Avant. Hier.
Elle balance l'oreiller vers le visage de Dean et celui-ci l'attrape en plein vol.
- Alors quoi ? Cupidon est passé dans le coin et vous a envoyé une flèche en plein cœur ? Tu penses m'avoir avec ton baratin ? Trouve autre chose si tu veux rompre, connard !
Le deuxième oreiller se dirige vers lui et il le repousse avec son poing tout en lâchant le premier.
- Pourquoi est ce que tu rends tout compliqué, Lisa ?
- Parce que tu trouves qu'il y a des façons simples de quitter sa partenaire, toi ? T'es qu'un connard de pacotilles ! J'aurais mieux fait de te laisser dans ce bar minable et de jeter mon dévolu sur un autre abruti !
Dean s'assoit sur le lit parental, sa jambe gauche replié vers ses fesses, et il se frotte énergiquement le visage.
- Pourquoi parles tu de rupture, Lisa ! Tu vas beaucoup trop vite et…
- Trop vite ? T'espères quoi ? Que j'accepte que tu encules un mec un soir sur deux ? J'partage pas ! Si tu penses que tu as des tendances gay, je veux pas être la roue de secours ! Dean ! Qu'est ce que t'aimes pas dans notre vie de famille ? Qu'est ce qui te donne envie d'aller voir ailleurs ? Dis moi !
Ses deux mains poussent Dean au niveau du torse, évacuant sa colère.
- L'amour, Lisa ! Voilà ce qui me manque ici !
Plus aucun geste ne vient briser le silence qui suit. Lisa le regarde choquée et des larmes ravagent son doux visage.
- L'amour ? L'a… Douze ans de vie commune et tu es entrain de me dire que tu ne m'as jamais aimé ? Tu…
- Sam dit que je me suis, peut-être, mis avec toi parce que je me sentais redevable. Je t'aime, Lisa, mais comme une sœur ou une meilleure amie, je sais pas !
- Sam ? Qu'est ce que... ? Tu as parlé avec Sam ? Depuis quand ? Depuis quand as tu ressenti l'envie de partir ?.. Je.. Tu.. Redevable ? Tu te sentais redevable ? Putain mais t'es qu'une merde, Dean !
La force de ses mains devient plus hargneux sur son torse, plus détestable. A présent, elle frappe pour faire mal et Dean est obligé de tempérer ses coups en lui emprisonnant ses poignets.
- Arrête, Lisa ! Je ne veux pas te faire mal !
- C'est trop tard, Dean ! A mon tour de te faire mal ! Je veux que tu souffres autant que moi je souffre ! Tes paroles me détruisent, Dean ! Je veux que tu partes !
Elle se lève en frappant sa paume sur la joue de son ex amant, y mettant le plus de force possible. Un bruit sec retentit dans la pièce et elle décide de s'acharner sur l'armoire en balançant au sol toutes les fringues de Dean. Ce dernier se frotte la joue en se rendant compte de la claque phénoménale qu'il vient de se prendre.
- Je veux que tu disparaisse de ma vie ! Je veux que tu crèves dans un accident de bagnoles ! Je veux que tu quittes cette maison pour ne jamais revenir !
Elle prend le tas de vêtements et ouvre la porte avec acharnement pour se diriger vers la fenêtre de l'étage qui mène vers le trottoir. Puis, elle l'ouvre et balance le tas sur le bitume du garage avant de revenir pour s'occuper des sous-vêtements de Dean. Ce dernier reprend soudainement conscience en l'observant déchirer ses boxers.
- Lisa ! S'il te plaît ! Calme toi !
Elle prend le tiroir exclusivement rempli d'affaires de Dean et se dirige vers la fenêtre du couloir suivi de Dean qui essaye de la freiner.
- Que je me calme ?
Elle balance entièrement le tiroir vers le sol qui retombe dans un bruit assourdissant.
- Comment veux tu que je me calme ? Mon mec me quitte pour sucer la queue du père d'une amie à MON fils ! Tu te rends compte ? Je me fais plaquer parce que mon copain trouve plus aguichant de masturber un pénis !
Une nouvelle claque sur sa joue qui lui fait dévier le visage vers la gauche et, là, là, ce qu'il voit le laisse honteux et lui donne envie de pleurer. Son fils est dans le couloir, en pyjama, le livre de Claire dans la main et il le regarde avec des yeux exorbités. Dean sait qu'il a tout entendu et, ça lui donne envie de vomir, de frapper Lisa pour l'avoir ridiculisé devant son petit garçon. Il se tient la joue, dévale rapidement les escaliers, prend les clés de l'impala et sa veste et il sort à l'extérieur, les yeux emplis de haine et de honte. Il grimpe dans sa voiture, se fichant bien que les voisins soient sortis de chez eux, et il démarre en trombe sans avoir défini de destination. Il allait rouler le plus longtemps possible, oublier le regard que son fils venait de lui envoyer, oublier toute cette merde juste le temps de la conduite. Pourtant, au bout de quelques kilomètres, il fouille son jean à la recherche de son téléphone, le sort, se garent sur un parking et il pianote un numéro.
- Allô ?
Cette fois, il n'arrive plus à contrôler ses larmes, se laissant aller "devant" la voix.
- Sa..Sam ? Je…
- Dean ? Qu'est ce que… ? Oh ! Ou es tu ?
- Je suis… Je suis sur le parking à la.. la sortie de la ville.. Je… J'ai besoin de toi..
- J'arrive !
Il balance son téléphone sur la banquette arrière et il pose son front sur son volant, laissant ses soubresauts rythmés la cadence de ses hurlements. Ce n'est pas quitter Lisa qui le met dans cet état, c'est d'avoir perdu son rôle de père viril devant son fils. La prunelle de ses yeux. Il a menti à Lisa. De l'amour, il en a eu, pour son fils. Il en aura toujours. Comment allait il pouvoir le regarder, maintenant ? Tout ça parce que Lisa n'avait pas su se contenir dans ses paroles. Elle pouvait le haïr, il comprenait parfaitement, mais elle n'avait pas le droit de détruire le lien qu'il avait avec Ben et, pourtant, elle venait de le faire. Il sortit rapidement de sa voiture pour vomir ce qu'il restait de la veille dans son estomac mais très vite, il se retrouve la gorge en feu à vomir de la bile, déchirant sa glotte au passage. C'est à cet instant qu'il entend les roues d'une voiture se garer à ses côtés, une portière s'ouvrir et qu'une main réconfortante se positionne sur son dos.
- Laisse ton corps recracher toute la tension, Dean. Inspire, expire. Voilà, comme ça.
Dean se laisse guider par son frère et ils se retrouvent très vite assis au sol, dos contre l'Impala tous les deux. Sam lui donne une bouteille d'eau qu'il tenait dans la main depuis le début et Dean boit une longue gorgée d'eau, laissant le liquide envahir le goût exécrable dans sa bouche. Puis, il souffle en expirant tout l'air de ses poumons.
- Je… Je viens de vivre l'enfer, Sammy.
- Ce que tu avais à dire n'allait pas être une partie de plaisir, tu sais ?
- Je sais mais… elle a empiré le truc… Lisa a jeté toutes mes fringues dehors, elle m'a frappé aussi, m'a insulté mais… Ce n'était rien comparé à...
Sam lui laisse le temps de reprendre ses esprits mais il remarque vite que Dean est replongé dans ses souvenirs, que de fines larmes viennent obscurcir sa vue.
- Comparé à… ? demande t'il dans un murmure comme pour relancer la conversation sans en faire de trop.
- Comparé à ce qu'elle a dit devant Ben.
Sam hausse un sourcil en attendant une suite qui ne vient pas.
- Qu'est ce qu'elle a dit ? continue t'il avec la même compassion que précédemment.
- Que je la quittais pour sucer la queue du père d'une amie de mon fils, que je préférais masturber des bites que de rester avec elle… Elle m'a giflé après ça et Ben.. Ben m'a regardé avec des yeux exorbités en tenant fermement le livre de Claire dans sa main. déclare t'il d'une voix brisée alors que des larmes retrouvent le chemin sur ses joues.
Il s'acharne à les effacer d'un revers de main mais ses joues semblent soudainement noyées et rien n'arrive à les rendre intact.
- Tu as honte, c'est ça ? Tu ne devrais pas. Ton fils t'aime pour ce que tu es, Dean. Si tu aimes les hommes, peu importe, lui, c'est toi qu'il voit. Personne d'autre. Il va peut-être avoir besoin de temps, certainement, mais tu es son père. Celui qui l'a élevé, qui lui donne les meilleurs conseils du monde, celui qui partagent sa passion pour le football et pour les vannes pourries. Celui qui lui montre le chemin, qui l'aide à grandir. Il t'aime, peu importe le choix que tu fais.
Il laisse quelques secondes s'écouler avant de reprendre.
- Lisa n'a pas été maligne, pas du tout. Il n'aurait pas dû être témoin mais il l'a été. Maintenant, il va falloir que tu lui expliques avec tes mots, que tu lui montres que ce n'est pas parce que tu n'es plus avec sa mère que tu l'aimeras moins. Il va avoir besoin de toi, Dean. Montre lui que le choix que tu fais te concerne toi, que ce n'est pas sa faute à lui.
- Evidemment que c'est mon choix, Sammy, il n'est en rien responsable de tout ça !
- Je le sais, tu le sais. Lui, non. Il va croire que c'est à cause de lui, ce changement. Il va peut-être sans vouloir d'avoir fêté son anniversaire. Que c'est de sa faute si tu as craqué pour le père de son amie. Il va se sentir responsable. Responsable de la séparation de ces parents. Ne le laisse pas croire une chose pareille !
Dean tourne les paroles de son petit frère dans tous les sens en comprenant ce que ça implique. Jamais il ne laisserait son fils croire qu'il est le responsable.
- Jamais, Sammy ! Jamais !
Un silence reposant s'installe dans la conversation, l'un comme l'autre réfléchissant à la situation. Dean boit de l'eau, plus calme qu'à l'arrivée. Il aimait son fils, il ne le brisera pas comme il vient de le faire avec sa mère.
- Tu.. Tu crois qu'il n'aura pas honte de moi ? Tu sais.. si je suis.. avec Cas.. Un autre homme..
Il pose son crâne sur la tôle de sa voiture alors qu'un soupir dévale ses lèvres.
- Pourquoi aurait il honte ? Les couples gays existent de plus en plus. Il aura beaucoup de mal au début, c'est un changement radical mais ça aurait été le même problème avec une autre femme. Il faut du temps pour se reconstruire, toi comme lui. N'essaye pas d'aller trop vite, même avec Castiel. Lui aussi, si jamais… il a une vie de famille. En tout cas, Ben est ouvert d'esprit parce que tu lui as inculqué ça alors non, je ne pense pas qu'il est honte de son père.
C'était étonnant à quel point son petit frère pouvait lui rendre le moral par de simples phrases. Sans lui, il ne serait jamais arrivé jusqu'ici. Pas surprenant qu'il est pensé tout de suite à son cadet quand il a démarré la voiture.
- Je.. Je sais pas ce que je ferais sans toi, Sammy.
- Inversement pour moi. Tu as toujours été le pilier de notre famille, Dean. Si tu n'avais pas été présent quand j'étais gosse, je ne serais pas ici à l'heure qu'il est. C'est à mon tour d'être là pour toi. Nous sommes frères et je n'ai jamais été aussi fier de toi qu'en ce moment.
Dean ricane en tournant le visage vers le cadet de la famille.
- Fier ? Je ne vois pas ce que tu trouves de fier dans ce qu'il m'arrive.
- Avant, tu aurais fui les problèmes, tu te serais jeté sur la première personne qui croise ta route, tu aurais bu à t'en faire un coma éthylique alors qu'aujourd'hui, regarde toi ! Tu restes debout, à penser à ton fils. Tu as grandi, Dean. Mûri. Et pour ça, je suis fier.
Dean lève un sourcil et un demi sourire se dessine sur son visage. Il frappe l'épaule de son frère d'un geste amical pour enlever la niaiserie de leur propos.
- T'as toujours les mots qu'il faut, hein ?
- Je suis l'intello de la famille, je te rappelle ! Laisse moi garder ce rôle et toi, continue à jouer les protecteurs au physique ravageur, tu veux !
Ils partent dans un fou rire qui leur fait à tous les deux un bien fou, relativisant la situation actuelle. Puis, le calme revient et Dean retrouve son visage sérieux.
- Tu sais, en me levant ce matin, mes sentiments pour Cas semblaient encore plus réels qu'hier. J'arrive toujours pas à croire que j'ai pu tomber raide dingue en une journée à peine.
- Saches que je comprend. Je crois qu'avec Jess, j'ai également eu le droit au coup de foudre. Quand mes yeux se sont rivés aux siens, j'ai tout de suite su que c'était elle et personne d'autre.
- Et pour elle ?
- Je crois que c'était la même chose de son côté. Bien sûr, on s'engueule comme tout couple mais… je l'aime toujours plus au fil des jours comme si.. comme si…
- Comme si la vie ne se résumait qu'à elle, n'est ce pas ?
Sam hoche la tête avant de sourire.
- Pique pas ma place, c'est moi l'intello, okey ?
Ils rient encore et Dean se sent nettement mieux. Prêt à affronter Lucifer s'il le faut, remonté à bloc.
- Merci, Sammy. Vraiment. Pour tout.
Un sourire se dessine sur le visage de l'interpellé et ils se relèvent tranquillement tous les deux.
- Retourne auprès de ta femme et de ton gosse, Sam. Je ne veux pas te faire perdre plus de temps.
- Arrête, Dean. Tu ne me fais rien perdre du tout. Que comptes tu faire ?
- J'avais promis à Ben de visionner avec lui sa série mais… Je ne pense pas que Lisa soit d'accord pour que j'envahisse le canapé alors je vais l'emmener voir un match de hockey, peut-être, non ? Tu penses que c'est une bonne idée ?
- Evidemment que c'est une bonne idée, Dean. Ce serait peut-être l'occasion de parler tous les deux aussi, non ? En tout cas, Dean, si tu cherches un endroit où dormir ce soir, tu.. Tu es le bienvenu à la maison, tu sais.
Dean sourit en ouvrant la portière de sa voiture.
- Merci Sam. Je.. Je vais y réfléchir, d'accord ?
- Pas besoin d'un coup de fil ni rien, tu te pointes quand tu veux, okey ?
- Oui, merci encore. Je..
- Tais toi et va retrouver ton fils. Bye, frérot !
Sam s'installe dans sa caisse, claque la portière avant de saluer Dean et de disparaître dans sa Ford focus à l'angle de la route. Dean sourit. Non, vraiment, son frère était un mec en or.
