Bonjour à tous,
Volet 4 de cette petite fic, je m'excuse d'avance pour le court chap' mais je le trouve nettement indispensable. Un père se doit d'expliquer ses ressentis auprès de son fils, n'est ce pas ?
Bref, bonne lecture, n'hésitez pas à me donner vos opinions,
*-* Chapitre quatre *-*
"Il faut de tout pour faire un monde
Il me faut toi pour faire le mien"
Dimanche ; 15h26
- Cette place ? Ça te va ? demande Dean en regardant son fils.
- C'est parfait, Pa !
Ils escaladent les jambes devant leur chemin avant de s'installer confortablement sur l'estrade, une bière dans la main de Dean, un coca dans celle de Ben. Le match de hockey ne commence que dans vingt minutes mais la salle est déjà bien bondée.
- T'es pas trop déçu de voir un match plutôt que ta série ?
- Nope', on pourra regarder ça un autre jour !
Dean sourit et son fils le lui renvoie. Bon, très bien, Ben ne semble pas différent avec lui, okey, mais comment amenait le sujet maintenant ? Dean aurait été tenté d'y mettre de l'humour mais il ne semble pas qu'une séparation soit vraiment drôle. Carrément pas, même. Ça se saurait si c'était le cas !
- Dis, Papa, toi et maman… ?
Bon, au moins il n'avait pas à se tordre dans tous les sens pour réussir à entamer la discussion.
- Nous… Nous allons nous séparer, oui.
Les coudes de Dean trouve leur place sur ses cuisses, son corps penché en avant le rendant plus coupable mais il s'en fiche. Cette situation le rendait malheureux quand même, il n'avait pas besoin de montrer à son fils qu'il en était fier.
- C'est.. C'est de ma faute ?
Ben vient de prendre la même posture que son père tant pour se rapprocher de lui que pour éviter que les voisins l'entendent.
- Bien sûr que non, Ben. Tu n'y es pour absolument rien. Le problème vient de moi et ta mère, pas de toi, certainement pas de toi.
- Alors, pourquoi ? Tu.. Tu n'es pas heureux avec nous ?
Dean soupire. Comment un enfant pouvait il mettre aussi rapidement le doigt sur les bonnes questions à poser ? Surtout avec autant de calme ! Pourquoi Lisa n'avait t'elle pas été capable de le faire ? A cet instant, le plus adulte semblait être leur fils. Eux n'avaient fait que se crêper le chignon alors qu'ils auraient eu plus de facilité à s'exprimer l'un comme l'autre en étant moins hargneux.
- Ce n'est pas… Je suis heureux avec vous, avec toi, seulement, je me suis rendu compte que ça ne suffisait simplement pas.
- Je ne suffis pas ?
- Ce n'est pas ce que je veux dire, Ben. Tu sais, pour qu'une vie de couple soit solide, il faut qu'elle soit emplie d'amour. J'ai de l'amour pour toi, beaucoup, à en revendre même, tu es mon rayon de soleil mais je… je n'aime pas ta maman alors ça ne peut pas fonctionner.
Son fils semble méditer sur son dialogue en buvant son coca puis il penche la tête vers lui.
- Maman m'a dit que tu ne l'as jamais aimé. Pourtant, vous étiez heureux, non ? Tu étais toujours content, tu embrassais maman tout le temps mais.. tu le faisais sans amour ?
- Je ne dirais pas ça, j'ai aimé ta mère mais pas de la meilleure des façons. Je n'ai jamais eu l'étincelle, le pincement, tu vois ? Tu sais, ta mère a dit ça sur le coup de la colère. Je ne regrette rien de ma vie d'antan, avec elle, avec toi. Je ne fuis pas.
C'est à son tour de boire une gorgée de bière.
- Quand tu dis l'étincelle, c'est parce que tu l'as ressenti avec Emmanuel, c'est ça ?
Bon sang, il vient tout juste de mettre le doigt dessus dans un simple constat, sans répugnance ni tristesse comme s'il venait juste de déclarer qu'il faisait beau dehors. C'était perturbant surtout quand c'était un môme de onze ans qui annonçait ça de but en blanc.
- Je.. Ouais. dit il d'une voix cassée, un peu honteux d'expliquer ça à son fils, sa progéniture, bordel.
- Maman a dit que c'était immoral et répugnant quand tu es parti mais… moi, je trouve pas, c'est mal ?
- Qu'est ce qu'y est mal ?
Son fils se mord les lèvres et se penche un peu plus pour être vraiment à côté de son père.
- De ne pas être dégoûté parce que tu aimes un homme parce que maman a dit que c'était dégoûtant.
Lisa n'avait vraiment pas été de main morte ce matin. Dean se frotte le visage en avalant une nouvelle rasade.
- Ce n'est pas mal de ne pas être d'accord avec quelqu'un d'autre, Ben. Dis moi simplement ce que tu en penses si je sortais avec une personne du même sexe que moi.
Avait il le droit de demander ça à son fils ? De le laisser imaginer son père avec quelqu'un d'autre que sa mère ? En tout cas, il venait de le demander, il ne pouvait faire marche arrière. Surtout que ce qu'il demandait, c'était si son fils serait d'accord que son père soit gay… Palpitante conversation pour un gosse de onze ans.
- Je ne sais pas. Je ne vois pas le mal dedans. Moi, ce que j'espère, c'est que tu sois heureux et que je continues à passer du temps avec toi. Regarder la télé, manger tes hamburgers dégoulinant de fromage, de voir des matchs de hockey et de football américains, de te demander ton avis sur ma façon de m'habiller ou de me coiffer. De critiquer tes goûts en musique. Je veux juste continuer à être ton fils, Papa.
Bon sang, Dean en a les larmes aux yeux. Depuis quand son fils était il aussi mature ? Limite plus que lui. A son âge, il ne réfléchissait pas autant. Il cesse de tergiverser et enlace son fils en embrassant son front, simplement heureux de le serrer contre lui.
- Tu es mon fils, Ben, et je resterais ton père pour toujours. Je… Je t'aime, fiston.
- Je t'aime aussi, Papa.
Dean est HS, du moins, le temps de se remettre de ses émotions. Puis, il s'écarte et ébouriffe les cheveux de son fils en souriant.
- Par contre, je suis triste.
- C'est normal, Ben. Tes parents se séparent, ce n'est pas un événement glorieux.
- Oui, je sais mais.. il n'y a pas que ça.
Dean laisse son bras en suspens alors qu'il allait boire et, finalement, il laisse son bras retrouver sa place initiale.
- Qu'est ce qu'y te rend triste à part ça ?
- Et bien… C'est bête. dit il en rougissant jusqu'à la racine des cheveux.
- Rien de ce que tu dis ou ne ressente n'est bête, Ben.
Ce dernier semble réfléchir judicieusement à sa manière de formuler sa phrase.
- Et bah.. Si tu te mets en couple avec Emmanuel alors ça veut dire que Claire va être ma demi-sœur et… tu vois, je l'aime beaucoup quoi…
- OH !
Oh ! Evidemment ! Dean aurait aimé en rire si ce n'était pas aussi sérieux pour son fils. Après tout, le soucis n'était que déontologique, que ça ne correspondait pas aux mœurs actuels. Franchement, Dean s'en balance royalement du bien ou pas bien en société à part le meurtre, le viol et la pédophilie, bien sûr ! Ça, c'était hors catégorie.
- Pour commencer, je ne suis pas avec Castiel, j'aime pas le prénom Emmanuel, et puis, de toute façon, vous n'avez aucun lien de parenté Claire et toi alors... Cependant, hé, Ben, tu te trouves pas trop jeune pour être en couple ?
- J'ai pas parlé d'être en couple, Papa ! Arrête ! répond il en rougissant d'autant plus, mal à l'aise de parler de ses histoires de cœurs devant son père.
Ce dernier sourit en fixant son attention sur le terrain en contrebas qui commence à se remplir des joueurs.
- Tu te rends compte que je vais faire fondre les femmes comme les hommes, maintenant ? dit son fils en rigolant.
- Hé, mon garçon, tu n'es pas obligé de suivre les traces de ton père, tu sais ? ricane t'il en donnant un petit coup de genou contre la jambe de son fils.
- Non, c'est vrai, mais je ne t'échangerais pour rien au monde, Papa.
- Et bien saches que moi non plus !
Et sur ces belles paroles, l'arbitre sonne le départ du match tel que la relation père/fils dans les gradins.
