La semaine suivante, l'équipe de Karasuno intensifia son rythme dans l'optique de match d'entraînements organisés par le très assidu et obstiné professeur Takeda. C'était un défouloir idéal pour Nishinoya qui avait essuyé quelques mauvaises notes en classe mais devait surtout gérer sa frustration sexuelle.

Ouais sexuelle.

La malheureuse apparition de Tsukishima lui avait fait réaliser que non seulement il allait devoir gérer la timidité d'Asahi, mais aussi le fait que leur relation n'aurait rien de très normal aux yeux du reste du monde. Noya n'y avait jamais réfléchi mais le simple fait d'avoir une copine aurait été un ajout effarant de labeur. Gérer les lieux de rendez-vous, son allure face à elle, essayer de deviner ce qu'elle pensait (les filles étaient des êtres mystérieux), se retenir d'être trop entreprenant, chercher des sujets de conversation... Avec Asahi, d'un côté c'était plus simple parce que c'était un coéquipier, de l'autre c'était encore plus compliqué parce que c'était un coéquipier. Il aurait peut-être pu s'afficher un peu avec une fille "en mode chaud", ça aurait dérangé mais c'était "normal", surtout à son âge, pas avec Asahi. Tsukishima avait raison, il pouvait difficilement se montrer avec lui en lui faisant ce qu'il avait envie de lui faire. Et s'il s'était affiché avec Asahi comme les garçons s'affichent en général avec les filles comme il faut, il se serait sacrément ennuyé. En fait... il aurait agi plus ou moins comme d'habitude sauf qu'il lui aurait porté son sac et qu'il lui aurait payé des trucs dans des endroits niais. Gé-nial. Nishinoya préférait un peu plus d'action. Sauf que c'était compliqué et que la promiscuité corporelle quotidienne n'aidait pas à freiner ses ardeurs.

Il avait invité Asahi chez lui un soir où il savait qu'il aurait la maison pour lui mais ce dernier avait décliné parce qu'il devait préparer un devoir. Asahi n'était pas sûr de poursuivre ses études. Il en avait parlé avec Dai et Noya l'avait entendu. Malgré tout, il restait terriblement sérieux au cas où. C'était déprimant. Et ça avait d'autant plus déprimé Noya de constater que ce n'était pas à lui qu'Asahi confiait ce genre de problèmes. Il aurait voulu l'aider pour ça. C'était bien beau de s'embrasser mais il voulait vraiment le connaître. Rien que par amitié. Tanaka le lui disait, lui, quand des trucs lui prenaient la tête et c'était réciproque... Bon... sauf en ce qui concernait les derniers développements avec Asahi mais c'était autre chose.

Il aurait juste voulu passer un peu de temps avec lui seul à seul. Juste pour discuter de ses rêves et envies et aspirations et de ce qu'il aimait et sans avoir à supporter les regards des autres et en particulier de Tsukishima qui avait grimacé entre ses dents un « écœurant » quand Noya avait complimenté Asahi sur une attaque.

Qu'est-ce qu'il était chiant bon sang. Ça tenait de l'art à son niveau. En plus, de quoi se plaignait-il ? Asahi et lui s'étaient à peine touchés depuis l'autre fois malgré leur promesse de réitérer. Ils avaient échangé quelques textos (Asahi abusait des smileys) et Noya avait discrètement effleuré la main de la grande perche lorsqu'il l'avait croisé dans les couloirs l'autre jour mais sinon, rien d'autre ! RIEN ! Strictement RIEN !

« Yuu, tu fais quoi ce week-end ? demanda Tanaka alors que Noya et lui se changeaient côtes à côtes, ma sœur a eu des places pour une avant première.

- Un film d'action ? demanda Noya.

- Eyup ! Tu me prends pour qui ? Tu crois que je t'emmènerai voir un film de gonzesse ? Je veux pas te pécho. »

Nishinoya rit, puis s'arrêta, vaguement mélancolique quand même à l'idée d'aller au cinéma avec Tanaka quand il avait tellement envie de voir Asahi.

« Je suis partant, dit-il malgré tout.

- Super... Il reste une place en surplus. On demande à qui ? Ennoshita ? »

L'occasion était trop bonne même si ça signifiait un maladroit rendez-vous à trois. Noya décida de ruser :

« Si on demande à Ennoshita faudra aussi inviter Narita et Kinoshita et tu n'as qu'une place.

- Juste. Alors qui ?

- Un autre membre de l'équipe ? Tiens, Asahi, lança Noya en l'attrapant par le bras au passage ce qui frit frissonner Asahi et le remplit d'aise, tu serais disponible pour un film ? Tanaka a une place en trop.

- Heu... »

Il sortait juste de la douche et la main de Noya n'avait que peu d'emprise sur son bras humide mais il garda le contact malgré tout, le fixant avec un sourire qui se voulait parfaitement innocent et serein.

« C'est gentil mais...

- Tu devrais y aller Asahi, lui lança Sugawara (béni soit-il) qui sortait de la douche à son tour, on a une semaine plutôt légère qui s'annonce à part le match d'entraînement de mercredi prochain alors va t'amuser. »

Il le maternait un peu. Nishinoya en aurait presque été jaloux s'il n'était pas allé dans son sens.

« Ok... »

« Pourquoi t'as demandé à Asahi ? demanda Tanaka à Nishinoya un peu plus tard alors qu'ils faisaient un bout de route ensemble.

- Bah... il passait par là.

- C'est une petite nature. C'est pas seulement un film d'action, c'est censé être flippant aussi. Il va passer la séance à couiner. Je te préviens, tu fais barrage de ton corps. Pas question que ce grand machin me saute dessus s'il a besoin d'être rassuré. »

Noya haussa les épaules mais ne put retenir un sourire en coin. Tanaka n'avait pas idée à quel point il trouvait attrayante l'idée de « faire barrage de son corps ». Alors que Tanaka et lui allaient prendre des chemins différents, il reçut un texto d'Asahi :

Merci pour l'invitation. C'est très gentil à Tanaka et toi d'avoir pensé à moi. =^^=

Noya avait l'air si exaspéré que ça intrigua son camarade qui lui prit le téléphone des mains.

« Il est sérieux ! C'est quoi ces smileys ? On dirait une lycéenne à son premier rendez-vous... qui s'avèrerait être un plan à trois chelou. »

Il ne croyait pas si bien dire. Nishinoya fit de son mieux pour cacher son trouble.

« T'as vu. Mauvaise idée le Asahi ! Trop sensible ! Enfin... il est trop tard pour le désinviter je suppose. Eh mais... »

Il était en train de remonter dans les anciens messages de leur conversation. Oh non ! Mauvaise idée ! Nishinoya essaya de s'emparer de son téléphone mais Tanaka était trop grand et bien décidé à lire ce qui allait suivre.

« Mais mec ! Tu lui écris des romans. Qu'est-ce que tu peux bien raconter à notre « terreur du terrain ». Je sais pas trop quoi penser de notre relation mais le baiser était super t'inquiète p... »

Nishinoya réussit à récupérer son téléphone après un petit saut mais le mal était fait. Tanaka avait l'air ulcéré.

« Je... rêve... Non seulement tu vois quelqu'un et ça a intérêt à ne pas être Kiyoko ! Mais en plus c'est à Asahi que tu demandes des conseils de drague ? »

Nishinoya mit un instant à réaliser de quoi parlait Tanaka. Il cligna des yeux plusieurs fois, puis partit d'un grand rire en partie motivé par le soulagement.

« Ahah... Ouais... Asahi... heu... s'y connait en meufs mine de rien. Eh il se vante pas mais il les serre en série. Les cheveux longs, le bouc tout ça...

- Ouais sauf qu'en général les meufs que ça attire sont déçues de voir que c'est une lavette.

- Sauf que... Asahi fréquente... hm... des couguars.

- Sérieux ? Des couguars ?! La classe ! Il m'en présenterait ? Non... mon cœur est dévoué à Kiyoko. Et le tiens aussi... c'est qui cette meuf que t'as embrassé ?

- Heum... tu la connais pas. Elle... heum... c'est une étudiante.

- C'est pas ma sœur ? s'écria Tanaka.

- Ryu... ta sœur n'est pas la seule étudiante sur terre.

- C'est pas ma sœur ? répéta Tanaka.

- C'est pas ta sœur.

- Ni une de ses amies ?!

- C'est pas une de ses amies.

- Ok... »

Tanaka soupira.

« Elle s'appelle comment ?

- A...s... Asako.

- C'est mignon ! Ah ! Mince... toi, tu sors avec une étudiante... Et moi j'ai personne ! C'est tellement nul. Tu me présenteras ? Tu me présenteras à ses amies ? Pourquoi tu me l'as pas dit ? Tu avais peur que je te la vole ?

- Heu... je... c'est... l'équipe. On doit pas se laisser distraire et c'est ce que je fais... donc je voulais pas en parler mais... maintenant tu sais. Restes discret OK ?

- OK, soupira Tanaka. »

Il fourra les mains dans ses poches.

« Du coup c'est pour le remercier de ses conseils que tu l'as invité ?

- Ouais...

- T'aurais dû inviter ta meuf. C'était l'occasion rêvé. Fin bon, je dis ça... »

Il eut un geste d'impuissance :

« Moi aussi peut-être que je devrai demander conseil à Asahi. »


Suga proposa à Asahi de venir courir avec lui et Daichi le samedi matin. Ils achèverait certainement leur sortie en échouant au magasin Sakanoshita. Non pas qu'ils aient tant envie que ça de recroiser leur coach mais la banlieue n'offrait pas tant de choix de sortie que ça et ils avaient des réductions quand Ukai était là.

Asahi aimait bien courir. Avec les match et certains entraînements, quand il était de bonne humeur, c'était la seule activité durant laquelle son cerveau se déconnectait enfin. Ils prirent évidemment une route qui montait car Daichi était cruel et les poussaient jusque dans leurs week-ends mais Suga et lui savaient à quoi s'attendre. Et puis, ce serait à Daichi d'allonger la monnaie après et cette perspective était assez sympathique mine de rien. A l'ombre de la végétation des bords de route, la température était parfaite. L'air était frais, pas moite, mais il faisait déjà assez beau. Le tournoi de printemps approchait mine de rien et après, ce serait fini. Et la suite remplissait Asahi de doutes et questionnements terriblement angoissants. Il n'avait strictement aucune idée de ce qu'il allait devenir. Quand certains lui parlaient d'universités, il acquiesçait mais au fond, il ne s'était inscrit nulle part. En même temps, même si l'échéance était dépassée pour pas mal d'inscriptions, il n'osait pas totalement mettre cette idée de côté. Il n'avait jamais été spécialement mauvais en classe, il essayait d'être fiable et à la hauteur mais il n'était pas extraordinaire. Pas un génie. Et il n'avait pas vraiment la volonté pour compenser son absence de potentiel par le travail comme il le faisait un peu en volley. Il savait qu'il n'était pas remarquable. Même s'il était le pointu de l'équipe, il n'était pas le meilleur des attaquants. Il n'était ni très intelligent, ni très rapide. Il était juste fiable autant que faire se peut depuis son retour dans l'équipe. Le volley était le seul endroit où son corps cessait d'être un embarras. Il tenait à son poste et il était agréable d'être nécessaire à son équipe.

« Tu te prends la tête Asahi, ça se voit à ton visage, lui glissa doucement Suga alors qu'ils attendaient tous deux à l'extérieur du magasin que Daichi revienne avec leurs boissons.

- Ah ouais ? Je suis prévisible je crois. »

Suga lui sourit.

« Tu te mets beaucoup de pression.

- Tout le monde est dans le même cas, j'ai pas à me plaindre.

- Tu ne te plains pas. C'est moi qui te fais des remarques. »

Suga jeta un coup d'oeil au magasin pour vérifier que Daichi était toujours occupé.

« La séance avec Tanaka et Nishinoya c'est cet après-midi c'est ça.

- Oui.

- C'est bien que tu prennes un peu de temps pour te détendre... mais ça va vous faire bizarre à Noya et toi d'avoir Ryuu dans les pattes. »

Asahi se raidit.

« Heu... c'est lui qui a eu les places. »

Suga lui sourit de nouveau et lâcha :

« Je sais qu'il s'est passé un truc avec Noya. Mais t'inquiète pas. Tu risques rien avec moi et j'ai recadré Tsukishima et Yamaguchi à ce sujet.

- Il l'a dit à Yamaguchi.

- Ils sont assez proches mine de rien. Il avait besoin de lui dire manifestement. Je le cite « ça m'a brûlé les rétines, c'est la vision qu'on y trouvera imprimée à ma mort ».

- Ah... non. »

Suga éclata de rire.

« Si c'est ce problème là qui te prend la tête en tous cas, tu auras mon soutien si jamais ya des soucis à ce niveau. D'accord ? »

Asahi hocha la tête mais réalisa alors que de tous ses « problèmes » c'était bien à celui que posait ce truc entre Noya et lui qui avait le moins occupé ses pensées. Une vague de culpabilité le submergea quand il réalisa les raisons pour lesquelles Noya l'avait ainsi brusqué avec le cinéma. Il s'était excusé pour le samedi précédent. Il ne s'était même pas demandé s'il avait eu envie de venir voir Noya à ce moment en fait ou même si Noya avait vraiment eu envie de le voir. Il avait le nez dans ses études à ce moment. Il s'était comporté en mauvais... petit ami ? On pouvait dire ça ?

« Par contre je te préviens, reprit Suga, je finirai par en parler à Daichi mais je choisirai le moment opportun.

- C'est obligé ? »

Suga grimaça. Oui, ça l'était.

En attendant d'en parler à Daichi, il fallait aussi continuer de cacher la situation à Tanaka et ça n'allait pas être évident. Dès qu'ils se retrouvèrent au point de rendez-vous, Noya commença à tripoter Asahi. Il était tactile, ça pouvait encore passer pour quelque chose d'amical mais ça rendait Asahi très nerveux ce qu'il devait gérer en plus de la perspective de regarder un film américain apparemment très angoissant.

« Te pisse pas dessus ! lui dit Tanaka sans indulgence en voyant sa tête, ça me tue qu'un type comme toi flippe devant des films alors qu'il défonce tout sur le terrain... et ailleurs. »

Asahi lui sourit d'un air indécis et jeta un regard à Noya qui avait l'air un peu crispé. Heureusement, Tanaka les abandonna un bref instant pour aller acheter de quoi manger. Ils restèrent tous deux à attendre dans la file, lui gardant une place. Il y avait pas mal de monde.

« Ryuu est tombé sur un texto que je t'ai envoyé alors je lui ai dit que tu me donnais des conseils de drague et que tu sortais avec des couguars et moi je suis censé sortir avec une étudiante qui s'appelle Asako, débita Noya à toute vitesse et à mi voix dès que Tanaka se fut éloigné. »

Il fallut que Noya le lui répète plus lentement trois bonnes fois pour qu'Asahi comprenne.

« Des couguars... murmura-t-il avec horreur.

- J'ai improvisé ! Qu'est-ce que tu voulais que je dise ? La vérité ?

- Peut-être... je sais pas... Tsukishima l'a dit à Yamaguchi et Suga les a entendu et finira par le dire à Daichi au fait... à ce compte là je sais plus si c'est très utile d'être discret. »

Noya écarquilla les yeux.

« Non... mais... fin être discret sur quoi ? Ce qu'on fait ça ne concerne personne. On sort même pas vraiment ensemble !

- Ah bon ? fit Asahi, je sais pas. C'est comme tu veux. Ça... me dérangerait pas. »

Il détourna les yeux et croisa les bras en essayant d'avoir l'air dégagé. Noya paraissait très surpris mais Asahi était encore plus étonné que lui. Il ne s'était pas rendu compte que l'idée de sortir avec Noya ne le dérangeait pas avant de le lui dire, en fait.

Il se sentit soudain tiré par le col. Le libero l'avait attrapé, le forçant à se plier en deux, son visage à quelques centimètres du sien. Il lui chuchota :

« Tu veux être mon petit ami un truc comme ça ?

- Ouais... si ça t'embête pas...

- Tu as raison. C'est plus clair comme ça en fait, murmura Noya, même si c'est vraiment chelou... Dis, j'ai très envie de t'embrasser. »

Pendant un instant, Asahi eut envie de répondre à cette demande implicite. Pendant un instant il oublia le monde autour et ne se rappela que de la dernière fois qu'ils avaient été seuls et de cette avidité brûlante qu'il avait ressenti.

Et puis, Tanaka déboula avec du pop corn et Noya lâcha son col.

Bizarrement, Asahi n'eut pas très peur pendant le film. En fait, il pensait complètement à autre chose et ne sursautait que quand la musique le lui intimait, par réflexe. Noya ne l'aida pas à s'immerger non plus. Il avait posé sa main sur sa cuisse par dessous l'accoudoir et dessinait dessus du bout des doigts. Ça chatouillait un peu mais c'était aussi un peu excitant. Avoir Noya à côté de lui sans pouvoir véritablement le toucher mettait Asahi dans un était de nerf assez remarquable. Il ne comprenait littéralement rien de ce qui se passait à l'écran ni de ce qui lui arrivait. Ce qu'il savait c'est que la seule solution pour réprimer son érection grandissante était de réfléchir à quelque chose de profondément déplaisant et de s'y tenir.

Sa grande tante occupa donc ses pensées pendant l'essentiel du film.

Après la séance, Tanaka leur proposa de traîner encore un peu ensemble après avoir félicité Asahi de s'être si bien tenu pendant le film. « Tu m'as impressionné, t'as même pas sursauté quand le machin à tentacules est sorti de la bouche d'égout ». Noya refusa cependant prétextant des corvées à la maison à la grande surprise d'Asahi qui aurait espéré le voir encore un peu même en compagnie de Tanaka. Bon, ils échangeraient peut-être quelques textos. Ce serait mieux que rien. Il avait bien fait de méditer pour ne pas encourager plus ses élans lubriques. Noya lui faisait un tel effet. Ce n'était pas tenable. Il avait suffi d'un doigt. Un seul doigt sur sa jambe et il avait été à deux doigt de... Mieux valait ne pas y penser. C'était ironique sachant la difficulté qu'il avait lui-même à aller au bout quand il était seul. Asahi avait envie de s'arracher la peau tant il était confus dans ces moments-là. Même se branler était compliqué pour lui.

Ils se séparèrent à un croisement, habitant tous trois dans des quartiers différents. Tanaka insista cependant pour inviter Asahi la prochaine fois qu'ils feraient une soirée films puisqu'il pouvait manifestement supporter les trucs un peu sous tension. Et puis, il pourrait en profiter pour leur dispenser ses lumières (il l'avait dit avec un regard lourd de sous-entendus et Asahi avait réalisé qu'il faisait allusion aux supposées couguars qu'il était censé côtoyer. Merci Nishinoya).

Asahi accepta cependant avec complaisance. Après tout, à quoi s'engageait-il. Peut-être que d'ici à une quelconque soirée, Tanaka saurait la vérité. Ils devaient en discuter.

En même temps, la perspective de devoir inventer des détails sur sa vie sexuelle inexistante mettait Asahi dans un état d'angoisse assez ingérable. Que pourrait-il bien dire ? Tanaka devait certainement avoir plus d'expérience que lui ! Qu'allait-il pouvoir lui raconter ?

Il en était là dans ses réflexion quand il entendit soudain quelqu'un approcher de lui au pas de course. Il se retourna pour voir Nishinoya qui se ruait vers lui à grandes foulées. Il eut un mouvement de recul instinctif et tenta de l'esquiver mais Noya l'étreignit avec fougue et Asahi se laissa finalement rapidement aller parce qu'au fond, ce n'était pas si désagréable. En respirant l'odeur du gel bizarre de Noya qui était à présent associée à leur premier baiser... enfin deuxième... celui qui n'était pas nul quoi, il oubliait peu à peu la présence potentielle d'autres passants, de gens aux vitres des fenêtres ou installés dans les voitures qui passaient.

Il répondit à l'étreinte de Noya qui poussa un soupir d'aise contre son torse. Après quelques instants, il desserra son emprise de fer et Asahi put respirer normalement. Les battements de son cœur s'étaient dangereusement accélérés.

« Bon, dit Noya, cette fois tu viens chez moi. On sera seuls encore deux heures je pense alors dépêche. Pas une minute à perdre. »

Asahi le regarda avec surprise, puis esquissa un sourire timide auquel Nishinoya répondit par un rictus mutin.

« Je veux t'embrasser, OK ?

- OK, dit Asahi qui hésitait à lui dire aussi que c'était clairement ce à quoi il aspirait.

- Et peut-être plus aussi.

- Plus ? »

Noya sourit :

« Plus si tu veux aussi.

- OK, répéta Asahi. »


Note aux lect-eur-rice-s éventuel-le-s : Désolée, petit retard de ràr, j'essaie de faire ça la semaine prochaine. Le chapitre suivant sera aussi publié next week :D

J'ai adoré écrire Tanaka un peu plus et puis ramener Suga à la rescousse (Suga... ce type est parfait). Les interactions entre Noya et Tanaka me font toujours bien rire. Sinon petit headcanon débile, je pense qu'en plus d'écrire des textos à smiley, Asahi est du genre à faire les smileys horizontaux, les plus mignons quoi du genre =^^= ou o_o (à mon avis il utilise aussi :3 )

Que dire d'autre sinon... smut is coming obviously... mais ne vous inquiétez pas, ce ne sera excitant que pour eux. Ils sont jeunes et awkward et à cet âge là, les orgasmes à paillettes c'est un peu compliqué.