Bonjour à tous,

Nous sommes Mercredi et donc Chapitre dix du POV Dean. Un chapitre BEAUCOUP plus calme que ceux d'avants... Hé, oui, les pauvres, il leur faut du repos x).

Petite note : Pour certains d'entres vous, Dean avait eu une réaction excessive envers Cas mais sachez que dans celui là, Dean redevient lui et son côté protecteur/sauveur fait son grand retour.

Bref, je vous laisse à la suite,


* Chapitre dix *

POV Dean

J+7;

Dean tourne en rond en se triturant les doigts et lorsqu'il voit Charlie sortir de sa chambre, la boule qui s'est logée dans son estomac semble grandir encore un peu plus.

"Dis moi que tout s'est bien passé ! Dis moi que Cas n'est pas traumatisé ! Qu'il va…"

"Dean ! Calme toi enfin !" hurle Charlie en lui tenant les deux épaules de ses paumes, l'empêchant de bouger à nouveau. "Tout s'est absolument bien passé, d'accord ? Castiel n'est pas traumatisé et il semblerait même qu'il le connaît de sa vie… antérieur ?" demande t'elle plus pour elle-même, pas certaine de la bonne formulation.

"Vrai ?..." Il s'avachit sur le canapé, laissant tous ses nerfs descendre d'un bloc, il se sent même sur le point de pleurer de soulagement. Peu importe qu'il le connaisse ou non, au moins, Castiel n'avait pas subi un "viol" en bonne et due forme comme la plupart des esclaves présents dans ce maudit endroit. "Si tu savais comme je suis heureux pour lui… Il n'a pas souffert, hein ? A t'il aimé ? Est ce qu'il t'a donné son ressenti ou…"

"Ferme là, Mowgli ! Si tu veux savoir tout ça, tu n'as qu'à aller voir le principal intéressé !"

Le susnommé soupire en se frottant le visage de sa paume. "Il ne veut pas me voir, Char… Il ne veut plus.. de moi.." sa voix avait dérapé.

Il se sentait comme vidé de ne plus le savoir à ses côtés. Il ne le connaissait pourtant pas mais il aurait juré que lui et Cas étaient faits pour partager autre chose qu'un simple lit, qu'ils auraient dû faire un bout de chemin ensemble. A priori, non, puisque Castiel avait décidé de mettre un terme à leur… relation ambiguë.

"Oh, arrête de faire ta chiffe molle et va le voir !"

"Non, si il pense être mieux sans moi, soit. Je ne veux pas le blesser encore plus." dit il en baissant son regard vers ses mains jointes entre elles.

"Qu'est ce qu'il s'est réellement passé entre vous ?" demande Charlie en s'installant sur le canapé à côté de son invité.

"Il a assisté à la hotstyle avant hier et il a vu que je prenais mon pied à me faire prendre de tous les côtés, il a pas aimé, me l'a fait comprendre et il a décidé de faire sa petite vie de son côté." finit Dean dans un murmure, totalement lessivé.

"C'est ce que tu crois ? Lui as tu demandé son explication, ce qu'il a ressenti ? Parce que je te connais, mon vieux, tu as dû lui balancer toutes les horreurs à la gueule sans lui laisser le temps de répliquer, hein ?"

"Faux, je lui ai demandé qu'il m'explique mais au lieu de me répondre calmement, c'était "je le veux plus, je veux mon logement" comme un gamin capricieux."

Charlie lève les yeux au ciel en posant son menton sur son genoux. "Tu veux que je te rappelles comment j'étais au début ? Et toi ? Comment tu étais au début quand tu es arrivé ici ? Et me dis pas que c'était simple, sans problème ! Est ce que tu te rends compte que Castiel, le petit innocent à la pureté blanchâtre, vient de découvrir toutes les horreurs du monde en même pas une semaine, hein ? Est ce que tu t'ai mis à sa place deux minutes ?"

Dean allait rétorquer mais Charlie le fusille du regard, le dissuadant de faire ne serait ce qu'un seul commentaire négatif alors il soupire simplement en se passant une main dans la nuque.

"Je suis ici depuis tellement longtemps que je ne sais même plus ce qui est bien ou mal…" avoue t'il en se mordant la lèvre.

"Comme beaucoup, Mowgl', je crois que Crowley a réussi à détruire notre humanité. Nous baisons sans pudeur, à quatre ou à vingt, nous acceptons de nous faire frapper, humilier et torturer, bientôt, nous serons de fidèles soldats et je ne serais pas surprise de mettre le meurtre dans notre quotidien. Tu vois ce que je veux dire ?"

Dean hoche la tête, lui laissant l'opportunité de continuer.

"Imagine Cas, celui à la morale catholique, qui comprend où est le bien et le mal, qui arrive dans ce milieu et qui assiste à tout ce qu'il s'est refusé de vivre, de croire réel, de ne serait ce qu'imaginer un environnement de ce genre… Tu étais sa sécurité parce que tu n'étais qu'avec lui, Dean, tu n'étais qu'à lui et quand il a découvert la vraie nature de ce lieu…"

"Il a été anéanti…" finit Dean en observant un point fixe devant lui.

Charlie hoche la tête vivement avant de poser sa paume sur son épaule et d'y mettre un peu de pression. "Va le voir, parle avec lui, essaye de le comprendre et peut-être qu'il te pardonnera tes péchés, Mowgli…"

Dean lui sourit et dépose un baiser sur son front avant de se lever pour quitter le studio, résolu à l'idée de revoir son élève.


Il attend patiemment devant la porte, incertain sur sa manière de devoir entrer en jeu. Devait il être cash ou s'inquiéter d'abord pour sa santé ? Peut-être qu'il n'apprécierait pas que Dean se fasse du soucis pour lui. Son cerveau se stoppe quand il voit la porte s'entrouvrir et quel la tête de Castiel passe par l'entrebâillement.

"Ah.. C'est toi."

Dean aurait bien répliquer méchamment mais ce n'était vraiment pas le moment pour repartir dans une engueulade, il était là pour avoir des réponses et les répliques de mauvais goût n'allaient pas lui être d'une grande aide.

"Je te dérange, peut-être ? Tu veux que je reviennes plus tard ?"

Il voit la porte s'ouvrir un peu plus et Castiel secoue sa tête de gauche à droite.

"Non, non, entre, vas-y."

Dean ne réfléchit pas et fais quelques pas pour se retrouver dans un salon simple. Tous les studios avaient la même disposition mais Castiel avait choisi de mettre le canapé en parallèle devant l'îlot. Dean ne s'attarde pas sur ce point, au contraire, il reporte son attention sur l'hôte qui vient d'ouvrir le frigo pour en sortir deux bières. Aucun des deux ne parlent pour le moment et Dean prend la bouteille que lui tend Castiel avant de jeter un coup d'œil dans la salle.

Castiel soupire en s'installant sur un tabouret alors Dean en fait de même, légèrement nerveux. Il se racle la gorge avant de boire une gorgée.

"Je venais aux nouvelles, savoir comment c'était hier, si…"

"Ça a été, merci." La froideur de sa réponse rend Dean tendu, du moins encore plus qu'il ne l'était déjà.

Alors, ils en étaient là tous les deux ? A se parler en quelques syllabes ? Encore avant hier, ils se complétaient, s'épaulaient, communiquaient et aujourd'hui, plus rien n'existait ? Parce que Castiel avait compris que Dean était corrompu par l'endroit ?

"Tu n'as pas.. souffert ?"

"Pourquoi tu me demandes ça, Dean ? Tu veux savoir si mon petit cul était assez dilaté ? Tu veux y passer aussi, peut-être ?"

L'interpellé ferme les yeux, blessé par l'attitude de son élève envers lui, à quoi s'attendait il en venant ici ? Il avait détruit la bulle que Castiel s'était faite, il ne risquait pas de réparer quoi que ce soit. Lui, il n'était qu'un pion dans l'échiquier. Après tout, Castiel était le seul à avoir une porte de sortie. Dean, lui, était corrompu jusqu'à l'os, il n'arriverait jamais à sortir de cet endroit. Parce que, finalement, il ne le désirait pas non plus… Pourquoi Castiel s'évertuerait à sauver quelqu'un qui ne veut pas l'être ? Dean ricane pour lui même. En effet, la bonne question était là : voulait il être sauvé ?

"Qu'y a t'il de drôle, Dean ? Tu es venu voir à quel point tu avais réussi à me changer ? A me faire prendre conscience de ton monde ? Sache que je n'en ferais pas parti, je ne veux pas devenir aussi paumé que toi."

Dean se lève, ne touchant pas davantage à sa bière et il pose sa paume sur le comptoir. "C'est ce que je suis venu entendre, Angel, et je suis heureux de t'avoir brisé."

Il n'avait pas besoin d'être sauvé, Castiel n'avait pas à prendre ce rôle. S'il le faisait, Dean le détruirait, comme il vient de le faire.

Il se dirige vers la porte, le cœur en miettes et il sort, ses pas avançant sans qu'il n'en prenne conscience. Dean avait juré de l'aider à s'en sortir et il n'allait pas l'abandonner, il allait le faire en silence, au loin sans empiéter dans le nouveau cocon de son protégé. Quitte à se détruire lui-même, encore plus qu'il ne l'était déjà.

Il reprend conscience de son corps quand il se rend compte qu'il se trouve devant la porte de Benny.. Une très mauvaise idée.. et pourtant, il frappe sur le battant, attendant l'ouverture vers un autre enfer.

Benny était sa solution pour le moment, parce qu'il souffre au niveau du cœur et, à choisir, il préfère souffrir physiquement et se laisser se faire battre jusqu'à ce qu'il ne ressente plus rien à l'intérieur de lui.

"Qu'est ce que tu veux, Dean ?"

La voix hargneuse devant lui, lui fait relever la tête et il pose ses iris sur le visage de Benny.

"Je veux que tu me détruises…" murmure t'il dans un souffle.

"Tu l'es déjà, Dean, Castiel s'en est chargé pour moi. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Mets toi une corde autour du cou et abandonne."

La porte se referme et Dean pleure… Voilà bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi faiblement humain.


J+9;

Dean avait médité. Longuement. Sur sa vie. Sur sa personne. Sur son passé. Sur son avenir. Il avait bien entendu passé en boucle la phrase suicide de ce connard de Benny mais il ne l'avait pas envisagé. Pas une seule seconde. Parce qu'il y avait Sam, son Sammy dans cet enfer et maintenant, il y avait Cas, son Castiel qu'il devait protéger coûte que coûte.

Ils ne s'étaient pas reparlés, ne s'étaient même pas observés pendant la hotstyle. Ils avaient été chacun de leur côté et, même si Dean guettait tout de même d'un œil discret les alentours de Castiel, il ne s'était jamais arrêté sur lui parce qu'il n'était pas un voyeur et qu'il savait qu'il serait capable de faire un scandale en voyant la vertue de Castiel disparaître au fil des jours, au fil des prises…

A présent, il est en face du bureau en marbre du patron, attendant que celui ci daigne poser son regard sur lui. Crowley était devenu différent depuis quelques jours avec lui et il ne comprenait pas pourquoi. D'accord, les clients semblaient être plus attirés par le nouveau venu que lui mais était ce une raison pour que le roi de l'enfer ne lui accorde plus aucune importance ? Alors il attend, sagement, comme un esclave qui attend l'autorisation de prendre la parole.. ce qu'il était tout compte fait.

"Bien, je suis à toi, maintenant. Qu'y a t'il ?"

"Je veux changer les termes du contrat de Castiel."

Il avait vraiment médité ces derniers jours et il ne lui était apparu qu'une seule et même solution concernant son élève.

"Benny m'a raconté votre… rupture.." un regard sadique se lit dans ses yeux. "Tu es venu pour me demander de faire disparaître le contrat, c'est ça ? C'est vrai qu'il devient de plus en plus rentable et…"

"Non, je suis venu pour te donner ça." Dean pose une boîte carrée sur le bureau et il pose sa paume sur le dessus. "J'ai économisé plus de trente trois mille euros et je veux que cet argent revienne à Castiel pour accélérer sa mise en liberté."

"Tu donnes ton pognon à celui qui t'a humilié ?" crache Crowley mécontent.

"C'est ça." hoche Dean calmement.

D'après ses calculs, Castiel mettra un peu plus de cinq mois pour parvenir à la somme de sept mille euros en comptant ses propres revenus, soit 153 jours au compteur. C'était encore un délai horriblement long mais si Castiel avait été seul pour parvenir à atteindre les quarante mille dollars, il aurait dû survivre plus de quatre ans dans cet enfer, et ça, Dean n'y comptait pas.

"Il le sait ?" finit par dire Crowley en plissant les yeux.

"Non et je ne veux pas qu'il le sache. Par contre, entube moi ne serait ce que d'un centimes et je détruirais tout ce que tu as construit jusqu'ici."

Le regard du patron devient pétillant de malice mais Dean ne se laisse pas démonter.

"Serais tu entrain de me menacer, Mowgli ?"

Le susnommé secoue ses épaules sans pour autant revenir sur ses paroles. Il patiente, les yeux durs et résolus, prêt à en démordre si Crowley rejette sa proposition.

Il voit le cerveau de son patron fumer à pleins tubes et, au bout de quelques minutes qui semblent durer des heures pour Dean, Crowley finit par soupirer en laissant tomber sa tête en arrière, mécontent mais sur le point de céder.

"Si tu y tiens… Et si je te proposais autre chose, Mowgli ?" reprend t'il dans un sourire carnassier.

Dean fronce ses sourcils. Que pouvait il bien proposer de plus intéressant que ça ? "Quoi donc ?"

Le boss pose son index sur son menton et il ne cesse pas de sourire méchamment. Ce n'était jamais bon quand Crowley avait cette attitude et Dean se tendit automatiquement, pas rassuré le moins du monde par ce qu'il est sur le point d'entendre.

"Ta liberté contre cinquante mille dollars… Toi et Sam.." fait il dans un souffle, impassible, attendant la réaction de son joyaux.

Dean écarquille les yeux. Sa liberté ? Lui, libre ? Avec Sammy ? Cinquante mille euros… Cela reviendrait à rester un peu moins d'un an et demi seulement si Sammy n'a pas lui-même mit de l'argent de côté… S'il l'avait fait, ce n'était donc qu'une question de semaines… Pouvait il accepter alors qu'il avait donné sa parole à Cas ? Après tout, Dean et Sam s'en sortaient très bien jusqu'ici et la relation qu'entretient son meilleur pote avec le second patron lui donne une sécurité non négligeable. Le seul à réellement souffrir ici, c'était lui. A cause du maire, principalement. Mais il s'y était habitué alors que Castiel, lui, ne survivra jamais quatre ans dans cet enfer.

"Non, je veux que cet argent revienne à Castiel."

Le regard de Crowley devient mortel et il frappe son poing contre son bureau en marbre. "Castiel apporte beaucoup d'argent depuis qu'il assiste à la hotstyle alors que toi.. toi, tu dégringoles ! Je préfères te voir disparaître plutôt que lui !" hurle t'il rouge de colère.

Dean rit en posant sa main sur son cœur. "Je suis incroyablement blessé Crowley mais je crois que tu oublies un détail, un gros détail !"

Crowley plisse les yeux et Dean savait que son patron n'était concentré que sur les chiffres actuels, concentré seulement sur la rentabilité des derniers jours avec Castiel.

"Le maire va revenir et, à moins que tu ne comptes donner Castiel en pâture, tu sais que je suis le seul à supporter ses coups… Et c'est bien lui notre plus gros poisson…" crache Dean, le seul et dernier argument à pouvoir fournir.

"... C'est exact…" finit par admettre le roi de l'enfer en se calmant de chef.

Dean croise ses doigts entre eux, priant pour que Crowley finisse par accepter et c'est ce qu'il fit dans un hochement de tête, rassurant Dean qui se détendit automatiquement. Il se met même à sourire en pensant à Castiel.

"Je t'accorde le droit de subvenir à la dette de Castiel pour sa mise en liberté, aujourd'hui jusqu'à son départ, mais, comme pour lui, au moindre écart de ta part, le contrat devient caduc. Je te conseille donc de te remplumer les poches pendant la hotstyle et de remonter ta côte de popularité. A l'heure actuelle, ton salaire du mois dégringole rapidement et si tu ne t'améliores pas…"

Dean connaissait la fin de sa phrase alors Crowley n'eut pas eu besoin de le dire. S'il ne correspondait pas aux attentes du boss, il allait finir au trou et c'était le dernier endroit que Dean voulait revisiter.

"Tu peux me faire confiance, boss, je ne te décevrais pas."

A nouveau ce sourire carnassier sur son visage, comme une marque de fabrique à son effigie, alors Dean se lève et se dirige vers la sortie.

"Tu sais ce que ça te coûte de me décevoir, tâche de ne pas oublier à quel point je peux être machiavélique, Dean."

Le susnommé hoche la tête en ouvrant la porte et il sort de la pièce, le cœur plus léger, ravi à l'idée de rendre la liberté de son élève plus rapidement. A présent, il espérait que Castiel ne fasse pas de faux pas. 153 jours, c'était faisable.


Parce ce que Dean a du cœur et qu'il est prêt à tout pour les autres... Je l'aime x).

Qu'en avez-vous pensé de ce chapitre ?

Bisous, bisous, et à dimanche pour le chapitre onze mes loulous !