Bonjour, bonsoir,
Chapitre douze en ligne ! En espérant que cette fiction vous intéresse toujours autant ;).
Bonne lecture,
* Chapitre douze *
POV Dean
J-145 ;
Dean ouvre les yeux bien avant de sentir une présence entre ses bras. C'est en fixant ce qui se trouve en face de lui qu'il le voit et il sourit involontairement. Castiel lui avait pardonné et voilà plusieurs jours qu'ils se retrouvaient dans ce lit, emmitouflés ensemble.
Il était heureux et serein comme jamais auparavant et il espère que sa présence rend l'ange aussi satisfait que lui. Peut-être même que Cas commençait à se sentir mieux dans ce milieu, du moins, en partie, grâce à lui. Qui sait ?
Il resserre son étreinte, se colle contre ce corps à ses côtés et il cale son visage dans le creux du cou de Castiel inspirant son odeur alléchante.
Il sourit encore en pensant à ces dernières journées avec lui. Ils avaient fait l'amour. Lui, il l'avait fait. Il avait donné de la tendresse, en avait reçu. Il l'avait aimé et Cas l'avait aimé en retour. Ça avait été beau et doux. Nouveau aussi. Mais Dean donnerait tout pour le revivre encore et encore.
Castiel méritait d'être aimé et comblé, il méritait d'être encerclé d'amour et de respect. De reconnaissance et de loyauté. Cas méritait sans doute mieux que lui… Mais Dean allait tout faire pour être à la hauteur. Il le voulait. Il le veut. Pour le restant de ses jours.
"Hello, Dean…" entend t-il la voix de l'ange parvenir jusqu'à son oreille, envoyant un frisson sur sa peau où son souffle se fait sentir.
"Hey, Cas…" sa voix est rauque mais il s'en fiche. Se réveiller aux côtés de celui qui le rend heureux est tout ce qui lui faut. "Tu as bien dormi ?"
"Mmmh… et toi ?"
Pour toute réponse, Dean se penche vers sa bouche et lui dépose un baiser tendre. Il se savait brutale, violent et impatient et pourtant, avec Cas, il n'était rien de tout ça.
C'était étrange, parce qu'aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'avait jamais su comment s'y prendre en douceur, sa jeunesse ne l'ayant pas aidé sur ce point mais, voilà, avec Castiel, il semblait savoir quoi faire, de quelle façon… Ce qui devait être complexe pour lui semblait, finalement, être bien trop simple. Cela ne lui déplaisait pas, au contraire, mais il avait la sensation d'être.. quelqu'un d'autre ? De devenir le vrai Dean, peut-être ? Celui qui aurait dû naître avec une famille aimante.
Il ne savait pas trop ce qu'il devenait mais cela lui plaisait et Castiel semblait lui aussi s'en complaire.
"Tu veux quoi au petit déjeuner ?" demande Dean en se redressant pour étirer ses muscles endoloris.
"Bobby est passé ?" Dean secoue ses épaules. "Si y'a des miel pops alors je prends."
Dean lève les yeux au ciel ce qui lui vaut une petite tape sur l'épaule. Castiel et le miel, une histoire d'amour bien au delà de celle de lui et Dean. Ce dernier se demandait même si l'ange n'avait pas été une abeille dans une vie antérieure. Il avait la sale manie d'en parler chaque jour, de vouloir regarder des documentaires là-dessus… Il avait même demandé à Bobby d'en prendre en photo à l'extérieur pour qu'il en accroche sur le frigo. Ce qu'il avait fait, bien évidemment. Bobby adorait Castiel.
"Avec du lait chaud ?"
Il voit son ange hocher la tête avant de refermer les yeux alors Dean s'active et lui prépare un repas digne de ce nom. Quinze minutes chrono pour qu'il se lave et s'habille également.
Il était de corvée nettoyage aujourd'hui et Castiel s'était proposé pour l'accompagner. La salle principale devait être impeccable pour le soir même.
Dean saute sur le lit pour emmerder son amant qui hurle de rire en sentant les mains douces de son ex mentor sur ses côtes. "Allez, bébé, tu t'es sacrifié pour m'accompagner alors je n'accepterais aucun refus !"
J-145 ;
Dean rit en lui balançant une éponge qu'il avait en main. Ils ne sont que tous les deux dans cette grande pièce vide et ils se retrouvent comme deux adolescents à se chercher des noises.
Malheureusement, l'ambiance devient pesante quand ils relèvent tous les deux la tête en entendant les portes battantes se refermer violemment entre elles. Dean grogne en silence en reportant son attention sur le sol, à quatre pattes, pour enlever la moindre trace sur le lino argenté.
"Alors les deux chiennes, comment ça va ce matin ?" articule Benny avec tellement de hargne que Dean sent ses poils s'hérisser.
Il jette un coup d'œil vers son amant et ce dernier soupire en reprenant son nettoyage d'une des tables.
A certains moments, Dean se demandait comment et pourquoi avait il eu ne serait ce qu'un semblant de relation avec ce type quand il l'apercevait à l'heure d'aujourd'hui. C'était devenu un mec ingrat et cru. Dean se sait plus ou moins responsable de ce changement mais tout de même. Comment un homme comme lui avait pu cacher son vrai visage aussi longtemps devant lui ?
Dean ne relève pas la tête même quand il entend les pas s'arrêter juste derrière son fessier. Il n'allait pas lui faire plaisir en s'intéressant à sa petite personne. Il avait trop donné et Benny lui en avait fait assez voir.
"Tu sais qu'on dirait Cendrillon dans ta position ? Aussi sale et soumise qu'elle."
Il sent la main de Benny agripper ses cheveux et il le tire en arrière. Il ne peut empêcher un grognement s'échapper de ses lèvres. Dean en avait marre de se battre contre lui, il en avait assez alors il ne dit rien et se laisse faire. Un jour ou l'autre, Benny se lassera de ce petit jeu.
"Lâche le, Benny." intervient Castiel en le fusillant du regard.
A priori, non, il allait devoir se sauver de cette étreinte. Il était évidemment hors de question qu'il se montre faible, ce qu'il n'était absolument pas, devant Castiel. Il balance un coup de coude dans les parties de Benny qui le relâche dans un juron pour finir à genoux au sol.
"Tu devrais vraiment arrêter de nous tourner autour, Drac', un jour ou l'autre, tu finiras par prendre beaucoup plus cher que ce malheureux petit coup de rien du tout." dit Dean calmement en reprenant ses gestes sur le sol.
Benny était imposant, oui, avec une carrure à faire peur mais Dean n'était pas fin non plus et il était bien musclé. S'il se battait, Dean avait autant de chance de remporter la bataille que Dracula et il espérait que ce dernier s'en rende compte. L'ex professeur en avait absolument marre de se battre et de se fatiguer pour si peu. Oh oui. Il préfère nettement plus se fatiguer dans les bras de l'ange.
"Je…" il entend Benny se redresser en lâchant plusieurs jurons. "Je t'ai fait la promesse de te pourrir l'existence jusqu'à la fin, Dean... " il sentit une frappe non doucereuse s'abattre contre son crâne. "Et souviens toi que je ne reviens jamais sur mes promesses.." Dean lève le visage pour apercevoir Benny pointer du doigt son amant qui n'avait pas cessé de l'observer de son regard noir. "Angel… Toi aussi, tu es à présent dans ma ligne de mire…" il s'approche de lui dangereusement et Dean crispe sa mâchoire.
"Ne t'avise pas de le toucher, connard…" beugle t'il en se redressant.
Un sourire méprisant se dessine sur les lèvres de Benny qui se recule pour rejoindre les portes battantes, en levant les bras vers eux. "Un ordre est un ordre, Dean… Sache que le jour où Crowley m'autorise et m'ordonne de passer par le petit cul de ton protégé, tu n'auras que tes yeux pour pleurer… Bébé…"
Dean ne répond que par un regard lacéré, sa mâchoire aussi serrée que possible, et même au bout de plusieurs secondes où Benny a disparu de la pièce, Dean ne semble pas se détendre. Il ne le fut que lorsque Castiel posa sa paume contre sa joue.
"Ne l'écoute pas, Dean… Benny est simplement impulsif."
L'interpellé secoue la tête. Benny était beaucoup de choses, oui, mais c'était également celui qui obtenait toujours ce qu'il désirait. "Tu ne le connais pas, Cas.. Moi, oui, et si ce mec veut pénétrer tes magnifiques fesses, sache qu'il y arrivera."
Le cerveau de Dean ne cesse pas de divaguer vers les paroles de Benny et le nettoyage du lieu devient un vrai cauchemar. Il commençait à se sentir oppressé et il lui semblait même ressentir de la peur. Oui, il avait peur pour ces prochains jours, il avait peur pour Cas et il se promet de faire encore plus attention, expiant tous les gestes de son ancien amant. Il n'allait certainement pas le laisser s'en prendre à son ange.
J-143;
Dean se redresse, attrapant la serviette qui tient mollement contre la vitre de la douche, et s'extirpe de cette dernière en balançant ses cheveux de gauche à droite, s'enroulant les hanches de la serviette.
"Et tu penses que c'est quelqu'un de bien ?" ne peut il pas s'empêcher de demander en jetant un coup d'œil à son partenaire qui est encore rougissant de leur ébat.
"Je ne le pense pas, je le sais. Balthazar a toujours été quelqu'un de respectueux avec moi à la faculté et, le savoir ici, à me tenir au courant de la vie extérieure m'indique bien que c'est quelqu'un de confiance." dit il en s'essuyant les cheveux frénétiquement.
Dean grogne en prenant une brosse à dents. Ici ? Dean n'était vraiment pas persuadé que ce Balthazar était réellement innocent. Il était quand même là pour se le faire, non ? Il couchait avec son soit disant pote de la fac, vendu par son beau-père. La situation pourrait paraître cocasse si elle n'était pas aussi déprimante aux yeux de Dean.
"Tu sais qu'il est également là pour profiter de ton petit cul ?" dit Dean avec arrogance.
Il voulait faire ouvrir les yeux de son ange. Ce dernier semblait persuadé que ce Balthazar était là pour le sauver mais Dean n'était pas d'accord avec sa façon de voir les choses. Ce client était justement un client ! Et en tant que tel, il pouvait nettement se foutre de lui. Castiel était beaucoup trop innocent et ce Balthazar devait le connaître et jouer avec cette partie de son caractère.
"Dean… Je sais ce qui m'en coûte, merci…"
"Je ne dis pas ça pour te rabaisser ou te blesser, Cas, mais pour que tu prennes conscience de ton statut ici." Dean met son dentifrice sur sa brosse avant de croiser le regard de Castiel à travers la vitre. "Ça se trouve, il se moque de toi, te fais croire des trucs pour que tu tombes plus facilement dans le panneau."
Dean vit l'ange froncer les sourcils amenant son petit nez aquilin à suivre le mouvement. "Balthazar n'est pas comme ça. Tu devrais cesser de le dénigrer et de voir cela comme une ouverture et une opportunité."
Dean se tut le temps de nettoyer convenablement ses dents avant d'en recracher le contenu dans l'évier et de reporter son attention sur Castiel entrain de se vêtir d'une tenue de scène. "Une ouverture ? Ça, pour une ouverture, c'en est une. Il te défonce l'arrière train…"
"Dean…" le reprend t'il en levant les yeux.
"C'est juste que je ne voudrais pas que tu te retrouves confronté à la réalité, Cas. Je suis sûr que ce mec n'est pas sain ! Tu ne peux faire confiance à personne, tu comprends ?"
Il voit le regard de Castiel devenir plus froid et il prend sa brosse à dents des mains pour faire les mêmes mouvements que Dean précédemment.
"Je te fais confiance, moi. Tu devrais en faire autant de ton côté."
Dean soupire en se dirigeant vers ses fringues de scène qu'il enfile à la hâte. "Je ne fais confiance qu'à toi et à Sammy, Cas. C'est juste…" il se mord la lèvre avant de se noyer dans les iris de son ange dans le miroir. "Je n'aime pas savoir qu'il se sert de toi, c'est tout… De savoir que ce mec couche avec toi déjà, ça m'horripile, mais si, en plus, il abuse de ta gentillesse et ta naïveté…"
Castiel brise leur échange visuel pour recracher ce qu'il a dans la bouche et Dean termine de se vêtir de sa tenue moulante.
"Tu couches bien avec le maire, toi… M'as tu déjà vu te demander comment cela s'était passé ? Non alors je ne prendrais plus la peine de te parler de Balthazar."
Dean grogne en frappant son poing contre la porte faisant sursauter son interlocuteur. "Ne compare pas mon client avec le tien, bordel ! Rien n'est comparable !" il lui lance un regard dur et froid. "C'est normal que je me fasse du soucis pour toi, Cas ! Et ouais, excuse moi d'avoir des doutes sur ton soit disant pote !"
"Parce que, moi, je n'ai pas le droit de me faire du soucis pour toi, peut-être ? Tu sais que j'appréhendes l'arrivée de ce maire ? J'ai peur de votre prochaine séance ! Déjà que Charlie m'a expliqué les fameuses marques de ton dos alors…"
Dean ouvre la porte avec rage, ne voulant plus écouter les babillages de son amant. A vrai dire, Dean aussi appréhendait de le voir débarquer. Cela faisait plus de trois semaines qu'il ne l'avait pas revu et il savait que la date fatidique approchait. Doucement mais sûrement.
"Ne me tourne pas le dos, Dean, quand je te parles !"
L'interpellé se retourne toujours autant remonté. "Mais je t'écoutes, Cas, et rien ne changera ! Quand le maire viendra, tu ne seras pas plus au courant que tu ne l'es déjà, okey ? Je ne veux pas en parler, ni à toi, ni à personne d'autre !"
"Tu devrais… Je veux savoir quelles limites a t'il pu franchir !"
Dean ricane plus pour lui-même que pour son amant. Les limites ? Quelles limites ? Le problème du maire était justement qu'il n'en avait aucune… "Quelles limites, Cas ? Il n'en a franchit aucune… Tu veux savoir pourquoi ?" L'interpellé fronce les sourcils en s'approchant à petits pas faisant reculer Dean. "Parce que ce mec n'en a absolument aucune ! Il peut être doux à une séance et torturer à l'autre ! Il n'a pas de limites et personne ne lui en donne ! Crowley ne dit rien parce que c'est grâce à ce type que la boite marche autant ! Tu piges à présent ?"
Le regard de Castiel se fait plus peureux, plus sensible, plus… doucereux et il encercle sa tête de ses paumes. "Pourquoi est ce toi qui est chargé de lui, Mowgli ? Pourquoi es tu obligé de subir ça ?..." sa voix est douce, facilitant à Dean l'envie d'en parler.
"Parce que je suis le seul à le pouvoir…"
"Et Benny, il est assez fort, il pourrait…" Dean le fit taire en posant sa bouche sur la sienne. Il l'aimait. Malgré la différence d'opinions concernant énormément de sujets entre eux, Dean était fou de l'homme en face de lui et il se surprenait souvent à lui dire des choses qu'il n'aurait jamais cru pouvoir avouer un jour à quelqu'un.
"Physiquement, Benny est fort, oui… mais le maire est beaucoup plus vicelard que ça, Cas… Je suis le seul à le supporter moralement…" Il l'embrasse de nouveau. "Si tu savais le nombre de collègues qui ont fini par devenir des mollusques, tu serais surpris… Certains.." Dean se tait en laissant un sanglot s'échapper de ses lèvres. "Certains en sont morts, Cas…" et à cette phrase, il pensa particulièrement à la belle Jo.
"Certains que tu.. appréciais ?" demande Castiel dans un murmure.
Dean se love dans le creux du cou de son amant pour en sentir son parfum, ne voulant pas repartir trop loin dans ses pensées pour en ressasser de mauvais souvenirs. "Il y avait une fille, Jo, c'était un peu.. comme ma petite sœur, tu vois ? Elle était là avant moi et Crowley cherchait un nouveau prétendant au trône." ricane t'il dans un sanglot. "Elle fut choisie et, tu sais, les ordres sont les ordres… Il la tuait en l'étouffant avec une ceinture… Elle.. Si tu avais vu le nombre de marques sur son corps frêle... " Dean étreinte son ange plus fortement, laissant une fine goutte perler sur sa joue.
Plusieurs minutes s'écoulent où aucun des deux ne parle, laissant le soin à Dean de se remettre de ses émotions. Il se repousse lentement avant de déposer un baiser sur le front de son amant avant de se diriger vers la sortie. Pourtant, Castiel l'arrête en lui prenant la main.
"Pourquoi le maire ?"
Dean se retourne pour poser ses iris émeraudes dans ceux de Cas. "C'est un nom de scène que nous lui avons trouvé.. Au vu du personnage et de sa réputation dans le milieu, on trouvait que ça lui allait plutôt bien."
Castiel le relâche pour se diriger à son tour vers la sortie et Dean sent son cœur rater un battement. Son ange allait revoir son sale client et cette pensée le rendait quelque peu furax.
"Le maire ? J'aurais plutôt choisi Lucifer si tu veux mon avis." dit il en ouvrant la porte, s'insérant dans le couloir suivi de Dean.
Ce dernier secoue ses épaules avant de la refermer et de partir en direction de la salle principale pour exercer ses talents dans le service. Il était plutôt serein ce soir puisqu'il n'avait pas à assister à la hotstyle ni même Castiel. Bien que ce dernier était convié à satisfaire un client qui abusait clairement de lui. Mais, au moins, il n'avait pas à se faire pénétrer par une panoplie de clients, que d'un seul. Ce point ne rendait pas Dean plus heureux mais bon, c'était ainsi que ce milieu était fait et il fallait s'en faire une raison.
"C'est quoi son vrai prénom alors ?" demande Castiel avant d'ouvrir les portes battantes, le regard étonnamment curieux.
Dean lui dépose un nouveau baiser avant de poser sa paume de la même manière que son amant. "Azazel."
"Le fils de Lucifer ? Le roi de l'enfer, hein ? Si je tombe sur lui, un jour ou l'autre, sache que je vais lui refaire le portrait." dit hargneusement Castiel en fronçant les sourcils.
Dean rit sans se retenir. "Si tu y arrives, tu auras une médaille, bébé, mais, après tout, un ange peut combattre le mal, non ?"
"Compte sur moi pour ça."
