Bonsoir,
Chapitre 15, ma gueule ! (Pardonnez ma vulgarité, j'suis tout bonnement ravie de ce chapitre).
Qu'il me plaise, d'accord, c'est une chose, mais j'espère également qu'il vous plaira, petites lectrices (lecteurs ?) impatientes !
J'vous laisse humer tout ça,
* Chapitre quinze *
POV Cas
J-105 ;
24… Vingt quatre fois que Charlie est venue. Vingt quatre jours d'après elle que Castiel est enfermé dans ce donjon sale, crasseux. Vingt quatre jours d'une quasi solitude. Vingt quatre jours à attendre patiemment que Charlie lui apporte de l'eau et de la nourriture. Vingt quatre jours que le froid imprègne ses pores. Vingt quatre jours plongés dans le noir. Vingt quatre jours à entendre des bestioles passer et repasser à côté de lui. Vingt quatre jours à se demander si Dean s'en sortira. Vingt quatre jours. C'était long.
Castiel se balance de haut en bas, se fichant de se blesser l'épaule contre la grille froide qui l'empêche de sortir. Il se balance pour se réchauffer. La couverture que Charlie lui avait apporté ne suffisait pas. Il avait froid aux pieds, aux jambes, aux dos, à la tête. Il avait froid, il était sans doute même entrain de mourir de froid.
Il devenait fou à attendre, à ne rien entendre. Il devenait fou à savoir que des rats se promenaient sur ses jambes. Il devenait fou à l'idée que son amant était actuellement dans le coma à cause d'un abruti de client qui n'avait pas su contrôler ses ardeurs. Il était fou à l'idée de savoir ce même client vivant.
Il accélère son balancement, ses pensées rivées sur le maire. Il avait pourtant enfoncé la lame profondément dans son torse. Il avait entendu un craquement, il avait vu du sang envahir sa chemise ouverte, il avait tout donné dans cette action. Il voulait le voir mort. Ce type méritait de mourir et d'être envoyé en enfer.
Il crispe sa mâchoire, haineux à l'idée de savoir cet homme sain et sauf. Il ressentait tellement de haine pour ce client, tellement de mépris, de dégoût. Il crie, serrant davantage la couverture sur lui.
Ses yeux sont fous. Il est fou. Fou d'amour pour Dean qui a réussi à se battre jusqu'au bout. Il est fou de rage contre l'environnement. Il est fou de haine pour Azazel et toux ceux qui profitent du système. Il est fou de tristesse d'être abandonné de la sorte, sans avoir la chance d'être au côté de celui qui hante ses rêves.
Une larme coule sur sa joue et il l'essuie avec acharnement. Il avait besoin de Dean, il voulait être près de lui, il devait être à ses côtés. C'était son devoir. Il se fichait à présent de tout, d'absolument tout. Il ne vivait que pour savoir Dean en sécurité. Seulement pour ça.
Il entend une porte s'ouvrir au loin et il cesse de se balancer, se concentrant sur les sons qui lui proviennent jusqu'à l'oreille. Une porte se ferme, des pas s'approchent de sa direction. Il ferme les yeux, les ouvre de nouveau à moitié pour s'habituer à la faible luminosité qui apparaît devant lui.
Sa paume se pose sur son visage, il grogne doucement, se concentrant sur le faisceau de lumière qui irradie à présent tout l'espace. Une minute pour s'y habituer.
"Cassie ?" L'interpellé enlève son bras et sourit. Il sait encore sourire. Pour elle principalement. Pour Charlie. Il émet juste un bruit pour lui dire qu'il est là, bien présent.
Elle s'approche et lui donne une bouteille d'eau que Castiel prend dans la seconde pour boire avidement. De l'eau. Il était entrain de s'assécher. Il s'arrête, sur le point de tout rendre alors il respire. S'habitue.
S'habituer… Il n'avait fait que ça depuis qu'il était dans ce trou. Il s'était habitué à la froideur, s'était habitué à l'attente, s'était habitué à partager sa couche avec des créatures, s'était habitué à l'obscurité mais, surtout, il s'était habitué à l'odeur. L'odeur de pourriture, d'excréments, les siens et autres. L'odeur était exécrable et insoutenable et il s'y était habitué. Tout n'était qu'une question d'habitude.
25… Vingt cinq fois que Charlie venait. Vingt cinq jours pour s'habituer.
"Prends ton temps, Angel…" Castiel tourne son visage vers elle en prenant une toute petite gorgée. Du temps, il en avait, oui. Du temps pour réfléchir, pour haïr, pour devenir fou. Il avait tout le temps. "J'ai des nouvelles qui vont te plaire."
Castiel arrête tous ses mouvements et scrute de nouveau la belle rousse à ses côtés qui s'installe confortablement au sol à quelques centimètres de lui.
"Dean se réveille, doucement mais surement. Garth pense qu'il sera entièrement rétabli dans quelques jours grâce aux dosages de Kévin. Il n'a plus aucune cicatrice sur le corps déjà. Ses bleus disparaissent aussi." Castiel voit ses doigts s'accrocher à la grille et son épaule se pose sur ces dernières. "Son coma n'a pas altéré tous ses sens.."
Castiel se tend avant de poser à son tour ses doigts sur la grille. "Pas tous ?" A présent, il écarquille les yeux, comprenant parfaitement ce qu'elle lui indiquait.
"Il… Il n'entend plus.. Pour le moment. Garth dit qu'il a de grandes chances de pouvoir retrouver l'ouïe."
"Combien ? A combien de pourcentages ?" Il sent la couverture quitter peu à peu ses épaules mais il s'en fiche, se concentrant simplement sur les lèvres de son amie.
"80%... Il a déjà eu beaucoup de chances que vous soyez arrivés avant qu'il perde entièrement connaissance."
"De la chance ? Il était inconscient, Charlie ! Inconscient ! Ses épaules étaient déboîtées, il était tailladé du torse à son sexe ! Azazel lui avait coupé la respiration et, à priori, l'oxygène n'a pas pu atteindre tout son cerveau à temps ! Tu appelles ça de la chance ? Il a peut-être perdu l'ouïe !" Castiel tousse, plus habitué de parler autant et aussi vite. Il récupère la couverture et la replace sur ses épaules.
"Je sais tout ça, Cassie, je dis juste que ça aurait pu être plus grave que ça. Il aurait pu perdre beaucoup plus que l'ouïe." Elle bouge ce qui oblige Castiel à se retourner vers elle et il voit un bout de pain dans sa main. Il se lèche les lèvres avant de se jeter sur la nourriture. "Dean est une force de la nature, Cassie, il ne nous quittera pas de sitôt."
"Je sais." arrive t'il à dire entre deux bouchées.
"Heureusement que Crowley a placé des caméras en tout cas… Tu savais qu'il regardait ?" demande t'elle lentement, dans un souffle.
"Je me suis lié d'amitié avec Gabriel et il m'avait dit que Crowley assistait toujours aux séances de Mowgli." Il soupire avant de terminer son dernier bout de pain. "Je trouvais ça malsain mais finalement, je suis heureux que le patron ait pris cette habitude." Tout n'était qu'une question d'habitude. Encore. "Bref, quand vous êtes partis, je me suis placé devant la loge de Crowley et j'ai attendu." Il boit une gorgée doucement. "Quand je l'ai vu quitter son trône pour se diriger à la vitesse de l'éclair vers la chambre de Dean, j'ai tout de suite su ce qu'il se passait. J'ai accouru à mon tour." Il pose la bouteille à côté de lui et s'emmitoufle à nouveau plus confortablement dans la couverture. "Mais je ne comprends pas pourquoi il a attendu autant de temps pour intervenir."
"Dean a l'habitude de la torture. Il a déjà été tailladé, Cassie, des tas de fois…"
"Sur le pénis ? Un client a déjà été jusque là ?"
Castiel voit Charlie se retenir de verser une larme et elle secoue la tête pour lui répondre, se retenant également de laisser échapper un sanglot.
"Alors, Crowley aurait dû intervenir à ce moment là."
Un lourd silence s'ensuit sans que l'un ou l'autre ne bouge. Castiel était dans ses pensées, reprenant ses balancements de nouveau. Il est gelé, sa lèvre inférieure tremble à cause du froid glacial de la pièce. Combien de temps devait il encore être enfermé dans ce donjon ? Ce qu'il voulait, c'était Dean. Pouvoir s'asseoir à ses côtés, le toucher, le rassurer, l'aider à reprendre des forces.
"Je t'ai apporté de la soupe et…" Charlie n'a pas eu le temps de finir sa phrase que Castiel se jette déjà sur la petite boîte fumante d'entre ses mains. La chaleur transmise sur sa paume le brûle mais il s'en fiche, se dépêchant d'ouvrir le couvercle pour en boire une fine gorgée. Le liquide lui écorche l'œsophage et pourtant, il persiste à en boire encore et encore sans lâcher un seul grognement. La soupe lui réchauffe l'intérieur de son corps et cette sensation est exquise. Délicieuse et bienvenue.
Sa bouche cesse de bouger et il arrête de se balancer. Pendant quelques heures, son corps allait pouvoir se reposer un peu et il allait en profiter au maximum.
"Je vais te laisser, Cassie… Je reviens demain, d'accord ?"
"Merci Charlie." sont les seuls mots qui arrivent à sortir de la bouche de l'ange, trop concentré sur sa nourriture pour entamer une plus longue conversation.
Il l'entend se relever et disparaître avec le faisceau lumineux, se retrouvant au fil des secondes de nouveau dans une obscurité complète. Quand la porte se referme et que le calme revient, il entend des couinements revenir dans sa geôle le faisant se contracter involontairement.
Il s'y était habitué pourtant.
J-104;
Castiel balance la bouteille d'eau à présent vide devant lui et il se concentre sur le bruit. Grille, sol, roulade. Puis, couinements, déplacements et la bouteille roule de nouveau. Les créatures ne sont pas loin de lui et il amène ses jambes plus près de son torse. Son dos lui faisait mal mais il s'interdit de s'allonger au sol. La dernière fois qu'il l'avait fait, il avait senti un nombre incalculable de pattes grimper sur son torse et cette expérience l'avait fait hurler.
Il détestait les rats, souris et toutes bestioles des égouts. Il soupire en posant son menton sur son genou et il encercle ses bras autour de ses jambes. Il n'en pouvait plus.
Il tourne son visage vers la gauche, entendant la porte s'ouvrir et un rayon lumineux apparaître. 26 fois que Charlie venait le voir. Vingt six jours de détresse, de peur et de souffrance. Il avait compris la leçon.
Il ferme les yeux, les ouvre, les referme, s'habituant à l'éclairage de plus en plus présent dans la pièce, et lorsqu'il parvient à garder les deux yeux ouverts, il plisse les yeux en observant Gabriel devant lui.
"Salut, Angel ! Tu es libéré de ta cage, mon ami ! J'ai un peu forcé notre cher démon aux yeux rouge, j'vais pas te mentir !" Castiel se concentre sur un trousseau de clés qu'il sort de sa poche. "Monsieur grincheux voulait te garder au trou pendant trente jours, quel couillon celui-là !" Une clé se faufile dans la serrure sous le regard envieux de l'ange. "En fait, c'est surtout Dean que tu devrais remercier, il hurle depuis qu'il est réveillé pour te voir." La porte s'ouvre enfin et Castiel essaye de se redresser. En vain.
"Gaby, je…"
"Je sais, reste où tu es. Tu n'es pas le premier que je ramène à la vie, tu sais." Gabriel entre dans la cellule et se penche sur le prisonnier. "Mets ta main autour de mon cou, je vais t'aider à te redresser, d'accord ?"
Castiel hoche la tête vivement et laisse son patron l'encercler de son bras. Au bout de quelques secondes, Castiel se retrouve debout totalement à la merci de Gabriel qui entoure l'un de ses bras autour de sa taille.
"Fais un pas, un petit… Voilà, comme ça. Un deuxième.. C'est ça.. Prends ton temps, Cassie."
"Dean…"
"Nous allons le voir, je te le promets, Cassie."
L'interpellé soupire mais il s'évertue à avancer, se sentant tout à coup fatigué. Il laisse sa tête se poser sur l'épaule de son patron et il lâche un grognement de frustration. Castiel n'aime pas ne pas être maître de ses gestes mais sa récente amitié avec cet homme lui permet de ne pas s'en formaliser. Le faisceau lui fait voir la fameuse porte tant attendue et, c'est à cet instant, qu'il laisse un soupir de satisfaction sortir de ses lèvres avant que le noir complet ne l'emporte.
J-104;
"Vu les épreuves qu'il a traversé en ce moment, il mérite un peu de repos."
"Dormir dans le même lit que Dean serait un repos ? Et bien, c'est mal connaître le phénomène, hein !"
Castiel papillonne des yeux avant de les ouvrir pour apercevoir Sam et Garth discuter devant lui. Aucun des deux ne lui prête attention, continuant d'énumérer les oui et les non de sa condition pour se reposer dans les bras de son homme.
Castiel se lèche les lèvres pour les humidifier. "Dean…" Il tourne le visage à droite et à gauche pour observer son environnement. Il ne perçoit rien d'intéressant. Où était donc Dean ?
"Cassie.. Hé, mec, doucement…" Sam se retrouve dans son champs de vision et Castiel papillonne de nouveau. "Tu t'es évanoui en sortant du trou, tu es déshydraté et…"
"Dean…"
Castiel voit Sam se retourner vers Garth et ce dernier soupire avant de se déplacer vers un drap qu'il relève. Le visage de Castiel s'illumine quand il aperçoit son homme endormi dans un lit. Il se redresse sans s'en rendre compte mais Sam l'arrête en posant sa main sur son épaule. "Doucement, Cas, s'il te plaît."
Garth revient près d'eux et il passe son bras derrière le dos de l'ange. "Dean est dans un lit double, on t'amène à lui, d'accord ? Mais, s'il te plaît, Angel, ne fais rien de stupide. Dean a besoin de repos.." Castiel pose ses pieds au sol et Sam se déplace rapidement pour se retrouver à sa gauche. "Et quand je dis repos, ce n'est pas une métaphore, hein ? Ce mec était à deux doigts de nous clamser entre les mains, je t'interdis de l'ennuyer !"
"Garth…"
"Tais toi, Sam, Castiel doit être au courant de la fragilité de notre Mowgli et c'est mon devoir de le tenir au courant !" Castiel se sent agripper et ils se déplacent tous les trois en direction de Dean, toujours endormi. "Je sais pas si c'est vraiment efficace de les foutre ensemble ! Ça se trouve, ils vont se croire dans Roméo et Juliette et vont décider de s'entre-tuer pour vivre heureux !"
"Garth…"
Quand Castiel se retrouve à quelques centimètres du lit, son sourire éclaire son visage et il devient impatient à l'idée de coller son corps contre celui de son amant. Les garçons le relâchent rapidement, Sam mettant plus de soin et de temps pour le placer confortablement contre le matelas.
Mais, dès lors que Castiel sent son corps rejoindre le doux confort du matelas, sa paume se pose sur le visage à ses côtés et une larme roule sur sa joue.
Le bien que cela lui procurait ! De pouvoir de nouveau toucher son amant ! Tout cela le rendait heureux, comblé et tellement reconnaissant pour que Dieu lui autorise à nouveau de goûter à ce bonheur, de lui avoir ramené Dean près de lui. Il se tourne sur le côté, ses yeux grand ouverts pour admirer toute la beauté du visage face à lui. Une nouvelle larme roule sur sa joue mais il ne s'en préoccupe pas, posant simplement sa paume sur le pectoraux de Dean, comme pour s'assurer que son cœur bat encore. Il bat.
"On… On va te laisser, Cassie… Tu as un bouton derrière toi, il te suffit d'appuyer et on débarque, okey ?" entend t'il derrière lui provenant de la bouche de Sam.
Castiel se contente d'hocher la tête sans pour autant se retourner. Rien ne pourrait l'obliger à détourner son visage de l'homme devant lui.
Il entend le bruit de pas s'éloigner et, lorsque plus aucun bruit ne vient perturber son moment, il baisse le visage, collant sa joue contre l'épaule de Dean et il inspire. Il l'avait de nouveau contre lui, il pouvait de nouveau le toucher et s'enivrer de son odeur. Il était à ses côtés et Castiel allait tout faire pour qu'ils ne soient plus jamais séparés.
Il embrasse la peau douce à ses lèvres, glisse son bras sur le torse musclé de Mowgli encore entouré de nombreuses bandes et il ferme les yeux.
Depuis vingt six jours, il n'avait pas cessé de penser à ce moment. Au moment où il retrouverait l'homme qui lui faisait battre son cœur avec frénésie. Depuis vingt six jours, il souffrait en silence. Aujourd'hui, il s'accrochait à son bonheur.
