Chapitre 2 : La Honte.
Lorsque j'arrive enfin dans la salle de classe de la 3°E, je remarque directement le regard de tout mes camarades se diriger vers moi. Mais qu'est-ce qu'ils ont ? j'arrive toujours en retard et ils n'y font pas attention, d'ordinaire. Ne m'attardant pas trop sur mes collègues, je me dirige vers mon bureau au fond de la classe pour m'endormir comme à mon habitude. C'est alors que je remarque que tous me fixent encore. OK …
- Quoi ? J'ai quelque chose sur le visage ou quoi ?! Demandais-je vraiment irrité de leur attitude de ce matin
- Tout le monde est au courant Karma. Tu ne peu plus le nier. Et on a des témoins. Me lança Terasaka à côté de moi.
Alors … C'était pas un cauchemar ?! Donc, Nagisa et mes parents sont vraiment au courant que je regarde Boku no Pico et Terasaka et sa bande sont au courant que j'ai des pantoufles licornes aussi ?! Et ils auraient tout répété à la classe entière ?! Je suis dans la merde … Une seconde ! Est-ce que la tête bleue à également tout balancé pour Boku no Pico ?!
- Au courant de quoi ? Fis-je faussement étonné
- Fait pas l'innocent Karma. On sait tout tes petits secrets. Nagisa et Terasaka nous ont raconté. Balança Yoshida, un des potes du débile qui m'a surprit hier.
Je lance alors un regard noir à mon ancien ami. Comment a-t-il pu me trahir ? Comment a-t-il pu tout balancer comme il vient de le faire ?! Nagisa baissa alors les yeux. Il a bien raison. On ne peut faire confiance à personne ici. Je ne resterai pas ici. Je ramasse donc mon sac et sors de la salle, croisant d'ailleurs Koro-Sensei qui n'essaie même pas de me retenir. Les mains dans les poches, rouge de honte, je me dirige vers la falaise où j'avais tenté d'assassiner notre prof à mon arrivée. Assit au bord du gouffre je réfléchis sérieusement à ce que je pourrais bien faire maintenant qu'ils sont tous au courant. Peut-être que je devrais sauter une nouvelle fois. Impossible. L'autre poulpe le sentirai immédiatement et m'en empêcherai. Pff … Et si je ne vais plus en cours, mes parents vont encore me traiter d'incapable. De plus, je leur ai promis de me trouver une copine. Mais qui ? Quand j'y réfléchis bien, je me rends compte que je n'ai aucun ami en dehors de mes camarades de classe. Et encore, il n'y avait qu'avec Nagisa que je m'entendais bien. Il y a bien Okuda aussi mais … Elle est trop gentille et on ne va pas vraiment ensemble. Je suis dans la merde …
Je sens alors mon portable vibrer dans ma poche. Ma messagerie vocale. Ah oui, le message de le part de l'inconnu. Faut que je l'écoute. Je décroche donc et porte mon téléphone à l'oreille pour entendre. La voix qui me parvient est alors trop chelou. Une voix super grave et que je connais pas. Sans doute modifiée. La voix me dit :
« Je te connais.
Nous te connaissons.
Je te surveille.
Nous te surveillons.
Je t'espionne.
Nous te tuerons. »
Euh … Est-ce que je dois rire ou bien avoir peur ? C'est sans doute rien. Juste des gens qui s'amusent à composer des numéros au hasard et faire peur. Et puis, même si tout ce qu'il dit est vrai, je suis un apprenti assassin, je n'ai donc aucune chance de me faire avoir. De plus, je l'aurais remarqué de suite si quelqu'un, voire plusieurs personnes, s'amusait à m'espionner.
J'entends alors quelqu'un approcher lentement vers moi. Bizarrement, sans doute un réflexe en fait, je me lève subitement. Il s'agit juste de Nagisa. Pourquoi vient-il ici ?! Espère-t-il vraiment que je vais lui pardonner ?! Je lui lance un regard noir puis me dirige vers lui. Arrivé à sa hauteur, je ne le calcule même pas et passe mon chemin en le bousculant légèrement.
- Karma-kun, attend !
Je m'arrête un instant mais je ne me tourne pas vers lui.
- Je voulais m'excuser. Je ne pensais pas que toute la classe allait être au courant ! Je te le jure ! Je l'ai juste dit à Kayano, c'est tout … J'ignore comment les autres le savent !
Toujours sans le regarder, je lève les épaules et lui répond :
- Je n'ai que faire de tes pathétiques excuses. Je te faisais confiance, Nagisa. Jamais tu n'aurais dû le répéter à qui que ce soit. Ne m'adresse plus jamais la parole, tu m'entends ?!
A la fin de ma phrase, je pars sans voir le regard que me lancer mon ancien ami. Les mains dans les poches, je marche sans aucun but précis. Tout ce que je veux, c'est être seul et qu'on ne vienne pas me parler. De toute manière, qui viendrait venir me parler ? Je suis seul désormais. Et je resterai seul un bon moment, sans doute.
Je finis par arriver dans un parc pour enfant. Autour de moi, les petits jouent ensemble, se courent après … A cette vue, je souris presque niaisement. A dire vrai, j'envie ces enfants. Ils n'ont pas les mêmes soucis que moi. En fait, j'aurais aimé avoir la même enfance. J'ai toujours été quelqu'un de très solitaire, renfermé sur moi-même, incapable d'aller vers les autres. En allant voir Nagisa le jour de notre rencontre, je venais de faire un énorme pas en avant. Depuis nous étions toujours ensemble. Jusqu'à hier …
Soudain, un petit qui était en train se courir tombe à terre juste devant mes yeux. Sans doute par réflexe, je me lève subitement et va l'aider.
- Est-ce que tu vas bien ? Lui demandais-je.
L'enfant me regarde et écarquille grand les yeux avant de se relever aussi vite qu'il était tombé et de s'enfuir en courant.
- Je pense que tes yeux font peur aux enfants ! S'exclama la voix d'une jeune fille derrière moi.
Je tourne la tête et écarquille à mon tour les yeux. Elle ?! Mais ! Impossible ! Les chances que l'on se recroise était quasi nul ! Je me relève et l'attrape par le col de sa chemise.
- Toi ! M'écriais-je. Je te signale qu'on a un compte à régler !
- Attends ! Je voulais te remercier pour hier ! Je devais faire vite donc j'ai pas eu le temps de te dire merci !
- Hein ?
Je la relâche immédiatement et me recule de quelque pas. Elle vient vraiment de s'excuser là ?! Ben ouais …
- Et je peux savoir ce qu'il ont mes yeux ?!
- Eh bien …
L'étrangère s'approche alors un peu trop près de moi à mon goût. Nos visage se touchent presque. Je sens même mes joues devenir rouges et s'enflammer !
- Je croyais m'être trompée, mais non. Ils brillent anormalement. Un enfant pourrait trouver ça inquiétant mais d'autre pourrait les trouver …
La jeune fille sembla hésiter sur le dernier mot à prononcer.
- … Intriguant. Oui, c'est le bon mot.
- Ah, d'accord. Furent les seuls mots qui sortirent de ma bouche.
La française posa alors ses points sur ses hanches et se pencha en avant, l'air contrariée.
- T'allais vraiment me frapper simplement parce que je ne t'ai pas remercié là ?!
- Hein … ? Non … Enfin … Je …
Mais qu'est-ce qui m'arrive depuis hier ?! J'ai l'impression d'avoir de plus en plus de mal à m'exprimer !
- En fait … Je suis un peu à cran, ce matin …
- Oh. Et j'imagine que tu ne veux pas en parler à une parfaite inconnue ! Je te comprends ! Me dit-elle en souriant.
Bizarrement, au moment où elle m'a souri, je sentis comme une sorte de réconfort au fond de moi. Comme si un peu de ma haine venait de partir. Je m'assois alors sur un banc et l'invite à en faire de même.
- C'est justement parce que je ne te connais pas que je sais que si je te dis la raison, tu ne le répéteras pas. Promets-le moi tout de même …
- Je te le jure !
- Bon alors … Euh … Comment dire ça … Heu …
Aller Karma ! Elle ne le dira à personne que tu connais …
- Toute ma classe sait que je regarde Boku no Pico.
Il est hors de question que je lui dise pour les pantoufles licornes. C'est connu, les filles adorent les pantoufles licornes. Et elle va m'harceler pour les avoir. La jeune fille se mit alors à rire aux éclats. Tiens ? Je m'attendais pas du tout à ce genre de réaction …
- Et alors ? Rigolait-elle encore. Moi aussi ! Il est où le problème ?
- Ah … Ah bon ?!
Je mis alors à rire aussi. Quelles étaient les chances encore une fois pour qu'une étrangère regarde les mêmes choses que moi ?
- Bon … J'ai été heureuse de discuter un peu avec toi. J'espère qu'on se reverra un jour !
L'étrangère se lève et commença à partir quand son portable sonna. Elle le regarda quelques secondes puis souffla tout en disant : « Encore ce numéro ! »
Alors que je la regarde s'éloigner, je sens comme un profond vide au fond de moi. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Jamais je n'avais ressentit un tel sentiment auparavant. Nous nous sommes parlé que très peu et j'ai comme l'impression qu'il s'agit d'une personne très importante pour moi … Étrange …
L'après-midi, je décide de retourner en cours. En fait, avoir parlé avec l'étrangère m'avait donné comme une sorte de courage. Je vais donc affronter le regard des autres et leur prouver que je n'ai que faire de ce qu'il peuvent bien penser de moi. Après tout, je suis Karma Akabane, connu aussi con le démon du collège. La personne la plus crainte. Je ne vais pas me laisser impressionner par une bande d'adolescents.
Lorsque je rentre dans la salle, toutes les discussion cessent immédiatement et tous me regardent incrédules. Sans rien dire, je m'assois à ma place et attends, les mains toujours dans mes poches, l'arrivée de Koro-Sensei. Lorsque ce dernier entre à son tour, il ne peut s'empêcher de remarquer l'immense calme qu'il règne dans la pièce.
- Oh, je comprends mieux. Dit-il. Bon retour parmi nous, Karma. Je savais que tu reviendrais.
- Ah oui ? Fis-je sans vraiment vouloir comment il pouvait en être aussi sûr.
En fait, je m'en fiche totalement. Comme je me fiche également de tout mes camarades. Même s'il me regardent avec dégoût, je suis comme je suis. Point final. Et puis, j'adore mes pantoufles licornes ! Bref … Les deux premières heures furent à moitié intéressantes. C'est vrai, j'aime beaucoup l'histoire et la physique mais Koro-Sensei ne m'apprend rien de nouveau. Je connais tout. Mais ce n'est pas grave. C'est moins chiant que l'anglais avec Bitch-Sensei, notre dernière heure de cours qui se déroule actuellement. Elle aussi semble étonnée de me voir ici. Sans doute tout mes profs sont au courant pour mon absence de ce matin. En même temps, dans un bâtiment isolé avec seulement trois profs différents, pas étonnant que tout le monde soit au courant de tout.
- Karma. Au lieu de dormir, vient au tableau pour traduire cette phrase. Me demanda ma prof d'anglais.
J'accepte en soufflant. Je suis au fond de la salle et je dois tout traverser. C'est chiant. Une fois devant le tableau, la blondasse me tend une craie que j'atrappe violemment. Je traduis ensuite la phrase dans ma tête avant de rougir. Nan mais c'est une blague !
- Nan mais vous êtes sérieuse là ?! M'écriais-je
- Écris la phrase. Me dit-elle simplement.
Je repense soudain à la jeune fille. La façon dont elle m'a sourit quand je lui ai que je regarde Boku no Pico. Pas un sourire moqueur, mais un sourire sincère. J'écris donc la phrase tout en la disant à voix haute :
« Karma regarde Boku no Pico et porte des pantoufles licornes. Karma est donc gay. »
J'entends alors toute la classe – principalement Terasaka en fait – se moquer. Je tourne ensuite la tête pour répondre, amusé :
- C'est tellement drôle. Allez-y, marrez-vous. Je m'en fous.
Mon regard se tourne aussitôt vers Nagisa. Ce dernier n'ose pas me regarder et baisse nerveusement la tête. J'espère pour lui qu'il a bien honte de lui ! Je sens soudain trois doigts se placer sur mes joues. C'est Bitch-Sensei qui me regarde avec son regard de séductrice. Elle me glisse alors ces quelques mots à l'oreille, en anglais bien évidemment :
- Tu es certes gay, mais on t'aime comme tu es.
La prof dépose alors un baiser sur ma joue et je les sens devenir affreusement rouges. Honteux, je m'empresse de retourner à ma place. Le reste de l'heure se passa sans que personne ne me fasse aucune remarque affligeante.
Lorsque la sonnerie retentit enfin, je me lève immédiatement et m'empresse de sortir de cet enfer. J'entend alors quelqu'un crier mon prénom. Je reconnais directement la voix de Nagisa. Il ne mérite même pas que je lui parle celui-là. Je ne m'arrête donc pas et continue ma route. Je mets alors mes écouteurs sur mon téléphone et écoute mes musiques, tranquille. En fait, lorsque je suis avec ma musique, je me sens de suite bien. Je pars dans mon monde. Personne pour me déranger.
Lorsque je rentre chez moi, je mets immédiatement mes pantoufles licornes. Oh ! Comme vous m'avez manqué ! Je me dirige ensuite vers la cuisine dans l'espoir de trouver quelque chose à manger. Sauf que j'ai la flemme de chercher et je vais donc direct dans le salon pour saluer ma maman. C'est alors que je la voit en train d'écrire quelque chose, les larmes aux yeux.
- Maman ? Ça va ? M'inquiétais-je.
Ma mère relève brusquement la tête pour me faire face. Elle essuie rapidement les quelques larmes qui avaient perlés sur ses joues et me sourit.
- Je ne t'ai pas entendu rentrer.
- Maman, tu peux m'expliquer ce qu'il se passe ?! C'est quoi cette lettre ?!
Je désigne du doigt le bout de papier en face d'elle. Ma mère s'en empare aussitôt et se dirige vers un placard où elle la range puis ferme la porte à clef.
- Tu le sauras le moment venu. M'annonça-t-elle, une drôle d'intonation au fond de sa voix.
Énervé, je tape soudain du poing sur la table et hurle :
- Pourquoi je n'ai pas le droit de savoir ?! C'est important pour que tu te mettes à pleurer en l'écrivant !
- Karma ! Je te demande de laisser tomber et d'oublier ce que tu viens de voir !
- Oublier que ma mère est malheureuse ?! C'est impossible !
- Arrête-toi ! Il vaut mieux pour toi que tu ne sache rien !
- De toute façon, je ne suis jamais au courant de rien ! Vous cachez quelque chose, papa et toi, et je finirai par le découvrir un jour ! M'écriais-je plus qu'énervé.
Je ramasse mes affaires et vais m'enfermer dans ma chambre tout en claquant la porte. Je balance mon sac à l'autre bout de la pièce et m'effondre sur place. Je me mets alors à pleurer. Je déteste me disputer avec elle. Et je déteste encore plus être ignorant quand les choses sont graves. Mon téléphone se met soudain à sonner. Je regarde le numéro qui s'affiche. Encore ce numéro inconnu. Je décide de ne pas répondre. C'est encore de la connerie, tout ça ! Seulement des gens qui s'amusent à faire peur !
J'essaye de rependre peu à peu mon calme en repensant à de bons moments. C'est alors que le sourire de cette jeune étrangère me revient. J'aimerais bien quelle soit avec moi, en ce moment. Hein … ? Mais qu'est-ce qui me prends de penser ça ? On s'est à peine parler ! C'est n'importe quoi … Mon téléphone se remet encore à vibrer. Cette fois, le numéro qui s'affiche est celui de Nagisa. Tss. Qu'est-ce qu'il veut, lui, encore ?! Je lui ai bien dit de ne plus m'adresser une seule fois la parole ! Alors pourquoi insiste-t-il ainsi ?! Je lui raccroche au nez. Il va bien comprendre que je ne veux pas lui parler. Quelques secondes plus tard, je reçois un SMS de sa part. Je le regarde mais n'ai pas du tout l'intention de lui répondre : « Karma-kun, je m'excuse une nouvelle fois ! Je t'en supplie, laisse-moi une chance de t'expliquer ! ». Levant les yeux au ciel, je mets mon portable en mode avion et vais m'allonger sur mon lit pour réfléchir. J'en ai bien besoin.
Voila pour le chapitre 2 ! S'il y quelque chose que vous ne comprenez pas, n'hésitez pas à me demander ! Une pitite review ? :D
