Bonjour à tous !
Pour répondre aux review:
- Je ne suis pas George RR Martin, mais je ne suis pas non plus une sainte, et puis, dans GoT: "Il ne faut s'attacher à aucun personnage, car ils peuvent mourir à tout moment".. !
- Il s'agit bien d'Alester du jeu vidéo ! C'était vraiment un bon jeu, c'est dommage qu'il n'y en ait pas plus ! Du coup, j'y ai joué aussi (devine quel était mon personnage préféré ? haha). Je l'ai trouvé touchant, donc j'ai voulu l'incorporer à ma fiction, mais les événements qui se déroulent dans le jeu ne seront pas mentionnés.
Bonne lecture :)
Les deux hommes entrèrent dans une taverne du Culpucier et s'assirent au fond de la pièce principale, à une petite table isolée. Thoros avait tenu à faire découvrir à Béric, les vestiges de ses souvenirs anciens, suite à ses résurrections. Comme deux bons amis, remplis de joie et riant aux éclats, ils discutèrent un moment. L'un d'eux vit leur comportement remarqué et tenta de se faire discret, alors que le second, ivre de bonheur, ne pouvait s'empêcher de hurler anecdotes et bribes du passé.
Alors que Béric attendait sans un bruit, le prêtre se dirigea vers le tavernier et le salua d'un bref signe de main. L'homme ne répondit pas et l'ignora, continuant à vaquer à ses occupations. Se retournant vers son partenaire afin de comprendre la situation, il se lança dans un monologue où il essaya de mêler politesse et assurance malgré ce refus catégorique:
« Mon ami et moi même aimerions goûter votre meilleure pinte, pouvez vous nous servir ? »
Le tavernier, pour une seconde fois, ne fit pas attention à lui et il put sentir une profonde rage commencer à l'envahir. D'un mouvement rapide et habile, il frappa du poing une table et, toujours sur un ton modéré et accueillant, réitéra sa question:
« Je ne sers pas les gens tels que vous.. »
« Tels que nous ?! »
Béric, inquiet de le voir dans cette situation gênante, vint secourir son ami, redoutant que sa colère ne l'emporte et qu'il déclenche une dispute incontrôlée. Le chevalier se posa à ses côtés et fit mine de découvrir les faits, se doutant pertinemment de ce qui dérangeait. Il se racla la gorge et imita Thoros, d'une voix calme et posée:
« Et que sommes nous pour que vous refusiez notre demande, pourtant, si juste et courtoise ? Nous voudrions être servis comme ces hommes, s'enivrant jusqu'au levé du jour. Est-ce trop demandé tavernier ? D'autant plus que nous avons de l'or et pourrons vous payer si telle est votre méfiance.. »
« Je ne sers pas les pratiquants de la foi rouge, celle qui se tient dans l'ombre et s'empare silencieusement de ceux qu'elle croise sur son passage. Elle s'agrippe aux braves gens pour les pousser à renier les Sept, oubliant leurs ancêtres, et cela, je ne peux le tolérer ici chez moi, dans ma taverne, alors je vous prie de quitter ces lieux, prêtres rouge.. »
Le ton menaçant qu'il vint de prendre poussa Béric à réagir et il empoigna le bras de son ami, afin de l'encourager à partir, voyant dans les yeux des deux hommes, une rivalité meurtrière, augmenter. Seulement, Thoros ne s'avouait vaincu et il refusa la proposition de son semblable, le poussant brusquement d'un mouvement d'épaule. Les deux hommes se faisaient face, et, dans le silence angoissant du lieu, les visiteurs arrêtèrent leur occupation pour assister à la scène, Béric se sentit impuissant.
Sa main prête à dégainer son poignard, le tavernier lança un signe à trois hommes à la carrure imposante, qui arrivèrent, obéissant aux ordres et prêts à aider:
« Quitter ces lieux sur le champ, maudits prêtres rouge et partez convertir en d'autres villes, nous ne voulons pas de vous ici, vous qui n'êtes que sorcellerie et... »
« ...Et membres du Conseil restreint de sa Majesté, le roi Stannis ! Vous n'êtes pas censé l'ignorer, mais vous vous adresser, d'une odieuse façon, aux députés de la Couronne ! »
Davos, qui se tenait sur le pas de la porte, entra lentement, toisant les gardes du corps, d'un regard vengeur. Le tavernier, qui assista, stupéfait, par une telle entrée, au discours de la Main, lâcha son arme et le salua d'une révérence, souhaitant se faire pardonner d'une telle honte:
« Inutile, je ne prends pas ces accusations en compte, mais que cela ne se produise plus, ni en ces lieux, ni à Port Réal et ni dans tout Westeros ! Ces hommes sont représentants d'une foi qui ne vous concerne pas, alors laissez les exécuter leur devoir et répondez à leur demande, tels d'honnêtes citoyens de la capitale. Je suis la Main du roi et je parle en son nom, c'est ainsi, que moi, Davos Mervault, je me porte garant de ces hommes et vous interdis de les bafouer d'injures et de violences »
Le tavernier acquiesça grandement, et, comme s'il avait été d'accord depuis le début de l'entrevue, appela les visiteurs à faire de même et écouter les directives de la Main. Il offrit trois pintes aux hommes et leur tendit d'un large sourire, alors que Davos, essayait de paraître le plus menaçant et froid possible. Les deux étrangers attendaient à la table et observaient avec une admiration sans nom, leur ami au loin. Lorsqu'il revint armé des boissons, Thoros commença à boire d'une traite, alors que Béric, encore troublé, cherchait ses mots, suite aux bouleversements émotionnels qui avaient saisi la salle:
« Nous sommes reconnaissants envers ce geste, chevalier »
« Ne me remerciez pas et voyez ceci tel le rendu de votre monnaie »
Les deux hommes se dévisagèrent alors que leurs yeux s'emplissaient d'une gênante incompréhension. Thoros, qui leva sa pinte pour une énième gorgée, s'essuya la barbe de sa longue manche, et, prit d'une assurance incontestable, toisa la Main de son regard émeraude. La prestance qu'il dégagea sur le moment étonna Davos, qui conclu ce changement brutal de comportement, suite à la boisson:
« Et qu'avons nous fais pour que vous nous deviez quelque chose ? »
« Vous rien, mais le seigneur Dondarrion si. Il m'a sauvé la vie durant la bataille contre les Marcheurs Blancs. Alors que j'allais me faire tuer par ces créatures, il est arrivé de nul part et les a écarté afin que je puisse me relever et combattre à nouveau. Sans son aide, je ne serais ici à vous parler et mon corps serait gisant dans le neige »
Béric émit un long ricanement et claqua sa main dans le dos de son ami, déçu. Il montra le Chevalier Oignon du doigt, tout en soutenant son regard. L'arrogance qui pouvait l'animer laissait place à une puissante modestie, que la Main avait remarqué habituelle.
En effet, le seigneur de la Foudre, surnommé ainsi lorsqu'il était à la Cour du roi Robert, avait la sale réputation d'être un personnage hautain et sans scrupules. Seulement, ses douloureuses résurrections avaient fini par lui faire apprécier la vie autrement. Désormais, il laissait parler son cœur, pour ne s'accorder qu'une mince audience. Le Seigneur de la Lumière lui avait accordé son pardon, effaçant ses pêchés, et c'est en homme nouveau qu'il embrassait sa destinée:
« Je n'ai jamais entendu pareil idiotie ser, me remercier pour une telle chose.. Je refuse d'accepter ce compliment tant il était normal que je vous vienne en aide. N'importe qui aurait fait cela et si nous échangions les rôles, vous viendrez aussi à mon secours, ai-je raison ? »
« Assurément lord Béric »
Il lui lança un sourire amical et espiègle avant d'attraper d'une forte poigne sa chope. Alors qu'un léger silence s'installait autour de leur table, Thoros, étant atrocement susceptible et vexé, appela le tavernier pour commander un plat.
La relation étroite qui guidait les deux amis était ancienne. Elle avait débuté durant le règne du roi Robert et s'était consolidée lorsque Ned Stark avait envoyé le chevalier dans les terres à la recherche de Gregor Clegane, afin d'exécuter la sentence du roi. Depuis, ils avaient été lié tels des frères et le prêtre n'acceptait que rarement, les éloges concernant son ami. Alors qu'il s'apprêta à amener une bouchée de pain à ses lèvres, il se demanda ce qui pouvait le pousser à ressentir cette jalousie malsaine. Cependant, ivre, il en déduisit que cela était dû à la peur de le perdre et de se retrouver seul, essayant maladroitement de convertir ceux qu'il rencontrait. Avoir Béric à ses côtés le rendait plus fort et chaque jour, et il remerciait R'hllor pour l'avoir aiguillé jusqu'à lui:
« Vous semblez nerveux Davos Mervault, que vous arrive t-il ? De nouveaux tracas habituels à la capitale ? »
Face à cette particulière attention, l'homme se sentit obligé de répondre et après un timide sourire, masqué par une gêne naissante, son visage commença enfin à se détendre:
« Plus le temps passe et plus le manque se fait sentir. Cela fait presque trois ans, maintenant, que je n'ai vu ma famille et parfois, j'ose me demander si mes enfants se souviennent de leur père.. »
« Quoi de plus normal chevalier, qu'une famille aimante et soudée, mais je ne suis troublé par votre récit car je sais que vous vous reverrez prochainement. En votre regard, je peux sentir votre amour ainsi que votre dignité, et cela, mon ami, le Maître ne peut le renier »
Thoros se leva brutalement et tituba jusqu'à Davos. Une fois à sa hauteur, il posa une main fébrile sur son épaule et plongea son regard dans le sien, puis, il montra d'un signe de tête la cheminée crépitante sur leur côté. D'une voix faible et difficilement compréhensible, il chuchota à la Main, avant de s'écrouler sur sa chaise, somnolent:
« Je peux vous assurer que vous retrouverez votre femme, plus tôt que vous ne le pensez.. Car le Seigneur de la Lumière n'est qu'amour et vie.. »
Lorsque Davos quitta la taverne, la nuit avait saisi la capitale depuis plusieurs heures déjà et il se dirigea dans l'obscurité jusqu'à ses appartements. En longeant le long corridor, éclairé de torches flamboyantes, il surprit au loin, son roi, sortir à cette heure tardive de la salle du conseil. Un frisson le saisi instantanément et il se figea, ayant la désagréable impression de revivre la scène. Il vit la femme rouge le suivre et ses doutes devinrent soudainement réalité. Durant la maigre seconde où elle apparue, il eut le sentiment qu'elle était au courant de sa présence. Davos, qui se contrôlait pour ne pas exploser d'une impitoyable rage, se vit tout à coup, désorienté, le visage éteint et niais, face à ce qui lui faisait face. Doran Martell, quittait lui aussi la salle, accompagné de ses gardes, ainsi que Sladhor Saan. Prit d'une brusque émotion et constatant que Stannis avait réuni ses sujets sans l'avoir averti, il pressa le pas jusqu'à ses appartements en essayant de résister à l'émotion qui commençait à l'envahir. Il se sentait vexé, humilié et seul, doutant de la confiance du roi.
Alors, quand il poussa la porte pour se retrouver dans ses appartements, il frôla le malaise. Devant lui, sa femme Marya, accompagnée de leurs fils, attendaient patiemment, en position assise, la venue du chevalier. L'homme émit un gémissement étouffé et constata qu'il était incapable d'articuler tant il était heureux de voir sa famille réunie. Seul Matthos était absent, et il lui dédia une pensée lourde d'affection:
« Bon sang, par les Sept, que faîtes vous ici ? »
« Lord Stannis nous a envoyé un message, dans lequel il nous priait de te rejoindre à Port Réal. Nous resterons soudés désormais, puisque, sur recommandation du roi, nous allons vivre dans la demeure de Castral Rock. Peux-tu imaginer le bonheur que cela nous procure de te savoir seigneur de cette forteresse et Main du roi ? Nous sommes si fiers de toi »
Le Chevalier Oignon en conclu, ému et bouleversé suite à la présence des siens, que Stannis ne l'avait convoqué au Conseil afin qu'il puisse profiter de cet instant, qu'il avait lui-même provoqué. Et alors qu'il serrait sa femme en ses bras, il remercia les Dieux de lui accorder la chance, de servir un homme tel que le Cerf.
Cette fiction avance assez vite donc je pense poster plus régulièrement que d'habitude :)
Je vous avoue que ce chapitre n'est pas des meilleurs, mais j'aime vraiment la relation Thoros/ Davos/ Béric.
Le Chevalier Oignon est tellement entêté de par ses convictions que le mêler à deux fanatiques loufoques est assez original et intéressant, enfin, je trouve ! :)
Et puis, je pense que vous l'aurez compris mais j'adore tout ce qui est prêtres rouge et R'hllor ^^
Promis, le chapitre suivant sera beaucoup plus intense.. mais je n'en dis pas plus !
Tendevils
