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Il l'avait tant désiré que si asseoir lui procurait un soulagement constant. Le Trône de Fer, cette assise si convoitée et puissante, était enfin sienne. Longtemps, il l'avait imaginé, sans jamais le penser imprenable. Stannis aimait le pouvoir. Déjà, lorsqu'il s'était vu attitrer Dragonstone alors qu'Accalmie lui revenait de droit, il avait pu sentir cette colère le submerger. Effectivement, ayant protégé la forteresse lors de la rébellion de Robert, pour faire tomber le roi, il était normal que celui-ci lui offre en récompense. Seulement, Robert préférait leur jeune frère Renly et les mérites lui revinrent. Le Cerf fronça les sourcils en repensant à cette injuste période, tout en patientant sur son trône. A l'extérieur, il pu entendre les cris d'une foule animée et il se leva d'un bond, afin de vérifier ce qui se tramait derrière ses portes. Alors qu'il marchait d'un pas décidé à appliquer ses devoirs de souverain, Davos se présenta péniblement dans l'entrée, lui faisant face. Sa mine paniquée le pétrifia et il l'interrogea d'un regard perplexe:

« Mon roi ! Le Grand Septon vous attend devant le Donjon Rouge ! Pardonnez moi, je n'ai pu le retenir, il semble guidé par une rancune sans borne.. Je suis venu vous porter son message.. »

« Que me veut cet ignoble personnage ? Notre dernière entrevue n'a pu lui suffire ? Venez avec moi Chevalier Oignon, regardez votre roi renvoyer ce Moineau dans son Septuaire ! »

Il grogna de colère et ouvrit avec fracas le grand portail. Devant lui, se tenait impatient l'homme de foi, qui le dévisageait d'un regard hautain. Le Grand Septon était entouré de son armée personnelle, ses fanatiques prêts à tout pour faire respecter la religion des Sept. Le roi ne pouvait tolérer ce comportement et il le mit en garde de sa voix grave:

« Venir me déranger ainsi, sous une si haute protection ne peut être signe de bienveillance, alors je présume, en voyant votre si détestable figure, que vous vous présentez ici pour vous plaindre.. Que vous arrive t-il Moineau ? Quelque chose vous préoccuperait-il l'esprit ? »

« Lord Stannis, ou plutôt devrais-je vous appeler 'mon roi', de part le statut de mon seigneur, je souhaite m'entretenir avec vous concernant un sujet fâcheux.. Voyez vous, beaucoup de choses ont été réglées depuis votre accession au trône, et je vous en félicite, mais d'autres ne peuvent être acceptées dans la capitale.. »

« Alors je vous écoute, continuez à cracher vos propos menaçants.. »

Le Septon eut la soudaine envie de le faire arrêter, mais Stannis était le roi et il se devait de prendre quelques précautions. Seulement, se trouver à la tête d'une telle armée, face au Cerf seul et impuissant lui démangeait l'âme:

« Vous avez eu l'audace d'accepter des membres d'une Foi sombre et occulte.. et cela, en tant que représentant des Sept, je ne peux l'accepter. Beaucoup se sont plains de leur présence et je ne pourrais tolérer d'autres visites de ce genre.. Vos représentants rouge doivent impérativement quitter Port Réal, ou la justice de nos ancêtres règlera cette question épineuse »

Le roi n'en croyait pas ses yeux. Par deux fois, l'homme avait osé le défier et à nouveau, il se permettait de lui dicter sa conduite. Il planta son regard hargneux dans le sien et son visage se transforma en une ombre malveillante, capable de tuer au premier regard:

« Je vous ai déjà mis en garde Moineau, ne me parlez pas de la sorte ! Aussi, ces représentants rouge, comme vous les appelez, font partis de mon Conseil et je ne peux les destituer.. et même si je le pouvais, je n'en donnerai pas l'ordre !»

En imaginant l'esprit torturé de l'homme lui faisant face, Stannis ressenti une profonde fierté et il bomba le torse afin de s'imposer un peu plus:

« Acceptez ma requête Stannis Baratheon et ne m'obligez pas à la répéter. Rappelez vous la puissance de mon ordre face à l'ancienne reine, Cersei, même les Crocs n'ont pu faire face aux Sept, alors imaginez des Bois.. le Cerf ne peut rivaliser.. »

L'exaspération, mélangée à l'insolence qui se dégageait de sa personne le faisait fulminer et son agressivité laissa doucement place à une rage furieuse. Alors que les cris de contestations résonnaient dans la capitale, Melisandre et Béric, avertis de l'agitation naissante, se présentèrent devant le Donjon Rouge. Lorsque Stannis les vit apparaître ensemble, sa furie s'accentua et il pointa d'un doigt violent le Septon, tout en sifflant ses arguments meurtriers. Il en vint à le menacer de mort et son interlocuteur lui répondit d'un rire moqueur, témoignant de sa méprise profonde. Lorsque ce dernier vit Melisandre, il recula brusquement de plusieurs pas, prit d'une hystérie maladive:

« Sorcière ! Sorcière ! Voyez le visage du Mal ! Que les Sept réunis la punisse pour ses blasphèmes odieux ! »

« La sorcière doit être jugée ! Elle est la cause de la mort de notre reine, Sansa Stark ! »

La prêtresse foudroya du regard le pauvre homme, qui se tourna vers le Septon afin de trouver du réconfort Puis, tout en restant calme, elle attrapa le bras du roi pour le presser contre elle, en lui murmurant:

« Ne vous laissez pas envahir par la colère, ce représentant ne peut s'attaquer à R'hllor, ni à sa réincarnation, car il la protège de sa lumière divine »

Stannis ne répondit pas et questionna du regard Davos. Lorsqu'il croisa les yeux de son roi, il eut du mal à déglutir tant il fut impressionné, puis, sur un ton des plus autoritaires, leva la voix face à la foule:

« Le roi Stannis n'a pas à répondre personnellement de ces accusations ! Il est votre souverain et vous ne pouvez contester ses dires, cependant, en tant qu'homme juste, il accepte de discuter votre demande autour d'un duel judiciaire.. Qu'avez vous à répondre Grand Septon ? »

« Très bien, mais si vous venez à perdre ce combat, alors les Sept reprendront leurs droits à Port Réal, ainsi que dans la totalité de Westeros. Les représentants de la Foi rouge devront quitter le continent pour retrouver leur terre natale.. si nous perdons, nous nous retirons pour vous laisser agir telle vos envies, cependant, je peux vous assurer que vos chances de victoires sont nulles tant la lumière nous éclaire.. »

« Nous verrons Septon, si vos Sept divinités sont prêtes à juger le Maître de la Lumière, qui n'est qu'illumination face aux ténèbres effrayant vos frontières.. »

Stannis adressa un signe de tête satisfait à Melisandre, puis pensant l'échec inévitable, lança à l'homme de foi, d'une manière des plus dédaigneuse:

« Vous avez une semaine pour vous préparer et choisir votre champion, passé ce délai, ils s'affronteront sous le regard des Dieux »


Le roi avançait vers le lieu où allait se dérouler le duel judiciaire. Sur une place entourée d'une estrade, semblable à l'emplacement où Oberyn Martell avait trouvé la mort face à Gregor Clegane, le Grand Septon attendait déjà. Lorsque Stannis s'y présenta, entouré de sa Main et des représentants de R'hllor, le vieil homme grimaça de dégoût, voulant en terminer au plus vite avec cette histoire sordide. Le lieu du combat était situé derrière le Donjon Rouge et isolé de la plupart des rues, où grouillait la population de la capitale.

Le Cerf ne salua pas son adversaire, qui l'observait d'un regard vengeur, puis d'un signe de tête, appela son champion. Davos avança alors. Toutefois, le Chevalier Oignon était beaucoup trop précieux et Stannis le renvoya sèchement:

« Je ne peux me permettre de vous perdre ser, le champion que je choisis doit, de plus, représenter le Dieu rouge, à ce que je sache vous n'êtes pas converti, alors je désigne le chevalier Béric Dondarrion ! »

« Je serai honoré de combattre en votre nom mon roi ! »

Le visage de Davos se paralysa et, déçu de se voir refuser une telle opportunité, recula de quelques pas, afin d'isoler son mal être. Alester, quant à lui, fut tout aussi surprit, persuadé que le Cerf en profiterait pour l'envoyer à la mort. Mais Stannis n'était pas ce genre de roi. Il était un homme trop fier pour oser vouloir perdre en sacrifiant.

Le Grand Septon ricana en voyant ce chevalier meurtri par les cicatrices de ses précédents duels:

« Parfait lord Stannis, voici mon champion.. »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Lancel arriva en armure. L'homme paru surprit mais ne prononça aucun mot, alors que le Lannister s'armait, impatient:

« Laissez moi combattre pour vous, en l'honneur des Sept et de ma famille ! Les Lannister seront vengés par ma lame ! »

Il n'avait pas été proche des siens mais se savoir l'un des derniers membres d'une famille autrefois puissante, le poussait à agir. Lancel avait mûri depuis ces quelques années et c'est en homme nouveau qu'il comptait braver l'épée ardente de son rival.

Ce dernier réajusta sa cotte de maille et retira délicatement son arme de son fourreau. Alors, tout en priant le Seigneur de la Lumière, il enflamma son glaive. Thoros arriva inquiet, pour lui attraper férocement le bras:

« Prends garde mon ami, je ne sais si le Maître m'accordera à nouveau la chance de te ramener.. »

« Ne t'en fais pas, si je dois mourir aujourd'hui, il s'agira de sa volonté et tu ne pourras la contester.. »

« Ne pleurez pas sur cette pauvre âme Thoros de Myr ! Je n'ai pas le pouvoir de lire dans les flammes, mais quelque chose me dis que son heure n'est pas arrivée.. »

Ils se retournèrent brusquement sur Davos, qui s'approcha un sourire amical aux lèvres. Lors de la bataille contre les Marcheurs Blancs, Béric avait réussi à l'encourager en lui promettant sa mort lointaine et non en ce combat. Les deux chevaliers avaient alors bravé vaillamment l'ennemi, les esprits embrumés par une motivation dévastatrice:

« Ne dites pas cela mon ami, même si j'apprécie votre soutien, vous ne pouvez parler pour R'hllor. Si je dois le rejoindre alors je le ferai, après tout, combien de fois ai-je osé repousser ses invitations ! La chance nous sourit un jour ou l'autre mais ne peut rester éternellement notre alliée, c'est ainsi ser Davos »

Le seigneur de la Foudre se tourna vers Thoros et lui donna une franche accolade, puis, tout en s'avançant vers son adversaire qui l'attendait, salua d'un regard fier le Chevalier Oignon. Derrière eux se trouvait la petite estrade sur laquelle attendait Stannis, assit. Près de lui se tenaient Melisandre et Alester, préoccupés par le duel qui allait commencer:

« Je demande un duel au premier sang ! »

« Non ! Un duel à mort, je veux que l'on en finisse une bonne fois pour toute avec vos idioties lord Stannis ! »

Le Moineau se leva et pointa d'un doigt accusateur la tribune afin d'appuyer son argument. Le Cerf questionna du regard Béric, qui attendait son épée de feu et son bouclier à la main. Il acquiesça maladroitement, alors que Thoros bouillonnait de peur, de voir son ami tomber:

« Bien ! Alors que le combat commence ! Que les Dieux vous protègent ! »

Sans plus attendre, Lancel bondit sur le seigneur et frappa violemment dans son bouclier. Son adversaire resta de marbre, et l'imita, mais il rencontra lui aussi, sa défense en bois. Béric se battait pour son roi et pour sa foi, seulement, se trouver face au Lannister lui laissait une étrange sensation, celle de combattre un enfant et il essaya tant bien que mal d'enlever cette vision de son esprit, en évitant les coups mortels:

« Je ne souhaite pas te tuer jeune homme ! »

Lancel ignora la remarque et hurla de rage en brandissant son épée, qui vint rencontrer les flammes du chevalier. Leur regard se croisèrent et Béric ne pu s'empêcher de grimacer face à l'entêtement du Lion. Il le fit cependant reculer en faisant danser sa lame ardente dans les airs et il prit durant quelques secondes, l'avantage. Autour d'eux, les regardant bouche bée sous la puissance des coups, aucuns n'osa prendre la parole et le duel se prolongea dans un silence totale où seules les épées s'entrechoquant, venaient perturber le calme funeste:

« Je ne veux pas te tuer jeune homme et je sens, au plus profond de ton âme, cette peur qui te dévore, alors cesse ces coups meurtriers ! Ni toi, ni moi ne va mourir durant ce duel ! »

« Taisez vous et battez vous chevalier ! »

Béric grogna de rage, furieux de se voir parler de la sorte par un enfant, alors qu'il essayait de calmer ses ardeurs. Alors qu'il chargeait à nouveau, le seigneur de la Foudre esquiva pour lui assener un coup fatal dans le dos, ce qui, de par la puissance du geste, le désarma. Lancel tomba à genoux et lorsqu'il vit sa lame écartée de sa personne, se pressa pour la saisir avant un énième assaut de son adversaire, mais ce dernier la ramassa. Puis, il la lança au loin et son rival se trouva impuissant, à sa merci:

« C'était un beau combat, court, mais intense et je t'en remercie jeune homme »

Il ne répondit pas et ses yeux s'inondèrent de larmes, alors qu'une haine profonde venait s'y mêler. Lancel se sentait humilié face à cet échec. Toutefois, alors que Béric se tournait vers le roi, son épée toujours à la main, le Lion se releva, le regard aussi noir que la nuit:

« Mon roi, je vous demande d'être clément envers cet homme et de tenir votre premier argument qui était une victoire au premier sang ! Je ne souhaite pas envoyer à nouveau, un innocent dans l'au-delà.. »

Stannis le fixa d'un regard soupçonneux, puis son visage se détendit un instant, durant lequel il approuva sa requête, face au Grand Septon, hystérique sous cette injustice:

« Vous ne pouvez accepter ! Les Dieux doivent juger en désignant par la mort ! Quelle honte, retournez vous battre chevalier Dondarrion ! »

Ce dernier voulu lui répondre mais il fut couper par le Lannister, qui, guidé par une vengeance malsaine, se précipita sur lui en hurlant pour le renverser. Surprit face un tel geste et une telle témérité, Béric se retourna innocemment pour assister à la scène. Alors, la course de Lancel s'acheva à quelques centimètres de son ennemi, lorsque, accidentellement, il vint s'empaler sur son épée ardente. Le choc fut instantané et le sol se vit ensanglanté. Le chevalier émit un bruit sourd, lui qui ne souhaitait pas en arriver à ce point. Son visage se tordit sous une déception dévorante et il attrapa le corps, qu'il déposa lentement à ses pieds:

« Pardonne moi jeune homme, je ne voulais pas te tuer, ni toi, ni moi ne devait mourir durant ce duel.. »

Le Cerf se leva et frappa en ses mains, afin de féliciter le vainqueur, qui acceptait amèrement sa réussite. Thoros cria de joie et s'élança vers son ami afin de le complimenter. La tribune se vida petit à petit, alors que le Moineau, restait stoïque face à la scène s'étant déroulée sous ses yeux stupéfaits:

« Comment pouvez vous accepter cela lord Stannis ! Quel roi oserait soit disant approuver la volonté des Dieux alors que nous savons tous qu'il s'agit ici d'un accident ! Chevalier Dondarrion ! Vous n'avez pas combattu bravement ! La lâcheté qui vous hante vous mènera à votre perte ! »

Les concernés ne répondirent pas. Tenant une promesse injustifiée, le vieil homme retira ses troupes et la capitale pu retrouver un semblant de paix en son sein.


Le roi se dirigeait vers ses appartements, quand un de ses gardes le stoppa net en lui tendant un message:

« Mon roi ! Un corbeau vient d'arriver, cette lettre vous est destinée »

L'homme le toisa du regard, déplia le mot, le lu d'une traite et son visage se crispa soudainement. Il fit marche arrière pour trouver le Chevalier Oignon, un peu plus loin, entouré de Thoros et Béric:

« Ser Davos ! »

« Mon roi ? »

« Je viens de recevoir un corbeau des Terres de l'Ouest ! Il se trouve que des révoltes éclatent en ce moment même à Castral Rock, votre forteresse ! »

« Pourquoi ces émeutes ? »

« Les Lions ne semblent toujours pas accepter l'autorité de la Main du roi ! Je vous ordonne d'y aller sur le champ, ne perdez pas de temps. Vous devez régler ce conflit au plus vite, en tant que seigneur de l'ancienne demeure Lannister. Vous jouez désormais dans la cour des nobles, faites en sorte de calmer ces conflits au plus vite, car je ne peux me permettre de perdre de l'autorité ! »

« Bien mon roi »


A Vendredi ! :)