Dame Marianne : Ravie de te revoir ! Par contre, oh mon Dieu tu es tellement loin du compte. Tu peux pas savoir.
Justelaura : Oui j'aime les fictions qui rendent dingue lol. Et si tu veux mon avis celle-là le fait encore plus que la précédente. Élevé par Nori ? Ah, si seulement. Nori était un voleur (je dis étais, parce que je ne l'ai toujours pas vu dans cette fic) mais il avait un code moral, lui.
Pour les explications de la parenté de Kili tu vas devoir attendre... longtemps... (environ 90-95 chapitres de plus) Quant à ce qu'on lui a fait, tu commences à en avoir une idée, comme tout le monde mais tu es loin d'avoir tout vu...
Une passante : Effectivement ça commence à devenir évident... Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg !
Ririte : Je te promets que Fili va s'arranger. Même si tu n'as pas fini de t'énerver contre lui. La réaction de Thorin aurait été tout à fait normale dans des circonstances, eh bien, normales. Mais ce terme est loin de pouvoir s'appliquer à Kili...
Chapitre 4
Le dîner était dans le four quand Thorin retourna à sa voiture. Il revint portant une boîte de boulangerie – de Fitzbillies, oh joie des joies. Fili sourit.
« On vit la belle vie ce soir, alors ? dit-il. »
Thorin fronça les sourcils en direction de la boîte.
« Je pensais qu'on devrait avoir quelque chose de spécial, pour souhaiter la bienvenue à Kili, dit-il. Mais maintenant – je suis censé le punir. »
Fili haussa les épaules.
« On peut le manger après qu'il soit parti, dit-il. Je veux dire, en supposant que tu le renvoies dans sa chambre après dîner. Avec sa punition et tout.
- Tu crois que nous devrions manger le gâteau que j'ai acheté exprès pour lui souhaiter la bienvenue pendant qu'il est seul là-haut ? dit Thorin en haussant les sourcils.
- Eh bien, je veux dire, dit Fili, réalisant qu'en fait, c'était un truc de connard. Euh – ouais, je suppose que tu as raison. Je n'ai pas réfléchi.
- Hmm, dit Thorin avant de ranger le gâteau dans un placard. Peut-être demain soir.
- En supposant qu'il n'ait pas piqué autre chose d'ici là, marmonna Fili. »
Il n'essayait pas d'être un crétin, vraiment pas – mais Thorin n'achetait à Fitzbillies que pour les occasions spéciales, et ce n'était pas la faute de Fili si Kili avait tout gâché. Quand bien même, Thorin lui adressa un regard sévère, et Fili céda.
« Ouais, bref, dit-il. Le dîner est prêt, alors. »
Kili fut particulièrement silencieux au dîner. Non qu'il ne soit pas silencieux la plupart du temps, mais on aurait dit qu'il était particulièrement silencieux. On aurait aussi dit qu'il attendait quelque chose : il était assis très droit avec ses mains sur les genoux, jetant un regard en biais à Fili de temps en temps tandis qu'il servait la nourriture. Même lorsque toutes les assiettes furent remplies, il resta juste assis là. Fili haussa mentalement les épaules – Kili était bizarre, deuxième couplet identique au premier – et saisit sa fourchette, prenant une bouchée de patates écrasées. Mon Dieu, il faisait les meilleures patates écrasées, même si c'était lui qui le disait.
« Merci pour le dîner, Fili, dit Thorin en prenant sa propre fourchette. »
Et ça, apparemment, c'était le signal qu'attendait Kili, parce qu'en quelques secondes il passa de assis là bien correctement comme une lady Victorienne à enfouir la nourriture dans sa bouche à un rythme impossible. Il n'utilisa pas le couteau – en fait, il gardait son autre main sur son assiette, comme s'il était sur le point de la saisir et d'essayer de la faire entrer toute entière dans sa bouche – et se contenta de couper avec le côté de sa fourchette. Fili le fixa. C'était assez incroyable. Et aussi assez écœurant.
Thorin reposa sa fourchette.
« Kili,d it-il, d'une voix prudente que Fili reconnut comme J'essaye-de-rester-calme, arrête. »
Kili s'interrompit, la fourchette dans la bouche, fixant Thorin avec de grands yeux.
Thorin plaça les deux mains sur la table, les paumes vers le bas.
« Fili a fait beaucoup d'efforts afin de cuisiner un repas délicieux pour nous tous, dit-il. Quand tu gobes ta nourriture comme ça, cela montre un manque d'appréciation pour ses efforts. »
Lentement, Kili retira la fourchette de sa bouche. Il déglutit sans avaler – ce qui eut l'air d'avoir été assez douloureux – et reposa la fourchette, puis plaça ses mains sur ses genoux.
« Désolé, dit-il, fixant la table. »
Thorin hocha la tête.
« Souviens-t-en à l'avenir, dit-il. »
Puis il reprit sa propre fourchette. Fili s'éclaircit la gorge, essayant de trouver un moyen de dissiper la tension.
« Alors, comment était le travail ? demanda-t-il à Thorin. »
Thorin roula des yeux.
« Barker, dit-il. »
Fili éclata de rire.
« Pourquoi tu ne le vires pas, tout simplement ? dit-il. Au moins tu n'aurais plus à regarder son visage moche toute la journée. »
Thorin lui adressa un petit sourire, et juste comme ça, tout retourna à la normale. Sauf que pas tout à fait, parce qu'entre eux, où il n'y avait normalement rien, se trouvait désormais Kili. Kili qui était assis là avec ses mains sur les genoux, fixant sa nourriture comme s'il pensait qu'elle risquait de le mordre. Fili rit des histoires de Thorin sur les idiots du travail, et essaya d'ignorer Kili – et il y arriva, même, pendant quelques minutes. Mais ensuite il ne put plus le supporter, et il se pencha vers Kili.
« Hé, dit-il à voix basse, comme si ça pouvait empêcher Thorin de l'entendre. Tu as le droit de manger, tu sais. Ralentis juste un peu. »
Kili lui jeta un regard en biais. Ses mains tressautaient sur ses genoux, s'aperçut Fili. Thorin était silencieux, maintenant, et observait Kili aussi, ce qui de l'avis de Fili était probablement la pire chose qu'il puisse faire, mais hé, attendre de Thorin qu'il sache quand ne pas s'en mêler était comme attendre de la mer qu'elle sache quand s'arrêter d'être mouillée. Fili ignora Thorin, cependant, soulevant sa fourchette et haussant les sourcils en direction de Kili avant de la mettre dans sa bouche. L'espace d'un ridicule instant, il eut l'impression qu'il devrait faire des bruits d'avion ou quelque chose. Mais Kili, le regardant toujours en biais, hésita un moment puis saisit sa propre fourchette. Il rassembla un minuscule morceau de patate écrasée et le mit délicatement dans sa bouche.
« Donc, Barker, dit Fili à voix haute, se retournant vers Thorin. »
Et Thorin lui adressa un hochement de tête satisfait, et continua son histoire.
Le reste du repas se déroula sans incident, bien qu'il soit rendu légèrement gênant pour Fili par le fait que Kili passa son temps à le regarder subrepticement et ne prenant une bouchée que quand Fili en avait pris une d'abord. C'était presque comique – ça aurait définitivement été comique si Fili avait regardé ça de l'extérieur au lieu d'être impliqué. En l'occurrence, il avait l'impression de devoir adopter un comportement exemplaire pour montrer l'exemple à Kili, et se souvenir de ne pas mettre les coudes sur la table ou parler avec la bouche pleine laissait très peu de ses fonctions cérébrales pour écouter Thorin.
Enfin, cependant, la nourriture fut mangée, et Thorin posa sa fourchette et se tourna vers Kili.
« Je me suis arrangé pour que tu commences l'école lundi, dit-il. C'est un peu tôt, je sais, mais je préférerais que ton éducation soit aussi peu interrompue que possible. »
Kili le fixa un moment, puis hocha la tête.
« Oui, dit-il, jetant un regard incertain à Fili. Comment est-ce que je saurai où aller ?
- Fili t'emmènera et viendra te chercher, dit Thorin.
- Quoi ? dit Fili. Sérieux, j'ai des cours. »
Thorin lui lança un regard froid.
« J'ai vérifié ton emploi du temps, dit-il. Je suis sûr que tu peux insérer une petite course dans ta vie occupée par les études. Au moins jusqu'à ce que Kili apprenne le système de bus. »
Et il fixa durement Fili, comme pour dire, Ne le perds pas de vue, compris ?
Fili soupira et se renfonça dans son siège.
« D'accord, dit-il. C'est à Perse ?
- Non, dit Thorin, et il se retourna vers Kili. Tu iras à l'établissement secondaire local*, dit-il. J'aurais aimé t'inscrire à l'école où est allé Fili – une excellente école – mais ta nouvelle famille n'aura probablement pas les moyens de payer les frais, et je ne veux pas que tu doives changer à nouveau. C'est – une école adéquate. Je suppose que tu n'as pas encore passé ton Certificat** ? »
Kili secoua silencieusement la tête. Thorin acquiesça.
« J'ai conscience que ton éducation a probablement été assez inégale jusqu'à présent, et arriver dans une nouvelle école au milieu de l'année n'est jamais facile, dit-il. Tu vas peut-être découvrir que tu es en retard sur les autres. Tu seras peut-être même placé dans l'année en-dessous de ta tranche d'âge. Il est important que tu ne laisses pas cela te décourager. Je m'arrangerai pour que tu reçoives toute l'aide dont tu auras besoin pour rattraper ton retard, et lorsque ta situation sera devenue plus stable, je suis sûr que tu t'épanouiras. »
Kili hocha la tête.
« Je comprends, dit-il. Merci.
- Il n'y a pas de quoi, dit Thorin. Lors de ta première journée, tu recevras une liste de tous les livres dont tu auras besoin pour le reste de l'année. Je les ferai acheter pour toi par mon assistante. Compris ?
- Oui, dit Kili. »
Il regarda de nouveau Fili.
« De qui je la recevrai ?
- Des profs, dit Fili. Peut-être du directeur, ou de quelqu'un à la réception. Demande juste, quelqu'un saura.
- OK, dit Kili. »
Il avait encore l'air beaucoup plus nerveux qu'il n'avait de bonne raison de l'être, mais en même temps, Thorin était juste là, et il avait l'air un peu intimidant, même si Fili savait qu'il ne le faisait pas exprès.
« Bien, répondit Thorin. À présent, je sais qu'aujourd'hui a été une journée assez difficile pour nous tous. Tu t'es mal conduit, je crois que tu en as conscience, et demain tu devras te rattraper auprès de moi. »
Kili s'immobilisa, fixant la nappe.
« Je le ferai, dit-il.
- Exact, dit Thorin. Mais ce sera demain. Ce soir, c'est ta première nuit ici, et je crois que nous pouvons oublier la punition pour le moment. »
Et à la surprise de Fili, il se leva et se dirigea vers le placard, sortant le gâteau dans sa boîte Fitzbillies. Il le posa sur un grand plateau et l'apporta à table, le déposant au milieu.
« On a du gâteau, ce soir ? demanda Fili en levant un sourcil vers Thorin. »
Thorin se contenta de le fixer, sans avoir l'air le moins du monde embarrassé par son revirement inattendu.
« Oui, dit-il. Après tout, c'est une occasion spéciale. »
Fili eut un sourire narquois et se tourna vers Kili. Mais Kili fixait le gâteau, les yeux écarquillés, et ne semblait avoir d'yeux pour rien d'autre.
« J'espère que tu aimes le chocolat, dit Fili.
- Oui, dit Kili d'une voix légèrement étourdie. J'aime le chocolat.
- Bien, dit Thorin. »
Il coupa une large part et la déposa devant Kili.
« Ça montre que tu es un homme de richesse et de goût, ajouta Fili. Enfin, de goût, en tout cas. »
Kili fixa la part de gâteau un moment puis fit mine de la saisir. Une seconde plus tard, cependant, il recula sa main si vivement que Fili n'aurait pas été totalement surpris s'il s'était assis dessus. Il regarda Fili d'un air traqué puis plaqua ses mains sur ses genoux.
« Pour l'amour du ciel, marmonna Fili. »
Il saisit son propre gâteau, prenant une grande bouchée théâtrale.
« Miam, dit-il la bouche pleine. »
Il adressa un sourire chocolaté au froncement de sourcils de Thorin.
Kili saisit son propre gâteau et prit une bouchée prudente. Il s'interrompit un moment, sans mâcher, juste assis là avec le gâteau dans sa bouche. Enfin, il mâcha et déglutit, et Fili se prépara à prendre une autre bouchée de son propre gâteau. Mais, que Kili se soit enfin habitué à la façon dont il était censé manger, ou que le gâteau soit juste une tentation trop grande pour lui, il n'attendit pas Fili, mais attaqua sa part avec enthousiasme. Il émit même un drôle de petit gémissement à un moment, ce qui signifia que Fili dut fourrer sa propre bouche de gâteau pour s'empêcher de rire.
Enfin, cependant, le gâteau de Kili eut disparu, et il se lécha consciencieusement les doigts, puis sembla soudain prendre conscience que Thorin et Fili le fixaient. Il se rassit rapidement sur sa chaise et plaça ses mains sur ses genoux.
« Désolé, dit-il. Merci. Désolé. »
Il déglutit et s'essuya la bouche du dos de la main.
« Désolé.
- Il n'y a aucune raison d'être désolé, dit Thorin. Je suis content de te voir apprécier le gâteau. Et je suis content de t'avoir ici, avec nous. Je veux que tu saches que tu es le bienvenu ici, Kili. Je suis content de savoir que ce soir tu seras en sécurité et au chaud et que tu n'auras rien à craindre. »
Kili lui jeta un regard, et Thorin sourit. Kili déglutit de nouveau.
« Merci, murmura-t-il.
- Il n'y a pas de quoi, dit Thorin avant de prendre le couteau. À présent, veux-tu une autre part ? »
Après le dîner, Thorin renvoya Kili dans sa chambre – parce qu'apparemment il n'avait pas complètement renoncé à la punition, gâteau ou pas gâteau – et Fili et lui s'installèrent pour regarder la télé. Ce fut une soirée plutôt tranquille, et étant donné les divers drames de la journée, Fili en était plutôt content. Son ami Mike lui envoya un texto en suggérant le pub, mais honnêtement, Fili se sentait plutôt crevé, et déclina. Vers dix heures et demi, il s'étira et se mit debout.
« Je vais me coucher, dit-il. Demain a intérêt à être meilleur qu'aujourd'hui, ou je renonce entièrement à cette semaine.
- Regarde comment va Kili au passage, dit Thorin. Assure-toi qu'il se souvient qu'il doit se coucher à onze heures.
- Je suis babysitter-en-chef, maintenant ? dit Fili, mais il n'y mit pas vraiment d'agacement.
- Exactement, dit Thorin, sans lever les yeux de la télé. J'espère que tu apprécieras ta position et toutes les responsabilités qui vont avec. »
Fili fit un bruit grossier et s'éloigna, se dirigeant vers les escaliers. Il marqua une pause devant la porte de Kili, frappant doucement. Il n'y eut pas de réponse, mais il y avait de la lumière qui passait sous la pore, alors Fili passa la tête à l'intérieur.
Kili était allongé sur le lit, entièrement habillé sur les couvertures, profondément endormi.
« Au lit à onze heures, ça va pas être un problème, marmonna Fili. »
Il était sur le point de repartir quand il remarqua que Kili portait encore ses chaussures.
« Oh, sérieux, dit-il à voix basse. »
Babysitter-en-chef, peut-être, mais ça ne voulait pas dire que c'était son travail de s'assurer que le gosse se déshabille avant d'aller se coucher. Il avait seize ans, pour l'amour du ciel.
« Non, dit Fili. Nope. »
Il recula même d'un pas et ferma la porte. Puis il la fixa un moment ou deux.
« Et merde, marmonna-t-il. »
Il rouvrit la porte, se glissant à l'intérieur.
Kili avait rangé tous ses nouveaux vêtements, vit-il, et aligné soigneusement les livres sur l'étagère. Classés par couleur, même. Tordu. Sa petite sacoche laide était dans un coin de la pièce, et cela semblait être la seule chose qu'il n'avait pas déballée. Fili la fixa un moment, puis haussa les épaules.
« J'espère qu'elles sont sans lacets, marmonna-t-il. »
Il tira doucement sur la chaussure droite de Kili. Kili sursauta, puis se réveilla brusquement, s'asseyant et reculant précipitamment sur le lit, frappant presque Fili au visage tandis qu'il arrachait son pied des mains de Fili.
« Whoa, hé, dit Fili en levant rapidement les mains. Ne tire pas, c'est juste moi. »
Kili le regarda en clignant des yeux pendant une seconde, puis remonta ses genoux devant lui.
« Désolé, dit-il. Je ne — je ne savais pas que c'était toi, je suis désolé.
- Ne le sois pas, dit Fili. Tu dormais, je comprends. Pas de mal. »
Il baissa les mains, se sentant un peu malade suite à la montée d'adrénaline dans son ventre.
« Tu es chatouilleux, c'est pas grave. Je le sais maintenant. »
Kili déglutit.
« Est-ce que— est-ce que tu veux quelques chose ? Est-ce que je peux faire quelque chose ? Dit-il.
- Nan, dit Fili. Je venais juste te dire de dormir. »
Il sourit, mais pensa que ça avait probablement l'air un peu tremblant.
« Ironique, hein ? »
Kili le fixa, et Fili roula des yeux.
« Tu devrais mettre ton pyjama, cela dit, dit-il. Tu veux pas salir le lit, et dormir en jean c'est pas confortable. Crois-moi, je le sais.
- Oh, dit Kili, regardant autour de lui. Je — je n'en ai pas.
- Merde, dit Fili. »
T-shirts, check. Jeans, check. Boxers, check. Pyjama ? Non. Typique.
« OK, tu peux emprunter un des miens. Attends une seconde. »
Il se dirigea vers sa propre chambre, revenant avec le pyjama pour découvrir que Kili avait enlevé ses chaussures et les avait soigneusement placées sous le lit. Il secoua la tête, tendant le pyjama.
« Il faut qu'on t'achète plus de trucs pour que tu puisses mettre un vrai bazar, dit-il. C'est pas naturel. »
Kili prit le pyjama et fixa Fili, le tenant dans sa main. Fili lui rendit son regard.
« Es-tu — veux-tu rester pendant que je me déshabille ? dit enfin Kili.
- Quoi ? Oh, merde. Non, non, définitivement pas, dit Fili. »
Il se retourna pour partir, mais avant qu'il n'atteigne la porte, Kili prit de nouveau la parole.
« Fili ? dit-il. »
Fili regarda par-dessus son épaule.
« Ouais ?
- Je suis vraiment désolé, dit Kili. Pour le livre, je veux dire. Je ne savais pas que c'était mal. »
Fili le fixa un moment, pensant à son propre lit chaud, à quelques pas de là. Puis il soupira.
« Tu ne savais vraiment pas, hein ? dit-il, se retournant complètement. Personne ne t'a jamais dit de ne pas voler avant ? »
Kili se mordilla la lèvre.
« La police, dit-il. L'autre jour. Mais c'est la police. »
Il haussa les épaules.
« Et les gens avec qui tu étais avant ? demanda Fili. »
Il savait qu'il n'était pas censé poser de questions à Kili à ce sujet, mais il était à peu près sûr que c'était une règle stupide.
« Ils pensaient que c'était bien, peut-être ? »
Kili le fixa comme s'il n'était pas tout à fait sûr que ce soit une bonne idée de répondre à la question. Fili soupira de nouveau, passant une main sur son visage.
« Écoute, dit-il, tu ne peux pas juste prendre des choses qui appartiennent à d'autres gens juste parce que tu en as envie. Ce n'est pas juste. Ils ont travaillé dur pour obtenir l'argent pour acheter ces trucs, et pas toi, donc tu ne peux pas juste partir avec. Ça ne t'appartient pas. Pigé ? »
Kili continua de le fixer. Fili essaya à nouveau.
« OK, et si — et si quelqu'un entrait ici maintenant et prenait toutes les choses qu'on t'a achetées aujourd'hui ? dit-il. Tous les vêtements et les livres. Qu'est-ce que tu en penserais ? »
Kili haussa les épaules.
« Sérieux, ça ne te dérangerait pas du tout ? dit Fili. Et si — et s'il prenait ta sacoche ? »
Il désigna le sac dans le coin. Kili ne l'avait pas déballé, donc il devait être important pour une raison quelconque, n'est-ce pas ?
« Est-ce que tu serais d'accord ? »
Kili commença à avoir l'air nerveux.
« Est-ce que je suis censé — je ne sais pas ce que tu veux que je dise, dit-il.
- Pourquoi pas la vérité ? dit Fili. Est-ce que tu serais d'accord, ou pas ? »
Kili jeta un regard à la sacoche et fronça les sourcils.
« Je veux dire, s'il essayait de le faire pendant que j'étais là je pourrais essayer de les en empêcher, dit-il. Mais s'il la prenait pendant que j'étais parti. »
Il haussa de nouveau les épaules.
« Qu'est-ce que je suis censé faire ?
- Je ne sais pas, appeler la police ? dit Fili. »
Kili blanchit à ces mots, et Fili réprima l'envie de lever les bras au ciel avec désespoir.
« Écoute, vieux, dit-il, ces gars avec qui tu étais avant ? Je me fiche de ce qu'ils t'ont dit, voler, c'est mal. Oh, et au fait, c'étaient des connards. Des enfoirés de la pire espèce. »
Kili sembla surpris, puis sourit à moitié comme si Fili racontait une blague.
« Mais comment suis-je censé avoir des affaires, alors ? demanda-t-il. Je ne volerai rien, je le promets, mais. Je ne comprends pas.
- Eh bien, Thorin vient de te donner un tas d'affaires, dit Fili. Si tu veux autre chose, tu n'as qu'à demander. Il te le donnera tant que ce n'est pas trop exagéré.
- D'accord, dit Kili. Mais quand j'irai dans l'autre famille ? Comment suis-je censé avoir des affaires alors ? À manger et tout ça ?
- Euh, ils te donneront à manger, petit génie, dit Fili. Et ils te donneront d'autres affaires aussi, j'en suis sûr. Et puis tu auras toutes les affaires qu'on t'a données aujourd'hui.
- Non, je veux dire, quand j'irai dans la prochaine famille, dit Kili. »
Fili le fixa.
« Ouais, dit-il. Je sais ce que tu voulais dire. »
Kili sembla confus.
« Mais les — les affaires d'aujourd'hui, dit-il. Est-ce que vous ne voudrez pas les récupérer ? Je veux dire quand je partirai ? Est-ce que je ne vais pas les laisser ici ?
- Noooon, dit lentement Fili, comme s'il parlait à quelqu'un qui ne comprenait pas vraiment l'anglais. Ce sont tes affaires. Ce sont tes affaires, Kili. C'est tout. Tu peux les garder jusqu'à ce que tu n'en veuilles plus. Ensuite tu pourras les jeter, ou les vendre, ou les donner. Comme tu voudras. Ce sont tes affaires. »
Kili se figea, alors, assis sur le lit, le pyjama de Fili encore serré dans les mains.
« Les livres ? dit-il.
- Ouaip, dit Fili. Les livres, aussi. »
Kili se retourna pour regarder l'étagère.
« Oh, dit-il à voix basse.
- J'espère que c'est oh comme dans oh oui, je comprends maintenant, dit Fili. Honnêtement, je suis à court d'idées pour expliquer.
- Ouais — oui, dit Kili, fixant toujours l'étagère. Je veux dire — oui. Je crois. Je ne suis pas— »
Il secoua la tête et regarda Fili.
« Merci, dit-il.
- Peu importe, dit Fili. Écoute, je vaisme coucher. Toiaussi.Pyjama. »
Il désigna le pyjama dans la main de Kili.
« Lit. »
Il montra le lit du doigt, juste au cas où Kili ne comprendrait pas, parce que voyons les choses en face, il était un peu spécial.
« Pigé ?
- Oui, dit Kili. Merci.
- Tu es censé dire bonne nuit, dit Fili.
- Oh — bonne nuit, dit Kili. Merci.
- Bonne nuit, John-Boy***, dit Fili avec un sourire narquois. »
Kili sembla perplexe, ne comprenant clairement pas, mais Fili s'y attendait maintenant. Il secoua la tête et sortit, fermant la porte derrière lui. Puis il resta là à la fixer pendant une minute ou deux, jusqu'à ce que la lumière filtrant par-dessous disparaisse brutalement. C'était officiellement l'une des plus étranges conversations qu'il ait jamais eues, décida-t-il. Et pourtant, il pensait que Kili avait peut-être appris quelque chose, et pour une raison étrange cela le fit se sentir assez joyeux. Il ne réalisa pas à quel point, cependant, jusqu'à ce que Thorin apparaisse en haut de l'escalier et fronce les sourcils.
« Pourquoi tu as l'air si content ? demanda-t-il.
- Quoi ? dit Fili. Oh, rien.
- Hum, dit Thorin, comme s'il était sûr que Fili se moquait de lui, d'une façon ou d'une autre. Eh bien, bonne nuit.
- Bonne nuit, John-Boy, dit Fili. »
Thorin le fixa.
« Je n'ai aucune idée de ce que tu racontes, dit-il. »
Et il disparut dans sa chambre. Fili fixa l'endroit où il s'était trouvé.
« Deux gouttes d'eau, marmonna-t-il en souriant. »
(-)
*établissement secondaire : comprehensive school, école publique qui est l'équivalent de notre collège – pour des âges différents – en Grande-Bretagne
**Certificat : traduction abrégée de GCSE, General Certificate of Secondary Education, soit Certificat Général d'Education Secondaire. Le GCSE est un diplôme que passent les élèves de Grande-Bretagne vers 16 ans – un mélange entre notre brevet et notre bac.
*** En anglais, « good night, John-Boy », allusion à une série TV britannique des années 70, The Waltons.
Sur ce je vous dis à la semaine prochaine, et je vous préviens qu'au prochain chapitre, on commence à plonger dans le drama profond !
