1er novembre 2025

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Eurydice pressa le pas. Elle n'avait jamais aimé aller au cimetière mais accompagnait pourtant sa mère, chaque année, alors que cette dernière allait fleurir la tombe de ses parents et celle de son oncle et de sa cousine. Bianca, contrairement au reste des défunts, avait été enterré dans un des cimetières moldus de Cork. Elle repéra sa mère qui était en train de passer un coup de balayette sur la tombe. La femme releva son visage et esquissa un sourire en voyant sa fille.

— Bonjour ma chérie, déclara-t-elle avant de l'embrasser.

Eurydice répondit à son salut se forçant à sourire. Elle n'arrivait à s'enlever de l'esprit la pensée que sa mère trompait peut-être son père avec un de ses collègues. La jeune femme posa les chrysanthèmes qu'elle avait achetés plus tôt sur l'une des coupelles vides avant de l'arroser à l'aide de l'arrosoir que sa mère avait ramené, sans doute, quelques minutes avant son arrivée.

— Tu es déjà allée voir ton grand-père ? questionna Avalon.

Accroupie près de la tombe, Avalon sortit sa baguette et retira, d'un sort discret, une tache brune.

— Non pas encore et toi ?

— Non plus. On y va ensemble ?

Eurydice hocha la tête tandis que sa mère se tournait vers la tombe de Bianca Connelly et déclarait d'une voix douce :

— A plus tard Maman.

Avalon porta sa main à sa bouche, y déposa un baiser avant de la poser sur la tombe. Eurydice l'avait toujours vu faire ainsi. Avant de quitter chacune des tombes qu'elle visitait, sa mère n'oubliait jamais d'offrir un baiser aux défunts. La femme récupéra l'arrosoir et le ramena près du robinet le plus proche avant de rejoindre sa fille qui l'attendait dans l'allée principale, un pot de chrysanthèmes dans les bras.

— Ça n'a pas l'air d'aller, ma Didi, remarqua-t-elle.

— Si, si, ça va, mentit-elle. C'est juste que… Mes patrons veulent que Nikolaï et moi présentions les matches de la coupe l'année prochaine.

— Nikolaï et toi ?

— Ouais, ils trouvent qu'on a une bonne alchimie et que le charisme de Nikolaï pourrait nous être utile.

— Nikolaï et toi ne vous parlez plus. C'est ça le problème, n'est-ce pas ?

— Comment tu sais ? s'étonna Eurydice.

— Ton frère m'a parlé du fait que Nikolaï ne tenait, disons, pas vraiment l'alcool.

— Ça ne fait que deux semaines et pourtant j'ai l'impression que ça fait des mois, avoua Eurydice en souriant tristement. Tu sais que lorsque j'ai su que c'était officiel après l'avoir dit à Louis et Papa, c'est à lui que je voulais l'annoncer. Je vais même pas pouvoir fêter la nouvelle avec mes amis au complet.

— Peut-être pas mais tu vas tout de même le fêter avec ta famille, ton fiancé et Ted. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point ton père et moi sommes fiers de toi, à quel point toute la famille est derrière toi, Di.

— Merci Maman.

Sa mère lui sourit doucement avant de l'entraîner dans un coin et de transplaner. Lucius Malefoy était enterré dans le caveau de la famille Malefoy dans le cimetière sorciers de Godric's Hollow. Avalon venait déposer des fleurs sur sa tombe une fois par an avec sa fille et parfois l'un ou l'autre de ses fils. Malgré tout le mal qu'il avait pu faire autour de lui, Lucius restait son père.

Lorsqu'elles arrivèrent près du caveau, les deux femmes aperçurent Mrs Malefoy en sortir. Cela faisait vingt-sept ans que son mari était décédé, vingt-sept ans qu'elle avait appris l'existence d'Avalon, la fille illégitime de son époux, et vingt-sept ans aussi qu'elle l'ignorait comme seule une Sang-Pure savait le faire. Mrs Malefoy tourna son visage vers eux et Eurydice eut l'impression que son regard leur passait en travers sans les voir. La femme, qui avait fêté ses soixante-dix ans au début du mois d'avril de cette année, avait toujours malgré son âge avancé cette grâce et cette superbe que seuls les Black possédaient. Mrs Malefoy passa à côté d'elles sans leur prêter la moindre attention et Eurydice ne put retenir un petit rire. Sa mère lui mit un léger coup de coude mais la jeune femme put voir qu'elle aussi esquissait un petit sourire.

— Tu crois qu'elle va faire ça jusqu'à sa mort ? demanda Eurydice dans un murmure.

— Presque trente ans qu'elle nous ignore et cela malgré mes bons rapports avec Drago, je ne vois vraiment pas ce qui pourrait la faire changer d'avis désormais.

Avalon ouvrit la porte du caveau et d'un sort alluma les torches qui éclairaient l'étroit escalier en pierre qui les menait sous terre.

— Fais attention où tu mets les pieds, les marches glissent, la prévint sa mère.

La pierre polie par les siècles était lisse et, à certains endroits, dangereuse. Enfin, les deux femmes arrivèrent dans la caveau. Lucius avait été le dernier à être enterré en ce lieu. Avalon se dirigea vers le fond de la pièce. Sur la tombe, faite d'un joli marbre brun clair, étaient gravés le nom de Lucius mais aussi ses dates de naissance et de mort. Eurydice n'avait pas besoin de faire le calcul pour savoir son âge lors de son décès. 1954. Un an de plus que sa grand-mère Bianca. Vingt-et-un ans de plus que sa mère, Avalon. 1998. L'année de naissance d'Eurydice. Quarante-quatre ans. Lucius Malefoy avait quarante-quatre ans lorsqu'il avait décidé que sa vie ne valait plus la peine d'être vécue.

Avalon posa les fleurs sur l'une des coupelles, elles aussi en marbre avant de lancer le sortilège Aguamenti pour les arroser. Elle prit les fleurs d'Eurydice et fit de même

— Au revoir Papa, dit-elle avant déposer un baiser sur sa main.

Elle toucha le marbre froid et quitta le caveau à la suite d'Eurydice. Cette dernière fut bien heureuse de remonter à la surface. Pire encore que les cimetières, le caveau des Malefoy lui donnait toujours l'impression de manquer d'air.

— Quelle heure est-il ? questionna Avalon.

— Presque midi moins le quart.

— Dépêchons d'aller à la maison alors, répliqua sa mère avant de transplaner.

Eurydice la suivit quelques secondes plus tard et atterrit sur l'allée menant à la porte d'entrée. Elle se dirigea vers la porte que sa mère avait déjà ouvert et entra dans la maison.

— Salut Pa… commença-t-elle en pénétrant dans la salle à manger.

— Surprise ! s'exclamèrent la dizaine d'invités d'une seule voix.

Eurydice sursauta et porta sa main à son cœur. Son père arriva vers elle et l'enlaça, la soulevant du sol par la même occasion.

— Félicitations ma licorne, lui souffla-t-il à l'oreille.

— C'est toi qui a organisé tout ça ? demanda-t-elle alors qu'il s'éloignait d'elle.

— Moi mais aussi Louis. J'ai même fait à manger.

— Avec mon aide bien sûr, intervint Jonas en souriant.

— Bien sûr !

Eurydice se tourna vers son fiancé qui lui offrit un doux sourire. Ce sourire qui la faisait chavirer depuis plus de quatre ans. Elle se dirigea vers lui et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

— Tu étais donc dans le coup, souffla-t-elle en s'éloignant de lui. Tu es plus cachottier que je le pensais, plaisanta-t-elle.

— Il faut bien ça pour te faire une surprise de ce nom, répliqua-t-il.

— Merci à tous d'être venus, dit-elle en promenant son regard sur les personnes présentes.

Son regard s'arrêta quelques secondes de plus sur Nikolaï qui se trouvait à côté de Ted. Son ami lui offrit un sourire avant qu'elle ne poursuive son observation. Toutes les personnes qui comptaient dans sa vie se trouvaient dans la pièce à cet instant.

— Tu savais ? Demanda-t-elle à sa mère. Et tu savais aussi que j'irais aux cimetières

— Bien sûr que je savais. Et puis, tu vas aux cimetières tous les ans depuis des années alors il n'était pas trop difficile de savoir que tu t'y trouverais. Ton père m'a demandé de te tenir éloignée de la maison jusqu'à onze heures trente. Louis et moi avons donc travaillé de manière conjointe.

Eurydice se tourna de nouveau vers son fiancé qui lui fit un clin d'œil amusé.

— Bon il serait peut-être temps de trinquer à Di, non ? intervint Nikolaï en levant son verre.

— Nikkolaï a raison, dit Marcus Flint en tendant un verre d'hydromel à sa fille. Levons nos verres à toi et à ton succès.

— A Di ! S'exclamèrent en choeur les personnes présentes.

Eurydice leva son verre en même temps qu'eux avant de boire une gorgée de sa boisson. Toutes les personneas présentes prirent ensuite place autour de la table. La jeune femme se trouva assise entre Louis et Nikolaï tandis que Ted s'installait en face d'elle.

— Victoire n'a pas pu venir ? interrogea-t-elle.

— Elle était un peu trop fatiguée. Elle te présente ses excuses, répliqua Ted.

Eurydice n'eut aucun mal à deviner que son meilleur ami lui mentait. Victoire n'avait jamais pu supporté sa relation avec Ted et pensait qu'elle souhaitait plus qu'une simple amitié. Les fiançailles de Louis et Eurydice n'avaient rien apaisé à ses craintes et sa grossesse la rendait encore plus irritable qu'elle ne l'était par le passé.

— Nikolaï, tu me feras penser qu'il faut que je te parle de quelque chose après le repas, ajouta-t-elle en se tournant vers lui.

— Ok, j'essayerai de m'en rappeler, répliqua-t-il en regardant son assiette.

Le repas se passa dans la bonne humeur. Chacun était heureux de se voir même si cela ne faisait que trois semaines qu'il ne s'étaient pas vus.

— Moi je dis que la nomination de Didi est un sacré pas en avant pour le monde du Quidditch. Non mais sérieusement, je suis pas le seul à ne plus supporter ce vieil hippogriffe de Bennet, si ? Intervint Marcus Flint alors qu'ils mangeaient le dessert.

— Vieil hippogriffe ? Vraiment Marcus ? questionna Olivier ne pouvant cacher son sourire.

— Vieil hippogriffe. Ce type était déjà là, accroché à son mircro, alors que toi et moi nous étions encore des gosses.

— Et on sait tous à quel point tu es toi-même suuuuper vieux, plaisanta Kathleen.

— Super vieux moi ? Tu dois me confondre avec quelqu'un d'autre, O'Brian, rétorqua Marcus. Rappelle-moi qui a été élu joueur retiré le plus sexy de l'année ?

Eurydice ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel tandis qu'un sourire étirait ses lèvres. Son père avait appris la nouvelle deux semaines plus tôt et ne cessait de leur en parler.

— Et cela pour la quatrième année consécutive, ajouta-t-il fièrement.

— Mais oui mon chéri, on sait tous que tu es le plus beau, le taquina sa femme avant de se pencher pour l'embrasser sur la joue.

Son mari tourna la tête et Avalon manqua sa cible en déposant un baiser sur ses lèvres. Eurydice sourit doucement. Tout le monde trouvait ses parents mignons. Tout le monde voyait le couple Flint comme le couple parfait. Un ancien joueur de Quidditch et une chercheuse en maladie sorcière. Eurydice avait du mal à s'imaginer qu'à une époque lointaine ses parents avaient été les pires ennemis du monde. Leur histoire d'amour était rentrée dans l'histoire familiale comme l'une des plus romantiques. Marcus était issu d'une famille de Sang Pur tandis qu'Avalon avait grandi dans un orphelinat moldu. Elle se croyait née-moldue et avait pourtant été réparti à Serpentard. Sept années à se faire appeler par différents sobriquets plus ou moins aimables : La Sang-de-Bourbe de Serpentard, Sans-Famille… Le dernier était celui que lui avait donné Marcus alors qu'elle était en quatrième année. Le couple avait fini par se rapprocher durant leur dernière année à Poudlard et s'était marié un an et demi plus tard. Bien entendu lorsque leur relation avait été connue de la famille Flint, les parents du jeune homme n'avaient pas tardé à le renier. Comment osait-il déshonorer la famille en fréquentant une Sang-de-Bourbe ?

Eurydice n'avait donc jamais connu ses grand-parents paternels et son père ne parlait jamais d'eux. C'était à peine si elle savait que son père avait une sœur cadette. La jeune femme l'avait appris alors qu'elle était en septième année. Une première année était venue la voir pour lui demander si elle était la fille de Marcus Flint et lui avait appris que sa mère était elle aussi une Flint. Après s'être renseignée à gauche et à droite, elle avait fini par découvrir que cette première année était la fille d'Octavia Flint, la sœur de son père, et de Kieran Parkinson et par conséquent sa cousine.

En voyant ses parents si proches, la jeune femme ne put s'empêcher de penser à ce qu'elle avait vu quelques jours plus tôt. Elle n'en avait parlé à personne et cela ne cessait de la ronger depuis. Que devait-elle ? Devrait-elle poser la question à sa mère ? En temps normal, Eurdydice aurait sans aucun doute agi ainsi mais la réponse que sa mère pourrait lui donner la terrifiait tant qu'elle n'avait pas encore osé le faire.

Après le repas, elle alla retrouver Nikolaï qui était en train de fumer une cigarette à l'extérieur. L'homme releva son visage vers elle. Eurydice pouvait deviner qu'il appréhendait ce qu'elle allait lui dire.

— Ça m'a fait plaisir que tu sois là, souffla-t-elle.

— Remercie ton fiancé. C'est lui qui m'a convaincu de venir, répondit-il. Il pensait que c'était important que je sois là.

— Et il avait raison. C'est important pour moi. Tu vas bien sinon ?

— Ça va oui. Je suis désolé au fait.

— Pourquoi ?

— Pour avoir gâché l'anniversaire de mariage de tes parents. Je suis une vraie purge quand je suis saoul. Enfin, je pense que t'as fini par le comprendre au fil des années.

— T'as rien gâché du tout, Nikolaï. Mes parents se sont amusé, sans se prendre la tête et c'est ça le principal.

— Bref… Tu voulais me parler de quelque chose ?

— En effet. Mon… La direction du Vif Express m'a demandé de te demander quelque chose.

— Tu parles de la lettre qu'ils m'ont envoyée il y a deux-trois semaines ?

— Tu l'as lue et tu n'as pas répondu ? s'étonna Eurydice.

— J'avais pas la tête à ça quand je l'ai reçue et surtout je savais pas quoi répondre. Ça te fera pas bizarre qu'on travaille ensemble ?

— Pourquoi ça me ferait bizarre ?

— Je sais pas… Avec ce que je t'ai dit la dernière fois…

— Je sais que ça sera peut-être un étrange en premier lieu mais Fiona a raison sur au moins une chose, je suis sûre qu'on formera un bon duo. T'as fait du Quidditch, t'es un grand joueur…

— Justement je devrais jouer et non pas me trouver derrière un de ces stupides micros à vociférer comme un crétin, s'irrita-t-il. Pardon. Eurydice, je… Je ne voulais pas dire que tu étais stupide, se reprit-il en voyant le visage triste de son amie.

— Tu me déçois, Nikolaï.

Le regard peiné de son ami lui fit presque regretter ce qu'elle venait de dire bien qu'elle sache qu'elle ne pouvait pas le garder pour elle.

— Tu n'as pas été sélectionné parce que tu as été blessé cet été et non pas car tu es nul, Nikolaï ! Et te morfondre sur ça n'arrangera en rien la situation bien au contraire. Tu vois, je pensais que cette proposition aurait pu être occasion pour toi. Une occasion de participer à cette coupe selon tes capacités actuelles et sans mettre ta vie en danger mais visiblement je me trompais. J'irai dire demain à Fiona qu'ils ne comptent pas sur toi.

Sans attendre de réponse, Eurydice tourna le dos à son ami et se dirigea vers la porte d'entrée de la demeure parentale. Elle allait poser la main sur la poignée lorsque Nikolaï l'appela. Elle reporta son attention vers lui. La jeune femme n'avait aucun mal à deviner sa gêne mais aussi le fait qu'un débat intérieur était en train de se dérouler dans son esprit.

— Bennet sera avec nous ? demanda-t-il finalement.

— En effet.

— Ça risque pas de le mettre en arrière-plan leur histoire, remarqua-t-il.

— Ils aimeraient voir de nouvelles têtes dans la loge des commentateurs, répondit-elle simplement.

Les lèvres de Nikolaï se pincèrent tandis que le regard dans le vide, Eurydice devinait qu'il réfléchissait à toute vitesse. Finalement, après plus d'une minutes de silence, l'homme releva son visage vers elle et déclara d'une voix décidée :

— Je suis partant.

— T'es sûr ?

— Sûr.

— Très bien. J'en parlerai à Fiona demain. Ils te convoqueront, sans doute, dans la semaine.

— Pas de problème, j'ai rien mieux à faire de toute manière.

— La prochaine coupe du monde sera pour toi, Nikolaï.

— Si mon dos se remet entre temps, soupira-t-il.

— T'y arriveras, se contenta-t-elle avant de pénétrer dans la maison.

La jeune femme eut à peine le temps de faire deux pas dans la demeure qu'elle se faisait déjà alpinguer par son père. Assis à la table de la salle à manger, Marcus, Jonas et Olivier étaient vraisemblablement en plein débat. Olivier ne pouvait, en effet, que très difficilement cacher son air exaspéré.

— Di ! Tu es là ! Viens voir ici deux minutes. Selon toi, est-ce que l'équipe nord-américaine à ses chances, l'année prochaine ?

— Oh ! Je t'en prie, Marcus, on sait tous que les nord-américains ont un niveau plus que lamentable lorsqu'il s'agit de Quidditch, soupira Olivier.

— C'était vrai il y a quelques années, Tonton, mais la nouvelle capitaine et gardienne de l'équipe est un véritable petit prodige.

— Tu vois c'est ce que je te disais, intervint Marcus fier comme un paon. Comment s'appelle-t-elle déjà ?

— Ehawee Crabtree. Je l'ai vue jouer en vrai, il y a presque un an, elle est vraiment très douée, très très douée même. Ca risque d'être difficile de marquer contre elle. En plus, d'après ce que j'ai entendu, l'équipe commence à avoir un fraternité et je crois bien que c'était ce qui leur manquait.

— Crabtree comme la célèbre Ministre de la magie nord-américaine ? questionna Louis.

— La Ministre de la magie nord-américaine ? Demanda Eurydice après avoir échangé un regard interrogatif avec ses interlocuteurs.

— Callisto Crabtree née Frasnier. Vous ne la connaissez pas ?

Eurydice et les trois autres secouèrent tous la tête négativement.

— Elle est assez connue pourtant. C'était une des filles de Charles Frasnier, Frasnier & Fils…

— La compagnie moldue ?

— Non pas moldue, sorcière. Charles Frasnier était sorcier et son épouse aussi. Bref, Callisto a fait une carrière dans la police magique avant de monter petit à petit les marches du pouvoir. Elle est devenue Ministre de la Magie en 1925, je crois, et a quitté son poste en 1935. Son mari était moldu. On dit qu'il se sont rencontrés sur une scène de crime à la fin du dix-neuvième siècle.

— Et elle est connue pour ? questionna Jonas sans comprendre.

— Elle était inspectrice de police lorsque le mouvement de repli identitaire a gagné l'Amérique du Nord et a participé à beaucoup d'arrestations dans ce cadre-là. Elle a aussi arrêté le tueur de loups-garou à la fin du dix-neuvième siècle. Elle était aussi connu pour être une très grand duelliste et une ardente défenseure des nés-moldus et moldus. Elle est morte, il y a un peu plus de trente ans, je crois.

— Je la connaissais pas du tout, déclara Eurydice. Et pourtant j'aimais beaucoup l'Histoire de la magie à Poudlard.

— Je crois que Binns a dû à peine l'évoquer lorsqu'on a parlé de l'Amérique du Nord magique. J'en ai entendu parlé vraiment, pour la première fois, au département. C'est un peu une légende en fait. Enfin, tout ça pour dire qu'il y a des chance que cette joueuse soit une de ses descendantes.

— Je dois l'interviewer lors de son passage en Grand-Bretagne, le mois prochain. Je lui poserai la question si tu veux.

Elle sourit à Louis tandis que la conversation revenait sur le Quidditch et que chacun des joueurs et anciens joueurs de la famille donnait ses pronostics personnels. Chez les Flint, il était impossible de ne pas parler de Quidditch plus de cinq minutes.