Emmew : Merci ! Je suis impressionnée de voir à quelle vitesse tu as lu toutes mes traductions du hobbit xD Je précise que je ne fais que traduire quand certains me prennent pour l'auteur, en fait ) Je rends à César ce qui est à César.

Le compte final s'élève à 102 chapitres pour l'histoire entière.

J'ai écrit quelques fanfictions, qui se trouvent sur mon profil maintenant j'écris surtout de la fiction originale, quelques nouvelles se trouvent sur mon blog (je mettrai le lien lundi dans la soirée) et j'ai un projet d'histoire longue que je compte commencer en juillet. Celle-là ne sera pas sur le blog, puisque j'espère la faire publier quand elle sera terminée et corrigée.

Carrymaxwell : 102 chapitres, le dernier ayant été publié dans la nuit de samedi à dimanche. Et cette sensation n'est pas près de te quitter...

Ficanasse : Thorin ne savait absolument pas que ce genre de choses risquait d'arriver, il n'était donc pas préparé et a été pris par surprise.

Sorah Kenway : Excuse-moi de te demander ça, mais quel âge as-tu ? Cette fic est vraiment destinée à un public averti, déconseillée aux moins de 16 ans...

Dame Marianne : Ouais tu peux rajouter ça en effet...

Ririte : Même question qu'à Sorah... Crois-moi tu es loin du compte avec le cauchemar. Ça ira plus mal avant d'aller mieux...

Une passante : Personne ne savait ce qui pouvait arriver comme le dira Bombur au chapitre suivant, ils ne savaient rien du passé de Kili...

JE RAPPELLE A TOUT LE MONDE QUE CETTE HISTOIRE EST DESTINEE A UN PUBLIC AVERTI. FORTEMENT DECONSEILLEE AUX MOINS DE 16 ANS ET AUX PERSONNES SENSIBLES. DES SCENES CHOQUANTES FIGURERONT DANS DE FUTURS CHAPITRES.

Chapitre 6 :

Au bout d'un moment, Fili s'endormit. Quand il se réveilla, il faisait toujours noir, mais les chiffres rouges brillant sur le réveil près du lit de Kili indiquaient 6:12, et son dos lui faisait mal après avoir dormi dans le fauteuil, il décida donc qu'il en avait fini avec la nuit. Bon putain de débarras, d'ailleurs. Il envoya une prière fervente à quiconque l'écouterait de ne plus jamais vivre une nuit aussi déplaisante, et s'extirpa silencieusement de la chaise, avant de se glisser hors de la chambre de Kili et de fermer discrètement la porte derrière lui.

Il se tint au sommet des escaliers, se demandant s'il avait davantage besoin d'une douche ou d'un café. Inévitablement, le café remporta la partie, et il descendit vers la cuisine, seulement pour découvrir qu'il n'était pas le seul levé. Thorin était assis à la table de la cuisine, l'air pâle et débraillé. Il s'était habillé entre-temps, mais ses cheveux étaient encore dans un sale état, et il y avait des ombres sous ses yeux. Il serrait un mug dans ses mains, et à la puissance de l'odeur même depuis la porte, Fili était à peu près sûr que c'était de la force industrielle.

« Il en reste encore ? dit-il. »

Thorin leva les yeux vers lui puis fit un signe de tête vers la cafetière. Fili avança en traînant les pieds et se versa une tasse, prenant une longue gorgée.

Oh, Dieu soit loué pour le café.

Il s'assit à table, face à Thorin.

« Tout va bien ? dit-il. »

Thorin grogna.

« Mal de tête à fendre le crâne, mais je survivrai. Kili ?

- Dort, dit Fili. »

Il s'interrompit un moment, rassemblant ses pensées.

« Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Thorin fixa le contenu de sa tasse pendant un long, long moment. Puis il soupira.

« Ça ne te concerne pas.

- Euh, pardon ? dit Fili. Tu me réveilles au milieu de la nuit en ressemblant à un mort, Kili fait une dépression nerveuse sur le sol, tu t'attends à ce que je gère tout ça tout seul, et ensuite ça n'est pas mes putains d'affaires ? Tu te fous de moi, Thorin ! »

Thorin le fusilla du regard.

« Baisse la voix, dit-il. »

Puis il passa une main sur son visage et prit une grande inspiration.

« Je suis désolé de ce qui est arrivé, dit-il. Je n'avais pas l'intention de t'abandonner. Je ne pouvais pas faire autrement. »

Fili ouvrit une bouche indignée, mais Thorin leva une main.

« Non, dit-il. Je sais que ce n'est pas juste. Mais ce ne serait pas juste pour Kili de te parler de cela. »

Il secoua la tête.

« Fili. Tu es la personne la plus importante de ma vie. Mais aujourd'hui, Kili a besoin de mon indulgence plus que toi. Est-ce que tu comprends ? »

Fili le fixa, bouche bée. Il savait, bien sûr, que Thorin l'aimait, mais il était assez rare qu'il le dise – et Fili ne lui en avait jamais voulu pour ça, parce que ce n'était pas comme si lui-même était la personne la plus démonstrative qui soit. Mais ici, maintenant, après ce début de matinée désastreuse, Thorin étalait tout. Et lui demandait son aide, à sa façon détournée. Et il pensa à Kili, tremblant et se balançant et s'excusant encore et encore. Kili, qui était un gamin de seize ans sans famille ni personne pour veiller sur lui, et qui, visiblement, était malheureux de façons que Fili ne pouvait même pas vraiment commencer à comprendre.

« Ouais, OK, dit-il. »

Thorin lui sourit – un petit sourire, mais un sourire quand même.

« Merci pour ta patience, dit-il.

- Donc, dit prudemment Fili, il n'est pas — fou, n'est-ce pas ? Je veux dire, dangereusement fou ? Seulement, il agissait vraiment bizarrement la nuit dernière. »

Thorin le regarda en silence, et Fili essaya de ne pas se trémousser.

« Est-ce qu'il a l'air de pouvoir être dangereux, à ton avis ? demanda enfin Thorin.

- Hum, dit Fili. »

Il pensa à Kili, maigrichon et timoré, qui regardait les gens du coin de l'œil. Essaya de l'imaginer en train d'assassiner quelqu'un à la hache. Ouais, c'est ça.

« Je vais dire non, dit-il.

- Je suis content que nous soyons d'accord, dit Thorin.

- OK, répliqua Fili. »

Mais une autre pensée le frappa ensuite.

« Alors, tu ne vas pas — tu ne vas pas le renvoyer, n'est-ce pas ? Je veux dire, à quel point c'était grave, le truc qu'il a fait ? Parce qu'il est vraiment désolé, et tu as dit qu'il était accepté pour de bon. »

Le souvenir de Kili murmurant Je suis désolé je suis désolé, encore et encore comme s'il avait perdu la tête frappa brutalement Fili, et il frémit.

« Genre, vraiment désolé, dit-il.

- Ce qui est arrivé la nuit dernière n'était pas la faute de Kili, dit Thorin. Il n'a aucune raison d'être désolé. »

Oh. Eh bien ça éclaircissait environ zéro pour cent de la situation pour Fili.

« Eh bien, il est désolé, en tout cas, dit-il. Mais ça veut dire que tu ne vas pas le renvoyer ? »

Il n'était même pas sûr de savoir pourquoi il était tellement bouleversé par cette idée, sinon que l'idée de laisser Kili tout seul dans cet horrible immeuble de bureaux – eh bien, ça craignait.

Thorin se passa une main dans les cheveux.

« Non, dit-il. Je n'ai aucune intention de le renvoyer. Mais au final, nous devons faire ce qu'il y a de mieux pour Kili. Et il se pourrait que je ne — convienne pas pour m'occuper de lui.

- Conneries, dit Fili. Tu t'es occupé de moi, pas vrai ? J'ai bien tourné. »

Thorin lui sourit.

« C'est vrai, dit-il. Mais je pense que c'était plus l'œuvre de ta mère que la mienne.

- Ouais, eh bien, dit Fili, elle était plutôt bien, je l'admets.

- En effet, dit Thorin avec un sourire triste. J'aimerais qu'elle soit là.

- Elle nous arrangerait tout ça en cinq minutes, dit Fili. »

Il aimait penser à sa mère – pour se souvenir d'elle. Pendant quelque temps après sa mort, il n'avait même plus prononcé son nom, mais maintenant – maintenant il aimait penser à elle.

Thorin grogna son approbation et se leva pour faire plus de café. Quant à Fili, il décida qu'une tasse de liquide toxique était suffisante pour le moment. Il se sentait à la fois plus calme et plus réveillé – content de savoir que Thorin n'était pas en colère contre Kili, que tout ça n'était qu'un malentendu. Et content de savoir que Thorin n'allait pas renvoyer Kili. Pas qu'il ait particulièrement envie de se faire réveiller toutes les nuits par des drames mystérieux, mais quand même. Pour une raison quelconque, il avait juste l'impression que Kili devrait rester ici, où il avait une chambre et un lit et où Fili pouvait garder l'œil sur lui et s'assurer qu'il ne faisait rien d'autre de stupide.

L'horloge dans le coin sonna, et Fili y jeta un regard. Sept heures du matin.

« Je hais les lundis, marmonna-t-il. »

Et il alla prendre une douche.

Fili prit la plus longue douche dans l'histoire de l'eau courante, et le temps qu'il s'habille, il était presque huit heures. L'école commençait à – quoi, huit heures quarante-cinq ? Quelque chose comme ça. Ce qui rendait le fait qu'il n'ait toujours pas entendu un bruit dans la chambre de Kili quelque peu inquiétant. Il marqua une pause à l'extérieur de la pièce, tendant l'oreille, mais il y avait un silence total à l'intérieur. Fili leva la main pour frapper, puis s'interrompit. Qu'est-ce qu'il était censé dire ? Hé, je sais que la dernière fois qu'on a parlé tu babillais insensiblement dans un coin, mais c'est l'heure d'aller à l'école, alors il faut que tu te lèves. Ou ne devrait-il juste pas mentionner la nuit dernière ? Bon sang il n'en avait aucune idée. Et honnêtement, il n'était même pas sûr que ce soit une bonne idée pour Kili d'aller à l'école aujourd'hui – mais en même temps, l'autre alternative était de le laisser seul dans la maison pendant que Fili allait en cours et Thorin au travail, alors.

OK. OK, il pouvait faire ça. Il frappa à la porte, puis prit une grande inspiration et l'ouvrit.

« C'est l'heure de— Oh, dit-il. »

Kili était assis, entièrement habillé, sur le lit. Il avait l'air presque fantomatique, tant il était pâle, et ses yeux étaient rouges et avaient l'air douloureux, lui donnant un air étrange de malade de la peste.

« Euh, dit Fili, salut. Tu es levé. »

Kili hocha la tête, le regardant de côté.

« Salut, dit-il.

- Tu te sens bien ? demanda Fili.

- Ouais, ça va, dit Kili. »

Il fixait ses chaussures, la tête rentrée dans les épaules, et Fili resta maladroitement debout près de la porte pendant un instant ou deux, essayant de déterminer ce qu'il devait dire ensuite. Finalement, son regard tomba sur le réveil près du lit de Kili.

« Alors, euh, dit-il, tu es prêt à partir bientôt ? »

Kili leva les yeux vers lui.

« Bientôt quand ? demanda-t-il.

- On devra partir à huit heures trente, dit Fili. Tu as le temps de prendre ton petit déjeuner.

- OK, dit Kili. »

Il se leva et se dirigea vers le coin, ramassant sa sacoche. Il aurait fallu lui acheter un nouveau sac, songea Fili. Trop tard maintenant, cela dit.

« Tu as tout pris ? demanda Fili. »

Kili hocha la tête, puis marqua une pause.

« Je n'ai rien pour transporter les livres, dit-il.

- Les livres ? dit Fili. Je croyais que tu n'en avais pas encore ? »

Kili fronça les sourcils et jeta un regard à l'étagère.

« Les— ces livres ? dit-il, d'une voix maintenant incertaine.

- Oh — attends, non, tu ne vas pas les prendre, dit Fili. Tu te casserais le dos, pour commencer. »

Kili le fixa un moment, puis cligna des yeux et hocha la tête, baissant les yeux vers le sol.

« OK, dit-il. Désolé. Je croyais que tu avais dit que je pourrais les emmener.

- Les em— attends, de quoi on parle, ici ? dit Fili, ayant soudain l'impression que Kili et lui avaient deux conversations très différentes. Où est-ce que tu crois que tu vas ?

- Je retourne à la police, dit Kili avant de froncer les sourcils. N'est-ce pas ? Thorin est tellement en colère contre moi. »

Fili ouvrit la bouche pour dire qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que quelqu'un va juste me dire ce qui s'est passé, bordel ? Mais Kili avait les mains serrées autour de la bretelle de sa sacoche, tellement serrées que ses phalanges étaient blanches, et Fili ne dit pas ça. Il voulait savoir, nom de Dieu, il voulait savoir, mais pour l'instant, il était plus important que Kili sache qu'il n'allait pas être renvoyé. Il ne dit donc pas cela, mais à la place :

« OK, premièrement, la police n'a pas à être impliquée chaque fois que Thorin est énervé pour quelque chose, même si je suis sûr qu'il adorerait ça. Et deuxièmement, il n'est pas en colère contre toi, OK ? »

Kili se mordilla la lèvre, fixant toujours le sol, et il sembla presque se replier sur lui-même, ses épaules remontant et sa tête tombant.

« Si, dit-il. Il était tellement en colère. Il... »

Il s'interrompit, déglutissant péniblement et plaçant le dos de sa main sur sa bouche comme s'il était sur le point de vomir.

« Hé, dit Fili. Hé. Tout va bien. Hé, assieds-toi. »

Il désigna le lit de la main, et quand Kili s'assit, il tira le fauteuil et s'assit face à lui, penché en avant, les coudes sur les genoux. Il ne savait absolument pas ce qu'il foutait, mais il savait que Kili avait encore peur, peut-être même aussi peur que la nuit dernière, et que c'était de Thorin qu'il avait si peur. Et ce n'était pas bon, donc Fili devait faire quelque chose.

« OK, écoute, dit Fili. Je sais que Thorin est — intimidant, surtout quand il crie, et je sais qu'il a 'air assez grincheux la plupart du temps, mais c'est un type bien, d'accord ? C'est un type bien, et il n'est pas en colère contre toi. Alors tu n'as pas avoir peur de lui. OK ? Compris ?

- Ouais, murmura Kili. »

Mais il était assez évident qu'il ne comprenait pas du tout. Il était recroquevillé sur le lit avec les bras croisés et la tête baissée, et Fili se souvint de lui la nuit précédente, Je suis désolé, je suis désolé, comme s'il avait tellement, tellement peur. Peur de quoi ?

Ouais. Fili pensait savoir de quoi.

« OK, d'accord, dit-il. »

Il se pencha en avant pour toucher le genou de Kili et se souvint seulement de s'arrêter au dernier moment.

« Hey, regarde-moi. Kili ? Allez, regarde-moi. »

Kili leva la tête et le regarda, de côté, certes, mais mieux que rien. Fili soupira.

« Écoute, je prendrai soin de toi, d'accord ? dit-il. Si Thorin devient – s'il a besoin que quelqu'un lui dise qu'il fait le con, je peux m'en charger. J'ai beaucoup d'expérience, donc je sais quand lui dire. Et je n'ai pas peur de lui. Donc je prendrai soin de toi. D'accord ? Est-ce que tu me fais confiance ? »

Kili ne répondit pas à cela, non plus – à la place, il détourna les yeux, fixant une tache sur le couvre-lit. Fili se redressa, se sentant un peu blessé. Il était à peu près sûr que le montrer n'aiderait pas, cependant, il afficha donc un sourire encourageant à la place.

« Je t'ai dit que tout irait bien ce matin, et c'est vrai. N'est-ce pas ? Tu ne vas pas chez les flics, et Thorin n'est pas en colère, donc tout va bien. J'ai dit que ça irait bien, et c'est le cas. Alors, est-ce que tu me fais confiance maintenant ? »

Kili leva les yeux un bref instant, puis les détourna à nouveau.

« Ouais, dit-il. OK.

- Génial, dit Fili. Bon, viens, alors. Il y a encore le temps de prendre le petit déjeuner avant de partir. »

Il se leva, tendant une main pour aider Kili à se lever avant de se rappeler qu'il ne fallait pas. Il fut soudain frappé par l'idée qu'il venait de promettre de veiller sur ce gamin, ce gosse qu'il connaissait depuis deux jours et qui était clairement foutrement perturbé. Ce gosse qu'il ne pouvait même pas toucher de peur de le réduire à une masse sanglotante. Et il venait de promettre de veiller sur lui.

Merde.

« Fili ? demanda Kili. »

Et Fili se retourna pour le voir debout, dansant nerveusement d'un pied sur l'autre.

« Où est-ce qu'on va ? »

Fili le fixa avec incrédulité pendant un moment, puis secoua la tête.

« L'école, génie, dit-il.

- Oh, dit Kili. Ouais, l'école. »

Il se glissa hors de la pièce devant Fili, et Fili le regarda se diriger vers le rez-de-chaussée. Il avait promis. Il avait promis parce que quelqu'un devait le faire, ce gosse avait clairement besoin que quelqu'un veille sur lui. Alors il avait promis. C'était stupide, parce qu'il ne savait rien sur comment veiller sur quelqu'un, encore moins un gosse des rues perturbé. Mais il avait promis, et il ne pouvait pas le reprendre maintenant. Et à sa grande surprise, il s'aperçut qu'il n'en avait même pas vraiment envie.

« OK, eh bien, murmura-t-il pour lui-même. C'est parti pour l'école. »

Le petit déjeuner fut plutôt précipité, au final – en grande partie parce que Kili ne cessait d'essayer d'aider mais ne savait pas où était chaque chose, jusqu'à ce qu'enfin Fili le fasse s'asseoir à table et rester tranquille. Ce qui lui facilita la vie, ce fut le fait que Thorin avait disparu – ce ne fut pas avant la moitié du petit déjeuner que Fili l'aperçut dehors, parlant à quelqu'un au téléphone avec une expression orageuse – mais quand bien même, ils arrivèrent juste à temps, et à huit heures trente-deux Fili incitait Kili à se dépêcher dans le couloir.

« Tu ne veux pas être en retard pour ton premier jour, dit-il. Allez. Porte de derrière. »

Kili dévala le couloir et atteignit la porte juste quand elle s'ouvrait pour révéler Thorin. Avec un regard noir. Bien sûr.

« Que... ? dit Thorin avec surprise. »

Il était manifestement surpris d'avoir trouvé Kili de l'autre côté de la porte. Mais ce n'était rien comparé à la réaction de Kili. Il se figea alors qu'il tendait la main vers la poignée, puis recula si vite qu'il entra en collision avec Fili. Il fit volte-face, fixant Fili avec terreur, puis s'appuya contre le mur, plaquant une main sur sa bouche.

« Merde, marmonna Fili, avant de se tourner vers Thorin. Retourne dehors, dit-il. Vite. »

Thorin, il fallait le lui accorder, sembla saisir la situation, et ressortit, fermant discrètement la porte derrière lui. Fili se tourna vers Kili, qui le fixait, la main toujours sur la bouche.

« C'est bon, dit-il. Tout va bien. Tu ne crains rien. Regarde-toi. Personne ne te touche. OK ? »

Kili cilla puis hocha la tête, éloignant lentement sa main de sa bouche.

« Je suis désolé, murmura-t-il d'une voix rauque.

- Aucune raison d'être désolé, dit Fili. »

Il essaya de réprimer un frémissement tandis que les paroles de Kili faisaient remonter un souvenir viscéral de la nuit dernière.

« Tu as juste été surpris. Ça arrive aux meilleurs d'entre nous. »

Il resta immobile un moment, se demandant quoi faire ensuite. Envoyer Thorin faire le tour vers l'avant pour qu'ils puissent passer par-derrière ? Putain, non, c'était grotesque. Autant inviter directement l'Inspecteur Clouseau, tant qu'à faire.

Tandis qu'il réfléchissait, cependant, Kili se décolla du mur.

« Je vais bien, dit-il. Ça va. Ne – je ne veux pas causer de problèmes. »

Fili l'observa.

« Ça va aller si Thorin entre ? dit-il. »

Kili déglutit et hocha la tête.

« Il n'est pas en colère, dit-il, presque dans un murmure. Tu as dit qu'il n'était pas en colère.

- Ouaip, je l'ai dit, et c'est vrai, dit Fili. OK. Tu es sûr ? »

Quand Kili hocha de nouveau la tête, il en fit autant et se dirigea vers la porte.

Thorin se tenait dehors, l'air stressé. Il se retourna vivement quand la porte s'ouvrit et fronça les sourcils quand Fili se glissa dehors et la referma derrière lui.

« Je ne voulais pas lui faire peur, dit-il.

- Je sais ça, dit Fili. Il le sait aussi. Il sait qu'il a eu une réaction excessive, et je lui ai dit que tu n'étais pas en colère, alors. »

Thorin hocha lentement la tête, passant une main sur sa barbe.

« Alors pourquoi ai-je l'impression d'être le méchant de la pièce ? demanda-t-il.

- Parce que tu es une petite fleur délicate, dit Fili. Maintenant, écoute, il faut juste que tu sois un peu prudent, d'accord ? Pas – pas tellement de cris. Essaye de ne pas autant froncer les sourcils. »

Thorin le regarda, sourcils froncés, et Fili roula des yeux.

« Ouais, ça commence bien, dit-il. Essaye de t'entraîner devant le miroir ou quelque chose. En tout cas, il faut que j'emmène Kili à l'école. Il va être en retard.

- Pas d'école aujourd'hui, dit Thorin. Bombur sera là dans une heure.

- Bombur ? demanda Fili en haussant les sourcils. Attends, je croyais que tu avais dit que tu n'allais pas le renvoyer ?

- Je pouvais difficilement ne pas l'appeler après ce qui est arrivé ces derniers jours, dit Thorin. Il vient juste pour avoir un entretien avec nous. C'est la routine, apparemment. »

Fili étrécit les yeux.

« Et s'il dit que Kili ne peut pas rester ici ? dit-il. »

Thorin soupira.

« Je ne peux pas te promettre qu'il ne le fera pas, dit-il. Il doit penser aux meilleurs intérêts de Kili.

- Ouais, mais... Il a dit que c'était bon avant, dit Fili. Donc c'est bon, non ? Tu as dit que Kili n'avait rien fait la nuit dernière, alors quel est le problème ?

- J'ai dit que ce qui est arrivé n'était pas sa faute, dit Thorin, commençant à avoir l'air irrité, et je t'ai aussi dit que ce n'était pas tes affaires.

- OK, certes, mais j'ai dit que je veillerais sur lui, dit Fili. Alors comment est-ce que je peux faire ça si Bombur l'emmène ? Je veux dire, je l'ai dit, Thorin. Je ne peux pas reculer maintenant. »

Thorin le fixa puis pinça l'arête de son nez entre son pouce et son index.

« Ce n'est pas ton travail de veiller sur lui, Fili, dit-il. C'est le mien. »

Fili ouvrit la bouche pour dire, eh bien, tu t'y prends comme un pied, puis la referma, parce que franchement, c'était une réplique de connard. Il fixa les dalles du chemin, frotta sa chaussure contre elles.

« C'est pourri, dit-il.

- Nous ne savons pas encore ce que va dire Bombur, dit Thorin avant de placer une main sur l'épaule de Fili. Je sais que tu as des cours ce matin, mais Bombur espérait que nous pourrions tous être là...

- Ouais, dit rapidement Fili. Ouais, je veux dire. J'en ai seulement un, et franchement, avec le peu de sommeil que j'ai eu, je serais inutile de toute façon. Je ferai la lecture à la place. Donc. Ouais. »

Thorin hocha la tête en lui souriant.

« Je suis content de te voir prendre un tel intérêt dans le bien-être de Kili, dit-il. »

Et il se retourna pour entrer dans la maison.

« Ouais, eh bien, dit Fili en se dépêchant pour entrer avant Thorin. J'ai promis. »

À l'intérieur, Kili était debout au milieu du couloir, observant prudemment la porte. Quand Fili se glissa à l'intérieur, il eut l'air soulagé, mais quand Thorin le suivit un moment plus tard, il rentra immédiatement la tête dans les épaules.

« Hé, dit Fili. Donc on ne va pas à l'école. Tu iras demain, à la place. »

Kili hocha la tête.

« OK, dit-il.

- Bonjour, Kili, dit Thorin en s'avançant légèrement. Je suis content de voir que tu te sens un peu mieux. »

Kili fixa le sol.

« Salut, dit-il. Je suis —je suis vraiment désolé. »

Il déglutit péniblement.

« Je suis tellement désolé, je vous en prie, je suis tellement désolé. »

Fili sentit son estomac se tordre, soudain certain que Kili était sur le point de s'effondrer dans un coin et de recommencer à se balancer et à murmurer, mais Thorin ne sembla pas avoir la même appréhension. Il sourit à Kili sans s'avancer davantage, et quand il parla, sa voix était calme et égale.

« Tu n'as pas à être désolé, dit-il. Tu n'as rien à craindre. Je te le promets. »

La bouche de Kili était toujours ouverte comme s'il était sur le point de répéter Je suis désolé, mais aucun son ne sortit. Il fixa le sol pendant quelques secondes supplémentaires, puis leva la tête et fixa Thorin avec incrédulité. Thorin ne parla pas, se contentant de rester immobile et de sourire, et au bout de quelques secondes supplémentaires, Kili referma abruptement la bouche.

« OK, dit-il.

- Bien, dit Thorin. À présent, Bombur sera bientôt là. Il veut discuter avec nous. Est-ce que tu as pris ton petit déjeuner ?

- Ouais, marmonna Kili. »

Il fixait encore Thorin, et Fili décida que c'était peut-être le moment de s'interposer.

« Hé, si Bombur arrive, tu devrais probablement prendre une douche, dit-il à Thorin. Et arranger tes cheveux. Il va croire que tu as dormi dans un buisson. »

Thorin lui jeta un regard mécontent, et Fili haussa les épaules.

« Je le dis comme je le pense, dit-il. On pourra s'occuper en attendant. »

Il fit un signe de tête imperceptible vers Kili, et Thorin reçut apparemment le message.

« D'accord, dit-il. Ne faites pas trop de bazar.

- Pff, dit Fili. »

Thorin lui ébouriffa les cheveux et se dirigea vers les escaliers. Dès qu'il fut parti, Fili se tourna vers Kili avec un grand sourire.

« Alors, est-ce que tu as déjà vu la vidéo du chat qui danse sur Youtube ? dit-il. C'est un classique. »

Kili cligna des yeux.

« Non, dit-il.

- Wow, tu n'as pas vécu, dit Fili. Viens. On va dans la cuisine. »

Il ouvrit la marche, tirant son ordinateur portable de son sac avant de l'allumer. Quand il trouva la vidéo, cependant, il se retourna pour voir Kili debout au milieu de la pièce avec une expression appréhensive.

« Je ne suis pas censé aller sur l'ordinateur, dit-il. Thorin l'a dit.

- Eh bien, ce n'est pas toi qui y va, dit Fili. C'est moi, et tu es juste assis à côté de moi. Thorin ne peut pas t'empêcher de rester assis à côté de moi. »

Kili gigota nerveusement, et Fili secoua la tête avant de tapoter le siège à côté de lui.

« Il n'aura pas de problème avec ça, dit-il. Promis. Viens. »

Au bout d'une seconde pendant laquelle Fili crut que Kili allait définitivement refuser, il s'avança et s'assit. Fili lui adressa un large sourire.

« Tu vas adorer ça, dit-il. »

Et OK, peut-être que Kili ne l'adora pas, exactement. Mais quand ce fut terminé, Fili trouva une autre vidéo ridicule, puis une autre, et puisque Fili avait quasiment une connaissance encyclopédique des vidéos ridicules sur Youtube, et parce que c'est un principe bien connu que plus on regarde de vidéos stupides à la suite, plus elles deviennent drôles, au bout de dix minutes il jeta un regard en biais à Kili pour le voir sourire. Au bout d'un petit moment après cela, il rit même un peu, un rire voilé et discret, mais un rire quand même.

« Je jure devant Dieu, il faut que tu voies les suricates, dit Fili en se donnant un high-five mental. »

Et bien sûr, ce fut le moment que Thorin choisit pour passer la tête dans la porte.

« Qu'est-ce que vous faites, tous les deux ? demanda-t-il. »

À côté de Fili, Kili se raidit et sembla essayer de s'asseoir aussi loin de l'ordinateur que possible sans bouger sa chaise. Mais Fili se contenta de hausser les épaules.

« On regarde Youtube, dit-il. Les suricates.

- Oh, dit Thorin, sans avoir l'air plus éclairé. Eh bien, il faut que j'appelle le travail pour leur dire que je ne viendrai pas ce matin. Bombur devrait être là d'ici une demi-heure.

- Ouais, cool, dit Fili. »

Thorin disparut de nouveau. Fili se tourna vers Kili et sourit.

« Je crois qu'il ne sait même pas ce qu'est Youtube, dit-il. »

Kili cligna des yeux.

« Il n'était pas fâché, dit-il.

- Je t'avais dit que ce n'était pas un mauvais gars, dit Fili. Et je t'avais dit que tout irait bien. Et tout va bien, pas vrai ? »

Kili ne répondit pas, et au bout de quelques secondes, Fili estima qu'il n'allait pas le faire et se retourna vers les suricates. Mais alors qu'il faisait ça, Kili dit :

« Ouais. OK. »

Et cette fois, il avait l'air de le penser.

(-)

Un petit mot pour vous signaler qu'au mois de juillet, la publication sera ralentie à un chapitre toutes les deux semaines pour cause de mois intensif d'écriture. J'ai essayé de faire les chapitres de juillet à l'avance mais je n'ai clairement pas assez de temps d'ici vendredi. Les chapitres seront donc publiés les 3, 17 et 31 juillet.